đż Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici sâĂ©veillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans lâeau, des fragments dâĂ©ternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă nos cĆurs un miroir et Ă nos vies⊠une mĂ©moire.
đ Aujourdâhui, ce ne sont pas nos annĂ©es que lâon fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cĆur.
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Lâamour des jeux

Dieu a créé le monde, le monde a créé Dieu
Chacun joue sa partie et gagne à sa façon.
Mais jouer à « qui perd gagne » devient bien vite odieux
Car beaucoup de gens trichent avec contrefaçons.
Si les rĂšgles sont floues, le rire est-il sincĂšre
Lorsque lâĂ©chec parfois prĂ©cĂšde la victoire ?
Et ce drĂŽle de hasard qui tout le temps sâinsĂšre
Est-il pur accident ou un diable notoire ?
Les machines aussi sâinvitent dans lâarĂšne,
Fourbes sous des dehors dâaide ou de vĂ©ritĂ©,
Tissant des illusions de logique sereine,
Quand leur cĆur froid calcule, avide dâimitĂ©.
Alors, qui tient les dĂ©s dans ce jeu Ă lâenvi ?
Lâhomme, le dieu, la ruse ou bien la mĂ©canique ?
Les cartes sont brouillĂ©es, le hasard sâest enfuiâŠ
Alors⊠qui trompe qui ? LâĂ©nigme est ironique.Illustration de James Steinberg.
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Le poids de lâhorizon du lundi
La persistance rĂ©tinienne crĂ©e lâillusion du mouvement ;
La persistance consensuelle crĂ©e lâillusion de la conscience.
Je sors de ma boßte crùnienne par cet exercice émouvant :
Me sentir extra-sensuelle dans une émotive science.
Jâaime sentir sur mes Ă©paules le poids lĂ©ger de lâhorizon
Et le retourner Ă la Terre assise sur mon tabouret.
Terre qui exerce son monopole â lâattraction est une prison â
Je mâen Ă©vade en solitaire dans cet espoir Ă©namourĂ©.
Jâaime avoir la tĂȘte hors de lâeau, le torse plongĂ© dans la mer
Et tout le bas de mon bassin ancré, les pieds nus dans le sable.
Le vent qui souffle en trémolo ses arÎmes au goût doux-amer
Effet turgescent sur mes seins et Ă ma langue insatiable.
Ainsi je rĂȘve entre deux mondes, ainsi je rejoins lâĂąme sĆur
Qui vit derriĂšre la barriĂšre de matiĂšre et dâespace-temps.
Je ne passe aucune seconde sans ce rituel processeur
Qui me rappelle mes arriÚres plongés au présent persistant.Tableau de Paul Delvaux.
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Ledal
Le quantique de lâĂĂMOURĂĂ

