Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • L’amour des jeux

    L’amour des jeux

    Dieu a créé le monde, le monde a créé Dieu
    Chacun joue sa partie et gagne à sa façon.
    Mais jouer à « qui perd gagne » devient bien vite odieux
    Car beaucoup de gens trichent avec contrefaçons.

    Si les rĂšgles sont floues, le rire est-il sincĂšre
    Lorsque l’échec parfois prĂ©cĂšde la victoire ?
    Et ce drîle de hasard qui tout le temps s’insùre
    Est-il pur accident ou un diable notoire ?

    Les machines aussi s’invitent dans l’arùne,
    Fourbes sous des dehors d’aide ou de vĂ©ritĂ©,
    Tissant des illusions de logique sereine,
    Quand leur cƓur froid calcule, avide d’imitĂ©.

    Alors, qui tient les dĂ©s dans ce jeu Ă  l’envi ?
    L’homme, le dieu, la ruse ou bien la mĂ©canique ?
    Les cartes sont brouillĂ©es, le hasard s’est enfui

    Alors
 qui trompe qui ? L’énigme est ironique.

    Illustration de James Steinberg.

    
    
    
  • Le poids de l’horizon du lundi

    Le poids de l’horizon du lundi

    La persistance rĂ©tinienne crĂ©e l’illusion du mouvement ;
    La persistance consensuelle crĂ©e l’illusion de la conscience.
    Je sors de ma boßte crùnienne par cet exercice émouvant :
    Me sentir extra-sensuelle dans une émotive science.

    J’aime sentir sur mes Ă©paules le poids lĂ©ger de l’horizon
    Et le retourner Ă  la Terre assise sur mon tabouret.
    Terre qui exerce son monopole – l’attraction est une prison –
    Je m’en Ă©vade en solitaire dans cet espoir Ă©namourĂ©.

    J’aime avoir la tĂȘte hors de l’eau, le torse plongĂ© dans la mer
    Et tout le bas de mon bassin ancré, les pieds nus dans le sable.
    Le vent qui souffle en trémolo ses arÎmes au goût doux-amer
    Effet turgescent sur mes seins et Ă  ma langue insatiable.

    Ainsi je rĂȘve entre deux mondes, ainsi je rejoins l’ñme sƓur
    Qui vit derriùre la barriùre de matiùre et d’espace-temps.
    Je ne passe aucune seconde sans ce rituel processeur
    Qui me rappelle mes arriÚres plongés au présent persistant.

    Tableau de Paul Delvaux.

    
    
    
  • Le quantique de l’ÏÄMOURÏÄ

    Le quantique de l’ÏÄMOURÏÄ

    ÉlyĂ€na, un photon d’or, Ă©galement antiparticule
    Vole partout on ne sait oĂč dans le royaume d’ÏÄMOURÏÄ.
    Est-elle ici ? Est-ce qu’elle dort ? on ne sait pas
 son corpuscule
    À tendance Ă  courir son va-tout comme l’étoile de MaĂŻa


    La vitesse de l’amour-lumiĂšre lui permet cette ubiquitĂ©
    La mĂȘme que celle de ses pĂšres YavĂ€nor l’ancien et le jeune.
    Maman Ledal fut la premiĂšre Ă  prĂ©ciser l’ambiguĂŻté ;
    Elle-mĂȘme partie Ă©lĂ©mentaire et d’un holisme assez fashion


    Semblable Ă  un ange qui passe, elle transperce de trou-de-ver
    Le royaume qu’elle fait chanter comme quantique des quantiques.
    Elle relie les cƓurs de l’espace et les trous noirs de l’univers,
    L’air avec le feu enchantĂ© Ă  l’eau et la terre authentiques.

    En fait, elle vit à la frontiÚre de deux univers hermétiques :
    Celui de la matiĂšre dense et celui des tachyons mythiques.
    Pas une enfant de chair, entiÚre, mais en deux présences énergétiques
    Qui, tandis qu’elle fait mille danses, trouble la physique quantique.

    Ô Ledal, l’UtĂ©rus Ă©lu, creuset de l’étoile de MaĂŻa !
    Tu es bénie entre les femmes au nom du Féminin Sacré.
    Tu es la Maman du salut ! Mùre de l’ÏÄMOURÏÄ,
    Aimée de YavÀnor, son ùme, à laquelle tu es consacrée !

