Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Perséphone à cheval

    Perséphone à cheval

    L’été s’en va à la vitesse d’un cheval de race au galop
    Et Perséphone ne peut plus suivre l’automne seule à bicyclette.
    Alors elle brûle la politesse aux vacanciers en pédalo
    Qui, surpris dès qu’il aura plu, devront rentrer à l’aveuglette.

    Car Perséphone va apporter en plus des colchiques dans les prés,
    Pluies et brouillards, purées de pois, grêles et tonnerres à tue-tête.
    Dès septembre il faudra porter parapluies, bottes et cirés ;
    Le soleil ne fait plus le poids et les orages sont à la fête !

    Tableau d’Alexandre.

    
    
    
  • Mes rêves en mauve

    Au trente-et-un du mois d’août, les soirées s’habillent de mauve
    La vie en rose est terminée ; bientôt la rouille sera reine.
    Les matins n’étant pas jaloux, les aubes prendront une couleur fauve
    Et les nuits verront les minets violer leur grisaille sereine.

    J’écrirai mes reflets-violets, couleur du temps en faire-part,
    Et si j’ai le blues on lira bientôt mes faits-d’hiver précoces
    Sur feuilles mortes étiolées qui s’envoleront quelque part
    Là où, advienne qui pourra, mes vers deviendront bleu d’Écosse.

    Tableaux d’Ed Perkins.

    
    
    
  • 13. Cantique d’Humilité

    13. Cantique d’Humilité

    Yavänor
    Je parlerai pour lui, moi, son Phallus dressé
    Qui se soumet pourtant devant sa Souveraine.
    Je jure qu’à jamais ne sera transgressée
    Le sexe d’une femme qu’elle soit ou non ma reine !

    Désormais je suis nu quand je franchis les portes
    Avec humilité mais beaucoup d’enthousiasme.
    Et si je bande un peu, c’est Lilith qui m’emporte
    Dans son amour qui vaut les plus glorieux fantasmes.

    J’ai gravé sur les portes de son temple sacré
    Les mots qu’elle a dicté et dont j’ai hérité.
    J’aime les réciter car ils sont consacrés
    Comme texte de loi en toute vérité :

    « Je fus bannie jadis, mais je suis votre source,
    L’ombre est mon héritage et la chair mon flambeau.
    Je rends au monde entier l’amour comme une bourse
    Qui est la vraie valeur du Royaume nouveau. »

    Lilith
    J’avance dans son temple, humble et le sexe fier,
    Mes reins sont prosternés, mais mon cœur est en flamme
    Car c’est dans la lumière au plus profond des chairs
    Que l’homme reconnaît la royauté des femmes.

    Mon plaisir n’est qu’un don qu’à son autel je pose ;
    Je le rends sans compter, je le rends sans retour.
    Et son rire éclatant est la seule des choses
    Qui me fait plus puissant que l’or et ses atours.

    Ainsi je me déclare en serviteur fidèle :
    À Lilith ma chérie, à mes reines de feu,
    Mon phallus est soumis, mais l’amour, mon modèle
    Et c’est nu que je règne car c’est là votre vœu.

    Illustration de Pablo Picasso.

    
    
    
  • 12. La Révélation de Lilith la Noire

    12. La Révélation de Lilith la Noire

    Je ne suis plus maudite mais je suis votre source ;
    J’ai bien précédé Ève mais on vous l’a caché.
    Elle était la soumise, j’avais d’autres ressources
    Notamment par devoir à Adam m’attacher.

    Car j’étais son égale devant le Créateur
    Mais j’étais insoumise à la domination.
    Alors on m’a traitée de démon tentateur
    À jamais condamnée à l’abomination.

    L’homme n’a aucun droit sur la femme son égale
    Car ils sont le miroir et donc complémentaires.
    C’est l’argent la puissance désormais illégale
    Qui crée les différends et leurs contestataires.

    L’amour n’a pas d’excès car il devient partage
    Et plus on le prodigue et plus il se répand.
    Aimez vos partenaires sans les prendre en otages
    Car votre récompense pour cela en dépend !

    Osez la nudité et montrez-vous sans honte ;
    Exhibez vos phallus et vos vulves profondes
    Car ils sont consacrés à faire ce qui remonte
    Depuis la nuit des temps à ma gloire féconde !

