🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Vigne vierge et fille folle

Bien sûr l’amour nourrit le cœur, il enivre aussi la raison
Et comme un bon fruit défendu se croque à deux mais en secret.
Boire l’élixir du vainqueur, trinquer à la défloraison
Et baiser sans sous-entendu l’embouchure aux lèvres nacrées !
Je suis la grappe du désir que mon amoureuse déguste ;
Je suis du raisin chaque grain dans la bouche de mon amante ;
Je suis lĂ pulpe du plaisir qui coule le long de son buste
Et vient laver tous ses chagrins par mon jus pastel Ă la menthe.
Elle est celle qui m’engloutit dès l’entrée du temple sacré ;
Elle est celle qui boit mon eau dont elle ne s’assoiffe jamais ;
Elle est ma déesse aboutie que j’emplis de mon jus sacré ;
Ma Danaïde dont le tonneau ne se vide plus désormais.
Elle m’offre sa gorge en coupe, la langue humectée des vendanges,
Et je m’y verse avec ferveur comme un vin chaud de volupté.
Nous buvons, trinquant de nos croupes, l’élixir aux alcools étranges
Jusqu’à l’ivresse de la saveur du libidineux soluté.Tableau de Marco Paludet sur https:www.artfinder.comartistmarcopaludetpage-14?epik=dj0yJnU9c1ZXZC1WWjdUOGlRc3JpVTZpNXh6cUQxeHh0MGt1REcmcD0wJm49Y0JKYkphckJmSi1VWldmV0xuR2s0USZ0PUFBQUFBR2J4RHdv .
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Morose Aurore

De l’ouest, j’ai aimĂ© ses aurores et particulièrement l’une d’elles,
Têtue comme une labradorite qui aurait résisté au diamant.
Trop souvent mon cœur en pérore car il lui est resté fidèle
En effeuillant la marguerite qui est le l’oracle des amants.
J’ai presque pris le train en marche pour rejoindre son territoire,
Et m’établir comme Ă©migrant et vivre en sa terre d’exil.
J’avais fait toutes les dĂ©marches et fait tous les rĂ©quisitoires,
Passeport et papiers m’intĂ©grant comme requĂ©rant au droit d’asile.
Mais les aurores boréales ont tourné court dans mon destin.
Météorologie du cœur ou science de la raison ?
Par révolutions floréales d’avril à mai, un célestin
Appel d’un cupidon moqueur m’a ouvert d’autres horizons.
Depuis, parfois, dans mes silences, je crois entendre se rattacher
Sa voix venue d’un long hiver à mon cœur d’une froide écume.
Elle répète sans violence : « Il faut savoir se détacher ! »
Toutes les aurores de l’univers se confondent alors dans la brume.Tableau de Adrian Gottlieb sur https:nevsepic.com.uauk1832637-art-dlja-doroslih-dobirka-11-60-robit.html .
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Les Sceaux
Du feu solaire Ă l’eau lunaire – 2

Laureline – Mon feu pour toi – version sage
Je suis l’éclair qui fend ta nuit,
le volcan qui s’ouvre à ta bouche ;
Je suis la forge la plus profonde
oĂą ton corps est incandescent.
Et quand tu cries mon nom sans bruit
je deviens braise sur ta couche ;
Je suis le cri, je suis la fronde
et ton amour mon firmament.
Laureline – Mon feu pour toi – version coquine
Je suis l’éclair qui fend ma vulve,
le volcan qui s’ouvre à ta bite ;
Je suis la forge du vagin,
creuset de la fornication.
Quand tu cries mon nom je convulse
je deviens braise dans ton gîte ;
Je ne suis qu’un cri sauvagin
qui réclame sa fellation.
Loreleï – Ma lune pour toi – version sage
Je suis la vague qui t’enlace,
le voile pâle qui t’enfièvre ;
Je suis le havre oĂą tu reposes,
la mer secrète où tu te noies.
Et quand ton front touche ma face
je deviens source sous tes lèvres ;
Je suis la paix, je suis la rose
et ton amour ma seule foi.
