🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Ainsi soit la sirène
Ainsi soit-elle, la sirène qui règne au royaume des abysses !
Ainsi soit-il, le créateur qui aura su fermer les yeux
Et permettre à l’aqueuse reine que son microcosme subisse
L’incrédulité des auteurs d’ouvrages fiers et prétentieux !
Ainsi soit-elle, vivant nue, sans subir le péché de honte !
Ainsi soit-il, de tolérer cet accroc à la connaissance
Et la laisser, pauvre ingénue, jouir à ce que l’on raconte
D’un paradis autogéré sans besoin de reconnaissance.
Ainsi soit-elle, prédatrice, mangeuse d’hommes invétérée !
Ainsi soit-il, d’avoir permis à l’homme d’aller naviguer
Pour écouter la cantatrice le séduire et le capturer
Et prouver à Dieu affermi que l’homme est bon à mastiquer.Tableau de Prateep Kochabua.
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La sirène sans rivage


Je ne suis plus de l’eau, ni du sel, ni du ciel,
Je suis l’onde sans bord, la mer sans arc-en-ciel.
Ma queue n’est que d’airain, mes seins ne sont que brume,
Et je me désincarne au rythme de l’écume.
Je n’ai plus de rocher, plus de chant pour t’attendre,
Je suis ce qui t’efface en te laissant te fendre.
Je ne dis plus ton nom, je ne tends plus les bras :
Je m’ouvre sans pourquoi, sans besoin, sans émoi.
Tu peux glisser en moi, mais tu n’y prends personne ;
Je suis vide et féconde, et la vague te sonne.
Tu crois me posséder ? Tu deviens mon reflet,
Un silence en fusion dans mon sexe parfait.
Je suis la fin des jeux, la fin de la prière,
Ni muse, ni putain, ni mémoire, ni lumière.
Je suis l’après-sirène, l’oubli, le grand passage…
Et toi, si tu me suis, tu y meurs sans naufrage.Tableaux de Barbara Yochum.
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Les rituels
L’Étoile-double


Afin de mieux me souvenir du goût de son bouton sacré,
Je le fais frémir sous mon souffle avant même de le toucher.
Afin de mieux le voir venir illuminer la chair nacrée
J’attise jusqu’à ce que je m’essouffle l’Étoile avant de l’emboucher.
Afin de faire ouvrir la voie de celle qui me veut ardent
Je sais la mordre tendrement avec une langue de feu.
Afin de faire crier sa voix et lui faire dire tout son mordant
Je sais la sucer foutrement exactement comme elle veut !
Afin de plaire à Laureleïne je dois aimer l’Étoile double
Qui gravitent ensemble en accord lorsqu’elles ont envie de l’Oracle.
Laureline-eau et Loreleï-feu deviennent un mélange trouble
Et se fusionnent d’un même corps afin d’accomplir le miracle.
Quand la fusion se parachève et que le Sanctuaire s’ouvre,
C’est un portail d’entre-les-mondes que je pénètre à double sens.
Mais avant que la nuit s’achève, un double YSARA se découvre
Pour envelopper de leurs ondes un NOMIR en effervescence.
L’eau rugit d’un puissant torrent ! Le feu hurle son incendie !
La sirène rugit son extase et la louve sa jouissance.
L’Étoile-double expectorant ses deux orgasmes s’agrandit
Jusqu’à provoquer l’épectase de l’univers par sa puissance !Illustration de Luis Royo.
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Les rituels
Cœur-de-louve e – Chant de l’amour sauvage

Je traverse la nuit, sans dieu ni talisman,
Le loup contre ma peau, l’instinct pour seul repère.
Je lèche mes douleurs d’un amour véhément
Et je mords ceux qui fuient comme mord la vipère.
Je suis née d’une bête dans une peau humaine,
Je chasse pour survivre telle qu’on m’a conçue.
Je traque pour aimer le moindre énergumène
Que je tue à mains nues si son cœur m’a déçu.
Je n’aime qu’à outrance mais je hais avec grâce !
Mes baisers sont de feu, mes refus sont sournois.
Je protège en hurlant, je console en disgrâce
Et j’écorche les gueux quand ils doutent de moi.
Celui qui m’aimera n’a pas droit à l’erreur ;
Je lui dévorerai le corps, l’âme et le cœur.
Celui qui faillira connaîtra le terreur
Mais celui qui saura deviendra mon vainqueur.Tableau de Kristie Zurio.
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Les rituels
L’ange en flammes

