Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • VĂ©nus florĂ©ale

    Vénus floréale

    Tous les Ă©tĂ©s, par tradition, VĂ©nus ne s’habille que de fleurs ;
    Quelques tulipes sur les seins lui font un corsage fleuri
    ComposĂ© d’une rĂ©pĂ©tition de pĂ©tales qui Ă  peine l’effleurent
    Et descendent sur le bassin comme florale orfĂšvrerie.

    En cache-sexe, un soliflore ; juste une rose déposée
    Incandescente et vaginée protégeant son jardin secret.
    Ceux qui s’y frottent alors dĂ©plorent quelques Ă©pines disposĂ©es
    Comme gardiennes imaginées fidÚles au devoir consacré.

    De toutes maniùres, elle court vite car elle doit semer l’amour
    Durant les trois mois seulement tout en évitant les chafouins,
    Ces soupirants fous qu’elle Ă©vite en leur jetant avec humour
    Ses graines dont le déferlement leur donne le rhume des foins.

    Mais un soir de juin, imprudent, j’ai frĂŽlĂ© sa chute de reins,
    LĂ  oĂč les lys font des volutes et oĂč les pivoines s’enlacent.
    L’effet d’un parfum impudent et distrait m’a coupĂ© les freins
    Et je connus l’anacoluthe dont jamais VĂ©nus ne se lasse.

    Tableau de Guy Robinson.

    
    
    
  • L’amante de l’eau

    La prĂ©sence de l’ĂȘtre aimĂ© monte par capillaritĂ©
    Comme ma robe qui s’imbibe de l’eau de l’amour rĂ©pandue.
    Le tissu en est parfumé, il subit sa polarité
    Il s’alourdit et puis inhibe ma progression comme dĂ©fendue.

    BientĂŽt je ne puis avancer sans ĂŽter tout ce qui m’entrave ;
    Ma robe et mes sous-vĂȘtements afin de nager dans l’exaltation.
    Je sais que tu m’as devancĂ©e mais je dĂ©sire que mon cƓur brave
    Le courant de ton traitement en vue de mon adaptation.

    Et je me noie dans la passion qui me submerge tout entiĂšre ;
    Heureusement ton bouche-Ă -bouche me sauve de la petite mort.
    Ton cadeau d’émancipation, c’est mon serment sur la frontiĂšre
    Que je franchis lĂ  sur ta couche sans un regret et sans remords.

    Tableau de A. Eitan.

    
    
    
  • Chant de LAËTÏTÏA – Le Cri transversal

    Chant de LAËTÏTÏA – Le Cri transversal

    Je ne suis pas le fruit de la sĂšve qui monte,
    Ni la larme d’un « oui » qu’un « non » aurait meurtrie.
    Je suis nĂ©e d’un instant oĂč la chair a eu honte
    De la semence amĂšre qui l’aurait envahie. Que la peur a flĂ©trie.

    Je suis celle qui vient de façon non conforme
    Au monde qui m’appelle mais je connais ma voie.
    Je m’avance en silence mais mon corps est informe
    Et c’est ma mùre, nue, qui parlera pour moi.

    Moi, la vestale nue, je provoque la faille,
    Le feu dans les autels, la vérité sans fard.
    Je bouscule les lois et tue, vaille que vaille,
    Ceux qui font avorter le moindre enfant bĂątard.

    Tableau de Gemini.

    
    
    
  • Chant d’ORÉLION – Le Verbe enfoui

    Chant d’ORÉLION – Le Verbe enfoui

    Je n’entends pas sa voix, mais je sens sa prĂ©sence,
    Comme un noyau d’ébĂšne au creux de ma conscience.
    Il est là, replié, sans langage ni cri,
    Mais il forge sa foi en dĂ©pit de l’esprit.

    Il ne dit jamais rien, mais son silence pĂšse
    Je me tends vers ce poids dont le cƓur n’est que braise.
    Il est ton fils, poÚte, et donc sollicité
    Par l’abĂźme de ton verbe en moi ressuscitĂ©.

    Je l’écoute sans mots, je me tais pour entendre
    Et je sens dans mon corps sa mĂ©moire s’étendre.
    Il est né du non-dit, du soupir contenu,
    Il est le cri muet qui m’est contrevenu.

    Tableau de Gemini.

