Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Sans kimono

    Sans kimono

    Autant les filles sont timides que leurs kimonos sont bavards
    Et racontent leurs vies à leur place et avec moults plis et coutures.
    Ils ont l’étoffe encore humide et les pans ne sont pas avares
    Des corridors dans les palaces où se content leurs aventures.

    Une fois ôté son kimono, la japonaise redevient femme ;
    Privée de voix, sans vêtement, elle perd ses prédispositions.
    Sans ces ornements diagonaux, sans les motifs en oriflammes,
    Ce ne sont que halètements lors des quarante-huit positions.

    Voici pourquoi rien ne s’ébruite de leurs futons traditionnels
    Et pourquoi plane le mystère de l’amour à la japonaise.
    Seules les blanchisseries instruites par les kimonos fonctionnels
    Connaissent tout le caractère de la brouette thaïlandaise.

    Et quand la soie tombe en silence, le corps lui reprend sa revanche ;
    Ce ne sont plus que des soupirs qui n’ont plus rien de solennel.
    La vérité nue se balance sans l’alibi des pans étranges :
    C’est le secret qu’on écrit pire qu’un haïku au goût charnel.

    Illustration de Robert McGinnis https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201303Robert-McGinnis.html .

    
    
    
  • L’effet de la fée de l’automne

    L’effet de la fée de l’automne

    Tandis que le printemps claironne en tous lieux sur notre hémisphère
    Et que notre fée printanière pond ses œufs de Pâques à semer,
    De l’autre côté, elle plastronne, celle qui va longtemps satisfaire
    Ses protégés sous la bannière de l’arrière-saison clairsemée.

    Mais si la nôtre a la main verte, la leur, l’a plutôt bien rouillée,
    Le corps presque nu et cambré sous des ailes en feuilles de chêne.
    Les épaules à peine couvertes de quelques rameaux dépouillés
    Les seins gorgés d’un lait ambré d’un arrière-goût de carthagène †

    Elle nous reviendra cet automne sans faute aux premiers jours d’octobre
    Lorsque les grappes seront mûres pour sa montée de lait de vigne
    Car cette fée, pas si monotone, allaite ceux qui ne sont pas sobres
    Comme les poètes qui lui murmurent à l’oreille et qui lui font signe.

    « Je viens verser dans ton flacon le lait brûlant de ma saison ;
    Tes lèvres tremblent à l’appel du jus sacré de ma vendange.
    Je t’offre un songe un peu abscons où ton cœur y perd sa raison
    Mais j’y suis nue et te rappelle de me téter comme un p’tit ange. »


    † La carthagène est une boisson alcoolisée de type mistelle consommée à l’apéritif typique du Languedoc.

    Tableau de David Griffith.

    
    
    
  • Le Lion

    Roi solaire ☀️, Reine flamboyante 👑, Couple royal.

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    Caractère
    Impossible de l’ignorer tant sa présence est rayonnante
    Car il s’impose et en impose d’une certaine autorité.
    Gagnant, il lui faut ressentir qu’il accomplit un grand chef d’œuvre ;
    Éclatant, il aime paraître et s’attribuer la vedette.

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    L’homme-lion
    On le croit à tort sûr de lui pourtant il est très vulnérable
    Mais apprend vite à éviter de trébucher en dominant.
    Il accepte les succès des autres tout en s’élevant au sommet
    Mais succombe à l’admiration et fuit les remises en question.

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    Laureline la femme-lion
    Elle se montre très attentionnée avec l’entourage qu’elle aime ;
    Meneuse naturelle elle sait rallier les autres à sa cause.
    Pleine de vie et positive, elle valorise sa liberté.
    La lionne est la plus belle femme, les autres sont ses concurrentes.

    ☀️ Esprit
    L’esprit est soleil ; il éclaire mais brûle si l’on s’y approche trop ;
    Il cherche la grandeur et la gloire pour que l’on puisse le voir de loin ;
    Il a besoin d’être admiré mais pas pour flatter son orgueil
    Seulement pour rayonner plus fort ainsi que pour se rassurer.

