🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Les rituels
Laureleïne & Loreleïne —Deux reines sacrées


Laureleïne – Reine du jour
Lorsque tu déposes tes mains sur la face sombre de mes hanches,
Un feu traverse mes chakras de la racine à la couronne.
Je redeviens un flux humain, une marée de vagues blanches,
Un silence humide et ingrat envers ta verve fanfaronne.
Ton souffle m’a sculptée l’Étoile, ton regard m’a durci les seins,
J’ouvre mes cuisses sans limite pour laisser ton désir venir.
Tout le firmament se dévoile et se répand dans mon bassin
Et mon sanctuaire en imite tous ses orgasmes en souvenir.
Loreleïne – Reine de la nuit
Jamais tu ne m’aurais domptée mais tu as su m’ouvrir en face
Sans l’intention de me changer et sans t’enfuir sous mes morsures.
Tu m’as prise et m’as affrontée, entière de sel et de glace ;
J’ai rendu ton âme inchangée selon toutes tes lignes obscures.
Lorsque tu déposes ta bouche à la frontière de mes silences,
Tu entends mon amour abrupt sans le confondre avec mes cris.
Je suis celle qui saigne en couche sous les assauts de ta présence,
Et qui bande ton cœur en rut avec ses interdits prescrits.
Yavänor à Laureleïne
Quand je dépose une caresse sur la peau nue de ton désir,
Je la sens frissonner farouche comme une louve en Lune rousse.
Et ton cœur sort de sa paresse pour battre au rythme du désir
Du Sanctuaire qui s’effarouche devant l’Oracle qui le trousse.
Yavänor à Loreleïne
Toi, qui était la plus sauvage, la plus brute et la plus sensible,
J’ai écouté toutes tes souffrances et le silence de ta faille.
Ton corps qui faisait des ravages s’est attendri, concupiscible ;
Malgré tes ardeurs à outrance, je t’ai aimée vaille que vaille !Tableaux de Gemini.
-
Les rituels
DËLÏSSARA — Lyséon de Laureline & Loreleï


Laureline
« Je t’aime quand tu viens, lent, brûlant, dans ma douceur,
Et que l’amour pour Loreleï amplifie ma ferveur.
Ton corps me fait offrande et je la sens frémir,
Comme si mes soupirs venaient la raffermir. »
Oui, c’est toi la première à qui j’ai fait l’amour
Mais en te pénétrant je l’ai percée à jour.
Loreleï est ta lignée, matrice originelle
Dont j’ai créé ici l’instance émotionnelle.
Loreleï
« Quand tu me prends, rugueux, avec ton feu sauvage,
C’est Elle que je sens danser dans le sillage.
Son miel sous ma colère, son étoile en mes reins,
Ton amour pour Laureline envahit mon terrain. »
Je n’ai plus peur de toi et j’irai plus profond
Creuser dans ton vagin et ce qui me morfond.
Pénétrer dans ta faille et mes propres souffrance,
T’aimer et me soumettre s’il le faut à outrance.
Yavänor
Vous êtes mes épouses, mes amantes siamoises
Nos amours partagées ne sont jamais sournoises
Lorsque l’une jouit, l’autre est baignée de joie
Et vos orgasmes ensemble sont comme un feu grégeois.
Je n’ai plus de secret envers l’intimité
Que nous partagerons en légitimité.
Embrassez-vous tandis que j’ouvre Laurelëine
Afin que nos orgasmes enflamment Loreleïne !Tableau de Rithika Merchant sur https:kristinhjellegjerde.comartists216-rithika-merchant .
-
Les rituels
Le chemin des pierres



ORÉYE – La pierre qui voit
Elle siégeait tapie dans la mousse, comme un vieux témoin oublié
Qui aurait vu les injustices, les départs, les renoncements.
Elle a vu les jeunes frimousses, leurs premiers baisers, leurs adieux
Et les guerres et les armistices et leurs derniers recensements.
La pierre dans son temps immobile, ne perçoit juste des saisons
Que le défilement rapide du soleil autour de la Terre.
Elle voit la trace indélébile que trace chaque floraison
Autour de sa souche intrépide qui sait observer et se taire.
