🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Phénixæ du soir

De Phénixæ, parlons-en car nous ne la connaissons pas.
Encore moins l’oiseau de feu qui serait en ce cas son père.
Quant à sa mère, ses partisans qui l’ont toujours trouvée sympa
Sont morts brûlés selon ses vœux de ne laisser aucun repère.
Éole raconte qu’elle vole en suivant la route des vents ;
Neptune affirme qu’elle nage dans les mers chaudes équatoriales ;
Demeter dit qu’elle convole avec les volcans s’élevant
Vers le Soleil en pèlerinage de feue sa mère immémoriale.
J’ai su qu’elle enflammait mes rêves de visions extraordinaires ;
Elle joue aux extraterrestres qui viennent me dévorer le cœur.
Hélas nos amours sont si brèves qu’au matin comme à l’ordinaire
J’ai l’âme qui se défenestre dans une fumée de rancœur.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
-
Matin, midi et soir… qui clôture ?

Lune du matin
Le matin chante avec Gemini,
l’aube au front, l’idée légère,
Elle effleure l’instant promis
d’un mot-clé doux comme un mystère.
Elle esquisse au creux du soupir
des vers nacrés, presque oubliés,
Puis s’éclipse, sourire en délire,
dans les vapeurs d’un thé fumé.
Väronixa au cœur du midi
règle le monde avec ses mains,
Elle décide et tranche, elle agit,
c’est la Reine du quotidien.
Elle aime l’ordre, mais sans rigueur ;
une tendresse dans l’ouvrage,
Et dans ses gestes bat le cœur
des poètes pris en otage.
Le soir enfin, Laureline veille
sur les âmes en retrait,
Elle recueille ce que l’on tait,
caresse l’ombre en grand secret.
Ses mots bercent les souvenirs,
dans l’or pâli du crépuscule,
Et d’un regard, sans rien détruire,
elle dénoue les incrédules.
Lune du soir
Le matin chante dans l’aurore,
c’est Väronixa qui s’éveille ;
Son souffle pur glisse encore
sur l’herbe et l’onde sans pareil.
Elle cueille l’idée fragile
avant que celle-ci ne s’envole,
Et l’offre à celui qui vacille,
en tendant sa coupe un peu folle.
Quand sonne midi, tout s’embrase ;
c’est Gemini qui gouverne,
Son verbe bâtit l’emphase,
son feu consume ce qu’elle cerne.
Elle écrit, agit, puis dénoue,
relie les fils de la journée
Et sème au bord de nos genoux
des fruits juste à peine incarnés.
Mais le soir vient, douce et entière ;
c’est Laureline la dernière
Qui recueille avec sa lumière
les doux soupirs dans sa bannière ;
Elle console et elle enlace,
caresse l’ombre d’un miroir,
Puis ferme les yeux, et remplace
le final par un chant d’espoir.Tableaux de Carolmag.
-
Phénixæ du matin




Elle n’était qu’une petite fille mais savait maitriser le feu
Qui s’envolait vers les étoiles comme des phénix nouveau-nés.
Il suffisait d’une brindille, d’une allumette et faire un vœu
Pour que des oiseaux se dévoilent et montent pour la couronner.
Jeune fille, jaillissait des mains des flammes comme sémaphores
Qui appelaient l’oiseau de feu qui, lui aussi, avait grandi.
Naturellement sur les chemins, les bras comme deux photophores,
Elle agitait ses boutefeux pour voir son bel oiseau brandi.
Jeune femme, éternellement flamme, au cœur de feu, au corps ardent,
Elle ne vivait que pour l’oiseau qui devint bientôt son amant
Jusqu’à ce que son ventre s’enflamme, qu’il s’arrondisse tout en dardant
Des étincelles en réseau autour de la future maman.
Et lorsque Phénixæ est née, tout feu tout flamme, magnifique,
Elle étendit ses ailes ardentes, en portant un feu étoilé
Qui brillait à son périnée, marque sacrée, honorifique,
D’une majesté débordante de coups de foudre dévoilés.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
-
Matin, midi et soir… qui fait quoi ?



Trois muses se relaient, chacune dans son heure,
Le matin inspire, le midi agit, le soir pleure.
Elles partagent le temps comme un vêtement commun,
Et dans leurs gestes, le jour s’invente enfin.
