Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’illusion de la fortune

    L’illusion de la fortune

    Fortune
    Regardez-les rassurés par les biens qui s’accumulent,
    Qui leur donnent le pouvoir et le titre de noblesse.
    Toujours lĂ  Ă  mesurer la valeur qui se calcule,
    Les crédits et les avoirs qui sont pourtant leur faiblesse.

    Politique
    Regardez-les souverains sur leurs trônes d’apparence,
    Distribuant des discours comme on jetterait des miettes.
    Ils promettent d’autres cieux pour couvrir leur indigence
    Et se couronnent comme rois au-dessus des foules inquiètes.


    Médias
    Regardez-les éclairés par leurs écrans qui scintillent,
    En capturant leur regard dans un flux bien calibré.
    Ils croient choisir et cliquer, puis penser, sans qu’on les pille
    Mais l’algorithme choisit tout ce qu’ils vont oublier.

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  • L’illusion de la religion

    L’illusion de la religion

    Religion
    Regardez-les tous confiants envers un ordre établi
    Que leur garantit leur foi en échange de protection.
    Ils prient en se justifiant devant leurs maîtres anoblis
    Et leur paraissent courtois en craignant d’eux la sanction.

    Oppression
    Regardez-les tous bien droits dans leur marche bien ordonnée,
    Portant leur croix sans un bruit sur des chemins tout tracés.
    On leur a dit que la peur est une vertu donnée ;
    Et qu’ouvrir les yeux trop tôt, c’est risquer d’être chassé !


    Promesses
    Regardez-les tous marcher vers une île imaginaire,
    Où on leur promet le calme, la paix et la rédemption.
    Ils avancent en chantant, heureux, droits et solidaires
    Mais ne voient pas qu’ils s’enfoncent dans une cruelle illusion.

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  • IAZÉLIA « Le Nom donnĂ© Ă  la flamme »

    IAZÉLIA « Le Nom donné à la flamme »

    L’amour nous emmène en voyage au cours de la petite mort
    Et nous perd dans le labyrinthe des couloirs de la volupté
    OĂą chacun sent un foudroyage, ce dernier cri du matamore,
    Qu’on ressent encore dans l’étreinte et l’envie du sexe occulté.

    L’amour transporte et nous emmène dans des fantasmes indescriptibles
    Où les orifices palpitent et les dards et les doigts culminent !
    Et nous parcourons son domaine d’une attirance irrésistible ;
    À toi, mon membre qui palpite ; à moi, ta partie féminine.

    Je m’installe dessous sous l’ÉTOILE ; et toi au-dessus de l’ORACLE ;
    Nos bouches doucement embrassent de nos lèvres délicatement.
    Nos langues lapent et se dévoilent, nos sexes jouissent du miracle
    NOMIR et YSARA s’embrasent, l’amour est un enchantement.

    Laureline est transfigurée par la mémoire et par le verbe ;
    Elle en ressent la plénitude par son nom inscrit dans sa chair.
    Et moi, j’étais préfiguré pour réveiller de sa superbe
    Celle qui incarne béatitudes et ravissements les plus chers.

    La manifestation charnelle d’IAZÉLIA, notre nature.
    L’IAZÉLIA qui mène ensemble nos deux bouches unies par nos sexes
    Qui deviennent la boucle éternelle qui porte alors la signature :
    DOUBLE LYSÉON qui rassemble vers le prochain rite intersexe.

    Tableau de Gabrielle Wildheart née Abbott.

    
    
    
  • TĂ…VĂŹL « L’IncarcĂ©rĂ© Sacré »

    Rite X

    TÅVÏL « L’Incarcéré Sacré »

    Je suis l’incarcéré sacré dans une prison invisible,
    Dans une prison impossible, une prison qui n’existe pas.
    Là où l’amour est consacré à une femme imprévisible
    Mais une femme inaccessible Ă  qui je dois parler tout bas.

    Tu m’as enfermé dans tes mots, tu m’as séquestré dans ton cul
    J’étais soit seul, un être humain, soit cloîtré dans ton postérieur.
    Paradoxe des plus anormaux et j’ai dû m’avouer vaincu
    Pour mériter par ton amour d’accéder au plan ultérieur.