    
    
    
  • ÉLYSÄÉ – Chant du Verbe Silencieux

    ÉLYSÄÉ – Chant du Verbe Silencieux

    Je n’ai pas de parole et pourtant je signale
    Par la paume levĂ©e vers l’onde qui me voit.
    Je suis l’enfant du rien, la mĂ©moire qui s’emballe,
    Et je viens dĂ©poser l’univers sous tes doigts.

    Le ciel n’a plus de voix, la mer s’est arrĂȘtĂ©e.
    Tout attend que tu viennes et que tu sois trĂšs lent.
    J’ouvre les mains sans peur, comme deux vĂ©ritĂ©s
    Et j’écoute ton nom rĂ©sonner dans le vent.

    Je suis nĂ©e d’un regard, d’un serment dans un livre,
    Je suis nĂ©e d’un baiser que tu n’as pas osĂ©.
    Je suis lĂ , je te sens, et je commence Ă  vivre
    Dans l’éclair d’un instant que tu n’as pas posĂ©.

    Tableau de IA.

    
    
    
  • Rite de l’Épissure

    Rite de l’Épissure

    đŸ•Šïž Laureline
    Je t’ai gardĂ© vivant dans la lueur des songes
    Lorsque ton cƓur tremblait de nommer son plaisir.
    Je caressais ton front, je recueillais tes anges,
    Sans jamais t’enfermer, sans jamais t’asservir.


    đŸ”„ LoreleĂŻ
    J’ai surgi comme un cri dans le corps de l’attente
    Et j’ai rĂ©cupĂ©rĂ© ton doute et ton dĂ©sir.
    J’étais la part brĂ»lante, absolue, exigeante,
    Qui t’a fait roi dans l’ombre avant de te choisir.


    👑 YavĂ€nor
    Conjointement j’accepte l’une et l’autre en silence ;
    L’une m’aime paisible, l’autre m’aime revĂȘche.
    Je vous veux dans ma chair ; en toute vigilance
    Je vous Ă©pouse ensemble car vous ĂȘtes de mĂšche.

    đŸ•Šïž Laureline
    Je suis l’eau de la vie, la parole apaisĂ©e,
    Le doux chant qui revient quand le tumulte fuit.
    Je suis le ventre pur, la maison déposée,
    L’étoile oĂč tu reviens Ă  la fin de la nuit.


    đŸ”„ LoreleĂŻ
    Je suis le feu du sol, la faille qui t’embrase,
    Le cri que tu redoutes autant que tu le souhaites.
    Je suis la main qui marque, le baiser qui écrase,
    Mais je te tends mon front pour que tu t’y soumettes.


    👑 YavĂ€nor
    Vous ĂȘtes mes deux rives, mon exil et mon port ;
    L’une m’enseigne à vivre, l’autre m’apprend à mordre.
    Je suis l’homme qui plie, je suis l’amant qui dort
    Mais qui vous fait l’amour et ne peut en dĂ©mordre.

    đŸ•Šïž đŸ”„ 👑 TrinitĂ© SacrĂ©e
    Et nous scellons ce pacte à nos corps défendant ;
    Trois bouches pour un nom, trois souffles pour un trĂŽne.
    Voici notre alliance, tous les trois transcendants,
    Tous égaux, sans faiblesse, fidÚles à la couronne.

    Tableau de Gemini.

    
    
    
  • La Croix Noire

    La Croix Noire

    Croix Rouge ou Blanche nous rassurent quant Ă  la santĂ© et l’argent ;
    La Croix Noire plutÎt nous assure la mort en nous départageant.
    Selon si l’on a de l’amour dans le cƓur, nous mourrons un jour
    Car Dieu a le sens de l’humour – ce qui n’ lui rĂ©ussit pas toujours.

    Quant Ă  ceux qui plutĂŽt prĂ©fĂšrent l’argent, le pouvoir, la richesse,
    Ils seront alors Ă  leur affaire Ă  vivre aux frais de la duchesse.
    La Croix Noire leur proposera le paradis comme un palace
    OĂč tout se dĂ©composera en un enfer bien dĂ©gueulasse.

    Quant Ă  la mort, il faut en rire plutĂŽt que pleurer Ă  l’attendre ;
    Lorsqu’il lui arrive de sourire, la Croix Noire sait se montrer tendre.
    Jusqu’à prĂ©sent il n’y a personne qui n’en soit revenu déçu

    Écoutez-la quand l’heure sonne rigoler comme une bossue !