    🔥 Âme
    L’âme est une flamme généreuse bravant haine et indifférence ;
    Elle aime d’une profonde loyauté mais se vexe si non reconnue ;
    Elle est fière, non de dominer mais de répandre sa chaleur,
    Et orgueilleuse en protégeant les siens au risque de s’épuiser.


    🦁 Corps
    Sous sa crinière flamboyante le corps aime paraître séducteur ;
    Il dégage une force magnétique même dans sa vulnérabilité.
    Il accomplit des gestes larges et nobles lorsqu’il est en public
    Et toute la chaleur du soleil brille et resplendit dans ses yeux.

    👑 Cœur
    Son cœur royal règne du feu de l’amour sans prépondérance ;
    Il défend farouchement ses proches et lutte contre toute menace.
    Il reste fidèle et entier, susceptible mais toujours ardent
    Et lorsqu’il aime, c’est un royaume de faste et magnanimité.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

    
    
    
  • Le Cancer

    Protecteur 🛡️, Mère des marées 🌊, Couple-nid.

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    Caractère
    Il a gardé depuis l’enfance toutes ses premières émotions ;
    Il suit des chemins parallèles pour se soustraire aux prédateurs
    Et s’abrite dans son cocon pour y vivre confortablement
    Et s’il utilise ses pinces, ce n’est que par surprotection.

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    L’homme-cancer
    De nature ô combien sensible, toute sa vie est affectée
    Autant dans sa vie familiale que dans sa vie professionnelle.
    Le monde s’arrête bien souvent à la porte de sa maison,
    Là où il se sent en accord avec son ego et ses proches.

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    Loreleï la femme-cancer
    Elle est rêveuse et passionnée, moins concentrée sur l’extérieur ;
    Sa vie est une gestation d’idées au sein de sa famille.
    Dominée par ses émotions et la nostalgie du passé,
    Elle s’attache à son foyer et son besoin de materner.

    🌙 Esprit
    L’esprit est une vaste chambre aux mille intimes tiroirs secrets
    Qui contiennent tous les souvenirs comme coquillages ramassés.
    Il médite plus qu’il ne conquiert, il rêve plus qu’il ne combat ;
    Sa force est dans l’imaginaire, son art de penser autrement.

    🌊 Âme
    L’âme semble une immense vague : tantôt caresse, tantôt tempête.
    Elle s’accroche aux visages aimés, exclut l’oubli, vit le passé.
    Elle s’ouvre, la confiance donnée, comme une mer incommensurable
    Qui n’attend que d’être engloutie dans l’amour inconditionnel.

    🩵 Corps
    Le corps, comme Lune et marée, subit des cycles mystérieux ;
    Il aime la douceur du cocon, les draps chauds, les refuges intimes.
    Mais il sait aussi protéger ; ses bras deviennent forteresse
    Ses mains savent construire un abri et son souffle créer une armure.

    💖 Cœur
    Le cœur bâti son nid d’amour ; il bat d’abord pour l’être aimé,
    Pour ses enfants, pour ses amis et tout son petit univers.
    Généreux, il donne sans compter, se blesse parfois de trop aimer
    Mais il est fidèle et loyal, tenace comme la marée.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

    
    
    
  • La mort fleurie

    La mort fleurie

    On peut tout dire avec des fleurs mais pour la mort, c’est différent ;
    On peut tout dire avec humour mais pour la mort, c’est du sarcasme.
    Du moment qu’on ne fait pas peur, tout redevient indifférent
    Et au moindre petit tue-l’amour, on peut dire adieu à l’orgasme.

    Moi, j’aime rire avec la mort, surtout la mienne évidemment
    Sourire à la vie éternelle qui n’est qu’un miroir aux alouettes.
    J’ai vidangé tous mes remords pour m’en aller élégamment
    Contrer cette sempiternelle et futile dernière pirouette.

    On dit que la ligne vitale, ligne de chance, ligne de cœur
    Tracent, toute ma vie définie, la semaine des quatre jeudis.
    Moi, j’ai une ligne létale qui boucle en toute intelligence
    Comme le signe de l’infini… mais faut pas croire ce que je dis.

    Tableau de Jana Brike.

