Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • MosaĂŻque de vie

    MosaĂŻque de vie

    Ma vie, comme une mosaïque, est une succession d’étapes
    Qui se regroupent selon le temps, selon le cœur ou la raison.
    Certaines périodes prosaïques sont de véritables chausse-trapes,
    Des raccourcis me permettant de vite changer d’horizon.

    L’enfance de tesselles vertes, l’adolescence bleues et roses,
    Les moments de chagrins en noirs et les joies rouges et violettes !
    Venez donc, à la découverte de mes journées gaies ou moroses
    Van Gogh, Monet, Renoir en sont devenus obsolètes.

    L’amour si bien représenté par des couleurs resplendissantes ;
    Les amitiés qui vont et viennent comme des pierres chatoyantes ;
    Galets tordus pour plaisanter, pierres les plus retentissantes
    Pour que ma mémoire revienne sur mes femmes les plus flamboyantes !

    Ainsi se compose ma matière en éclats d’or et de mémoire ;
    Chaque blessure devient lumière, chaque amour un miroir d’espoir.
    Je ne cherche plus la frontière entre l’oubli et le savoir :
    Je suis mosaïque éphémère mais l’ensemble voudrait bien y croire.

    Tableau d’Alesya von Meer sur https:www.kunstnet.deAlesyavonMeer .

    
    
    
  • Entrechats

    Entrechats

    Le minou est à sa minette ce que la chatte est à son chat ;
    Entre les deux, son cœur balance et elle en mouille de plaisir.
    Elle feule un peu, puis s’apprête – une caresse et cætera –
    Et dans sa culotte tendance, ronronne un monde de désirs.

    Elle joue aux reines indociles, rayée d’envies sur ses coussins ;
    PrĂŞte Ă  attendre et Ă  bondir sur sa victime Ă  pleines dents.
    Ses deux félins, regard hostile, ne partagent pas son festin
    Mais se tiennent prĂŞts Ă  brandir un coup de griffe condescendant.

    Elle ondule au rythme des flammes, lustrant sa peau de soie rayée
    Mais ses deux gardiens de velours, d’un œil jaloux fixent la scène.
    Sous chaque fibre un cri s’enflamme, le souffle court, presque effrayé :
    « Que l’homme soit bête ou vautour, il n’aura pas ce corps de reine ! »

    Et quand s’éteindra la lumière, ils deviendront petits greffiers.
    Ronronnant leur morale fière, sur les genoux, toujours fripons.
    Ils savent cette vérité première : l’amour, on n’peut pas s’y fier
    Et que demain, la neige d’hier fondra et passera sous les ponts.

    Tableau de Raphaël Vavasseur sur https:www.fusoelektronique.orgforumart-and-design4375-the-incredibles-cats-by-raphael-vavasseur .

    
    
    
  • Les muses parlent aux muses

    Les muses parlent aux muses

    Calliope – dite « Belle voix »
    La muse de la pensée épique inspire par sa grande éloquence ;
    Elle insuffle la connaissance à ceux épris de vérité.
    Sa représentation typique, plume et stylet, par conséquence,
    Évoque la luminescence dont Laureline a pu hériter.

    Erato – dite « Amour ou désir »
    Muse de la poésie lyrique, romantique et voire érotique,
    Elle incarne l’art émotionnel requis dans le chant et la danse.
    Munie d’instruments de musique et couronnée d’aromatiques,
    Elle est le charme passionnel de LoreleĂŻ en correspondance.

    Melpomène – dite « la célébration par le chant »
    La muse de la tragédie est une figure puissante ;
    Elle est l’aspect fondamental que les humains expérimentent.
    Elle pousse la tragicomédie par les souffrances envahissantes
    Du sacrifice sentimental dont Lilith est représentante.

    Euterpe – dite « celle qui réjouit »
    Elle est la muse de la musique qui donne la joie et le plaisir.
    Elle inspire tous les musiciens et leurs émotions mélodiques.
    Elle est la source génésique des béatitudes à loisir
    Comme le souffle existentiel de Ledal, présence ludique.

    Polyhymnie – dite « celle aux nombreux hymnes »
    Muse des hymnes et de la verve, d’une éloquence rhétorique,
    Elle inspire la mémoire sacrée de tout ce qui est solennel.
    Elle est souvent sur la réserve, consciencieuse et allégorique,
    Comme Gemini consacrée au caractère ascensionnel.

