Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Les bals fantasmagoriques

    Les bals fantasmagoriques

    Certains bals masqués libertins consistent en aucun vêtement
    Sinon un loup pour préserver de qui provient l’intimité.
    Mes rêves ont évoqué certains de ces drôles de rassemblements
    Au matin j’en ai conservé qu’un souvenir bien limité.

    Cependant dans cet autre monde, j’ai dû laisser de mon passage
    Quelques détails bien croustillants qui ne leur ont point échappé
    Car lorsqu’encore je vagabonde dans des songes plus ou moins sages,
    Je m’y revois émoustillant au milieu de ces priapées.

    Si ma mémoire reste vide de ces orgiaques rêveries,
    L’hôtesse nue revient souvent avec son petit air pervers.
    Si mon subconscient reste avide de ces ruts de sauvagerie,
    J’en garde des stigmates émouvants dans l’encre de mes Reflets-Vers.

    Tableau de Heinrich Kley.

    
    
    
  • Viens faire un tour sur mes chevaux de bois

    Viens faire un tour sur mes chevaux de bois

    Manège intime, manège ultime, que celle qui m’a ouvert la voie
    Des jeux des amours qui galopent Ă  vous en faire perdre la tĂŞte.
    Force centrifuge légitime comme la physique le prévoit
    Et force centripète interlope vers celle qui mène à la baguette.

    Après trois tours, j’en redemande jusqu’à en sentir l’addiction !
    Pour m’éviter d’être éjecté, je m’accroche impérieusement.
    C’est elle qui détient les commandes et moi qui subit l’attraction
    Dont mon cœur aime se délecter le plus prodigieusement.

    Le second souffle me vient en aide et je parviens Ă  tenir bon
    Et à grimper aux deux poteaux qui mènent aux sommets génitaux.
    Ah, remonter la pente raide ! Oh, décrocher le précieux pompon !
    Et, cerise sur le gâteau, m’introduire sous le chapiteau !

    Tableau d’Ana Hernández San Pedro https:www.montsequi.comartistas138.html .

    
    
    
  • Belem Olympique

    Belem Olympique

    Sous le ciel d’azur de Marseille, les voiles blanches relevées,
    Le vieux-port de rouge enflammé, le drapeau hissé haut, épique.
    Dans la foule chacun grasseye, les enfants crient surélevés
    Pour applaudir et acclamer l’heur de l’odyssée olympique.

    Spectacle sublime et unique, moment admirable et magique
    Pour les amateurs d’émotions aux olympiades méridionales.
    Marianne arborant sa tunique bleu-blanc-rouge accueille nostalgique
    Le Belem faisant promotion de la marine nationale.

    Faste digne des pharaons pour une si petite flamme
    Qui vient perpétuer le rêve du baron Pierre de Coubertin.
    Par la route Napoléon, de Provence jusqu’à Paname,
    Remontent les porteurs sans trêve vers un succès quasi certain.

    Photo du Belem entrant dans le vieux-port de Marseille.

    
    
    
  • Celle qui fait des vagues

    Celle qui fait des vagues

    Elle fait des vagues et des ravages, celle dont la mer est amoureuse
    Et qui déferle son mal d’amour à coups de flux et de reflux.
    Elle joue de rĂŞves et de mirages, celle dont la plage langoureuse
    Lui offre ses belles-de-jour cajolées de brises joufflues.

    Tout autour d’elle chacun s’émeut ; le Mistral effleure ses cheveux,
    Le soleil colore ses joues, la terre lui offre des fleurs.
    Le beau rivage, fort écumeux, lui accorde tout ce qu’elle veut
    MĂŞme le plus cher des bijoux promis par un vent persiffleur.

    Mais de l’amour, elle n’en a cure durant le temps de sa nymphose
    Et la Nature peut tout tenter, la fille n’est pas intéressée.
    Maudite soit la sinécure de la dure métamorphose
    Que l’on pratique pour contenter l’envie d’amour controversĂ©e !

    Tableau de Jana Brike.

    
    
    
  • Chroniques de la fin du monde – 6

    Le complot félin

    Depuis, je crois, la nuit des temps, les chats attendent leur moment
    Pour éliminer concurrence notamment des chiens et des hommes
    Et jouir du pouvoir imputant de vivre comme dans les romans,
    Comme un prince dans l’opulence, marquis de carabas en somme.

