Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Miss Marque-page

    Miss Marque-page

    J’ai passé une petite annonce : « recherche femme marque-page » ;
    Une candidate est venue avec de bonnes références.
    Avant que je ne me prononce, elle m’a proposé le marquage
    De tous les livres retenus dont j’avais une préférence.

    Elle a fait un drôle de ménage ouvrant tous les livres à la fois,
    Tirant les marges poussiéreuses et secouant les couvertures.
    Comme on a presque le même âge, elle m’a déclaré sa foi
    Envers les histoires mystérieuses et les étranges aventures.

    Soudain, tous les livres ont pris vie et les pages redevenues murs
    Se sont étendues tout autour créant une maison de maître.
    Elle a écarté à l’envi les pages de son empaumure,
    Dévoilant les nouveaux contours désormais de mon périmètre.

    Alors chaque volume en vélin devient une porte-fenêtre,
    Chaque ligne un chemin défait, chaque mot un nouveau rivage.
    Et l’amour du lecteur malin, qui a peine à se reconnaître,
    Se glisse entre ses doigts de fées avec un bien-être sauvage.

    L’univers Pop de Chema Perona qui visite Beat Wines sur https:entomelloso.com2022tomellosoel-universo-pop-de-chema-perona-visita-beat-wines430062

    
    
    
  • Labyrinthe inversé

    Labyrinthe inversé

    La princesse des conques ferme son labyrinthe
    Par une porte étroite en forme de spirale.
    Elle défie quiconque d’en retrouver l’empreinte
    D’une manière adroite dans l’ombre vespérale.

    Mais voici qu’au matin un rayon pâle révèle
    La sortie du dédale qui devient accessible.
    En robe de satin, déçue, elle renouvelle
    La pose d’une dalle à l’accès impossible.

    Trouver la solution paraît pourtant facile
    Aux mathématiciens qui en ont la ferveur.
    Or la résolution n’est pas si difficile
    Pas plus aux béotiens qu’aux poètes rêveurs.

    Mais qui croit dérouler la spirale enroulée
    Verra le temps passer du futur au passé.
    Si bien qu’au bout du compte bien avant le décompte
    Il redevient fœtus et obtient son quitus…

    Et si l’on s’abandonne aux détours de l’abîme,
    Chaque cercle devient un miroir sidéral.
    On renaît, on s’éteint, dans l’infini sublime,
    Perle au creux de la conque, écrin rituel astral.

    Illustration d’Ekubo.

    
    
    
  • Histoires de perles noires

    Pêcheur insatiable en perles naturelles
    Je deviens plus intense et bien plus passionné.
    Je vais à la rencontre des fonds surnaturels
    Où chantent les plus belles d’un chant ovationné :

    « Je suis ta perle noire, et tu es mon abîme.
    Je m’ouvre sous ta lame, sans jamais m’attendrir.
    Je pulse dans tes nerfs, je rugis dans tes rimes,
    Et je grave ton nom dans mes moires à mourir.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton désir,
    Mais samedi, je viens, incendiaire et farouche.
    Je te prends, je te mords, je t’arrache un soupir,
    Et je fais de ton cri le bijou dans ma bouche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

    
    
    
  • Histoires de perles blanches

    Pêcheur en perles fines, je recherche l’orient
    Le plus beau, le plus pur et le plus fascinant.
    Plongeant toujours plus loin en les répertoriant
    J’ai entendu leur voix comme un cri lancinant :

    « Je suis ta perle douce, et tu es mon écrin,
    Tu m’ouvres chaque jour sans jamais me ternir.
    Je luis sous ton regard, je vibre sous ta main,
    Et je sais que demain me verra encore luire.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton amour,
    Mais samedi, je sais, j’aurai des ailes blanches ;
    Et je viendrai à toi – nue, féline, toujours –
    Dans le lit des sommets où ton âme se penche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

    
    
    
  • Quand les Dieux romains faisaient l’amour

    Les romains m’appellent Jupiter et toi, Lilith, tu es Junon ;
    Laureline se nomme Vénus et Loreleï, nommément Minerve.
    Pour nos enfants identitaires, chacun y trouvera son nom
    Parmi les dieux et les bonus qu’ils leur accordent sans réserve.