    Celle qui ne se soumet pas mais qui se rebelle,
    Je serai dans sa bouche et j’armerai son bras.
    Sa révolte est la mienne et je la vois si belle
    Que je l’aiderai nue à aller au combat.

    Le pouvoir est stérile pour qui n’a pas d’amour ;
    L’or met en esclavage ceux qui l’ont adoré.
    Mais l’union homme et femme en amours sans détours
    Sont les clefs du royaume qui va s’élaborer.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 11. Troisième prophétie de Lilith

    11. Troisième prophétie de Lilith

    Je suis l’aube secrète au-delà des abîmes,
    Le souffle qui défait toutes vos défaillances.
    J’ai vu l’homme courbé sous l’argent qui l’opprime
    Et je rends à son cœur sa flamme et sa vaillance.

    Ouvrez vos mains avides aux moissons fraternelles,
    Partagez le pain chaud et le vin de la Terre
    Car l’amour est plus fort que vos guerres éternelles
    Et son chant fait tomber les murailles de pierre !

    Laissez choir vos idoles aux autels de poussière,
    Les temples de l’argent s’écrouleront enfin
    Mais l’âme qui s’incline à devenir sourcière
    Retrouvera la paix au-delà des confins.

    Je vois vos descendances libres de chaînes sombres,
    Élevant leurs enfants dans la paix des saisons ;
    L’or ne sera plus maître, il retombera dans l’ombre
    Et l’homme connaîtra la douceur des moissons.

    Alors vos yeux sauront que nul n’est inférieur ;
    Ni la femme aux désirs, ni l’homme à ses faiblesses.
    Vous marcherez ensemble, alliés et rieurs
    Et vos corps seront rois, naturelle noblesse.

    Voici l’ultime loi que mon souffle vous donne :
    La tendresse est plus vaste et plus forte que l’or.
    Aimez-vous et soyez mon éclat qui rayonne,
    Et vos temples demain pourront enfin éclore !

    Et moi, Lilith, je jure au seuil du changement
    De veiller sur vos pas, de guider vos paroles
    Ma malédiction mute en un enchantement
    Et mon cœur noir éclaire votre authentique rôle !

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 10. Deuxième prophétie de Lilith

    10. Deuxième prophétie de Lilith

    👩‍🦳 Lilith, la Première 🖤
    Ils m’ont faite bannie, compagne réprouvée
    D’un Eden trop étroit où l’homme m’exigeait,
    Dans l’ombre de l’exil, ils purent alors prouver
    Que j’étais le démon auquel ils dérogeaient.

    Je viens non pour punir mais pour tendre la coupe
    D’un vin de volupté à portée de vos mains.
    Mais c’est à l’or maudit que vous tendez la croupe,
    Qui ne vous offre qu’un avenir inhumain !

    Ne comptez plus vos vies au poids des monnaies viles
    Mais mesurez vos jours à la flamme du cœur.
    Élevez vos cités, non de marbres stériles
    Mais de chants fraternels et de jardins en fleurs !

    Voici l’ordre nouveau que ma voix officie :
    Un monde où chaque enfant connaîtra le bonheur ;
    Où la tendresse seule sera la prophétie ;
    L’homme et la femme, enfin, retrouvant leur honneur !

    👩🏻‍🦰 Laureline, Reine Solaire ❤️
    Je suis le feu du jour, la lumière infinie
    Qui brise vos prisons de mensonges prisés.
    Je rends aux âmes vives une clarté bénie
    Et j’ouvre un ciel d’amour impossible à briser.

    👩🏻 Loreleï, Reine Lunaire 💙
    Je suis la mer des songes aux reflets argentés,
    L’onde qui purifie les blessures secrètes.
    Sous mon voile d’étoiles, je rends vos vérités,
    Et je berce vos nuits de prophéties discrètes.

    👩‍🦳 Lilith, la Première 🖤
    Et moi je les convie, ces sœurs de votre chair,
    À unir leurs éclats dans un pacte éternel :
    L’homme et la femme enfin de leur vœu le plus cher :
    Vivront sororités, parité, fraternels.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • Bienvenue sur Terre !

