Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Peindre la libertĂ©

    Peindre la liberté

    C’est à force de voir passer ces cages au-dessus de ma tête
    Qu’il m’est venu l’envie de peindre ce que serait la vie sans elles.
    Mais j’ai du mal à dépasser ce formatage qui nous entête
    À croire que voler, c’est ceindre une auréole avec des ailes.

    Comme on ne croit plus guère en Dieu, on s’imagine qu’être un ange
    Et partir parcourir le ciel fera de nous des supérieurs.
    Cependant le piège insidieux de l’esclavage qui dérange
    S’est refermé sur l’essentiel désir de s’en aller ailleurs.

    Je sens ma tête qui se vide à écouter parler les gens
    De ce qu’ils écoutent tous les jours qui leur fait faire la grimace
    Et rendent leurs esprits avides de gagner toujours plus d’argent
    Et prendre en échange un séjour dans l’enfer du tourisme en masse.

    Tableau de Ronald Ong sur https:www.ronnaldong.comart .

    
    
    
  • Joie du matin

    Joie du matin

    Goûter à la joie du matin quand il n’y a pas de rendez-vous
    C’est m’échapper pour la journée à l’attraction qui m’aveulit,
    Qui me fait rejoindre les pantins qui ne pensent jamais Ă  vous
    Sinon à leur propre tournée : métro-boulot et vite au lit !

    Je ne pense plus qu’aux vacances, à savourer les bons moments
    En échange de mon silence et surtout mon obéissance.
    Alors je vis en conséquence ; carpe diem en consommant
    Toutes drogues avec insolence d’artificielles jouissances.

    Quelle insouciance que de vivre dans ce vingt-et-unième siècle ;
    Faire du passé table rase et en oublier sa culture !
    Et demain ? On devra survivre, redevenir chasseur espiègle
    Et répéter la même phrase : « Nous n’aurons pas droit au futur ! »

    Tableau de Rebecca Leveille-Guay.

    
    
    
  • XXIV Le Mat

    Yavänor

    XXIV	Le Mat

    Yavänor – Le saut hors du cercle
    Le goût du risque, l’esprit pionnier, le cœur ouvert à l’inconnu,
    Brisant le cercle de l’ancien monde et sortant des sentiers battus,
    Je cesse d’être prisonnier de mes limites qui diminuent
    À mesure que je vagabonde en courant à bride abattue.


    Laureline – Le vent dans les cheveux
    L’insouciance maîtrisée, je goûte ma liberté joyeuse ;
    Le vent, allié transparent, gonfle les voiles de mon cœur.
    L’allure caractérisée par des conquêtes pourvoyeuses
    Dont un appétit apparent, j’aspire à l’esprit du vainqueur.


    Loreleï – Le fil d’Ariane
    Mais j’emporte un fil invisible que je déroule derrière moi
    Comme une boussole à l’envers qui m’indiquerait les sorties
    Du labyrinthe imprévisible qui met tous mes sens en émoi,
    Dont le centre éclairé en vert vibre en nuances assorties.


    Les deux Reines – Le pas double
    Je vais apprendre par moi-mĂŞme ce que je ne saurais trouver
    Si tous les vents ne m’apportaient courage, foi et prévention.
    J’entends de douces voix qui m’aiment me soustraire pour m’éprouver
    De tout ce qui hier m’importait dont je n’ai plus de prétention.


    Yavänor – Les sept portes
    Je discerne les sept dimensions de mon nouveau parcours de vie
    Et j’en franchis la première porte du pied ferme du conquérant.
    J’affronterai mes dissensions jusqu’à ce qu’elles soient assouvies
    Et que la victoire m’apporte la sagesse du requérant.


    Le risque et la joie
    Je peux aussi errer sans fin ou m’approcher des précipices
    Si cette liberté me détourne de l’orientation à suivre :
    Que je mange sans avoir faim, boive sans soif ou m’assoupisse
    Ou pire que je m’en retourne avec tout ce qui peut s’ensuivre !


    Clôture – Le cycle réinventé
    Mais je conserve mes acquis et notamment l’amour reçu ;
    Simplement tout est transformé dans ce paradigme à venir.
    Et pour ce voyage requis, personne ne sera déçu
    Car nous sommes tous informés de ce que sera l’avenir.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • La sirène mĂ©duse

    La sirène méduse

    Environ une fois sur trois, naît une sirène-méduse ;
    Un corps de femme lumineux sur une queue effilochée.
    Ses tentacules qui, je crois, sont toxiques, si je ne m’abuse,
    Fouettent d’un effet prurigineux qui tente de s’en rapprocher.

