Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Aller de l’avant, goutte que goutte !

    Lorsque le miroir me renvoie l’instantané qui se détache
    De la pellicule des ans qu’est mon visage d’aujourd’hui,
    Il y a celui que mes yeux voient, celui auquel mon cœur s’attache,
    Celui qui figure au présent et chaque jour est reconduit.

    Et puis le temps, ce gros balourd de véhicule de fortune,
    Avance inexorablement et l’album photos se complète ;
    Il devient de plus en plus lourd, chargé d’anecdotes opportunes
    Où se cache péniblement la vérité la plus replète.

    La vérité au ventre rond, la vérité aux traits ridés
    Et le visage boursouflé des assauts terribles du temps ;
    L’empêcheur de tourner en rond avec un moteur débridé
    Qui ne veut jamais s’essouffler de son parcours crapahutant.

    L’amour aveugle qui découle du flot du fleuve de la vie
    Fait croire aux meilleurs souvenirs et même s’ils n’existent plus.
    Tandis que l’eau-de-vie s’écoule des trous de mémoire ravis
    D’aller semer pour l’avenir sa quintessence qui m’a plue.

    Illustration de Michael Parkes sur https:nevsepic.com.uaenart-and-hand-drawn-graphicspage,6,26367-fantastic-art-by-michael-parkes-163-photos.html .

    
    
    
  • La Maison-Dieu : La voix des anges

    La Maison-Dieu : La voix des anges

    Lorsque je suis tombée de haut et que je me suis retrouvée nue,
    J’ai souffert autant dans mon cœur moralement et physiquement.
    Ce qui m’a sauvée du chaos, ce sont ces toutes petites voix
    Qui résonnaient toujours en chœur sans cesse spirituellement.

    Complètement abasourdie par la douleur du sacrifice,
    Ballotée par les émotions qui m’enfermaient dans ma prison,
    En aucun moment assourdies, les voix ont mené leur office
    En soulageant mes commotions vers un tout nouvel horizon.

    Je suis repartie sans bagage ou presque, fors les expériences
    Grâce à l’énergie du courage porté par des milliers de voix.
    Elles se sont tues sans ambages cependant, avec bienveillance,
    Je les ressens dans l’entourage toujours présentes sur ma voie.

    Ainsi j’ai appris à sauter sans crainte de tout recommencer
    Et suis certaine d’être née autant de fois que nécessaire.
    Si vous me voyez sursauter lorsqu’une épreuve est avancée,
    C’est l’écho de ma destinée que me transmet son émissaire.

    Tableau d’Ivan Lubenikov sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201206ivan-loubennikov.html .

    
    
    
  • Derrière les moucharabiehs

    Derrière les moucharabiehs

    Je chuchotais en ce temps-là à l’oreille des ordinateurs
    Et je leur composais du code en guise de poèmes binaires
    Qui s’envolaient dans l’au-delà d’énigmatiques compilateurs
    Avec des classes et des méthodes issues d’un autre millénaire.

    J’utilisais le port sexy d’une très jolie marocaine
    Qui ôtait sa jupe fendue pour accéder à sa matrice.
    Je tombais en catalepsie et j’avais souvent l’âme en peine
    Lorsque nos rapports trop tendus simulaient une perforatrice.

    Un jour, j’ai pénétré en elle jusqu’au cœur chaud de son système,
    J’ai senti mon fluide passer par chaque voie de ses registres
    Jusqu’à la seconde solennelle où j’ai joui et elle idem
    Fiers d’avoir su outrepasser la morale qu’on nous administre.

    Illustration de Jean-François Charles.

    
    
    
  • La vĂ©ritĂ© n’ayant jamais dĂ» sortir du puits

    La vérité n’ayant jamais dû sortir du puits

    Je fais appel à Laureline pour obtenir la vérité
    Qui est gratuite paraît-il mais pas le temps à consacrer.
    J’en vois les seins qui dodelinent tandis qu’avec témérité
    Elle monte du puits érectile pour m’apporter son feu sacré.

    Mais la vérité se complique dès qu’elle se met à m’expliquer
    Qu’il faut user de la logique, des assertions et du bon sens
    Alors les erreurs se dupliquent et tout devient inexpliqué
    Et je deviens pathologique avec pléthore de non-sens.