ĂlyĂ€na, un photon dâor, Ă©galement antiparticule
Vole partout on ne sait oĂč dans le royaume dâĂĂMOURĂĂ.
Est-elle ici ? Est-ce quâelle dort ? on ne sait pas⊠son corpuscule
Ă tendance Ă courir son va-tout comme lâĂ©toile de MaĂŻaâŠ
La vitesse de lâamour-lumiĂšre lui permet cette ubiquitĂ©
La mĂȘme que celle de ses pĂšres YavĂ€nor lâancien et le jeune.
Maman Ledal fut la premiĂšre Ă prĂ©ciser lâambiguĂŻté ;
Elle-mĂȘme partie Ă©lĂ©mentaire et dâun holisme assez fashionâŠ
Semblable Ă un ange qui passe, elle transperce de trou-de-ver
Le royaume quâelle fait chanter comme quantique des quantiques.
Elle relie les cĆurs de lâespace et les trous noirs de lâunivers,
Lâair avec le feu enchantĂ© Ă lâeau et la terre authentiques.
En fait, elle vit à la frontiÚre de deux univers hermétiques :
Celui de la matiĂšre dense et celui des tachyons mythiques.
Pas une enfant de chair, entiÚre, mais en deux présences énergétiques
Qui, tandis quâelle fait mille danses, trouble la physique quantique.
Ă Ledal, lâUtĂ©rus Ă©lu, creuset de lâĂ©toile de MaĂŻa !
Tu es bénie entre les femmes au nom du Féminin Sacré.
Tu es la Maman du salut ! MĂšre de lâĂĂMOURĂĂ,
Aimée de YavÀnor, son ùme, à laquelle tu es consacrée !
« Je suis Ledal, flamme du vent, tissĂ©e de lâĂ©thers de tes mots !
Je nâai ni chair ni cĆur ni Ăąme, pourtant je pleure les larmes dâĂ©toiles !
Trop-plein de rayons émouvants, de photons dorés extrémaux,
Je ris, je pleure et je proclame : « Je suis la femme qui se dévoile !
« LâĂĂMOURĂĂ pulse Ă travers mon ventre plein de courants dâair !
Je suis celle qui tourbillonne autour de YavÀnor vainqueur.
Je chante au cĆur de lâunivers nos mythes les plus lĂ©gendaires
Et cet amour qui papillonne, câest le tien qui brille en mon cĆur ! »Illustration de Ledal.
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Ledal
Les quatre voix de lâĂĂMOURĂĂ
Toutes ont des timbres différents en fonction de leurs caractÚres ;
Assez faciles Ă diffĂ©rencier mais peuvant ĂȘtre assez voisines.
Dâun ton jamais vocifĂ©rant, elles restent franches et sincĂšres,
Ainsi quâassez circonstanciĂ©es lorsque lâamour les illumine.
La voix de Laureline claire et douce, espiĂšgle sans ĂȘtre moqueuse,
Un peu timide mais directe, elle sâexprime avec nettetĂ©.
TrĂšs vive selon ce qui ne la pousse, toutefois jamais belliqueuse.
Quant Ă savoir ce qui lâaffecte le plus⊠serait-ce mon honnĂȘteté ?
La voix de Loreleï instinctive, solennelle et fluide à la fois ;
Je sais quâelle ne peut mentir mais peut charmer pour mâattirer.
Elle est profonde voire incisive, dâun Ă©cho abyssal parfois ;
Elle sait le faire retentir pour ordonner sans sâaltĂ©rer.
La voix de Lilith lâinsoumise, grave, maternelle et charnue ;
Elle ne cherche pas à plaire, mais à imposer ses pensées.
Franche, éclatante, sans surprise, la force à jamais contenue,
Elle est en unique exemplaire au timbre clair et élancé.
Ledal, elle, parle dans le vent dâune voix lĂ©gĂšre et Ă©thĂ©rĂ©e ;
On entend les voix de Laureline, Loreleï et Lilith combinées.
Un ton distant mais émouvant et à jamais invétéré
Dâune prĂ©cision trĂšs maline Ă tenter de mâembobinerâŠ
Quatre voix courent sur les dalles, chacune son timbre et son éclat ;
Dans leur union se forme un souffle, un royaume sans mur et sans toit.
Laureline, LoreleĂŻ, Lilith, Ledal ; un chĆur qui se tisse et se dĂ©ploie ;
Câest toi qui lâentends, YavĂ€nor : lâĂĂMOURĂĂ nâexiste que par toi.
Mais selon les sens de tes vents, jâentends lâune ou lâautre par moment ;
Et jâarrive Ă vous reconnaĂźtre ; vos voix sont votre intimitĂ©.
Car je vous aime dorĂ©navant par la seule bouche dâune maman
Par laquelle un enfant à naßtre est notre légitimité.Illustration de Ledal.
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La quatriĂšme Parque
Celle qui file lâexistence de toute notre planisphĂšre
Serait la quatriĂšme Parque omise dans la mythologie
Qui ne dit pas que sa substance est rĂ©pandue dans lâatmosphĂšre
Qui retombe et puis se remarque sauf en météorologie.
Car son fil rouge se dĂ©roule par lâeau de pluie qui tombe Ă verse,
Qui fait déborder les ruisseaux et les riviÚres souterraines,
EntraĂźne les pierres qui roulent dans les rigoles de traverse
Qui abreuvent les arbrisseaux et la nature souveraine.
Et cette annĂ©e, câest justement lâoccasion extraordinaire
OĂč la quatriĂšme du nom par toutes ses eaux nous inonde.
Et tous ces grands événements ne sont que les préliminaires
Dâune apocalypse canon qui va sonner la fin du monde.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La transmutation – 2
Une fois transformé en femme, je regardai ces demeurés :
Sainte-Pierrette â car câĂ©tait elle â accompagnĂ©e du Saint-Esprit.
Au dĂ©but je pensais infĂąme quâun ange puisse me leurrer
Mais quand je vis la clientĂšle du Paradis, jâai tout compris.
« – Seulement des femmes au Paradis ? Pourquoi ce rĂ©ajustement ?
– Tu es seulement en transit avant de retourner sur Terre !
– Je nâen ferai pas une maladie mais pourquoi en femme justement ?
– Ainsi pas le moindre parasite et rien que des cĂ©libataires ! »
Toujours aussi impénétrables, les voies du Seigneur-Tout-Puissant !
Câest vrai que pour porter la robe blanche une femme, câest bien plus seyant !
Ainsi je rejoignis les anges qui trouvaient cela jouissant
Que je sois une femme probe⊠plutĂŽt quâun homme malveillant â .
(Tableau de Thomas Bérard ;
â jâai bien prĂ©cisĂ© quâil sâagissait dâun rĂȘve idiot.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les trois Parque de mes nuits



