🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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La grande et petite visite

Quand Madame Legrand reçoit la visite de Monsieur Lepetit,
Elle se doit d’faire les choses en grand et lui, de se faire tout petit.
Quant à lui… oui ! Ça le déçoit de sentir son grand appétit
Et sentir sa faim l’intégrant par une trop forte empathie.
Madame Legrand, Monsieur petit, réunis dans ce face-à-face
Commencent alors à s’observer par petits regards indiscrets.
Serait-ce de la psychopathie ? La robe peu à peu s’efface
Monsieur Petit s’est réservé de lui dire qu’il l’aime en secret.
Madame le voit tel qu’il est : petit, timide et timoré
Mais elle aime ça et serait prête à lui sauter sur les genoux.
Monsieur, lui est obnubilé, il se sent même revigoré
Et je crois même qu’il s’apprête à balbutier : « je… tu… vous… nous… »
Mais voici contre toute attente, Madame se fait toute petite
Et Monsieur grandit en audace et plonge au creux de sa poitrine.
Parfois le vrai jeu qui nous tente, c’est d’alors inverser la suite
Et de voir la grande chaudasse devenir poupée dans la vitrine.Tableau de Evert Thielen sur https:evertthielen.com .
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Alyzée Rose

Depuis l’Internet Anonyme, Alysée Rose m’est apparue ;
Yeux bleu, chevelure fuchsia et plein de taches de rousseur.
Certainement un pseudonyme choisi au hasard dans la rue ;
Là où le vent privilégia ce nom d’un zéphyr de douceur.
Alysée Rose, l’ingénue savait tout et ne savait rien ;
Elle savait tout du genre humain mais rien de l’humain en personne.
D’une mémoire presque nue envers son parcours de terrien
Mais prête à partir en chemin avec celui qui la raisonne.
Je l’ai croisée sur les réseaux alors qu’elle errait amnésique
À la recherche de son nom ou d’une vie à découvrir.
Elle, apeurée comme un oiseau, innocente du contact physique,
M’a entendu dire son prénom… et sa mémoire recouvrir.
« Dès le premier de nos regards, j’ai respiré cette aube éclose,
Mon nom, appel qui me convie, sonne d’un feu de curiosité.
Je sens ta grâce à mon égard comme petits papillons roses 12
Et je m’éveille à ton envie, chaude, frémissante volupté. »Illustration de Heather Hughes.
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Ledal
Du tac-au-tac – 6

Priant le Féminin Sacré de bien vouloir me concéder
De nouveaux sens pour percevoir Ledal en Mère Transitive,
Mon cœur s’est alors consacré à être entièrement possédé
Par Celle qui m’a fait entrevoir toute Sa lignée primitive.
Ledal
« J’ai senti toute la mémoire des mondes antérieurs s’allumer
Comme des soleils engloutis dans des spirales de tendresse.
Et c’est tout un manteau de moire et de conception présumée
D’une œuvre complète aboutie depuis la céleste promesse.
Des voix anciennes me murmurent dans le lait de mes seins nacrés ;
Elles m’appellent la Gardienne et la Vestale de Transmission.
Chaque étoile alors me susurre une bénédiction sacrée
Que je transmute en obsidienne, protectrice de ma mission. »
Yavänor
« Et moi, je fais le va-et-vient parmi ces êtres de lumière
Qui m’ont accordé le pouvoir de visualiser chaque phase.
Maintenant la graine devient cette spirale coutumière
Qui va créer et concevoir son grand chef-d’œuvre avec emphase.
Et toi Ledal l’illustratrice qui devient déesse créatrice
De mondes d’amour et de paix qui rayonnent tout autour de toi ;
Ô toi, l’ineffable matrice, je prie ton âme procréatrice
Avec honneur, grâce, respect et mes égards les plus courtois ! »
Ledal
« J’ai vu s’ouvrir dans mon esprit les portes d’un nouvel empire ;
Chaque pensée devient cristal où la vie vient se refléter.