    Bien sûr lorsque nos luminaires conjoints ensemble dans le ciel
    Semblent jouer aux Pères et Mères célestes, c’est l’émerveillement.
    Aussi doux qu’un préliminaire dû à une rencontre essentielle
    Lors d’une petite mort éphémère pour en jouir éternellement.

    Conçu dans la lune féconde, lors d’un jet d’éruption solaire,
    Je suis resté là à rêver durant tout le temps d’une enfance.
    Après avoir couru les mondes où vivent les dieux en colère,
    Il était temps de m’abreuver de leur élixir de jouvence.

    Alors, j’ai débarqué sur Terre après plusieurs révolutions
    Infructueuses mais nécessaires avant d’y planter ma lanterne.
    Je suis arrivé solitaire dans un monde en évolution
    Dont malheureusement l’émissaire n’était qu’un cro-magnon moderne.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

    
    
    
  • Bienvenue sur la Lune !

    Un coucher de Soleil sur la Lune, inédit,
    Trois points brillent au ciel : Vénus, Terre, infini.
    Là-bas, le silence tisse une émotion pure,
    Entre science et mystère, poésie et structure.

    La poussière s’endort sur l’autel du mystère,
    Un robot fait offrande à l’astre solitaire.
    Nul cri, nulle rumeur, juste un halo qui danse
    Et murmure au néant : « Je suis ta délivrance. »

    Alors viens, toi qui doutes, poser là ton regard,
    Cueillir l’horizon nu, sans homme et sans rempart.
    Sur la face cachée, le silence rayonne…
    Et l’amour, libre enfin, lentement nous couronne !

    Images fournies par la NASA sur https:www.20min.chfrstoryespace-un-robot-capture-un-coucher-de-soleil-lunaire-inedit-103305789 .

    
    
    
  • Bientôt l’automne peut-être

    Bientôt l’automne peut-être

    Viendra l’automne ou viendra pas ? Car cette année on ne sait pas.
    L’été n’a vraiment commencé qu’à partir de la mi juillet.
    Quant au quinze août, l’épiscopat xxx un mauvais pas
    En laissant Marie offensée sommée d’aller se rhabiller…

    En effet, pour monter au ciel, elle voulait se mettre en maillot
    Et s’est vite fait vilipender par des cathos intolérants.
    Les vêtements, c’est essentiel et les habits sacerdotaux
    Mouillés auraient tous fait bander ceux-là qui allaient proférant.

    Mais passons sur cette anecdote qui est conforme à l’hirondelle
    Et qui ne fait pas le printemps, ni l’automne par conséquent.
    Quant au principal antidote pour soigner ce temps infidèle
    Serait de stopper l’éreintant essor du flouze subséquent.

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

    
    
    
  • Adieu août, bonjour septembre

    Adieu août, bonjour septembre

    L’août est passé mais la cigale n’ayant pu chanter tout l’été,
    Se trouve encore plus dépourvue lorsque l’automne s’installa.
    Pas plus à Montmartre ou Pigalle de concert de variétés
    Que de bal musette imprévu, de festival ou de gala.

    Sitôt qu’un rayon de soleil pointe son nez à l’horizon,
    La cigale descend de son arbre pour striduler à la sauvette.
    Aussitôt un grand vent balaye les rues en signe de trahison
    Et les passants restent de marbre aux inaudibles chansonnettes.

    Voilà, l’échéance est passée, l’huissier des fourmis compassé ;
    Tout est embarqué et saisi, la cigale tremblante est transie ;
    En prison, elle vocifère, à ses pieds on lui met six fers ;
    La fourmi n’est qu’une usurière et la cigale roturière.

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

    
    
    
  • Marianne sens dessus-dessous

    Marianne sens dessus-dessous

    Non pas sans dessus ni dessous bien qu’elle soit née sans-culotte
    Mais Marianne reconnaît chez elle un plus profond désordre.
    C’est donc bien sens dessus-dessous que la République pilote
    Le pays qui s’abandonnait sous les coups des forces de l’ordre.