    Imaginez donc des étreintes pareilles aux feuilles d’orties,
    Une caresse venimeuse qui brûle la peau jusqu’à l’os
    Et qui vous marque d’une empreinte, sur tout votre corps, assortie
    D’une fulguration amoureuse mais peut-être un peu trop véloce.

    Quoi qu’il en soit, nul n’oubliera ce coup de foudre conducteur
    Qui transmet une onde électrique aux bateaux qui voguent alentour.
    Quant au marin, il suppliera ses organes reproducteurs
    À arrêter d’avoir la trique en permanence tous les jours.

    Tableau de Prateep Kochabua.

    
    
    
  • Histoire d’eau

    Histoire d’eau

    Si l’histoire d’eau m’était contée, j’y verrais la carte du tendre
    Prendre les routes maritimes autour des îles de la passion
    Dont une romance escomptée ferait son entrée sans attendre
    Par un mariage légitime avec une femme-poisson.

    Vers le plus isolé du monde des atolls du nord Pacifique,
    Dans un lagon exceptionnel d’eau douce fraîche avec amour.
    Ma belle sirène, pas pudibonde pour deux sous, serait magnifique
    Avec un corps sensationnel, tout ce qu’il y a de plus glamour.

    On dit que l’île de Clipperton correspondrait à ma demande
    Et que les sirènes y abondent dans la lagune du comté.
    Mais d’après Darwin et Newton, la science hélas me recommande
    Que cette folie vagabonde ne soit plus jamais racontée.

    Tableau d’Elsid.

    
    
    
  • LibertĂ© d’esprit

    Liberté d’esprit

    Ni une femme, ni une pipe, selon la règle de Magritte,
    Mais une femme en liberté qui s’est taillée sa propre pipe.
    Elle a travaillé son œdipe, aimé son père démérite
    Au moment de sa puberté, puis a planté ce pauvre type.

    Devenue « executive woman », elle revendique le pouvoir
    De se promener torse nu au mĂŞme titre que les hommes.
    Stupeur dans l’establishment, ces messieurs devront s’émouvoir
    Et subir sans disconvenue cette requête fort économe.

    Car les soutien-gorges sont chers et les bikinis hors de prix
    Tandis que le monokini convient aux plus petites bourses.
    Si le spectacle de la chair heurte encore quelques malappris,
    Ce n’est là que misogynie dont le crime remonte à la source.

    Tableau de René Magritte.

    
    
    
  • Les as des anneaux

    Les as des anneaux

    Quand on est Roi, quand on est Reine, les alliances ne manquent pas
    Mais pour les As, quelle odyssée pour trouver chaussure à son pied !
    La recordwoman, dans l’arène, va trouver l’élu au combat
    Et le crack, dans la gynécée, va chercher celle qui lui sied.

    Ensuite ils doivent s’affronter, chacun dans le lit de l’ennemi,
    Pour déterminer sans sarcasme celui qui portera la culotte.
    L’un après l’autre, ils vont monter sur le partenaire affermi ;
    Le premier qui atteint l’orgasme, perd et ne sera plus que copilote.

    Tableau de Vladimir Kush.

    
    
    
  • Chasser l’ennui

    Chasser l’ennui

    Chasser le nu, chasser l’ennui, la vacuité de l’existence,
    Me demande imagination sans cesse en renouvellement.
    J’y passe mes jours et mes nuits, noires, blanches et persistantes
    En pensées d’évagination comme on ôte ses vêtements.

    Comme un alchimique corps nu se vĂŞt de soie philosophale,
    Je redeviens cet empereur qui, en habits neufs, se pavane.
    Puis lève un regard biscornu ouvrant la bouche triomphale
    Proclamant d’un cri péroreur qu’il est le roi de la savane.

    Je ne sais plus si j’ai rêvé ou si cela s’est vraiment passé
    Mais peu importe, j’ai tout un lot d’idées à tricoter en vers.
    Tous ces souvenirs conservés sont lavés, séchés, repassés
    Et enfilés méli-mélo, maille à l’endroit, maille à l’envers.