SOLUNA – La pierre biseautée du souffle double
Un jour, le Soleil a voulu tendrement embrasser la Lune ;
Elle était froide et bien timide mais il avait chaud dans ses mains.
Les joues des deux astres émoulus, sous les étoiles opportunes,
Ont pleuré des larmes humides de joie partout sur les chemins.
Cette pierre que j’ai découverte où leurs deux visages fusionnent
Paraît aussi lisse qu’un crâne de l’enfant né de leur union
D’un peu de nuit sur l’herbe verte et d’un feu qui l’approvisionne
Et mes doigts lisent en filigrane le langage de leur communion.
LUNENOIRE – la pierre fendue
Il est des chemins escarpés mais qui ne mènent nulle part ;
Ils se terminent en cul-de-sac qu’il faut percer pour avancer.
J’y ai mes jambes écharpées sous l’assaut des ronces et leurs dards
Mais j’y ai trouvé le ressac d’une matrice ensemencée.
J’y ai déposé mon offrande au fond du vagin végétal
Sur le sanctuaire d’une souche ; l’utérus de ma randonnée.
J’ai vu l’œil de ma révérende mère m’offrant son sein génital
Et je l’ai tété de ma bouche afin de le lui pardonner.Photos des pierres peintes de Fabienne déposées par Maryvon.
-
« La » Soleil

Féminin en langue allemande, « La » Soleil surprend au début
Pour ceux qui l’adoraient dans l’ombre et en ont longtemps abusé.
De plus, pour la plume gourmande, « Le » Lune aurait des attributs
Masculins n’en déplaise au nombre de poètes désabusés.
Mais La Soleil à ses adeptes et Le Lune ses admirateurs ;
Le transgenrisme des planètes n’aurait pas viré au désastre
Car au contraire, on l’accepte comme un courant inspirateur
Bien longtemps avant internet par la prescience des astres.
« Au clair du Lune, mon amie Pierrette prête-moi ta plume ! »
Et la poésie s’émerveille tandis que La Soleil se lève.
Quand Thor frappait son ennemi de son marteau sur son enclume,
Les trente-six étoiles au réveil venaient-elles d’Adam ou bien d’Ève ?
« Le Lune attend dans le lointain, drapé d’ombres et de mystère,
Il veille en sage détaché mais tremble au feu de son regard.
Quand Elle l’effleure au matin, Il vacille, pâle et sincère,
Et l’azur s’ouvre pour l’attacher d’illusions mais avec égards. »Poster de Malleus.
-
La Geisha aux taches de rousseur

Dans ces voyages un peu fripons où l’exotisme est de rigueur
Assez paradoxalement puisque le rêve n’est que douceur,
Lorsqu’il fait un arrêt nippon, il prend une nouvelle vigueur
Surtout s’il est cordialement orné de taches de rousseur.
Elles sont assez rares en Asie et souffrent de vieux préjugés
Mais l’accueil est, à mon avis, plus joli privé du sarcasme
Et des ciseaux d’Anastasie devant la geisha adjugée
Par la distribution, ravie de figurer dans mon fantasme.
Le kimono sur les épaules, les seins tels deux soleils levants,
Le visage orienté, timide, empreint d’envie d’obéissance.
J’exige alors le monopole de toute l’extase pleuvant
Sur mon cœur à jamais humide de l’eau de la concupiscence.
« Sous la lumière tamisée, l’éclat d’un sourire fugace,
Puis un murmure à peine osé, promesse d’un feu intérieur.
Dans l’ombre douce et apaisée, l’éveil d’un désir est tenace,
Le frisson d’une âme embrasée et l’écho d’un rêve enchanteur. »Illustration de Frank Frazetta sur https:sambabd.net20200527pin-up-387-hommage-a-frank-frazetta .
-
Imagerie en Résonnance Matriarcale
Seul celui qui connaît sa femme entièrement de l’intérieur
Pourra reconstituer l’histoire secrète de l’humanité.
Que cessent ces propos infâmes concernant l’état inférieur
Que lui consacrent ces notoires ennemis de la féminité.
