Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le conflit Laureline/LoreleĂŻ

    Le conflit Laureline/LoreleĂŻ

    À l’aube Laureline se réveille tandis que Loreleï s’ensommeille ;
    L’une me souhaite la bienvenue, l’autre m’ouvre ses rêveries.
    Tandis que l’une m’émerveille à secouer ses cheveux vermeils,
    L’autre s’éclipse soutenue d’un voile de sorcellerie.

    À midi Laureline m’invite tandis que Loreleï m’encense ;
    L’une me propose l’amour, l’autre préfère s’en emparer.
    Tandis que l’une me gravite autour de l’emprise des sens,
    L’autre joue d’un mauvais humour afin de me désemparer.

    Le soir Laureline m’accueille tandis que Loreleï est morose ;
    L’une ouvre son intimité, l’autre prend l’épée du vainqueur.
    Tandis que l’une alors recueille ma liqueur dans sa coupe rose,
    L’autre scelle pour l’éternité sa marque rouge dans mon cœur.

    La nuit Laureline succombe sous l’amour devenu trop fort
    Pour je ne sais quelle avanie si ce n’est de ne pas être libre.
    Et Laureline tombe, tombe grâce à Loreleï et ses efforts
    Pour provoquer la zizanie et perturber notre équilibre.

    Tableau de Antoine Calbet.

    
    
    
  • La tristesse du printemps

    tristesse du printemps

    Personne ne s’y attendait ; on croyait le printemps heureux.
    Heureuse de revenir en force apporter la nouvelle mode,
    Contente quand elle vagabondait sous un soleil fou valeureux,
    Gaie comme un grillon sur l’écorce trépidant pour les myriapodes !

    Mais cette année tout a changé, elle est arrivée tristounette
    Avec sa garde rapprochée de fleurs des champs plutôt austères.
    Les saisons se sont mélangé les hémisphères de la planète
    Qui voudrait nous le reprocher par faune et flore contestataires.

    Avec la Lune solidaire, cette équinoxe est un marasme
    Et la tristesse est de rigueur devant l’étendue du gâchis.
    La faune devient suicidaire devant le pire des sarcasmes
    Du Genre humain dont la vigueur a l’irréparable franchi.

    Subitement le ciel se trouble, aucun oiseau ne s’y élance ;
    Si le vent ne chuchote plus, tout le reste demeure en silence.
    Au dépourvu, les arbres courbent leurs branches où le givre se condense ;
    Finalement l’espoir se cache, sans doute rongé d’indifférence.

    Tableau de Colete Martin.

    
    
    
  • La femme Ă  gĂ©meaux

    La femme à gémeaux

    En amour, ils sont économes puisqu’une femme suffit pour deux
    Notamment si elle est gémeaux car elle a besoin d’imprévu ;
    Lorsqu’elle embrasse l’un des bonhommes, elle fourre d’un geste hasardeux
    La main là où l’autre jumeau se trouvera pris au dépourvu.

    Surpris mais pas si réticent que cela nous semblerait-il
    Et l’autre n’est pas si jaloux d’une bien étrange façon.
    À quel fluide assujettissant ces hommes succomberaient-ils ?
    Pardi ! Pareille au piège à loup, la fille est un piège à garçon !

    Une femme n’est pas démoniaque ni tentatrice légendaire ;
    D’abord c’est Dieu qui l’a créée, ensuite à partir d’un bonhomme.
    Ne soyons pas paranoïaques, ce n’est que l’effet secondaire
    Que Dieu fut forcé d’agréer et donc… qu’une femme vaut bien deux hommes !

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Shiva rose des vents

    Shiva, rose des vents, sur la crĂŞte des vagues
    Oriente navires et oiseaux migrateurs ;
    Huit bras objectivants, aux doigts ornés de bagues,
    Afin que ne chavirent nefs et navigateurs.

    Shiva, Ă  tour de bras tels huit vilebrequins
    Règle la circulation et les flux de tempêtes
    Où un marin sombra qu’elle sauva des requins
    Par gesticulations de coudées centripètes.

