🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Clair-obscur à l’azimut

C’était une nuit en plein jour ou un jour où il faisait nuit,
Je n’étais qu’un jeune vieillard à peine né voici trois heures.
Je goûtais mon premier séjour, ressentant le premier ennui
Avec les yeux en plein brouillard dans ce clair-obscur abuseur.
Aujourd’hui j’ai les pieds sur Terre, la tête en l’air comme toujours,
Le cœur perdu dans les étoiles, l’esprit trop souvent dans la Lune.
J’ai aussi un vers solitaire qui rime pourtant avec le jour
Que j’ai reproduit sur ma toile par cette lumière opportune.
Demain, vieux bébé que jamais, je marcherai sur la frontière
Mise entre la vie et la mort par un dieu sadomasochiste,
Les pieds dans la nuit désormais qui cache la journée entière
Mais qui m’emmène et j’en démords jusqu’au Paradis anarchiste.Tableau de René Magritte
-
L’art visionnaire de la clairvoyance

Qui voit un œuf voit une poule, qui voit une poule voit l’œuf
Mais seul l’artiste visionnaire verra l’oiseau prêt à voler.
Les peintres ne sont pas maboules, ils ont simplement un œil neuf
Qui demeure décisionnaire mais qui ne sort qu’à la volée.
C’est l’œil du cœur évidemment, celui qui aime plus qu’il ne voit ;
Celui qui voit dans l’avenir tout ce qu’un œuf peut contenir ;
Celui qui croît rapidement afin de mieux trouver la voie
Vers le bonheur en devenir qu’une main ne pourrait tenir.
Mais qui a le cœur sur la main et l’œil du cœur à l’intérieur
Est un Magritte, un Picasso, un Van Gogh, Dali ou Rousseau,
Un poète rêvant en chemin en faisant rimer l’extérieur
Avec l’âme qui part à l’assaut d’un vers qui s’éveille en sursaut.Tableau de René Magritte
-
L’arbre énergétique

Au cœur de l’arbre énergétique conversent toutes les racines
Des expériences génétiques dont les dénouements se dessinent
Sur toutes les races humaines qui se sont succédé sur Terre
Dont les fureurs énergumènes ont engendré maints caractères.
De la racine Polarienne à la branche Hyperboréenne,
De la racine Lémurienne dans les régions azuréennes
À la branche de l’Atlantide – selon des traces sahariennes –
Dont sont nés les nucléotides de la cinquième race aryenne.
Autrement dit les branches meurent mais leurs énergies se prolongent
Au-delà de ce qui nous leurre comme la mort et ses mensonges.
Sans doute le corps est à la Terre ce que l’âme est à l’univers ;
Un réseau d’étoiles salutaires qu’un Dieu façonne à ciel ouvert.Photo de Coles Phillips.
-
La pêche originale

Quand Dieu créa l’eau des rivières, elle était fort alcoolisée
– Sans doute deux anges farceurs jouant aux apprentis chimistes.
On remonta sur la civière les premiers thons diabolisés
Par le breuvage dont la noirceur n’était pas des plus optimistes.
Puis Dieu créa l’homme-poisson ; les anges virent que c’était bon
Et furent les premiers à pêcher l’Adam et l’Ève en pleine ivresse
Car les bougres épris de boisson – eaux-de-vie, vodka et bourbon –
N’avaient vraiment pu s’empêcher de siffler l’eau enchanteresse.
Ainsi Dieu punit tout le monde à coup de foudre et de déluge
Et dilua l’eau de la Terre, puis rajouta un peu de sel.
À point, la planète féconde put enfin servir de refuge
Au nouvel homme propriétaire ; ange et démon universel.Tableau de Scott G. Brooks sur https://www.scottgbrooks.com/product-category/giclee-prints
-
Comment j’ai trouvé mon Vendredi