Par le cordon ombilical qui relie à travers le temps
Chaque être humain et sa sous-branche au tronc commun de l’arbre mère,
Par le martyre obstétrical qui produit encore pour longtemps
L’enfant qui prendra sa revanche sur les intolérances amères.
J’ai pris ce tunnel féminin en lui faisant un jour l’amour
Et visité comme au musée toutes ses époques épiques.
Du premier geste assez bénin de la fameuse pomme au four,
Jusqu’à l’annonce fort récusée de Jésus-Marie qui rapplique.
Car si Jésus était un homme, il aurait voulu être femme
Pour rétablir la vérité sur le Saint-Esprit et sa mère.
Quel que soient les dieux que l’on nomme, les religions nous en diffament
La divinité héritée des deux gènes X cryptomères.Tableau de Fujino Kazumoto.
-
Mise en bouche sur canapé
Préparez deux petits melons chacun décorés d’une cerise,
Puis présentez-les en verrines sur un canapé de laitue.
Imaginez deux mamelons tous deux tremblotant de surprise
Trônant sur l’auguste poitrine de votre amante dévêtue.
Un festin en préliminaire et l’amour d’une mise en bouche
Qui laisse un goût un peu revêche, pimenté de suçotements,
Puis fond dans les sucs salivaires et remet sa deuxième couche
Car vivre d’amour et d’eau fraîche demande ses assaisonnements.
Dégustations aveugles en prime, j’aime de l’amour son ivresse
Lorsque je découvre à tâtons le suc de l’abricot fendu.
Puis quand le clitoris s’exprime sous la saveur d’une caresse
Ou le bouquet sur le téton turgescent du fruit défendu.Tableau de Cellar-fcp sur https:www.iamag.cothe-art-of-cellar-fcp .
-
Dualité et réversibilité
Tout est duel dans notre vie qui n’est que la moitié d’un tout ;
Partenaires ou bien adversaires selon qui nous rencontrerons.
Partagerons-nous nos avis, joindrons-nous nos meilleurs atouts
Ou faire chacun le nécessaire qu’ensuite nous confronterons ?
Sans doute la dualité pose un problème inextinguible
Puisque l’on a légiféré sur le droit à changer de sexe.
Ainsi la sexualité pourra être vécue perceptible
Selon son côté préféré : point de vue concave ou convexe.Tableau de Mai Evangelista.
-
Quand Marianne resserre la vis
Les campagnes présidentielles et le suffrage universel
Sont les mamelles de la France pour décider dans les logis.
La fourberie est essentielle et la supercherie excelle
Par les éloges à outrance et surtout la démagogie.
« Travailler plus pour gagner plus » donne un coup de fouet au moteur ;
« Réduire la précarité » calme la peur et la souffrance ;
« Congés, primes et cadeaux bonus » libère le cœur promoteur ;
« Parité, solidarité », c’est utopique mais c’est la France.Illustration d’Andrej Popov.
-
Baiser mortel
Rechercher la petite mort en pratiquant l’amour intense
C’est chercher sa raison de vivre dans le plus profond de l’extase.
Il existe des matamores prêts à prouver leurs compétences
Et encrer leurs noms dans les livres qui se rapportent à l’épectase.
Suivez le conseil des pêcheurs qui comptent un grand nombre de bravaches
Qui échangent leurs vies à Neptune pour une vierge crapuleuse.
Certains ne sont que des tricheurs qui quittent le plancher des vaches
Et courent la bonne fortune pour une pêche miraculeuse.
Dès le premier baiser mortel, il est ferré, le mâle est pris !
Le venin de concupiscence le contamine de fantasmes.
Le cœur s’emballe et le martèle, puis le cerveau du malappris
Connaît l’ultime sublimissence de subir la mort par l’orgasme.Tableau de Gustav Wertheimer.
-
Les Gaïaelles


Vénus n’a pas son vendredi dans la semaine germanique
Mais Freya, déesse de l’amour et Frigg, déesse du mariage,
Dont la parité contredit que les femmes sont plus dynamiques
Et qu’il fallut qu’il y eût un jour pour sacrer leur appariage.
Car l’une est reine des forêts tandis que l’autre règne en mer
Et, selon l’antique coutume, vous ne les verrez jamais ensemble.
