Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’arbre gynécologique

    Les arbres généalogiques fusionnent en un même tronc
    Et leurs branches chargées de fruits se fécondent mutuellement.
    Fruits aux étranges génétiques qui conjointement s’accroîtront
    Vers un destin qui se construit dit-on perpétuellement.

    Mais cela, c’est de la théorie sur un ensemble d’éléments
    Et moi qui ne suis qu’un fruit mâle je suis à des années-lumière
    De comprendre a posteriori la nature de mon complément
    Qui relie ma souche animale à cette vérité première.

    Encore une fois, la pensée n’étant qu’un artefact humain,
    La seule manière de remonter l’arbre de vie passe par la femme
    Alors qu’elle est récompensée – comme si Dieu lui tendait la main –
    Par sa grossesse agrémentée par la transmission de son âme.

    Soudain s’ouvre un souffle d’éther, comme une porte galactique,
    Où l’univers alors se pare d’une lueur métaphysique.
    L’esprit divin de Déméter répond de façon didactique
    Par le lien sacré vivipare de mon âme-sœur amnésique.

    Tableau de Lisa Yuskavage et de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Lever de lunes

    Lever de lunes

    L’une et l’autre sont reliées ; la femme, de la Terre à la Lune,
    Autant le rythme journalier que celui des phases lunaires.
    Depuis le stade minéralier à l’échelle animale commune,
    À chaque habitant du palier depuis les ères millénaires.

    Alors quand la Lune se lève, il n’est pas rare d’apercevoir
    Une danseuse nue évoluant pour en imiter le croissant.
    Mais pour y parvenir, l’élève qui s’initie à percevoir
    Les mysticismes confluants de la Terre doit être patient.

    J’en vois parfois en Lune montante et je les suis dans la forêt
    Afin d’admirer le ballet qu’elles accomplissent dans la clairière.
    Ainsi une fois, l’âme contente, j’ai tenté un bon jamborée
    En m’y mêlant, tout emballé, et… j’ai fini dans la rivière !

    Depuis, je rêve chaque nuit de ces beautés aux pas de brume,
    Traçant des cercles incandescents sous les reflets d’astres mouvants.
    Mais ma participation nuit sans voir leurs âmes qui s’allument,
    Brûlant d’un feu évanescent dans l’ombre d’un sort émouvant.

    Tableau de Mark Henson sur http:markhensonart.com .

    
    
    
  • IV L’Archange des Nuits Éternelles

    Loreleï

    IV	L’Archange des Nuits Éternelles

    Yavänor
    Dès le début elle paraît sombre, liée à un destin funeste
    Elle dit incarner une faille sur la voie de l’évolution.
    Si elle est descendue dans l’ombre, si elle provoque et admoneste
    C’est de crainte que ne défaillent ceux qui sont à contribution.

    Loreleï
    Elle veille sans répit dans la nuit posée entre l’étoile et l’abîme ;
    En main son sceptre incontesté, forgé dans la douleur des rois.
    Ses yeux brûlent d’un feu qui luit, qui purifie et légitime
    Les cœurs assez forts pour rester droits face à l’épreuve de leur foi.


    Yavänor
    On parle des nuits noires de l’âme, des périodes de désespoir,
    Dont les trompeuses apparences déjouent les rêves de conquête.
    Et la Liberté voit sa flamme vaciller par un vent d’espoir
    Qui lui souffle avec assurance une réponse à sa requête.

    Loreleï
    Elle murmure à la lumière qu’elle n’est pas faite de confort,
    Que tout appel vers la grandeur implique sa nuit nécessaire.
    Car nul n’atteint l’âme princière sans n’éprouver aucun effort
    En s’affrontant en profondeur lui-même, son pire adversaire.


    Yavänor
    Voilà pourquoi Loreleï siège comme une reine de résilience
    Qui doit choisir de s’adapter afin de mieux se renforcer.
    On l’accuse de sacrilège mais elle brise les mésalliances
    D’un cinglant revers impacté sur toute faiblesse amorcée.

