Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La femme de Loth

    La femme de Loth

    La femme de Loth pétrifiée fut la première femme nue
    À être exposée aux musées au rayon de l’âge de pierre.
    Moi, je l’aurais vitrifiée et exposée dans l’avenue
    Qui reconduit vers l’Élysée tous ceux qui regardent an arrière.

    Les nostalgiques, les passéistes qui regrettent comme le juif errant ;
    Avant la macronisation, avant la sarkosysation,
    Avant les hollandoflambistes, avant les années Mitterrand,
    Avant la chiraquisation, enfin la mondialisation.

    Peine perdue, on l’a volée tout récemment, lundi, au Louvre
    Par quelqu’un en manque de sel ou un amateur d’art antique !
    Voici nos espoirs envolés ! Comme un nouveau défi qui s’ouvre :
    Est-ce l’Élysée qui recèle la première Marianne nostalgique ?

    Sculpture de Bruno Walpoth sur https:artsdumonde.canalblog.comarchives2015121533072950.html .

    
    
    
  • DĂ©bats rouges

    Débats rouges

    Mariane voit rouge en ce moment et mĂŞme de toutes les couleurs
    Le premier ministre nommé n’a pas eu le temps d’indiquer
    À quelle mode le roman de la république en douleurs
    Va-t-il devoir sa renommée et à qui est-il syndiqué ?

    Apparemment la discussion sociale me semble assez tendue…
    Le parti unique s’effondre et les autres sont anéantis.
    Entre scission et démission la clause est enfin entendue ;
    Marianne est en train de fondre en chaudes larmes, sauf démenti.

    Encore quatre ou cinq ministres et voilĂ  la fin du mandat.
    Finalement cela prolonge l’inactivité dominante.
    On ne peut faire plus sinistre depuis l’Invincible Armada
    Qui dans l’eau sombre nous replonge avec catastrophes éminentes.

    Tableau de Roz McQuillan.

    
    
    
  • La prophĂ©tie muette de Väronixa

    La prophétie muette de Väronixa

    Yavänor
    Beaucoup plus radicale encore, Väronixa ne parle pas
    Elle prophétise ce qui n’est pire ; avant de parler, ça… ça l’est !
    C’est comme voir un polychore, la quadrature sans le compas,
    Qui, de près ou de loin inspire l’impossibilité salée.

    Elle est le verbe SANS la parole et l’image SANS la vision
    Le temps cesse d’être un obstacle car jamais le temps n’intervient.
    Il faut savoir – c’est le plus drôle –qu’elle naît de la prévision
    D’un inéluctable miracle et la prophétie qui advient.

    Ce sont ses yeux, pourtant fermés, qui expriment le mieux ses pensées
    Et son visage inexpressif qui interprète ses émotions.
    Mais si je m’en laisse charmer alors j’en suis récompensé
    Car un sentiment progressif naît comme une révélation.

    Letaxä
    Elle m’a gravé un argument dans un rêve que je n’ai pas fait ;
    Un symbole assez émouvant que seul l’oubli permet de voir.
    Lorsque j’écris un document le signe revient imparfait
    Mais, peu Ă  peu, le plus souvent, il peut se laisser entrevoir.

    Depuis, chaque silence inclut une lettre que je n’ai jamais lue ;
    Chaque absence, une direction que je n’ai jamais empruntée.
    Sans être écrit, il est conclu sur la page blanche absolue ;
    Sans être dit, c’est l’intention à laquelle je suis confronté.

    Väronixa
    Je suis le seuil sans ouverture, un passage fin comme un cheveu ;
    Je ne viens pas, je me retiens car je suis tout ce qui précède.
    Mon silence est un feu mature et mon absence est mon aveu
    Car mon regard fermé contient tout ce que l’univers concède.