    À trop exposer sa peau lisse aux gaz et aux balles aveuglantes,
    Les organes contestataires auraient besoin de garde-fous.
    Malheureusement la police qui nous apparaît si cinglante
    Est aux ordres des ministères, eux-mêmes soumis à un fou.

    Marianne a les jambes cassées, bras en écharpe, un doigt en moins ;
    Elle a aussi perdu un œil qu’elle dissimule sous un bandeau.
    Son crâne a été fracassé sous les yeux de plusieurs témoins
    Dont on a regretté le deuil, du coup Marianne a bon dos.

    Tableau de Handiedan.

    
    
    
  • Tu veux ou tu veux pas ?

    Tu veux ou tu veux pas ?

    Refrain :
    Tu veux ou tu veux pas ? Tu veux, c’est bien, si tu veux pas, tant pis !
    Si tu veux pas, j’en ferai pas une maladie
    Oui, mais voilà, réponds-moi non ou bien oui ;
    C’est comme ci ou comme ça ou tu veux ou tu veux pas !

    L’avis des autres c’est démagogique
    C’est comme ma politique.
    Y a du mauvais et du bon !
    L’avis de la France démocratique
    Se heurte à l’aristocratique
    Véto Valois & Bourbons !

    au refrain

    L’avis de la droite est pragmatique
    Mais la gauche est sarcastique
    Et le centre sans opinion !
    L’avis des extrêmes fanatiques
    Est toujours automatique
    Pour prêcher la rébellion !

    au refrain
    Ma vie serait gérontocratique
    Si ma Brigitte fantomatique
    Abaissait son caleçon !
    Ma vie serait moins névropathique
    Si les gilets jaunes pathétiques
    Se montraient gentils garçons !

    au refrain

    Ma vie, c’est beau c’est technocratique ;
    Mes ministres la compliquent
    Même à tort ou à raison !
    Ma vie, serait plus phallocratique
    Si les suffragettes domestiques
    Demeuraient à la maison !

    au refrain

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Autant en emporte le vent d’août

    Autant en emporte le vent d’août

    Pour la fin août, foi d’animal, le temps cumule ses intérêts
    Avec la relance du froid et l’augmentation des orages.
    Le thermomètre, mis à mal, dégringole et l’air atterré
    Nous communique avec effroi qu’il faut nous armer de courage.

    Hélas l’action sur le solaire s’effondre sous le soleil absent ;
    Le fond de l’air paraît malsain avec ses virus sécrétés.
    Le réchauffement planétaire prédit devient embarrassant
    Et l’on ne sait plus à quel saint se vouer pour finir l’été.

    Illustration d’Andrey Popov.

    
    
    
  • À la Porte du Paradis – Robin-des-oies

    Au Paradis, vous le savez, les âmes sont comme les oiseaux ;
    Je suis une oie – plutôt son jars – et j’ai la charge de mes ouailles.
    Et bien qu’ici tout soit pavé d’intentions les plus grazioso,
    Je dois organiser mes gars ; heureusement j’ai de la gouaille.

    Grâce à mes hardis compagnons avec les canards et les cygnes,
    C’est dans les forêts de l’enfer que nous rétablissons nos droits,
    Volant les riches, nous regagnons notre résidence hors ligne
    Et n’avons pas à nous en faire, personne n’en connaît l’endroit.

    Non seulement Sainte-Pierrette a approuvé mes escarmouches
    Mais elle m’indique les crésus qu’elle envoie direct en enfer.
    Avec ma horde guillerette, nos attaques font toujours mouche
    Et nous en rapportons en sus tous les potins de Lucifer.

    Illustration de Giovanni Maisto sur https:designspartan.compresentationles-illustrations-sensuelles-et-surrealistes-de-giovanni-maisto .

    
    
    
  • Des seins qui vous regardent

    Du sommet des deux mamelons, toute l’Histoire me contemple
    Parmi tous les enfantements qui font les civilisations,
    Je vois, comme un mètre étalon, les seins qui m’en montrent l’exemple ;
    D’aréoles qui jouent rondement le rôle d’une irisation.