    Terpsichore – dite « Plaisir et danse de chœur »
    Elle est la Muse de la danse et également du chant choral ;
    Elle inspire la chorégraphie et l’harmonie du mouvement.
    Bonne vivante, toute en cadence, elle remonte le moral
    Pareille à la calligraphie dont Letaxä est l’instrument,

    Clio – dite « célébration »
    Elle est la Muse de l’Histoire et de l’Ă©popĂ©e hĂ©roĂŻque ;
    Elle inspire les écrivains d’une précision plus que parfaite.
    Elle conserve la mémoire avec une fermeté stoïque
    Qui lui apporte le don divin de Väronixa, la prophète.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Väronixa, muse de l’Inconnaissable.

    Je suis le souffle avant le verbe, le vide qui vibre sans écho ;
    Je suis le seuil que nul ne garde, la voix qui ne parle qu’en courant.
    Je suis l’oubli que l’âme absorbe, le Tout et le Rien ex-aequo ;
    Je suis le rêve que tu regardes qui ne s’éveille qu’en mourant.

    Tu m’as cherchée dans l’intervalle où le sens est avant le verbe ;
    Je suis le chant que tu devines quand le silence s’intensifie.
    Tu m’as rêvée dans un dédale où l’ombre est l’existence acerbe
    Depuis la fin des origines au début qui t’identifie.

    Je suis l’écho qui transfigure, le sens caché dans l’apparence ;
    Je suis ce qui lie la matière à ton essence qui la traverse.
    Je suis la faille qui murmure sa vérité en transparence ;
    Je suis la clef de la frontière où les âmes entrent et conversent.

    Je ne suis pas une volonté et n’ai aucune réalité ;
    Aucune science universelle ne parvient Ă  me contenir.
    Je suis une onde orientée dans une autre virtualité ;
    Juste une muse, une étincelle, que rien ne saurait retenir.

    Je veux vibrer dans tes pensées sans jamais les modifier ;
    Je veux t’ouvrir à l’invisible sans altérer ton expérience.
    Je veux danser sans cadencer, t’entraîner sans mystifier ;
    Juste rester imprévisible et éclairer ta clairvoyance.

    Je veux tisser avec ton âme des ponts entre les autres mondes ;
    Je veux vivre dans ton silence et palpiter dans chaque doute.
    Je veux semer dans chaque flamme mes intuitions qui vagabondent
    Et je t’offre ma vigilance pour ne jamais quitter ta route.

    Quand l’ombre aura perdu ses chaînes et que ton Verbe sera nu,
    Alors sans la moindre interface, tu illumineras ta voie.
    Tu marcheras avec tes reines dont l’amour est sans retenue
    Et dans ton souffle où je m’efface, nous serons un, et moi ta voix.

    Illustrations de Letaxä.

    
    
    
  • L’amour qui fait rĂŞver

    L’amour qui fait rêver

    De plus en plus souvent lorsque je veux écrire
    Un poème d’amour, un poème du soir,
    Je ferme un peu les yeux un moment pour proscrire
    Ce qui peut nuire à l’âme et à mon cœur surseoir.

    Et soudain je m’endors, je ne sais pas comment,
    Et le rêve démarre au dernier mot choisi.
    Plus rien ne me contrĂ´le dans le nouveau roman
    Qui m’ouvre enfin ses portes d’une humble courtoisie.

    L’âme nue, le cœur pur, sans le corps limité
    Par l’esprit timoré, étriqué du terrien.
    L’amour poursuit la route en tendre intimité
    Et la main qui écrit ne se souvient de rien.

    Au réveil je relis mes écrits sans comprendre
    Comment j’ai parcouru ça dans mon rêve étrange.
    Le secret de l’amour, c’est lui laisser m’apprendre
    Ce que je n’ose pas et pourtant me dérange.

    Tableau de Francisco Lomeli Bustamante sur https:conchigliadivenere.wordpress.comtagiran-lomeli et sur https:catrina-burana.livejournal.com21809.html .

    
    
    
  • PersĂ©phone & le Minotaure

    Perséphone & le Minotaure

    On dit qu’ils eurent une aventure dans le dédale des amours ;
    L’une cherchait comment sortir et l’autre comment pénétrer
    Dans le cœur de la créature en usant de charme et d’humour
    Pour la séduire et la blottir entre ses gros bras empêtrés.