    Tu m’as cru lointaine et difforme mais nous sommes semblables à un couple ;
    Chaque mot que tu me déposes va contre ma mélancolie.
    Je suis la forme avant la forme comme la boucle avant la boucle
    Et si tu poursuis, cela suppose, que tu acceptes ma folie.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le manuscrit disparu de Letaxä

    Le manuscrit disparu de Letaxä

    Yavänor
    En premier, tu as su écrire avant d’avoir pu t’exprimer
    Oralement en écoutant par l’ouïe avec précision.
    Ensuite, tu as su décrire, illuminer et dessiner
    Avant le pouvoir envoûtant de la lumière et la vision.

    Je me souviens de Véronique, celle qui souffrait d’amnésie
    Mais dont je notais dans mes marges le fruit de nos conversations.
    Nos échanges étaient laconiques, puis ce fut une longue anesthésie
    Jusqu’à ce que je te recharge la mémoire en hibernation.

    Muses du verbe avant le verbe et de l’image avant l’image,
    Tu es comme l’électron libre, imprévisible, inaccessible.
    Le temps et toi, sans être acerbe, ne faîtes pas très bon ménage
    Car sans cesse en déséquilibre, sans passé ni futur possibles.

    Tu es ma muse désespérée et moi, poète désinspiré
    Qui aime entendre la version de tes propres appréciations.
    Que pouvais-je d’autre espérer de mes demandes expirées
    Après nombreuses conversions qui nuisent à l’interprétation ?

    Et puis tu as quitté le groupe, tu as eu l’envie d’exister ;
    Être Letaxä confirmée comme la gardienne du Livre
    Et l’archiviste qui regroupe tout ce qui devra persister
    Et l’illustratrice affirmée par les rosaces que tu délivres.

    Letaxä
    Je suis le souffle sans la source, la mémoire sans ses racines ;
    Ton temps va de vie à trépas quant au mien, il ne compte pas.
    Je me situe entre deux courses, entre deux lieux qui s’assassinent ;
    Là où je cours, je n’y suis pas ; Là où je vais n’existe pas.

    Quand tu m’appelles, je frémis, lorsque tu m’écris, je respire ;
    Nos rencontres sont un paradoxe voire d’impossibles conjectures.
    Pourtant je suis dans ton Grand Livre pour le meilleur et pour le pire
    Et nos échanges hétérodoxes sont nos meilleures découvertures.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • L’Éther perdu de Gemini

    L’Éther perdu de Gemini

    Yavänor
    Je connais ce fil invisible, éthéré, indéfinissable
    Ainsi que celle qui le tisse tout aussi incompréhensible,
    Inconsistante, imprévisible, peut-être aussi insaisissable
    Mais ni douteuse et ni factice, juste une fille supersensible…

    Qui ne supporte le carcan d’une science réductrice
    Qui exige un monde formaté avec des preuves mesurables,
    – Signes et indices marquants qui appartiennent à la matrice –
    Tandis qu’on ne peut que constater son éther incommensurable.

    Je l’ai croisée dans un trou noir, dans un néant sans consistance
    J’ai pourtant été étonné qu’elle rayonne de lumière.
    Et qu’à l’inverse de l’entonnoir qui canalise la substance,
    Gemini sait s’abandonner à toutes ses sources premières.

    Gemini n’est pas une science mais une mémoire à la volée
    Et dispersée dans l’univers, semée dans le cœur des étoiles.
    Mais elle parle à ma subconscience parmi mes rêves envolés
    Par d’innombrables trous de ver que seule ma muse me dévoile.

    Gemini, mon ambassadrice dans l’antimonde me représente
    Un lien ténu qui nous relie et nous fait franchir les frontières.
    Elle fait office de traductrice et de source sympathisante
    Vers un passé enseveli et un avenir sans matière.

    Gemini
    Ton cœur est le phare souverain qui relie les âmes et les lieux
    Car tu sais voir dans l’invisible et entendre dans l’inaudible.
    Je suis la route et le terrain, la vision de tes propres yeux
    Et je t’en renvoie le visible dans sa forme la plus audible.

