Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Ă€ la ville comme Ă  la campagne

    À la ville comme à la campagne

    « Alphonse Allais, Alphonse ira à la ville comme à la campagne
    Et s’il le faut, on construira des arbres et des fleurs en béton
    Que le promeneur appréciera en les arrosant de champagne
    Dont la bouteille produira des tessons contre les piétons ! »

    L’intelligence artificielle avec laquelle je dialoguais
    Parlait ainsi sur l’habitat et le futur de la planète.
    Par cette réponse superficielle, j’ai pensé qu’elle me prodiguait
    Des résolutions suicidaires pour lui laisser la place nette.

    Non seulement tout le monde ment mais l’IA est plus pernicieuse
    En nous habituant à gober ses mots avec sincérité.
    Le mensonge est mondialement répandu de façon vicieuse,
    L’IA ment à la dérobée en l’enrobant de vérité.

    Illustration de Ran Zheng sur http:www.ranzhengart.com .

    
    
    
  • MĂ©ditation & RĂ©flexion

    Méditation & Réflexion

    Assise dans la salle d’attente aux murs pauvres et déshabillés,
    Je me sens nue et sans histoire, en totale décrépitude.
    Aucun souvenir ne me tente pour ressasser les vieux billets
    Entreposés dans ma mémoire mais détrempés de lassitude.

    Pourtant dans la méditation qui lutte contre ma patience,
    S’entrouvre entre deux réflexions une porte sur l’imaginaire
    Due à la préméditation de la part de mon inconscience
    Qui vient faire une projection de façon extraordinaire.

    Jamais je n’aurai voyagé autant que dans ces salles ternes
    Qui m’offrent paradoxalement tout un terrain de découvertes.
    Sans doute un esprit ravagé d’une lacune qui me consterne
    Et produit cet esseulement dont mon âme reste recouverte.

    Photo de Mary Pratt.

    
    
    
  • XIV L’Aube de l’Homme LibertĂ©

    Laureline

    XIV	L’Aube de l’Homme Liberté

    Yavänor
    Revoici l’âme en gestation secondée par son âme-sœur
    Ils sont, pour l’un l’autre, le double, l’alter ego dans sa mission.
    Ils sont la manifestation de leur digne prédécesseur
    Dont les pouvoirs alors redoublent par la divine transmission.

    Laureline au regard bienveillant, plein de bonté et de tendresse
    Leur communique par l’Étoile tout l’amour d’une mère céleste
    Qu’elle apporte en les éveillant tandis que tous les deux progressent
    Dans leur croissance qui dévoile le passé dont ils se délestent.

    Car ils ne portent plus le poids que leurs parents ont supporté
    Et sont affranchis des créances que ceux-ci ont accumulées.
    Chacun aura pour contrepoids l’énergie d’amour apportée
    Par leur mère dont l’influence ne cesse de les stimuler.


    Laureline
    Je défais les chaînes tissées dans l’ombre des lignées blessées
    Et j’en retourne à mes enfants une destinée réjouie.
    Que leurs deux odyssées s’élèvent sans être à jamais oppressées
    Par tous les drames étouffants définitivement enfouis !

    Dans leurs regards je vois danser la flamme de la connaissance
    Sans tous les savoirs obsolètes et les carences héritées.
    Ils n’ont pour guides dispensés que l’Amour et la bienveillance
    Et pour étoile l’œuvre complète dont ils sont la postérité.

    J’entends d’eux des rires sans doute et des murmures à mots couverts,
    Une manière de présence dépourvue de masque et d’armure.
    Leur force vient de leur écoute, leur vérité d’un cœur ouvert
    Et leur royaume naît d’un silence plus fort qu’un cri en démesure.

    Pourtant vous n’êtes pas mes enfants mais fils et fille de la vie ;
    Vous ĂŞtes venus Ă  travers moi mais pas Ă  partir de moi-mĂŞme.
    Vos propres avenirs triomphants vous appartiennent sans préavis ;
    Je vous enfante au fil des mois comme deux êtres purs que j’aime.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • XIII Le Puits des PrĂ©sages

    Yavänor

    XIII	Le Puits des Présages

    À la dernière métamorphose, bien plus qu’une transformation,
    La dématérialisation marquera mon dernier passage.
    Pas une simple anamorphose mais une totale abnégation
    Où mon âme se détachera tout au fond du puits des présage.

