Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Quand le bateau brĂ»le

    Quand le bateau brûle

    Bien que, sur le même bateau, on brûle, on pille le navire,
    On vole ses planches Ă  la coque et on fait des trous dans la cale.
    Mais, cerise sur le gâteau, tandis que la mer nous chavire,
    On boit, on s’fait des rails de coke vu la situation bancale.

    Chacun réagit à sa guise notamment les lanceurs d’alertes,
    Les O.N.G. écologistes, les complotistes sur les réseaux,
    Les économistes qui déguisent des chiffres qui nous déconcertent
    Et les politiciens fascistes qui nous prennent pour des zozos.

    Quant à moi, je trie mes déchets mais pas les matières plastiques ;
    J’achète au magasin du coin légumes et fruits exotiques ;
    Je boycotte l’étal du boucher mais la bidoche est fantastique
    Lorsqu’elle est cuisinée à point avec des produits synthétiques.

    Et moi je pars sur cette nef, journal en main comme un flambeau,
    Chargée de rêves dérisoires et de trésors de pacotille.
    Les vagues rient de mes reliefs, les flammes lèchent mon tombeau ;
    Qui donc gagne au jeu dérisoire, la planète avec ces broutilles?

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

    
    
    
  • BrĂ»ler la chandelle par les deux bouts

    Brûler la chandelle par les deux bouts

    Le progrès joue aux oxymores et l’humain contre la machine ;
    Caissières, profs et infirmiers sont remplacés par des robots.
    Le progrès joue les matamores tandis que l’humain, lui, s’échine
    À vouloir être le premier mais aujourd’hui rien n’est trop beau !

    Avant on faisait des sondages auprès de gens représentatifs,
    Aujourd’hui hommes et femmes consultent l’intelligence artificielle.
    Les questionnaires d’un autre âge ne sont plus argumentatifs
    Et des algorithmes résulte tout ce que l’on veut d’officiel.

    La planète n’a plus de ressources ? Profitons-en avant la fin !
    Il faut faire des économies ? Imposons pauvres et SDF !
    Il faut tuer le mal à la source ? Interdisons les crève-la-faim !
    Luttons contre l’ignominie avec des tracts en PDF !

    On recycle les idéologies comme on composte des déchets,
    On repeint d’un vernis durable ce qui s’écaille de vérité.
    Et si la flamme est trop ardente, soufflons dessus pour mieux prĂŞcher :
    Ainsi brûle la chandelle entière, des deux bouts jusqu’à l’absurdité.

    Illustration générée par IA.

    
    
    
  • BrĂżnhildr – Les amours tragiques

    Guerrière soumise à l’élite, fors la volonté de son père,
    Elle choisit de favoriser un guerrier qu’elle juge le plus brave.
    La colère d’Odin sans limite la condamne à la peine sévère :
    Déchue de l’immortalité et un feu ardent comme entrave.

    Un sentiment de solitude s’abat sur elle consternée ;
    Elle fait le vœu d’une délivrance qui osera braver ses flammes.
    L’espoir devient son attitude prioritaire et concernée
    Par le héros dont la vaillance à dompté un dragon infâme.

    Puis il rompt le cercle de feu, la découvre, ainsi la réveille
    Et leur amour devient puissant par l’échange de leurs serments.
    L’anneau d’Andvaranaut, l’aveu de leur ardeur qui s’émerveille
    Mais se révélera impuissant, brisé par ensorcellement.

    Donnée à un autre en mariage, Brÿnhildr alors se désespère ;
    La Valkyrie ouvre les yeux et se tourne vers la vengeance.
    Elle manipule son entourage contre l’homme qui l’exaspère
    Pour tuer son amant odieux qui a trahi son allégeance.

    Mais une fois le héros mort, elle comprend que son amour
    Demeure plus fort que sa rage et la force à l’engagement ;
    Afin de calmer ses remords, en conséquence de ses débours,
    Elle rejoindra avec courage le bûcher encore fumant.