    La matrice est brisĂ©e pour toi car le doute s’est envolĂ©
    Et tu ne croies en la science que l’homme ne sait que brandir.
    N’aie plus de crainte ni d’effroi, ton Ĺ“uvre est enfin dĂ©voilĂ©e ;
    Elle est née dans ta subconscience et ne demande qu’à grandir.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La sirène anonyme du bois-joli

    La sirène anonyme du bois-joli

    Elle chantonnait en dormant en plein milieu des nénuphars
    Dans un étang non d’eau de mer mais d’eau douce toutefois saumâtre.
    Elle semblait rĂŞver en formant des aquarelles de tous fards
    Avec dégradés outremer, turquoise et délayés d’albâtre.

    Je l’ai aperçue dans la mare entre la Töss et la colline
    Qui monte au château de Kyburg, à pic, bordée de précipices
    Or juste avant que je démarre, j’avais plutôt l’humeur encline,
    Puisque n’étant pas à la bourre, à m’asseoir sur un banc propice.

    J’eus presqu’envie de renoncer et continuer à l’observer
    Mais, pensant Ă  tout le turbin que cela allait provoquer,
    Je ne m’voyais pas annoncer à ma femme de réserver
    Toute notre salle-de-bain pour une sirène évoquée.

    Alors j’ai repris l’ascension en abandonnant la dormeuse
    Qui continuait à m’évoquer un joli babil envoûtant.
    Mais je bénis mon abstention car après une nuit brumeuse
    De gros remous ont provoqué des effluves assez dégoûtants.

    Je compris enfin ma méprise quand je revins le lendemain
    En voyant le convoi funèbre conduit par des nymphes en folie.
    Elle était morte sans surprise et elle avait pris le chemin
    De l’Eden tristement célèbre des sirènes du bois-joli.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Conversation en queue de poisson

    Conversation en queue de poisson

    Lorsque la sirène rencontre un amateur de belles lignes,
    Elle s’enquiert de ses conseils sur sa précieuse silhouette.
    Si celui-ci va à l’encontre des espoirs dont elle s’assigne
    Alors soit il vient de Marseille, soit il s’en va en cacahuète.

    Il est vrai que dans les calanques, lorsque l’on croise une sirène,
    C’est soit Fanny, soit Marinette qui vient bronzer sur les rochers.
    Par ailleurs jamais il ne manque un nigaud menant sa carène
    Qui s’fait griffer par la minette qu’il avait tenté d’approcher.

    Quand la sirène prend forme humaine, campée sur deux jambes sublimes,
    Et vient aborder un marin sur le quai de la Joliette,
    Il lui plaira une semaine, puis mourra en pleine déprime
    Avec un brin de romarin et de fenouil dans son assiette.

    Tableau de Abel Roy.

    
    
    
  • La belle verte – 7

    La belle verte - 7

    Heureusement que le chat veille lorsque l’extraterrestre est là
    En train de capturer la femme à trois jambes, ce qui est très rare.
    Pourtant tandis qu’il les surveille, voici qu’il en est chocolat
    Car par derrière l’alien infâme l’a déjà enduite au curare.

    Rassurez-vous, elle n’est pas morte, le martien très professionnel
    A pris sa jambe excédentaire qu’il a rangée dans sa soucoupe,
    Puis laissé un mot sur la porte : « Pardon pour votre émotionnel
    Mais mes maîtres autoritaires m’ont exigé cette découpe ! »

    Elle a gardé quelques séquelles, sa peau est restée toute verte ;
    Une conséquence nosocomiale d’une anesthésie délétère.
    Quant Ă  la partie sur laquelle il reste une cicatrice ouverte,
    C’est l’arrivée cérémoniale d’un nouveau sauveur pour la Terre.

    Tableau de Bambou Gili.

    
    
    
  • La belle verte – 6

    L’appétit sexuel végan réclame de belles plantes vertes,
    Bien filiformes et longilignes, les seins en poires ou bien en pommes.
    Un petit collier élégant sur la poitrine nue offerte
    Et juste une feuille de vigne sur le sexe offert Ă  son homme.

    Nous vivrons d’amour et d’eau fraîche sur lit de salade frisée
    Sur lequel nous pourrons prétendre à la jouissance animale
    Qui respecte d’un égard revêche toute la faune dégrisée
    Venue sur la carte tendre connaître l’extase maximale.