    Tableau de Marius Pons de Vincent sur https:www.boumbang.comartistepeinture .

    
    
    
  • Les voitures vertes

    Les voitures vertes

    Quand les voitures électriques auront vidé leurs batteries,
    Elles reviendront à la nature, épaves au bord des sentiers
    Comme bornes kilométriques composées de quincaillerie
    Dont les pitoyables armatures nous sèmeront un triste chantier.

    Quand la rouille aura corrodé et de moisi tout recouvert,
    Nos descendants étudieront toutes ces carcasses métalliques.
    À partir des tôles érodés des mécanismes à découvert
    Ils jugeront et maudiront l’usage de ces engins phalliques.

    L’électricité invisible ne pollue point en apparence
    Mais la produire nous demande trop d’efforts envers la planète.
    Demain la dépense nuisible entraîne déjà des carences
    Et la vie devient trop gourmande pour nourrir ses marionnettes.

    Non ce n’est pas derrière chez moi.

    
    
    
  • L’éclat de la femme en rouge

    L’éclat de la femme en rouge

    Déclinons la femme en couleurs pour lui conjuguer tous ses charmes.
    Et le temps du rouge est présent, conditionnel et subjectif.
    Parlez-moi des jours de douleurs oĂą le corps lui tire une larme,
    Je vous répondrai qu’à treize ans, tout son corps devient réceptif.

    Le rouge exprime la passion, coquelicot, la fleur de joie ;
    Les couchers de soleil intenses sous un ciel révolutionnaire ;
    Les degrés d’émancipation rougissent les tons de sa voix
    Et renforcent sa compétence pour l’amour évolutionnaire.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

    
    
    
  • Attention, une femme peut en cacher une autre !

    L’homme aime étiqueter les femmes ; femme-enfant, bimbo ou fatale ;
    Femme d’affaire ou intello ; mère de famille, célibataire.
    D’autres étiquettes infâmes incombent à d’autres récitals ;
    Moi, je préfère les écolos, artistes et bien sûr libertaires.

    Quoi qu’il en soit, ce n’est jamais qu’un côté vu de l’extérieur ;
    À l’intérieur plusieurs personnes vivent en cohabitation.
    Inutile donc, désormais, de regarder son postérieur ;
    C’est dans son âme que raisonne celle qui mérite notre attention.

    Tableaux d’Annick Bouvattier.

    
    
    
  • L’écho de la femme en bleu

    L’écho de la femme en bleu

    La femme sied Ă  la couleur comme le bleu convient au ciel.
    Elle s’accorde à la peinture, la photo et l’illustration.
    La femme passe sans douleur de l’anodin à l’essentiel
    Car elle exprime sa nature sans chichi et sans frustration.

    Le bleu évoque l’océan, les mers du sud et les sirènes.
    Les plages aux lumières dorées sous un ciel lapis-lazuli.
    Tous les tons de bleus bienséants s’harmonisent à son port de reine,
    Reine éternelle et adorée pour nos plus charmants stimuli.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

    
    
    
  • La pluie, par-ci par-lĂ 

    Parlez-moi plutôt de la pluie que des étés caniculaires
    Car le soleil brûle ma peau qui transpire au point d’en rouiller.
    J’aime avec ou sans parapluie aller me rincer l’oculaire
    Avec des formes, bien à propos, ressortant des robes mouillées.

    Jolis bassins et popotins, fesses qui dansotent en cadence
    Et qui, plus l’averse redouble, tressautent encore de plus belle.
    Je l’avoue, j’ai l’œil diablotin mais le cœur en correspondance
    Avec la grâce qui me trouble des corps trempés sous les ombrelles.

    Tableaux de Laura Lee Zanghetti et Andre Kohn.

    
    
    
  • RĂ©gression ou transgression ? 2

    J’ai voulu me hisser hors du monde juste à la force de mes bras
    Pour échapper aux gens masqués qui m’offraient la vie pour du fric.
    Ce qui me paraissait immonde tomba, coula, périt, sombra
    Dans un nouvel ordre casqué entre les pôles et l’Afrique.

    J’y ai vu beaucoup d’avantages à mettre la tête hors de l’eau
    Et des gens donner de l’argent pour s’acheter l’absolution,
    Payer ceux qu’ils désavantagent en leur pompant comme des salauds
    Leur sang et se le partageant entre Maîtres de la corruption.