Quand on m’arrache la parole, je suis l’ange à langue de feu !
Quand on me veut douce et docile, je suis le démon indomptable !
Passez-moi à la casserole, vous n’me toucherez pas un cheveu
Car j’ai la gâchette facile et le coup d’épée redoutable !
J’aime ta langue en incendie, ton verbe vif comme une lame,
Ta fierté de lionne blessée qui rugit quand on veut la taire.
T’éteindre ? Cela m’est interdit ! Nul ne fera trembler ta flamme
Je m’offre à ton feu transgressé par ta morsure volontaire.
Tes ailes ne sont pas des ailes mais tous tes amours en colère,
Tes révoltes les plus intimes et les mots que tu n’as pas dits.
Je connais tes excès de zèle pareils à l’éruption solaire
Qui brûle d’un feu légitime tous les maux que tu irradies.
Loreleï dissimule ses failles dans une furie qui l’anime
Et moins elle obtiendra son dû et plus elle vous consumera !
Car son amour, vaille que vaille, ne souffre aucun pusillanime
Et exige de tout individu l’être entier qu’elle assumera.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.
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Sortie des eaux sombres

Dans les eaux noires de l’étang se noyaient mes humeurs maussades ;
J’allais régulièrement vider toutes mes peines et mes rancœurs.
Mes déceptions par tous les temps devenaient juste une passade ;
Je pouvais alors dévider le fil de ce qui me tenait à cœur.
Ce matin-lĂ , un vent mauvais soufflait dans ma tĂŞte malade ;
Tandis que je m’y accotais pour déverser mes émotions,
J’ai vu les eaux qui se mouvaient dans une grande bousculade,
Puis une femme qui clapotait dans une étrange dévotion.
« Tu es l’incarnation du mâle et moi celle de la femelle
Qui représente tes chagrins et tes sentiments nécrosés.
PlutĂ´t que repousser le mal et toutes tes peurs qui grommellent,
Affronte-les et ton train-train en sera métamorphosé ! »
Alors j’ai confronté mes craintes à mes envies de progresser
Et j’ai embrassé la naïade comme un amant apanagé.
J’en sens encore son étreinte lorsqu’elle m’a fait régresser
Au point limite de la noyade afin d’apprendre à surnager.
Depuis quand j’ouvre mon journal avec la misère du monde,
Je surfe sur les catastrophes et sur tout ce qui m’a déplu.
La vie est un fleuve infernal aux eaux impures et immondes
Mais moi, rédigeant cette strophe, je ne m’en préoccupe plus.Tableau de Cellar-fcp sur https:www.iamag.cothe-art-of-cellar-fcp .
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Prise sur le fait