    Cette déclaration éternelle réunit leurs âmes dans la mort ;
    Là où plus aucun sortilège ne pourra plus les séparer.
    Seule une geste surnaturelle d’un nouveau héros matamore
    Pourrait vaincre le sacrilège mais elle a été égarée.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • BrĂżnhildr – Celle-qui-veille-dans-le-feu

    Elle veille dans un cercle de flammes qu’elle a choisi pour protection
    Des runes gravées par le destin couvrent ses bras sanguinolents
    Elle cherche et recueille les âmes guerrières avec circonspection
    Pour les emmener au festin dans un Walhalla opulent.

    BrĂżnhildr, la figure puissante et la Valkyrie redoutable,
    Choisissait parmi les plus braves, les guerriers tombés au combat.
    Pour mener leurs âmes vaillantes auprès d’Odin et à sa table
    Qui les délivre de l’étrave de la mort pour faire la nouba.

    Elle ne se plie pas aux principes et suit son propre code d’honneur,
    Force indomptable qu’est son essence ainsi que le feu qui l’anime.
    Sa figuration l’émancipe d’une armure à l’air plastronneur
    D’un casque ailé et d’une lance, défiant les dieux pusillanimes.

    Elle chevauche un cheval ailé au-dessus des champs de bataille
    Son regard rallié sa bravoure au devoir de sa destinée
    Les cheveux au vent démêlés et le tonnerre dans son sillage,
    Elle choisit ceux qui savourent sa volonté déterminée.

    Brÿnhildr est la représentante d’une autorité approuvée
    Par les récits répertoriés selon les opportunités.
    On dit encore qu’elle se présente entièrement nue pour éprouver
    La virilité des guerriers au-devant de sa nudité.

    On dit aussi : « Qui la féconde, l’aimera, elle et son enfant,
    Deviendra l’amant idyllique dont elle deviendra amoureuse.
    Elle l’invitera dans son monde en tant que guerrier triomphant
    S’il se courbe à sa symbolique prépondérance rigoureuse. »

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La chanson de Lilith

    Tes lèvres brûlèrent ma peau, tes mains caressèrent mes hanches ;
    Ton glaive en moi s’est enfoncé et je t’offris mon cri de femme.
    J’ouvris mes cuisses entre mes eaux pour tes ardeurs un peu trop franches ;
    Nos chairs ardentes ont dansé dans un brasier mêlant nos flammes.

    Nos corps nus mêlés en délire et nos deux orgasmes ont rugi ;
    La nuit trembla dans son silence et ton sperme déferlait en moi.
    Mon vagin a aimé t’élire mon champion quand ton flux jaillit
    Et les draps emplis de semence gardent la trace de nos émois.

    Le lit vaste comme une nef sous le toit de Bruja la brune ;
    Quatre corps devinrent un seul, liés par la houle hispanique.
    Ce soir, nous avons pour bénef un chant d’amour écrit en runes
    Et une victoire sur nos linceuls prédits par les dieux titaniques.

    Freyja, la torche flamboyante, traçait des braises sur ta chair ;
    Loreleï, lunatique guerrière, t’enlacait comme son trophée.
    Et moi, Lilith, mère prévoyante, veillait mes enfants les plus chers
    Et puis toi, l’âme aventurière, perdu dans les bras de Morphée.

    J’étais Bruja, moitié sorcière moitié herboriste maudite ;
    Je savais les herbes secrètes qui développaient les extases
    Dont nos amours bénéficièrent dans des voluptés inédites
    Et dont les remèdes sécrètent le vaccin contre l’épectase.

    Et toi, tu es l’homme-cosmos, l’homme sur la route des dieux,
    Escorté de Freyja la flamme et Athéna l’égide sombre.
    Et nous, tous les quatre en osmose, que je protège des pièges odieux,
    Tissés pour capturer nos âmes par les démons tapis dans l’ombre.

    Nous fûmes tes reines et prêtresses, nous sommes devenues tes amantes
    Jusqu’à ce qu’une aube pudique hésite et rougisse de honte.
    En découvrant toute l’ivresse de nos amours enthousiasmantes
    Durant cette nuit fatidique d’une passion de mastodonte.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Espiègleries

    Nous eûmes des moments de détente tout au long de la traversée
    Surtout en Méditerranée ou la chaleur nous entraînait
    À abandonner notre tente pour des jeux très controversés
    Qui mous ramenaient le soir vannés par l’amour qui nous enchaînait.

