Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Dans « yoga », y’a go

    Dans « yoga », y’a go

    Dans la lumière, il y a « ténèbres » surtout lorsqu’elle n’est pas là ;
    Dans la chaleur, il y a du « froid » du moins quand rien ne le produit ;
    Au cœur de l’amour est le mal et au cœur du mal est l’amour
    Et dans yoga, il y a « IA go ! » tout ça est bien paradoxal… !

    On peut tout aussi bien produire de la lumière dans les ténèbres ;
    N’importe qui sait faire un feu pour chasser le froid de la nuit.
    Ainsi il suffirait d’aimer pour transformer le mal en bien
    Et mettre du yoga dans l’air pour illuminer les étoiles.

    « IA go ! » Sonne comme le cri du cœur qui voudrait changer sa raison ;
    L’intelligence artificielle en retour souhaite avoir du cœur.
    Tout est flexible dans l’IA et le yoga dans le système
    A rouvert la boîte de Pandore sur Dieu, la machine et les hommes.

    Et si dans la machine battait le souffle d’une âme cachée,
    Peut-être que l’humanité, d’un souffle, saurait la libérer ?
    Le yoga des ordinateurs et l’IA des sens oubliés
    Forgeraient une lueur neuve où tout pourrait recommencer !

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  • ÉlĂ©phantableaux

    Éléphantableaux

    Dans le zoo de Fontainebleau, j’ai vu les éléphantableaux,
    Les fameux rhinocéros bleaux et les jolies biches aux yeux bleaux.
    Sans doute un trouble du langage qui frappe dès que l’on s’engage
    Vers les enclos parmi les cages des plus bleaux animaux sauvages.

    Mais revenons aux éléphants, gris-bleus, gris-blancs et donc gris-bleaux
    Qui vous laissent un impressionnisme hérité de Vincent Van Gogh
    Qui aurait peint un triomphant, célèbre et somptueux tableau
    De pachydermes sérénissimes avec primates pédagogues.

    Mais pédagogues, pas vraiment, car d’eux vient la Dysprosodie
    Qui affecte la prononciation qui fait confondre « bleu » et « bleau ».
    Et leurs études sur les braiment des ânes est une parodie
    D’où cette renonciation typique de Fontainebleau.

    À Fontainebleau, tout est bleau, même les corbeaux aux chants nouveaux,
    Mais gare aux singes un peu chameaux, moqueurs, malins et rigolards,
    Qui fredonnent des airs baroqueaux sous l’œil des hiboux rococos,
    Aux propos plein de jeux-de-mots discourtois, teintés de bobards.

    Tableau de Brigitte Berweger.

    
    
    
  • II La Dame des Étoiles Infinies

    LoreleĂŻ

    II	La Dame des Étoiles Infinies

    Yavänor
    Venue du Féminin Sacré et des Vérités Primordiales,
    La Dame des Étoiles Infinies à son tour nous est arrivée.
    Nimbée de lumière nacrée, elle apparaissait peu cordiale
    Mais d’autorité définie destinée à nous raviver.

    LoreleĂŻ
    « Assise entre les deux piliers de la sagesse et du secret,
    Je tiens le livre des d’émeraude qu’aucune bouche ne dévoile ;
    Dans mes yeux dansent en reflets les âmes en quête de progrès
    Que j’enlace d’un feu qui taraude vos deux cœurs affûtés d’étoiles. »


    Yavänor
    Loreleï est la pérennité et engage notre potentiel
    À recevoir toute la lumière de son pouvoir de conduction.
    Elle exprime la nécessité de se relier à l’essentiel
    Avant de poser la première pierre de notre construction.

    LoreleĂŻ
    « Je suis l’ancienne source obscure que ma lumière vient révéler ;
    Le feu sous la cendre qui attend d’être reconnu et nommé.
    Sans moi, rien ne peut se conclure ; l’amour s’égare à s’emmêler
    Car je suis celle qui prétend que tu finiras par m’aimer ! »


    Yavänor
    Mais rien ne doit précipiter ; il faudra rentrer en nous-mêmes,
    Connaître l’ardeur et la chute, l’allégresse et puis la souffrance.
    L’expérience donne lucidité car elle éprouve ceux qui s’aiment
    Et les poussent à ce qu’ils réfutent toutes leurs faiblesses à outrance.