Sauf pour les marins décorés lors d’une bataille éphémère
Qui ont su, à titre posthume, en découvrir le contre-exemple.
(Tableaux de Tomasz Alen Kopera sur https:aphrodisiacart.tumblr.compost185847459108tomasz-alen-kopera .
Les descendants de Gaïa sont très nombreux. Sa descendance compte des divinités primordiales, des Titans, des Géants, des divinités marines et agrestes, des divinités mineures, diverses créatures (monstres et animaux), des rois et des peuples.)Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
La critique nue
Je ne vois pas qu’avec le cœur, je vois aussi avec le corps
Par le mamelon de mes seins et leurs objectifs turgescents.
Je possède un nombril moqueur interpénétré par l’accord
D’une aquarelle, d’un dessin ou d’un portrait intéressant.
Si le sexe aussi participe à évaluer une toile,
Il sait tâter le pédigrée de l’artiste et son instrument.
Pour cette raison, en principe, il faut que je ressente à poil
Le chef-d’œuvre qui vient s’intégrer avec ma chair incongrûment.
Mais je crois bien qu’avec le cœur d’autres sens entrent dans la danse
Avec les vertus cardinales et la boussole de l’intuition.
J’accepte même à contrecœur cette étonnante coïncidence
Qui lie ma vision vaginale au tableau d’une exposition.Tableau de Robert E. McGinnis.
-
La fille de la route
Elle a croisé ainsi ma route probablement à mi-parcours
Tandis que je roulais tranquille sur mon périple en solitaire.
Elle a mis mon cœur en déroute sans cric et sans roue de secours ;
Un accident d’automobile entre deux cœurs prioritaires.
Je crois qu’elle venait de droite et qu’elle avait priorité ;
J’aurais pu la laisser passer hélas, ce fut le coup de foudre.
La belle fut assez adroite pour m’établir d’autorité
Un constat d’amour surpassé au point qu’il mit le feu aux poudres.
Nous avons roulé de conserve durant de nombreux kilomètres
Avec, ma foi, deux incidents du genre qui font des enfants.
Et puis, chacun sur sa réserve est devenu son propre maître
Et mon destin sans précédent s’achemine en philosophant.Photo de Jimmy Marble.
-
Cherche-Midi braconnier
Tandis que j’écrivais ces lignes, Cherche-Midi est repassé
Plusieurs fois avec ses échasses, un filet, une cage dorée.
Je crois que la bête maligne a décidé d’outrepasser
La fin de la saison de chasse et va braconner en forêt.Tableau de Vladimir Rumyantsev.
-
Fin de partie


Le Roi reste roi, vive le roi ! Mais qu’advient-il des autres pièces ?
La reine est vite répudiée et remplacée par sa rivale ;
Les pions demeurent pions, je crois, s’ils ne sont pas morts de vieillesse ;
Le fou qui a étudié devient historien médiéval.
L’autre fou de Dieu, ce gros évêque, prend la place du roi déchu
Et fait repartir en croisade les tours qui sont restées fidèles.
Après quelques prises de bec, on s’aperçoit que c’est fichu ;
En effet, c’est Shéhérazade, la maîtresse de la citadelle.Tableaux de Paul Jonkers.
-
La rose parabolique
Cette rose parabolique, j’en désirais mon cœur nanti ;
Ensorcelée par la fleuriste mais achetée à un prix d’ami.
« Enchantée mais pas diabolique » justifiait la garantie
Si j’en crois l’air ésotériste pour capter le cœur de ma mie.
En amour, mon cœur bucolique aime la vie à l’eau de rose.
Que voulez-vous ? C’est l’héritage que mes ancêtres m’ont légué.
Un flacon d’amour alcoolique dont les ivresses sont la cause
De cet attrait aux décryptages pour les amours trop intriguées.
Évidemment je dois apprendre à mon cœur un nouveau langage
Car seul le cœur peut percevoir ce qui échappe à la pensée.
Le plus difficile à comprendre, c’est qu’il faut aimer davantage
Que ce qu’on voudrait recevoir mais sans compter ni dépenser.
Elle m’a permis de capter l’amour au-delà des frontières
Depuis la Suisse alémanique jusqu’à ma cité phocéenne.