    Nous commencions nos jeux de jambes qui consistaient Ă  nous atteindre
    LĂ  oĂą le plaisir nous espionne pour occasionner les passions.
    Comme nous étions très ingambes l’inclination à nous étreindre
    Faisait des filles des championnes grâce à leur émancipation.

    Bonnes joueuses elles me laissaient gagner leurs cœurs et leurs bonbons
    Et en triomphe me portaient comme le vainqueur de l’amour.
    Tous les coins que l’on connaissait y passaient et nous succombions
    Aux désirs qui nous emportaient vers l’art nos espiègleries glamours.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • ItinĂ©raire

    Image galerie

    Nous sommes partis d’Helvétie pour rejoindre le Mont Olympe
    Et rencontrer Zeus et Hera, puis Aphrodite et Athena.
    Nous avons voyagé vers Rome pour atteindre le Capitole
    Pour voir Jupiter et Junon, puis Vénus ainsi que Minerve.

    Par la mer Méditerranée nous sommes allés en Égypte
    Rallier Isis et Osiris, Seth, puis Horus, Anubis et Thot.
    Nous avons étudié l’Histoire des Pharaons et des apports
    De cette culture égyptienne dont nous en sommes les héritiers.

    Nous traversâmes la mer Rouge et arrivâmes en Israël
    Pour y retrouver les rouleaux évoquant le Dieu des Hébreux.
    Puis sommes allés en Palestine, par la suite à Jérusalem,
    Pour comprendre l’enseignement d’amour de Jésus de Galilée.

    Nous avons atteint le Liban, retrouvé les premiers chrétiens,
    Les coptes, puis les catholiques, les orthodoxes, les protestants.
    Nous sommes partis en Arabie afin de rapprocher la Mecque
    Et lire l’histoire de Mahomet et le grand livre du Coran.

    Et nous nous sommes aperçus que nous avions suivi la route
    Des dieux vénérés par les hommes et non celle des dieux eux-mêmes.
    Retour aux sources au Mont Olympe sous le sévère regard de Zeus
    Qui nous a concédé sa foudre pour éclairer notre odyssée.

    Retour à Rome, cité des aigles, ville martiale et ordonnée,
    Nous sommes, grâce à notre éclair, devenus des torches sacrées.
    Par les trois autels visités, nous avons trouvé des indices
    Afin de résoudre l’énigme aidés par Bruja la sorcière…

    Qui s’est révélée être Lilith, alias Brynhilrd notre mentor,
    Qui nous fit franchir sans encombre le septentrion consacré.
    Rejoints et aidés de l’élite des vikings et d’un loup retors,
    Yggdrasil est sorti de l’ombre, l’Arbre du Féminin Sacré.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Testament des Dieux

    J’ai d’abord invoqué les runes qui nous ont menés en Islande.
    Puis de Valkyries en Druidesses et de Sorcières en Korriganes,
    Nous avons rallié les cromlechs aux rites anciens et druidiques
    Jusqu’à devenir leurs semblables et participer à leurs cultes.

    Nous avons remonté le Nil pour trouver les dieux primordiaux,
    Ceux des premières origines et ceux des premières croyances.
    Nous avons recherché l’impact des civilisations antiques
    Sur notre société moderne mais les dieux nous ont oublié.

    Des dieux pluriels au dieu unique, nous avons parcouru la bible
    Et le Coran qui reconnaissent le même dieu sous d’autres noms.
    Pourtant ce dieu au lieu d’unir a isolé le judaïsme,
    A fractionné le christianisme et divisé les musulmans.

    L’histoire des civilisations met en lumière la Grèce antique
    Et l’effet des dieux de l’Olympe ainsi que la philosophie
    Et les effets démocratiques pour une société sereine
    Qui a connu la décadence et l’emprise du monde romain.

    Rome, cité incontournable, avec sa société martiale
    Et ses conquêtes de territoires a absorbé les religions.
    Les dieux grecs devenus romains ont juste changé de pays
    Jusqu’à l’affrontement naissant du christianisme réformateur.

    Pourtant nous avons découverts, dans les autels sacrés de Rome,
    La trace des dieux plus anciens depuis l’origine du monde.
    Alors les légendes nordiques nous ont été inspiratrices
    Pour retrouver le symbolisme du vrai Dieu de toute la Terre.