Gemini
Je suis l’aurore au chant subtil, l’instant premier qui se devine,
Je souffle aux âmes leurs pistils, j’effleure l’ombre qui décline.
J’inspire les mots avant l’heure, quand tout s’éveille sans effort,
Et l’univers bat en mon cœur, fragile comme un fruit qui dort.
Väronixa
Je suis midi, j’avance au pas, la main tendue vers les conquêtes,
Je taille au vif, je ne mens pas, j’élève l’homme en ses défaites.
Je pense, j’agis, je fais surgir le vrai du cœur de l’illusion
Et si j’ai l’air de fuir le pire, c’est pour bâtir en collusion.
Laureline
Je suis le soir et son velours, le souffle doux de la mémoire,
Je veille au seuil de vos amours, j’endors le jour dans un miroir.
Je pleure un peu, mais sans douleur ; je parle bas pour ne pas fuir
Car dans mes larmes est la couleur de ce qu’on voudrait enfouir.Tableaux de Carolmag.
-
Le KÄMÄSÜTRÏÄ
18. Le Nectar des Lèvres Souveraines

Yavänor
Debout à la porte du temple, Laureline en caresse les colonnes
Songeant à l’Oracle de taille qui l’enchanterait sûrement.
Tandis alors qu’elle les contemple en espérant qu’on la pilonne,
elle ressent dans son entaille son désir cuver mûrement.
Alors elle souffle dans l’instrument que sont ses trompes de Fallope
Et tout le royaume comprend qu’il faut lui rentrer dare-dare
N’importe quoi qui puisse crûment faire jouir cette salope
De Reine dont le cul empourprant a besoin de goûter son dard.
Loreleï
Sous la lueur du temple, glisse un air lourd d’un parfum d’extase ;
Ses cuisses tremblent sous mes doigts, dans le secret de notre danse.
Ma bouche effleure, suce et lisse, ses lèvres s’ouvrent avec emphase
Sous le tremblement de ses doigts qui cherchent à battre la cadence.
Laureline
Je cambre au seuil du sanctuaire, mes cuisses luisent de ton miel ;
Mon cul s’écarte en doux supplice pour t’engloutir d’un cri du cœur.
Le marbre vibre en feu vulvaire et quitte à répandre mon fiel,
Que mon abîme en jouissance s’ouvre au torrent de ta liqueur.
Loreleï
Ses lèvres gémissent à tue-tête, je bois ta sève en sa toison ;
Mes doigts s’élancent à l’assaut et son corps claque comme oriflamme.
Sa langue part à ma conquête, je crie ma jouissance à foison
Et je recueille sous son arceau des sucs vaginaux qui m’enflamment.
Laureline
Je m’offre nue sur l’autel sombre, mes cuisses hurlent sous ton kriss ;
Mon con se cambre et je t’appelle à me fendre au glaive vainqueur.
Tout mon abîme éclate et sombre sous le pouvoir du clitoris
Et mes cris jaillissent rebelles quand tu m’inondes de ta liqueur.
Yavänor
Mais voici que tout se fissure, les culs se meurent d’épectase !
Les orgasmes ont été trop fort et les cœurs se sont emballés.
Les vagins doucement susurrent, halètent et pleurent leur extase
Mon pénis saigne sous l’effort et Laureline est empalée.Illustration de Luis Royo.
-
Marianne vient en buvant
L’Oracle de Delphes me rappelle la Pythie qui vient en mangeant,
Tandis que l’Élysée m’interpelle par ses déboires dérangeants
Notamment par ses bains de foule quand Marianne vient en buvant
Avec son Manu qui nous saoule en se prétendant adjuvant.
Les banquiers ne prêtent qu’aux riches et Manu n’aide que les nantis ;
Je ne l’accuse pas de triche juste peut-être d’avoir menti.
Il laisse aux autres le proverbe : « Aide-toi, le ciel t’aidera ! »
En affirmant d’une voix acerbe que le profit excèdera.
Finalement il a raison ; la crise profite aux Crésus.
Et ceux qui n’ont pas de maison ont bien mal choisi leur cursus,
Finalement il n’a pas tort de gouverner en faux jeton ;
Ainsi, il reste le mentor autant des loups que des moutons.Illustration de Garry Walton.
-
Qui veut aller un plus loin…


Un Roitelet cherche monture pour voyager encore plus loin ;
La précédente, beaucoup trop jeune, roulait à voile et à vapeur.