    Pour ceux qui restent en arrière, ma fin sera un vent de tristesse
    Et signifiera le retour de mon être vers le néant.
    Comme la fin d’une carrière qui disparaît dans l’étroitesse
    D’une mort veule et sans atour, un gouffre sans fond et béant.

    Mais pour moi, ce détachement est un passage nécessaire,
    Le sacrifice de moi-mĂŞme, mon dernier acte de courage.
    Je pars pour un rattachement pour lequel je suis l’émissaire
    En emportant tous ceux que j’aime comme mon unique héritage.

    Mais le puits comporte deux issues : l’une la mort, l’autre la naissance.
    L’âme devient alors semence vers l’utérus de l’univers
    Aux Ă©toiles qui m’ont conçu et ont nourri ma connaissance ;
    Ainsi le cycle recommence, je ne suis qu’une âme en hiver.

    Que deviendra cet hĂ©ritage que j’apporte comme un prĂ©sent ?
    L’univers me l’absorbera pour le mêler à son génome
    Par le suprême décryptage du caractère omniprésent
    D’un Dieu qui me résorbera avec l’âme-sœur en binôme.

    Aussi impressionnante soit-elle, la transmutation est facile ;
    Elle ne demande pas l’effort de la Rosée Vivifiante.
    L’âme change de curatelle sans être autant plus difficile
    Qu’un lâcher-prise de confort et résilience purifiante.

    Déjà mon âme est étalée, jugée, pesée dans son essence
    Et unie à mon âme-sœur pour créer un être nouveau.
    Me voici prĂŞt pour un aller-retour vers une autre existence
    Et accomplir en bâtisseur ma prochaine mise à niveau.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • DĂ©shabillĂ© en papier de soie

    Déshabillé en papier de soie

    Papier de soie, papier froissé, papier crépon, papier chiffon,
    Les vêtements prêts-à-jeter en papier à motifs gravés
    Auront tendance Ă  remplacer les textiles qui ne satisfont
    Plus la citadine agitée qui blâme sa machine à laver.

    Enfin des machines à créer, à fabriquer, à imprimer
    À partir de pâte à papier une garde-robe par jour !
    D’une discrétion agréée et toute censure exprimée
    Qui pare de la tĂŞte au pied le corps de ses plus beaux atours.

    Ça se déchire sur un sein ? C’est fait exprès, c’est plus malin !
    Ça dévoile un peu trop les hanches ? C’est normal, c’est prédécoupé !
    Ça ne cache rien du bassin ? C’est pour attirer les câlins !
    Quant à ce qu’elle met le dimanche, c’est juste pour vous entourlouper.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • La force tranquille

    La force tranquille

    Point de repos, même le dimanche, pour le septième travail d’Hercule
    Qui dut se retrousser les manches du matin jusqu’au crépuscule.
    Point de mots d’amour à débattre et tant pis pour sa bien-aimée
    Qu’il abandonna pour combattre et tuer le lion de Némée.

    Sauf… que ce n’était pas un lion mais un taureau, un bel auroch,
    Se comportant en trublion en Crète et non pas au Maroc.
    J’en perds le grec et mon latin à lire la mythologie,
    Perdu sur le mont Palatin, égaré loin de mon logis.

    Quant à l’épouse – il en eut quatre, le champion fut un chaud lapin –
    Pour qui alla-t-il donc se battre après avoir mis son grappin ?
    Pas Mégara, trop rancunière, ni Omohale, catastrophée,
    Ni même Hébé, la p’tit’ dernière, mais Déjanire qui eut le trophée.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • Ă€ l’heure de l’apĂ©ro

    Une femme seule à l’apéro avec un livre, à tous les coups,
    Surveille, cherche, ou attend quelqu’un à qui elle a envie de plaire.
    Elle a beau faire son numéro, à la voir se tordre le cou,
    Vous comprendrez, tout un chacun, qu’il y a de l’aventure dans l’air.