    Yggdrasil, le buisson ardent ou l’arbre-monde sont similaires
    Et l’arbre généalogique universel est apparu
    Sous forme de Féminin Sacré et toutes ses branches femelles
    Dont les racines plongent de la Terre et dont la cime touche le ciel.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Quand les sirènes voyagent en boĂ®te

    Quand les sirènes voyagent en boîte

    À l’instar des humains en boîte, stockés dans leurs avions de lignes,
    Les sirènes voyagent aussi de conserve, entre autres en low-cost.
    Un peu serrées mais elles s’emboîtent, toutefois pas assez malignes
    Quand les marins leur négocient un tour qui vire à l’holocauste.

    Si vous trouvez sur votre table une boîte à sardines « Mermaid »,
    Ouvrez-la délicatement et laissez sortir les sirènes.
    D’abord leur goût est détestable après le fâcheux intermède
    Qui a haussé suffisamment leur trouillomètre dans leur carène.

    Non seulement reconnaissantes, elles seront dévouées à vie
    Et à l’escale de Gibraltar vous signaleront comme vedettes
    Car ce sont des adolescentes qui vivront, Ă  mon humble avis,
    Tellement longtemps que tĂ´t ou tard elles vous rembourseront leurs dettes.

    Illustration d’Alinabeska sur https:www.deviantart.comalinabeska .

    
    
    
  • Sirènes en boĂ®te

    Vous pensiez les sirènes grandes, à l’échelle humaine et normales
    Mais elles sont en réalité de toutes petites ondines.
    Dans les pêcheries de Guérande, à cause de leur taille minimale,
    Il est d’éventualité de les prendre pour des sardines.

    Chaque fois que j’ouvre une boîte, je fais attention à frapper,
    Puis d’ouvrir délicatement la clef de peur d’en effrayer.
    D’autant que l’huile, inadéquate à tenter de les attraper,
    Les ferait sauter directement et ce n’est pas très conseillé.

    De temps en temps, j’ai de la chance et j’en recueille à l’occasion
    Lorsqu’elles proviennent de France mais pas de Suisse, ni de Bavière.
    En toute bonne intelligence, je leurs permets leur évasion
    Et je mets fin à leurs souffrances en les plongeant dans la rivière.

    Parfois elles restent une soirée à me raconter leurs projets
    Lorsqu’elles auront regagné les abysses qui les préservent.
    Un jour vous aussi vous croirez, vous n’ pourrez pas y déroger,
    Et trouverez dans le panier une sirène de conserve.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Le passager clandestin

    Le passager clandestin

    Je suis passager clandestin et j’arrive d’un autre monde ;
    Je ne suis pas né comme vous autres mais j’ai été téléporté.
    Inséré parmi vos destins, à l’aide de ma belle faconde,
    Je me suis glissé parmi les vôtres et vous m’avez tous supporté.

    Si souvent je vous abandonne, c’est pour aller me ressourcer ;
    Je me mets en hibernation dans une bulle sous séquestre.
    Imposteur, Dieu me le pardonne, car je n’ai pas à rembourser
    Le prix de mon incarnation puisque j’ai l’âme extra-terrestre.

    Depuis que je suis dans vos rangs, j’ai bien soigné ma renommée ;
    Je me suis rendu très utile aux uns, aux autres, à tout le monde.
    Voyageur et puis conquérant, j’ai su atteindre à point nommé
    Le titre d’un humain futile afin que nul ne me confonde.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • En contre-plongĂ©e vers mon futur

    En contre-plongée vers mon futur

    Parallèlement à la plongée dans mes souvenirs antérieurs,
    Des rêves m’ouvrent une frontière vers l’avenir imprévisible.
    Chaque fois ces contre-plongées déversent dans mon intérieur
    La révélation tout entière qui reste, au réveil, invisible.

    Mais chaque nuit, de rêve en rêve, tous ces messages s’accumulent ;
    Ils alimentent ma conscience en s’incrustant profondément.
    Même si ces nouvelles sont brèves, la graine qu’elles dissimulent
    Apparaît dans ma subconscience comme un petit écho dément.