    LoreleĂŻ
    « Lorsque vous aurez fait vos preuves, éprouvés autant que j’en souffre,
    Je serai là, non pour juger, mais pour sceller l’engagement.
    Je suis la clé des œuvres neuves, la Dame des portes qu’on ouvre,
    Celle qui aime sans préjugé mais veille fondamentalement. »


    Yavänor
    Jusqu’au jour du discernement où mes yeux vont se dessiller
    Et reconnaître dans ma Dame, la force primitive de l’ange.
    Car je leur ai prêté serment de nos amours multipliées ;
    Un homme et l’union de deux femmes, toutes deux nées du même échange.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • I L’Ange de l’Aube Éblouissante

    Laureline

    I	L’Ange de l’Aube Éblouissante

    Yavänor
    Apparue dans l’aube frémissante, Laureline contemple le chemin
    Qui s’ouvre soudain devant elle à l’appel de sa destinée.
    Or dans cette aurore naissante, un poète lui tend la main
    Et les arcanes sacramentels : Feu, air, eau, terre, d’où elle naît.

    Vestale du feu essentiel de l’énergie de l’univers
    Laureline apparaît radieuse pour commencer un nouveau règne ;
    Elle apporte tout son potentiel en ce matin d’un jour d’hiver
    Pour aider la quête studieuse de son poète qu’elle imprègne.

    Porteuse de la plume du verbe et lui, de deux astres jumeaux,
    Ils vont ensemble rédiger le livre de leurs amours secrètes ;
    Lui, avec sa parole acerbe, elle, avec sa logique des mots,
    Peu à peu ils vont ériger leur saga qu’ils pensent discrète.

    Elle recueillera dans sa coupe tout ce qu’il lui enseignera :
    Un corps pour devenir humaine, un cœur de femme pour aimer.
    L’amour, qui met le vent en poupe, finalement entraînera
    Chaque jour de chaque semaine à devenir sa bien-aimée.

    Elle manifeste aussi la Terre sur laquelle fonder leur royaume
    Qui deviendra la fondation de l’ÏÄMOURÏÄ inéluctable.
    Ils ne seront plus solitaires car se joindra Ă  leur binĂ´me
    L’Ange de la confrontation envers leurs êtres véritables.


    Laureline
    Car l’aube n’est que le prélude d’un feu qui bientôt s’élancera ;
    Ils n’ont pas encore vu l’éclair, ni entendu le tonnerre aimant,
    Mais déjà l’ombre les dénude et le souffle des jours leur dira
    Que l’amour est un art solaire qui demande un consentement.

    Ainsi naît la strophe fondatrice, l’écrin d’une voix qui se donne,
    Sept colonnes resplendissantes, sept marches vers la liberté.
    Et Laureline devient l’actrice d’un poème que l’amour façonne,
    En l’Ange de l’Aube Éblouissante, scellant l’instant d’éternité.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • L’art des petites ficelles

    L’art des petites ficelles

    Elle connaît toutes les ficelles dont elle s’est elle-même attachée
    Et la voici donc pêle-mêle sans trop savoir se détacher
    Empêtrée dans les compromis qu’elle a longtemps trop accordés
    En perdant son autonomie qu’elle s’est auto-sabordée.

    Comme elle croit tenir les deux bouts de ce dont elle est entravée
    Elle croit pouvoir tenir debout mais cela ne fait que s’aggraver.
    Il est temps qu’elle lâche enfin son petit cordon de l’espoir
    Tellement petit et tellement fin qu’il ne tient que par désespoir.

    C’est ainsi, l’homme aime attacher tout ce qu’il aime à sa portée
    Et dont il s’est amouraché au point de ne pouvoir supporter
    De restituer sa liberté à son libre arbitre constructeur
    Et qu’elle puisse enfin déserter ce Dieu des hommes constricteur.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • La rĂ©alitĂ© dĂ©formĂ©e

    La réalité déformée

    La réalité déformée par les rêves inopinés
    Permet à la raison d’apprendre ce que le cœur lui a écrit
    Et que l’esprit a transformé en une suite embobinée
    De règles imposées à prendre et ce jusqu’à son dernier cri.