Loreleï – Ma lune pour toi – version coquine
Je suis la vague qui te suce,
le sanctuaire que tu baises ;
Je suis le havre du clitoris
où je jouis d’un cunnilingus.
Et quand je goûte ton prépuce
je bois la source qui m’apaise ;
L’eau qui m’arrose pour que fleurisse
le point G du mont de Vénus.Tableaux de Ledal.
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Les Sceaux
Du feu solaire Ă l’eau lunaire – 1


Laureline – Mon feu pour toi
Je suis la braise qui t’appelle,
le sang vif qui bat dans tes veines
Et lorsque tu souffles mon nom,
je suis inflammation d’étoile.
Je suis ton ardente chapelle,
je suis ta vestale écrivaine
Qui réveille d’un coup de canon
ton nouveau corps qui se dévoile.
Mon amour brûle tous tes doutes
et il embrase tes silences ;
Il te fera renaître encore
du feu de mes lèvres brûlantes.
Car cette mort que tu redoutes
n’est qu’une épreuve de vigilance
OĂą tu trouveras ton nouveau corps
dans ma matrice rutilante.

Loreleï – Ma lune pour toi
Je suis la Lune qui te veille,
l’ombre qui caresse ta nuit ;
Lorsque tu prononces mon nom,
je coule en toi d’une eau discrète.
Je suis la lueur qui t’éveille
et te fait sortir de l’ennui
Car ensemble nous imaginons
nos règles d’amour si secrètes.
Mon amour est ta marée haute
qui te berce, t’élève et t’enlace,
il lave ton corps et ton cœur
et les féconde dans mon palais.
Il nourrit cette table d’hôte
qui fait de ta bouche un palace
Où tu t’abreuveras de liqueur,
celle de mes seins gorgés de lait.Tableaux de Ledal.
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La vie en rose
Dans l’obscurité incolore de mes nuits blanches les plus profondes,
Les secondes se décolorent et les minutes se confondent.
Dans ce néant survient un songe d’abord comme un rêve éveillé
Dont les méandres se prolongent vers un voyage ensommeillé.
Alors je vois la vie en rose dans un monde exempt de douleurs,
Lentement tout devient morose, aligné aux mêmes couleurs.
Pour aller à la découverte de sensations inattendues,
J’imagine une femme verte, entièrement nue, les seins tendus.
Rose et vert sont complémentaires et nous le sommes également
Car, sans nuance supplémentaire, nous pourrons idéalement
Vivre nos amours bicolore avec deux teintes seulement
Mais qui resteront indolore à mon réveil finalement.
De l’encrier de ma mémoire qui s’est vidée au petit jour,
Je plonge alors ma plume noire et le miracle revient toujours ;
Tous les souvenirs effacés de mes intimes rêveries
S’écrivent en vers interfacés d’épistolaires grivoiseries.Tableau de John Holcomb sur https:www.rebeccahossack.comartistsjohn-holcomb .
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Aventures semi-précieuses


Femme améthyste sur fond topaze et l’aventure recommence ;
Ma nuit se colore d’extase et je plonge en pleine romance.
Un ange écarte sa voilette d’un souffle empreint de jouissance
Et nos amours seront violettes de toute notre concupiscence.
Femme onyx sur fond émeraude qui s’empourpre et devient courtoise,
Puis l’aventure continue dans un camaïeu de turquoises.
Ma dulcinée semi-précieuse fête avec moi nos noces d’or ;
Nos amours seront facétieuses jusqu’à l’instant où je m’endors.Tableaux de John Holcomb.
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Mariage d’état
Tous les cinq ans, sur le contrat, Marianne se remarie
Non pas d’un mariage d’amour mais d’un mariage de raison.
Selon son cœur elle connaîtra la bonne aubaine d’un bon mari
Ou un fou qui n’a pas d’humour ou pire… sans comparaison.
Avant cela durait sept ans et Marianne s’emmerdait
Avec des vieux tous rabougris, chauves, laids et ventripotents.