    Illustrations de Dean Stuart.

    
    
    
  • RĂ©gression ou transgression ? 1

    Le port du masque obligatoire, la vaccination imposée,
    La puce GPS transplantée gérera nos gains et nos dépenses.
    Ainsi, une vie sans histoire, sans numéro à composer,
    Le tout directement implanté dans l’organisme sans défense.

    On nous créera un monde bis, hors de la portée des machines ;
    On nous changera la nourriture contre un petit bonheur posthume ;
    Un peu d’alcool, de cannabis pour enterrer nos origines
    Et pour que notre progéniture oublie à jamais nos coutumes.

    Photos de Flore Kunst.

    
    
    
  • DocilitĂ© ou rĂ©bellion ? 2

    La docilité est facile, la rébellion plus difficile
    Car il nous faudra renoncer à tout ce qui est annoncé :
    Vivre avec forfait prépayé une vie de star surveillée,
    Parmi la crème des héros de la télé Canal Zéro.

    Ils nous manipulent la vue pour faire ce qui était prévu ;
    Ils nous matraquent de leurs chansons à faire de nous des mollassons ;
    Ils nous font goûter du poison pour nous faire tomber en pâmoison ;
    Nous offrent tous ces avantages pour que nous en voulions davantage.

    Quand nous verrons nos petits maîtres semblables à nous, en apparence,
    Avec leurs robots vigilants, leurs chiens hurlants et leurs faucons,
    Avec ceux qui se seront fait mettre cette pilule au goût bien rance
    Notre choix sera diligent : rester vrais ou rester faux-cons.

    Illustrations de Dean Stuart.

    
    
    
  • DocilitĂ© ou rĂ©bellion ? 1

    Ils courent, ils courent les petit leurres qu’on nous oblige à attraper
    Comme des petits Pokémon qui se propagent comme des virus.
    Il part, il part l’argent du beurre qui continue à nous happer
    Tout notre temps comme un démon à la sauce coronavirus.

    Ils sortent, ils sortent, les derniers films qui nous font prendre pour des héros
    Et qui nous donnent le pouvoir de vouloir ce que veut le monde.
    Ils s’cachent, ils s’cachent les microfilmes, les cartes à puces, crédit-zéro
    Qui sont là pour nous promouvoir tout à la dernière seconde.

    Ils fuient, ils fuient, les milliardaires en fusée interplanétaire
    En nous abandonnant un monde qu’ils ont complètement asséché.
    On danse, on danse, les suicidaires qui ont cru être égalitaires
    Et qui pataugent dans l’immonde enfer le prix de leurs péchés.

    Collages de Propaganda sur http:propa-ganda.co.krxefilm30412?ckattempt=1 .

    
    
    
  • Anges d’aujourd’hui

    Anges d’aujourd’hui

    ils ont troqué leur auréoles pour, tout en gardant leurs statuts,
    Masquer ce qu’on croyait fictif d’un slip en pur coton stellaire.
    Et pour cacher leurs aréoles, les angelettes ont rabattu
    Leurs ailes en forme de soutif ; du coup pour voler, c’est galère !

    Photo de Rob Woodcox.

    
    
    
  • Par ici !

    Par ici !

    Par la porte de l’aventure, venez au pays des merveilles !
    Par-là, si le cœur vous en dit, osez vos envies de nana !
    Par ici, derrière la tenture, le cœur sourit, l’amour s’éveille.
    Tirez le rideau d’organdi et découvrez le nirvâna.

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  • Le cheval entre deux falaises

    Le cheval entre deux falaises

    Resterai-je auprès de mon arbre ou là où l’herbe est la plus verte ?
    Dormirai-je auprès de ma blonde ou là où le sommeil est profond ?
    Tandis que je reste de marbre devant ces questions entrouvertes,
    Ma gĂŞne reste vagabonde et ma fortune se morfond.

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  • L’arbre fils

    Tant que le poids du subconscient travaillera sur mes racines,
    Mon arbre de vie fleurira brillamment sous la pleine lune.
    Si l’attraction de l’inconscient fait basculer mes origines,
    Alors mon cœur resplendira de toutes ses passions opportunes.