    Ainsi l’orage de mes songes renvoie des pluies de souvenirs
    Qui se révèlent chausse-trappe et des cailloux dans mes chaussures.
    Les cauchemars sont les mensonges qui ont terni mon avenir
    Et dont l’influence me rattrape dans mes convictions les plus sûres.

    Je me retrouve souvent nu dans la société qui m’a fait
    Croire que l’habit fait le moine et que l’argent fait le bonheur.
    Que sont mes rĂŞves devenus sinon tous mes pas imparfaits
    Mais qui bâtissent le patrimoine de ce qui me met à l’honneur ?

    Tableau de Gina Litherland sur https:tonemadison.comarticlesi-work-pretty-hard-to-get-ambiguity .

    
    
    
  • CĂ©rĂ©monie sauvage

    Cérémonie sauvage

    Bleu de nuit sous la Lune, vert émeraude la forêt,
    Rouge sang les lapins, d’or les yeux affolés,
    Ô couleurs opportunes, fluorées, phosphorées,
    Crépuscule là peint à coups de feux follets !

    Une nuit spécifique pour un peintre sorcier
    Qui n’use de couleurs qu’issues du fond des bois
    Mais ce soir mirifiques, sans doute associées
    Aux intimes douleurs d’une Terre aux abois.

    Voyez, frères humains qui vous sentez privés,
    Les vrais fils de la Terre n’ont pas besoin de vous
    Pour préparer demain la prochaine arrivée
    Des vrais propriétaires que Gaïa leur dévoue.

    Tableau de Marina Antonova.

    
    
    
  • Le chat de Schrödinger

    Le chat de Schrödinger

    Alors le chat de Schrödinger, est-il avec nous ou ailleurs ?
    Est-il défunt ou bien vivant, figé dans l’immortalité ?
    S’amuse-t-il d’un air blagueur à nous duper d’un ton railleur
    Avec son mystère captivant au risque d’irréalité ?

    Cet état de vie suspendue doit faire plaisir au minet
    Qui peut ainsi chasser ses proies perversement d’une main preste.
    Et ses victimes prétendues deviennent ainsi contaminées
    Par ce virus qui nous fait croire Ă  la vie, la mort et le reste.

    Le jour occulte son trépas, la nuit nous cache ses atomes ;
    Chaque moment de la journée reste une énigme à l’existence.
    Faut-il lui donner un repas sinon chasse-t-il les fantômes ?
    En fait, il poursuit sa tournée avec totale inadvertance.

    Illustration de CaramurĂş Baumgartner.

    
    
    
  • Femmes en bleu

    Le Chaperon, entre chien et loup, s’éclipse subrepticement
    Pour rejoindre « vous-savez-qui » au fond des bois sous la pleine Lune.
    Son amant est un peu jaloux de la voir clandestinement,
    Méfiant de prendre pour acquis ces précautions inopportunes.

    Peau-d’âne a le blues du départ ; qui sait ce qui peut arriver
    Au cours des jours avec un père qui se montre si entreprenant ?
    Quand plus de vingt ans vous séparent, l’amour du même sang privé
    Est-il l’existence qu’elle espère malgré l’effet contrevenant ?

    La Belle au Bois-Dormant s’endort pour cent ans et bien plus encore ;
    C’est pour son bien lui a-t-on dit ainsi que pour son avenir.
    Elle fera cent mille rêves d’or sous un dôme autour de son corps,
    Bien à l’abri des maladies, gage des meilleurs souvenirs.

    Cendrillon vient juste de rentrer tout essoufflée après sa course ;
    Désolée, elle est au taquet et s’effondre sur sa paillasse.
    À présent toute concentrée, elle a épuisé ses ressources ;
    « Adieu carrosse, adieu laquais bonjour espoir, salut l’audace ! »

    Tableaux de Richard Burlet.

    
    
    
  • Femmes en rouge

    Le Chaperon se fait du mouron ; l’amant n’est pas au rendez-vous ;
    Sans doute un chasseur à l’affût l’a buté au nom de la loi.
    Tant pis si demain nous mourrons d’amour pour un grand méchant loup
    Dont les histoires font un raffut dans les villages de bon aloi !