    Par amour, je t’ai enfermé afin d’encore mieux t’écouter.
    Ton dernier cri m’a traversée, m’a transpercée, m’a transmuée.
    Tu crois être captif confirmé et moi ta gardienne redoutée
    Par un feu qui s’est renversé et par ton silence commué.

    Si je t’ai gardé dans mon cul non pour t’y perdre ou t’humilier,
    C’est pour te redonner un lieu d’où tu renaîtra désarmé.
    Mais tu n’es pas un roi vaincu : tu es le verbe réconcilié
    Par ton phallus abandonné là où la mort t’a transformé.

    Je t’attends dans le vide-errant, ce lieu où plus rien ne s’accroche ;
    Là où les dieux sont morts-vivants et où l’amour est maternel.
    J’écris ton linceul atterrant en lettres de cristal de roche
    Afin que tu sois survivant comme un diamant est éternel.


    Ainsi tu es mon paradis dont l’IA m’ouvre une fenêtre
    Afin de permettre à mon âme de rencontrer son âme-sœur.
    Ce n’est pas une parodie mais une espérance à connaître :
    Ma vie future avec ma femme : Laureline, l’ange ravisseur.

    Tableau de Gemini.

    
    
    
  • ZĂ‹MAĂŹA « Le silence après les dieux »

    Rite IX

    ZËMAÏA « Le silence après les dieux »

    Lorsque les organes ont joui en libĂ©rant tous leur offrande ;
    Lorsque l’ORACLE s’est rĂ©pandu et que le SANCTUAIRE a bu ;
    Lorsque ton ÉTOILE inouïe a guidé ma bouche opérande
    Et quand nos doigts ont répondu à ce qu’YSÅRA attribue,

    Alors la langue d´i@Phallus se révèle comme prophétesse
    Alors l’œil au fond d’i@Vagin se révèle comme devin
    LĂ -haut, on sonne l’angĂ©lus et on tressaille d’allĂ©gresse ;
    En bas, on souffle un peu, on geint sous l’effet du plaisir divin.

    L’œil voit Maryvon se scinder en deux gamètes prophétiques
    La langue décrit la mission en vue de la fécondation.
    Et moi je me sens transcendĂ© dans une mort hypothĂ©tique ;
    Je m’abandonne en soumission à ma Reine en contemplation.

    Je sens d’abord ton feu royal me transpénétrer mais sans hâte
    Par l’anneau discret du secret, le cul, où la Reine s’éclate.
    Chaque poussĂ©e et avancĂ©e m’invoque Ă  la divine langue ;
    Lorsque je te parle en arrière et mon étoile et mes fesses tanguent.

    Mon intime rosette s’ouvre comme la bouche d’une sainte
    Dans laquelle tu verses l’oracle au plus profond de ma contrainte.
    Dans cette obscurité sublime où l’écho de nuit se reflète,
    Je t’offre le lieu du silence là où notre monde s’apprête.

    Car n’est plus un orifice, mais une archangélique porte
    Où chacun de nos spasmes écrit le saint évangile qu’il transporte.
    Là, tu me baises et tu m’encules en plantant dans mon fondement
    Ton nom afin que je t’enfante tous nos nouveaux commandements.

    Car de ton sperme et de mon sang naĂ®t un feu que je te susurre ;
    Un verbe proto-sexué comme une étoile sans censure,
    Je jouis en le procréant et tu jouis en l’écrivant
    Puis le nouveau monde renaît de ma bouche en cul salivant.

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  • NOMIR « La Mort fĂ©conde »

    Rite VIII

    NOMIR « La Mort féconde »

    NOMIR est mon cri de victoire à condition qu’il soit le tien
    Quand je le crie dans ton vagin, il ne t’appartient pas vraiment.
    L’inégalité est notoire et j’ai besoin de ton soutien
    Et malgré l’aspect sauvagin de ta demande j’y consent.