L’œil gauche a trahi en premier l’émotion échappée du cœur ;
Le coup de foudre a retenti d’une brève déflagration.
Comme la dame sur son damier voyant le pion prendre, vainqueur,
Une victoire pressentie par elle comme une déclaration.
Elle croit ne rien laisser paraître mais elle est prise sur le vif,
Prise la passion dans le sac et la main servant de bâillon
À sa langue qui s’enchevêtre pour pousser le cri incisif
Arrêté net par le ressac d’un battement de papillon.
Ainsi un battement de cœur, à l’instar du lépidoptère,
Provoque remous et marées dans tout un cerveau amoureux.
S’il en émane à contrecœur une mimique réfractaire,
C’est d’une pudeur amarrée à un embarras langoureux.Tableau d’Ivana Lena Besevic.
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Une vie de chien
Si je pouvais changer de peau comme l’on peut changer de sexe,
J’en prendrais une qui ait du chien et une tête qui ait de la gueule.
J’aurais en guise de chapeau, deux touffes en accent circonflexe
Outre le look d’un dalmatien pour charmer les femmes bégueules.
Bien sûr j’aurai un mal de chien au début pour plaire à ces dames
Mais à mon air de chien battu, nos liaisons transparaîtraient.
Reste Ă trouver le chirurgien Ă Rotterdam ou Amsterdam
Où j’irai à bride abattue me faire refaire le portrait.Vu un peu partout sur internet sans la source de l’image.
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L’amour vache ou cochon ?
L’amour est-il vache ou cochon ? L’amour-propre peut-il être sale ?
Dites-moi comment vous le faites et je vous dirai qui vous êtes !
Accroupis sur le polochon ou en position transversale ?
Madame est-elle satisfaite ? Monsieur a-t-il perdu la tête ?
Bien sûr, le sexe est animal et reprend du poil de la bête
Quand tous les sens sont excités par les caresses corporelles.
Le cœur au rythme maximal, le mâle part à la conquête
De sa femelle sollicitée pour la jouissance intemporelle.vu sur Quora.
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Mode solaire, mode lunaire
Printemps-été, automne hiver et la Nature rythme sa mode ;
Soleil levant, phases de Lune, la parent des plus beaux bijoux.
Au cœur de la nuit, l’Univers baise sa joue aux antipodes ;
Au cœur du jour, vient l’opportune lumière qui caresse l’autre joue.
Selon les rendez-vous stellaires, les solstices et les équinoxes,
La Terre marie ses couleurs argent et or ou Lune rousse.
Sous les feux d’éruptions solaires, voyez l’étrange paradoxe
D’un grand Soleil, tout en chaleur et la Nature qui se trémousse.
La planète en mode carbone nous fait soupçonner les saisons
De s’échanger leurs accessoires en courants froids et courants chauds.
Le ciel de nuages se charbonne, après s’éclaircit sans raison,
Puis s’ouvre comme une passoire et la météo fait son show.Tableau de Mariana Palova.
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Le baptême d’eau-de-feu


Toute sorcière ne naît pas bonne ou malfaisante forcément ;
Cela ne dépend pas des gènes mais du cœur qui bat en veilleuse.
Selon le baptême en automne, l’âme prendra intensément
Comme un feu nourri d’oxygène ou une source merveilleuse.
Sorcière à chevelure ardente, de nature extériorisée,
S’amusera à nos dépends à se montrer disgracieuse ;
Sorcière aux mèches débordantes, de nature intériorisée,
Déjouera tous les guet-apens de sa consœur licencieuseTableau d’Anato Finnstark sur https:anto-finnstark.artstation.com .
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L’amour d’ailleurs
Si mon cœur s’en va voir ailleurs en suivant ses humeurs volages,
Il ne trahit ni ses amis, ni son épouse, ni sa maîtresse.
Il est d’une toile dont les tailleurs confectionnent les plus beaux voyages
Et ne connaît point d’accalmie tant qu’il n’a pas changé d’adresse.
Or, c’est d’images dont s’abreuve la folie qui trouble mon cœur ;
C’est de récits dont se régale la passion qui perd ma raison.
Je vous en présente la preuve par mes poèmes chroniqueurs
De mon existence qui égale tout l’exotisme dans sa maison.Tableau de Paul Gauguin.
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In vino veritas
Une sommelière amoureuse d’un Saint-Émilion bichonné
Jouit de son cœur en balance avec un Beaune-Nuits-Saint-Georges.
Si sa joie devient douloureuse lorsque l’amant est bouchonné,
Elle se reproche l’indolence d’avoir été prise à la gorge.
La sommelière se distingue de tous les commerçants blasés
Par son tempérament jovial pour ses clients et ses produits.
Des mains, ses bouteilles valdinguent jusqu’à nos lèvres embrasées
Du rouge rubis convivial des meilleurs crus qu’elle produit.
J’aime écouter la sommelière qui m’aguiche dans sa vitrine ;
J’aime goûter son éloquence et sa faconde légitime ;
J’aime observer sa lavallière se balancer sur sa poitrine
Et j’aime palper la fréquence de son œnologie intime.Photo de J.J. Jordan sur Pexels et sur https:medium.comequality-includes-youthe-two-times-i-was-as-fragile-as-a-wine-glass-about-race-500a92ba5b2b .
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Les voyages impressionnistes