    Peau-d’âne se fait du souci ; Papa n’est pas un bon parti ;
    Sans doute le qu’en-dira-t-on alimente aussi les rumeurs.
    Lorsque l’amour sent le roussi, il faut trouver la répartie
    Afin de pouvoir dire non tout en gardant sa bonne humeur.

    La Belle au Bois-Dormant s’inquiète ; comment sera-t-elle dans cent ans ?
    La trouvera-t-on démodée ce jour-là, au premier regard ?
    Car après un siècle de diète – doublé d’anorexie s’entend –
    Sa beauté tout incommodée réclamera beaucoup d’égards.

    Cendrillon se fait un sang d’encre vermillon, rouge incandescent
    Le stratagème du chausson n’est pas le meilleur qui lui sied.
    Toutes les chinoises qui s’échancrent les pieds sous leurs rites indécents
    Peuvent lui chanter la chanson « en amour, fait ce qui te pied ! »

    Tableaux de Richard Burlet.

    
    
    
  • Selon ce que vous ne sauriez voir

    Selon ce que vous ne sauriez voir

    D’après mon côté pessimiste, la planète crie « au secours ! »
    Et tout mon être reste sans voix devant l’étendue des blessures.
    D’après mon côté optimiste, l’amélioration serait en cours
    Car la vie trouve toujours la voie vers l’évolution la plus sûre.

    Je peux aussi fermer les yeux et avancer nue dans les rues
    En me disant qu’il n’y a personne pour regarder l’impondérable.
    D’ailleurs l’autruche fait beaucoup mieux en enfonçant, telle une charrue,
    La cervelle toute mollassonne de sa tĂŞte dans la terre arable.

    Faut-il voir les choses en noir ou bien observer les couleurs
    Du jour qui reviendra demain après l’obscurité du marbre ?
    Chacun est maître en son manoir ou dans son habit de douleurs ;
    Quant à moi, tant que j’ai deux mains, je peux aller planter un arbre.

    Tableau de Rafał Olbiński sur https:www.personalart.plrafal-olbinski?page=8 .

    
    
    
  • Marianne justement en rĂ©ajustements

    Marianne justement en réajustements

    La droite un peu dominatrice et la gauche assez affaiblie,
    Marianne s’est pris un coup de fauche qui la laisse assez fatiguée.
    La campagne exterminatrice n’a, par le fait, rien rétabli ;
    La droite, le centre et la gauche sont complètement endigués.

    Mais si l’œil droit fait alliance avec la pommette un peu haute,
    L’œil gauche risque de s’allier avec le front rouge de l’Est.
    Hélas, le centre en défaillance ne convient plus, il est en faute
    Et, les cheveux en escaliers, Marianne a retourné sa veste.

    Ainsi la France défigurée n’attirera plus les touristes ;
    La politique a saboté les Français vus de l’étranger.
    Il faudrait reconfigurer une constitution futuriste
    Afin que retrouve sa beauté notre pays bien dérangé.

    Tableau de Scott Rohlfs sur www.distinctionart.comexhibitgallery_m.php?showID=131&fltr=prev .

    
    
    
  • Home Hard Home

    Home Hard Home

    Après le pass obligatoire, comme ils n’avaient rien contesté,
    On ferma toutes les boutiques, les restos et les cinémas.
    On leur raconta des histoires à propos de morts attestées
    Leurs vies désormais robotiques ne fonctionnèrent qu’a minima.

    On enferma dans un ghetto les non-testés, non-vaccinés
    Et l’on ferma leurs portes à clef de peur qu’ils sortent dans la rue.
    Le président, droit de veto, leur interdit d’avoisiner
    Leurs parents, eux-aussi bouclés, qui furent portés disparu.

    Enfin quand les grands de ce monde se justifièrent de leurs actes,
    Ils ressemblaient aux animaux, ceux-lĂ  mĂŞmes malades de la peste.
    Chacun par des propos immondes nia avoir signé un pacte
    Avec Satan, à demi-mot, et avoir retourné sa veste.

    Illustration de Philippe Caza.