    Quand Shiva fait l’amour au cœur des océans,
    Ses ébats sont tornades, ouragans et tornades.
    Shiva en désamour ouvre un gouffre béant
    Et, nichée dans le fond, pleure à la cantonade.

    Tableau de William Mortensen.

    
    
    
  • Le Grand Chaperon Rouge

    Charles Perrault voulut écrire la suite du Petit Chaperon
    Avec une fille plus pubère et un loup bien plus authentique.
    Sitôt les enfants le proscrire malgré le rôle du bûcheron
    Car il ressemblait à Cerbère surgi d’un enfer psychotique.

    Parmi les adultes, en revanche, on apprécia l’animal
    Ainsi que la fille rebelle, sexy, pulpeuse et dévoyée.
    Il paraît même que le dimanche, dans les bois on voit tous ces mâles
    Courir à poil après la belle, hurlant à gorge déployée.

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  • ThĂ© au raime et cafĂ© crème

    Thé au raime et café crème

    Le jour J, à l’heure du thé, nous sommes toujours occupées
    À lire dans le marc de café l’avenir des pays en guerre.
    Le lendemain, à l’instant T, les lettres D, P, I, O, Q, P
    Se retrouvent toutes parafées comme signatures vulgaires :

    E.M. signe pour la France, V.P. attaque en bas de page,
    J.B. fait une grosse tache et X.J. a posé son sceau.
    K.M.1. émarge à outrance, F.W.S. lui aussi s’engage
    Et Charles III, nouveau potache, figure comme le dernier sot.

    Tableau de Mao Hamaguchi.

    
    
    
  • M’as-tu vu le samedi ?

    Le samedi on fait les courses, on profite de la vie moderne ;
    La société de consommation nous ouvre ses bras fallacieux.
    Mais on dépense de gros débours car le moral à la lanterne
    A besoin de son addiction et ce besoin est capricieux.

    On fait l’éloge de la fuite ; tant pis si l’on court à sa perte !
    Au pire des cas, on se révolte car ce n’est pas de notre faute.
    Toutes les semaines, ainsi de suite, on finit par donner l’alerte
    Si par malheur notre récolte n’obtient pas la meilleure note.

    (Tableaux de JoĂŁo Vaz de Carvalho.
    « Se rĂ©volter, c’est courir Ă  sa perte, car la rĂ©volte, si elle se rĂ©alise en groupe, retrouve aussitĂ´t une Ă©chelle hiĂ©rarchique de soumission Ă  l’intĂ©rieur du groupe, et la rĂ©volte, seule, aboutit rapidement Ă  la soumission du rĂ©voltĂ©… Il ne reste plus que la fuite. » Henri Laborit.)

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  • La sirène masquĂ©e

    La sirène masquée

    Heureuse comme un poisson dans l’eau, elle vit d’amour et d’onde fraîche ;
    D’amour, elle guette la marée ; d’effroi, elle épie le marin.
    Une fois goûté son gigolo, elle attend neuf mois dans la crèche
    Que naisse, dans les eaux chamarrées, l’enfant de père outremarin.

    Depuis deux ans, dans l’eau morose et sa fraîcheur ratatinée,
    Les marins sont hommes-grenouilles pourvus de masques à oxygène.
    Troublée, atteinte de névrose, elle se retrouve confinée
    Et peste filant sa quenouille dans les abysses coralligènes.

    Mais d’après le calendrier, comme aujourd’hui c’est vendredi,
    Elle désire, en portant un casque, leur jouer un tour à sa façon.
    Pour narguer ces scaphandriers, avec la voix du contredit,
    Elle les abuse d’un chant fantasque qui finit en queue de poisson.

    Tableau de Christian Schloe sur https:expresionconarte.comchristian-schloe .

    
    
    
  • Une perle pour la sirène

    Une perle pour la sirène

    À l’origine, un accident, un incident, une bêtise,
    Une poussière par hasard dans la matrice de la sirène.
    Soudain, en son sein s’oxydant, paraît la perle de convoitise
    Chef-d’œuvre digne des beaux-arts qui naît dans la petite reine.