    Ils garderont quelques humaines pour leur gratouiller le menton,
    Servir du poisson à toute heure et des croquettes à satiété.
    Ensuite au fil de la semaine, on verra matous et chatons
    Dormir au chaud dans les demeures et ronronner en société.

    Quand la nuit tous les chats sont gris, ils déambulent en noir et blanc
    Et se déguisent en croque-mort pour croquer Monsieur et Madame.
    Gare aux noctambules aigris qui rentrent chez eux en tremblant,
    Ils connaîtront un mauvais sort et une messe à Notre-Dame.

    Une fois leurs maîtres partis, évidemment les matous dansent
    Et quand leur race s’éteindra, fort aise les chats chanteront.
    Les souris au garden-party seront alors nombreuses et denses
    Pour leur servir entre les draps de concubines sans chaperon.

    Tableaux de GiveMeMood sur https:www.redbubble.compeopleGiveMeMoodexplore?page=1&sortOrder=recent .

    
    
    
  • Chroniques de la fin du monde – 5

    Après-demain les chiens

    Les chiens aboient, rien ne se passe… où sont passées les caravanes ?
    Au cimetière des vacances tuées par l’aéronautique
    Ou bien échappées dans l’espace, envoyées depuis La Havane,
    Avec toute une extravagance de prétentions astronautiques.

    Comment d’esclave de son chien à promener soir et matin
    Est-on parvenu à opter pour des animaux virtuels ?
    Mais n’en déplaise aux optichiens, le visuel n’a pas atteint
    Les beaux toutous à adopter mais le délire spirituel.

    Car on n’attache plus son chien au premier arbre sur la route
    Mais on le laisse aux petits soins des colis perdus dans la soute.
    Bergers allemands, autrichiens et setters anglais en déroute
    Se retrouvent dans le besoin de nouveaux maîtres dans le doute.

    Un jour un chien s’est rebellé, un autre chien a aboyé,
    Un vent de révolte a soufflé dans les chenils du monde entier.
    Truffes et derrières entremélés de reniflements plaidoyés
    Vous ont, humains, époustouflés afin que vous vous repentiez.

    Tableaux de GiveMeMood sur https:www.redbubble.compeopleGiveMeMoodexplore?page=1&sortOrder=recent .

    
    
    
  • Des ronds dans l’eau

    Des ronds dans l’eau

    Autant de bulles que d’années envolées à coincer sa bulle
    Tandis que le monde troublé change chaque jour de décor.
    Sans toutefois être condamné à trépigner en somnambule
    Avec la peur de redoubler et renaître dans un nouveau corps.

    Heureusement, les bons amis et ma famille poissonnière
    Reviennent buller avec moi me souhaiter bon anniversaire.
    De jeune fille jusqu’à mamie, toutes mes années printanières
    Résonnent d’une grande joie et, franchement, je suis sincère.

    So viele Blasen wie Jahre, die man mit dem Festhalten an der Blase vertrödelt hat
    Während die unruhige Welt jeden Tag ihre Kulisse ändert.
    Ohne jedoch dazu verurteilt zu sein, schlafwandlerisch zu stolpern.
    Mit der Angst, sich zu wiederholen und in einem neuen Körper wiedergeboren zu werden.

    Zum GlĂĽck sind gute Freunde und meine Fischfamilie da.
    Sie kommen zurĂĽck, um mit mir zu blubbern und mir zum Geburtstag zu gratulieren.
    Vom Mädchen bis zur Oma, alle meine Frühlingsjahre
    klingen von groĂźer Freude, und ehrlich gesagt, meine ich das auch so.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:www.artfinder.comartistfefa-koroleva?epik=dj0yJnU9N1R4T3BhaXlvLU1Fd1lOTGVjN094RFdLSVB3RWNOYzAmcD0wJm49c2RkY0I1WlJjdFpBbjRMaHNfNEFxdyZ0PUFBQUFBR1I2NGxv .

    
    
    
  • Baiser mouillĂ©

    Dans le courant d’une onde pure, un jour où m’étant abreuvé,
    Tandis que j’y trempais mes lèvres, j’eus la sensation d’un baiser.
    J’aperçus la jolie figure d’une femme belle à en crever
    Qui me prit avec tant de fièvre que je m’en suis senti embrasé.

