🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Entre le paradis et l’enfer

« Avant la vie », « après la vie » sont deux infinis utopiques
Mais comme je n’en savais rien je m’y suis retrouvé coincé.
Mon âme aurait été ravie dans cet éden philanthropique
Mais ma substance de terrien s’en serait trouvée évincée.
Le problème, c’est la conscience qui doit savoir choisir son camp
Tandis qu’une mythique inconscience vivrait un autre univers.
Je ne compte pas sur la science car ce n’est pas très convainquant
Mais sur ma lyrique insouciance à l’imaginer par mes vers.
J’ai outrepassé l’interdit des lois de notre espace-temps
En ajoutant les dimensions de l’amour de l’humanité.
« C’est impossible ! » On me l’a dit. Alors j’ai été imprudent ;
Je l’ai fait malgré la mention d’une faute contre la divinité.Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .
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L’enfer du réel

Mais si j’entrouvre une fenêtre sans protéger la nudité
De mon âme qui tergiverse, tous les démons de la science
Ne cherchent pas à reconnaître le pouvoir de l’absurdité
Et me consume en controverse pour me punir de l’inconscience.
Alors je m’entoure de vers et j’abandonne la raison ;
Je donne le pouvoir au cœur seul capable de m’épanouir.
Je crie à travers l’univers pour retourner à la maison
D’où est partie à contrecœur mon âme qui aspire à jouir.
Je ne crains pas le matériel, le temps qui passe et le néant,
Tout ce qu’on appelle réel mais qui n’est rien qu’une illusion
Car j’ai un réseau sensoriel qui fait de mon cœur un géant
Qui change ce monde cruel en nirvâna à profusion.Illustration Hans Arnold sur http:monsterbrains.blogspot.com202011hans-arnold-1925-2010.html .
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Automne
Mon petit Yavänor

👩🏻‍🦰 Laureline
Dans la clairière d’or et de cuivre, je t’élève, l’enfant de ma mère,
Yavänor, graine flamboyante que mes bébés ont accueillie.
De mon ventre roux tu vas suivre comme l’aube au bord de la mer,
Mes petites flammes clairvoyantes, qui envers toi sont recueillies.
👩🏻 Loreleï
Dans le ruisseau des songes azur je lave tes paupières closes,
Frère du vent, frère marin, je t’appelle dans un chant de pluie.
Que ton cœur soit dans la mesure et ton souffle un semeur de roses,
Que mon eau te garde serein et t’enseigne mon art de la nuit.
đź–¤ Lilith
Je suis la terre-matrice en or, je suis ta Maman, je t’enlace,
Dans mon humus, ton origine, et dans mon sang, germe ton nom.
Je t’appelle « petit Yavänor », ô ma lumière qui remplace
Mes cendres par nos propres racines et fait éclore mon renom !
✨ Ledal
Je suis Ledal, miroir mouvant, reine blonde au souffle d’aurore ;
Je reflète ton visage d’enfant avant même qu’il ne soit né.
Je t’appellerai « frère du vent », reflet du poète qui pérore
Que mes tableaux soient triomphants d’éternité simultanée.
Yavänor
Mon cœur et mon âme sont doubles ; Moi, votre roi, moi votre amant
Je suis enfant, frère et neveu de notre grande famille unie.
Si cette ubiquité me trouble, je sais déjà que ma maman
M’assure déjà que tous mes vœux ne seront jamais démunis.
Je t’aime davantage Laureline, tu es ma femme, tu es ma sœur ;
Je t’aime davantage Loreleï, je suis ton mari et ton frère ;
Et toi, Lilith qui dodeline, tu es mon féminin berceur ;
Quant à toi Ledal qui tressaille, tes vents et les miens sont confrères.
Et j’entre en communication d’ores et déjà avec les miens.
Avec Élysäé, Orélion et Laëtïtïa, dans la fratrie.
Avec Élyäna dont l’intention était d’être tous Lilithiens
Pour que nous nous réconciliions avec notre Sainte Matrie.Illustration de Ledal.
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Automne
L’Évangile des Quatre Flammes



Alors on voit une enfant-flamme descendre sur les quatre femmes ;
Flotter et bénir Loreleï à l’abdomen ovoïdal,
Puis, sur Laureline, elle proclame deux extraordinaires âmes,
Enfin la flamme de corail dansant au ventre de Ledal.