    
    
    
  • L’Hermalicorne

    L’Hermalicorne

    Gare aux nouveaux sexes en tous genres car on pourrait réinventer
    Licornes ni mâles, ni femelles et même sirènes unisexes.
    Gare au Minotaure transgenre pourvus de gros pis indentés
    Et Cyclopes aux mille mamelles dardant leurs sourcils circonflexes.

    J’ai rencontré l’Hermalicorne pas plus tard qu’hier après-midi
    Qui détroussait quelques touristes les transformants en morts-vivants.
    Avec le crâne qui encorne ceux qui font montre de perfidie
    Et un lapin volontariste pour achever les survivants.

    Malheureusement pour ma gouverne j’avais mon permis de séjour
    Mais aucun signe d’appartenance au sexe qu’il aurait fallu.
    Mais vu que tous ces balivernes duraient jusqu’à la fin du jour,
    J’ai dit pratiquer l’abstinence pour cause de grève du phallus.

    Illustration de Chiara Bautista sur https:beautifulbizarre.net20140623chiara-bautista-love-sings-paper-interview .

    
    
    
  • L’ascension au Paradis – 2

    L’ascension au Paradis – 2

    Depuis que j’ai été nommé gestionnaire du Paradis,
    J’ai amélioré le voyage qui rebutait tous les humains.
    La mort ayant triste renommée avec toutes ses maladies,
    J’ai rénové le convoyage pour faciliter le chemin.

    Désormais on ouvre l’espace avant que la mort ne survienne
    Et l’on s’adresse aux appelés avec une voix de sirène.
    Ainsi, tandis qu’un ange passe, on attend que leurs âmes viennent
    D’elles-mêmes pour être attelées à un char tiré par six rènes :

    Tornade, Danseur et Éclair, Fringant, Comète et Cupidon
    Qui les transportent de conserve vers un avenir triomphant.
    Pour Furie, Rudolph et Tonnerre, ce n’est pas nous qui décidons,
    Car le Père Noël les réserve pour ses grands et petits enfants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’accès à l’imaginaire

    L’accès à l’imaginaire

    Un livre symbolise une porte qui ouvre sur l’imaginaire ;
    Un monde que je ne peux voir qu’avec l’œil situé dans le cœur.
    Une bonne préface lui apporte une échelle extraordinaire
    À condition de ne prévoir que quelques lignes sans longueur.

    Aussitôt la première page, moi, lecteur, j’oublie d’où il vient
    Et pénètre dans l’atmosphère que l’auteur m’aura préparée.
    Suspense et tensions se propagent de la manière qu’il convient
    Pour sustenter et satisfaire ma soif de lire désemparée.

    Chacun sa méthode du livre ; soit on le lit de bout en bout,
    Soit on réserve la surprise à déguster un autre jour.
    Quoi qu’il en soit, cela délivre et fait office de garde-boue
    Sur les soucis que l’on méprise dès qu’on allume l’abat-jour.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Quelques heures avant le Big-Bang

    Au commencement la Déesse, mère de tous les univers,
    Tissa soigneusement sa toile, perchée aux chaînes angéliques
    Qui ont soutenu sa prouesse et l’ont racontée dans les vers
    Retranscrits au cœur des étoiles comme poèmes évangéliques.

    Quand la Déesse l’ordonna, tous les soleils étincelèrent
    Et les planètes s’invitèrent au céleste commencement.
    Ensuite Elle subordonna son plus bel ange titulaire
    Pour veiller au bien de la Terre ainsi qu’à l’ensemencement.

    Alors Lucifer créa l’homme et la femme selon ses desseins
    Les sommant de se multiplier avec ses démons estourbis.
    Et la Déesse en son royaume se fâcha contre tous ces saints
    Et décida de se plier à réparer tout ce fourbi.

    Illustrations de Faith Gozenc.

    
    
    
  • 24 heures de la vie de la Terre

    D’abord elle est née de la mer pour respirer une autre essence
    Et rejoindre ses partenaires, les astres lunaire et solaire.
    À son tour de devenir mère et favoriser les naissances
    Issues de son imaginaire destiné au règne cellulaire.

    Dès que le soleil apparut, elle sentit son âme intérieure
    Briller de la même origine que celui du cœur des étoiles.
    Celle-ci dans la nuit transparut dans une lumière extérieure
    Et la femme devint androgyne par son fils couvé dans sa toile.