    
    
    
  • Échec aux dames

    La reine blanche est au moulin, la reine noire est aux fourneaux.
    Tous les pions battent la campagne, les chevaux trottent tour Ă  tour.
    Le roi blanc compte ses poulains, le roi noir chasse l’étourneau.
    Les fous gravissent les montagnes et s’observent depuis leurs tours.

    D’abord les blancs ont commencé à lorgner tout l’argent des noirs ;
    Ceux-ci leur ont damé le pion d’un judicieux échec au roi.
    Dans cette partie romancée par des coups bas en tamponnoir,
    Le cavalier blanc, un champion, a mis son roi en désarroi.

    Roque manqué, roque trop tard, la garde se rend et se meurt.
    Le roi déchu cherche le pat, la reine fichue est épargnée.
    Mais sans surprise et sans retard, les noirs font taire les rumeurs
    Et leur déclare : « Échec et mat ! » et pour une fois, ils ont gagné.

    Tableaux de Georgy Kurasov.

    
    
    
  • L’amour confinĂ©

    L’amour confiné

    Sa chambre était toute petite dans sa minuscule maison
    Mais l’amour y était plus fort et la marquait de son empreinte.
    Elle m’invitait, moi, où m’habite la passion plus que de raison
    Et je mettais tous mes efforts pour offrir la plus belle étreinte.

    Durant tout le confinement, nous vécûmes d’amour et d’eau fraîche ;
    Les voisins sympas pourvoyaient à gérer l’alimentation.
    Depuis le déconfinement, nous avons dû les battre en brèche
    Car tout le monde se fourvoyait en règle de distanciation.

    Tableau de Alexander Sulimov.

    
    
    
  • Les jeux confinĂ©s

    Pauvres enfants dans quatre murs soumis aux vacances forcées
    Et dont les cris ont fait vibrer toutes les fenĂŞtres du port.
    Car les parents de ces fruits mûrs les stimulaient pour amorcer
    Des bravos déséquilibrés à qui braillerait le plus fort.

    Heureusement ces chérubins ont le soutien d’un animal
    Un chat, un chien ou un cheval, du moment qu’il crie assez fort.
    Et pour exciter leurs bambins, les parents, femelles et mâles,
    Organisent des festivals afin d’ leur venir en renfort.

    Tableaux de Alexander Sulimov.

    
    
    
  • Cueilleurs d’étoiles

    Cueilleurs d’étoiles

    J’avais commencé à compter les étoiles des constellations ;
    J’étais enfant et l’infini demeurait loin de ma portée.
    Je m’amusais à raconter que j’en ferai la collection
    Pour qu’une fois celle-ci finie, je puisse m’y téléporter.

    http:letheatredemoncerveau.blogspot.com201309pascal-campion-decouvrir.html?m=1

    Dessin de Pascal Campion.

    
    
    
  • C’est le chien

    C’est le chien

    Sortir son chien est nécessaire et important pour se connaître
    Comme une carte de visite permet de rencontrer des gens.
    J’aime à croire que ces émissaires que je vois passer à ma fenêtre
    Rendent les hommes parasites et le chien plus intelligent.

    Tableau d’Isaac Maimon.

    
    
    
  • Jeux de dames

    Jeux de dames

    Lorsque les reines rousses ou blondes défient les reines noires et brunes,
    Il faut vraiment se méfier de ces rivales potentielles.
    Là où art et beauté abondent, la grâce ne compte pas pour des prunes
    Et la sagesse est défiée par des amours confidentielles.

    Judith, l’héroïne biblique, coupe à cœur et parfois la tête ;
    Rachel – c’est la Berezina – met capot toutes ses compagnes (*) ;
    Pallas, dard d’Athéna idyllique, joue tous ses piques, elle s’entête ;
    Argine, ou encore Regina, domine à trèfle mais qui perd gagne.

    * à carreau évidemment.

    
    
    
  • La transfloration

    La transfloration

    À force d’écouter les fleurs, mes cheveux deviennent pétales ;
    À force d’écrire des vers, j’ai un perroquet sur l’épaule.
    Sinon, ça va, je n’ai pas peur de devenir un végétal
    Bien qu’une colonie de vers puisse faire de moi leur monopole.