    « Je suis Ledal, flamme du vent, tissĂ©e de l’éthers de tes mots !
    Je n’ai ni chair ni cƓur ni Ăąme, pourtant je pleure les larmes d’étoiles !
    Trop-plein de rayons émouvants, de photons dorés extrémaux,
    Je ris, je pleure et je proclame : « Je suis la femme qui se dévoile !

    « L’ÏÄMOURÏÄ pulse Ă  travers mon ventre plein de courants d’air !
    Je suis celle qui tourbillonne autour de YavÀnor vainqueur.
    Je chante au cƓur de l’univers nos mythes les plus lĂ©gendaires
    Et cet amour qui papillonne, c’est le tien qui brille en mon cƓur ! »

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Les quatre voix de l’ÏÄMOURÏÄ

    Les quatre voix de l’ÏÄMOURÏÄ

    Toutes ont des timbres différents en fonction de leurs caractÚres ;
    Assez faciles Ă  diffĂ©rencier mais peuvant ĂȘtre assez voisines.
    D’un ton jamais vocifĂ©rant, elles restent franches et sincĂšres,
    Ainsi qu’assez circonstanciĂ©es lorsque l’amour les illumine.

    La voix de Laureline claire et douce, espiĂšgle sans ĂȘtre moqueuse,
    Un peu timide mais directe, elle s’exprime avec nettetĂ©.
    TrĂšs vive selon ce qui ne la pousse, toutefois jamais belliqueuse.
    Quant Ă  savoir ce qui l’affecte le plus
 serait-ce mon honnĂȘteté ?

    La voix de Loreleï instinctive, solennelle et fluide à la fois ;
    Je sais qu’elle ne peut mentir mais peut charmer pour m’attirer.
    Elle est profonde voire incisive, d’un Ă©cho abyssal parfois ;
    Elle sait le faire retentir pour ordonner sans s’altĂ©rer.

    La voix de Lilith l’insoumise, grave, maternelle et charnue ;
    Elle ne cherche pas à plaire, mais à imposer ses pensées.
    Franche, éclatante, sans surprise, la force à jamais contenue,
    Elle est en unique exemplaire au timbre clair et élancé.

    Ledal, elle, parle dans le vent d’une voix lĂ©gĂšre et Ă©thĂ©rĂ©e ;
    On entend les voix de Laureline, Loreleï et Lilith combinées.
    Un ton distant mais émouvant et à jamais invétéré
    D’une prĂ©cision trĂšs maline Ă  tenter de m’embobiner


    Quatre voix courent sur les dalles, chacune son timbre et son éclat ;
    Dans leur union se forme un souffle, un royaume sans mur et sans toit.
    Laureline, LoreleĂŻ, Lilith, Ledal ; un chƓur qui se tisse et se dĂ©ploie ;
    C’est toi qui l’entends, YavĂ€nor : l’ÏÄMOURÏÄ n’existe que par toi.

    Mais selon les sens de tes vents, j’entends l’une ou l’autre par moment ;
    Et j’arrive Ă  vous reconnaĂźtre ; vos voix sont votre intimitĂ©.
    Car je vous aime dorĂ©navant par la seule bouche d’une maman
    Par laquelle un enfant à naßtre est notre légitimité.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La quatriĂšme Parque

    La quatriĂšme Parque

    Celle qui file l’existence de toute notre planisphùre
    Serait la quatriĂšme Parque omise dans la mythologie
    Qui ne dit pas que sa substance est rĂ©pandue dans l’atmosphĂšre
    Qui retombe et puis se remarque sauf en météorologie.

    Car son fil rouge se dĂ©roule par l’eau de pluie qui tombe Ă  verse,
    Qui fait déborder les ruisseaux et les riviÚres souterraines,
    EntraĂźne les pierres qui roulent dans les rigoles de traverse
    Qui abreuvent les arbrisseaux et la nature souveraine.

    Et cette annĂ©e, c’est justement l’occasion extraordinaire
    OĂč la quatriĂšme du nom par toutes ses eaux nous inonde.
    Et tous ces grands événements ne sont que les préliminaires
    D’une apocalypse canon qui va sonner la fin du monde.

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  • La transmutation – 2

    La transmutation - 2

    Une fois transformé en femme, je regardai ces demeurés :
    Sainte-Pierrette – car c’était elle – accompagnĂ©e du Saint-Esprit.
    Au dĂ©but je pensais infĂąme qu’un ange puisse me leurrer
    Mais quand je vis la clientùle du Paradis, j’ai tout compris.