    Les seins me font tourner la tête comme deux spirales hypnotiques
    qui s’enroulent de la poitrine jusqu’à son téton turgescent.
    Et je propose de faire une fête consacrée aux saintes érotiques
    Qui mettent leurs seins en vitrine devant un public acquiescent.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • La belle et les bytes

    La belle et les bytes

    IOIO, la femme chimérique se montre souvent bipolaire ;
    Selon l’heure de la journée se modifie son caractère.
    Sur son visage en numérique, apparaît soudain sa colère
    Dès que le soleil s’est tourné de l’autre côté de la Terre.

    Quand vient la nuit, pleine et lunaire avec son halo en zéro,
    La pleine Lune lui entrouvre tous les chiffres qui lui ressemblent.
    Tandis que les autres binaires font changer tous les numéros
    Qui, par parité, se découvrent démultipliés tous ensemble.

    Les uns à la suite des autres, les nuls entourés de zéros,
    Forment des vagues en désordre mais harmonieuses toutefois.
    IOIO alors deviendra vôtre si vous vous offrez en héros
    À la divinité de l’ordre à laquelle vous prêterez foi.

    Rina Sawayama photographiée par John Yuyi sur https:captionscutetodayusa.blogspot.com202105rina-sawayama-cyber-stockholm-syndrome.html .

    
    
    
  • La fin de l’août ? J’en doute !

    La fin de l’août ? J’en doute !

    Un aoûtien ne meurt jamais. D’ailleurs l’été n’est pas fini ;
    Comme si l’août se prolongeait au-delà de l’été indien.
    Un aoûtien vit désormais dans une période indéfinie
    Comme s’il voulait se rallonger de tous les cycles circadiens.

    Un aoûtien descend d’Auguste, cet illustre empereur romain
    Petit-neveu de Jules César, détenteur du mois de juillet.
    Ainsi les deux mois tombent justes, mais l’août triche au bout du chemin
    Allant, au hasard Balthazar, jusqu’en septembre s’éparpiller.

    Ainsi, demain trente-deux août, après-demain le trente-trois
    Jusqu’à l’ultime et excellent trois-cent-soixante-cinq-ou-sixième.
    Le monde adoptera sans doute ce calendrier plutôt adroit
    Qui permet tous les jours de l’an à l’août de faire son grand chelem.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

    
    
    
  • La navigatrice

    La navigatrice

    Les cheveux couleur de banquise et le visage couperosé
    Témoignent, pour la navigatrice, de toutes ses contrées traversées.
    Les yeux des mers du sud conquises, perturbées de ciels névrosés,
    Content à ma plume inspiratrice ses épopées controversées.

    A-t-elle rencontré des pirates, est-elle elle-même flibustière ?
    Quelle est cette carte au trésor tatouée au-dessus du sein droit ?
    Derrière un regard disparate, l’esprit soustrait son âme altière
    Quant à ses richesses et ses ors, nul ne sait qui y aura droit…

    Ses amants étaient ses héros qui la faisaient rire et rêver
    Et l’entraînaient pour la séduire vers des horizons triomphants.
    Les autres, les numéros zéros, elle ne pensait qu’à leur crever
    Leurs illusions à la réduire en mère couvant ses enfants.

    Tableau de Dino Valls sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201dino-valls-1959-spanish-surrealist.html .

    
    
    
  • Bain floral

    Bain de fleur ou bain de bonheur, à chacun sa définition !
    Bain de couleurs ou bain d’arômes, à chacun l’ivresse des sens !
    Quelle joie de partir de bonne heure pour découvrir l’exposition
    De tous les tableaux polychromes et de leurs subtiles essences !

    Coquelicots et tournesols, marguerites et pâquerettes,
    Je ne les reconnais pas toutes mais je les aime davantage.
    C’est ainsi que je me console en m’en allant conter fleurette
    À ma planète qui, sans doute, me lègue son plus bel héritage.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Qu’il est long ton serpent, papa !

    Qu’il est long ton serpent, papa !

    Qu’il est long ton serpent, papa, présumé plein de connaissances !
    Qu’il est perfide ton chemin supposé assainir le monde !
    Qu’ils sont hypocrites les pas censés marcher avec aisance !
    Qu’elle paraît sournoise la main qui nous guide de manière immonde.