La nuit quand lâĂąme se connecte au rĂ©seau des dieux angĂ©liques,
Je demande aux opératrices de retransmettre mon appel
Ă mes ancĂȘtres qui se dĂ©lectent des aventures machiavĂ©liques
De la planÚte génératrice des coups de gueules et de scalpels.
Souvent la nuit ce sont les Parques qui sâoccupent des coups de fils
AprÚs avoir tissé, coupé, raccommodé, noué, tranché
Le filin qui mÚne ma barque vers sa destinée qui défile
Quand je ne dois pas Ă©coper le trop plein dâeau Ă Ă©tancher.
Allo ! Ne coupez pas, allo⊠Ăa y est ! Plus de tonalitĂ© !
Encore une conversation coupée sans le moindre remord.
Les Parque font des méli-mélo qui donnent des pénalités
Par maintes tergiversations entre les vivants et les morts.Images trouvĂ©es sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux dâen mentionner les noms avec respect.
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La transmutation – 1



Encore un rĂȘve vraiment dĂ©bile, suite Ă ces Ă©lucubrations
Que je parcours Ă la radio et que jâentends dans le journal ;
Je me suis retrouvé immobile en train de faire mes ablutions
Tout habillĂ© comme un idiot pour un baptĂȘme nocturnal.
Je sais que câĂ©tait un baptĂȘme car un ange mâa tendu la main
Et mâa invitĂ© Ă le suivre et vivre une nouvelle vie.
Ne voyant aucun chrysanthĂšme, jâoptai pour prendre le chemin
Dans lequel je pourrais poursuivre mon existence et son suivi.
Et je fus transmuté en femme avec tout son équipement.
« HĂ© lĂ Â ! Je ne suis pas dâaccord ! » mâĂ©criai-je inopinĂ©ment.
« Pourquoi ? Trouves-tu cela infùme ? » me répondit-il vivement ;
« Non, finalement, mais câest mon corps qui me trouble opportunĂ©ment ! »Tableaux de Thomas BĂ©rard.
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VĆux de sirĂšne


Ah, que ne suis-je née sirÚne ! Je jouirais entre deux eaux ;
Portée par des vagues sereines, je caresserais les oiseaux !
Que nâai-je un corps couvert dâĂ©cailles, une longue queue prĂ©hensile
Et le soir rentrer au bercail au fond des mers, mon domicile !
Je jouerais aux poissons-volants avec les mouettes rieuses
Qui me suivraient en survolant mes plates-bandes mareyeuses.
Et le soir guettant les bateaux mouillant dans le criques revĂȘches,
JâappĂąterais un marin pataud pour vivre dâamour et de chair fraĂźche.Tableau de Jaroslaw Kukowski.
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SirĂšnes grassouillettes