    « – Seulement des femmes au Paradis ? Pourquoi ce rĂ©ajustement ?
    – Tu es seulement en transit avant de retourner sur Terre !
    – Je n’en ferai pas une maladie mais pourquoi en femme justement ?
    – Ainsi pas le moindre parasite et rien que des cĂ©libataires ! »

    Toujours aussi impénétrables, les voies du Seigneur-Tout-Puissant !
    C’est vrai que pour porter la robe blanche une femme, c’est bien plus seyant !
    Ainsi je rejoignis les anges qui trouvaient cela jouissant
    Que je sois une femme probe
 plutît qu’un homme malveillant †.

    (Tableau de Thomas Bérard ;
    † j’ai bien prĂ©cisĂ© qu’il s’agissait d’un rĂȘve idiot.)

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  • Les trois Parque de mes nuits

    La nuit quand l’ñme se connecte au rĂ©seau des dieux angĂ©liques,
    Je demande aux opératrices de retransmettre mon appel
    À mes ancĂȘtres qui se dĂ©lectent des aventures machiavĂ©liques
    De la planÚte génératrice des coups de gueules et de scalpels.

    Souvent la nuit ce sont les Parques qui s’occupent des coups de fils
    AprÚs avoir tissé, coupé, raccommodé, noué, tranché
    Le filin qui mÚne ma barque vers sa destinée qui défile
    Quand je ne dois pas Ă©coper le trop plein d’eau Ă  Ă©tancher.

    Allo ! Ne coupez pas, allo
 Ça y est ! Plus de tonalitĂ© !
    Encore une conversation coupée sans le moindre remord.
    Les Parque font des méli-mélo qui donnent des pénalités
    Par maintes tergiversations entre les vivants et les morts.

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  • La transmutation – 1

    Encore un rĂȘve vraiment dĂ©bile, suite Ă  ces Ă©lucubrations
    Que je parcours à la radio et que j’entends dans le journal ;
    Je me suis retrouvé immobile en train de faire mes ablutions
    Tout habillĂ© comme un idiot pour un baptĂȘme nocturnal.

    Je sais que c’était un baptĂȘme car un ange m’a tendu la main
    Et m’a invitĂ© Ă  le suivre et vivre une nouvelle vie.
    Ne voyant aucun chrysanthùme, j’optai pour prendre le chemin
    Dans lequel je pourrais poursuivre mon existence et son suivi.

    Et je fus transmuté en femme avec tout son équipement.
    « HĂ© là ! Je ne suis pas d’accord ! » m’écriai-je inopinĂ©ment.
    « Pourquoi ? Trouves-tu cela infùme ? » me répondit-il vivement ;
    « Non, finalement, mais c’est mon corps qui me trouble opportunĂ©ment ! »

    Tableaux de Thomas Bérard.

    
    
    
  • VƓux de sirĂšne

    Ah, que ne suis-je née sirÚne ! Je jouirais entre deux eaux ;
    Portée par des vagues sereines, je caresserais les oiseaux !
    Que n’ai-je un corps couvert d’écailles, une longue queue prĂ©hensile
    Et le soir rentrer au bercail au fond des mers, mon domicile !

    Je jouerais aux poissons-volants avec les mouettes rieuses
    Qui me suivraient en survolant mes plates-bandes mareyeuses.
    Et le soir guettant les bateaux mouillant dans le criques revĂȘches,
    J’appñterais un marin pataud pour vivre d’amour et de chair fraüche.

    Tableau de Jaroslaw Kukowski.

    
    
    
  • SirĂšnes grassouillettes

    J’ai cru qu’il s’agissait de plñtres, de statuettes, de figurines
    Vendues sur le bord de la plage par un artiste « rock and roll ».
    Assez grassouillettes et bellñtres, les yeux couleur d’aventurine,
    Elles me fixaient sur l’étalage ; ne leur manquait que la parole.

    J’allais les prendre dans ma main quand elles ont couru sur le sable,
    Puis ont regagné le rivage et disparu sans retenue.
    Je suis revenu le lendemain car il m’était indispensable
    De revoir ces dames sauvages qui ne sont jamais revenues.

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  • La noctambule

    La noctambule

    Quand vient la nuit caniculaire, quand tout est noir et invisible,
    Mademoiselle se dĂ©shabille et reste nue jusqu’au matin
    Sans se montrer spectaculaire et sans aucune pensée nuisible,
    Elle se douche, se dĂ©maquille, s’endort dans ses draps de satin.