J’ai pris le train imaginaire pour des rêves sans destination
Dont les escales en folie offrent les plus belles couleurs ;
Des sites extraordinaires, différents à chaque station
Qui chassent la mélancolie en sinécure et sans douleur.
Mais il faut y mettre du sien et bien s’atteler à la tâche
Car la Mer-de-l’inspiration mate les talents apathiques.
Les tourbillons théoriciens égarent tous ceux qui s’attachent
À des valeurs d’inspiration matérialiste et pragmatique.
Mais si je me laisse emporter par une vague déferlante
Et si je me laisse entraîner par les courants perfectionnistes,
Je saurai me réconforter par les étapes affriolantes
De l’expérience parrainée par les voyages impressionnistes.Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.
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Impressionniste matin, midi et soir



L’impression d’un matin nouveau presse l’aurore à contrejour
Pour en extraire l’apparence d’un paradis à retrouver.
Le cœur se remet à niveau et revoit sa palette à jour
Pour l’exprimer en transparence sur son âme vierge éprouvée.
À midi, l’intuition mûrit sur la toile en pleine lumière
Qui reçoit le feu d’un pinceau qui saigne comme une blessure
Où tout l’enthousiasme en furie cherche la vérité première
Ă€ recouvrer sous les assauts et les projections de peinture.
Le crépuscule emportera toutes les idées lumineuses
Qui sèmeront les plus beaux rêves produits par la transpiration.
Puis, la nuit en transportera toute l’essence butineuse
Qui, dans une apparition brève, éveillera l’inspiration.Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.
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Ă€ la plume des flamants bicolores
J’ai ajouté une couleur aux reflets de ma plume rose
Avec un flamant blanc-nacré pour pigmenter les mots de l’âme.
J’exprime bien mieux les douleurs qu’a supportées mon cœur morose
Et l’esprit rejoint le sacré de la déité de sa flamme.Tableau de Alexander Sigov.
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Matou malin


