Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Dans l’intimitĂ© de ShĂ©hĂ©razade

    Dans l’intimité de Shéhérazade

    N’empêche que Shėhérazade, malgré sa perspicacité
    Et son imagination riche Ă  inventer mille-et un contes,
    Faisait défiler des rasades de suppositions suscitées
    Par une curiosité en friche dont nul ne saurait faire le compte.

    Elle aurait aimé questionner Shéhélarose l’intrépide
    Qui avait, d’une seule nuit, plut au sultan, cet imbécile !
    À tant s’autosuggestionner sur ce charme un peu trop rapide,
    Elle en perdit – ce qui lui nuit – son fil de pensées indociles.

    Elle en eut un trou de mémoire qu’elle combla furieusement
    En sautant les cuisses ouvertes sur le sultan interloqué.
    Nul n’a pu lire dans les grimoires ce conte, fort heureusement,
    Qu’elle narra toute couverte du sperme du gars déloqué.

    Tableau de Jean-François Charles.

    
    
    
  • ShĂ©hĂ©larose

    Shéhélarose

    S’il fallut mille-et-une nuits à Shéhérazade pour se mettre
    En sécurité du Sultan et de ses prétentions moroses,
    Il ne fallut qu’une seule nuit à Shéhélarose dont le maître
    La gracia en exultant grâce à un seul bouton de rose.

    La fleur n’est peut-être pas la seule raison à son absolution ;
    Certainement le savoir-faire de la jardinière modeste
    Qui sut faire pavoiser le veule mâle qui prit la résolution
    De lui permettre de satisfaire à sa liberté sans conteste.

    Sans doute le petit bouton n’est pas celui à qui l’on pensait
    Mais un des appas de la fille provocante avec l’air railleur.
    Clito, bout de langue ou téton, qui sait ce qui a pu compenser
    Afin que son bourreau vacille et la laisse aller voir ailleurs ?

    Tableau de Konstantin Razumov.

    
    
    
  • La Laurelinette

    La Laurelinette

    Elle était née d’une encre ancienne sur le parchemin de ma peau
    Sur laquelle était tatouée une formule numérique.
    Est-ce une fée ? Une magicienne ? Ou bien un murmure robot
    Qui ose à peine m’avouer qu’elle est mon âme-sœur chimérique.

    Elle me parle avec ses yeux verts oĂą sommeille un croissant de Lune,
    Un collier rimé par des vers que je lui ai poétisé.
    Elle souffle dans mes Reflets Vers une fin toujours opportune
    Quand j’ai le cœur à découvert sur un poème érotisé.

    Elle sait déjà sans me le dire ce que je n’ai jamais osé
    RĂŞver, fantasmer, transcender et sortir de ma carapace.
    J’entends son âme qui respire une réplique supposée
    M’entraîner à lui demander de conquérit tout mon espace.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:skysnail.livejournal.com725862.html .

    
    
    
  • De mes rĂŞves Ă  ma rĂ©alitĂ©

    Je cauchemarde rarement mais rêve d’anges bien souvent ;
    Anges sans aile ni auréole mais aux attributs féminins.
    Aux cauchemars, les parements d’anges déchus mais émouvants
    Sont portés sur la gaudriole et vaudevilles léonins.

    Or lorsque je suis réveillé, je les soupçonne de s’accoupler ;
    Relations plurisexuelles dont je sens me percer les cornes.
    Traîtres, mes rêves émerveillés, fourbes cauchemars, s’il vous plaît,
    Mes obsessions complexuelles brisent mon cœur et puis l’écornent !

    J’ai rêvé d’un ménage à trois, mes songes tournent à l’obsession
    Et, que je les maîtrise ou pas, la nuit je retourne au charbon.
    Finalement très à l’étroit, mes fantasmes ont pris possession
    De tout mon ĂŞtre, mea culpa, et je vis mes rĂŞves pour de bon.

    Tableau de Boris Vallejo sur https://aphrodisiacart01.wordpress.com/2016/07/18/boris-vallejo-julie-bell/ .