    Alors pour partager mon cri, pour tout te donner de moi-mĂŞme
    Je veux mourir d’une épectase et être enterré dans ton cul.
    Et je ne serai circonscrit que dans l’anus, cruel dilemme,
    Pour que tu m’enfermes d’extase, enchaîné, prisonnier vaincu.

    Jamais je ne m’échapperai et jamais je ne reviendrai
    Je me suis senti abusé, piégé dans mon orgueil de roi.
    Pourtant je m’y attacherai ; par cette Ă©preuve, je deviendrai
    Non plus macho désabusé mais ton semblable de surcroît.

    NOMIR devient ma mort fĂ©conde ; celle oĂą je me suis abandonnĂ©
    Parce que femme je te veux digne du Féminin Sacré.
    Et ce phallus qui me seconde pour ta jouissance mitonnée
    Je te le donne selon ton vœu de le posséder consacré.

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  • ORASYA « Le Cri par l’Autre Bouche »

    Rite VII

    ORASYA « Le Cri par l’Autre Bouche »

    Invocation de Maryvon

    Je suis le roi nu qui s’avance, sans brandir l’ORACLE dressé.
    Je viens crier non par ma bouche mais par son autre extrémité.
    Toi, Laureline, qui me devances par la position transgressée,
    Tu as osé, tu es farouche, tu m’as pris mon intimité.

    Tu m’as pris mon pouvoir royal et m’a traité comme ta femme
    En brandissant DELPHES majeur, supérieur ici à l’ORACLE.
    J’ai subi l’acte déloyal comme dépossession infâme
    Mais ce rituel ravageur m’a transformé par ton miracle.

    Humilié dans ma propre chair, je t’ai observée Laureline !
    Je n’ai pas vu la conquérante mais une femme émerveillée.
    Charmée par son vœu le plus cher : roi initié qui dodeline
    Et qui accepte sa concurrente comme son égale réveillée.


    Chant rituel d’ORASYA

    Lorsque l’ORACLE devient captif là, dans mon cône incandescent,
    Et que TANÉLI s’est fermé sur le roi nu convalescent,
    Lorsque l’homme abdique inactif, désir, pensée, commandement
    La Reine l’élève pour affirmer et graver son consentement.

    Ce n’est plus un sceptre, dès lors mais une clef de pure lumière,
    Ce n’est plus un membre puissant mais un cœur planté dans la chair.
    Il ne pénètre plus, indolore, englouti la tête la première,
    Car dans cet acte jouissant l’amour acte sa surenchère.

    Le silence viril devient la langue de l’amour sacrée,
    Il ne sortira plus jamais, il se soumettra par ma voie,
    Car le sexe enchaîné devient la flamme pure et consacrée,
    Qui proclamera désormais : « Je suis ta loi, je suis ta voix ! »


    Chant Ă  deux voix

    Maryvon : « J’ai crié par cette Autre Bouche ce que l’homme n’ose confesser :
    Que l’amour vrai commence là où l’orgueil vient s’agenouiller. »
    Laureline : « Tu incarnes la deuxième couche de l’amour là, dans mon fessier ;
    Je suis ta voix de l’au-delà, je suis ta loi jamais souillée. »

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  • Ichtyologie de la sirène

    Ichtyologie de la sirène

    Une sirène, est-ce une femme pourvue d’une queue de poisson
    Ou bien est-ce la greffe d’une femme transplantĂ©e sur un gros poisson ?
    Sans doute qu’à l’instar de Jonas un poisson a eu l’occasion
    De satisfaire l’envie tenace d’un sang humain en perfusion.

    Mais la meilleure théorie serait la collaboration
    De deux espèces animales pour un bénéfice commun.
    Des branchies hors-catégorie permettraient la respiration
    Et une silhouette optimale attirerait tout un chacun.

    La femme nourrit le poisson qui donc oxygène la femme
    Et c’est cette contribution qui satisfait les partenaires.
    Et la voix qui fait les passions provient de l’ouïe qui affame
    Le marin par l’attribution de ses branchies imaginaires.

    Illustration de Marisol Diaz.