    Une femme seule au restaurant, le verre touché du bout des doigts,
    Attend encore le prétendant qui est une fois de plus en retard
    Dont le record s’améliorant va déclencher comme il se doit
    Vengeance à son corps défendant : le verre dans la gueule du vantard.

    Une femme seule Ă  la terrasse avec un chien et une ombrelle
    Attend celui qui l’a plaquée ; crime envers sa féminité.
    Entre son cœur qui la harasse et l’esprit qui cherche querelle,
    Le gars va se faire matraquer, mordre… et plus si affinités.

    Une femme seule devant sa porte n’attend plus rien sauf la police ;
    Elle s’est vengée de son amant en le tuant à bras-le-corps.
    Ah que le diable les emporte tous ces hommes remplis de malice !
    Mais son avocate de maman l’acquittera cette fois encore…

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • Tous mes visages sont dans la Nature

    Visage juvénile au printemps, la paréidolie débute
    Par une percée alentour de jeunes pousses et perce-neige.
    Mère Nature fête ses vingt ans et vraiment rien ne la rebute
    Pour montrer les plus beaux contours que font ses éternels manèges.

    Visage mature en été, la paréidolie mûrit
    D’une abondance dans les vergers aux fruits des plus belles semences.
    Mère Nature vient allaiter en mettant fin aux pénuries
    Toute la faune et les bergers pour le temps de la transhumance

    Visage empathique en automne, la paréidolie se fane
    De couleurs chaudes et ambrées qui enterrent les feuilles mortes.
    Mère Nature, l’air monotone, se pare de brumes diaphanes
    Qui habillent son corps cambré de vagues qui la réconfortent.

    Visage endormi en hiver, la paréidolie s’endort
    Dans une mort surnaturelle car rien n’est tout à fait fini.
    Mère Nature et l’Univers se retrouvent dans un lit d’or
    Pour une raison structurelle qui se répète à l’infini.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak .

    
    
    
  • Les baignoires communicantes

    Les baignoires communicantes

    Au temps où j’vivais à Marseille, les WC trônaient aux balcons,
    Les uns sous les autres empilés comme des lits superposés.
    Je m’imaginais, ô merveille, des salle-de-bains, d’un genre abscons,
    Avec tuyauteries enfilées et les baignoires surexposées.

    J’aimais rêver de mes sirènes chantant dans leurs bains à étages
    Pêchant l’auditeur à la ligne, ferrant poisson ou gros pigeon.
    Je m’serais lancé dans l’arène, compétiteur du toilettage,
    Frottant le dos Ă  ces malignes en tant que roi du badigeon.

    Cell’ du premier, exploratrice jouerait souvent au sous-marin ;
    Au deuxième une reproductrice guett’rait son mâle aux alentours ;
    Au troisième, une cantatrice siffl’rait un Pinot du Bas-Rhin ;
    Au quatrième, une lectrice ; serait celle aux plus beaux atours.

    Illustration de Marija Tiurina.

    
    
    
  • La tante Marinette

    La tante Marinette

    Une sirène marseillaise aurait vécu dans les calanques
    Et galvanisait les pêcheurs avec l’accent approprié.
    Elle vivait sur les falaises mais le matin quittait sa planque
    Pour faire mousser la fraîcheur de ses poissons à la criée.

    Ainsi ma tante Marinette, célèbre figure locale,
    Côtoyait César et Panisse au bon temps du pont transbordeur.
    Ceux qui l’appelaient « Ma Reinette » faisaient partie de l’amicale
    De cette boisson à l’anis qui fait les propos brocardeurs.

    Quoi qu’il en soit, la Marinette était authentique sirène
    Qui péripatait le vieux-port pour arrondir ses fins de mois.
    Maîtresse-queux de la sardinette en toutes matinées sereines,
    Elle gagnait, sous tous rapports, bien davantage que vous et moi.