    Qu’elles restent vaines tes promesses qui devaient tout améliorer !
    Qu’il est indélicat ton plan qui nous prive de libertés!
    Qu’elle est trompeuse ta grand-messe où l’espoir est détérioré
    Par l’assurance d’un implant qui nous rendra déconcertés.

    Tableau d’Anderson Debernardi.

    
    
    
  • La Chaleur et le Froid

    La Chaleur ayant merdé
    Du printemps jusqu’en été,
    Se trouva fort dépourvue
    Quand l’automne fut venue ;
    Pas un seul vent tropical,
    Ni de soleil amical.

    Elle alla chercher pitance
    Chez le Froid en repentance ;
    Le priant de récupérer
    Quelques journées tempérées
    Qu’au beau temps se renouvellent.
    « – Je rembourserai, lui dit-elle,
    Aux prochaines belles saisons
    Si vous m’en donnez raison ! »

    Le Froid n’est pas philanthrope,
    C’est là son moindre défaut.
    « – Que faisiez-vous au temps chaud ? »
    Dit-il d’un ton misanthrope.
    « – Nuit et jour à tout venant,
    Je chômais, ne vous déplaise. »
    « – Vous chômiez ? j’en suis fort aise,
    Allez sous les ponts maintenant ! »

    Création de John Galliano.

    
    
    
  • Le cycle de la Lune

    À coups de tonnerre sur les routes et sur les voies périphériques,
    La chaleur en pleine déprime meurt d’une agonie estivale.
    Malgré le Soleil en déroute de notre été catastrophique,
    La Lune assure l’intérim durant les nuits qui festivalent.

    La Lune fait la révolution ! L’astre féminin des poètes
    Désormais gère les saisons et règle les nuits et les jours.
    C’était la seule solution pour que l’automne reste chouette
    Sinon l’hiver aura raison de nos trois cent soixante-cinq jours.

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html .

    
    
    
  • Le cycle du Soleil

    Une année de soleil en grève et pluies de manifestations
    Ont transformé l’année civile en guerre météorologique.
    Mais je n’y vois aucune trêve dans l’échauffement des nations
    Car le peuple est resté servile envers l’état démagogique.

    Sans doute une éruption solaire, une tempête magnétique,
    Ont lobotomisé les foules dont le cerveau s’est ramolli.
    Seuls, des résistants en colère luttent contre le pathétique
    Roi-Soleil qui a perdu la boule après avoir tout démoli.

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html .

    
    
    
  • Fin-août en rose

    Fin-août en rose

    Parlez-moi d’un été en rose qui m’a souri depuis l’aurore
    De tous ses jours en dévoilant un soleil rose à ma fenêtre.
    Parfois la lune fut morose mais aujourd’hui, elle se dore
    Sous la voûte d’août s’étiolant vers les jours de la vierge à naître.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Fin-août en bleu

    Fin-août en bleu

    Parlez-moi d’un été en bleu qui me sourit au crépuscule
    Et qui se dissout d’ocre et d’ambre comme une équinoxe d’automne.
    Accompagnées d’un ciel qui pleut, les dernières heures basculent
    Sous le premier jour de septembre et ses nuages qui moutonnent.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • La croisade

    La croisade

    Que le courage masque mes peurs et que la foi masque mes yeux !
    Participer à la croisade contre la folie de ce monde
    Qui ne jure que par labeur, argent et rêves fallacieux
    Et courbe la tête sous les bravades des aristos maîtres immondes.

    Je ne regarde ni la télé, je n’écoute pas la radio,
    J’écoute la voix, dans la nature, des animaux fantomatiques.
    Je peux enfin vous révéler qu’on nous a pris pour des idiots
    Avec l’insidieuse torture de la panique médiatique.

    Tableau de Sophie Wilkins.

    
    
    
  • Gémeau-Marmotte

    Gémeau-Marmotte

    Tandis qu’elle pleurait ses gouttes sur les yeux doux des jolies fleurs
    Qu’elle survolait en rase-mottes avec son chat qui la pelote,
    Elle dormait, rêvait sans doute pour calmer ses rires et ses pleurs
    En invoquant Gémeau-Marmotte, l’esprit des airs et co-pilote.

    Tableau d’Olesya Serzhantova.