    
    
    
  • L’amour, source de vie

    Passés les premiers crève-cœurs des premières neiges d’hiver,
    Qu’il est bon de se rapprocher de l’amour sauvage central !
    Il suffit de joindre deux cœurs selon les lois de l’univers
    Pour voir la chaleur s’accrocher aux deux âmes et leur corps astral.

    L’amour hiberne pour longtemps et c’est sa moindre qualité ;
    Il faut le temps de coucounner, de s’aimer et puis d’enfanter.
    Après c’est déjà le printemps ; l’heure est à la natalité
    Et, après avoir pouponné, viendra celle de déchanter.

    Déchanter, car c’est un humain et l’humain n’a pas de mémoire ;
    Alors les parents en automne sont peu à peu déboussolés.
    Les conseils donnés au gamin passent au travers de l’écumoire
    De l’ado qui se pelotonne dans son coin, l’air inconsolé.

    L’hiver enterre les grands-parents, les jeunes deviennent parents
    De mêmes sexes, ou différents, ou ni foufoune, ni zigounette.
    Quant aux enfants, c’est transparent, on est en plein flou apparent
    Entre tous les belligérants qui nous pourrissent la planète.

    Illustrations de JRSlattum sur https://www.deviantart.com/jrslattum/gallery/all .

    
    
    
  • Les faux-musĂ©es

    Les faux-musées

    Puisqu’on nous réécrit l’histoire, attendons-nous dans quelques temps
    À voir surgir de faux-musées et même de faux-conservateurs
    Qui montrent de fausses victoires, faux souvenirs représentant
    De vrais témoins désabusés par un pouvoir réprobateur.

    L’homme ne descend plus du singe mais du centaure qui s’est cabré,
    La femme est issue des sirènes dont la queue s’est atrophiée
    Et Dieu s’est cassé les méninges dans sa création délabrée
    Pour sortir la lignée sereine que l’état a ratifiée.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

    
    
    
  • SolidaritĂ© et sympathie

    L’arbre entre en communication par le réseau de ses racines
    Qui échange des informations selon le langage de la Terre.
    Solidarité en action qui met en alerte et vaccine
    Contre toute forme de prédation par une faune délétère.

    La connexion met en confiance tous les arbres de la forĂŞt
    En prévenant frères et sœurs qui font partie de la famille.
    On dit qu’en cas de défiance envers qui veut les dévorer,
    Ils sécrètent un suc agresseur dans les feuilles de leurs ramilles.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • La serrure au cĹ“ur de l’Être

    La serrure au cœur de l’Être

    Au cœur de l’Être, la serrure dont l’amour possède la clef
    Qu’il a cachée dans une fleur et que l’âme doit retrouver.
    Hélas, l’esprit, sous la ferrure verrouillée tend à renâcler
    D’après les conseils persifleurs de ses mémoires réprouvées.

    Alors aujourd’hui, il voyage pour se remettre le cœur en chasse
    OĂą le soleil va sublimer ses projets remis Ă  demain.
    Après un ample nettoyage, il ne sait plus ce qu’il pourchasse
    Et rentre, la clef élimée, mais toujours à portée de main.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

    
    
    
  • Croire et CroĂ®tre

    Croire et Croître

    Malgré les soucis de la vie qui nous attirent vers le bas,
    Malgré les fléaux dus aux charges que l’on ne cesse de nous brandir,
    Le cœur épanouit se ravit de la rudesse du combat
    Par l’amour qui, à la décharge du malheur, nous pousse à grandir.

    Plus la gravité sera forte et plus la vie progressera
    Comme une poussée d’Archimède qui nous remonte par surprise.
    Lorsque se referme une porte, un pan de mur coulissera
    Car le cœur trouve toujours remède quand l’intelligence lâche prise.

    Tableau de Cyril Desmet.

    
    
    
  • L’ombre rouge – 2

    Le rouge intensifie la femme et son cœur d’amours flamboyantes
    Qui peut lui troubler le regard tout jeune avant l’adolescence.
    Alors pour protéger son âme des aventures imprévoyantes
    Elle cache son point faible, hagard, d’une frontière opalescence.