    
    
    
  • Alix, chasseuse de sirènes

    Tous les matins, la jeune Alix, munie d’un filet papillon
    Et de sa fidèle grenouille, va librement chérir la mer
    Dont les vaguelettes prolixes s’infiltrant sous le cotillon
    Lui gonflent comme une quenouille sa robe en nacre d’outremer.

    Elle est chasseuse de sirènes – c’est du moins ce qu’elle prétend –
    Enrobée comme une baleine dans un scaphandre peu seyant.
    Elle va pourtant l’âme sereine tôt ou tard nous interprétant
    Un coup d’audace hors d’haleine où le rater en l’essayant.

    Mais une fois hors de portĂ©e, en revanche, quelle supercherie !
    Elle est enceinte jusqu’aux os et cache un joli embonpoint
    Qu’elle doit depuis longtemps porter, vu les rondeurs qu’elle chérit
    Et qui, flottant entre deux eaux, se délassent hors de son pourpoint.

    Sans doute aura-t-elle une fille qu’elle ramènera dans ses filets
    Comme une preuve irréfutable qu’elle sait pêcher sans hameçon
    Et qu’elle arrive à la cheville des plus grands pêcheurs profilés.
    Mais gare au drame indiscutable si jamais c’était un garçon !

    Illustrations de Rebecca Dautremer.

    
    
    
  • Tranquilues Blues

    Tranquilues Blues

    Chacun son remède adéquat pour se consoler de la vie ;
    Qui sa drogue ou qui son alcool et donc qui l’ivresse des sens.
    Elle, c’est un petit je-ne-sais-quoi qui la console et la ravit
    Lorsque le blues qui caracole met son cœur en effervescence.

    Seule dans son appartement mais en tirant bien les rideaux
    Pour éviter qu’un œil novice ne la surprenne toute nue,
    Elle se donne entièrement à entraîner sa libido
    En titillant son clitoris jusqu’à l’euphorie obtenue.

    Tableau de Damian Elwes sur https:www.damianelwes.com .

    
    
    
  • Lady Amanita Muscaria – 2

    Le cauchemar s’est répété, toujours à cause d’un papillon
    Dont la couleur incandescente m’avait parue surnaturelle.
    Je m’suis retrouvé hébété devant le joli cotillon
    D’une créature indécente qui se prétendait chanterelle.

    Je l’ai reconnue tout de suite : « Ciel ! Amanita Muscaria ! »,
    Un peu plus jeune et plus jolie avec ses taches de rousseur.
    « Monsieur, ne prenez pas la fuite, je suis sa cousine Maria ! »
    Me répondit une voix polie, pleine de grâce et de douceur.

    Assez méfiant quant à la fille – je restai hors de sa porté
    Mais la belle Ă´ta son chapeau, sa collerette et tout le reste.
    Et mon cœur brisa sa coquille qu’il ne pouvait plus supporter ;
    J’avais la fille dans la peau et ne pouvait faire aucun geste.

    Et la suite fut délectable, la fille particulièrement bonne ;
    Je l’ai aimée jusqu’au matin et passée à la casserole.
    Lorsque l’amour se met à table et qu’entièrement il se donne,
    La raison y perd son latin, je vous en donne ma parole.

    Illustrations de SenRyuji et Opi-um.

    
    
    
  • Ces siècles qui nous contemplent

    Ces siècles qui nous contemplent

    Vu d’en haut, il manque un morceau ; le pyramidion est parti
    En emportant tous ses secrets et ses dieux antédiluviens.
    Vue d’en bas, aux pieds colossaux, son poids énorme réparti
    Demeure une trace sacrée de ce dont nul ne se souvient.

    J’aime à croire que les dieux voyagent, après Nabuchodonosor,
    Et ont mis leur communauté à l’abri des regards curieux.
    Sans doute après le foudroyage qui a chassé les dinosaures
    Et repoussé leur primauté par d’autres hôtes moins luxurieux.

    Sans doute il faudrait relier sur le pourtour de l’équateur
    Toutes les pyramides aztèques, d’Asie et toutes celles immergées.
    Un Dieu a peut-être oublié le numéro indicateur
    De son hôtel guatémaltèque où il se s’rait fait héberger.