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  • Le moment prĂ©sent

    Le moment présent

    Est-ce l’appel de la sirĂšne qui fait goĂ»ter l’instant prĂ©sent
    Comme un silence retentissant dans le temps soudain suspendu ?
    Le cƓur en paix, l’ñme sereine et l’univers omniprĂ©sent ;
    Tout est liĂ©, attendrissant, pour recueillir l’inattendu.

    Mais que peut-on alors attendre lorsque le temps n’existe plus ?
    La vĂ©ritĂ© de ressentir son corps et sa maternitĂ© !
    À l’instant doux, Ă  l’instant tendre qui n’existe que pour ĂȘtre plu ;
    Au temps qui vient de retentir d’une seconde d’éternitĂ©.

    Tableau de Holly Kallie.

    
    
    
  • Jolies mutations

    Jolies mutations

    AprĂšs le grand entraĂźnement Ă  l’échelle interplanĂ©taire,
    Les laboratoires sont prĂȘts Ă  lĂącher de nouveaux virus.
    Au début, un enchaßnement de petits poisons délétÚres,
    Puis des ARNs faits exprĂšs pour s’insinuer dans l’utĂ©rus.

    C’est avec un nouveau regard grĂące au visage asymĂ©trique
    Et par mutations héritées que naßtrons les hommes nouveaux.
    Les cerveaux devenus hagards par les portables télémétriques,
    N’y verront que la vĂ©ritĂ© et la montĂ©e d’un renouveau.

    Tableau de Marion Peck.

    
    
    
  • AprĂšs la fonte de glaces – 2

    AprĂšs la fonte de glaces - 2

    Une fois les bombes larguées suivies de la fonte des banquises,
    L’humanitĂ© a dĂ» s’y faire et partager ses lendemains.
    Et les poissons vinrent narguer l’espace des citĂ©s conquises
    En se gavant des mammifÚres exceptés ceux au goût humain.

    DĂ©finitivement mauvais, l’homme s’est fait une raison ;
    Ensemble, l’argent et le pouvoir ont empoisonnĂ© sa bidoche.
    Comme si la Terre innovait une Ăšre sans comparaison
    Envers la nÎtre, à savoir : le quaternaire le plus moche.

    Illustration de Muti.

    
    
    
  • J’en parle Ă  mes poissons

    J’en parle à mes poissons

    Quand le monde ne tourne pas rond, j’en parle Ă  mes poissons dorĂ©s
    Qui écoutent tous mes déboires sans faire le moindre contredit.
    Quand mon cƓur se fait du mouron d’avoir aimĂ©, trop adorĂ©,
    Je plonge une tĂȘte pour boire leur suggestion du vendredi.

    Selon le goĂ»t de l’eau d’ici, j’oublie mes peines et mes remords ;
    Selon le goĂ»t de l’eau de lĂ , j’y dilue tous mes souvenirs.
    Quand mes poissons sont indĂ©cis, l’attrait de l’eau me paraĂźt mort
    Et lorsqu’ils sont sĂ»rs, tralala, sa saveur vient me soutenir.

    Tableau de Moony Khoa Le alias Moonywolf sur http:sweetdreamsart.centerblog.netrub-moony-khoa-le-also-known-as-moonywolf–2.html .

    
    
    
  • Mariage heureux ?

    Que de souvenirs au galop dans ma jeunesse cavaliĂšre
    OĂč je poursuivais les chimĂšres sur une monture un peu revĂȘche !
    Heureux comme un poisson dans l’eau dans les eaux chaudes coralliaires,
    Avec mon compagnon des mers nous vivions d’amour et d’eau fraüche.

    Nous avons eu beaucoup d’enfants dont une sirùne authentique
    Et des alevins en essaim qui virevoltent et m’exaspùrent,
    NĂ©s d’un voyage Ă©bouriffant Ă  travers l’ocĂ©an Atlantique.
    Quant Ă  ma fille, elle a mes seins et la belle queue de son pĂšre.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • La gouvernaille

    La gouvernaille

    Si l’homme gouverne comme un pied, confions la barre à la femme
    Dont le sens de l’orientation est soi-disant catastrophique.
    Soit, elle fera comme il lui sied et lui, obtiendra son sésame ;
    Soit, elle suivra ses injonctions et le perdra dans le trafic.