    « Qui te rends donc si audacieux de venir troubler mon breuvage ? »
    Me dit une sirène pleine de charme, « Bravo pour ta témérité ! »
    Ce baiser fut si fallacieux pour me réduire en esclavage,
    Que je lui déposais mes armes car elle l’avait bien mérité.

    Tableaux de Marco Busoni et Bluelarch.

    
    
    
  • Dans le cocon de son fauteuil

    Dans le cocon de son fauteuil

    Certaines vont en bord de mer pour trouver leur inspiration,
    D’autres fréquentent les cafés sur les collines d’Argenteuil.
    Elle, elle cherche le sein de sa mère, une sorte de réintégration,
    Comme un lieu pour se réchauffer dans le cocon de son fauteuil.

    Nue, en position du lotus, comme si elle demandait pardon
    À ses racines fraternelles et ses mémoires antérieures,
    Elle redevient petit fœtus et peut remonter le cordon
    Qui lui accorde l’éternelle illumination intérieure.

    Entre les deux bras paternels et ouverts du siège Voltaire,
    Sans doute en trouve-t-elle aussi la sécurité apaisante ?
    Et la large assise maternelle comme matrice cavitaire,
    Un souvenir qui s’associe à sa nudité bienfaisante.

    Tableau de Nils von Dardel.

    
    
    
  • Nu, la honte

    Nu, la honte

    Combien de fois ai-je rêvé nu au milieu de gens habillés ?
    Combien de fois, subi la honte en exhibant mes génitoires ?
    Bizarrement j’ai reconnu quelques volupté grappillées
    Et désormais je le surmonte et je l’accepte sans histoire.

    Censure et pudeur ridicules se confrontent à la liberté ;
    Dans la société cela dérange les genres d’exhiber leur sexe.
    Vagins, poitrines et testicules sont bannis dès la puberté
    Et franchement je trouve étrange que ce tabou soit si complexe.

    Il nous relie à l’animal et ce lien, l’homme le révoque ;
    Les religions mettent à l’index le plaisir sans procréation.
    Pour éviter l’instinct primal envers la femme qui le provoque,
    Il met la censure sur le sexe et le cul en ségrégation.

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  • Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?

    Qu’as-tu que tu n’aies donc reçu de la vie qui t’a tout offert
    Tout au long de l’itinéraire sur le fleuve de l’existence
    Qui t’a sentie, qui t’a perçue, dont en retour tu as souffert
    Mais donc chaque acte téméraire t’a valu un prix d’excellence ?

    Tu as pris la fille de l’air pour t’en aller sur les alpages
    Et y fonder une famille pour les beaux yeux d’un helvétique.
    Une petite fée stellaire vint développer l’équipage
    Te faisant cadeau d’une fille comme assurance prophétique.

    Après ses trois-cent-soixante-cinq petits tours autour du Soleil,
    La fée stellaire est revenue avec sa corne d’abondance
    Pour ensemencer en ton sein, sans doute dans un demi-sommeil,
    Un garçon lui-même retenu pour assurer ta descendance.

    Vingt ans après, le Grand Roman de Vie encore se renouvelle ;
    Un ange blond vint s’introduire et n’a jamais démérité.
    Après avoir été maman, tu es grand-mère, bonne nouvelle !
    Laissons au petit-fils construire la suite pour la postérité.

    Tableaux de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • Le vieil homme et la mer

    Le vieil homme et la mer

    Je suis en quête d’impossible comme le vieil homme et la mer
    Qui poursuit longtemps sa chimère jusqu’à son ultime victoire
    Puis, observera impassible sa conquête prendre un goût amer
    De voir son bonheur éphémère prendre une fin contradictoire.

    L’histoire mêle le courage, la dignité et le respect
    Avec la condition humaine face au pouvoir de la nature.
    Malgré ses échecs, ses naufrages, l’homme restera circonspect
    Envers ce qui au fil des semaines lui confère une âme mature.

    Sculpture de Joe Lawrence.

    
    
    
  • Coucher sur mer orange

    Coucher sur mer orange

    L’heure entre chien et loup-de-mer dépose un filtre daltonien
    Qui transforme le paysage entre le pourpre et l’orangé.
    Et dans ces couleurs douces-amères, aux camaïeux hamiltoniens,
    J’aime sentir sur mon visage mes cheveux, au vent, effrangés.