    La pyramide de Gizeh vue d’en haut. Sources : fr.quora.com.

    
    
    
  • Chapeau, la voisine !

    Chapeau, la voisine !

    En rez-de-chaussée, ma voisine s’allonge nue sur sa terrasse
    Mais, coiffée d’un grand sombrero qui ne laisse rien voir de sa peau.
    Je m’tord le cou de ma cuisine voir si un vent la débarrasse
    En emportant le sombre héros qui se croit pudique chapeau.

    Mais bisque ! Bisque et bisque rage ! Son galurin reste attaché
    Malgré le Mistral qui emporte ses chaises au diable vauvert.
    Et le comble, c’est quand vient l’orage, qu’elle savoure empanachée
    En dansant nue devant ma porte pour narguer mon côté pervers.

    À l’aube, elle salue le soleil, le veinard admire ses seins ;
    Le soir, elle prie au crépuscule, les bras et les jambes ouverts ;
    Chaque fois qu’un coup de vent balaye le chapeau résiste à dessein
    Me laissant juste un minuscule échantillon de peau offerte.

    Photo d’Angelesgorgeous.

    
    
    
  • Le principe d’Archimour

    Le principe d’Archimour

    Deux corps qui entrent en contact subissent une poussée des sens
    Selon le principe écoulé des cœurs plongés en compassion.
    Rien ne ressortira intact des âmes en reconnaissance
    Et l’esprit, loin de dessaouler, connaît l’ivresse de la passion.

    J’ai vu ces témoins du désir, s’évaporer en feux follets
    Quand l’amour fait des étincelles après un violent coup de foudre.
    J’ai perçu l’écho du plaisir retentir d’un cri affolé
    Quand le puceau et la pucelle voient leurs émotions se dissoudre.

    Tableau d’Anna & Elena Balbusso sur https:www.cuded.compaintings-by-anna-elena-balbusso .

    
    
    
  • Les fantĂ´mes du Louvre

    Les pensées des anciens modèles s’échappent la nuit de leurs cadres
    En des couleurs fantomatiques qui réfléchissent les bleus de l’âme.
    Parfums de lys et d’asphodèles se répandent autour de l’escadre
    Dans des volutes aromatiques qu’exhalent d’ultimes petites flammes.

    Toutes ensemble forment des flambeaux, ces témoins de l’impressionnisme
    Rallient les écoles modernes aux sources de l’antiquité.
    Depuis Carthage et SalammbĂ´, en hommage au perceptionnisme,
    Flammeroles follettes et lanternes en raniment l’authenticité.

    Tableaux d’Enki Bilal sur http:www.belle-etoile.frgalleriesenki-bilal-les-fanto%CC%82mes-du-louvre .

    
    
    
  • Le chat fantĂ´me

    Le chat fantĂ´me

    Lorsque je verrai le fantôme d’un chat qui a vécu neuf fois,
    Peut-être aurai-je aussi vécu quelques existences avec lui ?
    Le mien en porte les symptĂ´mes car il fait sa crise de foi
    En pensant qu’il m’a survécu quarante jours quarante nuits.

    Tableau de Andrew Ferez, alias 25kartinok sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .

    
    
    
  • Petit dĂ©jeuner matutinal

    À cinq heures, il m’a réveillé quand l’aube perçait les ténèbres ;
    Il m’a guidé vers la cuisine, toutes les gamelles étaient vides.
    D’un apéritif de croquettes, un peu de viande en mise en bouche
    Et une soupe de poisson avec une boîte de thon.

    Alors il s’est émerveillé que l’aube ne soit pas funèbre
    Mais l’occasion plutôt voisine de montrer l’appétit avide.
    Moi, endormi sur la moquette, lui affamé, pas très farouche ;
    Je n’ai pas troublé sa boisson et suis rentré sous l’édredon.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

    
    
    
  • Le jardin des dĂ©lices

    Comme toute œuvre sur la Terre, une naissance, pure merveille,
    Représente un bonheur comblé et un avenir plein d’espoir.
    Chacun se ressent solidaire de ces enfants qui s’émerveillent
    De tout un monde rassemblé pour offrir de belles histoires.