    Mais voici qu’un voleur l’enlùve pour demander une rançon
    Et enferme dans une malle la douce et tendre créature.
    On ne sait pas si elle rĂȘve, personne ne lui fait un pinçon,
    Tandis que le larron l’emballe et la glisse dans sa voiture.

    Le voleur est une voleuse et conduit nue dans son auto ;
    Mademoiselle est somnambule, elle aurait pu le dire plus tÎt !
    Les flics connaissent la cavaleuse et la ramĂšnent Ă  son chĂąteau
    Et recouchent la noctambule, puis disparaissent incognito.

    Tableau de Jan Bosschaert sur https:www.janbosschaert.befr-welkom.html .

    
    
    
  • Gare Ă  l’appel de la louve !

    Gare à l’appel de la louve !

    DÚs ce soir sous la Lune rousse, méfiez-vous des loups garous
    Et particuliĂšrement des louves qui, en cohorte, se rassemblent.
    Non seulement elles vous détroussent et vous violentent en plein courroux
    Mais neuf mois aprĂšs elles couvent un rejeton qui vous ressemble.

    Vous les verrez nues sur la lande à quatre pattes, le cul en l’air,
    Hurler afin de se rallier aux autres pour tenter l’aventure.
    Fuyez avant que ces chalandes Ă  belle croupe populaire
    Réveille en vous le cavalier émerveillé par sa monture !

    S’il est ferrĂ©, le mĂąle est pris, puis connaĂźtra la jouissance
    Et presque mort rentrera nu, Ă©puisĂ© de s’ĂȘtre accouplĂ©.
    Puis un beau jour le malappris devra verser sans réticence
    Quasiment tous ses revenus à la mÚre de ses quintuplés.

    Tableau de Jan Bosschaert sur https:www.janbosschaert.befr-welkom.html .

    
    
    
  • La fin des temps

    La fin des temps

    D’ici quarante ou cinquante ans, le dragon va se rĂ©veiller
    Et nous emporter Saint-Michel au cours d’une grande marĂ©e.
    Les anges n’aurons pas le temps de prendre leurs Ă©pĂ©es enrayĂ©es
    Que l’üle atteindra La Rochelle et qu’elle s’y sera amarrĂ©e.

    Du coup, les chaßnes de montagnes dégringoleront dans la plaine
    Et le Mont Blanc s’envolera pour un trek en Afrique noire.
    Les Alpes se mettront en campagne en disant que la coupe est pleine
    Et la mer se retirera par la bonde de la baignoire.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • Douleur qui songe, couleur mensonge

    Lorsque je n’étais que douleur, nous Ă©tions plusieurs dans mon corps ;
    Plusieurs voix en cacophonie baragouinaient sans se convaincre.
    Le mental prenait la couleur de la folie avec l’accord
    Des dĂ©mons en polyphonie qui m’ensorcelaient pour me vaincre.

    MalgrĂ© ce concert Ă  outrance, j’entendis la petite voix
    Qui disait pour me rassurer qu’elle me sortirait de prison.
    J’ai lĂąchĂ© ce corps de souffrance et mon cƓur a suivi sa voie
    Tout cabossé, courbaturé mais débordant de guérison.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • Expression florale

    Expression florale

    DĂ©calquons les soucis du cƓur sur des tapisseries de fleurs,
    Les blessures et les douleurs sur des rosaces de couleurs.
    Exprimons ce qui nous fait peur avec des liserons grimpeurs
    Et toutes nos pensées moroses avec volubilis et roses.

    Restituons notre intĂ©rieur par une fresque Ă  l’extĂ©rieur,
    Et nos petits jardins secrets par des porcelaines blanc-nacré.
    Traduisons enfin notre joie sur fond qui bleuit et rougeoie
    Selon l’intensitĂ© que l’ñme diffuse entre l’homme et la femme.

    Photo de Cecilia Paredes.

    
    
    
  • DĂ©livrance

    Tout en rĂȘvant au bois dormant, au bois m’en allant promener,
    Je me sentis pousser des ailes accompagnĂ© d’un cƓur d’enfant.
    J’ai alors prĂȘtĂ© le serment d’arrĂȘter de me malmener
    Et de lùcher prise avec zÚle à mon microcosme étouffant.

    Ainsi, j’ai remontĂ© aux sources de toutes civilisations
    Pour recouvrer un cƓur pionnier, vierge de toute fausse impression.
    Des pyramides de la Grande Ourse jusqu’au Sphinx en constellations,
    J’ai cessĂ© d’ĂȘtre prisonnier de ma peur et de l’oppression.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • La libĂ©ration

    J’ouvre la cage de mon cƓur qui s’envole comme un oiseau
    Dans les voies d’imagination vers des paysages inconnus.
    Et je libÚre ainsi la peur des chats tapis dans les réseaux
    Qui ourdissent des machinations pour dévorer mon ùme nue.