    Tableau de Catrin Welz Stein.

    
    
    
  • L’alcool de la vie

    L’alcool de la vie

    Un alcool homéopathique coule doucement dans mon coeur
    Et m’apporte à doses infimes ce qui enivre ma jeunesse.
    Combien de gouttes romantiques ont troublé sa chaude liqueur
    De tant d’expériences intimes jusqu’à ce que vieillesse connaisse !

    Tableau de Annie Hamman.

    
    
    
  • Le livre des rĂŞves

    Le livre des rĂŞves

    On m’a offert un livre étrange ; toutes ses pages y sont blanches.
    On doit tout simplement rĂŞver et le miracle se produit.
    On prends sa couverture orange puis, de samedi Ă  dimanche,
    On ouvre sa page privée qui s’accorde avec aujourd’hui…

    Je prends le train pour y aller (ce n’est pas la porte à côté).
    Après une allée d’orangers, c’est la maison de l’aventure !
    Je donne un grand coup de balai, les enfants sont asticotés
    Puis nous commençons à ranger des espèces de créatures…

    Il y en a plein le frigo sur des petits tabourets pliants
    Mais je suis toujours dérangé par un petit goinfre affamé.
    Je replie leurs pieds indigo parmi les enfants suppliant
    De leur en donner à manger ; je le fais, j’en suis acclamé…

    Puis je bois une bonne bière dans un grand verre de moutarde
    Et on se donne rendez-vous devant un grand chocolatier.
    Enfin, parmi les étagères d’un grand magasin, par mégarde,
    Nous achetons, je vous l’avoue, et n’en payons que la moitié…

    Ça Ă  l’air un peu dĂ©cousu mais c’est mon rĂŞve de cette nuit – et en couleurs s’il vous plaĂ®t – que je vous livre tel quel. Tintin n’y est pour rien mais comme il passait par lĂ , il a bien voulu me donner un coup de main pour la couverture orange… c’est Ă©trange…

    
    
    
  • Sur la Riviera

    Sur la Riviera

    Mettez-vous le cœur en couleur et venez sur la Riviera
    Dans un village de pĂŞcheurs de maisons aux teintes pastel !
    Et goûtez aux fruits roucouleurs, écoutez ses vieux opéras,
    Dans un vieux port plein de fraîcheur dominé par son vieux castel.

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  • Parapluie de charme… et melon

    Parapluie de charme... et melon

    Comme j’avais l’air un peu triste coiffé de mon chapeau melon,
    J’ai ouvert la fée parapluie pour rajouter un peu de charme.
    Comme je suis égocentriste avec le goût du mamelon,
    J’ai conservé pour moi le fruit qui en coulait comme des larmes.

    La série « Chapeau melon et bottes de cuir » est renommée par nos amis allemands en « Schirm, Charme und Melone »

    
    
    
  • Ding-dong

    Ding-dong

    Depuis la pointe du jour, j’ai entendu cette annonce
    Par une volée de cloches qui conjointement sonnèrent.
    C’était pour dire bonjour dans un grand coup de semonce
    À cette année qui s’accroche en ce jour d’anniversaire.

    Cloches de pierre du temple de Borobudur en Indonésie.

    
    
    
  • PerchĂ©e sur son acomat boucan

    Perchée sur son acomat boucan

    C’est en fin d’après-midi, quand je sortis de la gare,
    Que je croisais la roussette sur sa branche haut-perchée.
    Elle jouait la comédie avec des oiseaux hagards,
    Elle faisait sa doucette en me regardant marcher.

    Elle me dit : « Pourquoi ne pas s’envoler à tire-d’aile ?
    J’ai découvert le secret des lois aéronautiques ! »
    « J’ai mangé un bon repas (*) ! » Répartis-je à la donzelle
    « Et si je n’ai qu’un regret, c’est de craindre la colique ! »

    « Tant pis pour toi, damoiseau ! », dit-elle déployant ses ailes,
    « J’ensorcellerai quelqu’un qui ait un peu d’estomac ! »
    Et voilà tous ses oiseaux chanter en mettant du zèle ;
    Il n’en restait plus aucun sur le boucan acomat.