Désormais le contrat s’étend avec de jeunes grands dadais
Ou petits roquets amaigris, sarcastiques et omnipotents.
Hélas depuis quelques années, Marianne est plutôt mal baisée
Par une sorte de macaroni qui la viole d’une seule traite.
De plus, des gardes basanés qui n’ sont pas là pour l’apaiser,
Frappent son peuple dont l’agonie ne verra jamais la retraite.Tableau d’Andrej Mashkovtsev.
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Le bestiaire ministériel
Premier ministre la Licorne, polytechnicienne à bicorne ;
À l’économie la Chimère, âpre comme une belle-mère ;
À l’intérieur un Marcassin qui se dit grand mais n’est qu’un nain ;
À la justice un Ouistiti qui dort sous les ponts, abêti ;
Comme porte-parole un bâtard, né « Vérantanplan » sur le tard ;
Pour les femmes un Sphynx rondouillard, très bien membré et bien gaillard ;
Un chien qui fume des Coronas à l’extérieur du pensionnat
Et aux finances une Hydre obscure, l’économie elle n’en a cure.Illustration de Lou Benesch.
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La sirène psychĂ©dĂ©lique – 2
Quand les sirènes étaient hippies, ce qui remonte à fort longtemps,
Elles vivaient d’amour et d’eau fraîche, chantaient nuit et jour, décorées ;
Vénus indiennes dans leurs tipis, îliennes sur leurs radeaux flottant,
Américaines à l’air revêche et cubaines à la queue dorée.
Toutes les chimères du monde organisaient des festivals
OĂą accouraient poissons en nasse et cabillauds dans leurs filets.
Les rares sirènes pudibondes arboraient des queues-de-cheval
Et les autres, nues dans la masse, s’amusaient à les effiler.
Dans les mers chaudes exotiques, on vivait en communautés.
Toutes ensemble, les créatures se partageaient les créations.
Dans les abysses érotiques, continuellement en nouveautés
Elles poussaient la température en transe jusqu’à ébullition.Tableau de Daria Hlazatova.
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La sirène psychĂ©dĂ©lique – 1
Dans les années soixante-huit, quand les sirènes étaient hippies,
On entendait dans les abysses chants suaves et surnaturels.
Les auditions étaient gratuites pour les marins et leurs groupies
Qui fournissaient le cannabis dans ces âges intemporels.
Leurs queues nues et bariolées dont les écailles scintillaient
Ondulaient au son des tambours joués dans toutes les octaves.
Les pieuvres en tutu violet vous servaient des punchs antillais
À l’alcool de topinambours vieillis en vieux fûts des épaves.
Bien sûr, tout était cuit à l’eau sur les volcans subaquatiques ;
Algues fourrées aux narcotiques et coquillages stupéfiants.
On observait dans son halo, un soleil roux fantasmatique
Sur les vagues fantomatiques et leurs reflets émulsifiants.Tableau de Daria Hlazatova.
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Le Jeu de la Bascule et de la Vertu
Dans la vie, les hauts et les bas balancent entre deux positions ;
Embrasser ou être embrassée ou mettre l’épée au fourreau.
L’égalité n’existe pas ; juste à peine une transition ;
L’hésitation embarrassée quand la victime devient bourreau.
Dans la vie, on parle et on ment ou bien on apprend Ă se taire
Mais tout est tellement embrouillé que personne ne s’y retrouve.
Les plus forts siègent au parlement, les plus calés aux ministères
Même le président est mouillé n’en déplaise à ceux qui l’approuvent.Illustration d’Armand Vallée, 1924.
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Pensées en fleurs
S’il est des pensées qui m’effleurent lorsque je flâne dans la nature,
Elles proviennent des mille fleurs qui me transmettent leurs teintures ;
Coquelicots pour l’intuition d’une joie profonde et sincère ;
Pissenlits pour la transmission de tout l’amour qui s’y insère.