    Ah ! Laureline, ta vérité n’aurais jamais dû remonter !
    Je ne savais pas que le VRAI serait si dur à avaler !
    Je sais, tu aurais mérité que je sache tout surmonter
    Mais la seule chose je devrais faire c’est maintenant m’affaler !

    Tableau de Julius Leblanc Stewart.

    
    
    
  • Ruby & Lino – 2

    Ça y est, Ruby a décidé : On déménage pour de bon !
    Tout le monde est dans les cartons, particulièrement Lino.
    Les étagères sont évidées et se retrouvent en un bond
    Occupées par notre chaton y vautrant ses abdominaux.

    Ça y est, le linge est emballé, pas de Lino à l’horizon ;
    On entend quelques grattements dans un carton juste en dessous.
    Bien sûr, sitôt redéballé, Lino s’extirpe de sa prison
    En soufflant maladroitement envers sa geôlière à deux sous.

    Ruby rêve d’appartement dans un quartier chic et vivant ;
    Lino rêve de la campagne avec oiseaux à sa portée.
    Il y a comme un flottement sur les épisodes suivants :
    Qui est-ce qui perd, qui est-ce qui gagne à voir son rêve transporté ?

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  • Ruby & Lino – 1

    Ruby-jolie, femme morose, chérit le vert complémentaire
    À l’atmosphère de ses nuits blanches et ses soucis omniprésents.
    Lino, placide chat au nez rose, aime le giron salutaire
    Pour ronronner entre les hanches à savourer le temps présent.

    Ruby vit seule sans enfant, sans mari pour l’apostropher
    Mais sa mère est au téléphone, la famille n’est jamais trop loin.
    Lino, rentre souvent triomphant avec une souris pour trophée
    Même s’il n’y a jamais personne pour l’apprécier néanmoins.

    Ruby rêve au prince charmant qui s’est perdu dans son royaume,
    Ou tombé dans une oubliette, ou qui a dédaigné sa valeur.
    Lino, derrière les sarments, chasse et surveille son macrobiome
    Pour repérer quelques minettes car c’est la saison des chaleurs.

    Pas de Lino au potager, ce soir c’est la révolution !
    Il a fugué. On ne sait où ? Mais non ! Il dort dans un carton.
    Ruby voudrait déménager mais tourne en circonvolutions.
    Sans doute attend-elle le mois d’août pour dire : « C’est décidé, partons ! »

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  • Les rois en folie

    Le Roi de Trèfle ou Alexandre règne de janvier à décembre ;
    Après il cesse ses fonctions ; il y a eu la révolution.
    Il s’est exilé en Bretagne chez des cousins de Charlemagne
    Et mène une vie opportune grâce à son immense fortune.

    Le Roi de Cœur s’appelle Charles – c’est Charlemagne dont on parle –
    Et règne sur un grand empire pour le meilleur et pour le pire.
    Car pour le pire, il eut trois fils afin que l’histoire aboutisse
    À une Europe partagée et, par des guerres, saccagée.

    Le Roi de Carreau, alias César – évidemment Jules César –
    Aurait joué de l’hélicon en franchissant le Rubicon
    Et d’ailleurs son déterminisme valait bien cet anachronisme.
    Quoi qu’il en soit, je vous conseille d’aller l’écouter à Marseille.

    Le Roi de Pique ou Roi David dont la bible se montre avide,
    Tua Goliath d’un coup de fronde, c’est ce que l’on dit à la ronde.
    Il écrivit plusieurs poèmes, psaumes et chansons de bohème ;
    Il trouverait aujourd’hui sa voie, en déclamant sa belle voix.

    Jeu de cartes érotique « Le Florentin » de Paul-Émile Bécat, 1955

    
    
    
  • Les reines en folie

    Reine de Trèfle, alias Argine, elle se nommait en fait Régine
    Qui signifie « reine » en latin et ce n’est pas du baratin.
    Elle aimait l’argent avant tout – ce n’est pas son meilleur atout
    Car elle se fait voler son or par son fils qui la déshonore.