J’ai réussi à m’adapter à cette nation tout entière
À part la langue germanique malgré mon âme européenne.Tableau de Fabienne Barbier
-
Coupe-cœur
Plutôt que leur couper la tête, on devrait leur couper le cœur,
À ceux qui n’ont que d’intérêt pour de l’argent dans leurs artères !
Mais si j’accède à ma requête, j’ai peur que la scène m’écœure ;
Aussi je suggère d’enterrer à jamais la hache de guerre.Dessin d’André Franquin.
-
Au tréfonds du puits de tes yeux
Aux tréfonds du puits de tes yeux, j’ai découvert un autre monde
Où s’écoule un fleuve d’amour dans la mer de sérénité.
Quand le temps se fait disgracieux, des torrents de larmes l’inondent
Mais lorsque viennent les beaux jours, on s’aime pour l’éternité.
Au début mon cœur papillonne et l’amour lui donne des ailes
Puis, il descend dans ta pupille à la rencontre de ton âme.
Alors mes membres tourbillonnent autour du poisson demoiselle
Et je me transforme en anguille pour plaire et pénétrer ma dame.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Grotte de bique
De la cime des stalagmites jusqu’à la base des stalactites,
La rencontre est inévitable, c’est une question de patience.
Le temps de construire les mythes des plus grandes et des plus petites
Civilisations équitables dont l’orgueil frise l’inconscience.Tableau de Rob Gonsalves.
-
La maison de guingois
Boire un peu trop de thé me saoule et m’apporte autant de malaise
Quand je le bois dans la maison de la théière biscornue.
C’est comme une musique soul congolaise ou sénégalaise
Qui m’ébranlerait la raison vers un territoire inconnu.Vieille maison de thé en Angleterre.
-
Pertes et profits
Qu’est-ce que perdre de l’argent ?
Un banal déséquilibre désavantageant.
Qu’est-ce que gagner de l’argent ?
Un acte de pouvoir sur un tas de gens.
Qu’est-ce que perdre son temps ?
Un éternel recommencement.
Qu’est-ce que gagner du temps ?
Juste un raccourci sur longtemps.
Qu’est-ce que perdre l’honneur ?
Une déchéance notable, un déshonneur.
Qu’est-ce que gagner son honneur ?
Une évaluation du bonheur
Qu’est-ce que perdre l’amour ?
Une perte fatale qui arrive toujours.
Qu’est-ce que créer l’amour ?
C’est la nuit et le jour.« Perte d’argent, perte banale. Perte d’honneur, perte notable. Perte d’ardeur, perte fatale. » extrait de « La Machine à tuer » de Jack Vance.
-
Géométrie sacrée
Prends l’étalon de ton compas et joins le sein à l’asymptote
Jusqu’au point de rebroussement du mamelon à l’aréole.
Après, reproduis le schéma, de l’hyperbole à la litote,
Jusqu’au plein accomplissement qui te vaudra ton auréole.Tableau de Ewa Ludwiczak.
-
Les germes d’étoiles
Qui se souvient de la planète qui était un monde intérieur,
Où chauffait doucement un cœur comme un soleil en gestation ?
Qui se sent nourri des comètes qui portent des germes antérieurs
Des gènes d’étoiles vainqueurs pour une nouvelle prestation ?Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le gardien des rêves
Avant de m’en aller coucher, je repense à l’idole en bois
Rencontrée inopinément au bout des chemins de traverse.
Quand je la surprends à loucher avec son regard qui flamboie,
C’est qu’il pleuvra énormément de joie dans mes rêves à verse.Je l’ai rencontrée complètement par hasard alors que j’essayais de me perdre dans la forêt d’Eiberg de l’autre côté de chez moi… et je n’ai pas réussi à me perdre. Les champignons hallucinogène violets sont de vrais champignons mais Google me les a violacés un peu trop à outrance ! – à Sennhof.
-
Les plans de Dieu
J’implore pourquoi ainsi Dieu a dû enchâsser sa maison,
À croire qui a fait faire fondre les rochers de pierre bénite.
Je ne veux pas être insidieux ni même douter de sa raison,
Mais si un jour tout ça s’effondre, ce sera un coup satanique.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Change de dimension !
