Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • À la pêche aux poissons nigauds

    À la pêche aux poissons nigauds

    Le samedi comme le dimanche, quand l’Assemblée ferme ses portes,
    Marianne s’en va à la pêche de ce qui mord à l’hameçon
    Qu’elle appâte du bout de son manche par les ragots qu’elle colporte
    Afin de cueillir tête-bêche les nigauds filles et garçons.

    Ils mordent tous, surtout les filles qui réclament la parité
    Et qui croit qu’être ainsi ferrées va leur apporter les honneurs.
    Quant aux garçons dont les chevilles enflent par solidarité,
    Marianne va leur conférer des miettes au petit bonheur.

    Certains poissons ont les dents longues ; de grands requins de la finance.
    Marianne aime les envoyer faire des erreurs de gestion.
    L’air triste et la figure oblongue, elle avouera l’impertinence
    Des pantins qu’elle a soudoyés lors des grandes manifestations.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:moicani.over-blog.com202004the-art-of-rafal-olbinski.html .

    
    
    
  • Au pays des échecs

    Au pays des échecs

    Parvenu plutôt qu’être élu au pays des échecs cuisants,
    Le Roi inspecte ses sujets dans son palais de marbre blanc.
    Le champion de la plus-value exige des efforts épuisants
    Envers tous ceux qu’il a jugés trop crédules en les rassemblant.

    Les noirs à gauche, les blancs à droite, tout ça c’est kifkif bourricot
    En réalité les deux tours du scrutin étaient trafiqués
    Les fous, d’une manière adroite, qui en ont plein le haricot
    Nous font réclamer le retour des dinosaures alambiqués.

    Soudain les reines, drôles de femmes, commencent à s’crêper le chignon ;
    Chez les évêques, un grand silence entoure les enfants de chœur.
    « Échec au roi ! À bas l’infâme ! » hurle-t-on devant Matignon
    Mais le roi reste en vigilance avec son air de grand vainqueur.

    Tableau de Valentino Sani.

    
    
    
  • La sirène et son doudou

    Pour rêver au marin dodu, la sirène serre son doudou
    Pour évoquer sa queue fluette avec la nageoire caudale.
    Mais elle l’a tant distordue que le poisson tout guilledou
    Nage pas trop comme il le souhaite, on dirait même qu’il pédale.

    Quand la sirène prend son bain car elle prend son bain voyez-vous
    Comme vous-même changez d’air faute de vous changer les idées.
    Il lui manque son chérubin ; alors son doudou se dévoue
    Et vient de façon solidaire et amoureuse la dérider.

    Depuis quelques temps on observe dans les mers chaudes équatoriales
    Des poissons qui tournent en rond, en cause leurs nageoires voilées.
    La science sous toute réserve pense à la trace mémoriale
    De traumatismes qui seront un jour ou l’autre dévoilés.

    Tableaux de Piero Schirinzi sur https://poramoralarte-exposito.blogspot.com/2018/11/piero-schirinzi_18.html .

    
    
    
  • Autoportrait au féminin naturel

    Autoportrait au féminin naturel

    Femme, tu es l’arbre fécond dont les racines se prolongent
    Sous la surface de la Terre nourrie de pluies et de soleil !
    Ton fruit, minuscule cocon, croît, s’épanouit et s’allonge
    Pour prendre l’esprit volontaire lorsqu’il sortira du sommeil.

    Femme, tu es, neuf mois durant, celle qui cache la forêt,
    Cet arbre nu fondamental au deux bras en guise de branches !
    Ton fruit, nourrisson endurant, par ta matrice déflorée
    Devient le flux sacramental vers lequel vos âmes s’embranchent !

    Photo de Nona Limmen.

    
    
    
  • Les matous bibliophiles

    Je n’ai pas autant de bouquins que la collection de Sempé
    Mais au moins mon chat me regarde quand il imite un presse livre.
    Et lorsque je vois ce coquin, il a tôt fait de décamper
    Tandis que l’autre, par mégarde, pourrait griffer mon bateau ivre.

    Le sien préfère les étoiles matées du coin de sa fenêtre,
    Le mien aime mieux la structure et les mystères de l’univers.
    Quoi qu’il en soit, ce que dévoilent ces chats, je dois le reconnaître,
    C’est qu’ils adorent la lecture surtout mes poèmes et mes vers.

    Illustrations de Sempé et photo de Chanelle.

    
    
    
  • Que l’amour pousse !

    Que l’amour pousse !

    Aussitôt que le cœur grandit, il doit déjà changer de vase ;
    Lui qui savait se contenter jusqu’à présent de pas grand-chose.
    Mais lorsque l’amour répondit à ses aspirations d’extase,
    Son nid n’a su le sustenter, fendu par la métamorphose.