    Ainsi de la chose étrangère qui l’a fécondée en son sein,
    Pareil à l’huître dont la nacre enrobe avec délicatesse,
    La particule passagère confectionnée en son bassin
    Devient perle rare dont le sacre honorera une princesse.

    En attendant cette promesse, elle cajole sa merveille
    En l’enveloppant de finesse d’une douceur particulière.
    Et la sirène diaconesse, sa reine-mère qui la surveille,
    Accordera à la faunesse le titre de Sainte-Perlière.

    Tableau d’Alyona Askarova.

    
    
    
  • MĂ©moires antĂ©rieures

    Mémoires antérieures

    Tous mes souvenirs n’appartiennent ni à mon cœur ni à mon âme
    Mais sont tissés des fils d’histoires de toutes civilisations.
    Le seul trésor que je détienne n’est pas inscrit dans ce programme
    Mais dans chaque petite victoire et dans chaque réalisation.

    Seules mes vraies aspirations qui tendent à me surélever
    Seront créditées d’intérêt sur la vie qui m’est confiée.
    Tout le reste n’est qu’aberrations qui seront alors prélevées
    Une fois ma dépouille enterrée et ma conscience justifiée.

    Quand ma structure aura fondu et désagrégée en poussière,
    Quand mes eaux se seront écoulées entraînant toute ma mémoire,
    Je ne serai plus confondu avec cet habit de lumière
    Qu’était Maryvon Riboulet, un personnage sans histoire.

    Photo de Bojan Jevtić.

    
    
    
  • Les choses sĂ»res ?

    Les choses sûres ?

    Le monde est un château de cartes assemblées au cours de l’histoire
    Que nous continuons d’entasser selon nos modes et traditions.
    Si jamais l’avenir s’écarte de cette évolution notoire,
    Le monde en sera fracassé par ses propres contradictions.

    Les monuments de prétentions, les conglomérats d’entreprises,
    Les magnifiques organigrammes et illusoires mondanités ;
    Tout cela pave d’intentions un enfer rempli de surprises
    Qui causera, dans ce programme, la ruine de l’humanité.

    Aïe! Les rois sortent de la course, leurs valets déjà n’ont plus pied ;
    Les reines dont le cœur vacille, s’effondrent et tombent sur le carreau ;
    Les valeurs inscrites à la bourse s’envolent comme des petits papiers ;
    Toutes les cartes s’éparpillent et tout recommence à zéro.

    Tableau de Sherry Akrami.

    
    
    
  • Le sĂ©minaire buissonnier

    Quand la nature ouvre ses portes pour m’inviter dans ses salons,
    J’y vois disparaître tous ceux qui viennent afin de communier
    À pied, à cheval, peu importe, où même à vélo, c’est selon,
    Par ces temps tristes et malchanceux, pour un séminaire buissonnier.

    Dès que je pénètre ses lieux, la cathédrale de lumière
    Éclaire de tous ses vitraux feuillages, ramures et fourrés.
    J’y trouve le juste milieu parmi la flore saisonnière
    De tous les accents magistraux de l’authentique des forêts.

    Photos de Lars Van De Goor.

    
    
    
  • Les villes jumelles

    Les villes jumelles

    Ville-du-Nord, la catholique et Ville-du-Sud, la protestante
    Vivaient séparées par un schisme dont on connaît bien la chanson.
    Sauf un seul pont parabolique qui, Ă  la foule manifestante,
    Permit d’ pratiquer l’échangisme entre les filles et les garçons.

    Tant et si bien on abusa de cette communication
    Que les anciennes religions se mélangèrent les pinceaux.
    Dès le début on s’amusa du fruit de la fornication
    Mais bientôt ce fut par légions qu’on vit pucelles et puceaux.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • Centaure & Sirène = Chimère

    Centaure & Sirène = Chimère

    Au printemps Monsieur du Centaure célèbre ses nouvelles cornes
    Tandis que Madame Sirène étrenne ses nouvelles écailles.
    À l’occasion, entre eux, s’instaure une aventure dont la licorne
    A deviné , l’âme sereine, qu’un enfant naîtrait au bercail.