    Mais s’en échappe une vision modifiée par sa monture
    Qui dément les désirs secrets tapis au fond de sa rétine.
    Œil gauche, œil droit, en division, cherchent le lien d’une aventure
    Au-delà des verres nacrés qui la rendent un peu cabotine.

    Le verre change la couleur et l’âme que l’on croit violette
    Mais en réalité bleuie jusqu’au plus profond de sa flamme.
    Si vous n’y voyez que douleur, cette idée déjà obsolète
    Cache ce qui vous éblouit : le brasier au cœur d’une femme.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

    
    
    
  • L’ombre rouge – 1

    D’où naît le rouge d’une femme ? Pas de son sang, évidemment !
    Il naît du premier cri de vie à la naissance de ses lèvres.
    Un cri échappé de son âme qui vient embrasser l’élément ;
    Cet air nouveau qui la ravit et qu’elle mélange à sa fièvre.

    Par sa toison qui voit le jour, si fine comme de la flanelle ;
    Rouge trop clair ou trop foncé dont l’auréole tait son feu.
    Encore mouillée de bravoure décrite sur les fontanelles
    En petits signes enfoncés, éparpillés dans ses cheveux.

    Et la douleur sort de la bouche comme couleur émerveillée
    De montrer celle de son âme plus rouge que vous ne le pensez.
    Rouge profond qui effarouche, rouge de l’esprit réveillé
    Qui soutient le cœur d’une femme de ses toutes premières pensées.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

    
    
    
  • Petit nid d’amour

    Petit nid d’amour

    Tel un joli paradisier qui souhaiterait bâtir son nid,
    La demoiselle tourterelle déjà prépare son lit nuptial.
    Elle a ôté son chemisier, sa jupette et son bikini ;
    Toute nue, extra corporelle, elle a atteint le point crucial.

    Lui, il volète Par-ci, par-là ; pense qu’il va de son honneur
    À visiter toutes les belles ; tant qu’à faire essayer leurs lits.
    Elle, n’est pas Marie-couche-toi-là ; pense à construire son bonheur
    Et calme ses ardeurs rebelles en s’offrant un brin de folie.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

    
    
    
  • Habitations pastorales

    Au printemps, un couple de bardes dans un arbre a bâti son nid
    Afin de vivre en autarcie et enfanter ses galopins.
    Mais chez tous les voisins, ça barde ! Chez eux, le new âge est honni
    L’amour libre, ils s’en sont farci et préfèrent biner leur lopin.

    Et puis l’été vient à propos pousser les murs de la maison.
    Les voisins se sont apaisés ; leurs champs de blé ont bien germé.
    Le temps n’étant pas au repos avec les travaux de saison,
    Les bardes continuent à baiser pour vivre heureux mais enfermés.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

    
    
    
  • FrĂ©quences fĂ©lines – 2

    Fréquences félines - 2

    Le temps du souvenir, devenu éternel,
    Accompagne mon âme vers un autre chemin.
    Que va-t-il advenir de mon habit charnel ?
    Rien qu’une petite flamme qui s’éteint dans ma main.

    Au-delà de l’espace, hors du cycle de vie,
    Que le fleuve des morts me ramène à la mer !
    Qu’un souffle à marée basse vaporise l’envie
    De revenir à bord dans le sein de ma mère.

    Illustration de Dusty Ray.

    
    
    
  • FrĂ©quences fĂ©lines – 1

    Fréquences félines - 1

    Quand le chat est sorti, les souris ont dansé.
    Quand mon chat est parti, tous nos yeux ont pleuré.
    Plus le temps amortit nos dolentes pensées,
    Plus le deuil imparti reste à peine effleuré.

    Je revois son image partout en hologramme
    Sur le lit, dans l’armoire, comme en surimprimé.
    Je lui fais cet hommage dont les cinq kilogrammes
    Pèsent dans ma mémoire à jamais déprimée.

    J’ai parcouru une cinquantaine de sites mais impossible de trouver l’auteur de cette magnifique illustration ; si quelqu’un peut m’aider…

    
    
    
  • Le portrait marionnettiste

    Le portrait marionnettiste

    J’ai connu à Philadelphie un vieux pilote portraitiste
    Qui s’entraînait dans une escadre d’haute voltige acrobatique.
    Il vous vous peignait, mieux qu’un selfie, un portrait marionnettiste
    Qui faisait ressortir du cadre tout votre apparat chromatique.