    Judith, héroïne biblique, Reine de Cœur, femme publique,
    Coupa la tĂŞte de son amant comme il est dit dans les romans,
    À moins que ce soit celle de Jean ou de toute une foule de gens
    Récompensés non sans humour pour l’avoir trop aimée d’amour.

    Rachel, la Reine des Carreaux, née sous le signe du taureau,
    Est également un personnage dont la bible fait l’apanage.
    Toutes celles portant ce prénom ne sont pas toutes au Parthénon
    Mais savent vous donner au lit, dit-on, les meilleurs stimuli.

    Athena, la Reine de Pique, ou Pallas, la déesse épique,
    Symbolisait encore la mort qu’elle donnait sans le moindre remords.
    Que nous reste-t-il de ses charmes sinon le souvenir des armes
    Lorsqu’elle guerroyait aux côtés des héros de l’antiquité ?

    Jeu de cartes érotique « Le Florentin » de Paul-Émile Bécat, 1955

    
    
    
  • Serre-moi la pince !

    Serre-moi la pince !

    Comme elle connaît ses limites, elle se plaît à les dépasser,
    Affronter les plus grands dangers du plus simple au plus compliqué.
    Ainsi donc s’est forgé le mythe de celle qui aime outrepasser
    La peur du péril étranger par un courage revendiqué.

    Les crabes lui serrent la pince avec une grande admiration ;
    Les méduses sont médusées et les requins sont requinqués.
    On dit qu’elle a séduit un prince au cours de sa transmigration
    Et qu’elle en aurait abusé… et que le pauvre aurait trinqué.

    Elle lui a préféré le crabe dont les pinces d’or sont renommées
    Depuis qu’un jeune aventurier l’a narré dans ses reportages.
    Tant pis ! Bien que le prince arabe l’ait appelée sa Salomé,
    Elle a choisi un roturier, oui mais expert en pinçotage.

    (Tableau d’Anthony Ackrill sur https:americangallery.wordpress.comcategoryackrill-anthony
    « Je connais mes limites. C’est pourquoi je vais au-delĂ . » Serge Gainsbourg.)

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  • Attentat en profondeur

    Attentat en profondeur

    Souvent lorsqu’il part à la pêche avec ses leurres et ses appâts,
    Notre sirène se dépêche d’y frotter ses propres appas.
    Plus le marin est pourfendeur avec hameçons et crochets,
    Plus l’attentat en profondeur par elle lui sera reproché.

    D’abord elle tâte l’aiguillon pour en tester la résistance
    Et prélève un échantillon dont elle goûte la substance.
    Puis à son tour, elle asticote d’un caractère bien trempé,
    La ligne qui se ravigote sous l’action du marin trompé.

    Après tout va toujours trop vite et tel est pris qui croyait prendre
    Car le pauvre pêcheur n’évite jamais de se laisser surprendre.
    Or il n’en reste aucune arête ; juste un chapeau à la dérive
    Car la sirène ne s’arrête qu’avec la nuit, quoi qu’il arrive.

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  • L’esquisse du futur

    L’esquisse du futur

    Qui se dit voyageur du temps doit bien ménager sa monture,
    La queue plongée dans le passé, tête tournée vers l’avenir.
    Je ne suis pas un débutant et quand je tente l’aventure,
    Je veille Ă  me carapacer contre tous les coups Ă  venir.

    Hier, par exemple, j’ai visité l’Atlantide avant le déluge ;
    J’avais prévu, bien entendu, palmes et masques adéquats.
    J’ai vu leurs enfants hésiter puis, s’enfuir pour chercher refuge
    Auprès d’un peuple prétendu être descendant d’iroquois.

    Demain je m’en irai voir ailleurs comment l’humanité subsiste
    Ou si elle a été remplacée par la fameuse nouvelle race.
    LĂ , des hommes-chiens aboyeurs ; ici, des hommes-chats humanistes
    Quant aux guéguerres déclassées, il n’en resterait nulle trace.

    Tableau de Catherine Chauloux.

    
    
    
  • MimĂ©tisme ou adaptation ?

    Mimétisme ou adaptation ?