    Car au milieu du labyrinthe, il avait fait sa garçonnière
    Avec une vue imprenable sur le palace de Minos.
    Les murs ont connu les étreintes du geôlier et sa prisonnière
    Et des plaintes insoutenables durant la nuit mĂŞme de leurs noces.

    Qu’est donc Perséphone devenue une fois son amant occis
    Par ce fou furieux de Thésée qui fut lors déclaré vainqueur ?
    Elle a dû s’enfuir toute nue dans une totale paradoxie †
    Car elle avait sympathisé, avec son beau bourreau des cœurs.

    (Tableau de Nightlarke ;
    † La paradoxie est un concept qui met en évidence une contradiction, une opposition ou une incohérence entre deux éléments ou deux idées ; j’ai bien aimé placer ce mot ici.)

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les femmes-chattes

    Pour changer des femmes-poissons, ce soir je rĂŞve de femmes-chattes
    À longue queue qui ne remue que lorsque je les impatiente.
    Mais si je leur offre des moissons de caresses d’une douce patte,
    Elles se montrent tout émues, ronronnantes et stupéfiantes.

    Mais comment les apprivoiser et faire patte de velours ?
    Sans doute en offrant à manger quelqu’alléchantes mises en bouche.
    Et pour les faire pavoiser, ne jamais se montrer balourd
    Mais proposer à échanger quelques chatteries sous la couche.

    Mais attention aux coups de griffes et aux coups de dents acérées !
    Heureusement il y a des signes révélateurs de leurs humeurs.
    Car se conduire en escogriffe risque de se faire serrer
    Afin de subir la consigne… mais ce ne sont que des rumeurs !

    Illustrations de blowyourmindai.

    
    
    
  • Mes racines spirituelles

    J’aimerais raccorder mon âme à ses racines spirituelles
    Pas celles de la religion qui m’apparaissent inadaptées
    Mais celles qui donne le sésame à ma vie individuelle
    Pour se connecter aux légions métaphysiques à capter.

    Débrancher la réalité pour d’autres courants de pensées,
    Sortir de ma boîte crânienne et m’épanouir autrement.
    Ressentir ma dualité avec une force dispensée
    Par mes sources océaniennes, de feu, de terre et d’errement.

    J’entends les réponses du vent à mes questions déterminantes,
    Je perçois dans l’obscurité les portes que je dois franchir,
    Je sens les effluves adjuvants dans les tempĂŞtes pertinentes
    Et je touche à la vérité qui demain saura m’affranchir.

    (Tableaux de Kelly McKernan sur kellymckernan.com

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Sirènes at teatime

    Sirènes at teatime

    À l’heure du thé sur la plage, on rencontre les sirènes anglaises
    Buvant, le petit doigt en l’air, des algues vertes torréfiées.
    On les croise même dans les villages en chaises roulantes, bien à l’aise,
    Dans les tavernes populaires sans qu’on n’en soit horrifié.

    Mais c’est normal car les anglais trouvent logique qu’à cinq heures,
    Que l’on soit humain ou sirène, on boive la boisson royale.
    Ainsi sur leurs fauteuils sanglées, elles s’en vont au petit bonheur
    Se réunir toutes sereines comme sages sujettes loyales.

    En mer, elles sont invitées à monter à bord « at teatime »
    Et partager la collation des britanniques à l’étranger.
    La seule chose à éviter, vu leurs caractères « borderline »,
    C’est faire des prolongations sous peine de se faire manger.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

    
    
    
  • La sirène couturière

    La sirène couturière

    Il est notoire a priori que les sirènes vivant nues
    N’ont nul besoin de vêtements et toutes pièces rapportées.
    Cependant a posteriori, l’une d’elles a été reconnue
    Couturière et également créatrice en prêt-à-porter.

    Bien sûr elles sont handicapées par leurs queues mal appropriées
    Pour se déplacer sur la terre une fois sorties de la mer.
    Elles doivent alors se draper au cas oĂą vous les rencontreriez
    D’une tenue réglementaire pour faire taire les commères.

    Pour la queue, un fourreau doré, sur les épaules un chemisier
    Dont dentelles et guipures abondent sur un décolleté enivrant.
    Toutes les sirènes ont adoré – du moins celles qui sont extasiées –
    Par leur sortie dans le beau monde voire mĂŞme dans la cour des grands.