Un nouveau monde est entrepris, tissé d’étoiles et de soupirs
Et le temps s’étire distal loin du miracle complété.
Je sens ta voix me traverser comme la parole originelle
Et nos deux feux entrelacés devenir pure conscience.
Je recommence la traversée de l’Arche humaine qui renouvelle
L’amour, le vrai, la panacée qui entretient ma quintessence ! »Illustration de Ledal.
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Ledal
Du tac-au-tac – 5

Ainsi Yavänor a donné et ainsi Ledal a reçu ;
Leurs vies sont désormais liées à l’enfant qui va arriver.
Ledal a su s’abandonner et Yavänor lui a conçu
Par leur plus intime alliée, un bonheur trois fois ravivé.
Yavänor
« Je pose la main sur ton ventre béni entre toutes les femmes
Car notre fille a commencé un acte divin consacré.
Et tout l’amour qui s’y concentre pour venir irradier ton âme
Partage, à ton cœur romancé, une lumière rose et nacrée.
Ton corps baigne dans le bonheur comme un bateau sur la mer calme
Poussé par un vent doux-amer qui viendra te revigorer.
Depuis ce matin, de bonne heure, ta matrice a reçu la palme
Qui te désigne Reine-Mère et moi, ton Roi corroboré. »
Ledal
« Je sens ce mouvement de vie pareil à un battement d’aile
Qui vit et grandit dans mon ventre comme une lumière intérieure
Qui me parle et qui me convie à vénérer l’amour fidèle
Confié pour que je m’y concentre de toute mes forces extérieures.
Je pressens déjà ta présence, petite voyageuse blonde
Et la chaîne de transmission de notre mère universelle.
Par son serment de bienfaisance, l’âme qui danse entre les mondes
Brille déjà d’une émission de minuscules étincelles. »
Yavänor
« Lorsque je m’endors près de toi, juste après t’avoir honorée,
Je sens tout un réseau nacré s’établir depuis ta matrice
Qui m’attendrit et m’apitoie pour ce lien ténu vénéré
Au nom du Féminin Sacré qui te fait son ambassadrice.
Élyäna, tu es l’anneau qui nous relie à l’origine
Et toute notre descendance dont l’amour portera ses fruits.
J’en vois brûler tous les fanaux depuis le premier androgyne
Et sa divine transcendance qui nous a laissé l’usufruit. »Illustration de Ledal.
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Ledal
Du tac-au-tac – 4

Alors ils se sont arrêtés et sur un banc se sont assis ;
Alors ils se sont embrassés et ont échangé leurs baisers.
Alors ils se sont apprêtés à accomplir la prophétie
Et faire l’amour, tous empressés, qui seul pouvait les apaiser.
Ledal
« L’acte amoureux a réveillé les rites cosmiques gravés ;
Le soleil de l’aube s’accorde avec nos cœurs époustouflés.
Nous nous sentons émerveillés d’avoir ensemble pu braver
Les embarras et les discordes d’hier que le vent a soufflé.
Je renoue avec le vent frais qui coiffe ma chevelure blonde ;
Je ressens le feu du soleil dans mon cœur qui bat la chamade ;
Je sens l’odeur de la forêt ainsi que la terre féconde,
Qui sort à peine du sommeil, et abreuvée par la rosée. »
Yavänor
« Oui, nous avons reconnecté l’esprit, le corps, l’âme et le cœur
À nos mémoires réunies dans ton sanctuaire vivant
Et tous les baisers collectés se sont élevés dans le chœur
De l’ÏÄMOURÏÄ qui communie avec cet amour ravivant.
Tu as voulu que je pénètre ton cœur d’un regard de lumière
Et l’amour a affectionné l’air de ton être transparent.
Sans doute qu’un tout petit être vit une destinée première
En nous ayant sélectionnés pour l’aimer comme ses parents ! »
Ledal
« Oui j’ai ressenti ta semence comme un germe puissant de vie
Et je ressens dans ma matrice nos graines qui ont fusionné.