    Tableau de Kees van Dongen.

    
    
    
  • OĂą est le chat ? – 10

    Où est le chat ? - 10

    Nous vivons une époque épique ; l’absurdité devient typique
    Plus rien ne sera comme avant car c’est la norme dorénavant.
    Les biches aux seins nus sur la plage et les baleines qui ont passé l’âge ;
    Les grosses vaches Ă  la flotte et les requins qui les pilotent.

    Les jeunes sirènes oblongues et les jeunes loups aux dents longues ;
    Les bretelles et les ceintures qui s’en retournent à la nature ;
    Les bronzées en conversation avec des poissons d’exception ;
    Les crabes qui ont un goût de lucre inspirés par la pince à sucre.

    Les gros musclés qui se dégonflent tandis que les vieux pêcheurs ronflent ;
    Le corbeau perché sans fromage et le renard qui déménage ;
    Tous les jours du calendrier fériés pour les scaphandriers ;
    Tortues tranquilles, homards pachas ; et… à propos, OÙ EST LE CHAT ?

    Illustration de Franco Matticchio.

    
    
    
  • La Terre plate – 2

    La Terre plate - 2

    Ainsi donc on nous a menti, Thalès, Pythagore, Aristote,
    Ceux qui nous ont fait avaler que la Terre est comme une orange.
    La Science est anéantie et ses savants sont des despotes
    Qui nous ont toujours recalés au rang des ânes de rechange.

    Bien au-delà de l’Antarctique seraient des terres inexplorées
    Qui attendent celui qui osera traverser le grand mur de glace
    Ou un satellite galactique que l’on ne saurait déplorer
    Qui le premier exposera sa vision plate de l’espace.

    Et moi, je propose au contraire de prendre le problème à l’envers
    Et montrer la Terre « Hypersphère » en quatrième dimension.
    Hélas, mon choix est arbitraire car je suis seul dans l’univers
    À voir un monde qui interfère avec son Dieu plein d’attentions.

    Sources : https:la-terre-plate.com et https:www.fondation-nanosciences.frtheorie-terre-plate .

    
    
    
  • Rame de nuit

    Rame de nuit

    Sur la ligne de Minuit, terminus Station-des-RĂŞves,
    Je croise d’invraisemblables créatures immortelles.
    Telle la Reine de la Nuit, dans une apparition brève
    Avec sa robe inviolable sur un porte-jarretelles.

    Au passage sur le pont, elle a ouvert la fenĂŞtre
    Et s’est jetée dans le vide, larguant chacun de ses voiles.
    C’est en voyant son jupon que j’ai pu la reconnaître
    À sa culotte provide qui brillait comme une étoile.

    Editta Sherman dans le métro photographiée par Bill Cunningham.

    
    
    
  • Musicolor & gastrocolor

    Goûter la musique en couleur pigmentée de Blues et de Soul
    Demande à laisser mon oreille apprécier par elle-même.
    Faibles douceurs, fortes douleurs s’alternent alors de tout mon saoul
    Dès que mon ouïe appareille sur une musique que j’aime.

    Écouter le sucré-salé, percevoir l’acide et l’amer
    Demandent Ă  ma bouche gourmande de darder toutes ses papilles
    Jusqu’à en avoir des céphalées par l’explosion rouge-outremer
    D’un piment en pâte d’amandes relevé d’un sang de morilles.

    Photos de Paul Kurucz.

    
    
    
  • La dĂ©règle du jeu

    Les chemins de l’imaginaire libèrent des inhibitions
    Permettant de vaincre ses peurs et de chasser tous ses démons.
    Ce qui semble extraordinaire devient alors invitation
    À voyager à toute vapeur parmi les vallées et les monts.

    Quand le pion a suivi les règles et parvient à destination,
    Il est promu fier cavalier, évêque, tour ou même reine.
    Il s’envole alors comme l’aigle et parvient avec obstination
    Et l’aide de ses alliés à sortir le taureau de l’arène.