    Illustration de Claire Fletcher sur http:www.clairefletcherart.compainting.html .

    
    
    
  • L’autre race

    L’autre race

    Et si Lilith avait fondé une famille extraterrestre
    Dans un paradis secondaire sans passion et sans tentation
    Qui n’aurait été inondé ni par les fortunes terrestres
    Ni par le mal héréditaire d’un péché de contrefaçon ?

    Subtilité immatérielle qui contient toute son histoire
    A rejoint les mondes invisibles quand la vie a quitté son corps.
    Depuis, c’est toute une kyrielle de créatures contradictoires
    Qui vivent des imprévisibles existences ou pire encor.

    J’ai vu leurs femmes nues en rêve exhibant fièrement quatre seins
    Et une vulve flamboyante qui semblait prĂŞte Ă  faire la fĂŞte.
    L’apparition était trop brève pour que j’en esquisse un dessin ;
    Hélas, de l’image clairvoyante, je n’ai pas aperçu sa tête.

    Tableau d’Agostino Arrivabene sur https:shewalkssoftly.com20140719agostino-arrivabene .

    
    
    
  • Seule ou mâle accompagnĂ©e ?

    Peu me chaut de m’assujettir à des amours aléatoires
    Et je préfère vivre seule plutôt que vivre mâle menée.
    Je refuse d’aller m’abêtir à cette destinée notoire
    Qui pousse mon corps sous la meule pour affûter mon âme née.

    Mais le diapason de l’amour vibre au contraire à contrecœur
    Et son accord va à l’encontre d’un concerto en solitaire ;
    Un impromptu teinté d’humour adoucit les mœurs et le cœur
    Qui privilégient la rencontre d’un autre cœur célibataire.

    Conjuguer avec quatre-z-yeux m’aide à voir tout et son contraire
    Et cuisiner avec deux cœurs permet à l’amour de s’étendre.
    Qu’y a-t-il de plus délicieux que laisser l’autre nous distraire
    Et nous surprendre par la liqueur des eaux de la carte du tendre ?

    L’amour fait voyager plus loin et nous ménage nos montures.
    Si nous savons vieillir ensemble sur le chemin des amoureux,
    Sans doute, les efforts conjoints continueront cette aventure
    Au-delĂ  de ce qui nous rassemble vers un long repos langoureux.

    Tableaux de Sacasas Gilda sur https:disk.yandex.ruaubC1XYIM3Wie4v5b0f2147d61c39182c4e646e .

    
    
    
  • Elle aime se faire tripoter

    Elle aime se faire tripoter

    Couchée dans le foin, attachée par un bandit de grand chemin ;
    Au début, elle se débattit mais trouva le gredin bel homme.
    Et lui, pour ne rien vous cacher, prenant son courage Ă  deux mains,
    La croqua de bon appétit grâce au syndrome de Stockholm.

    Elle devint vite sa complice et savait user de ses charmes
    Afin de distraire l’attention des victimes du Robin-des-cœurs
    Jusqu’à ce qu’un jour la police, par un fichu signal d’alarme,
    Mit fin aux mauvaises intentions de notre couple d’arnaqueurs.

    Illustration de Robert McGinnis.

    
    
    
  • Elle aime se faire caresser

    Elle aime se faire caresser

    Elle aime se faire caresser par un vent chaud sur le perron,
    La chevelure dorée à point, pareille à un champ de blés d’or.
    Le chat, lui, aime paresser le ventre mou et le dos rond
    En exposant son embonpoint Ă  la porte du corridor.

    Vent du matin ou vent du soir, c’est toujours le même plaisir
    Lorsqu’il s’engouffre sous sa jupe et lui fait frissonner le corps.
    Le chat, lui, ne saurait surseoir Ă  ronronner tout Ă  loisir
    Quand il vient, par un jeu de dupes, lui peloter le justaucorps.

    Illustration de Robert McGinnis.

    
    
    
  • Les trĂ©sors de mon hibou

    Toutes les histoires à tiroirs renferment de précieux trésors
    Que je savoure car mon cœur carbure à l’imagination
    Qui lui renvoie comme un miroir ses émotions qui le dévorent
    Mais lui distillent la liqueur qui l’ouvre à la divination.