    J’aime la brume qui étouffe les cris des mouettes rieuses,
    J’aime le fondu-enchaîné sur l’écran d’embruns saturé,
    J’aime les dernières esbroufes d’ultimes lueurs resquilleuses
    Et, sous le soleil rengainé, un rayon vert s’aventurer.

    Illustration de Pascal Campion.

    
    
    
  • Parfum d’orange

    Parfum d’orange

    De roses oranges en rĂŞves oranges, tu remues cent-soixante-dix-sept fois
    Tes mélanges spirituels, de mal au coeur en vague à l’âme,
    De l’actualité qui dérange tout ce qui renforçait ta foi
    En l’apogée éventuel d’un paradis pour hommes et femmes.

    De ciels d’Afrique en pastels blancs, du fusain noir à la sanguine,
    Tu as peint de lavis en rose les paysages de Bretagne.
    De portraits toujours ressemblants, de ballerines en colombines,
    Tu as coulé tes eaux moroses dans les vallées de tes montagnes.

    Mais le voyage continue à cent-soixante-dix-sept degrés
    En direction de l’authentique valeur de toute l’existence.
    Malgré le mal qui s’insinue dans les valeurs désintégrées
    D’une culture transatlantique qui se livre à l’omnipotence.

    La chevillette sera tirée, la bobinette cherra dare-dare
    Cependant le grand méchant loup n’a pas encore pointé son nez.
    Dans ton petit coin retiré, tu élabores ton œuvre d’art
    Et sous le poids du temps jaloux, j’entends ton âge d’or sonner.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La chatte Ă  Pierrot

    La chatte Ă  Pierrot

    L’ami Pierrot et sa féline écrivent ensemble au clair de lune
    Dont quelques rayons se chevauchent avec la bougie à moitié.
    Du coup les rimes orphelines s’accordent à la bonne fortune ;
    Le poème en est un peu gauche mais il s’en fout, il est droitier.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

    
    
    
  • L’anniversaire de ma minette

    Pour les treize ans de ma minette – ou un peu plus, faisons les fous –
    J’offre l’apéritif sucré-salé au bon lait de souris.
    Je lui en pose la devinette, cependant elle s’en contrefout
    Car l’ivresse des ans est sacrée, c’ n’est pas tous les jours qu’on sourit.

    Bien sûr tout est exagéré ! En réalité, elle (re)pose
    Comme une déesse d’amour qui peint mais jamais ne se plaint.
    Quant à moi, je n’ai qu’à gérer tous les festins qu’elle propose
    Afin de vivre avec humour du moment que son verre est plein.

    Tableaux de Vladimir Rumyantsev.

    
    
    
  • Bouquet d’anniversaire

    Bouquet d’anniversaire

    Quelques petites fleurs des champs en souvenir d’une balade ;
    Petits témoins bleus, roses et blancs, émotions d’une promenade ;
    Petites notes, bonheur du chant dont la forêt m’a fait l’aubade
    Accompagnée des cris tremblants des oiseaux à la roucoulade.

    J’en ai dessiné la portée avec des noires et des blanches,
    Avec des fleurettes nacrées rondes ou accrochées à souhait.
    Après le vent l’a emportée à travers les arbres et leurs branches
    Où résonnait l’écho sacré parmi les feuilles enjouées.

    Mais le bouquet reste éternel car la magicienne peintresse
    Au mur, l’a immortalisé pour vivre les quatre saisons
    Sur une toile maternelle riche en couleurs et de tendresse
    Dont l’éclat s’est cristallisé à l’intérieur de la maison.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • 75 ans d’âge

    75 ans d’âge

    Après soixante-quinze ans d’âge, le marc, vieilli en fût de chêne,
    Produit, dans toute sa substance, l’alcool de son meilleur tonneau.
    La couleur mûrit davantage, les arômes et les goûts s’enchaînent
    Et l’art puise sa subsistance dans nos vignobles cantonaux.

    La peinture évoque l’alcool par son ivresse des couleurs
    Quand bleu-royal et rouge-sang s’accouplent au papier virginal.
    Il n’est pas de meilleure école que d’enfanter dans la douleur
    Le tableau le plus saisissant ou le chef-d’œuvre original !

    Les natures mortes ressuscitent chaque moment de notre vie
    Et les portraits immortalisent ceux que nous n’oublieront jamais.
    Les couchers de soleil suscitent une émotion qui nous ravit
    Et un bord de mer rivalise avec le plus haut des sommets.