Sur leurs visages, tout en rousseur, l’enfant-flamme sur Loreleï halète
Et lui dévoile le mystère de Laëtïtïa, analysé :
« Ton ventre porte la douceur d’un enfant-miroir qui reflète
Le véritable caractère d’un cœur afin de l’apaiser ! »
De Laureline, elle sent la férule d’Élysäé et Orélion
Et sa petite voix pérore : « Bénie-sois tu, toi la première !
Dans ton ventre éblouissant brûlent deux astres au cœur de lion
Qui porteront comme l’aurore l’espoir, l’amour et la lumière ! »
Sur Ledal, elle nous époustouffle, Élyäna prend elle-même les devants
Et transparaît depuis le ventre comme une lueur qui lui échoie :
« Toi qui ignores encore ton souffle, tu m’enfantes comme fille-des-vents.
C’est moi qui, d’une voix de chantre, chanterai l’hymne de la joie ! »
Et l’enfant-flamme se précipite vers Lilith qui ouvre ses cuisses
Et la laisse pénétrer son sein, Temple du Féminin Sacré.
Son corps irradie et palpite et pour que toutes se réjouissent
D’un ventre également enceint ou brûle une flamme nacrée.
« Je porte en moi le messager ! » nous prophétise Lilith en transes.
« Il est l’esprit de Yavänor dont je serai procréatrice.
Ce petit ange passager saura nous défendre à outrance
Il veille, bénit et honore par sa présence révélatrice ! »
Alors les quatre femmes enceintes se rapprochent, les bras grands ouverts,
S’embrassent mutuellement et rient aux éclats toutes ensemble.
La Lune les déclare saintes et les étoiles sous le couvert
Du ciel, perpétuellement dignes du lien qui les rassemble.Illustrations de Ledal.
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Automne
Sortilège d’automne
« Jamais je n’ai eu pareil philtre ! » dit Laureline en rigolant.
Laureline en pleure de rire, Lilith est carrément à terre.
Et le phénomène s’infiltre ; on voit Ledal caracolant
Dans une danse qui vient nourrir cette folie communautaire.
Les voici qui se déshabillent pour faire une ronde soutenue
Qui va tournoyer tout autour d’un rond de sorcière naissant.
Toutes les quatre alors babillent, puis chantent Ă tue-tĂŞte, toutes nues,
S’embrassent en riant tout à tour de cet automne renaissant.
Renard et cerfs, chevreuils et daims accourent et s’asseyent alentour ;
Chouettes et pies, aigles et corbeaux se perchent sur les branches basses ;
Même les fées avec dédains viennent et se dérident à leur tour ;
Et la Lune hisse son flambeau et dans le ciel, un ange passe.
Laureline veut faire un feu de camp, Loreleï s’en va quérir de l’eau,
Lilith rassemble quelques pierres et Ledal attise les flammes.
Bientôt le foyer crépitant, toutes se remettre au boulot
Et d’y suspendre une soupière pour la suite de leur programme.
Champignons hallucinogènes, herbes et racines magiques
Dégagent alors un doux fumet, le velouté est cuit à point.
Les langues deviennent érogènes et tous les sens physiologiques
S’excitent comme une fumée qui flattent les quatre embonpoints.
Sous l’effet de l’excitation Élysäé et Orélion
Commencent alors à s’agiter et Laëtïtïa de le rejoindre.
Ledal sent des palpitations comme un drĂ´le de vent trublion
Qui la force à régurgiter un petit rot et non des moindres.
Laureline l’avait deviné, Loreleï et Lilith elles aussi :
Ledal, depuis la nuit dernière, a conçu une fille-des-vents.
Fille d’une plume pleuvinée trempé de quelques mots concis
D’un poète à sa jardinière pour enfanter un flux vivant.Illustration de Ledal.
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Automne
L’ouverture d’automne
Dans la forêt des songes roux, l’amour s’écoule en douce averse
Qui vient ruisseler à nos pieds en ruisseaux aux reflets dorés.
Ainsi le temps, d’un quart de roue, change la mode sans controverse
Pour la parure qui lui sied ; or, ambre, rouille et mordoré.
Or Laureline est reine d’automne par sa chevelure sacrée ;
En robe rousse de saison, la druidesse d’amour se réveille.