    Loreleï
    Elle émonde dans la douleur les illusions de pure tendresse,
    Écrase les fausses compassions qui masquent les jeux du pouvoir.
    Son amour est feu enrouleur qui caresse autant qu’il agresse,
    Pour que jaillisse la passion du roi nu qui sait s’émouvoir.


    Yavänor
    Il est temps de se séparer de la paresse et l’insouciance
    Et d’accepter toute contrainte et discipline inévitable.
    Vous devez donc vous préparer à accepter en confiance
    La loi cruelle de l’étreinte de ma puissance redoutable !

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • III La Dame d’Amour Couronnée

    Laureline

    III	La Dame d’Amour Couronnée

    Elle manifeste tout autant la Connaissance Universelle
    Que l’Amour qu’elle nous dispense dans sa sagesse immesurable
    Dont nous sommes les omnipotents dépositaires d’une parcelle
    De son savoir en récompense de notre engagement durable.

    Nimbée des signes du zodiaque, elle trône entourée de ses anges
    Assise en pleine réflexion, réceptive, les yeux grands ouverts.
    Sa fille chanteuse élégiaque, une enfant-lumière rose-orange,
    Porte l’étoile en érection et psalmodie à mots couverts.

    Derrière se tient son frère jumeau, héritier d’aura angélique,
    Les yeux ouverts également mais dans une autre direction.
    Tapi dans l’ombre, il ne dit mot, il semblerait mélancolique
    Mais il forge intégralement l’esprit d’un enfant d’exception.

    Laureline est la Mère cosmique ; ses enfants, le lien d’alliance.
    Tous les trois amenés un jour à lier le cœur à la raison.
    Elle est la vestale orgasmique, fornicatrice en résilience
    Qui accepte tout par amour et pour en bâtir sa maison.

    Elle ne règne pas pour dominer mais voir l’amour ensemencer
    L’ÏÄMOURÏÄ de son Étoile et de son Sanctuaire offert.
    Elle est Laureline, la nominée, celle qui a été appelée
    Afin que ses enfants dévoilent une nouvelle noosphère.

    Puissions-nous libérer le voile des passions et des possessions
    Avant toute action incarnée au nom d’un amour trop fragile !
    Puissions-nous bénir son Étoile et lui vouer en soumission
    L’arrêt des combats acharnés envers son précieux évangile !

    L’aigle et le cygne sont symboles de la clairvoyance et l’amour
    Et tous les anges qui l’entourent nous aident à la compréhension
    De ses paroles et paraboles parfois même teintées d’humour
    Pour accomplir au quart de tour le chemin vers son ascension.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • Petit nid d’amour

    Mère Nature est nourricière et sa table approvisionnée ;
    La mer regorge de poissons et les lacs de truites revêches.
    La planète est bénéficiaire par ses saisons conditionnées
    À nous produire fruits et moissons et fournir l’amour et l’eau fraîche.

    Nous louons ce qui vient d’en haut, ce qui part en bas nous atterre ;
    La nourriture divinisée et nos déjections méprisées.
    Pourtant nous vivons en duo en équilibre avec la Terre
    Avec un corps mécanisé à déchets caractérisés.

    Sommes-nous qu’un intermédiaire ou un participant actif
    Qui transforme ainsi le vivant en matière première à engrais,
    Œuvrant le cycle subsidiaire nonobstant l’aspect olfactif ?
    Finalement, c’est motivant d’aller déféquer de bon gré !

    Tableau de Cesar Ayllón – d’après une œuvre de Hannah Silivonchyk à moins que ce ne soit l’inverse.

    
    
    
  • Le sarment du jeu de pomme

    Le sarment du jeu de pomme

    Et si tout cela n’était qu’un jeu ? Un éden de sournoiserie ?
    Dieu en serait le metteur en scène, Adam et Ève ses acteurs.
    D’abord on joue avec le feu, puis après quelques fourberies
    Lucifer trahit son mécène et stupéfait les spectateurs.