    On rempote à la belle saison selon qu’au fur et à mesure
    De nouvelles pousses ont marcotté de la bouture généreuse.
    Plus tard, on change de maison ou on retape une masure
    En château tarabiscoté en forme de famille heureuse.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:imgur.comaLnuz1 .

    
    
    
  • L’amour dans le cœur

    L’amour dans le cœur

    L’amour se niche dans le cœur, le cœur se niche dans le corps,
    Le corps se niche dans son lit comme cérémonie rituelle.
    Le sexe produit sa liqueur, la liqueur redemande encore
    L’ivresse jusqu’à la folie de l’illumination sexuelle.

    À peine créé par amour, le fœtus sent son cœur qui bat,
    Englouti jusqu’à la naissance qui lui ouvrira les poumons.
    Et lentement, jour après jour, il continuera le combat
    Contre la vie par la puissance d’un cœur qui s’bat commecontre un démon.

    Tableau de Tanya Bilous.

    
    
    
  • Hommes et femmes cybernétiques

    Hommes et femmes cybernétiques

    Si l’homme roule des mécaniques, la femme, devenue pragmatique,
    Jongle avec son automobile, son smartphone et l’ordinateur.
    Ceux qui la pensaient satanique aux pensées mélodramatiques
    Ou stupidement volubile, sont de vieux récriminateurs.

    Pour les hommes, l’ordinateur est féminin :
    Les femmes ont leur logique interne ; Dieu seul sait ce qui les materne…
    Leur mémoire stocke toute erreur qui sort à point, avec horreur.
    Leur langage semble dithyrambique à l’homme monosyllabique.
    Et leurs contrats, bien trop coûteux avec suppléments trop douteux !

    Pour les femmes, l’ordinateur est masculin :
    Pour attirer leur attention, il faut susciter l’intention.
    Ils sont bourrés d’informations mais aucune imagination.
    Censés résoudre les problèmes, ils accumulent les dilemmes
    Et si on avait attendu, on aurait plus d’inattendu.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • La belle et le robot

    La belle et le robot

    N’en déplaise à Adam et Ève, le premier robot fut une femme ;
    Pour créer l’objet sexuel, l’homme a de l’imagination.
    Ainsi les organes qu’il prélève pour lui provoquer ses orgasmes
    Sont basés sur le sensuel tourné vers l’invagination.

    Mais il doit être masochiste car son fantasme virtuel,
    D’une voix plutôt féminine, le guide avec son GPS.
    Alors cessons d’être machistes envers la femme intellectuelle
    Et accordons à nos machines d’être inférieures à nos déesses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Tu veux ma photo ?

    Tu veux ma photo ?

    Et si tu m’observais vraiment avec un regard impartial,
    Te verrais-tu, dans mon miroir, comme tu voudrais bien me voir ?
    Et si tu m’disais carrément ce que tu vois dans mon facial,
    Je rectifierais mes mâchoires avec des défenses d’ivoire.

    Tableau de Pablo Picasso.

    
    
    
  • Guernica

    Guernica

    Gabegie totale sur la planète et tout le monde perd la tête !
    Il paraît que les poulaillers sont pleins de poules folles à lier ;
    Les savants font des galipettes avec des œufs dans l’éprouvette ;
    Les chevaux ont le mors aux dents et les taureaux sont taraudants.

    Tant pis pour la guerre d’Espagne, tant pis pour les guerres mondiales !
    Les guerres idéologiques et les guerres économiques !
    Le prix du pays de cocagne payé par les classes sociales
    N’est qu’un facteur psychologique doublé de mort astronomique.

    Tableau de Pablo Picasso.

    
    
    
  • La femme debout

    La vie choisit la meilleure voie en privilégiant le plus fort
    Comme un concours universel pour élire l’espèce dominante.
    J’entends une petite voix me dire que le mâle a eu tort
    De ne mettre dans son escarcelle que sa vigueur prédominante.

    « La femme est l’avenir de l’homme ! » proclamait Louis Aragon.
    Il serait temps de la laisser nous y conduire sereinement ;
    Placer la reine en son royaume, épousseter les vieux dragons,
    Prier celle qui, sans nous blesser, lancera le redressement.

    Hélas ce n’est pas un poème qui va sauver l’humanité.
    Ni un retour vers le passé puisque le temps nous est compté.
    Je sais, je suis un peu bohème et manque de messianité
    Pour dire à la femme compassée d’agir selon sa volonté.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.

    
    
    
  • L’homme debout

    Le Soleil perd de sa magie depuis que la Terre n’est plus plate
    Et la lune est déshonorée depuis la conquête spatiale ;
    Le zodiaque tombe en léthargie depuis que l’espace se dilate
    Et les étoiles décolorées par l’effet Doppler, impartial.

    L’homme reste encore debout pour un temps désormais compté
    Puisque sa planète natale ne parvient plus à le nourrir.
    Avoir ôté les garde-boues à sa sauvegarde escomptée
    Apporte le retour létal de la Terre en train de mourir.