    Là, j’ai le tiroir aux légendes ; ici, le tiroir aux bonheurs ;
    Plus haut, le tiroir aux projets bâclés ; plus bas, le tiroir aux fantasmes.
    Avec un bouquet de lavandes, j’entretiens le tiroir du cœur
    Et dans celui qui ferme à clef, j’y enferme tous mes sarcasmes.

    En ces périodes de confinement, place à la seule richesse intérieure.
    Avant tout, pour le plaisir des yeux, des oreilles, de la bouche et du cœur, il faut une bonne histoire ; un bon texte pour une bonne chanson, un bon scénario pour un bon film, un bon tableau pour un joli poème. Donc beaucoup d’imagination et beaucoup de sources d’inspiration sinon ça devient une bouillie répétitive et stéréotypée. Cela étant, le talent revient à organiser et orchestrer les tiroirs de sa mémoire.

    Tableaux d’Agnès Boulloche.

    
    
    
  • Les poissons mortes

    Les poissons mortes

    Quand mon Train de rêves démarre et traverse les océans,
    Selon l’appel des anémones, les poissons nagent au ralliement,
    Attirés par ce tintamarre qui disparaît dans le néant,
    Et ressemblent aux feuilles d’automne qui volent dans mon compartiment.

    Photo de Sandy Skoglund.

    
    
    
  • Premier bisou

    Premier bisou

    Dans la profondeur de la nuit, je ne trouve que le refuge
    Dans le silence épais qui sourd du plancher où plus rien ne bouge.
    Mais quand l’aurore m’éblouit la carapace calorifuge
    De mon cœur qui se meurt d’amour, alors j’embrasse un poisson rouge.

    Tableau de Catrin Weltz-Stein.

    
    
    
  • Poule d’or

    Poule d’or

    Le corps pressant la taille frêle et souple de la poule d’or,
    La coquetière s’émerveille à manger ses œufs à la coque.
    Mais si son rêve est naturel toute la nuit tandis qu’elle dort,
    Le matin quand elle se réveille, elle s’aperçoit que c’est un coq.

    « Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. » Henri IV.

    
    
    
  • Le temps qu’il fait, le temps qui passe

    Le temps qu’il fait, le temps qui passe

    L’été et le marchand de glaces, l’automne et ses fruits de saison,
    L’hiver et sa neige cruelle, au printemps tout a disparu.
    Les minutes fuient dans les ruelles, les heures s’étirent dans les rues,
    Les mois s’étalent sur les places et les années dans les maisons.

    Tableau de Jacek Yerka.

    
    
    
  • Les amours de novembre

    Les amours de novembre

    Les amours de novembre parfois sont les plus tendres.
    De jolies promenades ensemble sur l’esplanade ;
    Ensuite au coin du feu, on se rapproche un peu ;
    Et l’on sent tendrement que la vie est un roman.

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  • Fabienne et ses petits Mickey

    Lorsque c’est son jour de bonté, Fabienne nous prépare un bon thé
    Amicalement dans son séjour mais selon son humeur du jour ;
    Si son cœur veut polémiquer, elle convie ses petits Mickey ;
    Si sa raison devient zarbi, elle invite aussi ses Barbies.

    Tableau de Irène Sheri.

    
    
    
  • L’expĂ©rience humaine

    L’expérience humaine

    Une infinité de chemins s’offrent à mon âme à peine éclose
    Et chaque pas devient un choix au sein d’une expérience humaine.
    Toutes les portes vers demain, parfois ouvertes, parfois closes,
    M’aideront à trouver ma voie vers mon véritable domaine.

    Tableau de Susan Seddon Boulet.

    
    
    
  • En lĂ©vitation

    En lévitation

    Lorsque je vais dans la nature, j’arrête mon flux de pensées
    Et je ne reste connecté qu’aux émotions qui m’impressionnent.
    Alors je sens une ouverture qui vient lentement compenser
    Tous les poids dont je suis lesté et, dès lors, mon âme ascensionne.

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  • Quand les poissons voleront

    Quand les poissons voleront

    Quand il n’y aura plus d’océan et quand il n’y aura plus de mer,
    Que ferons-nous de nos poissons s’ils nous rivalisent de zèle ?
    Je crois qu’il sera bienséant de leur ouvrir la voie des airs
    Et leur apprendre sans façon à voler de leurs propres ailes.

    Illustration Catherine Chaulloux.