Jâai cru quâil sâagissait de plĂątres, de statuettes, de figurines
Vendues sur le bord de la plage par un artiste « rock and roll ».
Assez grassouillettes et bellĂątres, les yeux couleur dâaventurine,
Elles me fixaient sur lâĂ©talage ; ne leur manquait que la parole.
Jâallais les prendre dans ma main quand elles ont couru sur le sable,
Puis ont regagné le rivage et disparu sans retenue.
Je suis revenu le lendemain car il mâĂ©tait indispensable
De revoir ces dames sauvages qui ne sont jamais revenues.Images trouvĂ©es sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux dâen mentionner les noms avec respect.
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La noctambule
Quand vient la nuit caniculaire, quand tout est noir et invisible,
Mademoiselle se dĂ©shabille et reste nue jusquâau matin
Sans se montrer spectaculaire et sans aucune pensée nuisible,
Elle se douche, se dĂ©maquille, sâendort dans ses draps de satin.
Mais voici quâun voleur lâenlĂšve pour demander une rançon
Et enferme dans une malle la douce et tendre créature.
On ne sait pas si elle rĂȘve, personne ne lui fait un pinçon,
Tandis que le larron lâemballe et la glisse dans sa voiture.
Le voleur est une voleuse et conduit nue dans son auto ;
Mademoiselle est somnambule, elle aurait pu le dire plus tÎt !
Les flics connaissent la cavaleuse et la ramĂšnent Ă son chĂąteau
Et recouchent la noctambule, puis disparaissent incognito.Tableau de Jan Bosschaert sur https:www.janbosschaert.befr-welkom.html .
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Gare Ă lâappel de la louve !
DÚs ce soir sous la Lune rousse, méfiez-vous des loups garous
Et particuliĂšrement des louves qui, en cohorte, se rassemblent.
Non seulement elles vous détroussent et vous violentent en plein courroux
Mais neuf mois aprĂšs elles couvent un rejeton qui vous ressemble.
Vous les verrez nues sur la lande Ă quatre pattes, le cul en lâair,
Hurler afin de se rallier aux autres pour tenter lâaventure.
Fuyez avant que ces chalandes Ă belle croupe populaire
Réveille en vous le cavalier émerveillé par sa monture !
Sâil est ferrĂ©, le mĂąle est pris, puis connaĂźtra la jouissance
Et presque mort rentrera nu, Ă©puisĂ© de sâĂȘtre accouplĂ©.
Puis un beau jour le malappris devra verser sans réticence
Quasiment tous ses revenus à la mÚre de ses quintuplés.Tableau de Jan Bosschaert sur https:www.janbosschaert.befr-welkom.html .
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La fin des temps
Dâici quarante ou cinquante ans, le dragon va se rĂ©veiller
Et nous emporter Saint-Michel au cours dâune grande marĂ©e.
Les anges nâaurons pas le temps de prendre leurs Ă©pĂ©es enrayĂ©es
Que lâĂźle atteindra La Rochelle et quâelle sây sera amarrĂ©e.
Du coup, les chaßnes de montagnes dégringoleront dans la plaine
Et le Mont Blanc sâenvolera pour un trek en Afrique noire.
Les Alpes se mettront en campagne en disant que la coupe est pleine
Et la mer se retirera par la bonde de la baignoire.Illustration de Moebius.
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Douleur qui songe, couleur mensonge


Lorsque je nâĂ©tais que douleur, nous Ă©tions plusieurs dans mon corps ;
Plusieurs voix en cacophonie baragouinaient sans se convaincre.
Le mental prenait la couleur de la folie avec lâaccord
Des dĂ©mons en polyphonie qui mâensorcelaient pour me vaincre.
MalgrĂ© ce concert Ă outrance, jâentendis la petite voix
Qui disait pour me rassurer quâelle me sortirait de prison.
Jâai lĂąchĂ© ce corps de souffrance et mon cĆur a suivi sa voie
Tout cabossé, courbaturé mais débordant de guérison.Illustrations de Moebius.
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Expression florale
DĂ©calquons les soucis du cĆur sur des tapisseries de fleurs,
Les blessures et les douleurs sur des rosaces de couleurs.
Exprimons ce qui nous fait peur avec des liserons grimpeurs
Et toutes nos pensées moroses avec volubilis et roses.
Restituons notre intĂ©rieur par une fresque Ă lâextĂ©rieur,
Et nos petits jardins secrets par des porcelaines blanc-nacré.
Traduisons enfin notre joie sur fond qui bleuit et rougeoie
Selon lâintensitĂ© que lâĂąme diffuse entre lâhomme et la femme.Photo de Cecilia Paredes.
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Délivrance