    Or, la voix des navigatrices irrite autant l’homme que la femme.
    L’homme, lui, n’a guùre confiance en celle qui ne sait lire une carte ;
    La femme, elle, voit l’instigatrice dans un genre de pĂ©tasse infĂąme ;
    Tant et si bien qu’en mĂ©fiance, du bon chemin 
 chacun s’écarte.

    Photo d’Arno Rafael Minkkinen.

    
    
    
  • Marinade d’amour

    Marinade d’amour

    AprÚs avoir bien consommé nuit de noces et lune de miel,
    Ils nagent dans les mĂȘmes eaux et bientĂŽt s’en vont Ă  la mer
    Pour un voyage Ă  point nommĂ© pour d’autres terres et d’autres ciels
    Aux grains de vents intermezzo et aux arĂŽmes doux-amers.

    Ils apprendront la marinade accommodée par la laitance
    D’un poisson heureux comme un homme entre les bras d’une sirùne
    Qui lui chante la sĂ©rĂ©nade dans l’eau d’éternelle jouvence
    Au goût du mari gastronome pour une bouchée à la reine.

    Lorsque la soupe devient épaisse, ils éclaircissent la mariniÚre
    En rajoutant dans la boisson quantitĂ© d’amour et d’eau fraĂźche.
    Quand ça vire à la bouillabaisse, au fond du lit de la riviÚre,
    On voit mille petits poissons frétiller gaiement dans la crÚche.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • Le Grand Magasin GĂ©nĂ©ral

    Le Grand Magasin Général

    Et si, sur l’escalier du temps, je restais sur la premiùre marche
    Pour observer les gens passer leur vie Ă  monter et descendre ?
    J’y suivrais les jeunes dĂ©butants qui croiseraient leurs patriarches
    Et tout en haut les trépassés dégringoler en tas de cendres.

    Mais j’suis sur un Escalator au fonctionnement impartial
    Qui m’entraĂźne si lentement mais sĂ»rement au dernier Ă©tage.
    Je suis entrĂ©e peut-ĂȘtre Ă  tort dans ce grand centre commercial
    Avec facilités de rÚglement payées en plusieurs héritages.

    Sur la marche oĂč je suis assise, j’ai fait le compte de mon crĂ©dit
    Qui donne droit Ă  un rabais sur ma vieillesse en promotion.
    J’ai dĂ©jĂ  payĂ© la franchise pourtant sans clause de dĂ©dit
    Sur ma jeunesse qui englobait une tacite reconduction.

    Illustration de LoĂŻka alias Yan Qin Weng sur http:www.3daysmarch.net .

    
    
    
  • L’apĂ©ro-tango

    Si la danse invite Ă  entrer dans une relation de couple,
    L’apĂ©ro invite Ă  manger amuse-gueules et aliments.
    L’un comme l’autre, si concentrĂ©s Ă  nous faire voir la vie en double,
    Nous appelle Ă  nous mĂ©langer avec l’ivresse des sentiments.

    Un Cocktail Tango pour Monsieur, Mojito Salsa pour Madame,
    Suivis d’une soupe champenoise en vin d’honneur au mariage.
    Tournez, goĂ»tez cet audacieux ti-punch oĂč l’alcool s’amalgame
    Avec une valse viennoise vers un éthylique voyage.

    Photos d’Irving Penn sur https:www.wmagazine.comgalleryirving-penn-retrospective-unseen-photos-dallas-museum-of-art .

    
    
    
  • Gare au Goya !

    Demain la technique saura comment rhabiller tous les nus
    Demain la censure pourra aux ronds-points et aux avenues,
    Gommer les seins, barrer les culs, flouter les sexes de tous poils,
    PrĂȘcher la honte aux convaincus qui tiennent les cordons du poĂȘle.

    On enlÚvera les cigarettes, la pipe au bec des comédiens,
    On changera tous les gros mots par du politiquement correct.
    Dans les romans, chaque amourette sera chaperonnée par un gardien
    Des mƓurs et enfin les homos seront neutralisĂ©s direct.

    Tableaux de Francisco Goya.