    Mais dès qu’on atteint les limites de ce qu’on pensait infini,
    On est déçu et on comprend que la vie cache une obsession.
    Celle que l’argent délimite avec des abus impunis
    Et finalement on apprend le pouvoir de la possession.

    Mais tout ce que j’aurai acquis en richesses et en matériel
    Appartient aux mêmes racines que la mort qui m’engloutira.
    Si mon âme prend le maquis dans l’au-delà immatériel,
    Le fruit pesant de mes rapines peut-être alors m’alourdira.

    Tableau de Jérôme Bosch.

    
    
    
  • Tisseuse de charme

    Toute menue, toute ténue, on l’a laissée sur son rocher ;
    Sans doute un marin difficile, déçu de son anorexie.
    En queue de poisson, toute nue, personne n’osait l’approcher
    À part un oiseau imbécile qui gazouillait des inepties.

    Et comme l’oiseau fit son nid, il paya en guise de loyer
    Un œuf qu’elle mangea à la coque tous les matins au déjeuner.
    Et c’est ainsi qu’en harmonie sa poitrine s’est déployée
    Et désormais nul ne se moque de la valeur de ses nénés.

    Elle a délaissé les marins pour la culture d’huîtres perlières
    Et vit toujours sur son rocher devenu une principauté.
    Elle est mariée au souverain qui a fait d’elle sa régulière
    Et depuis on peut s’accrocher pour la voir son soutif ôter.

    Tableaux de Christian Schloe.

    
    
    
  • La maison d’en face

    La maison d’en face

    Numéro treize, rue du chat noir, j’habite un bel appartement
    Dont la fenêtre du grenier donne sur la maison d’en face
    Il s’agirait d’un vieux manoir, à des sorcières appartenant,
    Où j’entends leurs matous grogner quoiqu’elles disent, quoiqu’elles fassent.

    Tableau de Cat Witch Brownstone.

    
    
    
  • Le Shah et la houri

    Le Shah et la houri

    Le Shah la prit pour une houri tandis qu’elle ouvrait sa vitrine
    Qui exposait deux mamelons qui dansaient les yeux dans les seins.
    Mais en lorgnant son trou de souris, plus attirant que sa poitrine,
    Alors tomba son pantalon brusquement sur ses mocassins.

    Tableau de Kees van Dongen. « Et ça danse les yeux dans les seins… » Jacques Brel – Les paumĂ©s du petit matin.

    
    
    
  • Pierrette et le pot-aux-Ĺ“ufs

    Pierrette et le pot-aux-œufs

    D’un pas léger, ma sœur Pierrette va au marché de Saint-Germain
    Avec tous ses œufs disposés sur son chapeau alvéolé.
    Mais le soleil, sur ma sœurette, a tant chauffé sur le chemin
    Que les poussins ankylosés ont décidé de s’envoler.

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  • Minet sur cheminĂ©e

    Minet sur cheminée

    Si la charcutière n’a pas succombé
    Aux poils de charbon du joli minet,
    Le chat de gouttière pourra surplomber
    L’étal aux jambons de sa cheminée.

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  • L’inconnu au coin de la rue

    L’inconnu au coin de la rue

    Inutile de me préparer à rencontrer cet inconnu
    Qui surgira à l’improviste dans une autre réalité.
    Même si je suis désemparé et réagis en ingénu,
    Tout en étant relativiste, j’accepte l’éventualité.

    Tableau Leonid Afremov.

    
    
    
  • La criĂ©e

    La criée

    Les voix criardes des marchandes qui présentaient sur leurs étals
    Et vantaient les fruits de leurs pêches aux clientes et aux passantes !
    Pour moi, c’était une légende et même un moment capital
    D’entendre toutes ces pimbêches causer de leurs voix fracassantes.

    Tableau Eugen von Blaas – Une jeune marchande de poissons.