Cherche-Midi, matou malin, s’intéresse de peu aux oiseaux ;
Je l’ai vu prendre ce matin le chemin qui mène aux roseaux.
En échange de trois câlins, il m’a emprunté mes ciseaux
Et m’a tenu un baratin pour me présenter son réseau :
Des petites maisons tressées comme abris pour les volatiles
Qu’il va planter sur notre toit car la technique est difficile.
Ensuite, le voilà dressé avec un filet contractile
Pour attraper, d’un air matois, ceux qui feront un’ proie facile.Tableau de Vladimir Rumyantsev.
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Dans ma bibliothèque
Des milliers de fenêtres s’ouvrent, des portes aux passages secrets,
Des pans de ma bibliothèque dissimulés dans les grimoires.
Ainsi chaque livre découvre, par la connaissance sacrée,
Les expériences intrinsèques enregistrées dans mes mémoires.Tableau de Rob Gonsalves.
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La fille Ă la guitare
Au premier temps, elle constate la ressemblance avec ses hanches
Puis au deuxième, elle se retrouve dans l’âme de la guitariste.
Pour accompagner sa cantate, la main gauche empoigne le manche
Tandis que la main droite approuve une méthode plus naturiste.
Complètement nue, elle accorde sa guitare sèche au diapason
Du grave de son clitoris à l’aiguë de la chanterelle.
Elle tend doucement la corde jusqu’à entrer en pâmoison
Afin que l’orgasme florisse dans une harmonie corporelle.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les paysages emphatiques
J’aime ces histoires champêtres comme les écrivait George Sand
Quand elle mettait les paysans au rang de héros empathiques.
Ô combien j’aime me repaître de ces récits qui me transcendent,
Me font le cœur poétisant sur ses sentiments emphatiques.
(Empathique : capacitĂ© de s’identifier Ă autrui dans ce qu’il ressent.
Emphatique : grandiloquent, un peu pompeux.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Sur une route de provence
Sur une route de Provence,
Les deux senteurs qui se mélangent,
Fleurs de lavande, grains de muscat
Et la lavande entre deux draps,
Dans un sachet tout provençal
Et le muscat dans la corbeille
Au beau milieu de la desserte.
Ou pourquoi pas au fond d’un verre ?
Pour le gâteau après la messe,
Les deux senteurs qui se mélangent
Dans un vieux mas de la Provence.
(Tableau de Lucos ARNO – Huile format 30×30 cm sur papier « figueras »de Canson. »Soir de Provence.
Texte de Henriette Berge – « Sur une route de lavande et de vin… » RenĂ© Char.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs endormies
Les couleurs sont bien déformées dans ma mémoire quand je tente
De revoir les vieilles images consignées dans mes souvenirs.
Les teintes sont chloroformées et quand je les pense constantes
Elles ne sont plus que le gommage qui peu à peu se voit ternir.J’ai pris cette photo l’année dernière dans la forêt d’Eschenberg et Google s’est amusé à me la coloniser différemment. Ça m’a fait penser que les couleurs que je crois enregistrées fidèlement dans ma mémoire sont souvent fausses lorsque je revois de vieilles photos de voiture verte que je voyais grise, de noire que je pensais bleue… jusqu’à même me tromper dans des répliques de films célèbres que je croyais retenues par cœur…
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Les onze échos
Femme chamane, de ton tambour, tu préviens partout à la ronde
La bienvenue que tu me fais par les coups que tu énumères :
Onze échos sonnés à rebours comme mon départ dans ce monde
Où je vais vivre de bienfaits à tes côtés, ma tendre mère.Tableau de Anne-Marie Zilberman.
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Ă” temps, tu me voles !
Dans les journées de vingt-quatre heures, je dois toujours en mettre un coup.
Je dois manger, je dois dormir et puis aussi faire l’amour.
L’art est aussi accapareur, je peins, j’écris et lis beaucoup.
Les cours d’allemand à vomir mais que je fais sans désamour.
Bien sûr, il y a la solution d’établir un emploi du temps
Mais ça rappelle le travail, l’école et c’est vraiment navrant.
J’ai donc pris la résolution de tout faire de temps en temps
Ça durera vaille que vaille mais c’est la vie, c’est enivrant !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le jour du lynx
Tous ceux qui attendaient un lion se trouvèrent fort dépourvus
Quand c’est le lynx qui est venu et velu cancer de surcroĂ®t !
Heureusement son Pygmalion, d’un précieux conjoint, l’a pourvu
Et d’attributs bien advenus pour le faire jouir comme un roi.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le chant des lavandes
Mon ami, entends-tu le chant qui emplit comme un égrégore,
De la terre jusqu’Ă ton oreille, tout l’espace de son silence ?
Mon amie, perçois-tu le champ vibrer au signe de l’aurore
Sous la baguette du soleil d’une sereine vigilance ?Égrégore : Esprit de groupe, entité proche de l’ange ou de l’inconscient collectif.
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Alerte canicule
Je fonds en cœur dans les alpages liquéfies par la chaleur.
La canicule m’a bien surpris depuis le début de juillet.
Je vois rôtir dans les cépages le raisin qui perd sa valeur
Et mes mots bouillent en mon esprit comme du crĂ©ole antillais.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le jardin des daims
Dis-nous, mon petit oiseau, quelles sont d’en bas les nouvelles ?
Dans notre petit paradis, on n’a pas beaucoup d’expert.
Est-ce que les damoiseaux et toutes les damoiselles
Ont guĂ©ri la maladie de l’amour qui dĂ©sespère ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon petit monastère
Cet été, je me retire dans mon petit monastère ;
Il est proche de la lumière bien accroché sur la terre.
La sérénité m’inspire, j’y instruis mon ministère
Et ma muse coutumière est ma seule colocataire.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Entre les dunes
Je cherche un coin entre les dunes pour enlever ces vĂŞtements
Et courir nue parmi le sable et nager nue parmi les eaux.
Je cherche un amant de fortune qui fasse l’amour honnêtement
Avec juste l’indispensable pour me faire jouir dans les roseaux.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Laissons sĂ©cher les souvenirs – 1
Laissons sécher les souvenirs sur la corde à linge du temps ;
Les plus belles amours se décantent, c’est la vie qui nous y convie.
Laissons enfin minou venir sur nos caprices débutants,
Nos fantaisies les plus frĂ©quentes, Ă©coutons le miauler d’envie !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Coucou ! C’est le miroir
Coucou ! C’est le miroir qui vous souhaite bonsoir !
Je change vos désespoirs du jour pour un espoir.
Du fond de vos tiroirs, je laisse vos ostensoirs
Et vos vieilles histoires s’envoler dans le soir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Vol en couleurs

Les voleurs de couleurs en sont tout barbouillés,
Leur forfait achevé, ils retournent au repaire.
Ils laissent derrière eux une piste embrouillée.
Ils sont fiers et heureux, ces deux fieffĂ©s compères.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’amour, plus fort que l’océan