    Acte II : dix siècles d’errances de péchés et d’ignominies ;
    Les méchants font les grands seigneurs et les monstres deviennent rois.
    On torture dans l’indifférence sous couvert d’embrouillaminis ;
    Les prêtres font les grands seigneurs, la vie est un chemin de croix.

    Acte III : un coup de théâtre ; Jésus revient parmi les siens
    Qui l’ont bafoué, vilipendé au profit du Dieu de l’argent
    Dont les applications saumâtres issues des informaticiens
    Pourront être pré-commandées demain en les téléchargeant.

    Dernier acte et le rideau tombe, tout finit bien finalement !
    Le public lobotomisé n’était que des marionnettes
    Assistant à une hécatombe de comédie, évidemment :
    Adam est vasectomisé et Ève est une femme honnête.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • La Gorgone

    La Gorgone

    À sa culotte de cheval, on reconnaît bien la pouliche
    Et à sa cervelle d’oiseau, on se rappelle la demoiselle.
    À ses jolies mamelles ovales, on identifie la bibiche
    Et à l’allure de ses naseaux, on se souvient de la gazelle.

    Car à l’instar du Minotaure, moitié homme et moitié taureau,
    Je vous présente la Gorgone, moitié femme et moitié jument.
    Une cousine des centaures dont les fesses et les pectoraux
    Étaient célèbres dans l’hexagone sur les fresques et les monuments.

    Tableau de James Guppy.

    
    
    
  • Cornes de bouc et mille sabots !

    Cornes de bouc et mille sabots !

    On l’appelle aussi la diablesse, Desdémone ou bien Belle-Zébute
    Et malgré les poils sur ses jambes, elle fait partout des ravages.
    Son père était d’haute noblesse, connu comme roi de la culbute
    Et sa mère, une chèvre ingambe, altière grimpeuse et sauvage.

    Sœur du non moins célèbre Pan, elle n’en est pas moins nymphomane
    Et court les bois à la recherche de jeunes mâles aux pieds tendres.
    Elle organise des guet-apens pour abuser des mythomanes,
    Particulièrement les faux-derches qui ne perdent rien pour attendre.

    Tableau d’Aaron Miller.

    
    
    
  • Marie-Oiselle-Minuit

    Marie-Oiselle-Minuit

    Comment les oiseaux se reposent durant leurs longues migrations ?
    Ils détiennent l’équivalent de nos établissements de nuit.
    Les ailes fourbues, ils se posent au service réanimation
    D’une hôtellerie de talent : « Chez Marie-Oiselle-Minuit ».

    Pareil à notre Voie Lactée qui couvre la nuit de son voile,
    Ils réénergisent leurs ailes au feu, en se le partageant.
    Les volatiles décontractés s’alignent selon les étoiles
    En offrant à la demoiselle une étole aux reflets d’argent.

    À chaque saison recommencent les tournées d’oiseaux migrateurs
    Qui retrouvent leurs habitudes à l’hôtellerie de Marie
    Qui se passionne des romances de ces voyageurs séducteurs
    Qui connaissent les béatitudes à chaque fois qu’ils se marient.

    Tableau de Beth Conklin.

    
    
    
  • Marie-Nuage-Rose

    Marie-Nuage-Rose

    Écrit à l’encre des cirrus sur la coupole bleu-azur,
    Mère-Nature correspond en lettres météorologiques.
    Simple message ou bien virus d’une écriture en démesure
    Doublé d’une plume qui répond sur ciel épistémologique ?

    C’est bien Marie-Nuage-Rose qui calligraphie ses amours
    En pleine nébulosité avec les oiseaux de passage.
    Pour les distraire d’un vol morose, elle leur annonce avec humour
    L’éventuelle curiosité qui mérite un petit message.

    Si Monsieur le vent rit souvent, Marie-Nuage-Rose pleure
    Chaque fois qu’un amant la trompe avec les nymphes de la nuit.
    Elle prend un air émouvant qui s’assombrit à la malheure
    Et puis grossit et tombe en trombe de larmes en gouttes de pluie.

    Tableau de Beth Conklin.