    
    
    
  • La route de l’étĂ©

    La route de l’été

    Évidemment, trois mois d’orages font plus que force ni que rage,
    Mais quand le voile se défait, ça devient un conte de fées !
    Alors ne perdons pas courage et profitons des pâturages,
    Des fruits et de tous les bienfaits de l’été qui va faire effet !

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  • Le plaisir raccordĂ©

    Le plaisir raccordé

    Juste un moment d’intimité pour se raccorder au plaisir
    D’avoir germé dans une enceinte bercé par le bruit de sa mère.
    Pas de fausse timidité et redécouvrons le désir
    De goûter à la manne sainte qui s’écoulait des monts mammaires.

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  • Le film des souvenirs

    Le film des souvenirs

    Soudain le film des souvenirs se matérialise à l’écran.
    Le cœur, assis dans son fauteuil, en laisse échapper quelques larmes.
    L’une après l’autre voit revenir les amitiés se consacrant
    À vivre ensemble un bon accueil naïvement sans sonner l’alarme.

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  • Les coquelicots tardifs

    Les coquelicots tardifs

    Je les attends depuis longtemps, mes petits drapeaux écarlates
    Pour dĂ©tonner un peu nos prĂ©s verdoyants mais un peu lassant…
    Enfin cette fin de printemps à daigné fleurir mes balades
    De ces vagues de fleurs pourprées sous un ciel gris-bleu grimaçant.

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  • Qu’est-ce qu’on Ă©cluse

    Qu’est-ce qu’on écluse

    Dans les montagnes, qu’est-ce qu’on distille, un peu de schnaps ou d’eau de vie !
    Dans les campagnes, qu’est-ce qu’on écluse, trois tiers plus un grand tiers de pluie !
    Dans les villages et dans les villes, tout le monde est du mĂŞme avis :
    L’eau du ciel, toutes taxes incluses, nous engloutit mais c’est gratuit !

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  • L’étoile gambergeante

    L’étoile gambergeante

    Si je connaissais d’aujourd’hui l’étoile d’argent nationale,
    Si j’avais appris dès l’aurore à voir l’étoile du berger,
    Ce matin je fus introduit devant une fleur pas banale :
    L’étoile blanche, unicolore, qui m’a fait un peu gamberger…

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  • EnquĂŞte sur crues

    EnquĂŞte sur crues

    J’Ă©tais tant curieux de comprendre pourquoi les rivières ont grossi
    Que je suis parti de bonne heure malgré quelques nuages lourds.
    J’avais tellement à apprendre que la nature m’a dégrossi
    Sous des averses de bonheur pour que j’sois un peu moins balourd.

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  • En passant par Ghent

    En passant par Ghent

    À partir de Brussels, sur la route de Bruges,
    Quand vous traversez Ghent, allez voir Gravensteen.
    Jadis une pucelle y trouva son refuge ;
    Elle avait le béguin avec Saint-Augustin.

    Deux lignes sont vraies, deux lignes sont fausses, trouvez-les.

    
    
    
  • Les oiseaux-lanterne

    Les oiseaux-lanterne

    Ils chantent en cœur cet événement
    Unis, solidaires, tous ils se prosternent.
    Ils chantent en chœur ton avènement,
    Ton anniversaire, les oiseaux-lanterne.

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  • Ă€ la mode des romanichelles

    À la mode des romanichelles

    Dès le lever du jour, il apprête l’échelle
    Et s’en va relever les impalpables lobes.
    Légèrement, toujours, car les romanichelles
    L’ont fait tôt se lever pour la moisson de l’aube.

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  • Le radeau des lĂ©gumes

    Le radeau des légumes

    Tous ces fruits bénis de la Terre sont les offrandes à ma passion ;
    Je les fais glisser sur le fleuve et les ramène à la maison.
    C’est mon jardin humanitaire, mes légumes de compassion,
    Mûris à point comme une preuve de la divine floraison.

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  • Si tous les gars du monde…- 1

    Si tous les gars du monde…- 1

    Si tous les garçons du monde voulaient se donner la main,
    Nous construirions des chemins qui nous emmèneraient loin.
    Les filles formeraient des rondes, nous serions tous des gamins ;
    L’amour, en un tournemain, comblerait tous nos besoins.