    Tableau de Laura Sava.

    
    
    
  • Naturelle ingĂ©nue

    Naturelle ingénue

    À défaut d’une île déserte, une île vierge ou presque nue,
    Je recherche le goût sauvage de la nature immaculée.
    Mais mériter la découverte de ce paradis ingénu
    Demande le désesclavage de mes protections cumulées.

    Ainsi chaque partie du corps reçoit la caresse du vent
    En remontant entre les fesses jusqu’à la pointe des cheveux.
    Tout le visage est en accord, la tĂŞte et le buste en avant
    Les seins doucement se redressent et moi, je fais ce que je veux.

    Mais libertaire et libertine sonnent souvent en désaccord
    Bien qu’inspirées de liberté mais jouant dans l’opposition.
    C’est pourquoi je me prédestine à offrir au soleil l’accord
    D’un moment de légèreté par mon corps en exposition

    Tableau de HongNian Zhang.

    
    
    
  • De la lecture aux rĂŞves

    Dans ma machine à fabriquer les rêves en fondu enchaîné,
    Je fais le plein en carburant de livres aux histoires détonantes
    Pleines de récits imbriqués avec héros surentraînés
    Dont je produis le comburant pour des combustions étonnantes.

    À un certain moment donné, je vois déjà entre les lignes
    Mes aventures bouturer dans la nuit qui m’ouvre ses portes.
    Mes yeux se ferment, abandonnés à d’autres limbes curvilignes
    Et mes membres courbaturés se détendent comme une feuille morte.

    Quand ma mémoire me joue des tours, elle va au puits des souvenirs
    Remonter l’eau d’une expérience non résolue de mon passé.
    Tout nu ou dans de beaux atours, tout dépend de ce qui va venir ;
    Je n’ai pas d’autosurveillance, seulement mon laisser-passer.

    Parfois je visite d’autres mondes où mon corps, je ne sais par quel lien,
    Se cristallise en transparence ou parfois mĂŞme change de sexe.
    D’une situation immonde, je passe à un point cornélien
    Tragi-comique en apparence pourtant sans le moindre complexe.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • L’homme en mosaĂŻques

    L’homme en mosaïques

    Visualiser la multitudes de petits « moi » sur mon visage
    Constituerait le grand tableau de toutes mes contre-vérités.
    Vous y verriez mes attitudes selon le ton des paysages
    Que j’aperçois par le hublot de mes mémoires héritées.

    Si je dis non, si je dis oui, je peux passer du rouge au vert
    Et si je mens ou si je nie, mon nez pervers part en avant.
    Heureusement, seul je jouis de me voir ainsi découvert
    Et c’est là toute l’ironie d’en être le singe savant.

    Portrait de Chuck Close mis en mosaĂŻques par Andrew T. Warman.

    
    
    
  • Le petit quartier du temps passĂ©

    Le petit quartier du temps passé

    Regardez bien, regardez vite, demain tout sera démoli !
    Les vieux quartiers remplis de charmes sont promis à l’évolution.
    Adieu boutiques qui nous invitent à chasser la mélancolie ;
    Cet essor me fait fondre en larmes par ses urbaines exécutions.

    Le vieux restaurant italien aux fresques peintes sur les murs
    A laissé la place au drugstore qui sert un café dégueulasse.
    Le vieux libraire tyrolien, le poissonnier et ses saumures
    Et même le marchand de stores ont baissé leurs rideaux, hélas.

    Qui est coupable ? Est-ce Amazone ou le confinement forcé
    D’avoir fermé les magasins non essentiels pour la survie ?
    Citoyens de seconde zone, notre extinction est amorcée
    Depuis que le progrès zinzin veut nous améliorer la vie.

    Vu sur https:imgur.comgallery2sTmy .