    Et la vie engendre la vie selon le rythme du Soleil
    Et le sang retransmet le sang selon les phases de la Lune.
    Ainsi sa substance survit à travers les temps qui balayent
    Tous ses enfants ressortissants d’une destination commune.

    Illustrations de Faith Gozenc.

    
    
    
  • Riches et pauvres complémentaires

    Riches et pauvres complémentaires

    Désormais les pauvres et les riches, habitant le même bateau,
    Connaîtront les mêmes tempêtes et partageront leurs inquiétudes.
    Les pauvres resteront en friche mais c’est cerise sur le gâteau
    Grâce la poudre d’escampette pour les riches en vicissitude.

    Les pauvres n’ayant plus de chemise suivront la mode des sans-culottes,
    Les riches vivront dans l’abondance puisque seul ce qui est rare est cher.
    La société sera promise à une vie moins rigolote
    Sauf pour tous ceux dont l’ascendance aura droit à la bonne chère.

    Si déjà le pauvre fait honte, le riche attire tous les regards
    De la Jetset et des vedettes, des stars de la télévision
    Dont la prospérité remonte depuis qu’ils savent que les gares
    Accueillent aussi bien les pépettes que ceux qui n’ont plus d’illusion.

    Tableau de Rene Magritte.

    
    
    
  • Infiniment femme

    Marianne, l’infiniment femme, Marianne, l’infiniment mère
    Nous montre un futur répété de ce qui ne change jamais.
    Car dans ses prévisions infâmes, on n’ voit rien d’extraordinaire
    Rien que des cadres décrétés pour remplir un vide essaimé.

    Marianne nous montre le revers de la médaille plutôt que l’avers
    Et parle de fin de l’abondance avec des fesses callipyges.
    Il faudrait se montrer sévère envers ce qui va de travers
    Mais c’est toujours les chats qui dansent quand les souris sont en litige.

    Tableaux de René Magritte.

    
    
    
  • L’histoire avec un grand A

    L’histoire avec un grand A

    En changeant le cours de l’histoire, en réécrivant tous les livres,
    Les dictateurs croient façonner les cerveaux de tous ses moutons.
    Depuis vingt ans, il est notoire que l’enseignement qu’on délivre
    Est censuré et sanctionné du tabou que nous redoutons.

    Ainsi les livres religieux ne sont qu’un endoctrinement ;
    Les films d’anticipation, qu’un entraînement insidieux ;
    Les jeux et les sports élogieux, que drogue et endormissement
    Jusqu’à ce qu’une émancipation crée un paradigme ainsi Dieu.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • Ô châteaux ! – 1

    Ô châteaux ! - 1

    Les défenses humanitaires ont évolué au fil du temps
    Et forment de solides barrières contre les ennemis viraux
    Grâce aux murailles sanitaires et les aspirants débutants
    Qui montent la garde derrière meurtrières et soupiraux.

    Ainsi le corps fait tour à tour une surveillance incessante ;
    Le gardien ne s’endort jamais et le château demeure sain.
    On peut admettre sans détour que les menaces évanescentes
    De grippes et fièvres désormais n’ont nul besoin d’un faux vaccin.

    Tableau d’Edmond Dulac.

    
    
    
  • L’Europe dans la tempête – 2

    L’Europe dans la tempête - 2

    L’Europe à l’heure de la discorde ne fait pas preuve d’endurance ;
    Déjà la fuite d’un royaume fait penser au prochain naufrage.
    Nous attendions qu’elle nous accorde sa protection et l’assurance
    De respecter les droits de l’homme selon le vœu de nos suffrages.

    Le garant de l’économie ne protège que les pays riches ;
    La sécurité des frontières n’est qu’une passoire à migrants
    Dont nul n’agrée l’autonomie sur ses territoires en friche ;
    On en refoule des barges entières quand l’afflux devient encombrant.