    
    
    
  • Pause au moulin rouge

    Secrets dans l’envers du décor dans les coulisses du Moulin Rouge
    Où le mystère est son trésor et la création, sa richesse.
    Là, on se prépare le corps, on se vêt, on s’affaire, on bouge,
    On met ses strass, on met ses ors et on s’ajuste à ras-les-fesses.

    Avoir donné de l’insouciance et offert de la joie de vivre
    Lui fatigue autant le sourire que les cuisses et les gambettes
    Il faut jouer de l’impatience du public radieux et ivre
    Et puis on entend les fous rires de noceurs et gens en goguette.

    Qu’il est loin le temps d’une fillette qui prenait des cours en cachette
    Et de danseuse débutante en chorégraphe est devenue.
    Allez ! On remet ses paillettes, on agite un peu les clochettes
    Avec les plumes envoûtantes autour de sa poitrine nue.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

    
    
    
  • L’été à bicyclette

    Au premier matin du solstice, déjeuner aux fraises des bois
    Et puis salade de saison selon les fleurs de la journée ;
    Pissenlit, violette et mélisse, belle récolte d’un bon poids,
    De l’ail des ours pour la maison, quelques asperges pour ma tournée.

    En pleine chaleur de juillet, petit-déjeuner aux framboises ;
    Les épis de blé sont fauchés, les champs sont tout ratiboisés.
    Quelques touffes à grappiller, un bouquet aux reflets turquoise
    Vite lié, vite ébauché par trois brins d’herbe entrecroisés.

    Dernier soir d’été révolu, goûter aux noisettes et aux mûres.
    Les colchiques sont dans les prés et les premières feuilles s’envolent
    Vers un automne dévolu à les porter dans un murmure
    Et l’ombre allongée des cyprès s’agiter, danseuses frivoles.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

    
    
    
  • Incroyable mais faux !

    Incroyable mais faux !

    L’enseignement permet de croire en tout un ensemble de normes ;
    Lorsqu’elles sont mises bout à bout, elles renforcent mes convictions.
    Ce formatage ne fait que croître, devient de plus en plus énorme
    Et me dresse des garde-boues contre la science-fiction.

    Puis, lorsque je sors diplômé, c’est-à-dire tout endoctriné,
    La religion de la science devient mon meilleur complément.
    Malgré tout ça, je suis paumé et je me laisse embobiner
    Par ceux qui dressent ma conscience à obéir aveuglément.

    Ainsi devant une évidence, la peur me fait tergiverser ;
    Les médias du gouvernement m’obligent à croire à leurs salades.
    Je suis entré en dissidence quand j’ai laissé me traverser
    La lueur du discernement qui m’a révélé l’escalade.

    Tableau de Jef Aerosol.

    
    
    
  • Les rois de l’échec

    Les rois de l’échec

    Lorsque les reines sont parties, les rois ne dansent pas pour autant ;
    Ils en profitent pour s’affronter loin de leurs femmes éplorées.
    Ainsi, ils se sont réparti leurs beaux cavaliers sursautant
    Tous les fous sur leurs tours montés et les pions chargés d’explorer.

    Au signal, chacun se pourfend, se rue et court vers l’objectif ;
    Parfois les deux armées se croisent sans apercevoir d’ennemi.
    Même si aucun roi s’en défend, ils n’ont pas manqué d’effectif
    Car les morts marqués sur l’ardoise reviennent sur le tatamis.

    Finalement, ce monotone petit jeu entre roitelets
    Engloutit toute la fortune et vide les caisses de l’état.
    Or il paraît que dès l’automne, les chevaux seront attelés
    Avec des armes opportunes pour s’entretuer sur le tas.

    Tableau de Gosia Herba.

    
    
    
  • La forteresse cristallisée

    La forteresse cristallisée

    Ce n’était qu’un petit minéral, né de la famille Cristal ;
    Il poussa si bien son effort qu’il en devint un château-fort.
    Si vous passez par la Lorraine, pays des anciennes moraines,
    Ne manquez pas de visiter la forteresse cristallisée.

    Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .

    
    
    
  • Dans le lit de la rivière

    Dans le lit de la rivière

    Qu’il fait bon vivre et bien dormir au fond du lit de la rivière
    Bercé par la mère des sirènes sous la protection de Neptune !
    Et qu’il fait bon se rendormir sur les algues en guise de civière,
    Choyé par les mains de la reine des loups de mer de la lagune !

    Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .

    
    
    
  • Le Roi Louys, Martin-pêcheur

    Le Roi Louys, Martin-pêcheur

    Quand le Roi Louys, Martin-pêcheur, a mis sa culotte à l’envers,
    Tous les animaux de sa cour le lui firent vite observer.
    Et lui, de prendre un air bêcheur et leur rétorquer, l’œil sévère :
    « Allons Messieurs-Dame, au secours ! Tous les jours, vous m’ la resservez! »

    « Sachez que mon père a surpris la Reine-Mère au saut du nid,
    La renversa sur le duvet, ainsi s’aimèrent les amants.
    Puis, animé d’un fol esprit, mon père, dans un trait de génie,
    Dissocia sur le chevet toutes les couleurs de maman.

    Ainsi ma belle cape bleue est descendue sous le gilet
    Tandis que le plastron marron a permuté avec le râble.
    Alors il est temps, sacrebleu, sinon ce sera le gibet,
    D’arrêter de faire les larrons et vos remarques misérables ! »

    Je ne sais pas s’il eût raison de parler de cette façon,
    Mais tous les oiseaux ont opté de perpétrer cette élégance.
    Vous verrez en toute saison, qu’ils ont bien appris la leçon
    Et la mode qu’ils ont adoptée est d’une folle extravagance.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’éclipse de lune

    L’éclipse de lune

    Lorsque la lune fut éclipsée, à quoi rêvèrent les souris
    Croyant au fromage savoureux qu’elle trouveraient au paradis ?
    Et les poètes complexés qui couraient après leurs houris,
    Écriront-ils des vers langoureux sans la plume que Pierrot leur tendit ?

    Eclipse de lune du 16 Juillet 2019, photo de Mathieu Rivrin – www.mathieurivrin.com

    
    
    
  • Le préservatif

    Le préservatif

    Le vin avec modération, l’amour avec préservatif,
    Dans notre monde d’aujourd’hui, le cœur s’allie à la raison.
    Mais comme trop de pondération se révèle trop rébarbatif,
    Buvez au sexe qui vous séduit jusqu’à l’ivresse à la maison.

    Tableau de Daniel Del Orfano.

    
    
    
  • La vieille maison bleue

    La vieille maison bleue

    La maison bleue s’est décrochée du haut de sa colline amnésique ;
    Sa vieille ancre s’est dispersée dans le sable couleur de rouille.
    Si vous voulez vous approcher pour y entendre sa musique,
    Vous verrez, par son toit percé, les notes partir en vadrouille.

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  • Le miroir libertin

    Le miroir libertin

    Pour que son miroir ne lui mente, elle devait se mirer nue
    Et montrer ses parties intimes à l’œil de la glace sans tain.
    Il lui répondait « Belle amante, tu es la plus belle ingénue
    Que j’ai pu voir et dont j’estime le prix à la Saint-Valentin ! »

    Tableau de Seth Couture.

    
    
    
  • La lionne de mon cœur

    La lionne de mon cœur

    Elle aime rugir de plaisir chaque jour de la semaine
    Et sa crinière se hérisse quand elle atteint son orgasme.
    Elle s’enivre de désir autant que l’amour l’amène
    À savourer ses délices, ses délires et ses fantasmes.

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  • L’arme secrète du roi lion

    L’arme secrète du roi lion

    Parfois c’est la révolution lorsque son règne a trop duré,
    Mais sa majesté le minet a plus d’une corde à son arc.
    Il m’apporte une solution de nombreux câlins délurés ;
    Tous mes efforts sont déminés par les ronrons de mon monarque.

    Tableau de Ronnie Biccard.