    À force de les regarder, chien-élève ou animal-maître,
    Il m’arrive de les confondre à la couleur de leurs habits.
    Veste à pois ou léopardée, longs poils coupés au centimètre,
    Les créatures semblent se fondre en humain du même acabit.

    Trois petits chiens et un chignon ; un Bull et sa Belle de Cadix ;
    Quatre bassets pour une Danoise qui n’est même pas suisse-allemande !
    Que ne me semblent-ils pas mignons, ces promeneurs Ă  heures fixes
    Dont je zappe les ombres chinoises à l’aide de ma télécommande ?

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Comme un point sur un i

    Comme un point sur un i

    « C’Ă©tait, dans la nuit brune,
    Sur le clocher jauni,
    La Lune
    Comme un point sur un i. »

    Ailleurs, sur la lagune,
    Sur la mer endormie,
    La Lune,
    Toute en monochromie.

    Bien plus loin sur la dune,
    Juste au sommet de l’angle,
    La Lune
    Comme l’œil d’un triangle.

    Si demain la fortune
    Sourit aux audacieux,
    La Lune
    Brillera dans les cieux.

    Photo de Almefer ; première strophe d’ Alfred de Musset.

    
    
    
  • Plume-au-rĂŞve

    L’ami Pierrot légua sa plume à un chaman amérindien
    Qui dédiait sa danse-à-la-Lune à son totem, l’aigle royal.
    D’un duvet de peu de volume, tressé avec du chanvre indien,
    Sortit la parure opportune, consacrée à l’oiseau loyal.

    Mais la plume se montra volage et s’envola au firmament
    Puis, s’abrita par l’intermède d’un attrape-rêve lunaire.
    Désormais, les batifolages fantasmagoriques des amants
    Sont immunisés d’un remède contre leurs rêves lacunaires.

    Tableau de Tetsuhiro Wakabayashi.

    
    
    
  • Le mystère de la dame en noir

    Le mystère de la dame en noir

    Que s’est-il passé dans son boudoir fermé à clef de l’intérieur ?
    Nous avons entendu un cri, suivi de lents gémissements ;
    Un parfum de tulipe noire suintait sur les murs extérieurs ;
    Mais voici ce qui fut écrit sur cet étrange événement :

    « Elle apparut sur l’accoudoir levant ses membres supérieurs,
    Tremblante comme un souriceau qui aurait aperçu le chat.
    Une échancrure de son peignoir nous dévoilait un postérieur
    Qui ouvrit, dans un soubresaut, la robe qui se détacha. »

    Tableau d’Omar Ortiz.

    
    
    
  • Les voyages de la Grande Ourse

    Les voyages de la Grande Ourse

    Elle a tellement voyagé aux quatre coins de l’univers
    Qu’elle en a planté des repères sur les étoiles diffractées
    Comme l’itinéraire treillagé d’un colporteur en faits divers
    Qui reviendrait voir ses compères établis sur la Voie Lactée.

    Tableau de Hannah Willow.

    
    
    
  • Les rameaux – 2

    Les rameaux - 2

    Femme, tu incarnes la souche aux mille ramifications
    Dont chaque extrémité accouche d’autres diversifications.
    Homme, tu mûris comme un fruit qui deviendra électron libre
    Avant d’éclater à grand bruit pour retrouver ton équilibre.

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  • Les rameaux – 1

    Les rameaux - 1

    Au cœur des bois et des forêts, après qu’ait sonné l’équinoxe,
    Les rayons de la pleine lune bercent les rameaux nouveau-nés.
    Une lumière phosphorée, comme une aurore paradoxe,
    Fait germer des fleurs opportunes sur les arbres impressionnés.

    Quand, six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus vint à Jérusalem, la foule l’acclama lors de son entrée dans la ville et tapissa le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur.

    
    
    
  • Double Effet

    Double Effet

    La nature de Dieu nous paraît bien complexe
    En créant nos aïeux et séparant leurs sexes.
    Cependant la nature a fait si bien les choses
    Qu’une progéniture naît des choux et des roses.

    La femme est une souche aux ramifications
    Dont chaque fleur accouche de filles et de garçons.
    L’homme en cueille le fruit et distille l’essence
    Pour œuvrer à grands bruits de toutes connaissances.