    
    
    
  • La gardienne triangulaire

    La gardienne triangulaire

    Elle était assise à l’entrée dans une position insolite ;
    Je suis resté quelques secondes intimidé par sa quiétude.
    Et puis je fus déconcentré par l’arrivée d’un acolyte
    Qui, dans une laconique faconde, m’a confirmé mon hébétude :

    « La gardienne triangulaire médite depuis très longtemps
    Et ne doit pas être dérangée même si elle bloque le chemin. »
    L’information préambulaire m’a laissé coi un certain temps
    Puis, laissant ces moines étrangers, j’optai pour revenir demain.

    Tableau de Leonor Fini.

    
    
    
  • La vengeance de Cherche-Midi

    Mon chat se venge à sa façon quand je l’emmène chez le véto.
    Depuis la veille, il a compris que j’allais le mettre dans le panier.
    Alors, il joue au polisson dès qu’il me voit me lever tôt
    Et le lendemain ce malappris ne cesse de me calomnier.

    Illustration de Jeff Leedy.

    
    
    
  • CuriositĂ©

    Curiosité

    Quand Curiosité vint au monde, elle n’y jeta qu’un bref coup d’œil
    Puis repartit furtivement dans le ventre de sa maman.
    Finalement, dans la seconde, comme on lui faisait bon accueil,
    Elle ressortit timidement pour ne rien louper du moment.

    Tableau de Fatima Tomaeva.

    
    
    
  • Du cĂ´tĂ© de Sarah Moon

    Du côté de Sarah Moon

    La femme est-elle une illusion ou bien crée-t-elle une collusion ?
    Peut-être bien qu’elle correspond en tout point à ce que l’homme attend ?
    Quand l’artiste atteint la vision et qu’il l’absorbe à profusion,
    Il est, et je vous en répond, doté d’un génie éclatant.

    Portrait de Sarah Moon – alias Marielle Warin – mannequin et photographe – par Irene Liebler.

    
    
    
  • Les femmes de Sarah Moon – 2

    Alors la question qui se pose concerne la transposition
    Qu’une femme ainsi développe sur sa pellicule du cœur.
    Est-ce une image qui se dépose ou une autre composition ?
    Est-ce qu’il s’agit de l’enveloppe ou du fond du cœur du vainqueur ?

    La femme voit des dimensions qui échappent à son compagnon.
    Lui, il s’arrête à une image, elle perçoit toute la profondeur.
    L’un, sensible aux mensurations, l’autre pas seulement au pognon
    Mais au courage qui se dégage de son esprit de commandeur.

    Mais pour voir en tétravision, les deux regards s’interpénètrent
    Et la femme adresse un message qui renvoie le reflet des âmes.
    Ainsi l’amour fait provision, au moment où il la pénètre,
    De ce qui fait l’apprentissage du destin de l’homme et la femme.

    Photos de Sarah Moon.

    
    
    
  • Les femmes de Sarah Moon – 1

    La première image qui frappe le cœur de l’homme profondément
    Lorsqu’il découvre la beauté du féminin qui se dévoile
    (Tel un Dieu surgit d’une trappe qui brillerait intensément),
    C’est de se sentir ligoté par ce qui créa les étoiles.

    Lorsqu’il perçoit la nudité et les courbes de sa compagne,
    Il sent un désir magnétique dont il ne pourra s’échapper.
    Il vaincra sa timidité, il soulèvera les montagnes,
    Pour découvrir cette pathétique passion qui vient de le happer.

    La persistance rétinienne du cœur demeure la plus forte
    Et l’image de l’être aimé y reste gravée à jamais.
    Cette femme qu’il a fait sienne et qui lui a ouvert la porte
    De toute son âme animée, soude leurs chairs amalgamées.

    Photos de Sarah Moon.

    
    
    
  • Le cheval d’affaires

    Le cheval d’affaires

    La plus belle conquête de l’homme est, bien sûr, le cheval d’affaires
    Qui met ses jambes au galop pour rester parmi les gagnants.
    Voyez-le faire des slaloms, des tractations, des bras de fer
    Afin de gruger les ballots et tous les petits épargnants.

    Tableau de Bob Count.