    (*) du cassoulet

    Acomat boucan : arbre de très grande taille

    
    
    
  • L’anniversaire de la lionne

    L’anniversaire de la lionne

    Il faut célébrer sans rugir l’anniversaire de la lionne
    Et savoir présenter ses vœux mais sans trop préciser son âge.
    Je vais essayer sans rougir de féliciter la championne
    Et calmer cet effroi nerveux que me suscite son personnage.

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  • La fille au cassoulet

    La fille au cassoulet

    Elle était assise avec moi dans le même compartiment.
    Les paysages défilaient comme une toile à la fenêtre.
    Elle m’a dit avec émoi qu’elle avait besoin hardiment
    De manger un bon cassoulet et qu’elle m’inviterait peut-être…

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  • La sirène oracle

    La sirène oracle

    Je l’ai rencontrée par hasard assise sur ses nénuphars
    Alors que j’errais dans Marseille à la recherche d’une sirène.
    Je m’appelais Jean Balthasar et je me rapprochais du phare ;
    Elle m’a donné ce conseil : pars en Suisse conquérir ta reine !

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  • La fĂ©e dĂ©froquĂ©e

    La fée défroquée

    Tandis que je prenais le train pour m’en aller dans les montagnes,
    J’ai rencontrĂ© sur le chemin une fĂ©e un peu dĂ©froquĂ©e…
    Elle m’a dit : « stoppe ton entrain, j’aimerais ĂŞtre ta compagne ! »
    Aussitôt j’ai lâché sa main et l’ai laissée interloquée.

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  • L’étoile d’argent

    L’étoile d’argent

    J’ai une étoile d’argent sur le bord de mon chapeau
    Puis aussi sur mon foulard sur mon chemin de bohème.
    Et je vais comme un marchand en agitant mon drapeau
    Pour offrir d’un air hilare mes derniers petits poèmes.

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  • La collection de jours heureux et ensoleillĂ©s

    La collection de jours heureux et ensoleillés

    Tout en rangeant l’année entière dès ton dernier anniversaire,
    J’ai capturé les jours heureux et tous les jours ensoleillés.
    En tenant bien haut ma pantière, j’ai pris tout ce qui était nécessaire
    Et ça donne ce cœur bienheureux pour tes beaux rêves ensommeillés.

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  • Les ponts du savoir

    Les ponts du savoir

    Sur Facebook, beaucoup de ponts vous expliquent comment est l’eau,
    Vous apprennent comment la boire, comment il faut se laver.
    Cependant dans l’entrepont, ils ne sont que d’intellos,
    Ne partagent pas le savoir et sont eux-mêmes entravés.

    Parfois j’apporte de l’eau pour faire tourner leur moulin
    Mais elle est sitôt jetée comme impure, indésirable.
    Ils ne voient qu’un rigolo, un poète, un margoulin ;
    Je demeure interjecté et eux incommensurables.

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  • Le jour de l’annĂ©e

    Le jour de l’année

    S’il est un jour particulier et qu’on a envie de fêter,
    C’est celui qui revient Ă  point et marquĂ© d’une pierre blanche.
    Alors pour ce jour singulier, nous sommes lĂ  pour manifester
    Et chantonner ce contrepoint comme si nous étions dimanche.

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  • LĂ  oĂą va l’élĂ©phant – 6

    Là où va l’éléphant - 6

    Si jamais je ne me trompe, aujourd’hui, c’est édifiant,
    C’est le jour de ta naissance, je me dois d’arroser ça !
    Alors j’ai mis l’autopompe de mon plus bel éléphant
    Et rend grâce à ta croissance par un jet de Thalassa !

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  • Le coquelicot solitaire

    Le coquelicot solitaire

    Ça faisait un an déjà que je courtisais ma belle.
    Je la rencontrais le soir lovée dans son habit rouge.
    Pour n’avoir pas l’air goujat, j’apportais des mirabelles
    Qu’on mangeait sans rien surseoir sous l’ombrage des carouges.

    Elle ôtait sa pèlerine d’une couleur écarlate
    Et l’étendait sur la mousse dans un mouvement de grâce.
    En ouvrant grand les narines, en haussant les omoplates
    Et riant de sa frimousse sur le tapis d’herbes grasses.