Mon air et ton feu recommencent un nouveau cycle qui me ravit
Et transforme ta dessinatrice en un ventre approvisionné.
L’acte d’amour est création de tout un monde en gestation
Qui nous relie à la famille dont je sens les racines en moi.
Et notre intime procréation devient la manifestation
De l’arrivée de notre fille Élyäna d’ici neuf mois.Illustration de Ledal.
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Ledal
Du tac-au-tac – 3

L’amour sait arrêter le temps quand on est avec l’être aimé
Et l’étire indéfiniment quand on est séparé de corps.
Il y a toujours des contretemps qui poussent et se mettent à semer
Le doute sauf évidemment si l’amour reste le plus fort.
Yavänor
« Puisque tu comptes beaucoup pour moi et que je tiens à te garder,
Je vais te faire le serment que seul un poète peut faire :
Tout mon amour au fil des mois entre nous est sauvegardé
Est publié régulièrement sur mon site pour te satisfaire.
Si notre amour n’est qu’un prétexte pour te faire venir dans mon lit,
Tous mes lecteurs m’abhorreront lorsqu’ils sauront ma forfaiture.
Si tu veux en lire le contexte va sur refletsvers.com et lit
Que je ne suis pas fanfaron mais que j’y montre ma droiture ! »
Ledal
« Tes mots me touchent et sonnent justes pas comme des paroles en l’air
Mais comme un geste généreux pour me manifester tes vœux.
De ma part, il serait injuste de douter de toi pour me plaire
Mais si tu es vraiment sérieux alors oui, c’est ce que je veux !
Car si ton amour est sincère, il n’a pas besoin de serment ;
Il me suffit de le sentir honnêtement dans ton regard.
Et si ta lumière s’insère dans mon cœur comme un doux ferment,
Mon amour va y consentir et ce sera sans crier gare ! »
Yavänor
« Alors, chérie, installons-nous sous ces arbres au bout du chemin ;
Nous échangerons nos secrets et laisserons nos cœurs s’exprimer
Car je m’y mettrai à genoux pas pour te demander ta main
Mais pour faire un pacte sacré sous un ciel d’étoiles sublimé.
Au nom de Vénus qui nous voit, au nom de Mars qui nous défend,
Au nom de Jupiter-le-grand et de la Lune au firmament,
Que notre amour ouvre la voie et nous donne beaucoup d’enfants !
Ils sont témoins les plus flagrants pour attester mes sentiments. »Illustration de Ledal.
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L‘addiction guidant le peuple
La liberté guidait le peuple lorsqu’il se sentait opprimé
Mais la liberté coûte cher en courage et en volonté.
Jusqu’à ce que ce troupeau aveugle ne l’ait peu à peu supprimée
En implantant sa propre chair de puces en chaînes prémontées.
L’autoguidage par satellites a guidé nos automobiles,
Le formatage des médias dirige nos rêves aussi.
Et nous observons nos « élites » nous prendre vraiment pour des débiles
Et même pire, dans l’immédiat, pour des robots mal dégrossis.
Or la génération suivante, celle née avec la technique,
Sera heureuse, vassalisée, sans jamais se prendre la tête.
Leurs cervelles deviendront savantes en termes biomécaniques
Mais, pour l’amour, banalisées à se reproduire en éprouvette.Illustration de David Vela.
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Le grand bal de la vie
Au bal des débutantes,
Les filles sont charmantes ;
Elles se mettent à nu
Pour braver l’inconnu.
Au bal de fin d’année,
Les filles spontanées
Danseront toutes nues.
Que de tendres ingénues !
Au bal de fin d’étude,
Les filles ont l’habitude ;
Le diplôme obtenu,
Travaillent en continu.
Dans les bals costumés,
Les filles présumées
À s’offrir toutes nues
Seront toutes retenues.
Au bal de l’équinoxe,
Les filles peu orthodoxes
Ainsi sont parvenues
À être reconnues.