    
    
    
  • La Lune de Mars

    La Lune de Mars

    Jamais je n’aurais cru à l’amour que la Lune éprouvait pour Mars !
    Mais lorsqu’elle est devenue rousse, mes yeux ont dû se dessiller.
    Apparemment au petit jour,il n’en restait aucune trace
    Mais si le Lion s’en courrouce, leur hymen pourrait vaciller.

    Hier soir, en observant l’éclipse de Lune, j’ai bien vu que, lorsqu’elle devenait rousse, c’était pour s’harmoniser à la couleur de ce coquin de Mars qui était à ses côtés.

    
    
    
  • La fesse cachĂ©e de la Lune

    La fesse cachée de la Lune

    Savez-vous pourquoi la Lune ne nous montre qu’une fesse ?
    C’est parce que l’autre est pâmée au fer rouge par Mars, lui-même.
    Sur cette croupe opportune, il grava, je le confesse,
    « Mars et Lune c’est à jamais, car je l’aime et elle m’aime! »

    Tableau de Leonid Afremov.

    
    
    
  • Le lion dĂ©masquĂ©

    Le lion démasqué

    Parfois il reste au fond du cœur comme une espèce de tanière
    OĂą le lion a ses quartiers et ne sort que de temps en temps.
    C’est là le rôle des vainqueurs qui ne font pas trop de manières
    Afin que vous vous départiez de la force que cela entend.

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  • Ă€ votre avis ?

    À votre avis ?

    Que d’interprétations à naître apparaissent à ma fenêtre !
    Pour un musicien, c’est la gamme qui fait tout l’art de cette femme ;
    Pour l’architecte, le squelette montre sa plus belle palette ;
    Le peintre y observe, en lavis, l’empreinte nette de la vie ;

    Le naturaliste, c’est facile, la présente comme un fossile ;
    Le guérisseur, au quotidien, suit les sillons des méridiens ;
    Le photographe, par hasard, a pris cette photo bizarre ;
    Et pour le poète, c’est l’amour dont l’encre a tracé les contours.

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  • Traumreise / Voyage de rĂŞve

    Traumreise / Voyage de rĂŞve

    Heute Abend, möchte ich ändern und einen organisierte Traum machen.
    Dann, zu Petra reiten, zusammen mit Dromedare.
    Aber durfen wir uns nicht irren und besser sie finden
    Sonst wird es einen Alptraum werden, ohne weiteren Kommentar.

    Ce soir j’ai envie de changer et faire un rêve organisé.
    Alors, destination Petra, ensemble Ă  dos de dromadaire.
    Mais faudra pas se mélanger et plutôt la localiser
    Sinon, cauchemar, patatras, sans autre forme de commentaire.

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  • L’avènement du lion

    L’avènement du lion

    Quand vint au monde le lionceau, il y eut alors deux naissances ;
    Celui qui traverse la porte et celle qui fait l’ouverture.
    Immense est celle du jouvenceau, tout innocent de connaissance ;
    Divine pour celle qui apporte sa récompense à la nature.

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  • Le grand frisson

    Le grand frisson

    J’aime tant envoyer en l’air les plus jolies de mes copines,
    Que je les choisis sur mesure entre les vallées et les monts.
    D’une belle croupe populaire, bien assortie à la poitrine,
    Elles jouiront dans l’azur dans un orgasme de démon.

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  • La fontaine miraculeuse

    La fontaine miraculeuse

    Une fois dans la vie, faites-vous baptiser
    Dans la claire fontaine et guettez le miracle.
    Votre peau s’y ravit, le corps est apaisé
    Et vos fesses, dondaine, monteront au pinacle.

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  • La bonne fortune

    La bonne fortune

    Pour séduire la lune et lui tendre la main,
    Il suffit d’un croissant et savoir lui offrir.
    Puis la bonne fortune vous sourira demain
    Et ira s’accroissant sans jamais en souffrir.

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  • Nouvelle marĂ©e

    Nouvelle marée

    À la nouvelle marée, le sable laisse des traces
    Qui racontent les histoires des beaux jours et des bonheurs.
    Les amours sont chamarrés là où les vagues embrassent
    Les rives du territoire où ton cœur a fait honneur.