Toutes les plantes autochtones appellent aux émotions nacrées
De sa grossesse en couvaison et des ses deux enfants qui veillent.
Alors Lilith bénit la terre, après Loreleï bénira l’eau
Et puis Ledal, les courants d’airs qui feront demain les grands vents.
Et Laureline, volontaire, pose sa main dans un halo
Qui répand le feu légendaire dans le décor en s’y gravant.
Et la terre absorbe la flamme, l’eau se réchauffe doucement
Et l’air se charge d’étincelles ; les quatre éléments sont liés.
Toutes les quatre mêlent leurs âmes dans un feu d’éclaboussement
Qui retombe en pluie jouvencelle sur la nature défoliée.
Puis on entend la terre rire, puis on entend l’eau roucouler
Et puis on entend l’air chanter et ensemble dans un feu de joie.
L’automne alors prend un fou-rire, les oiseaux de caracouler
Et tout un manège enchanté de feuilles volantes rougeoie.
Aussitôt une contagion de jubilation s’éparpille ;
Ici les champignons rigolent et là les pommes se trémoussent,
Les glands se mettent au diapason, la tristesse d’hier se déshabille
Et, entièrement nue, dégringole dans une allégresse de mousse.
Racines et souches se tordent et les talus en touffes pouffent !
Les arbres sont tonitruants et leurs feuilles meurent de rire.
Toute la nature s’accorde ; on rit tellement qu’on s’étouffe
Par le miracle reconstituant de Laureline et son sourire.Illustration de Ledal.
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Baiser rosé à Paris
Baiser volé, baiser rosé, cueilli là à même tes lèvres
Une nuit où je voyageais en projetant mon égrégore.
Baiser hardi, baiser osé, audacieusement avec fièvre
Goûté tandis que je nageais pour que mon âme se revigore.
J’ai longtemps pris cette habitude de suivre les routes du cœur ;
Parcourir la carte du tendre à bord d’un véhicule astral.
Hors du temps et sa platitude, hors de l’espace alambiqueur
Qui m’empêchent de voir et entendre un coup de foudre magistral.
C’est sur ce balcon parisien que j’ai trouvé mon âme-sœur
Qui, attirée par ma présence, a ouvert la porte-fenêtre,
Cherchant un prince vénusien qui lui apporte quelques douceurs
Comme un baiser de complaisance porteur d’une aventure à naître.Tableau de Marco Barberio.
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Ma semaine etc.
Lundi, je m’envole ;
Mardi, je survole ;
Mercredi, je prends l’autocar.
Jeudi, l’escalier ;
Vendredi, faut rallier
Samedi à minuit moins l’quart.
Lundi, recommence ;
Mardi, ça avance ;
Mercredi, on me tire l’oreille.
Jeudi, j’en ai marre ;
Vendredi, je me marre ;
Samedi, c’est toujours pareil.
Lundi, c’est la chute ;
Mardi, la rechute ;
Mercredi, sept mois en enfer.
Jeudi, ça remonte ;
Vendredi, je surmonte ;
Samedi, une santé de fer.
Lundi, c’est l’éveil ;
Mardi, je m’réveille ;
Mercredi, j’ouvre le couvercle.
Jeudi, en avance ;
Vendredi, quelle chance ;
Samedi, j’ai quitté le cercle.
Lundi, par bravade ;
Mardi, je m’évade ;
Mercredi, vers d’autres pays ;
Jeudi, les montagnes ;
Vendredi, je bats la campagne ;
Samedi, je suis ébahi.
Lundi, c’est dimanche ;
Mardi, c’est dimanche ;
Mercredi, c’est toujours dimanche.
Jeudi, c’est dimanche ;
Vendredi c’est dimanche ;
Samedi, c’est toujours dimanche.Illustration d’Olga Siemaszko.
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Coiffures lumineuses




Les créateurs pourraient aller ailleurs, sans tambour ni trompette,
Se rhabiller quand sonne l’heure des vrais changements de saison.
Car on s’sait qui s’est installé, tranquille aux commandes des tempêtes,
Pour relâcher autant de leurres dans la nature sans raison.
La nuit tous les cheveux sont gris que les songes mettent en couleurs
Avec des fleurs d’intensité variable selon les rêves.
Parfois si le temps s’est aigri, ils laissent place aux cauchemars
Avec des peurs d’immensité fort heureusement assez brève.