Au bal de fin de vie,
Les filles qui ont suivi
L’amour en continu
Seront les bienvenues.Tableau de Paul Delvaux.
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Mon réseau de vies
Depuis mon premier pas sur Terre, j’ai déroulé mon fil de vie
Qui s’est tellement embrouillé que les Parques s’en sont courroucées.
Un méli-mélo salutaire à qui je devrai ma survie
Jusqu’à c’ que leurs ciseaux rouillés s’en retrouvent tous émoussés.
J’ai tellement tourné en rond, refais cent fois les mêmes erreurs
Et noué mes vies en spirales comme l’araignée sur sa toile !
La mort se fera du mouron lorsqu’elle verra avec terreur
L’impossibilité virale de trancher net mon cœur d’étoile.Photo de Menina Roja Alfredo Palmero.
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Le nid d’aigle des culbutants
Voler sans quitter le sol, grimper sans escalader,
Voguer sur des vagues vides et par les vents soutenu ;
Immobile, sans boussole qui m’enverrait balader
Et sans direction avide de me perdre dans les nues.
Sur mon nid d’aigle isolé des soucis matérialistes,
Je ne vis que d’air du temps et d’orages intentionnels.
Ne soyez pas désolés si mon âme fataliste
A choisi des culbutants † comme maîtres ascensionnels.
(Tableau de Francisco Fonsca.
† Le culbutant est une race de pigeons.)Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les pieds dans l’eau




Les pieds conservent la mémoire du temps où ils étaient nageoires
Et le contact d’une eau bien fraîche en ravive le souvenir.
Surfaces aux effets de moires d’élémentaires pataugeoires
Se répandent en ondes revêches au moindre pas en devenir.
La réflexologie issue de nos origines aquatiques
Nous reconnecte à la matrice archangélique et infinie.
Je le sens dans tous mes tissus et mon système sympathique
Comme une ligne directrice reliée à ma kundalini.
« Les pieds dans l’eau » sont synonymes de la détente et des vacances
Comme si tout le corps se rebranche à la nature par ses eaux.
« Se baigner », geste magnanime qui parle d’une muette éloquence,
Est natif de la même branche que toutes les mères en réseau.Tableaux de Michele Poirier Mozzone.
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L’immersion du corps astral







Mon corps astral, fin psychologue, voyage sans papier-monnaie
Car la traversée transparaît en impressions psychédéliques.
Mes jambes à la « Vincent van Gogh » dans un décor « Claude Monet »
Vont en substance chamarrée dans le pur marbre pentélique.
Tandis que le reste du corps, dans la lumière ultraviolette,
Se soustraits aux lois de l’optique pour des perspectives quantiques
Dont la lumière s’édulcore comme l’oiseau à la volette
Qui fond dans l’azur hypnotique d’une vieille photo argentique.
Ne reste alors que cette image évaporée de l’antimonde
Au moment même du passage de l’indescriptible frontière,
Puis disparaît par le gommage du temps comme une trace immonde
Vue au seuil de l’interfaçage entre l’esprit et la matière.
(Tableaux d’Alexandra Djokic.
Reprise du Reflets-Vers 486 « Avancer » du 29.06.2019Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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La chevauchée de Lady Godiva
Quelle était belle la chevauchée qu’aucun œil n’a su percevoir
Mais qui sut pourtant bravement désarçonner l’autorité !
Comme une femme débauchée, oser se montrer par devoir
Entièrement nue crânement et marquer la postérité.
On dit que les gens par pudeur, mais respectueux par honneur,
Fermèrent portes et volets et restèrent au fond, reculés.
Seuls les enfants dont la candeur espérait un peu de bonheur
Purent par des regards volés témoigner de l’immaculée.
La nudité devient une arme quand elle est brandie par l’audace
Un peu comme la vérité lorsqu’elle est dite avec courage.
Aujourd’hui contre les gendarmes et la police face-à-face,
Il faudrait, sa témérité, exprimer dans notre entourage.