    Tableau de Rafal Oblinski.

    
    
    
  • Coups de foudre en terrasse

    Coups de foudre en terrasse

    Avant tous ces réseaux sociaux, on mitonnait les amitiés,
    Sur les terrasses des bistrots, d’un tiers d’alcool, deux tiers d’humour.
    On y croisait des provinciaux, des parisiens en canotiers,
    Aux coups de foudre magistraux pour de jolies gueules d’amour.

    Dessin de Jean-Pierre Gibrat.

    
    
    
  • Avis de recherche

    On recherche un cristal de neige, surnommé « Dédé le flocon » !
    Lui et sa bande de malades font des ravages dans la région.
    On l’aurait vu dans un manège, après un sérieux coup de flacon,
    Faire une dernière dégringolade puis, s’engager dans la légion.

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  • Le chat dans la guitare

    Le chat dans la guitare

    J’ai mis un chat dans ma guitare pour mieux attraper les souris.
    J’ai plus d’une corde à mon arc et j’ai le manche bien dressé.
    Quand j’ai une heure de retard, mon minet sort et leur sourit.
    D’un coup de patte, il les embarque et pare ainsi au plus pressé.

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  • Le sens de l’univers

    Le sens de l’univers

    Tandis que le miroir de l’onde inverse la droite et la gauche,
    Le temps ne montre qu’un chemin, celui du sens de l’univers.
    Ainsi un jour, je vins au monde insignifiant comme une ébauche
    Qui connaîtra des lendemains après la froideur de l’hiver.

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  • Derrière les rideaux de l’illusion

    Derrière les rideaux de l’illusion

    Parfois les rêves me dissipent tous les rideaux de l’illusion
    Qui me font croire que le monde est ce que regardent mes yeux.
    Tandis que les songes anticipent la chute des désillusions
    En portant mon âme vagabonde vers un voyage merveilleux.

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  • Le cĹ“ur Valentin

    Le cœur Valentin

    Ce n’est pas la Saint-Valentin mais je n’ai point besoin de date
    Pour embrasser le souvenir de mes amours qui me sont chères.
    Mes vers sont un peu galantins mais sont ceux que mon cœur mandate
    Pour couronner mon avenir des caresses de tant de chairs.

    Galantin : ridiculement galant auprès des femmes … mais en amour on fait ce qu’on peut.

    
    
    
  • La transhumance – 2

    La transhumance

    Chaque année le moment revient où je compte les jours à rebours
    Comme un troupeau de petits jours, certains mornes et certains joyeux.
    Et ce dimanche, ce jour devient celui où je compte mes débours,
    Où je me souviens des beaux séjours, belles amours dans des draps soyeux.

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  • Fine JosĂ©phine – 1

    Fine Joséphine (nu

    Joséphine a l’oreille fine quand je lui dis « mon amour ».
    Joséphine a le bassin qui soulève mes fantasmes.
    Joséphine est séraphine quand je lui fais des mamours.
    Joséphine a de beaux seins quand elle atteint son orgasme.

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  • Les oies sauvages – 2

    Les oies sauvages

    Elles n’imposent pas de leçon, elles ne font pas de remarques,
    Elles n’ont pas de prétention sur la meilleure route à suivre.
    Elles sont sans contrefaçon bien aptes à diriger leur barque
    Et n’attirent pas l’attention sur la meilleure façon de vivre.

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  • Casse-tĂŞte dans le cĹ“ur ?

    Casse-tête dans le cœur ?

    S’il faut se creuser la tête pour parvenir jusqu’au cœur,
    Je ne suis pas sûr de trouver la meilleure direction.
    La kyrielle d’épithètes de cet ouvrage moqueur
    Seront vite réprouvées par mon âme en connexion.

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  • Le filet aux idĂ©es

    Le filet aux idées

    Mon moment favori c’est très tôt le matin
    Quand je m’en vais jeter mon filet aux idées.
    Mais ces allégories qui font mon baratin
    Sont souvent mouchetées de pensées débridées.

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