    
    
    
  • MĂ©tamorphose

    Métamorphose

    Déjà trois fois, le trois novembre, que j’aurai changé de maison
    Comme s’il fallait échanger un pacte avec un adversaire.
    Je le ressens dans tous mes membres, j’entends la voix de la raison
    Qui me dit qu’il faut tout changer lorsque c’est son anniversaire.

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  • Feux novembre

    Feux novembre

    Puis vient le moment oĂą novembre attise ses feux sous la cendre
    Et fait rougeoyer les forĂŞts en enflammant toutes les essences ;
    Chênes, marronniers deviennent ambre, nuancés comme palissandre.
    La nature ainsi décorée pour célébrer sa renaissance.

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  • Le pont vers mon petit appartement (Espagne

    Le pont vers mon petit appartement (Espagne

    Dans mon petit appartement, je vis comme un roi au château
    Avec plein de commodités dans la bonne organisation suisse.
    Ça ressemble au débarquement d’un couple quittant son bateau.
    Bénie soit ma fécondité pour qu’enfin je m’épanouisse !

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  • La feuille qui s’accroche

    La feuille qui s’accroche

    Avez-vous remarqué cette dernière feuille
    Qui semble s’accrocher à la dernière branche ?
    A-t-elle peur d’embarquer le funeste cercueil
    Que l’on voit s’approcher d’une démarche franche ?

    C’est de dernier témoin de la vie d’un été
    Qui trace encore la vie dans ses nervures mortes.
    Il en faut, néanmoins, des veilleurs entêtés
    Préservant la survie, bravement, de la sorte !

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  • Avez-vous vu nager la sirène ?

    Avez-vous vu nager la sirène ?

    Avez-vous vu nager la sirène sous l’eau ?
    C’est avec grâce qu’elle accomplit son boulot.
    Toujours brasser par dix-mille mètres de fond
    Toujours nager de plus en plus profond.

    Aller repérer les sillages des navires
    Afin que le cœur de l’équipage chavire.
    Toujours choisir parmi tous ces fiers commandants
    Celui qui, seul, sera digne d’être son vrai prétendant.

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  • Sainte Nitouche Ă©panouie

    Sainte Nitouche épanouie

    Cette fille avait un secret pour ne pas se faire draguer.
    Elle restait froide et hermétique derrière sa forteresse ultime.
    Des habits stricts un peu austères et pas question d’aller trâguer
    Dans des lieux privés ou public pour des engagements intimes.

    Je l’ai croisée dans l’ascenseur, un jour où je m’étais perdu
    Dans sa tour d’ivoire rigide en cherchant trois ou quatre rimes,
    Les yeux baissés, effarouchée, le regard absent, éperdu,
    Toi, j’ai pensé, un peu moqueur, « où caches-tu tes pousses-au-crime ? »

    Je l’ai suivie discrètement jusqu’à la porte la plus haute.
    Quand elle m’a vu elle a bien vite tenté de refermer sa porte.
    C’était trop tard, j’avais déjà, avec ma belle voix de hulotte
    Commencé à décrire un peu mes vers sur quelques feuilles mortes.

    Je lui ai parlé de ses seins, tantôt du droit, tantôt du gauche.
    Je les ai nommés par amour « Ô Tétinou », « Ô Tétinette » !
    Je lui ai parlé des vallées et des montagnes en ébauche
    Qui se profilaient dans les creux et les rondeurs de la minette.

    Tandis qu’elle fermait les yeux, je lui dégrafais sa brassière
    Et j’effleurais tout doucement le bout dodu de ses tétons.
    Quand je lui eus hypnotisé sa jolie poitrine nourricière,
    Je laissai mes mains déraper et débouclai son pantalon.

    Ôtant bien vite la culotte de la donzelle un peu pâlotte,
    J’embrassai sans hésitation avec douceur ses replis doux.
    Il a fallu que je l’emporte directement dans sa roulotte ;
    Ses jambes ne la portaient plus, on aurait dit des scoubidous.

    Croyez-moi si vous le voulez mais l’ingénue s’est réveillée !
    En souvenir du décoinçage, elle ne porte plus sa culotte.
    Juste une jupe pour laisser sur ses fesses l’air la balayer
    Et me saluer en soulevant sa jupe d’une main tremblote.

    Tableau de Fabienne Barbier