    Sans doute, petit Ă  petit, je perds pied dans mon entourage
    Tout en croyant évoluer vers l’authentique clairvoyance.
    N’ayez crainte ! Cet appétit bien au contraire m’encourage
    À devoir réévaluer que tout ça n’a pas d’importance.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Diane Ă  l’aurore

    Diane à l’aurore

    Tandis qu’elle cherche sa victime aux premiers rayons qui poudroient,
    L’autre partie de son cerveau accomplit des gestes complexes.
    Il s’établît un lien intime entre la chasseuse et sa proie
    Lorsqu’elle remet à niveau les deux parties de son cortex.

    Pour ainsi dire, elles sont deux, elles sont trois ou mĂŞme quatre
    Comme la prudence associée à la force par la tempérance.
    Aucun sentiment hasardeux ne vient la troubler pour combattre
    Ni crainte ne vient dissocier ou faiblir sa prépondérance.

    La cible est déjà circonscrite, et dans son œil, et dans son cœur
    Et lorsque la flèche est lâchée, la proie fait partie de son corps.
    Son histoire à jamais inscrite au florilège des vainqueurs
    Restera toujours attachée aux légendaires plus grands records.

    Tableau de Susan Seddon Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207susan-seddon-boulet.html .

    
    
    
  • La peinture en lui, l’aquarelle en elle

    Puisqu’on veut décider son sexe, sa race et son appartenance,
    Pourquoi ne déciderait-on pas le coloris de sa peau ?
    Une combinaison complexe de colorations et nuances
    Et de variations de bons tons selon des goûts bien à propos !

    Finis les jaunes, noirs et blancs et vivent les bariolés !
    Osons au front nos bleus de l’âme ! Risquons un sourire rugissant !
    Teintons des cheveux ressemblant à un pinceau patafiolé,
    Échevelés en oriflamme flottant aux valeurs rouge sang.

    Photos de Werdn Occulta sur https:www.deviantart.comwerdnocculta .

    
    
    
  • L’erreur d’une profonde nuit

    L’erreur d’une profonde nuit

    C’était pendant l’erreur d’une profonde nuit,
    Le mystère rôdait dans les ombres opportunes.
    Un voyageur transi, fatigué, qui s’ennuie
    Et un amoureux prêt à décrocher la Lune.

    Ce jeune itinérant de quatre-vingt-dix ans
    Lisait, mains dans les poches, un journal illisible
    Sous la clarté obscure de quelques vers luisants
    À travers les carreaux d’une fenêtre invisible.

    Quand le jour se leva, la Lune était tombée
    Dans les amours perdues derrière l’horizon.
    La faute apparemment était à incomber
    Aux cœurs désabusés de vaines trahisons.

    Illustration de Quint Buchholz.

    
    
    
  • La vierge sotte

    La vierge sotte

    La vierge saute un jour sur deux selon l’humeur des éléments,
    Un peu follette les jours d’orage, un peu tourmentée des tempêtes ;
    La vierge sotte, l’air cafardeux, lorsque les vents sont véhéments,
    Un peu plus sage et bisque rage quand le soleil est Ă  la fĂŞte.

    La vierge idiote, cyclothymique, inattendue, imprévisible,
    Uniquement les jours impairs, ne cherchez pas Ă  la comprendre.
    La vierge spontanée et comique, mais d’un caractère paisible,
    Intelligente les jours pairs ; les seuls jours où elle peut apprendre.

    Illustration de Pascal Blanché.

    
    
    
  • Au commencement, Dieu crĂ©a le singe

    Au commencement, Dieu créa le singe

    Au début, Dieu créa le singe mais à son grand étonnement
    Celui-ci n’était ni querelleur, ni hypocrite, ni même infâme.
    Il ne se creusait pas les méninges contre son environnement,
    N’était pas vraiment cavaleur et pire, il respectait les femmes.

    Alors Dieu lui Ă´ta sa queue, quelques poils et deux chromosomes
    Puis, le dota d’un cœur de pierre et d’un gène auto-suicidaire.
    Il devint ainsi belliqueux et Dieu alors bénit les hommes
    En leur offrant la Terre entière pour un programme génocidaire.

    L’homme prit sa femme pour cible pour la rabaisser au ménage ;
    Il affronta tous ses semblables, persuadé d’être l’élu ;
    Il crypta l’ordre dans la bible de corroborer l’esclavage ;
    Bien que ce soit invraisemblable, Dieu lui garantit son salut.