    Élysäé est donc Cérès, Orélion plutôt Apollon ;
    Laëtïtïa s’appelle Diane et tous naîtront dès le printemps.
    Nous aurons droit au palmarès de Yavänor notre étalon
    Au patronyme assez idoine puisqu’il est Mars par tous les temps.

    Oui, j’ai le don d’ubiquité et suis plusieurs dieux à la fois
    Comme Lilith, comme Laureline et comme Loreleï également.
    Cela permet une infinité de positions qui nous échoient
    Et des montées d’adrénaline pour s’aimer idéalement.

    Quand elles veulent que je sois Hercule, je frémis sous l’appellation
    Car d’inépuisables travaux vont m’occuper un bout de temps.
    Selon leurs choix, je les encule ou elles me font une fellation ;
    Une fois fini, c’est à nouveau une autre tâche qui m’attend.

    Ce sont la vertu, le courage, la force morale et la bravoure,
    Vertus cardinales et romaines, avec justice et la prudence,
    Qui font plus que force ni que rage, les qualités que je savoure,
    Les véritables valeurs humaines qui font encore jurisprudence.

    La loi et l’ordre existent encore comme héritage juridique
    Qui reflète le pragmatisme des systèmes gouvernementaux.
    La discipline, le soin du corps restent des notions véridiques
    Nonobstant le démocratisme absent de leurs fondamentaux.

    Grands ingénieurs et bâtisseurs, leurs constructions toujours solides
    Nous ont donné l’architecture, les aqueducs et l’art des routes.
    Fors leur côté envahisseur mais qui toutefois consolide
    Un empire plein de conjectures qui nous mettent encore en déroute.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Quand les Dieux grecs faisaient l’amour

    Les Hellènes m’appellent Zeus et toi, Lilith, tu es Héra ;
    Laureline se nomme donc Aphrodite et Loreleï s’appelle Athéna.
    Nos enfants, brillants comme ceusses qui recevront une belle aura
    Leurs noms viendront à l’heure dite bâtir un nouveau nirvana.

    Élysäé est Demeter, Orélion plutôt Apollon ;
    Laëtïtïa s’appelle Artémis et tous naîtront dès le printemps.
    Nous aurons alors sur les terres de Yavänor notre étalon
    Un nouveau Dieu in extremis qui est Arès par tous les temps.

    Si j’ai le don d’ubiquité je reste lié à Loreleï
    Que je sois Zeus ou bien Arès mon phallus lui appartiendra.
    Et pendant une infinité de renaissances dans l’ÏÄMOURÏÄ,
    Elle ajoutera à son palmarès celui des deux qui conviendra.

    Si je dois être son Héraclès, je frémis sous l’appellation
    Car de son cul ou de sa bouche, les travaux sont herculéens.
    Selon son choix ce sont ses fesses ou une énième fellation
    Et pour rajouter une couche j’en deviens presque œdipéen.

    Je me sens plutôt philosophe, proche d’Aristote et Socrate ;
    Je me sens mathématicien, proche d’Euclide et Pythagore.
    Platon était-il théosophe avec ses mythes démocrates ?
    Thalès était-il magicien parmi ses nombreux égrégores ?

    Je pense que la démocratie écrase les minorités
    Mais leur apport pour l’épopée et le théâtre m’ont inspiré.
    Et toutes leurs péripéties ont été en majorité
    Les précurseurs à coups d’épées de l’Histoire depuis l’Empyrée.