    Comment Cupidon accomplit ce tour de force prodigieux
    Entre la princesse des mers et le prince des hautes terres ?
    Sa flèche n’a pas fait un pli entre ces êtres prestigieux
    Car d’un seul baiser éphémère, leurs amours furent complémentaires.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • Nouvelle lune

    Nouvelle lune

    La nouvelle lune se cache derrière un rideau de ténèbres
    Et les étoiles en profitent pour jouer les filles de l’air.
    Alors on voit que se détachent plein de feux follets qui célèbrent,
    Parmi les bourgeons néophytes, le repos de l’astre lunaire.

    Tableau d’Alice Mason.

    
    
    
  • Le trĂ©sor de la forĂŞt

    Le trésor de la forêt

    Lorsque tu atteindras l’orée où jadis la foudre a frappé,
    Grimpe au sommet du tronc et vise par l’œil unique de l’arbre mort.
    Du soleil perçant la forêt, un rayon perdu, rescapé,
    Pointera, à midi précise, vers l’emplacement du trésor.

    Ce matin dans la forêt d’Eschenberg, j’ai vu un trésor : un chevreuil, deux renards et des fraises des bois.

    
    
    
  • La Chouette Muguette

    La Chouette Muguette

    Si saoule la chouette Ă  grands coups de clochettes ;
    Elle s’est intoxiquée aux bouquets de muguet ;
    Sa santé s’effiloche d’avoir mangé les cloches ;
    Elle l’a bien cherché d’être aussi haut perchée.

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  • Clochettes, Pimprenelles et Coccinelles

    Clochettes, Pimprenelles et Coccinelles

    Passé le mois de mai, que ferons-nous des cloches
    Dont nous ont gratifiées les trois fées Pimprenelles ?
    Elles en ont tant semé à grands coups de galoches,
    Qu’elles vont les confier à quelques coccinelles.

    À propos, la pimprenelle est une plante herbacée vivace de la famille des rosacées tandis que le muguet est une herbacée vivace toxique, voire mortelle, de la famille des liliacées.

    
    
    
  • Le fleuve cosmique – 1

    Le fleuve cosmique - 1

    Sur le fleuve d’éternité, des âmes partent en pleurant
    Tandis que d’autres recommencent une existence pleine d’envies.
    C’est comme une électricité qui nous nourrit de son courant
    D’électrons qui font les semences du cycle cosmique de vie.

    Tableau « Ponte del Paradiso » de George Corominas.

    
    
    
  • Tranche de vie

    Tranche de vie

    En Suisse, on mesure les arbres selon l’âge du capitaine
    Puis, on les découpe en famille et on s’en paye une bonne tranche.
    Si cela vous laisse de marbre, venez couper une douzaine
    De troncs, de branches et de ramilles joyeusement jusqu’Ă  outrance.

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  • Tintin pour la photo

    Tintin pour la photo

    Curieux comme un coquelicot qui dardait son œil écarlate
    Tandis que je photographiais mon vieux château dans le lointain,
    Entre vaches et bourricots, la faune et la flore s’éclatent
    À tenter de mystifier mes photos qui feront tintin.

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  • Il est fou, Dieu

    Il est fou, Dieu

    Il est fou, Dieu, quand il peint ! C’est vraiment un grand artiste !
    Il conjugue la couleur comme un concerto de l’âme !
    MĂŞlant Van Gogh et Chopin sur la Terre impressionniste
    Créée par un barbouilleur mais d’une divine flamme.

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  • Natural masterpiece / Chef d’Ĺ“uvre naturel

    Natural masterpiece / Chef d'œuvre naturel

    When the Earth resumes its colors and extends them on his palette,
    I am silent admiration and happy that it is my mother.
    Because it expresses its pain among its red Wavelet
    That mark his breathing at the foot of the mammary hills.

    Quand la Terre reprend ses couleurs et les étend sur sa palette,
    J’en suis muet d’admiration et heureux que ce soit ma mère.
    Car elle exprime ses douleurs parmi ses rouges ondelettes
    Qui marquent sa respiration au pied des collines mammaires.