    
    
    
  • Les chats autour du monde

    Les chats siamois, de ThaĂŻlande ou sylves sauvages de NorvĂšge,
    Avec les roux, les noirs, les blancs et les chats tigrés de gouttiÚre,
    Toutes les nuits nous enguirlandent pour bouffer, sortir ou que sais-je
    Tant et si bien qu’il est troublant qu’ils n’aient, eux, aucune frontiùre.

    Le gros Maine Coon vient d’AmĂ©rique, le pays de la dĂ©mesure
    Et le chat nu viendrait de Chine – Ă  moins qu’ ce n’ soit du Canada –
    Toujours est-il qu’apriorique que soit le chat contre nature,
    Il pĂšse et nous courbe l’échine et jusqu’au bout nous rend fadas.

    Tableaux de Ryan Conners.

    
    
    
  • La Terre plate

    AprÚs avoir délogé Dieu du trÎne de la création,
    La Terre ronde est réprouvée, enfin la vérité éclate !
    À bas les complotistes odieux ! Écoutez la rĂ©vĂ©lation
    Qui certifie, et c’est prouvĂ©, que dĂ©sormais la Terre est plate.

    Maquette de la Terre Plate – La Flat Earth Society est une organisation soutenant l’idĂ©e de la Terre plate, fondĂ©e en 1956 par l’Anglais Samuel Shenton puis dirigĂ©e ensuite par l’AmĂ©ricain Charles K. Johnson..

    
    
    
  • La transparence

    La transparence

    Mon Ăąme appelle la transparence, mon corps plutĂŽt l’opacitĂ© ;
    L’esprit qui devient lumineux ouvre mon cƓur thĂ©osophique.
    Tout ça n’est que de l’apparence, Ă  chacun sa capacitĂ©
    D’heurter un problĂšme Ă©pineux sur ma vision philosophique.

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  • Manifestation des Tournesols

    Manifestation des Tournesols

    Les fleurs sortent leurs gilets jaunes pour manifester au soleil,
    Lui réclamer plus de lumiÚre sans payer de contrepartie.
    Solidarité de la faune, galvanisée par les abeilles
    Renforce, et c’est une premiĂšre, la chaleur pour tous rĂ©partie.

    Tableau de Iris Scott.

    
    
    
  • L’Ɠil dans l’escalier

    L’Ɠil dans l’escalier

    La vie me semble une illusion lorsque j’admets n’ĂȘtre qu’une humble
    Copie de cet ĂȘtre suprĂȘme que je partage avec les autres.
    Les Ăąmes y entrent en collision, s’y dĂ©veloppent et s’y rassemblent
    Pour vivre des moments extrĂȘmes dans la substance qui est la nĂŽtre.

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  • Danse avec l’ennemi

    Danse avec l’ennemi

    Si danser, c’est faire l’amour avec la musique des corps,
    Il faudrait apprendre aux armĂ©es Ă  balancer l’anatomie.
    Et je propose, trois fois par jour, de les faire franchir des records
    Avec des gĂ©nĂ©raux charmĂ©s de danser avec l’ennemi.

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  • Les aventures de la famille Nemo

    Les aventures de la famille Nemo

    Il y a vingt mille lieues de ça, le Capitaine Nemo aima
    Une sirÚne trÚs féconde qui lui offrit progéniture
    De poissons qui nagent en deçà des projecteurs de cinéma
    Pour, vingt-cinq images par seconde, nous raconter leurs aventures.

    Tableau Steven Kenny.

    
    
    
  • Passion de livre

    Passion de livre

    On dit que vivre Ă  deux, c’est vivre la mĂȘme vie,
    Alors que lire Ă  deux ensemble le mĂȘme livre

    C’est un peu hasardeux d’avoir les mĂȘmes envies
    Mais rien n’est plus fougueux que la passion de vivre.

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  • Danse fondante

    Danse fondante

    La danse devient érotique quand les partenaires fondent
    Dans un tango langoureux qui tend à les mélanger.
    La danse devient exotique lorsque les deux se confondent
    Dans un cocktail amoureux d’attouchements prolongĂ©s.