    Si Hippocrate m’était conté j’accomplirais tous les prodiges
    Que la médecine moderne promet en tous lieux habités
    Et Archimède nous a dompté la physique du même prestige
    Que Diogène et sa lanterne à la recherche de probité.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Quand tout va à vau-l’eau

    Quand tout va à vau-l'eau

    Marianne au pot-au-lait cassé voit tous ses espoirs renversés.
    Adieu les vaches et les cochons, adieu retraites complémentaires !
    Comment cela s’est-il passé malgré tous les rêves versés
    Dans l’assurance dont le bouchon était prédit sacramentaire ?

    Pourtant tant va la cruche à l’eau qu’il est normal qu’elle se casse !
    Faire provision de prévisions et présomption de prétentions
    Nous a entrainés à vau-l’eau jusqu’à fendre la carapace,
    Par le miroir aux illusions, d’une république sous tension.

    À défaut d’s’en laver les mains, elle pourra prendre un bain de pied ;
    D’un bain de lait, un bain de boue et toutes sortes d’analogies.
    Mais elle recommencera demain d’autres projets comme il lui sied ;
    Bon pied, bon œil, toujours debout pour jouer dans la démagogie.

    Tableau de Pablo Amorsolo.

    
    
    
  • Ils croiront même être sauvés !

    Ils croiront même être sauvés !

    « Il n’y aura plus jamais de guerre, plus jamais ne coulera le sang ! »
    Ont dit à la Libération les pays membres de l’OTAN.
    Pourtant depuis il n’y a guère de jours qui ne s’écoulent sans
    Conflits et exaspérations entre-z-états omnipotents.

    On crée l’ennemi invisible qu’on ne pourra jamais nommer
    Répandant des épidémies parmi les jeunes et les anciens
    Qui ont peur d’un imprévisible virus que l’on craint d’assumer
    Comme une Saint-Barthélemy où seul Dieu connaîtrait les siens.

    L’état promet de vacciner ces maladies conjoncturelles ;
    Il nous inocule un produit qui nous délivre un droit d’accès
    Mais c’est pour mieux assassiner nos propres défenses naturelles
    Et préparer dès aujourd’hui un nouvel ordre avec succès.

    Heureux qui arbore bien en vue son précieux passe sanitaire !
    Heureux qui veut sa liberté d’aller là où on le conduit !
    Heureux qui craint les imprévus de l’avenir humanitaire !
    Honnis soient ceux qui ont déserté le nouvel esclavage induit !

    Illustration de Maxime Mo.

    
    
    
  • Labyrinthorâma

    Labyrinthorâma

    Le labyrinthe des neurones, particulièrement complexe,
    Abrite en son sein un esprit dont l’âme erre entre ses couloirs.
    Âme qui devient forgeronne à forger ses pensées perplexes
    Selon tout ce qu’elle a appris inconsciemment sans le vouloir.

    Patatras ! En cas d’accident d’une longueur bouleversante,
    Les murs s’effondrent sous le choc et se rassemblent peu à peu.
    Mais la structure en s’oxydant a pris de façon renversante
    De nouveaux plans où s’entrechoque un esprit qui fait ce qu’il peut.

    J’ai connu ce bouleversement après mes sept mois d’hôpital ;
    Je n’ai plus vraiment reconnu toutes mes anciennes connaissances.
    J’ai subi le renversement de ce qu’était mon capital
    Et dont sa valeur méconnue semblait d’une nouvelle essence.

    Tableau de « Thésée et le Minotaure » de Sterling Hundley.

    
    
    
  • Tunnel d’amour

    Le Tunnel d’amour est ouvert pour un temps indéterminé ;
    Certains le traversent d’un trait et d’autres, hélas, tombent en panne.
    Le jour où je l’ai découvert, j’en ai été contaminé ;
    En effet, plus j’y pénétrais, plus j’en acquérais l’art idoine.

    Le Tunnel d’amour qui traverse les terres de la carte du tendre
    Vous permet d’atteindre l’orgasme avec hourras enjolivés.
    Seulement pour jouir de converse – pour ceux qui voudraient y prétendre –
    Il faut continuer le fantasme jusqu’au terminal d’arrivée.