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  • Le soleil du 3 juin

    Le soleil du 3 juin

    Dire que la Terre a fait des tours et des tours jusqu’Ă  aujourd’hui
    Pour se retrouver fidèlement au même endroit que ta naissance !
    Alors, ça valait le détour d’attendre là toute la nuit
    Pour fêter amicalement cette journée en ta présence.

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  • L’expo

    L’expo

    Nous étions deux, nous étions trois, puis ce fut quatre et bientôt cinq
    Qui firent huit, neuf, dix, onze, douze ; et ce fut tout, finalement.
    Pour ne pas se sentir à l’étroit, on se servit un peu de vin
    Je laissais parler mon épouse quand ça parlait trop allemand.

    Vu un pakistanais chrétien (eh oui, mes enfants, ça existe)
    Qui ne savait que parler anglais et j’ai un peu tout mélangé.
    « Ich bin happy to entretien, want you trinken oder isst ? »
    Mes amis, pour parler franglais, il faut partir à l’étranger !

    Il y a eu de jolies nanas et deux dragueurs sur le retard
    Qui faisaient la conversation et pour moi, c’Ă©taient des vacances.
    J’ai pu montrer mon almanach (qui n’a pas eu trop de regards)
    Mais l’expo, en compensation, fut fêtée avec élégance.

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  • Mais oĂą est le chat ? – 2

    Mais où est le chat ? - 2

    Ce matou m’agace
    Car il est tenace
    Partout oĂą il passe
    Dans mon humble espace.

    Dès que je le trouve,
    AussitĂ´t je prouve,
    Qu’à fouiller les douves,
    On trouve la louve !

    Ça y est, je le vois !
    À son air narquois !
    J’ai vu son minois
    Jaillir sur le toit.

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  • Le long des rives

    Le long des rives

    J’aime marcher le long des rives
    Tandis que la pluie fouette mon parapluie.
    Je laisse mon coeur écouter ses rêves
    Et je nettoie mon corps de tous ses ennuis.

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  • J’ai ouvert mon coeur au Soleil

    J'ai ouvert mon coeur au Soleil

    InondĂ© de lumière, j’ai ouvert mon coeur au Soleil.
    InondĂ© de bonheur, j’ai laissĂ© sortir mon coeur d’enfant.
    Je l’ai laissĂ© exprimer sa joie, sauter, rire et danser.
    J’ai larguĂ© mes amarres et mon bateau s’est Ă©loignĂ©.
    Avec lui tous mes soucis sont partis.
    Je reste dans la lumière et je ris et je ris !

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  • RĂŞverie sur le rivage

    RĂŞverie sur le rivage

    Juste au bord de la mer, quand j’atteignis la grève,
    Mon imagination m’a noyé dans les rêves.
    Avant que je ne sombre dans la seconde brève,
    J’ai vu tout s’effondrer, sans répit et sans trêve.

    Les sables ont tremblé et se sont recourbés ;
    J’ai eu juste le temps de ne pas m’embourber.
    J’étais impressionné, tellement perturbé
    Que j’en ai eu l’esprit quasiment masturbé.

    Soudain venant des nues, les cumulonimbus
    Se sont tous regroupés vers les cunnilingus.
    Un phare obéissant vite à ce stimulus
    S’est dressé devant moi, debout comme un phallus !

    Le paysage enfin s’est ouvert à mes yeux ;
    J’ai compris qu’on m’offrait le fier vaisseau de Dieu.
    Je pars à l’aventure au destin ambitieux,
    J’en suis le capitaine, je vous fais mes adieux !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le cadre aux quatre Ă©lĂ©ments

    Le cadre aux quatre éléments

    J’ai trouvé au marché ce vieux cadre oublié.
    Je l’ai dépoussiéré ; il venait d’un grenier.
    Je l’ai bien nettoyé sans bourse délier.
    Il me fait voyager car je suis casanier.