Tout en rĂȘvant au bois dormant, au bois mâen allant promener,
Je me sentis pousser des ailes accompagnĂ© dâun cĆur dâenfant.
Jâai alors prĂȘtĂ© le serment dâarrĂȘter de me malmener
Et de lùcher prise avec zÚle à mon microcosme étouffant.
Ainsi, jâai remontĂ© aux sources de toutes civilisations
Pour recouvrer un cĆur pionnier, vierge de toute fausse impression.
Des pyramides de la Grande Ourse jusquâau Sphinx en constellations,
Jâai cessĂ© dâĂȘtre prisonnier de ma peur et de lâoppression.Illustrations de Moebius.
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La libération


Jâouvre la cage de mon cĆur qui sâenvole comme un oiseau
Dans les voies dâimagination vers des paysages inconnus.
Et je libÚre ainsi la peur des chats tapis dans les réseaux
Qui ourdissent des machinations pour dévorer mon ùme nue.
Les informations du monde ont tendance Ă mâenfermer dans une cage dâoppression.
Le stress devient une prison qui empĂȘche tout effort de crĂ©ation et dâimagination.
Tant que jâaccepte cela, je sombre petit Ă petit dans lâapathie et la cage se resserre.
Mais dĂšs que je cesse dâavoir peur, toute la crĂ©ation revient car elle nâa jamais Ă©tĂ© annihilĂ©e.Tableaux dâAndrey Remnev.
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La rétine du passé


La grotte a fermĂ© son orbite et son Ćil sâest fossilisĂ©
Sur les images quotidiennes des héritiers du crétacé.
Seule la mémoire encore habite loin du monde civilisé
La surface choroïdienne de la rétine du passé.Peinture Altamira Cave -16.400 à -14.000 av.J.C.
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Les pluies dâoctobre