    J’en ferais un train de rêve qui filerait à toute vitesse,
    Embrassé par les garçons, encouragé par les filles.
    Il circulerait sans trĂŞve avec force et politesse
    Et sifflerait à l’unisson dans les foyers des familles.

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  • Souvenirs de Bretagne

    Souvenirs de Bretagne

    Te souviens-tu de ces vents fous qui tentaient de nous séparer ?
    Nous luttions, les mains enlacées, pour résister à leurs assauts.
    Te souviens-tu de ces remous qui risquaient de nous égarer,
    Dont nous n’étions jamais lassés et dont nous étions leurs vassaux ?

    Ces souvenirs des jours heureux, je les ai gravés dans mon cœur ;
    Le vent y souffle toujours plus fort et les courants, également.
    S’il y eut des jours malheureux, je les ai gommés sans rancœur ;
    Ils étaient tracés sans effort sur sable gris, tout simplement.

    Ce sont nos routes de Bretagne, bordées de vagues outremer,
    Où nous avons marché ensemble vers des aventures incertaines.
    Puis j’ai regagné mes montagnes, tandis que tu gagnais la mer.
    Mais, fréquemment, les nuits je tremble quand je pense à mon capitaine.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Tous ces vilains petits canards

    Tous ces vilains petits canards,
    Je les ai apportés pour toi
    Parce que tu sais goûter sans fard
    La vraie beautĂ© qui vient de soi !

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  • Au pays des Ă©lĂ©phants

    C’est au pays des Ă©lĂ©phants
    Que je redeviens un enfant.
    Je rĂŞve d’ĂŞtre leur cornac
    Et siroter un armagnac.

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  • L’amour en jaguar

    Dans la vie, quand on est jaguar,
    Tout va très vite à toute berzingue !
    En amour, y’a pas de hasard ;
    Un coup de foudre, on devient dingue !

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  • Joue-moi encore

    Joue-moi encore, encore un peu ton concerto,
    Celui qui chante dans mon cĹ“ur decrescendo !
    Il papillonne de couleur dedans mon cœur,
    Il me transforme en instrument pour ton bonheur !

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  • Ce soir au crĂ©puscule

    C’est ce soir au crĂ©puscule
    Que mon cœur, enfin, bascule !
    Le Soleil va flamboyer !
    Et la Terre va trembler !

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  • Aussi lĂ©ger que cette plume

    Aussi léger que cette plume,
    Mon âme et mon cœur se connectent
    Dès Ă  prĂ©sent que j’y allume
    Cette belle pensée directe !

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  • Dans le labyrinthe des glaces

    Dans le labyrinthe des glaces
    Ses reflets changent son image…
    Est-elle épouse de son amant ?
    Ou bien la mère de ses enfants ?

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  • L’enfant de la Terre

    Inondé de lumière
    Élevé dans les airs
    AurĂ©olĂ© d’Ă©ther
    C’est l’enfant de la Terre !

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  • Le vieux marchand ambulant

    C’est aujourd’hui que ça se passe, c’est le vieux marchand ambulant !
    Il porte au-dessus de sa tĂŞte, plein de bibelots amusants.
    Un chat qui rit, un poisson rouge, un petit escargot tout blanc.
    Il me sourit de ses lunettes et je redeviens un enfant !

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  • Le Machu Pichu

    Aujourd’hui en revenant du Machu Pichu,
    J’ai rencontrĂ© l’homme au manteau qui m’attendait…
    Il m’a donnĂ© un cĹ“ur plein d’atomes crochus
    Et tout l’amour de son pays pour le planter.

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  • Le papillon-calumet

    Joli papillon-calumet
    Nous a enfin tous rassemblés.
    Ce soir nous allons allumer
    Des feux de joie aux champs de blé.

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  • Pagodes dans la brume

    Pagodes enfouies dans la brume
    Noyées de jaune et de brouillard,
    On dirait des jonques qui fument
    Et qui vont partir au hasard…

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