    Tableau de Mark Henson.

    
    
    
  • L’imagination galopante

    L’imagination galopante

    De l’uniformité du vide jaillit mon imagination
    Comme une envie de galoper au-delà de mon horizon.
    Besoin de carburant avide qui nourrit le cœur de passion,
    Une soif de développer les ouvertures de ma prison.

    Le libre arbitre prétendu est borné par les jeux de rôles
    Que chacun emploie dans le monde en croyant décider sa vie.
    Le mien m’apparaît étendu à une histoire sans parole
    Où la confiance aveugle inonde tous ceux qui sont du même avis.

    Je donne un sens à chaque objet, chaque image raconte une fable,
    Mes jouets deviennent des portes où disparaissent mes éléphants.
    Je suis le verbe et le sujet, le complément indispensable,
    Qui conjugue ce que je transporte du néant vers mon cœur d’enfant.

    Tableau de Rafał Olbiński sur https:www.personalart.plrafal-olbinski?page=8 .

    
    
    
  • Les semeurs de lumière

    Tout en lumière et en couleurs autour du feu de la Saint-Jean,
    De jeunes vierges vont accueillir l’esprit du mâle des forêts.
    On oublie peines et douleurs, ses soucis les plus astringents
    Et on va toutes se recueillir sous la pleine Lune dorée.

    Lorsqu’arrive l’esprit du mâle, les filles intensifient leur danse
    Les garçons entrent dans la ronde qui tourne de plus en plus vite.
    Alors le côté animal plonge tous les couples en transe ;
    Les femmes deviennent fécondes et lancent aux hommes des invites.

    Illustrations de Lavestalu et de Pablo Picasso.

    
    
    
  • À la mode des tournesols

    À la mode des tournesols

    Les coquelicots cèdent la place au tournesols, chacun son tour.
    La grande horloge de la nature orchestre les fleurs à la mode.
    La Terre effectue en surplace l’essayage de ses beaux atours
    Qui défilent en villégiature dont ses habitants s’accommodent.

    Selon les humeurs du printemps, les roses ajustent leurs épines ;
    Selon les caprices de l’été, s’effeuilleront les marguerites ;
    Selon l’ardeur du vent d’autan, s’inclineront les aubépines
    Et selon l’automne annotée, sortent les colchiques favorites.

    Tableau d’Iris Scott.

    
    
    
  • La pierre des dieux

    Les civilisations anciennes n’ont laissé que peu de vestiges
    À part un tas de pyramides disséminées sur la planète.
    Laïques, divines ou païennes, leur nombre donne le vertige
    Avec leurs, austères ou morbides, miscellanées de devinettes.

    Peut-être l’une d’elles abrite un Alien en hibernation
    Qui attend son explorateur comme la Belle-au-Bois-Dormant.
    Quand l’un d’eux verra que s’effrite sa pierre avec consternation,
    Souhaitons que son profanateur se révèle un prince charmant.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • À l’encre d’un garçon

    À l’encre d’un garçon

    Un peu, beaucoup, passionnément, longtemps après l’avoir aimé,
    Elle conserve son empreinte sur son corps tout érotisé.
    Elle en apprécie l’agrément par les énergies essaimées
    Qui rayonnent dans les étreintes sur ses organes hypnotisés.

    Ainsi l’amour s’est imprimé comme sur une pellicule
    Qu’elle n’a plus qu’à rembobiner pour en revivre chaque moment.
    Mais elle prépare son périnée à accueillir les testicules
    Pour leur semence inopinée qui fera d’elle une maman.

    Tableau de Javier Vallhonrat.

    
    
    
  • À son image

    Que Dieu créât à son image une Ève admirable et parfaite,
    Me prête à penser qu’il est Femme, Éternelle et Immaculée.
    Sa création serait l’hommage devant la Terre stupéfaite
    D’offrir à la première dame un paradis miraculé.