Vers minuit sous la pleine Lune, les racines se développent
Créant une miscellanée de flammèche et mèches emmêlées.
Et si la nuit est opportune, de petits reflets interlopes
En feux follets instantanés brilleront d’un ciel constellé.
Déesse sage, Dame Minerve, reste maîtresse de nos tresses,
En aval des queues de cheval et en amont des beaux chignons.
Que le cuir chevelu s’innerve, les cheveux soient moins en détresse
Et que le culte minerval nous fasse paraître plus mignons.Tableaux de Hayk Shalunts.
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Coiffures de saison




L’hiver est doux comme un printemps qui retient encore ses flocons,
Les perce-neiges ne savent plus s’il faut percer ou s’ignorer
Et les coiffures en font autant en retombant sur les balcons
Des poitrines qui ont tant plu que les saints les ont honorés.
Le printemps cuit comme un été qui rôtit sous la canicule,
Les coquelicots hésitent encore à s’ouvrir ou se refermer
Et les coiffures viennent téter l’humidité qui s’accumule
Entre les replis sur le corps gorgés de sueur renfermée.
L’été pluvieux comme un automne qui se mélange les couleurs,
Les feuilles se tâtent pour tomber ou pour rester sous les feuillages
Et les coiffures monotones frisent sous l’effet d’enrouleurs
Tout autour des mèches bombées par cet humide maquillage.
L’automne est froid comme un hiver qui s’annonce un peu trop précoce,
Les champignons sous leurs bonnets de nuit ensemble se regardent,
Cheveux, chignons les plus divers, tresses et nattes se cabossent
Et les coiffeurs sont abonnés à une mode d’avant-garde.Tableaux de Hayk Shalunts.
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Laissez venir à moi tous les petits poissons !
Depuis que les verts le rabâchent, le réchauffement de la Terre
Fait fondre banquise et glaciers, engloutit plaines et vallées.
Le niveau monte sans relâche et d’après les documentaires,
Il faut que vous vous déplaciez sous peine d’être vite avalés.
Le seul inconvénient majeur à la montée des eaux fatales
Est la profusion de requins nés du fruit de l’adaptation.
Les poissons, au début rageurs, ont pris l’orientation létale
Envers le peuple américain d’après première constatation.
Puis ils ont pris goût à leurs femmes dont la peur relève la saveur.
Bonne nouvelle cependant, ils sont restés en Amérique
Car cette mutation infâme fut provoquée à la faveur
De leurs hamburgers prétendant devenir bouffe générique.Lara Zankoul photographiée par Asaf Hanuka de sur www.facebook.comlarazankoulphotography .
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La sirène géante
La première fois que je l’ai vue, sa taille m’a impressionné ;
Montagne dans la nuit sereine, de son plus haut sommet ardu.
Par cette rencontre imprévue, j’ai cherché à perfectionner
Ma connaissance des sirènes et mon goût des amours perdues.
Son chant montait sur la mer d’ombre parmi les rouleaux rugissants
D’une tempête irrésistible qui m’a jeté entre ses bras.
Elle m’attrapa de sa queue sombre, puis entre ses seins rougissants,
M’entraîna vers d’indescriptibles abysses où mon corps sombra.
Bien sûr, tout n’était qu’illusion et tout n’était que parodie ;
Sa queue n’était que pacotille et sa voix chantait en play-back.
J’ai connu la désillusion ; moi qui cherchais le paradis,
J’en ai la queue qui s’entortille la nuit dans mes rêves en flashback.Tableau de Kristina Gehrmann sur https:www.artstation.comkristinagehrmann .
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Madame Landru
Madame Landru tue ses amants pour leur voler leurs vĂŞtements.
D’abord elle séduit ces couillons, puis elle les cuit au court-bouillon
Après les avoir tous tondu afin que les crânes aient fondu.
Mais elle garde les pieds et les mains… Pourquoi ? Vous le saurez demain…
Après avoir passé la nuit à sécher sans le moindre ennui,
Elle les pendouille sur les toits – sans la tête, ils ont l’air pantois.
Le lendemain, de ses menottes, avec aiguilles, dés et pelotes,
Elle faufile leurs paluches au bout des manches en peluche.