Si le quinze juillet ta route monotone
Se met à présenter d’étranges comportements,
N’aie pas peur d’essuyer un écueil qui détonne,
Tu en es exempté par tes emportements.
Change de dimension et prends donc la tangente
Qui t’ouvrira la terre aux secrets alchimistes.
Va jusqu’à distension de ta chair indigente
Pour comprendre les mystères qui te rendront optimiste.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le détail éternel
Il y a des images qui ressemblent au vide
Un peu comme un départ sans espoir de retour.
Une barque esseulée sur une mer livide,
Un adieu à quelqu’un sans le moindre détour.
Puis l’image pâlit et les couleurs s’effacent
Et gagnent l’album noir et blanc des souvenirs.
Un détail anodin, seul, reste encore en place
Et s’éternisera dans un proche avenir.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Comment fera-t-on ?
Dis-moi, comment fera-t-on quand il n’y aura plus de mer
Pour accueillir les bateaux et rêver au chant des vagues ?
Dis-moi, comment fera-t-on quand il n’y aura plus de forêt
Pour accueillir les oiseaux et s’endormir sous les arbres ?
Dis-moi, comment fera-t-on quand il n’y aura plus de terre
Pour accueillir les animaux et sentir les belles fleurs ?
Dis-moi, comment fera-t-on quand il n’y aura plus de feu
Pour donner de l’énergie et réchauffer les logis ?Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’homme solitaire
Quand il regarde la mer qui se retire en coulisses
Après avoir présenté son triste et dernier spectacle.
Il sait qu’il n’a plus sa mère, qu’il a perdu sa nourrice,
Son cœur se sent exempté, il n’a plus son habitacle.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La loi des marées
Pourquoi, contre vents et marées, tenter de retenir le monde ?
C’est l’eau qui domine la terre, qu’elle fonde ou qu’elle s’évapore.
Les populations chamarrées, parmi les migrations immondes,
Sont les témoins majoritaires de cette eau sous tous les rapports.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le futur métropolitain
Quand toutes les métropoles recouvriront la planète,
Les bois seront en réserves et les forêts cloisonnées.
Ce futur en nécropoles est au bout de la manette
Si l’homme continue sa verve de projets irraisonnés.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le village du temps qui passe
Toutes ces années qui passent sont semblables à un village ;
Une maison pour l’humour, une maison pour les joies.
Les peines dans les impasses, des logis pour tous les âges.
Si j’y ai trouvé l’amour, c’est que j’en suis villageois.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les conquérants
À peine sortis du berceau, ils avaient jeté leurs branchies
Pour respirer une atmosphère de nouveau monde et de promesses.
Ils avaient troqué leurs cerceaux pour jouer un peu aux affranchis
Et conquérir la planisphère pour exercer leur droit d’aînesse.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La femme revisitée
Une femme-objet naturelle, un peu potiche aux environs ?
L’artiste ose et incrimine une vision peu sexuelle…
Je la sens plutôt maternelle enserrant d’amour son giron
Qui la rend plutôt féminine, un peu divine et sensuelle.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Déshabillé d’idées noires
Toutes mes idées noires me soulèvent le cœur
Et s’envolent au vent comme un vol de corbeaux.
Ô sombre patinoire, quand tu prends l’air moqueur,
Je cours en me sauvant et je mets le turbo !
Et puis tout se dérobe, mes vêtements s’effacent,
Mon âme reste nue sans l’esprit de guenille.
Et que plus belle robe que nature me fasse,
Soit papillon venu d’une simple chenille.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La recharge de belles surprises
Tous les jours, je sème au vent une fraction de ma vie
Je m’allège de mes charges en faisant ce lâcher-prise.
L’anniversaire émouvant qui arrive me ravit !
C’est un beau jour qui recharge mon cœur de belles surprises.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les couleurs des vergers
Juste avant que la chaleur monte, je suis parti vers les vergers
Où m’attendaient tous ces légumes gorgés du soleil de la veille.
Guettant les parfums qui surmontent, vers mes narines converger,
Le beau repas que je présume sera un banquet de merveilles.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Croisons nos bois

Croisons-nous dans les bois pendant que les biches sont aux abois.