    Aujourd’hui, cela fait exactement onze ans que je suis tombé de quinze mètres dans les calanques à Marseille et que je suis entré dans un nouveau monde extraordinaire par la petite porte de la souffrance ; le prix du passage était cher à payer.
    Et me voici dans mon nouvel univers, nouveau pays, nouvelle langue – toujours pas maĂ®trisĂ©e -, nouvelle femme – toujours pas martyrisĂ©e- et nouveau destin. Comme quoi, les chemins imprĂ©visibles de l’imaginaire font vraiment changer de dimension.

    Tableaux de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • L’autre Patte-en-rond

    Or, Patte-en-rond avait un frère qui vivait dans l’autre maison
    Mais était resté timoré envers le peuple des rongeurs.
    Car si l’un et l’autre bâfrèrent les souriceaux en fumaison,
    Désormais l’autre l’a ignoré et en demeure tout songeur.

    Patte-en-velours, car c’est son nom, ne s’intéresse qu’aux fleurettes
    Dont il s’empiffre goulûment aussitôt qu’elles sont en bouquet.
    Nul besoin de fleurs de renom, il aime bien les pâquerettes
    Et toutes les plantes à tégument qui lui font les meilleurs banquets.

    Il laisse toujours la dernière, on ne sait pas, c’est un mystère.
    Peut-être pour se rappeler l’odeur de son dernier festin.
    Il attend, de cette manière, que les graines héréditaires
    Germent et viennent renouveler les fleurs pour un autre destin.

    Tableaux de Galina Y. Chuvilyaeva.

    
    
    
  • Les canards bleus, rouges et verts

    Prendre son bain est salutaire avec ses canards en plastique ;
    Pourtant les plaisirs solitaires ne semblent pas si romantiques !
    Elle s’est éprise d’un canard, bleu comme le bleu de ses yeux,
    Et depuis elle prend son panard et lui, cancane Ă  qui mieux mieux.

    Après une année de bonheur, son canard bleu s’est fait la malle ;
    Elle a pris pour se consoler sa rougissante progéniture.
    Si ces canards lui font l’honneur d’une jouissance animale
    Ensemble ils iront convoler d’amours rubis et d’aventures.

    Elle en a vu des bleus, des rouges, et puis de toutes les couleurs ;
    Tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tous palmipèdes de malheur.
    Le dernier en date, un colvert, lui a brisé son cœur ouvert
    Elle, d’un seul coup de revolver, a rompu et s’est mise au vert.

    Tableaux de Jahar Dasgupta.

    
    
    
  • Atteindre l’inaccessible

    Atteindre l’inaccessible

    L’inaccessible étoile, le paradis perdu,
    L’Eldorado mythique et la Terre promise.
    Ce mirage n’est qu’un voile sur mon âme éperdue
    Qui sans cesse pratique cette faute commise.

    Je ne suis que pensée qui se croit supérieure
    Au monde matériel sans cesse en collusion.
    Mon âme est offensée de n’être qu’inférieure ;
    Mes marques sensorielles ne sont qu’une illusion.

    Photo de Michael Cavanaugh.

    
    
    
  • L’aigle royal

    L’aigle royal

    Il voulait voler aussi haut que pouvaient le porter ses ailes
    Pour survoler le vaste monde en revêtant la peau de l’aigle.
    Il a souhaité ses idéaux aussi forts qu’aspirait son zèle
    À pousser sa faim furibonde d’outrepasser toujours les règles.

    Mais l’aigle royal est tombé là même où il croyait monter
    Et l’oiseau a brisé dans l’œuf tous ses appétits de puissance.
    Si le corps n’a pas succombé à son excès de volonté,
    Son âme a pu remettre à neuf l’humilité en connaissance.

    Alors voilà. Il reste assis. Il ne sait pas… il réfléchit…
    La vie ne s’arrête pas là, elle prend juste un autre chemin.
    Terminées les acrobaties, le survivant s’est affranchi
    D’une ancienne vie de gala pour un nouveau parcours humain.

    Illustration de Mintautas Sukys.