Toujours vĂŞtue de robe blanche, elle les expose tous les dimanches
Et en profite pour repérer – c’est une artiste invétérée –
Ses prochains modèles à chérir qui seront chefs-d’œuvre à périr
D’une exécution prestigieuse par leur amante religieuse.Tableau de Hanna Silivonchyk.
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Le temple



Par le petit bouton nacré que depuis longtemps je contemple,
Je prononcerai le sésame pour ouvrir sa villosité.
Par la porte humide et sacrée, je pénétrerai dans ton temple
Et Dieu redeviendra la femme qu’ « Il » a d’ailleurs toujours été.
Je le prierai de tous ses seins en les oignant de mes baisers
Et puis je m’agenouillerai devant l’entrée du sanctuaire,
Devant le seuil du Saint des Saints jusqu’à ce que soit apaisée
Mon attirance énamourée aux allégresses somptuaires.
Il y a longtemps, Dieu était vierge. Je ne sais qui l’a fécondée…
« Sans doute », dirait Lapalisse, « qu’il devait être hermaphrodite… »
Moi, j’y planterai bien mon cierge d’une manière dévergondée
Non pas par esprit de malice mais pour goûter son eau bénite.Sculpture de Fidelma Massey sur http:www.fidelmamassey.combronzes .
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Blanche comme neige
Elle parait blanche comme neige si ce n’est le colt à la ceinture
Qu’elle prétend sa garantie pour obtenir satisfaction.
Expéditif comme manège mais efficace si d’aventure
Un mec, parmi ses apprentis, tentait de passer à l’action.
On l’appelle la contremaîtresse, appellation à double sens,
Car elle darde un œil sévère sur les ouvriers qu’elle estime.
Mais si l’un a la maladresse de ne pas réveiller ses sens,
Elle lui met son revolver direct sur ses parties intimes.Illustration de Moebius.
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Invitation au rĂŞve


Le chat, passeur du monde hypothétique, veille aux rêves de sa maîtresse ;
L’armoire, où il dort la journée, lui tient lieu de soute à bagages.
Par sa présence magnétique, sustentée de quelques caresses,
Le chat commence sa tournée dès l’effet du premier tangage.
Dès que le rêve a commencé, le chat surveille ses arrières ;
Il offre, au rĂŞveur, protection en lui laissant son libre arbitre.
Aux meilleurs songes romancés, il ouvre toutes les barrières ;
Face aux cauchemars, correction ! Par chance il a droit au chapitre.Illustrations de Heikala.
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La chimère rousse
Cheveux de feu et de flammèches qui ondulent selon l’air du temps ;
Yeux bleu turquoise ou bleu marine selon qui elle veut envoûter ;
Visage tendre, un peu pimbĂŞche – mais est-ce vraiment important ? ;
Bouche au parfum de nectarine, je le sais car elle m’a goûté.
Cheveux au vent, poitrine à l’air, elle aime se croire un oiseau ;
Oiseau sans pelage ni plume mais qui sait voler un baiser.
Lorsque sa croupe populaire couve ma verge dans les roseaux,
Elle la fait doubler de volume pour s’en nourrir et l’embraser.Tableau de Neil Gaiman.
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En quelle langue ?


Bravo aux glandes salivaires qui activent une production
Qui remplirait une piscine durant toute une vie entière !
Quel esclavage et quel calvaire sollicitent l’humectation,
Le lèche-bottes, lèche-vitrines ou lèche-cul à la postière !
Petite langue mais costaude et mĂŞme le muscle le plus puissant,
Organe spécialiste du goût qui favorise la digestion.
Mais elle se montre plus finaude – et c’en est mĂŞme attendrissant –
En conjuguant les baisers doux, summum de l’autosuggestion.Sculptures de Paolo Del Toro.
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Rêves emportés par le vent
Dans toutes ces feuilles volantes, l’automne écrit ses beaux romans
Que je lis en suivant le vent comme un feuilleton de saison.
J’en dévore les belles amantes, nues sur leurs limbes en slalomant
Entre les souffles se poursuivant depuis le seuil de ma maison.Tableau de Sandro Del-Prete.
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Sous l’horloge cosmique
Vue du dessous, la grande horloge impressionne nos petits instants
Qui durent le temps d’un soupir et nos vies, juste un battement.
Parfois en rêve, je déroge à la mécanique du temps
Quand l’ange passe s’assoupir dans ma main, délicatement.Plafond de la salle de musique de la Villa Stuck à Munich peint par Franz von Stuck.