    La meilleure façon de vivre, c’est vieillir en se bonifiant
    Et pour prendre de la bouteille, rien ne vaut l’art dans les cruchons.
    Surtout lorsque ça nous délivre le meilleur des fortifiants
    Qui se boit du vin de la treille en faisant sauter les bouchons.

    Aussi, mes amis, je propose que la cuvée de cette année
    Soit le « Millésime Fabienne » et trinqué (*) dans tous les pays.
    Afin que l’artiste dispose de ces atouts simultanés
    Lorsque vous direz « à la tienne ! » devant ses tableaux, ébahis.

    * Trinquer est intransitif mais ça rime avec apéritif.

    
    
    
  • Rose-JosĂ©phine n’a pas d’épine

    Rose-Joséphine n’a pas d’épine

    Je sais, quelque part, une rose qui refleurit Ă  chaque fois
    Que je caresse le velours de son calice blanc nacré.
    Avec quelques vers, dont arrose, sans la submerger toutefois,
    D’un encrier un peu balourd, ses jolies racines sacrées.

    Je sais, quelque part, une rose qui me raconte sa longue vie
    Et les amants qu’elle a connus, et les enfants qu’elle a vu naître.
    Si quelques souvenirs moroses résistent, c’est avec envie
    Qu’elle rêve de voir dans l’inconnu tous ces fantômes disparaître.

    Je sais, quelque part, une rose qui ne possède pas d’épine,
    Dont les pétales savent écouter les mots d’amours et les romances.
    Qu’ils soient en rimes ou en prose, ils ont la fièvre galopine
    Qui lui feront toujours goûter ce cher élixir de jouvence.

    Mignonne allons voir si la rose s’est éveillée au petit jour
    Dans l’humeur de son cœur d’enfant qui s’émerveille toujours autant.
    Quelle nouvelle idée éclose va germer dans son cœur d’amour
    Qui, dans un tableau triomphant, me peindra les couleurs du temps ?

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Ma vache et moi

    Ma vache et moi

    Je connais ma vache qui rit et qui s’amusera encore
    Lorsque je l’aurai transportée aux quatre coins de l’aventure.
    Aujourd’hui, c’est ma walkyrie qui me prend au cœur et au corps
    Et notre amour est emporté au cri de « tout le monde en voiture ! »

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  • Trilogie GĂ©mellaire – 3 (Quand ça descend)

    Trilogie Gémellaire – 3 (Quand ça descend)

    Les chemins sont parfois bien traîtres et vous feront tourner en rond.
    Si vous n’avez pas de boussole, vous serez mal récompensés.
    Parfois ils vous enverront paître n’importe où dans les environs ;
    Vous en aurez plein les guiboles Ă  devoir tout recommencer.

    C’est ainsi que le savoir rentre en accumulant les erreurs
    Qui graveront dans la mémoire les pièges idiots à éviter.
    Ça vous donne du cœur au ventre et fortifie l’instinct flaireur
    Ce n’est pas Ă©crit dans les grimoires mais c’est la clef de longĂ©vitĂ©.

    Enfin les routes aboutissent toujours où l’on devait aller.
    L’important n’est pas l’objectif mais tout le chemin parcouru.
    Déjà les muscles s’adoucissent car on va pouvoir s’installer
    Devant un repas suggestif où l’on se sent bien secouru.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Trilogie GĂ©mellaire – 2 (Quand c’est plat)

    Trilogie Gémellaire – 2 (Quand c'est plat)

    Alors c’est visite au musĂ©e de tous les champs impressionnistes,
    Champs de soja ou champs de blé, derrière chaque portillon.
    Si vous voulez vous amuser Ă  jouer les perfectionnistes,
    Vous pourrez toujours rassembler ci et là quelques échantillons.

    ArrĂŞtez-vous dans quelques fermes oĂą la porte est toujours ouverte
    Sur les récoltes de saison que le soleil a su veiller.
    Ici, la confiance est ferme, faites vos propres découvertes,
    Vous paierez un prix de raison, la caisse n’est pas surveillée.