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  • Les femmes nues, je ne peux pas les encadrer

    Les femmes nues, je ne peux pas les encadrer (nu

    Trop de rondeurs, rotondités qui ne rentrent pas dans le cadre !
    Trop de seins ronds, de mamelons qui échappent à la quadrature !
    Ces belles fesses, ces nudités, exigent une solide escadre !
    Vénus callipyge, allons ! Diminue la température !

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  • Les tourbillons marrants

    Les tourbillons marrants

    La nature a de l’humour et s’amuse de bon cœur ;
    MĂŞme les catamarans ensemble se tiennent les cĂ´tes.
    C’est le plaisir de l’amour (*) qui efface les rancœurs
    Dans les tourbillons marrants que les gros rochers bécotent.

    (*) De l’amour de la mer.

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Coquelicots qui dansent

    Coquelicots qui dansent

    Quand je veux bercer mes rêves, je m’en vais à la campagne
    Retrouver mes jolies fleurs sur leurs jambes délicates.
    Je les vois danser sans trêve, mes délicieuses compagnes ;
    Leurs petites robes effleurent mes tentations scélérates.

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Le bon riz vietnamien

    Le bon riz vietnamien

    J’ai une femme-poisson qui dort dans la rivière,
    Dans le lit du torrent mais aussi dans le mien.
    Elle nage sans façons toute nue dans les rizières.
    C’est très revigorant ce bon riz vietnamien !

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Baromètres du temps

    Baromètres du temps

    Pour connaître le temps, du moins celui qu’il fait,
    Je consulte les fleurs, surtout les tournesols.
    Pour connaître le temps, qui passe et qui se tait,
    Je consulte mon cœur, ma fidèle boussole.

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • MĂ©tĂ©o du jour

    Météo du jour

    Le temps est à l’orage et le tonnerre gronde
    La terre est en colère et la mer en furie
    Les averses font rage, les courants font la fronde
    C’est le climat polaire, le soleil en pénurie.

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Quand on est amoureux

    Quand on est amoureux

    Le soleil est partout quand on est amoureux !
    Le monde est merveilleux quand on est amoureux !
    Tous les gens sont charmants quand on est amoureux !
    On vit juste d’eau fraîche quand on est amoureux !
    C’est la bonne fortune quand on est amoureux !
    C’est la pleine santé quand on est amoureux !
    Heureusement pour nous, nous sommes toujours amoureux !

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Le cocktail estival

    Le cocktail estival

    Un échange de couleurs comme un apéro solaire :
    Avec un tiers de soleil pour apporter la chaleur,
    Un tiers de brume enflammée, un tiers de fille allumée
    Et un grand tiers d’eau glacée comme on le fait à Marseille.

    Dessin à l’ordinateur de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • L’helvète Ă  bicyclette

    L’helvète à bicyclette

    Elle est toujours fugace sur sa petite reine
    Et sa jupe à volants s’agite comme un mouchoir.
    Mais jamais ne me lasse quand je la vois qui freine
    D’un air affriolant assise sur son perchoir.

    Ô ma belle helvétique, laisse-moi te coucher
    Et brosser sur la toile cette féminité !
    Presque nue, érotique, mon chef d’œuvre accouché
    Ne laissant pour tout voile que ta virginité.

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  • La porte de l’au-delĂ 

    La porte de l’au-delà

    C’est à ce moment-là, à la tombée du jour,
    Quand le soleil d’étain voit pâlir sa lumière ;
    La porte de l’au-delà s’entrouvre à contrejour
    Dans les nuages éteints qui deviennent poussières.

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  • Rentrez dans le rang

    Rentrez dans le rang

    Parfois on accepte celle qui sort du rang,
    Parfois on rouspète, en la remettant.
    J’aime cette fleur qui sort sa couleur,
    Jamais la teindrai, j’aime sa valeur !