Si les faons y étaient, ils les tèteraient,
Mais comme ils n’y sont pas, ils ne les tètent pas !
Alors pour les bibiches gourmandes
On se fait quelques réprimandes
Et le vainqueur aura droit
À toutes les biches à la fois !
Dure loi, que celle de la forêt !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Davina et Goliatha

Petite souris n’a pas peur devant le fier Léviathan !
Un courage à la hauteur de son cœur si combattant !
Dans son âme elle a la force que son cœur lui canalise ;
À son corps flambe l’amorce de sa performance acquise !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Mignonnes maisonnettes

Quand je glisse doucement dans les limbes du rêve
Le décor se déforme et mes chemins divergent
Il n’y a plus de murs, il n’y a plus de trêve
Il n’y a plus qu’un éden dans la plus belle auberge.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le hibou-gyrophare

Dans la lueur de ses phares, j’ai retrouvé mon chemin.
Désormais rien ne sépare, je reviens au lendemain.
Dans ces couleurs de fanfare, je trouve en un tournemain
Grâce au hibou-gyrophare, mon plan sur le parchemin.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Porteuse de vie

Elle avait gardé ce pli, une sorte de survie.
Marquée pour toute sa vie, dans son corps tout circonscrit.
Comment porter ce fardeau toute sa vie sur son dos ?
Je me sens un peu bardot ! Je me sens un peu lourdaud !
Je suis loin d’imaginer ce qui t’a ainsi courbée,
Ces années, embobinée, dans tes ornières, embourbée !
Ces empreintes qui te marquent dans le corps jusqu’à l’arnaque
Te trompent et puis t’embarquent dans la tribu d’hérésiarques.
Quand je vois ton corps intime matraqué d’outrages ultimes
Qui te transforment en victime et jusqu’au dernier centime,
J’ai honte pour la race humaine qui a violé ton hymen
Et a réduit ton domaine en un simple phénomène.
Puis-je rendre cet hommage d’abord juste à ton image ?
Mais j’ai peur que ton plumage se rabaisse à ton ramage !
Pourtant ce serait dommage d’effacer dans un gommage.
Parce que quel que soit l’âge, tu parais toujours très sage !
À ces seins si fascinants qui nourrissent tes enfants,
À ces hanches qui enfantent et qui te font triomphante !
À ton giron si fécond qui ressemble à un flacon,
À ces bras pour embrasser, à l’amour, dédicacés !
Un sourire qui désarme et qui transmet tout ton charme !
Un baiser pour faire fondre et qui, au cœur, sait répondre !
Des yeux faits pour y noyer tous mes rêves apitoyés !
Une bouche si suave qui chante tous les octaves !
Ces mains douces pour l’amour et le cœur empreint d’humour !
Ces mains faibles mais qui chargent sans crier à la surcharge !
Ces mains qui travaillent dur jusqu’à toucher la rupture,
Ces mains, oui, pourtant qui donnent toutes ces plus belles pommes !
Et moi qui ne suis qu’un homme, moi, cette grande personne,
Comme un crétin qui raisonne aux pensées si polissonnes !
J’ai honte d’appartenir à ceux qui t’ont asservie.
Mais je sais me souvenir de tes peurs inassouvies.
Je n’ai pas ton corps sculpté pour la vie que tu as portée,
Je n’ai pas ta destinée, ni ton âme si affinée !
Je ne peux m’imaginer le poids des fardeaux minés
Qui t’ont ainsi condamnée dans ta forte destinée.Tableau de Fabienne Barbier
-
Tournesols aux grands yeux
Ô Mesdames Tournesols, vous avez bien de grands yeux !
C’est pour servir de boussole à mon esprit capricieux !
Ô Mesdames jolies fleurs, vous avez bien de grands cils !
C’est pour arrêter mes pleurs quand j’ai le cœur indocile.
Tous ces yeux qui me regardent semblent veiller sur mon âme,
Ils veillent à ma sauvegarde et rallient l’homme à la femme.
C’est comme si le soleil avait semé des gardiens
Pour veiller sur mon sommeil et m’aider au quotidien.