    Alors Ève devint son disciple et commença à l’imiter
    Mais elle créa à sa réplique une Lilith mal embouchée.
    Une succession de périples aurait finalement limité
    Un compromis qui nous explique qu’Adam fut dur à accoucher.

    Tableaux de Lisa Brice.

    
    
    
  • Échecs à la ronde

    Échecs à la ronde

    Contrairement à la marelle qui vous emmène au paradis,
    Aux échecs, fatidiquement, un roi se retrouve en enfer.
    Grâce au recours d’une passerelle qui ne lui coûte pas un radis,
    Sa reine saura logiquement comment opérer son transfert.

    Tableau de Michael Cheval.

    
    
    
  • Derrière le miroir de l’âme -2

    Derrière le miroir de l’âme -2

    Dans une autre dimension, hors du temps et de l’espace,
    Hors du réseau de matière qui représente mon corps,
    J’échappe à la détention, mon âme retrouve sa place
    Vers l’étoile tout entière d’où sonne le divin accord.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • Nature future

    Nature future

    Bientôt on construira des arbres à partir de bouts de maisons
    Et des terres stérilisées par notre surconsommation.
    Les vieilles cheminées de marbre fumeront en toutes saisons
    Les souvenirs fossilisés de notre mondialisation.

    Tableau de Vladimir Kush.

    
    
    
  • La fille à la fenêtre

    La fille à la fenêtre

    La fille à la fenêtre désirait adorer,
    De ses amours fécondes, un charmant capitaine.
    Depuis elle a vu naître des enfants colorés
    Venus du bout du monde et des terres lointaines.

    Tableau de Salvador Dali.

    
    
    
  • Le solfège de la nature

    Le solfège de la nature

    La pluie entame l’ouverture, à coups de tambours de tonnerre
    Qui rythment le soulèvement pour l’été d’un dernier concert.
    Le solfège de la nature donne aux musiciens débonnaires
    Les quatre temps du mouvement : gémeaux, lions, vierges et cancers.

    Tableau de Marlina Vera.

    
    
    
  • Le quatuor des quatre saisons

    Le quatuor des quatre saisons

    L’hiver à la voix cristalline souffle et me bise à tous les vents ;
    Le printemps au timbre léger fait mon cœur mouiller d’une larme ;
    L’été, chansons chaudes et câlines, fondent en ma bouche en salivant ;
    L’automne et son chant voltigé me déshabillent de leurs charmes.

    Ô quatuor indémodable, troubadours des quatre saisons,
    Vous savez comment alterner danses frivoles, transes exotiques.
    Vos rythmes aux tempos formidables m’envoûtent plus que de raison
    En laissant mon cœur gouverner quand le temps se veut érotique.

    Tableau de Marlina Vera.

    
    
    
  • Les couleurs de Vénus

    Les couleurs de Vénus

    Des robes couleurs de soleil pour danser sous l’été indien ;
    Couleur de pluie, couleur du vent, pour parader dans la nature.
    Vénus se pare de merveilles et de plumages amérindiens
    Dont un éventail prévenant tout écart de température.

    Tableau « Lady with fan » de Gustav Klimt.

    
    
    
  • Vaguelettes du temps

    Vaguelettes du temps

    Le temps s’en va en vaguelettes dans la lumière et la pénombre
    Et s’amuse avec le soleil à caresser les jolies filles.
    L’été révèle les starlettes, l’automne les plonge dans l’ombre,
    L’hiver les recouvre en sommeil et le printemps les déshabille.

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  • Strip-tease d’automne

    Strip-tease d’automne

    Sous l’assaut du temps des amants, voici les passions de l’automne ;
    La pluie folâtre avec le vent et leur extase les transporte.
    Leurs amours soufflent violemment des rafales qui déboutonnent
    Les branches nues en soulevant un strip-tease de feuilles mortes.