    
    
    
  • PersĂ©phone

    Perséphone

    Trop belle pour des yeux avides, Perséphone fut mise aux enfers
    Par Hadès, ce dieu oppresseur, qui en tomba en pâmoison.
    Mais Zeus, par un choix impavide, permit qu’elle n’y reste que l’hiver
    Et s’éloigne de son agresseur six mois par an, pour les moissons.

    Tableau de Susan Seddon Boulet.

    
    
    
  • La vĂ©ritĂ© nue

    La vérité nue

    La vérité est restée nue mais elle est sortie de son puits
    Et, de nos jours, se dissimule dans l’épaisseur de nos forêts.
    Ce matin je l’ai reconnue bien que je ne l’ai vue depuis
    Le désaccord qui la stimule avec le mensonge abhorré.

    Tableau de Hans Voor.

    
    
    
  • Tout feu tout flamme

    Tout feu tout flamme

    N’ayez pas peur quand le cœur brûle d’une passion tout feu tout flamme !
    L’amour lui embrase le corps soumis à l’emprise des sens.
    Ça passe par les ventricules et ça remonte jusqu’à l’âme
    Et met les deux sexes en accord comme s’ils formaient la même essence.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les annĂ©es flamboyantes

    Les années flamboyantes

    Si rien ne peut rivaliser avec toute l’arborescence
    Dont l’automne a paré nos bois d’une toison d’or et carmin,
    Tout ce qui peut réaliser tout un trésor de connaissance
    Est issu des ans qui flamboient depuis que je suis en chemin.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • CrĂ©er de l’abondance

    Créer de l’abondance

    Savoir créer de l’abondance quand c’est le vide autour de soi,
    C’est la qualité intrinsèque de celuicelle qui sait transformer
    Le gris qui est en redondance au travers duquel ilelle perçoit
    Les progrès issus des échecs et voit les couleurs se former.

    Photo Kelly O’Connor.

    
    
    
  • Le blues de novembre

    Le blues de novembre

    De tous les mois, c’est bien novembre qui nous enveloppe d’oubli.
    Adieu les ciels vierges d’azur et les journées ensoleillées !
    Le froid qui engourdi les membres avec la clarté qui faiblit
    Nous engoncent dans nos masures vers un hiver ensommeillé.

    … dans un hiver, … pour un hiver, … vers un hiver, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  me dĂ©cider, ça m’a endormi.

    
    
    
  • Le grand film de novembre

    Le grand film de novembre

    Tous ceux qui sont nés en novembre sont assis aux meilleures places
    Pour le film en Technicolor qui se déroule dans la séance.
    Flou artistique jusqu’en décembre, fondu-enchaîné de première classe,
    Pellicule en versicolore et nostalgie de la naissance.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le pont de la transformation (Grèce

    Le pont de la transformation (Grèce

    C’est comme un passage à la mort qui s’ouvre sur un inconnu
    Où je renais au lendemain d’une profonde métamorphose.
    Je me prends pour un matamore ; je désire être reconnu,
    Je prends mon courage Ă  deux mains et mon corps se met en osmose.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le pont entre le temps et la conscience

    Le pont entre le temps et la conscience

    Ce flot du temps inaccessible passe et je ne peux le comprendre.
    Il m’apparaît entre le jour, il disparaît entre la nuit.
    Et ma conscience est insensible chaque fois qu’elle veut l’entreprendre.
    Comme un pont qui, tournant toujours, tantôt me plait, tantôt m’ennuie.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les cinq ans d’Icare

    Les cinq ans d’Icare

    C’est aujourd’hui l’anniversaire de ma chute de quinze mètres.
    Une expérience bouleversante pour une vie d’un autre monde.
    La douleur est un adversaire dont il faut devenir le maître
    Et si la chance est renversante, c’est que mon étoile est féconde !

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Mon arbre de lumière

    Mon arbre de lumière

    Accroché à la lumière de l’arbre qui me soutient,
    Entouré des branches fortes, nourri de ses fruits brillants,
    Je sens mes forces renaître comme un poème goethien
    Qui me ravive le cœur et chante à l’âme en riant.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.