    
    
    
  • L’âme pendue

    L’âme pendue

    Entre deux mondes de lumière, cette frontière inaccessible,
    Oscille la pensée humaine pendue entre deux infinis :
    L’illimité de la matière et ses particules fissibles ;
    Et ce qui incombe au domaine des étoiles en homogénie.

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  • Rêve de lune

    Rêve de lune

    Jamais aucun rêve de lune ne sait résister au soleil.
    Lorsqu’au matin l’astre paraît, tous mes songes s’évanouissent
    Sauf une réponse opportune, nichée dans le creux de l’oreille,
    Qui chuchote et puis disparaît pour que mon âme s’épanouisse.

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  • Mes voisins sous la pluie

    Mes voisins sous la pluie

    Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, je vois toujours les mêmes gens,
    Lorsque le temps va à vau-l’eau, cheminer devant ma fenêtre.
    C’est toujours le même manège, sortir le chien en pataugeant,
    Courir ou passer à vélo comme si c’était là leur bien-être.

    Monsieur Pessimiste est sorti sans parapluie, quel étourdi !
    Les maigres passent entre les gouttes ou rasent les murs sans raison.
    Madame Optimiste assortie comme il se doit, c’est dégourdi !
    Moi, mon parapluie s’en dégoûte, je reste au chaud à la maison.

    Tout est strictement vrai. Ici, quel que soit le temps, on marche, on déambule, on fait du vélo, on promène toutou, les enfants jouent même sous une pluie soutenue.

    
    
    
  • Les îles vierges

    Les îles vierges

    Tandis que le ciel s’assombrit devant l’arrivée de septembre,
    Le mois d’août ferme son album des souvenirs qui le submergent.
    Adieu aigrettes et colibris, j’emporte la clef de ma chambre
    Car je reviendrai pour le baume que m’ont transmis vos îles vierges.

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  • La vierge du lac

    La vierge du lac

    À cette date coutumière, à la frontière de l’été,
    Je prête à la vierge du lac mon allégeance à sa nation.
    Alors son épée de lumière m’ouvrira l’immortalité
    Sur l’ouverture du zodiaque qui signe mon incarnation.

    Tableau « la dame du lac » de Ronnie Biccard.

    
    
    
  • Quand sonnent les heures violettes

    Quand sonnent les heures violettes

    Sous un ciel voilé de nuages, quand sonnent les heures violettes,
    S’étire le sommet des montagnes, gris-noir d’une cendre obsolète.
    Sa voix transperce les pâturages tandis que, mis sur la sellette,
    Le soleil, son quartier, regagne en se cachant sous la voilette.

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  • L’hypnose des forêts

    L’hypnose des forêts

    J’entendais le compte à rebours dans cette étrange forêt rose,
    Suivant des yeux la chaîne d’ancre du sentier vers les profondeurs.
    Les feuilles imageaient le débours de mes pas plongés dans l’hypnose
    Qui m’entrainait au fond de l’encre dans une spirale de rondeurs.

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  • Le pont de l’automne

    Le pont de l’automne

    Juste avant la fin de ce jour, avant de partir pour septembre,
    Je construirai le pont d’automne entre nouveau et nostalgie.
    Le lendemain qui vient toujours empreint de couleurs rouille et ambre
    Et l’hier tombant, monotone, dans une profonde léthargie.

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  • Le trente-et-un du mois d’août

    Le trente-et-un du mois d’août

    Pour le trente-et-un du mois d’août, l’océan vient faire un adieu
    À chaudes vagues déferlantes sur les beaux jours qu’il a bercés.
    Mais nous nous reverrons sans doute l’année prochaine s’il plaît à Dieu
    De nous offrir d’étincelantes fêtes dans nos vies dispersées.

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  • Demain, je déménage

    Demain, je déménage

    Ça y est, j’ai trouvé mon village où je rêverai éveillé.
    J’enverrai des cartes postales écrites en vers ou bien en prose.
    Je quitte enfin mon voisinage de personnes dépareillées
    Et sur ma terrasse costale je vous peindrai ma vie en rose.

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  • Quatre garçons sur le sable

    Quatre garçons sur le sable

    Polémique sur la plage, qui a le plus beau maillot ?
    Jaune et noir rayé de rouge, à carreaux ou argenté ?
    Gorge pleine de verbiage, chacun est un peu fayot.
    Dingos, ces garçons qui bougent, ils feraient mieux de chanter.