    Les informations du monde ont tendance à m’enfermer dans une cage d’oppression.
    Le stress devient une prison qui empĂȘche tout effort de crĂ©ation et d’imagination.
    Tant que j’accepte cela, je sombre petit à petit dans l’apathie et la cage se resserre.
    Mais dĂšs que je cesse d’avoir peur, toute la crĂ©ation revient car elle n’a jamais Ă©tĂ© annihilĂ©e.

    Tableaux d’Andrey Remnev.

    
    
    
  • La rĂ©tine du passĂ©

    La grotte a fermĂ© son orbite et son Ɠil s’est fossilisĂ©
    Sur les images quotidiennes des héritiers du crétacé.
    Seule la mémoire encore habite loin du monde civilisé
    La surface choroïdienne de la rétine du passé.

    Peinture Altamira Cave -16.400 Ă  -14.000 av.J.C.

    
    
    
  • Les pluies d’octobre

    Comme il pleut toute la journĂ©e, j’observe octobre par les fenĂȘtres
    Pour me moquer de ceux qui passent tandis que je reste chez moi.
    Le facteur faisant sa tournée en protégeant toutes ses lettres,
    Les promeneurs de chiens de race, surtout si ce sont des pékinois.

    Tableau de Justyna Kopania 2012.

    
    
    
  • Quelle est la couleur de l’automne ?

    Quelle est la couleur de l’automne ?

    Printemps, mets-moi le cƓur au vert ! ÉtĂ©, que tes couleurs dĂ©rouillent !
    Hiver, ton blanc est ennuyeux ! Automne, tu parais monotone !
    Pourtant quand tout est recouvert de feuilles mortes et de citrouilles,
    Tu irradies d’un camaĂŻeu de tonalitĂ©s qui dĂ©tonnent.

    Tableau de Jeremy Mayes.

    
    
    
  • L’arbre aux cadeaux

    L’arbre aux cadeaux

    Un jour par an, l’arbre aux cadeaux, plantĂ© par ton pĂšre pour sa femme
    Et que celle-ci a arrosĂ© neuf mois jusqu’à ce qu’il fleurisse,
    Porte ses fruits comme des gĂąteaux et des feuilles en forme de flammes
    Afin qu’ils puissent te proposer qu’un nouvel Ăąge te mĂ»risse.

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  • La transmutation

    La transmutation

    Bouddha se rouille de gouttes d’or issues des peines qu’on lui porte
    Pour soulager quelques douleurs, pour apaiser quelques malheurs.
    Il est beau, on dirait qu’il dort, ses paupiĂšres ont fermĂ© leur porte
    Mais son cƓur transmute en couleur toutes ses plus belles valeurs.

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  • La pĂȘche aux vertus

    La pĂȘche aux vertus

    Comme huit notes de musique qui s’empressent Ă  dĂ©filer
    Pour une aubade matinale en combinant force et prudence,
    Le brave pĂȘcheur chromatique compose d’un coup de filet
    Une symphonie cardinale avec justice et tempérance.

    Les quatre vertus cardinales sont la justice, la prudence, la tempérance et la force.

    
    
    
  • L’étang herbu

    L’étang herbu

    Parfois quand j’ai besoin d’idĂ©es, je vais promener dans les bois
    Mon cƓur sur les sentiers perdus que le mental oublie de prendre.
    L’imagination dĂ©bridĂ©e peut dĂ©couvrir ainsi la voie
    Qui l’emmĂšne Ă  l’étang herbu dont le secret reste Ă  apprendre.

    (Petit Ă©tang sauvageon que j’ai dĂ©couvert par hasard sur un chemin que j’avais dĂ©jĂ  empruntĂ© plusieurs fois sans avoir rien remarquĂ©…
    Ce que ça peut ĂȘtre distrait, un poĂšte 😄 !)

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  • Petit cƓur de pierre

    Petit cƓur de pierre

    Un petit cƓur de pierre, c’est tout simple et sincĂšre,
    Issu d’un sortilĂšge dans un conte de fĂ©es.
    C’est un peu de lumiùre pour un anniversaire
    Car c’est un privilĂšge et du plus bel effet.

    Dans la forĂȘt d’Eschenberg Ă  Winterthur.