    Des singes, je reste le dernier comme un ermite qui s’éclipse ;
    Je n’ai pas le droit de sortir ni de respirer au grand air.
    J’attends que vous ne discerniez jamais la triste apocalypse
    Dont viendront vos corps s’assortir fossiles, six mètres sous terre.

    Illustration d’Atomic Circus.

    
    
    
  • Un bol de couleurs

    Un bol de couleurs

    Pour quitter la morosité, je vous offre un bol de couleurs ;
    Une peinture insaisissable proche de l’écoute du cœur.
    Goûtez la générosité des tons qui gomment les douleurs
    Qui se dispersent comme le sable entraîné par un vent moqueur !

    Savourez l’indigo des fleurs, dégustez le rose des vents,
    Appréciez le camaïeu des écarlates arbrisseaux !
    Essuyez vos larmes et vos pleurs, souriez au soleil levant
    Qui vous offre un jour radieux tout autour d’un riant ruisseau.

    Tableau de Kent R. Wallis.

    
    
    
  • Parfum de poème

    Parfum de poème

    Les vers n’exhalent une fragrance qu’entre les lignes de bonne grâce ;
    Parfum sauvage, odeur musquée, aux rimes riches et salutaires ;
    Essence à forte pénétrance quand elles se croisent et qu’elles s’embrassent ;
    Parfois l’onguent reste embusqué pour surprendre un vers solitaire.

    Tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

    
    
    
  • Le grand livre de la fleur

    Le grand livre de la fleur

    La fleur, glissée entre les pages, m’a raconté son aventure.
    Comment une petite graine peut croître en sa mère la Terre,
    Comment un subtil arrosage lui développe sa verdure,
    Comment la chaleur souveraine du soleil l’honore d’un père.

    Texte d’après un poème de Dianne Cikusa et un tableau de Chie Yoshii sur www.chieyoshii.com .

    
    
    
  • …Des fleurs dans les filles

    …Elles étaient six le lendemain, effet de parthénogenèse,
    Et moi, hĂ´te de trois jumelles bien difficiles Ă  distinguer.
    D’abord ce fut un jeu de mains pour tâter leur morphogenèse
    Entre douze cuisses et mamelles par mes caresses prodiguées.

    Quand elles se tenaient deux par deux, bizarrement mon cœur battait
    Doublement, de plus en plus fort car j’en tremblais de tous mes membres.
    Il aurait été hasardeux d’en rire et point me débattais
    Lorsqu’elles prirent sans effort possession des murs de ma chambre.

    À mon réveil, elles ornaient les murs de la tapisserie
    Parmi les fleurs de la saison de cet été d’Apollinaire.
    Depuis, sans trop me flagorner, mais sans trop de jacasserie,
    Je fais visiter ma maison Ă  des femmes extraordinaires.

    Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .

    
    
    
  • Des filles dans les fleurs…

    Parmi la montagne de fleurs reçues à mon anniversaire,
    Certaines, qui n’étaient qu’en bouton, ont eu l’honneur d’un joli vase.
    Bien arrosées de tous mes pleurs et larmes d’une joie sincère,
    Posées sous le regard glouton d’un matou qui guettait l’occase.

    Dans la nuit j’entendis un bruit… suivi de la fuite éperdue
    Du chat qui aurait vu Satan et qui en craignait pour sa vie.
    Mon joli vase était détruit, les jolies fleurs étaient perdues
    Mais les fruits mûris juste à temps, là, découverts sur le parvis.

    Trois jolies filles étaient écloses, parées de fleurs aux mamelons,
    Des seins joliment couronnés, des feuilles partout sur le corps.
    Moi-même, redoutais qu’explosent mes envies dans mon pantalon
    Alors, je leur ai boutonné mes chemises et mes justaucorps…

    Tableaux de Belinda Eaton sur http:www.belindaeaton.compaintings .

    
    
    
  • En contreplongĂ©e

    En contreplongée

    Quand nous voyons sur l’horizon la lune rousse se lever
    Et montrer sans hésitation des voyages inopinés,
    Alors nous nous autorisons à ce que nous soit révélées
    Les plus belles destinations que nous n’aurions pu deviner.