    Alors reste le souvenir d’une aurore et d’un crépuscule
    Comme serviteurs dévoués d’un roi-soleil prépondérant.
    Alors, reste le devenir d’une humanité qui bascule
    Alors qu’elle se croyait vouée à un avenir conquérant.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.

    
    
    
  • Rue du chat perché

    Rue du chat perché

    Quand l’ami Pierrot fait ses gammes selon les phases de la lune,
    Les chattes blanches disparaissent et les chats noirs vont les chercher
    Sur l’escalier dont l’amalgame forme une portée peu commune
    Mais dont les notes apparaissent dans des miaous très haut perchés.

    Illustration de Colette Brunelière.

    
    
    
  • La marée d’équinoxe

    La marée d’équinoxe

    Lorsque la brume se dissipe sur la nuit où ont ballotté
    Toutes mes croisières de rêves disparues avec la marée,
    La réalité anticipe mes perceptions escamotées
    En me révélant sur la grève où mes racines sont amarrées.

    Aquarelle de Dusan Djukaric.

    
    
    
  • Secrets de femmes

    Secrets de femmes

    La femme demeure un mystère dont seules quelques initiées
    Ont décidé secrètement d’en faire un silence complet.
    C’est pourquoi vous verrez sur Terre, des personnes apprécier
    D’en voir, dans un retournement, les fesses cachées, s’il vous plait !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les échos de l’amour céleste

    Les échos de l’amour céleste

    Le cœur gonflé aux bleus de l’âme, portés par le souffle du vent,
    Remontons la route du tendre et, s’il le faut, lâchons du lest !
    Guidés par la petite flamme qui ouvre la voie, droit devant,
    Nous sommes à même d’entendre les échos de l’amour céleste.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Échec au chat par la souris

    Échec au chat par la souris

    C’est à l’heure entre chien et loup, éclairés d’un rayon de lune,
    Que le chat risqua ses deux tours pour capturer le souriceau.
    Celui-ci, grâce à ses deux fous, fit, par une prise opportune,
    Échec à la chatte d’atours et puis, au roi, d’un soubresaut.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Tous en chœur

    Tous en chœur

    Depuis dimanche des Rameaux, nous poursuivons l’entraînement
    Qui fera de nous les chanteurs les plus émérites du monde.
    Dans les villages et les hameaux nous offrons quotidiennement
    Notre septuor enchanteur aux anniversaires à la ronde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Revenons à nos pigeons

    Revenons à nos pigeons

    Fi du Wifi,
    Du pêle-mêle des emails,
    Des promesses en SMS,
    Et des sornettes d’Internet !

    Mais revenons à nos moutons ;
    La gageüre serait parjure
    Et mon message galéjeur s’il n’émanait d’un voyageur
    Pigeon que trop nous négligeons.

    Gageüre : promesse, défi ; s’écrit aussi « gageure » mais se prononce « gajure ».

    
    
    
  • Chagrin – bonheur

    Chagrin - bonheur

    Le chagrin est une fleur ;
    J’aime une femme, elle m’aime un peu,
    Je l’aime beaucoup, elle passionnément
    Et enfin pas du tout.

    Le bonheur est une fleur ;
    J’aime une femme, elle m’aime un peu,
    Je l’aime beaucoup, elle passionnément
    Sans jamais de fin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La transe féline

    La transe féline

    Le fauve a-t-il un Dieu qu’il craint et qu’il adore,
    Qui le fait s’étirer d’une transe féline ?
    Son geste est si radieux, si noble d’un cador
    Qu’on le croirait soutiré d’une grâce divine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les mains d’or

    Les mains d’or

    Quand les mains donnent de l’or, c’est pour élever l’esprit,
    Pour ensemencer le cœur et pour enthousiasmer l’âme.
    Car le corps est le trésor de tout ce qui est appris
    Par la subtile liqueur qui se transmet d’homme à femme.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le puits des ennuis

    Le puits des ennuis

    Regardez-les donc plonger au fond du puits des ennuis
    Pour échapper à ce jour qui parait et qui sourit.
    Regardez-les s’enfoncer, tous ces papillons de nuit
    Qui vont vivre leur séjour avec les chauves-souris.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Retour de printemps

    Retour de printemps

    Chaque retour de printemps, je ressens un nouveau pois
    Sur ma dure carapace patinée et satinée.
    Ça peut sembler éreintant comme si je sentais le poids
    Du temps de la vie qui passe à travers ma destinée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Maître-queue de grenouille

    Maître-queue de grenouille

    La grenouille est potagère dans les jardins du printemps ;
    Elle se fait jardinière et veille jalousement.
    Comme simple passagère jusqu’au tout dernier instant
    Où elle sera cantinière quand ce sera le moment.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.