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  • L’instantané

    L’instantané

    J’aime jouer au photographe et saisir un instantané
    Du soleil à peine levé par l’objectif entre ces arches.
    Je vois ses rayons calligraphes signer, fébriles et spontanés,
    Ces quelques lignes enlevées l’une après l’autre sous les marches.

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  • Les enfants du soleil

    Les enfants du soleil

    Tous les fils du soleil se dressent étincelants
    Quand leur père paraît en héros triomphant.
    C’est l’heure de l’éveil, comme un feu déferlant
    Qui se propagerait sur ses milliers d’enfants.

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  • Au-dessus des nuages – 4

    Au-dessus des nuages

    Des nuages à perte de vue comme si la montée des eaux
    Coupait le monde en parité pour le meilleur et pour le pire.
    Je serais pris au dépourvu, tremblant de peur dans les réseaux,
    D’avoir cru dire la vérité mais n’avoir écrit qu’un soupir.

    « Je tremble toujours de n’avoir écrit qu’un soupir, quand je crois avoir noté une vérité. » — Stendhal

    
    
    
  • Plus il y a de marches

    Plus il y a de marches

    Plus il y aura de marches, plus le chemin sera long,
    Plus je serai pénétrant du chemin à parcourir.
    Plus je deviens patriarche, plus je deviens étalon,
    Plus je deviens l’impétrant qui ne doit jamais mourir.

    Impétrant : personne qui a obtenu d’une autorité compétente un titre qu’elle avait demandé officiellement. Tous ceux qui ont obtenu le baccalauréat ont connu « La signature de l’impétrant ».

    
    
    
  • Quand une girafe aime une girafe

    Quand une girafe aime une girafe

    Quand une girafe aime une girafe, ils se font des bises dans le cou
    Bien lentement en remontant, sans chuchoter, ils sont muets.
    Ces préliminaires topographes sont amusants, un peu, beaucoup.
    Surtout qu’ils durent très longtemps dans un immense menuet !

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  • Le girafon

    Le girafon

    Petit comme un carafon, attendrissant comme un faon,
    C’est le petit girafon, de la girafe l’enfant.
    Il faudra bien qu’il grandisse au sortir de la matrice
    Pour que ce petit novice puisse téter sa nourrice.

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  • Une année, une fleur

    Une année, une fleur

    Et c’est ainsi que chaque année je m’en allais faire la collecte
    D’une nouvelle fleur sauvage que j’ajoutais à ton bouquet.
    Et cette année, c’est spontané, j’en ai des trouvé des circonspectes
    Pour t’aider à faire des ravages avec tes yeux toujours coquets.

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  • Le grand jaune

    Le grand jaune

    Voici mon rêve le plus fou : baigner mon corps dans le grand jaune !
    Respirer l’or à pleins poumons, bercer mon cœur de sable blond !
    Boire cet ocre, tout mon soûl, enivrer mon âme amazone
    Et immerger tous mes démons pour les noyer dans les houblons.

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  • L’homo lavage

    L’homo lavage

    Pour laver l’homme de couleur, c’est un programme délicat :
    D’abord l’asperger à grands seaux pour bien humidifier sa peau.
    Pour l’homme blanc, n’ayez pas peur de lui donner de l’arnica
    S’il se débat dans un sursaut et s’il coasse comme un crapaud.

    Pour les chinois, je ne sais pas, peut-être faut-il les dérider,
    Peut-être une chinoiserie entre les deux gros doigts de pied ?
    Pour l’africain, le plus sympa, c’est d’y aller, bien décidé,
    Bien franc mais sans sauvagerie, de la part de son équipier.

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  • La ballerine de Monsieur Seguin

    La ballerine de Monsieur Seguin

    « Je veux danser sur la montagne ! » dit-elle au bon Monsieur Seguin.
    « Malheureuse, il y a le loup et personne n’en est revenu ! »
    Dit le brave homme à sa compagne dont il confessait le béguin.
    Et comme il était très jaloux, crac, il l’a mise en retenue.