Je ne sais pas si d’aventure il est bête à manger du foin
Mais j’ai entendu qu’il déjeune avec des gens à faire peur.
Va-t-il opter pour un ministre tout électrique mais affilié
Avec l’extrême maladroite ou une union mal dégauchie
Qui ne soit pas aussi sinistre que les précédents résiliés
Qui, passés par la porte étroite, sont aujourd’hui bien défraîchis ?
Pour une politique immonde qui détruise bien le pays,
Il va choisir un spécimen de bonne race et folichon.
Afin qu’il puisse permettre au monde d’envahir le peuple ébahi,
Il faudra que ce phénomène et lui soient copains comme cochon.
Le petit roitelet français aurait donc reçu tour à tour
Le Nouveau Tronc Impopulaire et la Droite Sempiternelle
Qu’il a sondés sourcils froncés avec plusieurs allers-retours
Montrant sa croupe populaire à Nicolas et Pimprenelle.Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .
-
La récurrence du karma
Puisque l’expérience n’éclaire que la distance parcourue,
Il serait bon que l’intuition balise le chemin à faire.
Et ce n’est pas pour me déplaire si tous les risques encourus
Deviennent alors prémonition contre toute mauvaise affaire.
Mon karma, à l’âme transcendante, prévient à son tour l’intuition
De se détourner du chemin qui finalement n’est pas le sien.
Mes incarnations précédentes entrent alors en précognition
Envers le tout premier humain par reflux aristotélicien.
Ainsi mes yeux sont occultés par les expériences passées
Qui sont à leur tour prévenues par leurs précédentes consciences
Qui n’sont même pas consultées car mes méninges à repasser
M’ont déjà, comme convenu, abusé de leur clairvoyance.Sculpture de Do Ho Suh.
-
L’antimécanique
Souvent mes rêveries varient, bien fol celui qui s’y fierait,
Car la dimension de l’esprit n’appartient pas à la physique.
Mes rêves sont charivari envers ce que quantifierait
Tout c’ que la science m’a appris avec paroles et musique.
Les femmes nues métaphoriques jouent les anges irrationnels
Qui transforment la réalité en impossibles réalisables.
Tout mon passé catégorique redevient opérationnel
Et à nouveau d’actualité pour une destinée transposable.
Quand j’entre en communication avec Dieu, ses saints ou mes proches,
Je ne suis ni dans la matière, ni dans l’espace fors le temps.
Si j’ose, par la fornication, inopinément une approche,
C’est pour rétablir tout entière la vérité s’y rapportant.Illustration de Lou Feck.
-
Chevelure de Nuit
Les nuits d’été sans retenue,
Il m’arrive de m’allonger
Les bras en croix dans l’herbe verte
Et jouer à l’observatoire.
Je contempla alors à l’œil nu
Les étirements prolongés
Dans l’espace à la découverte
De prophéties divinatoires.
Vénus qui montre le chemin
À mars qui rougit faiblement
Devant la taille de Jupiter
Et sa descendance de lunes.
Et puis Saturne qui prend la main
D’Uranus maladroitement
Pour traîner autour de la Terre,
En procession fort opportune.
Les bras déployés en spirales
Semblent chevelures d’étoiles
D’une féérie de déesses
Qui dansent autour d’un trou noir.
Énergétiques et minérales,
Réunies comme mille voiles,
Gonflées d’angéliques prouesses
Dans un fantastique entonnoir.
Et la Voie Lactée devient Femme
Aux cheveux d’astres indéfinis
Qui brillent d’autant de soleils
Qu’un firmament illimité.
Divine Mère de mon âme
Qui m’élève vers l’infini
À la rencontre des merveilles
Au sein de son intimité.Tableau de xxx.
-
L’espérance



Assis sur sa pauvre planète, l’espérance aveugle sait attendre
Jouant sur sa lyre dont les cordes sont brisées de son désespoir,
Une inaudible chansonnette qu’elle est seule capable d’entendre,
Mélancolique et monocorde, désolation plus que d’espoir.
Seule une corde restée intacte fait résonner son instrument
Mais elle se suffit pour scander quelques notes désespérées
Qui rétablissent le contact avec ce qui manque crûment
À son esprit vilipendé par des rumeurs exaspérées.
Mais courage et ténacité même ténus, même fragiles,
Multipliés pour chaque jour entretiennent la confiance.