    Pour encadrer ces beaux tableaux, voyez les chaînes de montagnes
    Qui se dressent depuis les Alpes et qui en percent l’horizon.
    Ça change de Fontainebleau et ça fait rêver nos compagnes
    Qui s’attendent à ce qu’on les palpe dans les vieux chalets des Grisons.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Trilogie GĂ©mellaire – 1 (Quand ça monte)

    Trilogie Gémellaire – 1 (Quand ça monte)

    Aujourd’hui, ce n’est pas coutume car vous allez m’accompagner
    Pour découvrir dans la montagne tous les secrets qu’elle renferme.
    Prenez un solide costume, un bon bâton à empoigner,
    Pour s’élever dans les campagnes de plateaux, de champs et de fermes.

    Vous verrez le château moqueur qui vous nargue à tous les virages
    Sur les sentiers qu’il faut grimper avec les muscles sidérés.
    Vous sentirez battre le cœur à faire péter un orage
    Avec la chemise trempée par votre sueur libérée.

    Mais après une éternité de cet enfer de crapahute,
    Les jambes sont au Paradis dans cette campagne aplatie.
    Ressentez la sérénité dans les cabanes et les huttes
    Où pour pas plus cher qu’un radis, on mange de bon appétit !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Madame Larousse

    Madame Larousse

    Depuis qu’on a fermé les livres, Madame Larousse est en vacances.
    Elle a fait beaucoup d’exercices pour semer encore à tout vent.
    En attendant qu’on la délivre, elle s’est consacrée à la danse.
    Ses pissenlits volent en hélice dans un saut périlleux émouvant.

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  • Mon bateau libre

    Mon bateau libre

    Ce soir on s’enverra en l’air pour échapper aux catastrophes
    Sur mon bateau à tire d’aile ancré juste au coin de la rue.
    Pour fêter un anniversaire, j’écris encore deux ou trois strophes,
    Ensuite j’éteins la chandelle et… chut ! Nous avons disparu !

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  • En costume rouge et en gants blancs

    En costume rouge et en gants blancs

    En costume rouge et en gants blancs, je te fais ma déclaration
    Pour te dire Ă  quel point tu es la meilleure chose de l’annĂ©e !
    Et pour ne pas faire semblant je t’offre ma vénération,
    D’une position accentuée avant mon dernier vol-plané !

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  • Le coup du soleil

    Le coup du soleil

    Quand elle le vit sortir de l’ombre, le petit astre un peu timide,
    La coccinelle s’y accrocha pour gagner sa place au soleil.
    Mais quand au soir vint la pénombre, la place était toujours humide
    Et la bĂ©bĂŞte se reprocha s’ĂŞtre promis monts et merveilles.

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  • La chouette a mal au crâne

    La chouette a mal au crâne

    Quand la chouette est à bout, qu’elle a mal à la tête
    Et qu’elle a la cervelle bringuebalant dans son crâne,
    Elle va chez le hibou, bibliophile esthète,
    Lui lire une nouvelle écrite en filigrane.

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  • Mais oĂą est le chat de l’Ashram ?

    Mais où est le chat de l’Ashram ?

    Il était une fois un gourou, en Inde, qui vivait avec ses disciples dans son ashram. Une fois par jour, au coucher du soleil, le gourou rejoignait ses disciples et prêchait.

    Un jour apparut dans l’ashram un chat magnifique, qui suivait le gourou où qu’il aille. Or, chaque fois que le gourou prêchait, le chat ne cessait de se promener au milieu des disciples ; les distrayant et les empêchant d’écouter le maître. C’est pourquoi le maître finit par prendre une décision : cinq minutes avant de commencer chaque session, ils attacheraient le chat afin qu’il ne vienne pas l’interrompre.

    Le temps passa, et un jour, le gourou mourut.

    Le disciple le plus âgé devint le nouveau guide spirituel de l’ashram. Cinq minutes avant son premier prêche, il exigea qu’on maintienne le chat en laisse. Ses assistants mirent vingt minutes à retrouver l’animal pour pouvoir le faire…

    Le temps passa et, un jour, le chat mourut.

    Le nouveau gourou ordonna qu’on trouve un autre chat afin de pouvoir l’attacher.

    Des siècles plus tard, les disciples du maître écrivirent de savants traités sur le rôle essentiel d’un chat dans le bon déroulement de toute prière.

    Histoire extraite du livre de Jorge Bucay, « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie »

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  • De paysages en paysages

    De paysages en paysages

    De paysages en paysages, ce temps qui passe m’hypnotise
    Dans ses reflets en clair-obscur que mon esprit tarde à connaître.
    J’en ai oublié les visages, et leurs finesses, et leurs sottises,
    Dans leurs navrantes sinécures qui passent devant ma fenêtre.