    Mais la chatière était ouverte et la danseuse en profita
    Pour prendre la poudre d’escampette bien avant qu’il ne se réveille.
    La montagne était recouverte de nuages sur son habitat ;
    Elle courut à toutes gambettes au-dessus pour voir le soleil.

    Heureusement, le loup n’est pas insensible à un petit ballet !
    Il la dévora de ses yeux tandis qu’elle dansait sur les monts.
    Et la belle montra ses appâts, et la bête fut emballée,
    Et les voilà, tous deux joyeux, goûter du midi le démon.

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  • La caresse des yeux

    La caresse des yeux

    Quand je la vois ainsi, je la touche des yeux,
    Mon regard la caresse, lui effleure la peau
    Puis, masse ses seins si sensibles et gracieux.
    Ce n’est pas par paresse mais par goût de l’appeau.

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  • Les pieds dans l’or

    Les pieds dans l’or

    Debout dans le présent d’une vie de richesse,
    Qu’il est bon de goûter tous les poissons d’argent
    Qui vont érotisant le cœur avec tendresse,
    Jusqu’à vous envoûter d’un amour émergeant !

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  • Avez-vous vu mon nouveau chapeau ?

    Avez-vous vu mon nouveau chapeau ?

    C’est le plus beau chapeau que je n’ai jamais porté !
    J’ai le cœur reconnu et la peau hydratée.
    Et le plus beau cadeau que ça m’a apporté
    C’est qu’il faut être nu, mais ça me fait gratter !

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  • Donne-moi le La

    Donne-moi le La

    Donne-moi donc le La de l’amour intensif !
    Donne-moi donc le La à l’écho de ton corps !
    Donne-moi donc le La de l’esprit inventif !
    Donne-moi donc le La de ton âme en accord !

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  • L’âme-papillon

    L’âme-papillon

    Avez-vous déjà vu le réseau de mes âmes ?
    Il est parfois visible selon la vibration
    Comme des papillons attirés par la flamme
    Toutes mes entités font mon inspiration.

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  • Mon cœur est à tiroirs

    Mon cœur est à tiroirs

    Mon cœur est à tiroirs et pour toutes les tailles :
    Ceux qui me donnent peu en ont un peu profond ;
    Ceux qui donnent beaucoup en ont un au détail ;
    Ceux qui donnent leur cœur ont un tiroir sans fond.

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  • Plus haut que toi mon Dieu

    Plus haut que toi mon Dieu

    C’est Jésus, adolescent, qui faisait un jour la course
    Avec un merle moqueur : « le premier sur la Grande Ourse ! »
    L’oiseau se fit très railleur, fier d’être toujours plus haut,
    Mais pour atteindre l’étoile, Jésus a plus de culot !

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  • Le sexe au soleil

    Le sexe au soleil

    Le sage dit : « lève une jambe, pose-la sur le soleil
    Et ressens bien par ton sexe l’énergie du feu de l’amour ! »
    Le disciple demande alors : « Pourquoi pas l’autre pareil ? »
    « Tu te casserais la gueule ! » répond-il avec humour !

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  • On rentre les boules

    On rentre les boules

    Après avoir joué toute l’après-midi
    À « pétanque-mouton » (c’est son jeu préféré),
    Le berger rentre au soir rejoindre la bergerie
    Avec toutes ses boules et celles qu’il a gagnées.

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  • Un dernier coquelicot pour la route ?

    Un dernier coquelicot pour la route ?

    Quand le soleil se lève et que le voyageur
    Reprend son chemin vers le pays des fées,
    Il prend pour déjeuner cette petite fleur ;
    Ses subtiles fragrances qu’il n’a plus qu’à sniffer.

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  • Dessine-moi ton chat

    Dessine-moi ton chat

    Sur une feuille de papier tu prendras mon crayon
    Là, tu dessineras ton plus joli minou
    Juste une petite esquisse, juste un petit brouillon
    Quand il apparaitra, je serai parmi nous.