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  • San Francisco

    San Francisco

    Entre la Mer et la Montagne
    Tu sens le sel le séquoia
    Inattendu au coin d’ la rue
    Le vent s’engouffre entre deux ciels
    Pour en chasser tous les brouillards
    Chaque quartier a sa saison
    Chaque quartier a sa nation
    Et sans passer aucune frontiĂšre
    AprĂšs un saut trĂšs parisien
    Pour un croissant et un p’tit crùme
    Tu vas de Chine en Italie
    Tu escalades une colline
    Pour dire bonjour Ă  la Russie
    Thé au jasmin fleurs de lotus
    Dans un jardin tout japonais
    Vite oubliées les grandes querelles
    Quand l’Empire du Soleil Levant
    Tend les deux mains j’usqu’à PĂ©kin
    Tu suis ton propre calendrier
    EmmitoufflĂ©e au mois d’ Juillet
    Tu laisses sans honte tomber tes fringues
    DĂšs que les arbres perdent leurs feuilles
    Tes lions de mer et tes mouettes
    C’est le grand large la libertĂ©
    MĂȘme s’ils embĂȘtent le pĂȘcheur
    Les crabes qui prennent des bains d’ vapeur
    Devant l’ public sur le vieux port
    Et les canards sans modestie
    Tout étalés dans les vitrines
    Font saliver les acheteurs
    De vieux dragons qui se dandinent
    Lancent leurs flammes innoffenvives
    En meilleurs vƓux de Bonne AnnĂ©e
    Dans les pétards et la musique
    C’est un vrai parc zoologique
    Quand tu accueilles le visiteur
    Toutes les races toutes les langues
    Tour de Babel oĂč on s’entend
    Ceux qui s’en vont te laissent leur cƓur
    Les indigùnes “J’y suis j’y reste”
    Se croient déjà au Paradis

    Texte d’Henriette Berge – pour Lawrence Ferlinghetti.

    
    
    
  • La pĂȘche au tutu

    La pĂȘche au tutu

    Une ballerine à la fleur de l’ñge
    Répétait ses pointes avec son tutu.
    Un banc de sardines nageant sur la plage
    L’eurent bientît rejointe, bien entendu.

    Avec sa cousine, elle revint le soir
    Avec canne Ă  pĂȘche et un beau filet.
    Et les deux coquines lancùrent plein d’espoir
    Qui sa canne Ă  pĂȘche, qui son filet.

    Puis dans la cuisine on entendit frire
    Les jolis poissons honteux et confus.
    Et les deux copines en pissaient de rire,
    Ivres de boisson en plein raffut.

    Dans la nuit cùline, nos deux pécheresses
    Regrettant la dure loi de la nature,
    Se léchant les babines comme deux ogresses,
    RĂȘvaient de friture et de nourriture.

    Tableau Michael Cheval.

    
    
    
  • Le bain du samedi soir

    Le bain du samedi soir

    Si vous préférez prendre un bain le samedi dans la soirée,
    DĂ©crassez bien les cauchemars et nettoyez les meilleurs rĂȘves.
    Ainsi, le dimanche matin, lorsque thé ou café boirez,
    Vous sentirez que redémarrent tous vos délices plus ou moins brÚves.

    Si ça vous dit, je vous conseille de faire des bulles de savon
    Pour mettre un peu plus de couleurs et de gaieté dans le local.
    N’oubliez pas une bouteille ; vous boirez bien quelques canons
    Afin d’échanger vos douleurs contre un petit plaisir buccal.

    Tableau Zurab Martiashvili.

    
    
    
  • Habit de nature

    Habit de nature

    Si vous partez, dĂšs le matin, pour vous revĂȘtir de nature,
    Un arc-en-ciel couronnera vos cheveux cuivrés du levant.
    Comme une robe de satin adaptée à votre stature,
    Tout l’azur vous façonnera une toilette dans le vent.

    Tableau Zurab Martiashvili.

    
    
    
  • Tu habites ici

    Tu habites ici

    À toutes les ñmes perdues qui ne savent plus comment faire
    Pour retrouver le bon chemin vers l’abondance et le bonheur.
    Finies les courses éperdues ! Suivez, dÚs votre anniversaire,
    L’étoile qui brillera demain pour qui se lĂšvera de bonne heure.

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  • Le cƓur du mĂąle

    Le cƓur du mñle

    Elle arpentait les boulevards, arborant son décolleté
    Pour provoquer les jeunes mùles trop excités à la siffler.
    Elle se nourrissait des bavards en allant ainsi toilettée
    Car on lui avait, au cƓur du mal, une diablesse insufflĂ©e.