C’est en voyant passer les gens, perpétuellement sans relâche,
Sortir leur chien trois fois par jour, toujours par le même chemin,
Que j’acquis un poisson d’argent, docile, aux nageoires un peu flaches,
Pour fuir mon tranquille séjour sans stresser, la laisse à la main.
Ensemble nous suivons la rivière où je le laisse aller nager
Car il adore s’éclater à outrepasser les cascades.
Sauf pour les transports ferroviaires où j’ai dû lui aménager
Un aquarium hélas refusé par un vieux contrôleur maussade.
Quand les animaux domestiques subiront la montée des eaux,
Ils accueilleront dans leurs rangs toute la faune piscicole.
Plaise à mon esprit scolastique d’ouvrir grand les portes des zoos
Pour créer à contre-courant ce concept comme un cas d’école.Illustration d’Omar Rayyan
-
L’amour instantané

Instantanément d’une flèche, l’amour s’insinue dans le cœur
D’où va partir un feu ardent pour raviver les braises éteintes.
Subitement une flammèche surgit d’un sourire moqueur
Qui s’embrase en regard mordant puis, dans la chaleur d’une étreinte.
Cupidon maîtrise son art et la science des poisons
Qui transmet ce virus mortel qu’est paradoxalement la vie.
Encore plus rusé qu’un renard, il guette ses proies à foison
Pour décocher ses immortels traits de désir qui les ravit.
L’amour ne dure qu’un instant mais l’on se jure fidélité
Pour y construire sa chapelle et y fonder une famille.
Cupidon revient nonobstant continuer l’hérédité
Avec ses flèches de rappel enduite d’amour qui fourmille.Tableau de Joshua May
-
Printanière & Floréale

J’ai longtemps cru que le soleil se prolongeait en février
Et que l’éveil de la nature n’était que juste conséquence.
J’ai cru que le vent qui balaye les perpétuels genévriers
Répondait à la signature d’un renouveau plein d’éloquence.
Il est bizarre autant qu’étrange qu’aucun honneur ne soit rendu
Envers la jeune Floréale, cette petite fée printanière.
C’est elle qui décore d’orange et de rouge-et-or répandus
Cette renaissance idéale dans les étendues sapinières.Tableau de Joshua May
-
L’entente libérale

Après l’attente, la bonne entente scelle le cœur des amoureux
Dont l’amour distille la colle et son envoûtante attraction.
La vie sur un nuage enfante des garçons aux bras vigoureux
Et des filles dont le protocole serait d’être une distraction.
Que feront-elles, ces pucelles sinon qu’attendre leurs beaux princes
Qui vivent au-delà des frontières d’un machisme inconsidéré ?
Mais aujourd’hui, ces demoiselles préfèrent leur serrer la pince
Et vivre l’existence entière leur vie de femme libérée.Tableau de Julia Klimova
-
L’attente préalable