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L’antirouille
Dans l’industrie alimentaire qu’on voit régner en occident,
Les réserves excédentaires réclament des antioxydants.
Bonne nouvelle cette automne ! La rouille se couvre de vers
Et les denrées en kilotonnes se conserveront tout l’hiver.Usine alimentaire américaine d’Armour Meat à New York dont les produits sont assurément ferrugineux.
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Les voyages rouillés
Les années à toute berzingue ont tant usé le temps qui passe
Qu’elles ont déposé de profondes cicatrices au charme ferrique.
J’en veux pour preuve ces carlingues qui sillonnaient les grands espaces
Et qui aujourd’hui se morfondent de leurs vieux rĂŞves d’AmĂ©rique.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’amour dévoilé
Au premier dimanche d’automne, dernier dimanche de septembre,
L’été a semé ses adieux pour des rendez-vous ultérieurs.
Fuyant les journées monotones, elle reprend la route du tendre
Ă€ guetter l’amour radieux en dĂ©voilant son postĂ©rieur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Voile rouge, voile vert


Quand l’amour attend au feu rouge, tous les sentiments sont bâchés
Derrière un voile de fierté mais aussi de timidité.
On a peur de tout ce qui bouge, on a peur des démons cachés
Qui offriraient la liberté à un peu de féminité.
Quand l’amour atteint le feu vert, tous les sentiments sont lâchés ;
Les beaux regards trouent la frontière des protections et des huis clos.
Le cœur et l’esprit persévèrent à s’échapper pour s’attacher
À passer une vie entière à oublier tous ses sanglots.Tableaux de Rahaf DK Albab et de Belal Khaled.
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Les feuilles de la mémoire
Les feuilles aux mémoires oubliées laissent s’envoler leurs images
Sous les coups des vents nostalgiques de l’automne du grand sommeil.
Mais seront demain publiées pour créer de nouveaux ramages
À l’arbre généalogique, toujours dressé vers le soleil.Tableau de Ronnie Biccard.
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Les marches de la connaissance
Les marches de la connaissance sont parfois faciles Ă descendre,
Parfois difficiles à monter pour forger la docilité.
Les traditions, dès la naissance, qui m’ont formaté à apprendre
M’ont enseignĂ© Ă surmonter le choix de la facilitĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Pendant ce temps
Pendant ce temps, notre trouvère a été nommé capitaine
D’un bateau libre sur un air qui n’avait jamais navigué.
Gageons qu’il rencontre un trou vert dans une mer napolitaine
Dont les prouesses culinaires ne se sont jamais fatiguĂ©es.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’été zinzin
À tous les heureux qui sont nés en ce jour de l’été zinzin,
Je vous offre mille couleurs que la nature nous propose.
Les cloches ont un peu trop sonné et ont réveillé les voisins
Mais c’est sympa et sans douleur de prendre le temps d’une pause.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Petites fleurs d’automne
Tandis que les feuilles s’envolent en cortèges tourbillonnants,
Les pleureuses sont rassemblées pour la cérémonie d’adieu.
Petites fleurs toutes bénévoles pour un hommage rayonnant
Qui brille au cĹ“ur de l’assemblĂ©e guidĂ© par un soleil radieux.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Tous les livres sont dans la nature
Tous les livres sont dans la nature
Tous les bons romans d’aventure
Des forĂŞts de bonne facture
Et des mers de littĂ©rature.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ah ! Ces filles narquoises
Bienvenue aux mille couleurs pour gentilshommes de fortune !
Un ciel d’azur sur mer turquoise, un soleil d’or dans les foyers !
Venez reposer vos douleurs, oublier toutes vos infortunes,
Oublier ces filles narquoises qui vous ont crĂ»ment rudoyĂ©s.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Tourbillons
Tourbillon en plein ciel
Feux d’amour sur les tempes
Une onde d’arc-en-ciel
Veux-tu voir mes estampes ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La vague de soleil
Tout silencieusement, tandis que s’enfuit l’ombre,
La vague de soleil fait onduler les monts.
Ces courants de flots d’or, jouent avec la pénombre,
Ensemencent la terre et font fuir les dĂ©mons.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Plus proche de la lumière
Plus je me rapproche de la sainte lumière
Et plus je me dois de redoubler d’attention.