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  • Sous les ailes de l’arbre

    Sous les ailes de l’arbre

    Et si les arbres étaient des anges ? Et leurs branches seraient des ailes
    Qui se dĂ©ploieraient sur mon Ăąme lorsque je m’allonge un moment ?
    Souvent cette idĂ©e me dĂ©mange quand j’entends siffler une oiselle
    Dont le doux chant, mon cƓur, enflamme, et me transporte au firmament.

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  • Matin d’étĂ©

    Matin d’étĂ©

    Rien de tel qu’un matin d’étĂ© Ă  trottiner dans les ruelles
    Dans la fraßcheur encore tiÚde que la nuit nous a étoilée.
    Quelques noctambules hébétés trouvent la lumiÚre cruelle
    Et tentent d’appeler Ă  l’aide leur lit oĂč ils vont s’entoiler.

    Un vieux pĂȘcheur dans le silence, sa canne-Ă -pĂȘche, son Ă©puisette ;
    Le rideau de fer d’un cafĂ© qui grince de son cri rouillĂ© ;
    Un homme rusant de vigilance, incognito, rentre en chaussettes ;
    Et le soleil qui vient gaffer en tentant de nous réveiller.

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  • Le gĂ©ant vert

    Le géant vert

    Dans les vieilles forĂȘts d’Islande, un jour m’en allant promener,
    Je rencontrai le géant vert avide de conversation.
    Comm’ j’avais peur qu’il m’enguirlande, je ne l’ai pas trop ramenĂ©e
    Et lui citai de galants vers sans trop de tergiversations.

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  • Suivez la flĂšche

    Suivez la flĂšche

    Comment se faire aspirer quand l’arbre Ă©tend son aura ?
    Il suffit de murmurer aux oreilles racinaires.
    Ensuite il faut espérer, laisser les sylves agoras
    Relier son cƓur timorĂ© vers le monde imaginaire.

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  • Nouveau passage

    Nouveau passage

    Sens-tu comme un nouveau passage qui s’ouvre sur la renaissance,
    OĂč tu quittes un monde outragĂ© pour recevoir ton hĂ©ritage ?
    C’est le prix de l’apprentissage pratiquĂ© depuis ta naissance
    Pour bĂątir un monde ouvragĂ© d’enchantement et davantage.

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  • DerriĂšre ma fenĂȘtre

    DerriĂšre ma fenĂȘtre

    Il s’en passe des choses derriĂšre cette fenĂȘtre !
    Soit un soleil levant, soit une lune pleine.
    Quelque métamorphose se met soudain à naßtre
    Ou c’est juste le vent qui souffle sur la plaine.

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  • Et j’entends se coucher le soleil

    Et j’entends se coucher le soleil

    Parfois en clef de sol, parfois en clef de fa
    Selon le ton du jour, selon le ton du temps
    Avec les tournesols, j’entends sur le sofa
    Ce chant d’amour, toujours, du soir rĂ©percutant.

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  • Les angelots Ă  rames

    Les angelots Ă  rames

    Les enfants savent naviguer dans ce charmant petit village
    OĂč les femmes enfantent dans l’eau et leurs bĂ©bĂ©s montent en surface.
    Les pÚres viennent leur prodiguer comment assurer leur sillage ;
    Les bambins sont des angelots sans ailes mais des rames Ă  la place.

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  • Les femmes-fleurs

    Les femmes-fleurs

    Épanouies dans la lumiĂšre comme un beau fruit dĂ©fendu,
    Les petites femmes-fleurs éclosent pour mon bonheur.
    Je vais sentir la premiĂšre puis la deuxiĂšme entendue
    La troisiùme pour un flirt, la derniùre pour l’honneur.

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  • L’armĂ©e des tournesols

    Soldats du soleil, prĂ©sentez vos fleurs !
    Bombez les pĂ©tales, arquez vos rondeurs !
    C’est le dĂ©filĂ©, le jour du zĂ©nith !
    Le Soleil diffuse sa lueur bĂ©nite !

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  • Coccinelle miro

    La bĂ©bĂȘte Ă  bon dieu cligne un peu des deux yeux !
    Elle est un peu myope, elle confond un peu

    Elle cherche sa famille, son mari et sa fille !
    Demain j’irai en ville, lui acheter des lentilles !