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  • Les seins s’emballent

    Les seins s’emballent

    Les seins s’emballent en cadence comme les pales d’un moulin
    Qui moud le temps de la moiteur pour échapper à la chaleur.
    Les cymbales rythment la danse et les regards sont cristallins
    Tandis qu’un désir convoiteur en pèse toute la valeur.

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  • L’astrolion

    L’astrolion

    L’astrolion, grand voyageur, guerrier d’un art particulier ;
    Maître du monde enfin conquis, a-t-il découvert la sagesse ?
    Par ses ennemis ravageurs ou un trésor trop régulier ?
    Peut-ĂŞtre sa femme alanguie qui lui dispense ses caresses.

    Tableau de Mary Antony.

    
    
    
  • Aux racines de l’univers

    Aux racines de l’univers

    Le temps nous ment par les saisons qui formatent nos illusions
    Qui nous feraient naître au printemps et nous envoler en hiver.
    Mais rétablissons la raison de tout ce monde en collusion
    Pour voir la vie interprétant les racines de l’univers.

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  • La mort douce

    La mort douce

    Lorsque j’ai croisé la mort douce, j’ai à peine vu son sourire,
    Mais elle est passée en courant sans que je puisse la saisir.
    À peine entrevu sa frimousse, ses deux yeux tendres à en mourir
    Et une bouche savourant les baisers mortels Ă  plaisir.

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  • Entre fĂ©lins

    Entre félins

    Entre le tigre et le lion, je ne sais oĂą donner la tĂŞte,
    Alors je la blottis tout contre ton corps de beau félin vainqueur.
    Aujourd’hui tu es le champion pour recevoir plein de lichettes
    Et accueillir plein de rencontres qui te feront battre le cœur.

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  • Les couleurs féériques

    Les couleurs féériques

    J’aime les pierres naturelles qui ne sont pas convoitées.
    J’aime les terres irisées que personne ne désire.
    J’aime l’art intemporel que la Terre fait miroiter.
    J’aime ce caractérisé, ce présent, ce vrai plaisir !

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  • Les couleurs extraordinaires

    Les couleurs extraordinaires

    Ă” ma Terre, si belle femme aux toilettes chatoyantes,
    Je te vénère en couleur et j’honore ma parenté.
    Moi ton fils, ta belle flamme, je te perçois flamboyante
    Même au-travers des douleurs dont tu as pu m’enfanter.

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  • Les couleurs fantastiques

    Les couleurs fantastiques

    Je ne sais pas qui est Dieu mais je l’aperçois sans cesse
    Parmi les eaux de la Terre de l’orient vers l’occident.
    Dans les couchers mélodieux du soleil qui se confesse
    Dans les eaux élémentaires mais jamais par accident.

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  • Les couleurs surnaturelles

    Les couleurs surnaturelles

    Tous mes rêves les plus fous ne dépasseront la Terre
    Qui enfante les couleurs engendrées par le soleil.
    Je m’enivre et j’en suis saoul comme essence salutaire
    Qui emporte mes douleurs dans les eaux de mon sommeil.

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  • Les annĂ©es couleurs

    Les années couleurs

    Les années sont comme les couleurs qui embellissent nos vitraux.
    Les ans sont comme mille teintes pour colorer la vie en rose.
    Tous ces beaux moments enrouleurs sont des tableaux bien magistraux
    Et jamais ne seront éteintes ni cette strophe ni cette prose.

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  • Tu vois, je n’ai pas oubliĂ©

    Tu vois, je n’ai pas oublié

    Tu vois, je n’ai pas oublié, partout où me portent mes pas,
    Ni ton amour ni ta présence qui me suivent sur le chemin.
    Tu resteras mon bouclier et me garderas du trépas
    Comme une force omniprésente qui me tiendra toujours la main.

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  • Au pas de l’oie

    Au pas de l’oie

    Il faut suivre la loi quand le chemin est dur,
    C’est ainsi qu’à l’école on nous a formatés.
    Aller au pas de l’oie, c’est peut-être plus sûr,
    Mais quand mon cœur décolle, je ne puis le mater.

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  • Le vent de lumière

    Le vent de lumière

    Dès que le vent se lève, je m’en vais sur la lande,
    Au coucher du soleil, en toute sécurité.
    Les bourrasques soulèvent les plus belles guirlandes
    Qui volent et ensoleillent mon corps d’obscurité.