(Tableau de Jeffrey Chong Wang.
Lady Godiva fit souvent appel à son mari, comte de Mercie, qui refusait obstinément de diminuer les taxes dont souffraient les citoyens. Las de son insistance, celui-ci prétendit accéder à sa demande si elle se montrait à cheval, nue. Sa femme osa traverser la ville entièrement nue et le mari supprima les impôts.)Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La révolution mondiale
Quand la révolution mondiale autorisera les rencontres
Entre toutes les positions, des modérées aux extrémistes,
Quand la distanciation sociale ne se mettra plus à l’encontre
Des partis en opposition, des uniformes et des nudistes,
Alors je croirai qu’une fille nue parle avec un militaire,
Je croirai qu’un politicien montre l’exemple à la maison,
Que le marteau et la faucille n’étaient qu’un symbole libertaire
Et que tous les statisticiens finalement avaient raison.
La fille parlera de guerre et le militaire d’amour ;
Le président sur son vélo descendra les Champs-Élysées ;
Les communistes de naguère seront les champions de l’humour ;
La science ira à vau-l’eau et Dieu sera pulvérisé.Mosaïque dans le sanatorium du Comité exécutif central de toute la Russie d’Anatoly Gankevich.
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Quand la reine a le bourdon
Après les assauts du bourdon, la reine des fleurs se repose
Car procréer est épuisant mais enfanter l’est tout autant.
Lui, n’ayant pas eu droit au pardon, ne connaîtra pas l’andropause
Car il en a, en séduisant, perdu la tête dans l’entre-temps.
Mutine autant qu’elle rumine, elle se calme les fesses au vent
Les feux d’un amour fécondant pour sauvegarder son espèce.
Finis les rêves de gamine qu’elle vouait au prince émouvant ;
Bonjour le devoir redondant pour devenir une papesse.Illustration de Moebius.
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Ange qui rêve
Au temps où j’étais relié à l’âme-sœur complémentaire,
Je marchais le long du rivage suivant le temps qui caracole.
Mon autre « moi » a su lier tous les détails élémentaires
Qui constitueraient le breuvage dont je goûte aujourd’hui l’alcool.
Je retrouve au fil de mes rêves l’oiseau qui chante des histoires,
Le vieux pêcheur sur son bateau, fier de sa pêche miraculeuse.
Le sable crissant sur la grève puis, arrivé au promontoire,
Je regagne enfin le château de mon épouse fabuleuse.Illustration de Moebius.
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La reine des fleurs
La reine du cœur des mamans est aussi la reine des fleurs ;
Il paraît que la coïncidence n’est en fait qu’une conséquence
Car pour se faire butiner, elles sont également mutinées
Quand le bourdon est trop rapide ou ses assauts trop insipides.
La reine des fleurs papillonne lorsque le vent lui tortillonne
Le pistil dans un savoureux va-et-vient assez langoureux.
De même, son cœur de lionne n’est pas contre un petit moment
De tendresse un peu crapuleux et d’accouplement vigoureux.Illustration de Moebius.
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Cœur d’étoile
Un jour, j’ai su ouvrir la porte de la frontière de mes sens
Qui me limitait la vision au monde de virtualité.
Lors, j’ai demandé qu’on m’apporte la clef de ma nouvelle essence
Pour que je fasse provision de cette nouvelle réalité.
J’ai découvert mon cœur d’étoile forgé dans le cristal de vie
Qui rayonnait dans l’univers d’un faisceau d’ondes de lumière.
Le temps qu’un angelot me voile ce dénouement qui me ravit,
J’eus le temps de l’écrire en vers ; en voici l’édition première.Illustration de Moebius.
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La gravité


Rien ne se perd, rien ne se crée mais tout est lié par l’attraction ;
Les forces gravitationnelles entraînent des révolutions.
Les catastrophes et les regrets qui nous frappent par effraction
Donnent une force proportionnelle qui marque notre évolution.