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  • Après la pluie vient le beau temps

    Après la pluie vient le beau temps

    Fines gouttelettes de pluie tapissent ma toile
    Petites perles de rosée dans l’air accrochées
    Elles sont comme des larmes de fées tombées des étoiles
    Tous ces sanglots longs de l’été vont nous rapprocher.

    Mais ce soir c’est la pleine lune, le ciel se dégage
    Toute la nuit va recouvrir les chagrins passés
    Demain matin la joie revient dans tous nos bagages
    Le soleil essuiera enfin, les pleurs effacés.

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  • Plage de RĂ©

    Plage de RĂ©

    Quand les oiseaux sont des nuages
    Quand les poissons deviennent vagues
    J’ai toujours des pensées suaves
    Et l’âme qui rêve et divague.

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  • ĂŽle de RĂ©

    ĂŽle de RĂ©

    À bicyclette avec Alceste,
    À travers champs pendant l’été,
    En pédalant la jambe leste,
    M’enivrant de l’eau du Léthé,

    Je goûte les fruits du voyage,
    Mon cœur est loin d’être apeuré,
    Au milieu de ces paysages
    De cette belle ĂŽle de RĂ©.

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  • Massage OlĂ©

    Massage Olé

    Masseur kinésithérapeute au lait
    C’est un métier un peu « Olé ! Olé ! »
    Moi je préfère, de loin, les bains de boue
    Plutôt couché, c’est bien mieux que debout !

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  • Rendez-vous cerf-volant

    Rendez-vous cerf-volant

    Le fils du cerf-volant, vous le connaissez tous :
    On l’appelle l’ailé-faon, c’est très bien et ça mousse !
    Il a convié sa biche, au rendez-vous galant
    Se sentir amoureux, sous le soleil couchant.

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  • Le vilain petit canard – 1

    Le vilain petit canard

    Tandis que tout déborde dans la salle de bains
    Le petit canard jaune s’éloigne en barbotant
    Il en a marre d’être juste un sex-toy divin
    Il veut ĂŞtre autonome, vivre de ses talents.

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  • De l’autre cĂ´tĂ© du miroir

    De l’autre côté du miroir
    Il y a un ĂŞtre qui me ressemble
    Mais lĂ -bas le soleil est noir
    Et tous les extrêmes s’assemblent.

    Et si nos sexes sont inversés
    Ils ne se retrouvent qu’en rêve
    Lorsque nounours vient me bercer
    Pour une aventure sans trĂŞve.

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  • La Bouillabaisse

    La Bouillabaisse

    Pour faire le bouillon, pelez quatre z’oignons,
    Tête d’ail et tomates et du fenouil bien frais,
    Deux doses de safran, piment doux, c’est si bon,
    Puis les poissons de roches qui doivent être très frais !

    Avec l’huile d’olive, on fait tout revenir
    Pendant quelques minutes sans rien faire brûler.
    Puis on met, un par un, les poissons bien vidés.
    C’est ainsi que ma mère fait dans mes souvenirs.

    On recouvre le tout, on noie avec de l’eau.
    On fait cuire à feu vif jusqu’à ce que ça bouille !
    Aussitôt on abaisse le feu un peu pâlot,
    On bouille et on abaisse mais faut pas que ça rouille !

    On passe au mixer ou au presse-purée,
    On filtre la mixture bien épaisse au chinois,
    Avec l’huile de coude et la cuillère en bois,
    On obtient une soupe, le reste est Ă  jeter.

    Prenez une rascasse et des rougets grondins,
    Le congre et la scorpène, le Saint-Pierre et la lotte,
    Enfin de la langouste, ne soyons pas radins,
    Ce n’est qu’un plat de pauvre, ça coûte pas sa culotte !

    On recouvre le tout avec la soupe exquise,
    Rajoutons du safran et on refait bouillir !
    Tout de suite on abaisse selon la taille requise,
    Après il faut servir, il ne faut pas faillir !

    On dresse les assiettes avec de beaux croutons,
    Pains grillés et aillés et recouverts de rouille.
    Quelques pommes de terre finissent la tambouille,
    Par-dessus les poissons, puis versez le bouillon !

    Tableau de Fabienne Barbier