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  • Il faut mouiller ses ardeurs

    Il faut mouiller ses ardeurs

    Un éléphant bien sûr ça trompe ; il faut lui calmer ses ardeurs !
    Une douche lui est salutaire pour apaiser ses appétits.
    Pardonnez-moi si je me trompe, mais quand je suis en débardeur,
    Ma femme juge ainsi sanitaire que je retombe en apathie.

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  • Cultiver la lumière

    Cultiver la lumière

    Pour bien cultiver la lumière, je vais vous en donner la clef :
    Plantez tout ce qui vient du cœur dans un corps bien alimenté ;
    Une eau pure sera coutumière avec un bon soleil musclé ;
    Tenir loin de l’esprit moqueur qui n’est pas bon pour la santé.

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  • Le soleil Ă  suivre…

    Le soleil à suivre…

    Quand le ciel se drape de Lune et la Lune se pare d’étoiles,
    Monsieur Soleil part sans regret aller charmer les antipodes.
    Voyez ce fou, dans la nuit brune, s’enfuir au loin à toutes voiles
    Tandis que le froid, en progrès, prépare le prochain épisode !

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  • Mes helvètes Ă  bicyclette

    Mes helvètes à bicyclette

    Tous les matins je les guette, le cœur ému et tremblant,
    Avec leurs robes légères claquant comme un étendard,
    Mes helvètes à bicyclette, roulant en faisant semblant
    D’accrocher dans les fougères leurs petits jupons fendards.

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  • Adieu l’étĂ©

    Adieu l’été

    Pour sa dernière apparition, il a bien salué son public !
    Jeux de lumières et compagnie, feux d’artifices pour terminer.
    Pour fêter sa disparition, la froidure est en république
    Pour une étrange algolagnie avec l’hiver déterminé.

    Algolagnie : Sexualité qui mélange érotisme et souffrance.

    
    
    
  • Les marĂ©es de mars

    Les marées de mars

    Sur des eaux si transparentes que mon cœur va s’y baigner,
    Comme une mer de cristal qui remplirait la calanque,
    Immortelles amarantes dont les vagues sont imprégnées
    Me rappellent le goût distal du sel des terres salanques.

    L’air iodé de ma Provence ravive les souvenirs
    Des lointains marais salants qui m’ont desséché les lèvres.
    La divine providence a su me faire revenir
    Dans le circuit nonchalant de mes pas chargés de fièvre.

    Les marées de mars m’expriment dans l’insolite tableau
    Que brosse le vent du large dilué d’entrées marines,
    Des influences qui priment et m’amarrent comme un câbleau
    À toutes ces petites barges telles felouques barbarines.

    Et le tourbillon m’entraîne dans sa matrice immergée
    Vers mes familles ancestrales noyées dans ses profondeurs.
    Mes flots de pensées s’égrènent dans les rouleaux émergés
    Des vagues chaudes australes, ainsi qu’un échosondeur.

    J’aime le son amoureux du silence de la mer
    Qui fait naître sur la toile mes vraies émotions éparses.
    J’aime le vent langoureux chargé des effluves amers
    Qui m’emporte dans ses voiles comme un voyageur comparse.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Alice entre dans l’église

    Alice entre dans l’église

    Quand la cloche vient de sonner l’office,
    Alice pénètre au lieu sacré
    Depuis le pays des maléfices
    On ne l’a jamais vue renâcler ;

    Aujourd’hui est un peu spécial
    Elle recherche le curé
    C’est « Top secret confidential »
    Attention ! Ça va récurer !

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  • Le chef des papillons

    Le chef des papillons

    Auzèlerabougrix sur son bouclier
    Harangue la foule avant la bataille.
    « Papillonnes, papillons » clame-t-il altier
    « Demain c’est le jour ! Nous ferons ripaille ! »

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  • La danse du dĂ©sert

    La danse du désert

    Prenez un désert au hasard
    Pourquoi pas celui de Gobi ?
    Mettez-y la plus jolie fille
    Relevée de ses plus beaux fards
    Laissez-la ouvrir ses hobbies
    Et dansoter en espadrilles.

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  • Plantez un chat

    Plantez un chat

    Plantez un chat là, sur votre fenêtre !
    Arrosez le bien de lait de souris !
    Caressez le bien et vous verrez naître
    Tout plein de ronrons, s’il est bien nourri !