    Ainsi l’homme et la force sont tous deux triomphants
    Et la femme s’efforce de faire des enfants.
    La mère se fait reine au sein de sa famille
    Dont les amours pérennes grandissent et s’éparpillent.

    Cette union si charnelle qui mĂŞle ses chromosomes
    Crée pour l’homme amoureux, l’éternel féminin.
    Les amours éternelles abritent le royaume
    Des câlins langoureux loin des soucis bénins.

    Ainsi la mécanique qui produit des humains
    N’est pas anachronique au monde de demain.
    Et célébrons encore le noble mariage
    Qui réunit deux corps pour un très beau voyage.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Jardins d’amour

    Jardins d’amour

    C’est au-dessus du mécanisme que met en œuvre la nature
    Pour disséminer l’existence de l’univers en expansion,
    Que Dieu a placé l’humanisme pour qu’il poursuive la culture
    De l’amour qui donne naissance à sa nouvelle dimension.

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  • Les visas d’or

    Les visas d’or

    Dans tous les océans du monde, elle rallie les continents
    Et les visas d’or s’accumulent comme marques de luxuriance.
    Sa folle route vagabonde parait un choix impertinent
    Mais en réalité pullule de toute une vie d’expériences.

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  • Les trophĂ©es

    Les trophées

    Sous la carapace des ans, elle a gravé plusieurs batailles
    Livrées contre ses prédateurs dès le moment de sa naissance.
    Examinez-la à présent et veuillez estimer la taille
    De ses trophées annonciateurs d’expériences et de connaissances.

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  • Faut pas pousser !

    Le travailleur craint opprimé qu’il lui arrive des bricoles
    À force de tous les efforts qu’il doit produire en sens contraire.
    Comme une vache-à-lait primée de l’exposition agricole,
    Il faudra le pousser bien fort le jour où l’on voudra le traire.

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  • Couleurs d’Afrique – 5

    Couleurs d’Afrique - 5

    C’est lĂ  leur lĂ©gende, c’est lĂ  leur tribu ;
    Chaque coloris raconte une histoire.
    Chaque cœur renferme un doux souvenir ;
    Chaque corps exprime un fier caractère.

    Brandissant leurs armes et leurs attributs,
    Leurs chants et leurs danses sont leur territoire.
    Le passĂ© s’emmĂŞle dans leur avenir ;
    Ils vivent au présent le don de la terre.

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  • Chat-perchĂ©

    Chat-perché

    Mon gros matou s’en va chasser
    Dans les fourrés le beau gibier.
    Alors il joue à chat-perché
    Dans la forĂŞt de jujubiers.

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  • La force dans les dents

    La force dans les dents

    La force dans les dents s’émousse au fil des ans,
    Ménager ma denture est ma priorité.
    Ce serait obsédant et même déplaisant
    Si j’étais, d’aventure, en infériorité.

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  • Modèle Coquelicot

    Modèle Coquelicot

    Depuis le temps que j’en rêvais de sa robe en couleur vermeil
    Carrossée comme une déesse, légère comme un coquelicot !
    À sa manière d’observer, toute pénétrée de sommeil,
    L’aspect du levier de vitesse, elle s’est emballée illico.

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  • La fugue de la forĂŞt

    C’est la cantate du sommeil qui vous entraĂ®ne dans les songes
    Quand vous passez à la portée de cette lancinante fugue.
    Perdus dans des rêves vermeils, entre vérité et mensonge,
    Vous vous laisserez transporter par la berceuse qui vous subjugue.

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  • Demain, je coiffe la girafe

    Demain, je coiffe la girafe

    Chaque année je gagne un mètre à la toise de ma girafe.
    Aujourd’hui j’atteins sa gorge, demain je coiffe son chef.
    Lorsque je pourrai soumettre son long cou de télégraphe,
    Je boirai trois pintes d’orge et trois autres derechef.

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  • Pour mon Ă©quilibre – 8

    Pour mon équilibre – 8

    Apportez vos cœurs légers comme l’air
    Chargés de prières et gorgés d’amour !
    Venez sans rancœur, venez sans colère,
    Pas de cœurs de pierres mais des cœurs d’humour !