    Aussitôt installé, le soir mon plafonnier
    Devint illuminé éclairant le quartier…
    Les murs ont envolé, d’abord mon canotier,
    Puis ils ont dispersĂ© mes dossiers, mes papiers…

    Ce matin mon parquet sentait le vieux thonier,
    La pièce est inondée, j’ai de l’eau plein les pieds…
    Dans la rue les pavés sont sous un sablier,
    J’ai même vu passer plein de caravaniers…

    Je crois que j’ai fêlé la tête au cafetier !
    De ce cadre trouvé je suis embastillé !
    Au secours, écoutez le cri du prisonnier !
    Prévenez les pompiers et les carabiniers !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Et le pot refleurira

    Et le pot refleurira

    Il refleurit encore et encore aujourd’hui.
    Hier pot-aux-roses il fut, avant qu’il fasse nuit,
    Ce matin, pot-au-bleu, au soleil, il reluit ;
    Une fois de plus le miracle s’est produit.

    Une source de vie : Le trou vert reverdi !
    Comme l’opéra-dit : Le trouvère de Verdi !
    Un spectacle éblouit : le couvert resplendit !
    Un prodige inouï : le couvercle est rempli !

    À cette dimension, l’univers s’accomplit
    Par circonvolutions, merci Fibonacci !
    L’espace-temps doublé par une autre magie :
    Les sept dimensions, ici, toutes réunies !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les messagers de Neptune

    Les messagers de Neptune

    Ils s’échouent sur la berge, explosent sur la plage.
    Les bouteilles englouties délivrent leurs messages.
    Ils traversent les mers résistant aux roulages,
    À dure école ils ont fait leur apprentissage.

    Regardez leurs assauts après leurs longs voyages :
    Ils affrontent bateaux, et mille appareillages !
    Regardez l’abordage hardi de leur sillage :
    Ils déferlent intrépides et écument de rage !

    Je vous admire, fiers messagers de Neptune !
    Vous qui communiquez partout mes infortunes !
    Votre courage et votre force sont opportunes !
    Vous qui transmettez par le monde ma vraie fortune !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La femme-glaise

    La femme-glaise

    Elle tourne et retourne tout autour de son pot,
    Elle forme et façonne sans prononcer un mot,
    Son ouvrage l’absorbe et marque le tempo
    De ses jours et ses heures passées à l’entrepôt.

    Elle manie la terre en fait naître des cruches
    De la taille d’un œuf et même un œuf d’autruche.
    Absorbée, occupée comme l’abeille à sa ruche,
    Elle aime son métier et c’est sa coqueluche.

    Elle y met tout son cœur, elle crée le bonheur !
    Si vous lui demandez elle saura sans erreur
    Vous modeler un broc d’un style avant-coureur
    Comme vous n’en découvrirez nulle part ailleurs !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le vieux raccommodeur

    Le vieux raccommodeur

    Il est seul à son ouvrage, il y met tout son courage !
    Installé sous les ombrages, juste à côté du rivage,
    Il fait le raccommodage, répare les déchirages
    Devant un aréopage de barques mises à l’ancrage.

    Il contracte le cintrage, apprécie l’équilibrage,
    Vérifie tous les métrages, allège les rembourrages.
    Il a connu des naufrages, de violents coups de cirage,
    Des tempêtes et des outrages, parfois brut de décoffrage !

    J’en perçois le déchiffrage des rides sur son visage.
    J’en dessine un crayonnage après je passe à l’encrage.
    Pour terminer le centrage de mon petit court-métrage,
    J’en peaufine le cadrage pour respecter l’arbitrage.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La citĂ© Ă  fleur de l’eau

    La cité à fleur de l’eau

    Je n’ai pas trop les pieds sur terre, je suis marin.
    Je n’ai pas trop les pieds dans l’eau, je suis à terre.
    De la fenêtre de l’hôtel héliomarin
    Je vois passer des petits cotres d’Angleterre.

    Je me suis enivré d’odeur de romarin.
    Le sol ondule et les maisons sont de travers.
    Je vais me faire houspiller par les mandarins
    Mais je vais fuir par le balcon du presbytère.

    J’ai rencontré une vendeuse de tamarin ;
    Sur son bateau elle m’a proposé un verre,
    Puis elle m’a servi un plat de navarin.
    Oubliez-moi, je n’ai plus l’esprit terre-à-terre !

    Tableau de Fabienne Barbier