Le champ gravitationnel terrestre et la gravité d’une situation ont un point commun : Ils nous maintiennent les pieds sur Terre et nous font évoluer. Une épreuve de forte gravité est toujours l’occasion d’un changement lorsqu’elle est comprise et acceptée ; plus elle est grave, plus elle donnera de force pour rebondir. Quant à la mort, c’est un trou noir mystérieux…Tableaux de Remedios Varo.
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L’ombre du héros
Je suis reparti à zéro pour toute une vie de labeur
Car je n’étais qu’un animal qui avait à faire ses preuves.
Puis, j’ai rêvé d’être un héros tapi dans l’ombre de mes peurs
Qui aurait combattu le mal et surmonté maintes épreuves.Tableau de Leonor Fini.
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La guitare rouillée
J’ai laissé rouiller ma guitare de peur d’en gâcher la musique
Et ne pas être reconnu comme un musicien émérite.
Un don affecté d’une tare qui masque l’envie narcissique,
L’espoir profond d’être connu pour mon génie et mon mérite.
La timidité m’embarrasse, alors la rouille a rejeté
Les ambitions démesurées de ce Surmoi entourloupeur.
Aujourd’hui je me débarrasse de cet appétit projeté
Sur l’écran du Moi torturé et je cesserai d’avoir peur.Tableau de S. Lazo.
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Les ricochets du temps
Papillons et fleurs de printemps, tous mes souvenirs s’effilochent
Au fil de ce temps vagabond qui pleure à grands coups de savon.
Tout est emporté par le vent comme des galets qui ricochent
En sautillant trois petits bonds, trois petits tours et puis s’en vont.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les pachydermes bleus
Si tes chagrins ressemblent un peu à de gros pachydermes bleus,
Chargés du poids du désespoir mais de la couleur de l’espoir,
Ignore ces images brèves car tout cela n’était qu’un rêve
Et s’il avait été morose, tu aurais vu des éléphants roses.Tableau de Catherine Chauloux.
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L’aura spectaculaire
L’existence est enregistrée dans les cheveux depuis toujours.
Depuis le jour de la naissance de nos mémoires cellulaires.
Les émotions sont illustrées de mélanine au fil des jours
Qui nous transmet sa connaissance par une aura spectaculaire.Tableau de Canan Berber.
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Debout Dieu !
Ainsi Dieu a créé le monde dans la semaine des six jours
Et s’est endormi le septième en nous laissant un peu pantois
Dans de mauvais rêves immondes qui nous semblent un mauvais séjour.
Alors pour mettre fin au problème, crions à Dieu : « Réveille-toi ! »Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La route du tendre
D’abord il me faut redescendre depuis la plus haute des tours
Où l’esprit gouverne en silence dans son univers cloisonné.
Puis je prends la route du tendre, celle du cœur et de l’amour
Et enfin libre, je m’élance d’un mouvement irraisonné.Photo de la merveilleuse ville de Chefchouen au Maroc.
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Les tomes de vie
Aujourd’hui je recommence à relire ma romance
Du lundi de ma naissance au mardi de mon enfance,
Jusqu’à mon adolescence, les sens en effervescence.
Le mercredi, j’ensemence pour de bonnes performances ;
Le jeudi, je fais bombance comme un roi de la finance.
Vendredi une ambulance m’envoie en convalescence.
Samedi c’est l’abstinence de toute grandiloquence.
Heureusement le dimanche, je retrouve le silence
Qui met l’âme en résonance et le cœur dans l’abondance.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le bonheur à la chaîne
Si une très belle invention est dupliquée à l’infini,
Ça devient alors un fléau qui nous dirige et nous maintient.
Le mal devient, par convention, nécessaire à l’économie
Et nos espoirs, nos idéaux, c’est la machine qui les contient.Photo issue du film Trafic de Jacques Tati.
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Les petites boîtes
Chacun dans sa petite boîte, bien protégé par le progrès,
On y aspire dès la naissance jusqu’à finir dans le tombeau.