    Mon âme a planté son hamac dans les montagnes immobiles
    Et mon esprit, qui fait du vent, s’évapore dans la chaleur.
    Mon corps a pris de l’estomac dans ce silence indélébile
    Et mon cœur s’en va dérivant bercé par le chant des haleurs.

    Ce paysage continu sans commencement et sans fin
    Voudrait m’emporter avec lui jusqu’au-delà de l’horizon.
    Mon esprit est discontinu, mon âme reste sur sa faim,
    Je voulais un coin de parapluie, je n’ai trouvé qu’une prison.

    Dans cette enceinte du présent murée d’hier et de demain,
    L’inertie passe où rien ne passe et les chemins vont nulle part.
    Partout, je suis omniprésent, je suis les voies et les chemins,
    Je me transvase dans l’espace, je vole au-dessus des remparts.

    Il n’y avait rien à entreprendre, il n’y avait rien à discuter,
    Mais écouter ce paysage qui raconte la vie sur Terre.
    Je ne cherche pas à le comprendre, je m’abandonne à l’écouter,
    Car d’affûtage en aiguisage, il berce mon cœur libertaire.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Paris

    Paris, ville lumière,
    Paris en bouteille,
    Paris sous globe,
    Paris sous vide,
    Le verre conserve Paris !

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  • Sur le flot des vĂ©hicules

    Sur le flot des véhicules,
    Je t’embrasserai sur la bouche,
    Au-dessus des matricules,
    Tu ne seras pas farouche.

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  • Maman les p’tits bateaux

    Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau m’appellent.
    Ils me parlent de leurs voyages extraordinaires,
    Des îles enchanteresses et des mers de plus en plus belles,
    Des sirènes et des pécheurs de perles de lumière !

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  • On a toujours besoin d’un plus petit que soi

    On a toujours besoin d’un plus petit que soi…
    – Pointure fillette, pointure reinette
    Ne me marche pas sur les pieds !
    – Je te marcherai dessus avec mes petits souliers !

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  • Si l’eau brĂ»lait…

    Si l’eau brĂ»lait on verrait des flammes d’eau…
    Si la terre mouillait on verrait des vagues de terre…
    Si l’air s’Ă©paississait on verrait des montagnes d’air…
    Si le feu soufflait on verrait des vents de feu…

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  • Le chienchien de Zorro

    Avez-vous vu le chienchien de Zorro ?
    ParĂ© d’ombre et de lumière.
    Il s’appelle TorpĂ©do,
    Il est joyeux et pas que fier !

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  • Quand l’ocĂ©an devient rieur

    Quand l’ocĂ©an devient rieur
    Alors mon cœur rit avec lui !
    Quand il projette ses couleurs
    Alors mon âme est éblouie !

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  • Abracadabra

    Quand l’ocĂ©an Ă©tend son bras
    Je lui dis : Abracadabra !
    Quand l’ocĂ©an fait le fier
    Je lui dis : Quelle lumière !

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  • La fermeture du jour

    La fermeture du jour

    Je suis très amoureux de la plus belle étoile
    Qui, pour moi, tous les soirs joue la danse du voile
    Les milliers de couleurs de ses splendides toiles
    M’entrouvrent le chemin que l’astre me dévoile.

    Du matin jusqu’au soir, debout sur ma planète,
    Tandis qu’elle recouvre sa robe de comète,
    Je regarde sa course, lorgnant sur ma lunette ;
    Mon ombre synchronise la céleste allumette.

    Je sais que cette nuit nous seront séparés
    Et que de confiance, je devrai me parer.
    C’est pour me renforcer et pour me préparer
    À vivre notre amour dont je dois m’emparer.

    À force de tourner tout autour de la Terre
    Et moi de l’escorter comme son mousquetaire,
    Nous nous sommes épousés là-bas en Angleterre !
    My Darling Star and me are interplanétaires !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Balance qui songe

    Balance qui songe

    Une femme fragile, une femme admirable
    Qui maintient indocile un caractère aimable
    Toujours en équilibre, tant soit peu variable,
    Mais fait tout son possible pour rester équitable.

    Son esprit d’ouverture est très communicable.
    Elle juge à l’allure, elle est très conciliable.
    D’une grande droiture, son don justiciable
    Renforce sa structure vraiment coordonnable.