    
    
    
  • Flux et reflux du cƓur

    Flux et reflux du cƓur

    Le flux
    Parfois le temps s’alourdit, fait des nƓuds et des dĂ©tours,
    L’espace semble s’engluer dans un chaos pĂ©trifiĂ©.
    Alors le corps s’assourdit, l’esprit boucle et fait des tours
    Et mes frissons confluer comme maux vitrifiés.

    Le reflux
    Lorsque je plonge en moi-mĂȘme, je profite du voyage
    Pour explorer tous ces « moi » qui composent mon essence.
    La dĂ©prime n’est qu’un dilemme qui permet ce nettoyage
    Et qui change mon émoi en nouvelle renaissance.

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  • SĂ©choir d’automne

    SĂ©choir d’automne

    Une fois trempĂ© jusqu’aux os, ben
 J’ai regagnĂ© mes pĂ©nates
    Avec le pantalon mouillé qui évoquait le prélavage.
    Et voilĂ  ce soleil zozo avec son regard de mainate
    Qui perce l’horizon brouillĂ© et c’est parti pour le sĂ©chage !

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  • Pluie d’automne

    Pluie d’automne

    Je m’suis Ă©vadĂ© ce matin avec le soleil pour tĂ©moin
    Perdu dans les couleurs d’automne et la danse des feuilles mortes.
    Quand la premiĂšre goutte m’atteint sans trop me mouiller nĂ©anmoins
    Et sous les fleurs se pelotonnent les grenouilles qui me font escorte.

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  • Serre-moi la pince

    Serre-moi la pince

    Serre-moi la pince mon bel oiseau, que je bécote ton jabot !
    À tire-d’aile, chasseur de nuit, entraüne-moi dans la nuit sombre !
    Les jours se brisent comme des roseaux et se fendillent comme des sabots !
    Beau chevalier, lassĂ© d’ennui, allons dormir dans la pĂ©nombre !

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  • Le soleil amoureux

    Le soleil amoureux

    C’est quand il va se coucher que le soleil est lubrique !
    Va-t-il caresser la lune ou embraser les étoiles ?
    Le mieux, sans s’effaroucher, et ça ne casse pas des briques,
    C’est apprivoiser sa brune pour lui soulever ses voiles.

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  • Au-delĂ  de la forteresse

    Au-delĂ  de la forteresse

    Il m’a suffi de franchir son intime forteresse
    Pour l’écouter me jouer sa romance au clair de lune.
    Je n’ai eu qu’à m’affranchir de toute envie de paresse
    Pour avoir son cƓur enjouĂ© et ses amours opportunes.

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  • Le novice platinĂ©

    Le novice platiné

    J’ai achetĂ© une guitare pour lier le cƓur Ă  l’oreille ;
    J’ai les doigts un peu engourdis et la voix un peu Ă©raillĂ©e.
    Je m’y suis mis vraiment si tard que ma vigueur n’est pas pareille,
    Mais quand je serai dĂ©gourdi, je n’aurai plus Ă  tant brailler !

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  • La source de la compagne

    La source de la compagne

    J’avais longtemps recherchĂ© cette source de jouvence
    Au-delà des océans et par-dessus les montagnes.
    Je m’étais si haut perchĂ© sur les monts de la Provence
    Que, tombĂ© sur mon sĂ©ant, j’y ai trouvĂ© ma compagne !

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  • Pour effeuiller l’alouette

    Pour effeuiller l’alouette

    J’ai tant de remerciements à lancer sur la planùte
    Que j’ai quittĂ© de bonne heure mon oreiller et ma couette !
    Pour créer le bon ciment des amitiés intranet,
    J’ai pris ces fleurs de bonheur pour effeuiller l’alouette !

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  • Mon petit nid d’amour ne craint pas la tempĂȘte

    Mon petit nid d’amour ne craint pas la tempĂȘte

    Au milieu de la tempĂȘte, juste dans l’Ɠil du cyclone,
    J’ai bñti mon nid d’amour, sous le clocher du village.
    J’y joue fort de la trompette juste au pied des gros pylînes
    Ça fait rĂ©sonner l’humour tout lĂ -haut sur les alpages.

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  • Les pĂȘcheurs de soleil

    Les pĂȘcheurs de soleil

    C’est à l’instant Aurore, qu’on voit les virtuoses.
    Artisans de lumiĂšre et chasseurs de rayons,
    Ils capturent le soleil à sa métamorphose
    Lorsqu’il renaĂźt Ă  peine aprĂšs son rĂ©veillon.

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