Les jambes repliées et les bras nonchalants
Pour tromper l’impatience de celle qui attend.
Le regard éperdu, un air ambivalent
Pour troubler l’espérance et son désir latent.
Dans sa robe légère et ses souliers vernis
Elle pose en princesse et le temps disparaît.
La crainte passagère d’un rendez-vous terni
S’efface dans l’allégresse de l’amant qui paraît.Tableau de Julia Klimova
-
L’esprit médiéval
Dans les artères du passé, les vents tourbillonnent encore,
Pompés du cœur de la cité au fond des faubourgs délavés.
Et les maisons carapacées aux murs fondus dans le décor
Résonnent avec intensité sous les empreintes des pavés.
Défenestrés du Paradis, Adam et Ève ont dû gravir
Toutes ces ruelles étroites pour y commencer une vie.
Les vieilles pierres affadies contre le temps ont dû sévir ;
Il en reste, à gauche et à droite, quelques légendes inassouvies.Photo du village médiéval Dolceacqua par Cicrico.
-
Le trio pervers
Il est trop beau pour être vrai, le triolet qui chante faux
Lorsque leur chant est sabordé s’ils ne sont pas au diapason.
Mais dès le jabot enivré d’un peu de vin, bien comme il faut,
Alors leurs ramages accordés vous font tomber en pâmoison.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le rayon vert
Il n’y a pas qu’au crépuscule qu’apparaît le fameux rayon vert !
Promenez-vous dans les bocages plutôt que d’aller au bistrot.
Observez bien les corpuscules que la lumière fait à travers
Les ramures et les feuillages, les faisceaux y sont magistraux.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Petits meurtres en famille
Les petits conflits de famille seraient bien plus définitifs
Si l’on s’offrait des mitraillettes, des carabines et des fusils.
Quand on se tue, qu’on s’éparpille dans un châtiment punitif,
On se charcute en paillettes, on s’éclate à grands coups d’uzis.
Et je propose qu’on regarde le soir à la télévision
Des guerres sans fin et des massacres au moment de l’apéritif.
Inutile de vous mettre en garde, il vous faudra en prévision
Que chacun de vous y consacre un esprit très compétitif.
(Uzi : pistolet mitrailleur israélien.
À chanter sur l’air de « Mélanie » de Georges Brassens pour donner plus d’éclat.
Sinon, c’est ce à quoi me fait penser le deuxième amendement américain.)Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’ancêtre du coucou
À l’origine du coucou, on ne sait pas, on a un trou,
Pour expliquer d’où vient l’instinct qui les poussent à nous donner l’heure.
Moi, je suppose qu’à tous les coups, pour échapper aux chats-garous,
L’oiseau migrateur clandestin s’or logea pour donner le leurre.Le chat-garou est un être fantastique qui se transforme d’un être humain en un chat et vice versa, de façon complète ou partielle.
-
À l’oreille des tournesols
À l’oreille des tournesols, dans le creux de son pavillon.
S’échange un message éphémère qui durera le temps d’un jour.
Il n’a pas besoin de boussole, notre intrépide papillon,
Pour retrouver l’essence mère qui répand son parfum d’amour.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La déesse des forêts
Ô reine des routes, auto souveraine,
Tu es en déroute, tu n’es plus la reine.
Tu t’es enfoncée, tu t’es déflorée
Dans le vert foncé du creux des forêts.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Trompe-nu
À force de cacher son corps, à force de cacher son cœur,
L’apparence devient trompeuse et c’est l’habit qui fait le moine.
C’est pourquoi encore et encore je me ferai le chroniqueur
Des imbécilités pompeuses dont fleurit notre patrimoine.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les accidents de parcours
Tous ces accidents de parcours, qui sont le roman de ma vie,
M’auront préparé à apprendre tout ce qui vient de l’extérieur.
Pas besoin de trop longs discours pour voir que ces chemins suivis
M’auront bien aidé à comprendre le miroir de mon intérieur.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les deux bougies
Une bougie pour les amours qui sont mes meilleures racines.
Une bougie pour l’amitié qui sait ouïr mes apartés.
Leurs flammes vacillent toujours sous les faux airs qui me fascinent,
Pourtant aucune inimitié n’en pourra ternir la clarté.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Quand tout est flou
Parfois, le matin, tout est flou, comme plongé dans des vertiges ;
Je vois l’horizon basculer et tourner jusqu’au crépuscule.
Mon bateau ivre se renfloue pour recouvrer tout son prestige,
De son naufrage, miraculé, jusqu’à ses moindres corpuscules.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’aphélie de la fée libellule
L’aphélie belle eut-elle un lieu prédestiné pour l’équinoxe ?
Seuls Galilée ou Copernic avaient les yeux écarquilleurs.
La Fée Libellule au milieu médite sur ce paradoxe ;
Sous son bourgeon, elle tournique et puis s’en va penser ailleurs.Aphélie : Point de l’orbite de la Terre le plus éloigné du Soleil.
-
La rosée céleste
Toutes ces gouttes de rosée, toute cette vie nécessaire,
Que la nature distribue pareil à la manne céleste.
Pourquoi sinon pour arroser saintement ton anniversaire
Avec le précieux attribut dont la Terre-mère se déleste.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le grand livre des poissons
Selon le thème du jour de nos amis les poissons,
Rien n’est écrit à l’avance et le temps n’est qu’illusoire !
Présent apporte toujours les meilleures des moissons.
Passé est sans importance ; Futur n’est qu’une amusoire !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Entre aurore et crépuscule
C’est entre aurore brumeuse et crépuscule enflammé,
Que je viens passer le temps dans le tamis de mes rêves.
Une aubade ovationnée, une sérénade acclamée ?
Choisissez votre programme, je vous le livre sans trêve.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Avion-Stop
Pour éviter les bouchons et les queues interminables,
Je fais de l’avion-stop car c’est bien plus agréable !
Il faut bien sûr éviter tous ces vieux coucous minables
Et les bonnets des hôtesses doivent être malléables !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