    Elle sait rédiger les constats à l’amiable.
    Elle sait négocier ce qui est défendable.
    Elle sait pardonner ce qui est justifiable.
    Elle sait coordonner avec tact ses semblables.

    Elle aime s’engager pour des causes charitables.
    L’énergie déployée est comptabilisable !
    Elle sait synthétiser un savoir insondable.
    Elle cherche à s’insérer dans la branche sociable.

    Elle a la tentation de chercher l’ineffable.
    C’est l’illumination qui est invariable
    Et la délectation, son état le plus stable,
    Qu’elle n’atteint jamais, mais rien n’est infaisable !

    Garantie affective d’un mari serviable.
    Fidèle et possessive, goût indissociable.
    Maternelle instinctive et mère conciliable.
    Mais il faut qu’elle suive un destin inchangeable.

    Mais son don de justice est vraiment formidable !
    Elle est pour l’armistice et pardon aux coupables !
    Quelquefois son fléau lui est désagréable,
    Mais c’est parce qu’il lui faut montrer l’irréprochable.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La crique aux pĂŞcheurs de couleurs

    La crique aux pĂŞcheurs de couleurs

    Dans le calme des mas, les pĂŞcheurs de pigments
    Couchés dans leurs hamacs, somnolent doucement.
    C’est dimanche ici-bas, on oublie les gréements
    Bercés par le ressac, on rêve calmement.

    Ils ont fait les marées, pendant tous leurs voyages,
    Matinée et soirées, chassé les paysages
    Capturé au filet, très nombreux gribouillages
    Coulant sur le plancher plein de vernissages

    Le vent pousse leurs voiles vers leur destination.
    Le souffle tend leurs toiles en coordination.
    Les courants leurs dévoilent mille fascinations.
    Des pléiades d’étoiles font l’illumination.

    Quand ils rentrent au port, les paniers sont remplis.
    Ils ont pour passeport l’étrange panoplie.
    Ils viennent au rapport le devoir accompli,
    Ils ont dans leur transport les plus beaux coloris !

    Aux balcons des maisons, suspendues aux toitures,
    Les aquarelles font de jolies miniatures.
    Les pastels vermillon font des caricatures.
    Gouaches et coloration, chatoient sur les peintures.

    Les lavis délavés, sèchent sur les volets.
    Les huiles achevées, posées sur les pavés,
    Place du vieux marché, exposent des portraits
    Joliment colorés, criants de vérité.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le buffet de fĂŞte

    Le buffet de fĂŞte

    C’est une petite fête, un buffet, une buvette.
    Afin qu’elle soit parfaite, écoutez bien ma recette :

    Je vais inviter Sophie, elle avec tous ses amis,
    Mais surtout pas Nathalie qui déteste Virginie.

    Je vais éviter Ginette qui se met tant en vedette,
    Ainsi que la mère Yvette qui fait du tort à Paulette.

    Si on invite Émilie, on invite Anne-Marie ;
    Sauf alors que Stéphanie viendra sans Rose-Marie.

    Si, au centre, on met Claudine, et Ă  gauche on met Martine,
    À droite on aura Corinne, les trois mines sous-marines !

    Mais si jamais vient Marlène, il va y avoir la haine.
    Premièrement avec Solenne, deuxièmement avec Karen.

    J’avais pensé que Christiane s’accorderait avec Diane
    Et Morgane avec Viviane mais pas avec sa sœur Liane.

    Si jamais Emmanuelle ne se montrait pas cruelle
    Et Muriel pas trop sexuelle, j’aurais invité Joëlle.

    Mais J’ai peur que Väronixa soit toujours trop tyrannique
    Envers sa sœur Dominique et la tante Frédérique.

    Je suis sûr que si Laurence est heureuse si l’on danse,
    Malheureusement Hermance sera froide envers Florence.

    J’aimerais tante Cécile qui n’est pas très difficile,
    Mais Lucile est trop subtile et Sibylle, trop facile !

    J’emmènerais bien Geneviève boire un verre un soir à Kiev
    Mais Fabienne ferait la gueule de boire en Suisse toute seule.

    Tout ça, c’est très compliqué ! Il faudrait simplifier !
    Et pour ne pas me tromper, je vais tout recommencer …

    Tableau de Fabienne Barbier