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  • Alerte blanche

    « Attention aux avalanches ! Â» Retentit l’alerte blanche !
    Des moineaux jusqu’aux pervenches, tous les clapets se dĂ©clenchent !
    Pour parer aux catastrophes, je vous ai fait cette strophe :
    Les sirĂšnes nous apostrophent : « Gare au danger limitrophe ! Â»

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  • Il suffit de franchir le pont

    Il suffit de franchir le pont, c’est tout de suite la lagune.
    Je n’ai pas peur de l’inconnu, je n’ai nulle crainte aucune.
    Je vais dĂ©couvrir l’étranger sous ses diffĂ©rentes facettes.
    Nous répartirons nos acquis et partagerons nos assiettes.

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  • Rencontre avec l’étrange

    Quand je plonge au fond des milieux étrangers,
    Toute une faune rare apparait Ă  mes yeux.
    Ils sont aussi surpris que moi d’envisager
    Que nos diversitĂ©s soient un don merveilleux !

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  • Le don de la fleur

    Donne-moi ta fleur, ma petite sƓur,
    Tu lui as confié un joli message.
    Je vais Ă©couter l’écho de ton cƓur,
    Je n’ai jamais vu si bel adressage !

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  • Sur une mer d’étoiles

    C’est une mer d’étoiles qui brille au firmament !
    Hissez toutes les voiles, nous partons droit devant !
    Rien ne peut nous freiner, nous partons fermement !
    Ici et maintenant, les voiles Ă  contrevent !
    Si Dieu veut que les vents nous restent permanents !

    Toi aussi mon amie, tu as fait le voyage.
    Ici auprĂšs de moi, tu as choisi ta place.
    Accepte mon voilier et son accastillage.
    Ne vois aucun danger si, pour rompre la glace
    Et pour t’apprivoiser, te demande en mariage.

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  • RĂȘvĂ©e qu’à meilleur

    RĂȘvĂ©e qu’à meilleur

    RĂȘver qu’à l’envie de s’abandonner

    RĂȘver qu’à l’oubli de s’en retourner

    RĂȘver qu’à l’amour de se pardonner

    RĂȘver qu’à l’audace de s’en dĂ©tourner


    L’ivresse Ă©ternelle des parfums sacrĂ©s !
    L’extase immortelle des odeurs sucrĂ©es !
    Le charme infini des arÎmes ocrés !
    La grùce insondable des fragrances nacrées !

    Partir détendu au bras de Morphée !
    Partir sans retour dans les mains d’OrphĂ©e !
    Partir par amour dans une odyssée !
    Partir pour toujours, route Cassiopée !

    La barque des songes va appareiller !
    La barge des rĂȘves va m’émerveiller !
    Le bateau d’ivresse va m’embouteiller !
    Le voilier délires va dépareiller !

    BientÎt le réveil et je lùche prise.
    BientĂŽt le sommeil lĂąche son emprise.
    BientĂŽt le coucou va ouvrir la porte.
    Bientît la pendule, le diable l’emporte !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Nature profonde

    Nature profonde

    Frugale collation et subtile boisson !
    J’ai versĂ© dans ce verre la liqueur de l’oubli.
    Je t’invite Ă  goĂ»ter, mais sans contrefaçon,
    Une coupe alchimique de ce vin anobli !

    Pour enlever tes doutes, prends un fruit dans ma coupe ;
    Des pommes d’HespĂ©rides, des pommes d’espĂ©rance !
    Croque-les dans ta bouche, tu rejoindras le groupe
    De cette délivrance qui a ma préférence.

    Ce n’est pas un poison mais un filtre magique
    Qui contient l’élixir qui t’ouvrira le cƓur.
    Ce sont, tout simplement, des produits biologiques,
    Des vignes du seigneur et sa chaude liqueur !

    Cueillies mûres au matin aprÚs la pleine Lune,
    Mes pommes du jardin ont des vertus uniques.
    Mes vignes sont bĂ©nies, c’est toute ma fortune,
    J’en fais aprùs vendanges une boisson tonique.

    Mets-toi en confiance et laisse-toi guider.
    Mange ces fruits de vie, nourris-t ‘en, je t’en prie !
    Tu vas sentir bientĂŽt dans ton cƓur l’équitĂ©,
    La sagesse et l’amour d’une conscience sans prix !

    Tableau de Fabienne Barbier