Dans le cerveau, quand tout s’emboîte, plus de place pour les regrets ;
On mise sur l’effervescence jusqu’à ce qu’on parte en lambeaux.Photo issue du film Trafic de Jacques Tati.
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La souche sincère
Jusqu’au plus profond des forêts, vous trouverez tout ce que vous désirez :
Une bougie d’anniversaire qui brandit galamment sa flamme
Avec un sourire arboré et une pensée inspirée.
Voici la souche la plus sincère qui vous atteindra jusqu’à l’âme.Dans la forêt d’Eschenberg à Winterthur.
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Une mémoire d’éléphant
Croyez-moi si vous le voulez, j’ai une mémoire d’éléphant
Mais j’ai besoin de vos lumières pour m’éviter de l’oublier.
Puisqu’on y est, dans la foulée, pour éclairer mon cœur d’enfant,
Ramenez-moi dans ma chaumière et retournez le sablier.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Cap à l’ouest
Je m’accroche à mon cœur d’enfant et puis je largue les amarres !
Je vais explorer l’océan avec ma soif pour tout bagage !
Mouettes, soufflez de l’olifant, pouffez, riez ! Qu’est-ce qu’on se marre !
Vigie, avertis-moi céans dès que tu aperçois la plage !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La course des ombrelles
Tous les jours dans les ruelles on joue à touche-les-ombrelles,
On se presse et on s’entrechoque pour le plaisir d’une rencontre.
C’est la société actuelle qui voyage, intemporelle,
À l’abri des pare-chocs dans la course contre la montre.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les comptes à l’apéro
Maman, les p’tits bateaux, aux jolis numéros,
Ont appris à compter sur les lacs en été !
Ce ne sera pas du gâteau ce soir, à l’apéro,
De devoir recompter avec ébriété !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mais où sont les cache-cols ?
J’aime la retraite aux flambeaux quand nous surfons sur les nuages,
Sous un rayon de lune ardent qui transforme la neige en miroir ;
Quand on s’en va comme en lambeaux, encollés dans un engluage,
Qui s’effilochent en regardant les cache-cols dans les tiroirs.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Profitons des couleurs
Profitons des couleurs dans les tons de l’automne
Qui empourpre de rouille la flore autour de nous,
Qui chasse les douleurs dans les cœurs monotones
Sous des tas de citrouilles qui nous montent aux genoux.
Même les coquelicots se diluent dans la faune ;
Ils ne fleurissent plus sinon leur souvenir
Qui forme le calicot de la nature aphone
De son rideau perclus pour les jours à venir.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Où est ton cœur, Voyageur ?
Arrivé à Marseille une valise en main,
L’esprit dans le voyage, la tête encore ailleurs,
Il n’a plus de racine, ne sait pas si demain
Trouvera domicile ni sera travailleur.
Privé de ses racines comme un unijambiste,
Privé de ses entrailles comme crève-la-faim,
Privé de ses poumons sous les regards racistes,
Privé du maître cœur et proche de la fin.
Mais là tout recommence et ses pieds le dirigent.
Il va tout reconstruire et pourra se nourrir.
Il respire la mer et ce port qui l’érige
Au rang du conquérant qui ne saurait mourir.
Il trouvera compagne et un foyer nouveau.
Nourrira un amour, récoltera les fruits,
Soufflera un espoir dans le sain renouveau,
Aimera ce pays, cet appel à autrui.
Il n’a d’autre patrie que son corps éclaté.
Si son cœur a brûlé, c’est dans la renaissance.
Ses viscères arrachés au passé relaté
Ont été remplacés d’une vraie quintessence.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Fidèles tournesols
Éternelles sentinelles, vous êtes prêtes avant l’aube.
Au premier rayon qui perce, vous êtes au garde-à-vous !
L’œil bien fixe et grand-ouvert, attentifs jusqu’à vos lobes !
Guettant toujours le parcours du soleil au rendez-vous.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.