La mer ouvre un passage au messager d’amour
Et les flots qu’elle écarte lui montrent le chemin.
Il apporte ma lettre à l’aimée de mes jours.
J’ai gravĂ© mes serments au bas du parchemin.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La traversée du désert

Aussi loin que tes yeux crèveront l’horizon,
Rien ne change et la fin échappe à ta raison.
Le désert de l’attente semble un piège hermétique
Mais l’alchimie du sage vaincra l’énigmatique.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Il n’y a pas d’horloge sans talon aiguille

Deux aiguilles en talon pour me désigner l’heure,
Les fesses arrondies pour les phases de Lune,
Deux boutons pour régler le temps des belles couleurs,
Deux mains pour les secondes et compter ma fortune !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La main du Vannier
Un soleil au giron qui darde ses rayons,
C’est le panier d’osier qui connait sa naissance.
Et son Dieu créateur le couve de ce don
Qui guide l’artisan au pic de sa croissance.
Il est un maître à sa façon, il est l’élève de son cœur,
Tressant la vie de ses amis dans les mailles unies du bonheur.
La naissance cosmique a cet art singulier
Qui lui fait déposer sa main leste au panier.
Pour l’élue de son cœur, d’un travail régulier
Qui fait mûrir d’amour tous les fruits du canier.
Il est un maître bâtisseur, il est le chevalier vannier,
Nouant des liens d’attachements dans l’osier souple du panier.
Du matin jusqu’au soir ses doigts créent l’avenir,
Il noue ses fils d’amour pour ses fils adorés.
Il n’a pas de soucis pour les jours à venir,
Il perpétue des liens dans ses paniers dorés
Il est le maître de l’osier, il est le maître façonnier
Il met du cœur dans ses paniers et la tendresse du vannier.Tableau de Fabienne Barbier
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Fumée de gitane
Elle ondule aux couleurs de son feu intérieur.
La fumée de gitane est une incandescence.
Elle exprime l’amour par ses yeux extérieurs.
Son corps est un hommage et le plaisir des sens.
Corps en luminescence et les bras en cadence,
Son sang est son essence et son cœur son moteur,
L’énergie de ses jambes attise ma patience
Et ses autres attraits grimpent Ă bonne hauteur.
Rouges affriolants, Grenats tambourinant,
Des pompons en flammèches qui font dansotter l’âme,
Son Étole étoilée aux épaules dandinant,
Ses jupons accordés à son sexe de flamme !
Dans les fumées d’encens emmêlées dans l’éther,
Relents de narguilé et d’anis étoilé,
L’atmosphère enivrante est un peu délétère
Et l’offrande à la femme est enfin dévoilée.
Pour un amour d’ailleurs, pour un cœur de gitane
On pourrait par son sang aller vendre son âme.
Pour moi, c’est déjà fait, j’ai jeté ma soutane,
J’ai fumé son amour et je vis à Paname.Tableau de Fabienne Barbier
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Le plateau arménien
Parfumée d’estragon, colorée d’émeraude,
Un zeste de raisin et un soupçon de poire,
Importée d’Arménie, dans une mer noiraude,
Elle étanche la soif et guérit vos déboires.
« Why not aqua ? » demande le serveur souriant !
« Aqua negra ! » répond le client malicieux !
« Poire, Estragon, Raisin ? » insiste ce soupirant
Qui cherche à me séduire par ses mots délicieux !
Je préfère goûter, là , dans sa caravane,
Ses nectars arméniens élevés au soleil,
Au bord du Lac Sevan, du côté d’Erevan
Qui fait fleurir les filles et le vin en bouteille.
« Va hé goute-moi ça ! » me dit le cuisinier.
« Narinez ces parfums ! »me dit-il l’air malin.
« Albertissez-moi fort !» sans vous contrarier.
« Has Milk dans ta pizza ? » Je dis « Oui », j’ai trop faim !
On ne comprend pas tout ce qu’il dit dans son coin
Mais ses yeux parlent mieux, son sourire irradie
Le langage du cœur vaut mieux qu’un baragouin
L’amour dans ses pizzas ouvre le Paradis.Tableau de Fabienne Barbier