    
    
    
  • Le règne du petit lion

    Le règne du petit lion

    Lorsqu’il s’installe sur mon ventre, il s’étale de tout son poids
    Comme si le chat pesait en grammes chaque ronron, chaque mamour.
    C’est alors que le temps concentre, comme pour faire contrepoids,
    Toutes les heures à ce programme d’un éternel roman d’amour.

    Tableau de Ronnie Biccard.

    
    
    
  • Infini lion

    Infini lion

    Au plus profond de mes racines bat le cœur d’un lion vainqueur
    Car il a traversé les âges depuis l’aube de l’humanité.
    Toujours sa force me fascine mais point n’en connais de rancœur
    Parce que je n’en fais l’usage qu’avecques magnanimité.

    Tableau de Emily Balivet.

    
    
    
  • Artefact

    Artefact

    Lorsque je lui projette l’ombre de mes désirs,
    Je lui change son âme et son cœur se rétracte.
    Elle n’est pas sujette à se laisser saisir
    Car, voyez-vous, ma dame, n’est pas un artefact.

    Artefact : lorsque l’observation change la nature de ce qui est observé.

    
    
    
  • Le phare de guérison

    Le phare de guérison

    Les matins sont comme un phare qui me guide la journée.
    L’aube crève l’horizon en m’annonçant la couleur
    Dans un réveil en fanfare où la joie va enfourner
    Ses croissants de guérison qui vont soigner mes douleurs.

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  • Color-Lion

    Color-Lion

    Color-Lion notre journée par les couleurs de notre cœur (de Lion) !
    Badigeonnons de bleu royal toutes nos meilleures pensées ;
    Du gros rouge, c’est ma tournée pour nous donner l’air du vainqueur ;
    Un peu d’or sur l’âme loyale et puis quelques ombres foncées.

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  • Le puits de vérité

    Le puits de vérité

    Prenez d’abord la clef des champs et sortez des sentiers battus.
    Allez où rien n’est indiqué, ne demandez rien à personne.
    Cherchez un coin d’ombre alléchant sous les feuillages rabattus ;
    Au bout des chemins intriqués, le puits de vérité rayonne.

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  • Cœur d’oiseaux

    Cœur d’oiseaux

    Plus fort que le feu du lion, plus fort que le feu de l’esprit,
    Plus fort est le feu de l’amour dont les oiseaux sont passionnés.
    Il fait taire les rébellions qui se transforment en êtres épris
    Par la caresse d’un mamour, par une écoute attentionnée.

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  • Cocorico

    Cocorico

    Cocorico ! L’esprit français, en train de tourner en bourrique,
    Voit ses valeurs éparpillées sous les colères populistes.
    Mais le mouvement est lancé par des lois trop catégoriques
    Et ses trésors seront pillés par des barbares opportunistes.

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  • L’anniversaire du lion

    L’anniversaire du lion

    Aujourd’hui le soleil se lève avec toute sa majesté
    Et va nous faire ressentir toute sa puissance solaire.
    Alors soyons de bons élèves face au pouvoir incontesté
    Qui sait si bien faire sentir tous les grands feux de sa colère.

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  • Vive la télé

    Vive la télé

    J’ai pêché et j’ai fauté, j’ai regardé la télé !
    Toutes mes pensées intimes ont été déshabillées.
    Je voulais me défauter, je voulais m’interpeler,
    J’ai perdu mon estime, je me suis éparpillé !

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  • Ô couleurs chaudes

    Ô couleurs chaudes

    Tous ces coloris toujours me ravissent
    Surtout dans les rouges et dans les dorés
    Mais ces calories, c’est vraiment du vice !
    Il faut que je bouge ou m’évaporer…

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  • Équilibre

    Équilibre

    Dans le cœur du monde, il y a l’amour.
    Au creux de l’amour, il y a la vie.
    La vie est immonde s’il n’y a pas d’humour.
    L’amour est balourd sans l’âme ravie.