    Feue la Société des Nations, devenue les Nations Unies,
    N’a pas non plus contribué à maintenir un monde en paix.
    Et notre détermination à vouloir montrer l’harmonie
    N’est qu’une Europe conspuée d’utopie, sauf votre respect.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • L’Europe dans la tempête – 1

    L’Europe dans la tempête - 1

    Parlez-moi d’une Europe Unie vêtue d’un patchwork de nations
    Qui avancerait fermement bravant les vents et les tempêtes.
    Une fédération prémunie contre toutes dominations
    Et contre tout gouvernement qui lui ferait perdre la tête.

    Ballotée par des vents d’orient et des cyclones outre-Atlantique,
    Elle compte sur ses traditions pour avancer vers l’avenir.
    Sur ses lauriers luxuriants, elle croit mener à l’identique
    Ses combats et coalitions entassées dans ses souvenirs.

    Mais les vagues de plus en plus hautes vont finir par la submerger
    À moins qu’enfin elle se reprenne et change sa navigation.
    Gageons qu’elle agisse sans faute et qu’elle arrête de gamberger
    Sous peine qu’un tourbillon l’entraîne vers sa propre éradication

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

    
    
    
  • La Balance de l’automne

    La Balance de l’automne

    Soudain la Vierge de l’été devient Balance de l’automne
    Et la nature s’harmonise à sa nouvelle garde-robe.
    La rouille vient se refléter dans les ramures monotones
    Des arbres qui se synchronisent et dont les feuilles se dérobent.

    Tableau de Alla Tsank.

    
    
    
  • L’aube de l’intuition

    L’aube de l’intuition

    Comme le soleil en apparence qui tourne autour de la planète,
    Ce petit oiseau, qu’est mon âme, s’oriente en opposition.
    Mais il m’atteste l’assurance que ma progression reste nette
    Tandis que j’écoute la flamme que me chuchote l’intuition.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Cliché de fin d’été

    Cliché de fin d’été

    Juste avant que l’été s’en aille, j’ai pris ce coucher de soleil
    Dont les couleurs faisaient écho aux camaïeux d’ocre et de rouille.
    Que voulez-vous ? Vaille que vaille, il faut que se mettent en sommeil
    Les ultimes coquelicots pour que s’éveillent les citrouilles.

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  • Modes et couleurs

    Modes et couleurs

    Ce que le printemps déverrouille et que l’été laisse blondir
    Donne aux jolies fleurs de saison les belles couleurs de la mode.
    Mignonne, allons voir si la rouille, que ce matin fait resplendir,
    Met l’automne dans ta maison pour que ton cœur s’y accommode.

    Illustration de Florence Penaud.

    
    
    
  • Trois cent soixante degrés et puis s’en vont

    Trois cent soixante degrés et puis s’en vont

    Le temps m’a bêtement cassé en plusieurs morceaux qui gravitent
    De l’éternité de l’enfance vers une fin désintégrée.
    Aujourd’hui, je suis dépassé par ce cercle qui tourne trop vite
    Et me frappe d’obsolescence en trois cent soixante degrés.

    Tableau de Georgy Kurazov.

    
    
    
  • Demain, la pleine lune

    Demain, la pleine lune

    La lune gibbeuse et croissante éclairera les amoureux
    Qui courront sous les vents d’automne faire envoler leurs cerfs-volants,
    Sous les feuilles compatissantes avec leurs ballets langoureux,
    Jusqu’à ce qu’ils se pelotonnent sous les étoiles en convolant.

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  • L’heure de septembre

    L’heure de septembre

    À l’heure de septembre, tous les fruits de saison
    Regorgent des paniers dans toutes les maisons.
    Qu’il est beau l’âge tendre et l’âge de raison
    Qui connaissent chaque année une autre floraison.

    Tableau de Maia Ramishvilli.

    
    
    
  • Les feuilles mémoires

    Les feuilles mémoires

    Ce ne sont pas des feuilles mortes mais des lettres acheminées
    Par le courrier de la mémoire de tous les arbres de l’été.
    Tous ces plis que le vent emporte par-dessus toits et cheminées
    Se classeront dans les grimoires que seul le temps sait compléter

    Photo de Roni Lewis « Purple rain ».

    
    
    
  • Mon chat-valier servant

    Mon chat-valier servant

    Je m’endors en rêvant la suite du chapitre
    Et quand tombe la nuit, s’éveille Figaro,
    Mon chat-valier servant, qui alors fait le pitre.