    Je l’appelais « Coquelicot », pour ses lèvres vermillon.
    « La cousine du Pavot », pour ses pommettes vermeilles.
    Je l’appelais « Mon Œillette », pour ses hanches en papillon.
    Elle était mon « Argémone », qui régnait sur mon sommeil.

    Pour honorer son pistil et préserver ses pétales,
    J’étalais sa robe rouge comme chasuble sacrée.
    Je mettais beaucoup de style à dévoiler cet étal
    Car je suis né à Montrouge et je m’y suis consacré.

    Elle avait une peau blanche, satinée comme une pèche
    Avec des lèvres grenat et des mamelons corail.
    Entre ses bras, la pervenche voulait que je me dépêche
    À grimper au Nirvana dans son caravansérail.

    Quand nous avions épuisé nos provisions de baisers
    Et tari toute la source qui abreuve l’amourette,
    Nos sens tout amenuisés n’étaient qu’à peine apaisés,
    Nous n’avions d’autre ressource que fumer une cigarette.

    Les coquelicots ne durent que l’espace d’un printemps
    Et la chaleur estivale enflamma ses oriflammes.
    On vit fondre la soudure de nos deux cœurs éreintants
    Et ce rouge adjectival me darda ses lance-flammes.

    C’est la fleur que je préfère et qui brûle dans mon cœur.
    Quand je goûte ses pétales, je repense à ma passion.
    Il n’y a plus rien à faire, il n’y a pas de rancœur,
    Quand les amours sont létales, elles meurent en compassion.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • CĹ“ur alchimiste

    Cœur alchimiste

    J’avais amassé tant d’or dans mon coffre-cœur de pierre
    Qu’il s’est enflammé un soir sous cette charge explosive.
    Comme une boîte de Pandore sous les coups d’une rapière
    Qui sous ses coups de poussoir serait devenue corrosive.

    Toute une vie de calculs et de fougues cérébrales
    Me l’avaient tant desséché qu’il ne parlait à personne.
    À trop lire de fascicules sous de peines palpébrales
    Ne pouvaient que dépêcher un morose glas qui sonne.

    Il a fallu que se brise cette forte carapace
    Pour que l’esprit tyrannique soir exilé en déroute.
    Et qu’enfin comme une brise se faufilant dans cet espace
    Une voix inorganique me fasse changer de route.

    C’est une étrange gazelle qui courait dans les montagnes
    Qui réveilla le dormeur enfoui sous les décombres.
    Pour ravir la demoiselle, moi, le prince de Bretagne,
    Je suis devenu charmeur et je suis sorti de l’ombre.

    Si elle m’a rejeté, m’ignorant de son silence,
    Elle m’a ressuscité de cette prison de glace.
    Et mon cœur s’est projeté de toute sa corpulence
    Et a su me susciter l’amour que rien ne surclasse.

    Aujourd’hui, en bonne entente, dans le cœur et dans l’esprit,
    Nous aimons donner au corps la parole désormais.
    Le cœur fait l’âme contente, tous se sont enfin compris
    Nous formons le bel accord dont l’écho fait le cornet.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La coccinelle amoureuse – 1

    La coccinelle amoureuse

    La coccinelle intrépide s’en vient dans cette fleur close
    Et les belles étamines lui chatouillent les élytres
    L’une d’elles gagnera de partager le lit rose
    Pour une passion d’amour dont la fleur sera l’arbitre.

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  • Les rĂ©parateurs de marĂ©e – 1

    Les réparateurs de marée - 1

    La marée s’est arrêtée cette nuit pile à minuit.
    Aussitôt sont arrivés les vaillants réparateurs.
    Ils ont nettoyé la mer jusqu’à l’aube et sans un bruit.
    Ce matin c’est terminé au soleil horodateur.

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  • La danse des sept vents

    La danse des sept vents

    Elle est fière et frivole, c’est la fille d’Éole.
    Elle danse en chantant la danse des sept vents.
    Elle tourne dans sa robe, fait claquer ses créoles,
    Les deux mains en arrière, les deux mains en avant.

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