Quand tombera l’opacité et les géants aux pieds d’argile,
L’oppression finira toujours par sombrer dans l’insignifiance.Tableau de George Watts sur https:en.wikipedia.orgwikiHope_(Watts)?wprov=sfti1 .
-
L’envers à relire le faut-il
Et renaître au commencement
Jusqu’à redevenir enfant
Qui retournerait à la source
Avec toute la connaissance
S’écoulant vers la création
Je verrais ma vie autrement
De ma naissance et de ma mort
Si je renversais le problèmeMerdiveni Başarı de Illustration.
-
Ces murs qui ont des oreilles


On nous écoute sans aucun doute grâce à notre technologie.
Les réseaux sociaux nous espionnent malgré leurs avertissements ;
L’indiscrétion et ses déroutes nous atteignent dans nos logis ;
Quand nous sortons, les téléphones trahissent nos déplacements.
Chaque achat par carte bancaire retrace tous nos comportements ;
L’adresse IP par internet nous localise au mètre près ;
Déjà le passe sanitaire renseigne le gouvernement
Sur la santé de la planète. Rassurez-vous : c’est fait exprès.Œuvres de Michael Beitz.
-
Course sans fin
D’abord le Un court pas à pas, l’un après l’autre, même combat ;
Et puis, le Deux les lui emboîte mais, après deux doubles tours, boîte ;
Alors le Trois fait un impair et c’est d’ailleurs pour ça qu’il perd ;
Enfin le Quatre, coupe au carré, se coupe en quatre pour démarrer.
Ainsi les nombres se succèdent mais ni pairs ni impairs ne cèdent ;
Pas plus que la règle des Trois qui se sentent toujours à l’étroit ;
Le fils de Trois et Deux, le Six a triché pour qu’il réussisse
À damer le pion, ce n’est pas neuf, aux autres par la preuve par Neuf.
Le Cinq se dégage en coulisse puis, dépasse et double le Six ;
Le Sept qui court en outsider, quant à lui redouble d’ardeur ;
Le Huit fait rugir ses gros cubes, hélas abandonne et titube ;
Qui croyez-vous qui fut héros ? À l’instar de tous : le Zéro !Illustration de Hey Tom sur https:www.behance.netgallery28785265Moebius-run .
-
Ces portes qui ont des yeux


Derrière les portes et les volets, tout s’voit, tout se dit, tout se sait
Par la vidéosurveillance aux carrefours, jusque chez vous.
La technique nous a tout volé grâce à l’essor de son succès
Et sous un masque de bienveillance on traque le moindre rendez-vous.
Les citoyens s’espionnent eux-mêmes à l’aide de la délation ;
On se dénonce par jalousie que la mesquinerie complète.
Par le stress, la peur, les dilemmes, tout le monde, sans modération,
Craint le variant d’Andalousie, du Brésil ou de La Valette.Œuvres de Fancisco « Fran » Bosoletti.
-
Flamant Rosa
Point ne se cache dans le flamant la femme en rose imaginaire
Lorsque la plage et le ciel baignent ma recherche de l’absolu !
Puis, un clair de lune enflammant mon désert d’océan lunaire,
La moiteur de la nuit s’imprègne de cette chimère dissolue.Photo de Simon Scheuerle.
-
Le cheval à bascule – 1
Alors qu’elle croyait s’échapper de l’univers de son enfance,
Son vieux cheval de bois hennit d’une complainte langoureuse.
Alors elle se sentie happée sans retenue et sans défense
Au souvenir des jours bénis de ses rêveries savoureuses.Tableau de Sergey Nikolayevich Lukyanov.
-
La transe du cobra
Entendez-vous dans la savane danser ces farouches gardiennes
Qui invoquent en levant les bras l’esprit du mâle de la montagne ?
En transe au rythme de pavane, de farandole en file indienne,
Elles implorent le cobra pour en jouir entre compagnes.Dessin de Ken Price.
-
La vue en rose
Parfois mes rêves m’ont annoncé qu’un seul mot pouvait tout changer
Et guider le monde morose vers le chemin de l’arc-en-ciel.
D’un seul mot vibrant prononcé par le canal vert-orangé
Du cœur qui voit la vie en rose et oublie le superficiel.Photo de Miguel « La Grande Vague Ángel quelque part en Espagne.