    Pour bâtir un monde peuplé de lumière,
    On n’a jamais su faire le ciment.
    La haine est immonde et tombe en poussière
    Si l’amour n’a pu faire le ralliement.

    Je dois lâcher prise à un monde lourd,
    Je dois m’accrocher au monde subtil.
    Si mon entreprise joue sur le velours
    Venez, approchez et soyons fertiles !

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  • Le nez musicien

    Le nez musicien

    Pour bien ressentir la musique il faut avoir de l’odorat,
    Un cartilage bien dessiné pour résonner dans les narines.
    Puis, l’instrument devient nasique et s’apparente au tenora
    Dont l’apothĂ©ose ainsi nait comme une vedette dans la marine.

    Tenora : Type d’instrument de musique à vent, ou d’aérophone.

    
    
    
  • Marcel, bon appart

    Marcel, bon appart

    Connaissez-vous Marcel ? Capitaine au long cours ?
    Il possède un appart qui ne comprend qu’une pièce.
    Mais tout est à portée, tout est de bon concours
    Dans sa chambre empereur où son cœur est en liesse !

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  • La belle armĂ©nienne

    La belle arménienne

    Pour ce nouveau prototype fabriqué dans la mer noire,
    On a invité les mages venus des quatre horizons.
    Sa marraine est l’archétype d’une vieille bassinoire
    Qui fait briller son image et en donne les frissons.

    On l’appelle « l’Arménienne », la voiture de l’année !
    Elle a cent chevaux-vapeurs prêts à vous éperonner !
    On fait une bonne moyenne sur la Méditerranée !
    Le pied sur l’accélérateur, écoutez-la ronronner !

    Son pilote, c’est Albert ! Le roi de la livraison !
    Pour offrir Ă  ses clients une pizza cuite Ă  point,
    Il la gare au réverbère, pour charger sa cargaison
    Et l’apporte à bon escient dans son habit de pourpoint.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les cygnes d’étang

    Les cygnes d’étang

    Ce sont les cygnes d’étang qui vont toujours deux par deux.
    Ce sont des signes des temps qui font fuir les cafardeux.
    Le col des cygnes s’étend pour tracer un cœur d’amour.
    L’école des signes s’entend résonner jour après jour.

    Ô mon bel oiseau parfait, fais-moi une place sur ton dos !
    Emporte-moi au-delà loin de ces temps oubliés !
    Loin de ce monde surfait, mets sur mes yeux ton bandeau
    Pour ne plus fixer cela et n’en plus rien publier.

    J’ai marché dans les rivières, j’ai traversé mille ponts,
    Mes amis sont les canards, mon allié est le héron.
    Sous les coups des étrivières qui ont forgé mes crampons
    J’avance en père peinard jusqu’aux marches du perron.

    La blancheur de ton plumage n’a jamais été souillée
    Par la boue des immondices qui jalonnent les rivages.
    Tu fais fi de ces ramages sans jamais être vasouillé
    Malgré tous les préjudices qui t’attristent et te ravagent.

    Moi, j’ai laissé mes racines disparaître aux quatre vents,
    J’ai choisi pour domicile ton pays et tes forêts.
    Et cette fièvre assassine que j’avais auparavant
    S’est mutée en codicille qui pousse mon mascaret.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Flamme champĂŞtre

    Flamme champĂŞtre

    Quand les couleurs s’embrasent d’une flamme vive,
    Quand les eaux des rivières éclaboussent les rives,
    Quand toute la nature se réveille et ravive
    Alors les hommes en chœur et les femmes revivent !

    Cette flamme champĂŞtre lie le ciel Ă  la terre.
    Elle se fait complice dans le cœur du foyer.
    Les maris et les femmes deviennent solidaires
    Et se prêtent assistance par l’amour déployé.

    Frère et sœur montrent aussi l’appui indivisible,
    Ou encore Père-fille, ou la mère et son fils.
    Compatibilité entre sexe est possible,
    La mixité construit et offre un bénéfice.

    Partout dans l’univers, l’énergie se divise
    En deux polarités sans cesse opposées.
    Mais l’union des extrêmes est la seule devise ;
    Pour l’écho créateur, c’est la règle imposée.

    Tableau de Fabienne Barbier