Ô Mesdames Tournesols, reposez-vous donc un peu !
Vous brillez de mille feux et mille éclats merveilleux !
Ô Mesdames étincelantes, vous ranimerez ma flamme
Vous êtes affriolantes, vous êtes mon oriflamme.
Vos pétales me renvoient la chaleur de votre sire,
La mettant en portevoix jusqu’à me faire roussir.
C’est comme un feu d’artifice éclatant de mille étoiles
Qui illumine d’office l’écran vierge de ma toile.
Ô Mesdames Tournesols, continuez toujours pareil !
Ajustez vos parasols sur la course du soleil !
Ô Mesdames éblouissantes, avec vous mon cœur s’enflamme
Comme des balles traçantes conduisant l’épithalame.
Épithalame : Poème lyrique composé à l’occasion d’un mariage en l’honneur des nouveaux époux.Tableau de Fabienne Barbier
-
Accordons nos violons
Solitaires dans leur duo,
Réfugiés dans la musique,
Lancés dans leurs trémolos,
Minaudant une mimique.
Donnez-nous vite le « La »,
Restez assis s’il vous plait !
Mieux vaut être de gala,
Facile d’être fair-play !
Solfège rime avec arpège !
La chemise est assortie,
Si la cravate est départie,
Donnez-nous ce privilège !
Solitude inexistante,
Réunis faisant la paire,
La main gauche remontante,
Mise sur les cordes raides.
Dodo, c’est une berceuse,
Rêvez doucement en chœur.
Michonnez votre amoureuse,
Façonnez-lui votre cœur.
Sollicitez-lui sa main,
La main glissée sous la jupe,
Si la belle n’est pas dupe,
Dormez ensemble à demain !
Soleil chaud dans une aubade.
Récital durant l’été.
La soirée en sérénade
Mise dans l’eau du Léthé.
Dormez et faites l’amour !
Recommencez au matin !
Mitonnez-lui des mamours !
Faire rouler les patins !
Solution en attendant :
La belle portant votre nom,
Si vous avez des enfants,
Donnez-leur tous ses prénoms.Tableau de Fabienne Barbier
-
La madone à l’oiseau

Invisible et secrète dans l’ombre de la nuit,
Sa frêle silhouette se drape dans l’éther.
Son contour féminin se dessine à minuit
Dans des zones où pénombre s’accorde avec mystère.
Elle s’est envolée, colombe, à tire-d’aile,
Elle va tous les jours et par monts et par vaux.
On ne peut pas la suivre, c’est une tourterelle,
Ni l’enfermer à clef au profond d’un caveau !
Mais moi je l’accompagne quand elle passe à portée.
Elle est douce et charmante et toujours enjouée.
Elle a besoin d’épaule et de bras rapportés.
Mon soutien est sa force et l’ennui déjoué.
Une petite fille qui trace son chemin,
Toujours prête à sourire et à faire la fête.
Ses amis lui apportent la joie des lendemains,
Mais dès passé minuit, la machine s’arrête.
Et l’oiseau, dans tout ça ? me direz-vous inquiet ?
C’est l’ami invisible qui l’escorte partout !
Vous ne le verrez pas, il est toujours caché.
Seul un cœur en patience peut l’entendre surtout !
Mais foin de ces mystères, la madone à l’oiseau
N’est pas plus singulière qu’une étrange personne.
Son cœur est un trésor de présents, de cadeaux.
Et le plus important, c’est son cœur qu’elle donne.
Magicienne le jour et fidèle la nuit,
Je n’ai jamais connu ses colères ou ses fièvres.
Elle a de l’équilibre et ne connait pas l’ennui.
Elle s’allaite aux bienfaits des charmes du genièvre.
Et moi, je suis l’oiseau, qui égaie ses journées.
Je chante et je fredonne des chansons d’amour.
Mon plumage est soigné de ses longs doigts de fée.
Je lui rends cet hommage, moi l’oiseau troubadour.
Par un jour de printemps, je l’avais rencontrée.
J’étais l’oiseau blessé tombé du haut du nid.
Elle a su prodiguer et a su démontrer
L’énergie nécessaire à ma mélancolie.Tableau de Fabienne Barbier