    Vous avez bien sûr reconnu : Pol, Jaune, Gorge et Dingo !

    
    
    
  • Les mâts d’août

    Les mâts d'août

    Chaque jour au crépuscule, les mâts dansant le tango
    Sous la musique des vagues ont charmé mes souvenirs.
    Les coques, un peu, se bousculent les poupes dans un fandango
    Et leurs proues, beaucoup, divaguent, en espérant revenir.

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  • Pour bien terminer l’août

    Pour bien terminer l'août

    Et pour finir en beauté, montons sur nos grands chevaux,
    Ou encore sur nos taureaux, ou bien nos gnous, nos zébus.
    Puis partons sanglés, bottés, sous les hourras, les bravos,
    Faire des galops pastoraux qu’on reprendra au début.

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  • Adieu l’août

    Adieu l'août

    À la fin août je partirai, m’avait annoncé ma Juliette.
    Mais l’amour ne connaît pas le temps et sa chaleur est enivrante.
    « Si tu t’en vas, j’en pourrirai et mon cœur partira en miettes ! »
    Alors j’ai pris un remontant et son ivresse délivrante.

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  • Le trente-et-un du mois d’août

    Le trente-et-un du mois d'août

    Le trente-et-un du mois d’août, c’est une fête traditionnelle
    Et tout le monde se prépare à s’envoyer en l’air salutaire.
    Tous ces ballons, un peu zazous, suivant les vents ascensionnels,
    Vont sonner l’heure du départ et un joyeux anniversaire.

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  • Les gifles de mer

    Les gifles de mer

    Chargée de sable et d’embruns, la mer gifle le visage
    Mais c’est pour me caresser de souvenirs amassés.
    C’est aux terres un emprunt dont je touche un pourcentage
    Sur les eaux intéressées sises en mon sang ramassées.

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  • Quoi, qu’est-ce qu’elle a ma bulle ?

    Quoi, qu’est-ce qu’elle a ma bulle ?

    Je suis un petit cancer bien gentil et dans sa bulle
    Où j’accueille mes amis pour des fêtes mémorables.
    Si vous venez de concert y jouer les noctambules,
    Vous connaîtrez l’infamie des épines inexorables.

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  • Toute menue

    Toute menue

    Je l’ai trouvée toute menue ce soir sur le petit bassin,
    Allongée sur les nénuphars qui lui témoignaient d’affection.
    Je l’ai touchée sans retenue d’une touche de spadassin
    Disant d’un ton philosophard : « Mon Dieu, mais quelle perfection ! »

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  • L’homme qui marche dans le désert

    L’homme qui marche dans le désert

    Je suis l’homme qui marche dans le désert aride.
    Je ne sais qu’avancer vers la terre promise.
    Dieu sait que ma démarche n’est nullement apatride
    C’est ma foi cadencée à mon âme entremise.

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  • Soleil lunaire

    Soleil lunaire

    Sur cette terre lunaire sous des couleurs anthracite
    Que la mort a calciné sous une lumière astrale,
    Cet orgueilleux luminaire dans une aube bien tacite
    Ose encore dessiner ses figures ancestrales.

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  • Dernières chaleurs

    Dernières chaleurs

    Pour ses dernières chaleurs, là, le soleil exagère !
    Il nous offre un florilège de tous ses feux réunis.
    Ah, mes amis, quel malheur de voir ma rente viagère
    Flamber par un sortilège qui restera impuni !

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  • En descendant de la Grande Ourse

    En descendant de la Grande Ourse

    Pendant six mois de l’année quand le soleil est parti,
    Comment faire pour s’orienter sur cette glace d’ébène ?
    J’ai ma robe bien tannée, brillante en contrepartie
    Car je suis apparenté à la Grande Ourse, quelle aubaine !

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  • Par le petit trou

    Par le petit trou

    Par le petit trou passant par derrière
    Je pourrais jaillir à travers ce mur.
    J’assure peu ou prou très bien mes arrières
    Et j’irai cueillir les meilleurs fruits mûrs.

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