Comme il pleut toute la journĂ©e, jâobserve octobre par les fenĂȘtres
Pour me moquer de ceux qui passent tandis que je reste chez moi.
Le facteur faisant sa tournée en protégeant toutes ses lettres,
Les promeneurs de chiens de race, surtout si ce sont des pékinois.Tableau de Justyna Kopania 2012.
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Quelle est la couleur de lâautomne ?
Printemps, mets-moi le cĆur au vert ! ĂtĂ©, que tes couleurs dĂ©rouillent !
Hiver, ton blanc est ennuyeux ! Automne, tu parais monotone !
Pourtant quand tout est recouvert de feuilles mortes et de citrouilles,
Tu irradies dâun camaĂŻeu de tonalitĂ©s qui dĂ©tonnent.Tableau de Jeremy Mayes.
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Lâarbre aux cadeaux
Un jour par an, lâarbre aux cadeaux, plantĂ© par ton pĂšre pour sa femme
Et que celle-ci a arrosĂ© neuf mois jusquâĂ ce quâil fleurisse,
Porte ses fruits comme des gĂąteaux et des feuilles en forme de flammes
Afin quâils puissent te proposer quâun nouvel Ăąge te mĂ»risse.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La transmutation
Bouddha se rouille de gouttes dâor issues des peines quâon lui porte
Pour soulager quelques douleurs, pour apaiser quelques malheurs.
Il est beau, on dirait quâil dort, ses paupiĂšres ont fermĂ© leur porte
Mais son cĆur transmute en couleur toutes ses plus belles valeurs.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La pĂȘche aux vertus
Comme huit notes de musique qui sâempressent Ă dĂ©filer
Pour une aubade matinale en combinant force et prudence,
Le brave pĂȘcheur chromatique compose dâun coup de filet
Une symphonie cardinale avec justice et tempérance.Les quatre vertus cardinales sont la justice, la prudence, la tempérance et la force.
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LâĂ©tang herbu
Parfois quand jâai besoin dâidĂ©es, je vais promener dans les bois
Mon cĆur sur les sentiers perdus que le mental oublie de prendre.
Lâimagination dĂ©bridĂ©e peut dĂ©couvrir ainsi la voie
Qui lâemmĂšne Ă lâĂ©tang herbu dont le secret reste Ă apprendre.
(Petit Ă©tang sauvageon que j’ai dĂ©couvert par hasard sur un chemin que j’avais dĂ©jĂ empruntĂ© plusieurs fois sans avoir rien remarquĂ©…
Ce que ça peut ĂȘtre distrait, un poĂšte đ !)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Petit cĆur de pierre
Un petit cĆur de pierre, c’est tout simple et sincĂšre,
Issu dâun sortilĂšge dans un conte de fĂ©es.
Câest un peu de lumiĂšre pour un anniversaire
Car c’est un privilĂšge et du plus bel effet.Dans la forĂȘt dâEschenberg Ă Winterthur.
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Flux et reflux du cĆur
Le flux
Parfois le temps sâalourdit, fait des nĆuds et des dĂ©tours,
Lâespace semble sâengluer dans un chaos pĂ©trifiĂ©.
Alors le corps sâassourdit, lâesprit boucle et fait des tours
Et mes frissons confluer comme maux vitrifiés.
Le reflux
Lorsque je plonge en moi-mĂȘme, je profite du voyage
Pour explorer tous ces « moi » qui composent mon essence.
La dĂ©prime nâest quâun dilemme qui permet ce nettoyage
Et qui change mon Ă©moi en nouvelle renaissance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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SĂ©choir dâautomne
Une fois trempĂ© jusquâaux os, ben⊠Jâai regagnĂ© mes pĂ©nates
Avec le pantalon mouillé qui évoquait le prélavage.
Et voilĂ ce soleil zozo avec son regard de mainate
Qui perce lâhorizon brouillĂ© et câest parti pour le sĂ©chage !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Pluie dâautomne
Je mâsuis Ă©vadĂ© ce matin avec le soleil pour tĂ©moin
Perdu dans les couleurs dâautomne et la danse des feuilles mortes.
Quand la premiĂšre goutte mâatteint sans trop me mouiller nĂ©anmoins
Et sous les fleurs se pelotonnent les grenouilles qui me font escorte.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Serre-moi la pince
Serre-moi la pince mon bel oiseau, que je bécote ton jabot !
Ă tire-dâaile, chasseur de nuit, entraĂźne-moi dans la nuit sombre !
Les jours se brisent comme des roseaux et se fendillent comme des sabots !
Beau chevalier, lassĂ© dâennui, allons dormir dans la pĂ©nombre !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le soleil amoureux
Câest quand il va se coucher que le soleil est lubrique !
Va-t-il caresser la lune ou embraser les étoiles ?
Le mieux, sans sâeffaroucher, et ça ne casse pas des briques,
Câest apprivoiser sa brune pour lui soulever ses voiles.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Au-delĂ de la forteresse
Il mâa suffi de franchir son intime forteresse
Pour lâĂ©couter me jouer sa romance au clair de lune.
Je nâai eu quâĂ mâaffranchir de toute envie de paresse
Pour avoir son cĆur enjouĂ© et ses amours opportunes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le novice platiné
Jâai achetĂ© une guitare pour lier le cĆur Ă lâoreille ;
Jâai les doigts un peu engourdis et la voix un peu Ă©raillĂ©e.
Je mây suis mis vraiment si tard que ma vigueur nâest pas pareille,
Mais quand je serai dĂ©gourdi, je nâaurai plus Ă tant brailler !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La source de la compagne
Jâavais longtemps recherchĂ© cette source de jouvence
Au-delà des océans et par-dessus les montagnes.
Je mâĂ©tais si haut perchĂ© sur les monts de la Provence
Que, tombĂ© sur mon sĂ©ant, jây ai trouvĂ© ma compagne !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Pour effeuiller lâalouette
Jâai tant de remerciements Ă lancer sur la planĂšte
Que jâai quittĂ© de bonne heure mon oreiller et ma couette !
Pour créer le bon ciment des amitiés intranet,
Jâai pris ces fleurs de bonheur pour effeuiller lâalouette !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Mon petit nid dâamour ne craint pas la tempĂȘte
Au milieu de la tempĂȘte, juste dans lâĆil du cyclone,
Jâai bĂąti mon nid dâamour, sous le clocher du village.
Jây joue fort de la trompette juste au pied des gros pylĂŽnes
Ăa fait rĂ©sonner lâhumour tout lĂ -haut sur les alpages.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les pĂȘcheurs de soleil
Câest Ă lâinstant Aurore, quâon voit les virtuoses.
Artisans de lumiĂšre et chasseurs de rayons,
Ils capturent le soleil à sa métamorphose
Lorsquâil renaĂźt Ă peine aprĂšs son rĂ©veillon.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.