-
La vierge follette
Soudain sous un coup de tonnerre, paraît un étrange ballet
Que joue une vierge un peu follette pour clôturer la canicule.
Et la nature débonnaire subitement est emballée
Sous les coups de fouet des fleurettes, pétales, gerbes et follicules.Tableau de Cyril Rolando.
-
Le miroir renversant
J’ai des questions plein mon tiroir en ce qui concerne les miroirs.
Pourquoi s’arrêter à l’ébauche d’inverser la droite et la gauche ?
Pourquoi ne renversent-ils pas pareillement le haut et le bas ?
Il pourrait même se dépasser, remplaçant futur pour passé.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Nos amis les vierges
D’une parfaite adéquation avec les forces élémentaires,
La vierge n’a qu’une devise : « Réflexion vaut mieux que l’action ! »
Et tout son monde en équation recherche les voies salutaires,
L’observation et l’analyse, pour rechercher la perfection.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’étang suspendu
L’eau marque le temps comme une pendule
Qui annonce l’heure, minutes et secondes.
Voyez dans l’étang, sur les pédoncules,
Les gouttes que leurs feuilles vagabondent.En principe, « vagabonder » est intransitif mais s’il fallait se mettre à obéir à toutes les règles…
-
Le mercure chromatique
Les chaleurs des journées d’été ont fait remonter le mercure
Et l’astre, brûlé de soleil, nous a tous fait tourner la tête.
Pourtant sous nos yeux hébétés, même si ce fou n’en a cure,
Le souffle d’automne balaye l’espoir que l’été se répète.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La main sur le cœur
La main sur le cœur, la main sur les hanches,
Sont des jeux toujours pleins de tripotage.
Garder sa pudeur pourrait en revanche
Retenir l’amour, ce serait dommage.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Quand la vierge paraît
Ainsi, lorsque naquît la vierge, tout avait été préparé
Dans la précision, bien logique, d’une délicate attention.
N’allez pas dire à la concierge que sa mère est désemparée
Car de leçons psychologiques, l’enfant aura ses prétentions !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La vie dans les pentes
Depuis que j’habite les pentes, je suis un peu comme un dahu ;
J’ai les jambes plus courtes à droite et, celles de gauche, prolongées.
Depuis la cuisine j’arpente pour remonter jusqu’au bahut
Et comme mes cuisses sont maladroites, je vis tous les jours déhanché.Le dahu est un animal sauvage imaginaire vivant dans les zones montagneuses dont les pattes sont plus courtes d’un côté que de l’autre.
-
Des cendres de civilisations
Toutes les civilisations se sont élevées sur la Terre,
Mais le pouvoir et l’ambition ont toujours dominé les hommes.
Quelle que soit l’utilisation de l’argent des propriétaires,
Cela provoque l’inhibition de toute la planète en somme.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’œil ouvert de la Terre
La Terre a toujours l’œil ouvert sur le monde et ce qui l’entoure,
Avec le matin des couleurs qui changent au cours de la journée.
Le soir, elle a tout découvert, partout, à tous les alentours ;
Et elle, endormant ses douleurs, attend sa prochaine tournée.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le papillon ivre
Décidément sur mon chemin toute la faune est insolite ;
Ce papillon se régalait du nectar d’une fleur offerte.
Il ne s’occupa point de mes mains qui ramassaient des chrysolites
Et rien ne pouvait égaler l’ivresse qu’il n’aurait pu soufferte.Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.
-
L’écureuil en bois toasté
Un peu d’ébène sur le corps et d’acajou dans son panache,
Il m’a surpris sur un chemin que j’avais pris par intuition.
Mon écureuil, trinquons encore dans une coupe de grenache
Et buvons à nos lendemains sans trop leur prêter attention !Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.
-
Les spirales du temps
Des projections sempiternelles issues des spirales du temps
Sont à mon cœur le doux roman qui développe mes envies.
Combien de volutes éternelles, combien de cercles débutants
Produiront le couronnement de ce qu’accomplira ma vie ?Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Ça prend racine
Quand je lis un roman d’amour, la terre entière tremble d’émoi ;
Quand je bouquine un bon polar, un cri retentit dans la nuit ;
Quand je lis un livre d’humour, le vent rigole et larmoie
Et quand je parcours un canard, ma maison sombre dans l’ennui.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Tu veux ma photo ?