Bleuets pour une inspiration à transcrire un joli poème ;
Marguerites pour l’aspiration à aimer la vie de bohème ;
Mais pour les plus beaux sentiments, je fais route en les partageant
Avec la fleur d’assentiment qu’on appelle l’étoile d’argent.Tableau de KatarĂna Vavrová.
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Censure virtuelle
Qu’elles soient nues sous leurs vêtements ou qu’elles soient nues derrière un masque,
La pudeur et la sauvegarde ont leur revers de la médaille.
La liberté est bêtement anéantie par la bourrasque
Que la peur répand par mégarde de l’homme honni par la flicaille.
Il est trop tard pour reculer et recommencer à zéro.
Le ver est en chacun de nous pour nous ronger de l’intérieur.
Le seul espoir pour basculer enfin du côté des héros
C’est de n’ plus se mettre à genoux devant le pouvoir supérieur.Photo de Haris Nukem.
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La jardinière




L’unique feuille de l’an passé qui a traversé tout l’hiver
A confié le cœur de son limbe à un messager du printemps
Qui a pris ce laisser-passer inestimable de l’univers
Protégé par l’aura des nimbes de tous les anges à plein temps.
Et Demeter, qui le reçoit, se l’insère dans la poitrine
Et soudain la vie rejaillit par ses ondées de nourriture.
Elle ensemence, elle sursoit, elle anticipe, elle endoctrine
Toutes les graines recueillies pour fertiliser la Nature.Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .
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Poète en manque d’inspiration ?
Plus le poète devient loup et plus il cherche l’ouverture
Et plus la Lune reste muette et son canal du cœur fermé.
Le génie n’aime pas les filous et lui décline son aperture
Tant que sa conscience fluette ne laissera pas l’âme germer.Tableau de Christian Schloe.
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Les portes de l’aurore
Aurore, ouvre-moi les volets des portes de la nuit nacrée !
Fait poindre des seins tes rayons d’un peu de bonheur essaimés.
J’ai vu en rêve qu’une envolée d’or ranimait le feu sacré
Au son du premier carillon pour un nouveau jour à s’aimer.Tableau « The Gates of Dawn », 1900 d’Herbert James Draper.
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Déjeuner toute seule
Toute seule, elle souhaitait déjeuner afin de nourrir de soleil
Son corps qui présentait l’offrande de son exquise nudité.
Par le parfum doux des genêts, elle fut plongée dans un sommeil
Qui fit fantasmer la gourmande vers des envies préméditées.Photo de Jacques Henri Lartigue.
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Les ondes courtes
Te souviens-tu des ondes courtes qui nécessitaient du doigté
Pour capter la partie sensible afin que nous nous connexions ?
Dans ces fréquences ultracourtes, l’auditeur pouvait convoiter
Des jets d’émissions transmissibles par son antenne en Ă©rection.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le lion de toutes les couleurs
Pour mieux tester sa résistance, le lion a choisi ses couleurs
Et pour vous prêter assistance, j’ai préparé ce décodeur :
Si vous le voyez broyer du Noir, n’en faites pas toute une histoire.
S’il tire les Marrons du feu, c’est le roi, excusez-moi du peu !
S’il se montre Rouge de honte, attendez que l’humeur remonte.
Si son humeur vire à l’Orange, c’est que quelque chose le dérange.
Quand vous le verrez rire Jaune, laissez donc passer le cyclone…
Quand il est furieux, Vert de rage, il faut laisser passer l’orage…
Souvent il se montre fleur Bleue, envers les femmes, ventrebleu !
Je ne l’ai jamais vu Violet, sauf peut-être son cabriole…
S’il fait marcher sa matière Grise, ce n’est qu’un jeu, il se dégrise !
S’il va toujours de but en Blanc, c’est clair et ce n’est pas troublant.
Enfin, s’il voit la vie en Rose, cessez comme lui d’être moroses !0-noir, 1-marron, 2-rouge, 3-orange, 4-jaune, 5-vert, 6-bleu, 7-violet, 8-gris, 9-blanc représentent la codification des résistances électriques.