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  • Rame, mon cĹ“ur rame

    Rame, mon cœur rame

    L’océan de la vie, je n’en vois pas la fin !
    Ciel et mer se confondent sur mon vaste horizon.
    Mais mon cœur tient les rames et surcroît à ma faim !
    Et bientôt j’émergerai de la mer de prison.

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  • La vache sacrĂ©e

    La vache sacrée

    Cette vache sacrée fait de l’ombre au soleil.
    Elle parait « ténèbres », frontière sur l’horizon.
    Pourtant auréolée de ses jolis conseils,
    Elle cache la lumière et j’en ai le frisson.

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  • Coquelicot encore, coquelicot toujours

    Coquelicot encore, coquelicot toujours

    Je ne sais quel émoi m’apporte cette fleur,
    Mais chaque fois que j’en vois je la sens résonner !
    Sa couleur écarlate coule profond dans mon cœur
    Et la joie dans mes veines se met Ă  rayonner.

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  • Quand l’âme s’envole

    Quand l’âme s’envole

    Quand mon âme s’envole pour rejoindre l’éther,
    Mon corps est détendu dans cette vibration
    Qui rappelle et m’appelle au profond magistère
    Qui m’instruit à l’écho pour ma préparation.

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  • Le petit marchand marocain

    Le petit marchand marocain

    L’enfant sur les marchés a la tête bien ailleurs.
    Il se prend à rêver à une destinée !
    Mais s’échapper en songe est-ce bien éveilleur
    Pour rejoindre sa belle, sa jolie dulcinée ?

    Il aspire Ă  aller, tel un preux chevalier,
    Affronter les dragons et toutes les chimères !
    Mais a-t-il réfléchi ? N’est ce point cavalier ?
    De fuir ainsi le monde et cette vie amère ?

    Enfant, écoute-moi ! Reprends ta vie en main !
    Dis-toi bien qu’aujourd’hui n’est que le premier pas.
    La montagne Ă  gravir est un travail humain
    Qui demande patience Ă  suivre son compas.

    Bien souvent tu as cru aller chercher ailleurs
    Les trésors de la terre et les bonheurs surfaits.
    Mais regarde en toi-mĂŞme, ne sois pas chamailleur
    Ta vie est ton royaume, même s’il est imparfait.

    L’enfant a arrêté le flux de ses pensées.
    Il se lève bientôt prêt à tout affronter.
    Il sait que son bonheur, il peut le commencer
    En combattant ses peurs et à s’y confronter.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le bouquet dĂ©voilĂ©

    Le bouquet dévoilé

    Je suis le bouquet mystère, c’est moi qui porte le poids
    Des souvenirs de famille et j’en ai plein mes valises !
    Dans ma branche on est discret, tout est caché sous les toits
    On garde tout enfermé, tout est un secret d’église.

    Nous avons tous deux racines ; maternelle et paternelle.
    Ça nous fait deux belles jambes pour bien reposer sur terre.
    Parfois, l’une d’elles manque, on perd son émotionnel.
    C’est comme une amputation d’un appui complémentaire.

    Ma jambe gauche c’est mon père, ma jambe droite c’est ma mère.
    Cette dernière est coupée d’une enfance handicapée.
    Mon cœur est resté muet, l’amour n’était que chimère
    Et l’esprit a dominé mes sentiments décapés.

    Orphelin de cette branche, sans espoir de guérison,
    J’ai demandé une grâce quel qu’en put être le prix.
    J’ai fait une terrible chute, le prix de la trahison,
    Tout le côté maternel, bassin, jambe et bras compris.

    Il m’a bien fallu renaître dans une nouvelle vie.
    Arraché à un travail envahi par mon esprit.
    Mais j’ai connu l’ouverture, mon cœur à l’âme ravie,
    D’un prix à payer très fort, c’est ainsi que j’ai compris.

    Quand j’ai appelé ma mère pour renouer le contact.
    Elle en a été heureuse et a pu se dévoiler.
    Elle est morte le lendemain, après un terrible impact.
    Je pense qu’elle avait perçu qu’elle pouvait s’envoler.

    Maman, quelle étrange peine d’avoir été retrouvé
    Dans ma branche maternelle, la sève m’en brûle le cœur.
    Si j’ai de la perception, une intuition éprouvée,
    C’est grâce à ce sacrifice, grâce à ce bouquet de fleurs.

    Tableau de Fabienne Barbier