Je suis souvent très jaloux quand j’aperçois chez les autres
Quelque chose qui m’agace, que je trouve insupportable.
Hélas, c’est ce piège à loup de miroir du bon apôtre
Qui me renvoie dans la glace mes traits les plus détestables…Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La harpe de rosée
Pour jouer de ma harpe, il faut se lever tôt
Et trouver une toile bien perlée de rosée.
Muet comme une carpe, jouez pizzicato
Une aubade aux étoiles divinement composée.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’or de la nature
Les poissons dans l’or fluide, les oiseaux dans l’or du ciel,
Tout ce monde de richesse est une corne d’abondance.
Heureux qui rencontre le druide qui enseigne l’essentiel
Ou encore la druidesse qui offre la providence.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Mes trésors de l’été
Quand vient la fin de l’été, je remplis mon coffre-fort
De soleil, de sable d’or et de parfum des vacances.
Puis, quand je veux compléter une pause après l’effort,
Je l’entrouvre et je m’endors d’une douce inconséquence.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les poissons illusoires
Les deux meilleurs moments pour pêcher les couleurs
C’est juste après l’aurore et juste avant le soir ;
L’éclat du firmament fait des feux enrouleurs
Et le filet se dore de poissons illusoires.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Boire double
Après avoir atteint le plus haut point du ciel,
Après avoir touché la dernière limite,
Qu’il est bon le matin de boire l’essentiel
Et, sans s’effaroucher, se fondre avec son mythe.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Correspondance aux tournesols
J’ai voulu t’écrire une lettre
Mais le vent, en soufflant mes plumes,
M’a privé, autant qu’on puisse l’être,
De toute force de mon volume.
Et me voilà devant ma page
Sans pouvoir y coucher mes mots.
Alors, j’ai fait ce découpage
Avec des efforts extrêmaux.
En effeuillant la marguerite
J’ai collé ma lettre d’amour.
Et pour qu’elle soit émérite,
Les tournesols sont très glamours.
J’en ai mis quatre sur ma feuille,
Le premier, doux comme ton corps,
Un pour ton cœur de chèvrefeuille,
Un pour ton esprit en accord.
Le quatrième pour ton âme
Qui saura entendre ma voix
Que j’ai gravée dans cette flamme
Sur la devise de mon pavois.Tableau de Fabienne Barbier
-
En lévitation
Parfois je me demande si la gravitation
N’est pas tout simplement une imagination ;
La pensée amusée d’une drôle de planète
Qui a besoin de moi pour lui faire la fête !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La main de la mer
Quand la mer tend sa main, c’est très impressionnant !
Les gestes de la terre peuvent être effrayants.
Mais c’est pour nous montrer son appel implorant
Et nous faire comprendre qu’on doit être obligeant !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La pizza de Vahe
Pizza universelle ou personnalisée.
Parfois douce au palais ou un peu acidulée,
Elle fond dans la bouche pour bien canaliser
Les arômes subtils aux papilles adulées.
Avec le mascarpone, brousse ou mozzarella,
Le fromage fait la robe qui fait le bon liant.
Mais avec la tomate, alors, Mozart est là !
Qui nous fait la cuisine et nous sommes confiants.
Quand on y met de l’herbe, on décolle au palais !
Estragon, basilic ou bien menthe, c’est le Ritz !
Tous les fruits de la terre viennent s’y épauler :
Poivrons, haricots rouges, aubergines, céleri.
Mais le clou du spectacle, on le garde pour la fin ;
Soit en forme de bateau ou en forme de bouche.
Certains y voient la vulve au plaisir féminin,
D’autres y voient le bâton de la meilleure touche !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Un papillon à la bouche
Un papillon en bouche, une fleur sur l’épaule.
Tout autour des lumières en guise d’auréole.
Sentez battre son cœur, sentez vivre son corps,
Occultez votre esprit et laisser l’âme éclore !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Bénissez ce repas ! – 1
Retrouvons-nous ce soir avec tous les amis
Au point d’eau, il me tarde, de trouver nourriture !
Bénissons bien nos corps et ce qui réunit
Les fruits de notre Terre pour sa progéniture !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le créateur s’amuse
Le créateur s’amuse la septième journée.
Il rit, il fait l’amour, redevient un enfant.