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  • Les feux de l’été

    Les feux de l’été

    Les feux de l’été sont un peu trop forts
    Et me font rougir, moi et ma maison.
    Pour m’y toiletter, j’ai tout le confort
    Mais j’y vais rôtir en cette saison !

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  • Plus on est d’hiboux

    Plus on est d’hiboux

    Dans notre arbre creux, la vie est bien chouette !
    On y pond nos œufs le jour quand on dort.
    On devient nombreux là, dessous la couette,
    On ouvre les yeux, puis on se rendort.

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  • La rouquine s’envoie en l’air

    La rouquine s’envoie en l’air

    N’allez pas croire que je la cherche ou que j’ai des idées en vue,
    Mais dès ce matin, rebelote, j’ai retrouvé cette rouquine.
    Elle m’a dit : « Monsieur le faux-derche, vous êtes pris au dépourvu !
    Ton estomac point ne ballotte et je te sors de ta routine ! »

    Comme je ne savais pas quoi dire, j’ai dit : « Je n’suis pas dégonflé !
    Faisons ensemble un petit tour, un petit baptême de l’air ! »
    Sans rien faire pour me contredire, mais d’un sourire époustouflé
    Elle m’a tourné tout autour soudain nos deux corps décollèrent.

    « J’aime bien m’envoyer en l’air ! » Rit-elle à gorge déployée
    « Mais pour trouver un partenaire, il faut bien se lever matin ! »
    J’l’ai envoyée faire lanlaire pour ne pas me faire fourvoyer
    Pensant à mes p’tits Reflets & Vers qui s’raient lus par tout le gratin !

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  • À la vitesse de l’escargot

    À la vitesse de l’escargot

    Pour bien profiter de la vie, il faut réduire sa vitesse !
    Moi, je fais comme l’escargot, toujours, je me la coule douce !
    Il faut savoir changer d’avis et se donner la politesse
    De voyager sur son cargo comme en priant « va comme je te pousse ! »

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  • Ces petites fleurs jaunes

    Ces petites fleurs jaunes

    Elles sont le seul souvenir d’un samedi soir oublié,
    Une invitation aux chandelles dans un petit jardin secret.
    Je n’ai pas vu la nuit venir dans l’ombre des érabliers
    En regardant les hirondelles chassant les insectes indiscrets.

    Il n’y avait pas une étoile ni même une fraction de lune,
    La nuit habillée d’un noir d’encre s’amusait à nous aveugler.
    À tâtons j’ai palpé un voile, j’en remerciais cette opportune
    Qui me retenait comme une ancre tout en m’empêchant de beugler.

    Une main posée sur ma bouche puis un baiser pour tout bâillon
    Et voilà qu’une autre m’entraîne dans un labyrinthe obscurci.
    Puis on m’allongea sur la couche et l’on m’ôta mon médaillon
    Pour ne pas rester à la traine en tâtant mon sexe endurci.

    Elle fit un jeu de lumières en déposant quelques bougies
    Sur le tapis d’herbes sauvages et ces petites fleurs jaunies.
    On aurait dit une prière avec des lumignons rougis,
    Pieusement sur le dallage comme une sainte cérémonie.

    J’ai dit « Je vous salue Marie ! Pierre m’avait loué votre grâce !
    Je crois en vous et à vos seins, permettez que je les embrasse ! »
    Elle n’a rien dit, elle a souri, m’a embrassé sur l’herbe grasse
    Et s’accroupit sur mon bassin pour que plus rien nous embarrasse.

    Depuis ces fleurs font mille échos quand je les aperçois dans l’herbe,
    Comme un chant sacré solennel qui me rappelle cette rencontre.
    Elles me font penser aux bécots que j’ai reçus avec superbe
    Et cet amour compassionnel que je garde dans le cœur, tout contre.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La récolte miraculeuse

    La récolte miraculeuse

    Pour récolter cette pomme, c’est très facile, en somme !
    Choisissez une cueilleuse pas plus haute que trois pommes,
    Donnez-lui un coquetier en guise de panier d’osier,
    Elle en portera les fruits dans son joli chemisier.

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