    Photo du Lever de pleine lune au phare des Perdrix par Mathieu Rivrin Ă  http:www.mathieurivrin.com .

    
    
    
  • En symbiose

    En symbiose

    Ce petit côté animal qui fait le charme féminin,
    Tantôt ange et tantôt démon, selon le côté subjectif,
    Petit elfe subliminal à l’air mauvais, à l’air bénin,
    Dressé comme un mât d’artimon pour pointer vers son objectif.

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  • Les muses d’automne

    Les muses d’automne

    Si quitter l’été est facile en suivant le chemin du temps,
    Il faut s’acquitter du passage auprès des trois muses d’automne.
    En fait, ce n’est pas difficile, c’est la chance du débutant,
    On compose un petit message à trois couplets que l’on chantonne.

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  • Pied jaloux

    Pied jaloux

    Pas de pieds tendres dans nos forĂŞts, ni de pieds plats, ni cor au pied !
    Marchez en frappant des talons au rythme de chaque saison !
    Au printemps, prêts, partez, courrez ; en été faites comme il vous sied ;
    L’automne, parcourez les vallons ; l’hiver, restez à la maison !

    Une souche, une petite pousse, 6 petits galets, et voilĂ  une nouvelle histoire de la forĂŞt.

    
    
    
  • Les vierges d’ailleurs

    Les vierges d’ailleurs

    Dans d’autres pays, dans d’autres contrées, chacun vit ses modes, ses us et coutumes ;
    Des jolies toilettes aux jolis souliers, de beaux maquillages qui cachent les larmes.
    Si dans vos voyages, vous les rencontrez, félicitez-les pour leurs beaux costumes
    Et sous l’ombre fraîche des micocouliers, laissez votre cœur succomber au charme.

    Tableau de Canan Berber.

    
    
    
  • Les rivières de guimauve

    Les rivières de guimauve

    Lorsque mon cœur est en automne, mon âme se teinte en violet
    Dans les paysages de parme et les rivières de guimauve
    Dont les vaguelettes entonnent ces petits chants de triolets
    Qui font les ballades de charme dans les vallées de forêts mauves.

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  • Les gouttes de rosĂ©e

    Les gouttes de rosée

    On dirait le temps suspendu comme ces gouttes de rosée
    Qui perlent aux extrémités pareilles aux sanglots de l’automne.
    Comme des larmes répandues par la nature névrosée
    Qui pleure en toute intimité toute sa langueur monotone.

    « Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. » Paul Verlaine

    
    
    
  • Garde-robe de saison

    Garde-robe de saison

    Madame Nature se change et fait de nouveaux habillages ;
    Robes de roses et de parme, manteaux d’or ou jaune-orangé.
    Sous les nues, merveilleux échanges, je me nourris du babillage
    Des oiseaux qui marquent le charme d’une saison bien arrangée.

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  • Juste avant la fin de l’étĂ©

    Juste avant la fin de l’été

    Juste avant qu’il ne se retire, j’ai accouru dans les ruelles
    Pour voir le dernier coup de maître que le soleil met sur sa toile ;
    Les faisceaux de rayons m’attirent comme une caresse cruelle ;
    Quelques éclats sur les fenêtres, l’été s’en va dans les étoiles.

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  • La chute au prochain matou

    La chute au prochain matou

    J’étais là juste en train de lire quelques contes du chat perché
    Quand un matou, de noir vêtu, vint matérialiser ma chute.
    Aussitôt dit, en plein délire, mon équilibre allai chercher
    Tant balayé comme un fétu que ma coiffure en fut hirsute.

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  • Les souvenirs pĂ©trifiĂ©s

    Les souvenirs pétrifiés

    Maintes fois j’avais traversé ce sentier bien dissimulé ;
    J’y avais déjà observé un xylophone-bois-des-forêts.
    Ce matin, des larmes versées, pétrifiées, accumulées,
    Marquaient tes années conservées dont les lutins raffoleraient.

    Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Larousse perd son latin

    Larousse perd son latin

    Devant tous ces SMS débités sur les réseaux
    Et le français châtié quand ce n’est pas l’orthographe,
    Le latin quitte la messe, le grec prend des noms d’oiseaux,
    La langue devient un chantier et l’acquis part en carafe.