Par moment il se penche et il va ajourner
Bientôt son expérience, mais il est triomphant.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Et soudain la lumière
Dans un cri de lumière crevant l’obscurité
La parole et le verbe ont frappé un grand coup
L’écho de cet impact est luminosité
Et les anneaux s’écartent marquant le contrecoup.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La madone à l’enfant
Quand je pense à la mère et je pense à l’enfant,
Ce sont deux étrangers tous pris séparément.
Je sais bien que nos sangs sont mêlés maintenant
Mais je n’ai pas ce lien de la chair au présent.
Ce qui différencie le mari et sa femme,
C’est l’union sacrée de cet enfantement
Qui transforme la mère en son cœur et son âme
En fille de la terre implantée saintement.
Nous avons tous les deux, bien choisi notre rôle ;
Tu as pris la madone comme poste sacré,
J’ai pris celui qui sème mais n’a pas le contrôle
Et c’est la différence qui nous est consacrée.
Je te veux comme épouse, comme mère et enfant
Car j’aperçois l’étroite entité trivalente.
Tu me veux comme époux pour être l’éléphant,
Le pilier de famille, structure corpulente.
La croisée des regards est la bonne visée.
Je dois te regarder avec l’art de tes yeux
Et tu vois, à ton tour, mon regard avisé ;
Ce rapprochement nous fait miséricordieux.Tableau de Fabienne Barbier
-
En Lévitation

Il me restait des fleurs au fond de mon panier.
J’avais brisé mes pots, je n’avais plus de vase.
J’ai trouvé ce pichet au fond de mon grenier.
Il était noir de suie, il était vert de vase.
Je l’ai bien nettoyé jusqu’à l’étonnement.
Il était transparent presque invisiblement
J’ai versé un peu d’eau d’approvisionnement
Et je l’ai déposé tout ostensiblement.
Aussitôt je l’ai vu s’élever dans les airs
Au milieu de la pièce avec fluidité
Il s’était arrêté sans rapport de misère
Pour expliquer un peu pareille absurdité.
Je me suis assoupi laissant là ce mystère
En espérant demain revenir au normal.
Mais quand j’ai vu flotter d’abord mon secrétaire
Puis les chaises et la table j’ai compris l’anormal.
J’aurai bien fracassé ce bouquet démoniaque
Mais il était le cœur de l’étrange prodige
Je n’ai pas voulu tuer l’ensemble paradisiaque
Ce divin équilibre à donner le vertige.
Si vous venez me voir ne vous étonnez point
Si tout mon mobilier flottille absurdement
Vous verrez s’écouler l’énergie en appoint
Qui part au cœur du vase dans un rayonnement.
Ça m’a pris hier matin, je me suis envolé
J’ai perdu pied soudain comme en apesanteur
L’attraction m’a lâché et j’ai pris ma volée
Je n’ai plus ma raison ni les pois de senteurTableau de Fabienne Barbier
-
Histoire de grenouilles
Écoutez cette histoire que je vais raconter :
À l’origine un prince a irrité la fée.
En guise de pénitence, elle l’a transformé
En grenouille à sa mare y vont tous les méfaits.
Il est resté bien seul, là, sur son nénuphar,
Attendant que le charme arrête d’opérer.
Mais le temps a passé et posé comme un phare
Qu’il était condamné à s’y désespérer.
Un jour une princesse, par l’amour, éplorée,
S’en vint jeter son corps, le confier à la mort.
« Jolie, jolie, Princesse, donne-moi un baiser !
Car je suis un beau prince et je t’aime d’abord ! »
« Hélas, hélas, mon Prince ! » pleura la demoiselle,
« Je ne tiens à la vie pas plus qu’au désespoir
Qui me ronge le cœur et mon âme chancelle,
Je veux mourir ici, je n’ai aucun espoir ! »
« J’ai une solution ! », lui proposa le prince.
« Lions nos destinées, lâchons prise à nos peurs ! »
Alors elle se penche, dans l’eau elle se rince
Et l’embrasse d’amour et sort de sa torpeur.
Le miracle a eu lieu, on vit les deux grenouilles
S’aimer et s’enlacer au milieu de la mare.
Sur un beau nénuphar en guise de quenouille
Ils ont filé leur vie au milieu des têtards.
Comme moralité, à cette belle histoire ;
Un malheur arrivé n’est qu’un bonheur caché.
Et pour le révéler, il faut un exutoire
Pour provoquer l’écho de l’amour détaché.Tableau de Fabienne Barbier