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  • La fleur de l’âge

    La fleur de l’âge

    Une femme à la fleur de l’âge goûte l’amour comme une offrande.
    Tous les matins, c’est le printemps quand tout son corps s’épanouit.
    Si le midi, elle est volage, c’est juste parce qu’elle est gourmande.
    Son parfum est si envoûtant que le soir, je m’évanouis.

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  • Le pont des pensées frivoles

    Le pont des pensées frivoles

    Comme un pont suspendu qui donne la chair de poule.
    Je prête à mes parents quelques pensées frivoles
    Par mon cœur répandues sur la vie qui s’écoule.

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  • Au train où vont les choses

    Au train où vont les choses

    Dans cette vie exponentielle où tous les jours tout s’accélère,
    Je n’ai plus le temps d’admirer ce que j’ai semé dans mon passé.
    Si ma vie devient démentielle, illimitée puis éphémère,
    Aussitôt né, je suis aspiré hâtivement pour trépasser.

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  • Les amours bleues

    Les amours bleues

    Les amours bleues, c’est quand la flamme consomme le plus d’oxygène
    Pour alimenter les deux cœurs qui doivent battre la cadence.
    Et quand l’orgasme se proclame, alors se déploient tous les gènes
    Qui vont nourrir le fruit vainqueur d’une éclatante descendance.

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  • L’embrassure

    L’embrassure

    Heureux qui, comme l’architecte, a fait une bonne mesure
    En permettant aux amoureux de s’embrasser sur les murailles.
    La nuit venant, on les détecte se biser dans les embrasures
    Sous les appétits langoureux qui fusent par les soupirails.

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  • La nature offerte

    La nature offerte

    Béni soit l’architecte qui nous sert la nature,
    Offerte à la fenêtre, tous les matins du monde.
    La lumière directe porte la signature
    Du jour qui m’a vu naître sur la terre féconde.

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  • La lumière opaque – 1

    La lumière opaque - 1

    Nous sommes êtres de lumière qui se sont opacifiés
    Au-delà du mur de matière où nous étions divinisés.
    Le corps redeviendra poussière mais il ne faut pas s’y fier ;
    Ce qui retourne au cimetière n’est qu’enveloppe utilisée.

    Point n’ai besoin de subterfuge pour rassurer un cœur d’enfant
    Qui, au moment où il s’éveille, apprend qu’on a peur de la mort.
    Alors on cherche des refuges en priant ou philosophant
    Afin d’inventer des merveilles ou se muter en matamore.

    Mais il y a comme une antenne enfouie au plus profond de soi
    Qu’on ne découvre qu’à grand peine en s’écartant des illusions.
    C’est une source, une fontaine, une présence qui reçoit
    Un écho qui révèle l’âme et chasse les désillusions.

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  • Plus près des oiseaux

    Plus près des oiseaux

    Souvent la nuit dans ma chambrette, je remonte en colimaçon
    Un escalier imaginaire au-dessus du septième ciel.
    Aussitôt les oiseaux s’apprêtent pour me transmettre ma leçon
    De vol dont les préliminaires sont un saut de l’ange essentiel !

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  • L’escadrille joyeuse

    L’escadrille joyeuse

    On s’éclate en escadrille à poursuivre des ballons
    Et on demande à la lune de venir jouer avec nous.
    Nous sommes onze joyeux drilles qui, avec nous, trimbalons
    Une passion commune pour des jeux bien coquinous.

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  • Les coquelicots de l’automne

    Les coquelicots de l’automne

    Je les avais bien cachés durant tout l’été dernier.
    Maintenant que l’automne est là, je peux enlever le voile
    Sur mes fleurettes attachées tout au fond de mon carnier.
    Écarlates mandalas, vous brillez comme une étoile !

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  • Histoires de couleurs

    Histoires de couleurs

    J’ai bu trop de chocolat et trop de café au lait
    Ça me brouille la vision et altère ma raison.
    Blanche-Neige que voilà m’apparait bariolée
    Et toutes mes prévisions se sont trompées de saison.