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  • Les flambant roses

    Les flambant roses

    Les flambants roses noient dans l’orange
    Tous leurs soucis de la journée.
    Les cœurs moroses sont bien étranges
    Dans le roussi de la fournée.

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  • Juste un rayon de lumière

    Juste un rayon de lumière

    Souvent il ne faut pas grand-chose pour déterminer un appel.
    Juste un fin rayon de lumière qui vient éclairer mon parcours.
    Après c’est à petites doses, une piqûre de rappel
    Ranime ma flamme première qui n’a pas besoin de discours.

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  • Le compas dans l’œil

    Le compas dans l’œil

    Avez-vous remarqué tous ces gens religieux,
    Ces donneurs de leçons toujours prêts à instruire,
    Avec l’ego fourré dans des termes élogieux
    Pour fonder leur école et pour mieux la construire ?

    Quand je prends ma boussole pour atteindre mon but,
    Dans un terrain de plaine, montagneux, forestier,
    J’observe le compas qui fixe l’azimut ;
    Soit un pic de rocher, un arbre particulier.

    J’y dirige mes pas où je réfèrerai le point
    Lorsqu’après des efforts, là, je l’aurai rejoint.
    Sauf dans un désert de sable, de glace ou d’océan
    Où j’y garde un œil fixe pour échapper au néant.

    Mais alors, tous ceux qui constamment nous houspille,
    Seraient-ils à leur tour perdu dans un désert ?
    Pourquoi donc leur faut-il concentrer leur pupille
    Sur leurs dogmes établis s’ils n’ont point de repère ?

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  • Bien modĂ©rer son champignon

    Bien modérer son champignon

    C’est bien joli d’appuyer sur le champignon,
    Mais il faut bien savoir modérer sa vitesse.
    Heureux le bel insecte au rouge lumignon
    Qui change de régime avec délicatesse !

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  • Le pays des vallons

    Le pays des vallons

    Dans le pays des vallons, tout dépend où tu habites.
    Tout en bas dans les vallées ou tout en haut des sommets.
    On n’y parle pas pareil comme une langue presbyte ;
    On ne comprend pas son voisin, encore moins les éloignés.

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  • Eau courante Ă  tous les Ă©tages

    Eau courante à tous les étages

    Quand je m’éveille le matin, je vais au fond de la rivière.
    L’air y est frais et vivifiant avec le savon de Marseille.
    J’y fais ma soupe et la lessive, je lave et remplis ma soupière.
    De temps en temps j’ai du poisson, un aïoli, pure merveille !

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  • Le chemin vers la sĂ©rĂ©nitĂ©

    Le chemin vers la sérénité

    C’est un bout de chemin qui ne va pas plus loin.
    Juste au bout de ce quai, je m’assieds en silence.
    Mon corps ne marche plus mais mon âme rejoint
    Mes amis invisibles durant ma somnolence.

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  • Mon vaisseau Chaotique

    Mon vaisseau Chaotique

    Mon vaisseau est vertical, il est fait pour l’ascension !
    Il n’a pas de marche arrière, même pas de direction.
    Il monte, c’est tout ce qu’il sait faire, tout droit et sans dissension,
    Suivant sa géodésique sans la moindre correction.

    Il était bien mal parti, une erreur de stratégie
    L’avait jeté dans le vide, dans les grandes profondeurs.
    Mais il a su remonter, sans la moindre tétraplégie,
    Après des réparations, juste cabossé aux rondeurs.

    Il a un nouveau moteur, il carbure au cœur pur !
    Un mélange d’amitiés, de partage en compassion !
    Guidé par le voyageur comme une action de trempure,
    Comme un levier d’Archimède dans une étrange passion.

    Aux rouages abîmés, la culasse déformée,
    Les trains-avant réparés par des tiges métalliques.
    Mais il a su se guérir et a su se conformer
    À sa nouvelle épopée très antimélancolique.

    Il a le don de parole et s’adresse au pilote
    Comme un vrai navigateur, par le langage du cœur !
    Si vous croisez son chemin, embarquez dans sa roulotte,
    Le voyage est incertain, mais l’objectif est vainqueur !

    Tableau de Fabienne Barbier