Plus je monte et plus je rejette la poussière
Et plus je dois bien maĂ®triser mes intentions.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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En route vers les cieux
En suivant la route qui monte, le ciel est de plus en plus clair.
Ensemble, nous gravissons la pente, plus rien ne peut nous arriver !
En posant les pieds sur le sol, à la vitesse de l’éclair,
Nous sommes de plus en plus forts, rien ne nous fera chavirer !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le miracle de la pĂŞche
Pourquoi le pêcheur pêche-t-il donc du poisson ?
Le premier jour, le pĂŞcheur apprend Ă pĂŞcher,
Le lendemain, le poisson apprend à s’échapper
Et le surlendemain, continuent la leçon.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ténèbres en haut, lumière en bas
Quelquefois, tout est à l’envers ; quelquefois, tout va de travers.
Le paradis bascule en bas et l’enfer dégringole en haut.
Vos traditions sont bousculées, votre vie vous semble un calvaire
Mais il faut savoir accepter de renoncer aux idéaux.
Si la volonté de changer est devenue priorité,
Il faut apprendre et écouter et lâcher prise à l’apathie.
Il vous faut croire à l’impossible, transformer la réalité,
Changer vos mĂ©thodes de pensĂ©e, demander sa vie rebâtie.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’amour motive
C’est le fou, dit « loco », qui part à la rencontre.
Il a confiance en lui et suit son intuition.
Là -bas, il va trouver, à l’heure de sa montre,
Sa belle locomotive et ses bonnes intentions.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ouvrez grand la cage aux humains
Il n’y a pas de cage, il n’y a pas de porte,
Il n’y a pas de gardien, il n’y a pas de règle.
Osez la liberté, osez quitter l’escorte,
Osez votre intention, osez faire l’espiègle !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mille Marseilles
Dans leurs couleurs de pastels, blanches et azur alternées,
Les ruelles jouent de l’ombre et de rayons contrastés,
Puis se baignent de reflets des vaguelettes internées
Dans l’Hôtel-Dieu du Vieux-Port dans un Mistral dévasté.
De rues chaudes et de rues froides aux quartiers dépareillés,
Des montées et des descentes comme des vagues mouvantes,
Le paysage est planté dans la baie ensommeillée,
Surveillé par la Bonne-Mère toujours fière et bienveillante.
C’est la ville bleue d’azur, accordée au bruit de l’onde.
Maisons aux façades blanches qui explosent dans l’écume.
Ici les bleus sont légions et ils observent le monde
Qui apporte ses couleurs que délave l’amertume.
Ce creuset d’humanité aux milles sangs mélangés ;
Les étrangers provisoires, les voyageurs de passage ;
Certains y prennent racine, d’autres s’y sont arrangés,
Leur cœur resté au pays, leur corps en affranchissage.
Mille voix dans les ruelles, mille yeux sont à l’affût.
Mille oreilles vous écoutent, mille mains pour vous nourrir.
C’est la ville aux mille bras, la ville aux mille raffuts.
C’est la ville aux mille vies ; il faut la voir, puis mourir.Tableau de Fabienne Barbier
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L’Ordre Bouddha
D’abord, Bouddha, c’est l’incompétence inconsciente ;
Au tout début, il ne sait pas qu’il ne sait pas.
Après, Bouddha, c’est l’incompétence consciente ;
Après, ses yeux s’ouvrent et sait qu’il ne sait pas.
Ensuite, Bouddha, c’est la compétence consciente ;
Ensuite, ses oreilles s’ouvrent et là , il sait qu’il sait.
Enfin, Bouddha, c’est la compétence inconsciente ;
Enfin, il sait et tout arrive Ă ses souhaits.
Des yeux très différents balancent sa vision.
Le droit pour ses pensées, le gauche pour ses actions.
Des oreilles différentes pour sa bonne audition.
La droite pour entendre, la gauche pour l’attraction.
Son nez est de travers, un précieux balancier.
La bouche est déformée pour mieux apprécier.
Le front est arrondi d’esprit quintessencié.
Le menton accordé à l’écho nourricier.
Bouddha, les yeux fermés, tournés vers ses désirs.
Bouddha, les yeux ouverts, pour accomplir ses ordres.
Bouddha à l’intérieur, pour rêver ses plaisirs.
Bouddha à l’extérieur, pour l’amour du désordre.Tableau de Fabienne Barbier