    J’aime bien les jeux de mots de ma copine gémeau
    Qui m’aime dans la lumière lorsque j’ai trop peur du noir.
    Elle sait gommer mes maux, bénins ou bien extrêmaux,
    Quand je quitte ma chaumière pour aller dans son manoir.

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  • Promenons-nous dans les mauves

    Promenons-nous dans les mauves

    Promenons-nous dans les mauves tant que le soleil se couche !
    Promenons-nous dans la brume le soir entre chien et loup !
    Dans les jardins de guimauve en guise d’amuse-bouche,
    Parmi les embruns d’agrumes avec un bel Andalou.

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  • Aimez-moi

    Aimez-moi

    Pour vous plaire, je maquille mon visage de bonbons ;
    Pour vous combler, je tartine ma tête de chocolat ;
    Pour sortir de ma coquille j’ai bu trois verres de Bourbon,
    Ça me gonfle les tétines gorgées de Coca-Cola !

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  • Éternelle Sisyphe – 3

    Éternelle Sisyphe - 3

    Il a porté sa graine dans les profondes couches
    Pour l’apporter à l’œuf et conquérir le monde.
    Las, il s’est trompé de voie et était dans la bouche
    Et l’œsophage est long… Où es-tu, mon Edmonde ?

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  • Quand la mer jouit

    Quand la mer jouit

    Quand la mer est heureuse accrochée à son phare
    Qu’elle suce de vagues en mouillant tous les ports,
    Elle vient au plaisir à grands coups de fanfare,
    Inondant de plaisir ses petits madrépores.

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  • J’aime les ponts

    J’aime les ponts

    Ah que j’aime les ponts partout où j’en rencontre !
    Ils me permettent de passer l’autre côté.
    Ils enjambent l’obstacle et je vais à l’encontre
    De ce lointain ailleurs dont l’ombre m’était ôtée.

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  • Lapinou

    Lapinou

    Tu m’étais apparu au tournant de ma course
    Pour aider les enfants au corps handicapé.
    Moi, sans rien en échange, je t’ai donné ma bourse ;
    Toi, ému par le geste, ton amour m’a happé.

    Tu as pris ta maison et l’as placée devant ;
    Juste là, devant moi, pour mieux m’accompagner.
    Et depuis ce jour-là, par tous les contrevents,
    Nous avons voyagé ensemble sans s’éloigner.

    Tu étais la conscience qui calmait mes voyages ;
    Aux passages périlleux, tu tremblais tout ton corps.
    Dans les pires virages, tu faisais l’aiguillage
    Qui me remettait vite sur les rails de l’accord.

    Puis un jour j’ai chuté et tu fus en vacances.
    À mon retour tu as veillé sur mon chevet.
    Dès lors c’est dans mes rêves que tu as eu la chance
    De me montrer l’ÉCHO et le parachever.

    Un jour je t’ai donné à la femme que j’aime.
    Non pas un abandon mais un lien consistant
    Qui unira nos cœurs d’un subtil stratagème,
    Liant nos destinées d’un amour résistant.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le Roi-Hibou

    Le Roi-Hibou

    Juste après l’équinoxe, le hibou est ravi.
    Quand les nuits se rallongent, son domaine s’étend.
    La nature se recouvre d’un obscur préavis
    Pour offrir aux nocturnes un terrain compétent.

    Ils sont tous à la fête, les chouettes et les grands ducs
    Pour célébrer le culte des oiseaux de la nuit.
    Du haut de son grand chêne, survolant l’aqueduc,
    Le hibou récupère son royaume de minuit.

    Ses grands yeux d’oiseau-phare guideront les nomades
    Et tous ceux qui auront besoin d’être éclairés.
    Sa majesté de l’ombre sonnera la chamade ;
    Elle est gardien de nuit ; ainsi, vous lui plairez.

    Entendez-vous le son de ses hululements ?
    C’est pour vous inviter le soir à ses banquets !
    « Hou Hou, où êtes-vous ? » dit amicalement
    Votre ami le hibou ; vous lui avez tant manqué !

    Quelle belle saison quand arrive l’automne !
    Quand les feuilles s’envolent et la nature s’endort !
    Et tandis qu’on entasse aux greniers autochtones,
    Le Roi-Hibou referme la boîte de Pandore.

    Tableau de Fabienne Barbier