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  • Venus qui rêve

    Venus qui rêve

    Après l’acte sexuel, Vénus dort profondément.
    Elle rêve de peinture et de ses impressionnistes :
    Couleurs vives de Van Gogh qui brillent intensément,
    Dégradés doux de Monet jusqu’aux plus perfectionnistes !

    Et puis les images s’allument et le songe est commencé.
    Elle se prend pour un « comics », une pin ’up de papier.
    Elle part pour l’aventure dans des amours élancées.
    Elle rêve au capitaine et ses mille et un guêpiers.

    Sur les monts de ses mamelles, aux sommets des mamelons,
    Ils s’abreuvent de son lait et leurs cœurs sont enjoués.
    Puis ils pénètrent dans les grottes aux effluves de melon,
    S’arcboutant au clitoris, redeviennent des jouets.

    Dans les allées sexuelles de la vulve imaginée,
    Ils atteignent le point « G » et découvrent ses secrets.
    Puis les tremblements de terre les envoient s’invaginer
    Profondément dans l’extase dans des camaïeux de craie.

    Quand la planète fontaine ouvre son passage étroit,
    C’est l’éruption des plaisirs qui les éjacule au jour.
    Ils reprennent le chemin des étoiles et des détroits
    Et puis Vénus se réveille pour encore faire l’amour.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Vénus par derrière

    Vénus par derrière

    Cinq souvenirs éternels sont gravés dans ma mémoire :
    La beauté de son regard, enregistrée par mes yeux ;
    Le murmure de ses lèvres, aux oreilles de l’armoire,
    Celle sise au fond du cœur de mes souvenirs précieux.

    J’ai toujours le goût en bouche de ses lèvres et de sa langue,
    De ses saveurs délicates sur tout son corps étendu.
    Mais le plus ancré de tous, c’est cette odeur qui me manque :
    Le parfum du sexe tendre, cet arôme défendu.

    Lors de nos préliminaires, je sentais l’enchantement !
    La moindre de mes caresses lui déclenchait le désir,
    Effleurer son mamelon provoquait gémissements,
    Toucher son petit bouton la détonait de plaisir !

    Mais ce qu’elle aimait le plus, c’était se livrer au sexe,
    Couper son flux de pensées, déconnecter son esprit.
    Alors elle baissait la tête en position circonflexe
    Et me présentait son cul, chef unique et très épris.

    Tout changeait en cet instant dès que sa bouche verticale
    Me parlait par sa fragrance qu’entendaient tous mes cinq sens.
    Pour lui donner la parole, mon pénis très amical
    La pénétrait par derrière dans le feu de son essence.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le cœur migrateur

    Le cœur migrateur

    Leur cœur est attaché à plusieurs paysages ;
    Au rythme des saisons, ils changent de logis ;
    Quand la terre se réchauffe, vers le nord ils voyagent
    Et quand les jours s’affaissent, ils font sudologie.

    Leur cœur a deux racines, leur vie fait la bascule ;
    Ils ne trahissent pas ni le sud, ni le nord ;
    L’équilibre est vital pour leur biomolécules ;
    C’est l’écho de leur vie, une source sonore.

    Leur cœur est un nomade, il aime plusieurs fois ;
    À chaque battement, il s’attache à sa terre ;
    À l’autre battement, il repart toutefois
    Vers un autre foyer sans faire de mystère.

    Cruel cœur migrateur, fais-tu souffrir la terre ?
    Fais-tu pleurer la mer que tu as délaissée ?
    Fais-tu désespérer le soleil d’Angleterre ?
    Sèmes-tu le malheur là où tu es passé ?

    J’ai le cœur voyageur et j’ai plusieurs contrées
    Où la course du temps me transporte à mon port.
    Je suis fidèlement la route qui m’est montrée
    Mais je reviens toujours là où est mon support.

    Tableau de Fabienne Barbier