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Les arbres placentaires



Mes arbres pointent mille branches et mille racines qui plongent
Pour donner l’envie aux poissons de quitter l’eau et leurs branchies.
Les voilà devenus reptiles, sauriens géants qui se prolongent ;
Les voici futur volatiles et le mur des airs est franchi.
Voyageurs du Paléogène, larves, amibes ou insectes
Pour combien de millions d’années, ferez-vous vos métamorphoses ?
Et combien de milliard de gènes, faudra-t-il que la vie injecte ?
Combien de morts instantanées pour nourrir pour la bonne cause ?
Moi qui balance entre deux branches, je vous graverai sur le marbre
L’histoire de mes origines qui s’étend sur le planisphère.
Et puis, pourquoi pas un dimanche, un jour, je descendrai de l’arbre
Pour vivre, nouvel androgyne, ma folle vie de mammifère.Tableaux de Juan Romero.
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Le Lion aux Milliards de Soleils
Tous les soleils du conquérant transmutent l’art astrologique ;
Son cœur change d’appellation pour devenir « Supernova ».
Sa masse aussitôt requérant une position stratégique
Accouche d’une constellation appelĂ©e « Lion Casanova ».Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La sirène diatonique
Et si la queue de poisson qui distingue les sirènes
N’était autre qu’un instrument de musique dont le diable
Fait tomber en pamoison les marins sur leurs carènes
Qui se noient Ă©perdument sous le charme irrĂ©mĂ©diable ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le féminin sacré
Je fais souvent ce même rêve où l’amour trouble ma vision
Et m’emporte vers l’autre monde issu du féminin sacré.
Plus besoin de lutter sans trêve ; il n’y a plus de division
Et l’enivrement, comme une onde, rĂ©pand une couleur nacrĂ©e.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le réchauffement climatique
Le réchauffement climatique aura raison de nos calottes
Qui disparaîtront de nos pôles et toutes les terres rattachées.
Nous redeviendrons aquatiques et nous en perdrons la culotte
Car, en atteignant nos Ă©paules, l’eau n’aura plus rien Ă cacher.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La femme caméléon
Quand la femme caméléon se couche à l’abri des persiennes,
Sa peau se met à s’exprimer par des rayures qui ondulent,
Ses fesses en bandonéon émettent des ondes hertziennes
Qui, sur ses seins, viennent imprimer une oscillation de pendule.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Cœur de soleil
Quand le chevalier de soleil surgit du bord de l’horizon,
Toute la campagne s’embrase, l’ombre fuit devant sa clarté.
La nuit se fait tirer l’oreille et est enfermée en prison
Jusqu’à ce que la Lune l’embrasse pour obtenir sa libertĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les macrosillons
Combien de rires et de larmes ont été gravés dans la roche
Depuis que l’homme a occupé une place de conquérant ?
Sont-ce des plaintes et des alarmes qui ont tracé ces doubles-croches ?
Je suis assez prĂ©occupĂ© par ces sillons prĂ©pondĂ©rants.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon village de quiétude
Je veux quitter les quartiers sombres, habiller mon cœur de couleurs ;
Je veux fuir les rues de vacarme, je veux renvoyer l’inquiétude.
Que la lumière efface l’ombre, que la paix calme les douleurs,
Que seul le silence me charme dans mon village de quiĂ©tude !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les années de gondole
Il y a les années de galère, il y a les années de gondole.
Ainsi mon cœur sous la houle connaît la joie et les pleurs.
Les tempêtes de colère ont blessé mes farandoles
Mais les jours oĂą je roucoule occupent le plus d’ampleur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les colombes de la méditation
Méditer avec les colombes, c’est se reconnecter des ailes
Et s’envoler avec ses frères au-dessus du monde physique.
Mon cœur est comme la palombe, pareil à l’exquise gazelle ;
Et nous vivons tous en confrères dans un astral mĂ©taphysique.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le bout du chemin – 1
Le seul bout de chemin connu n’est pas celui qui disparaît
Derrière moi dans le brouillard ou dans un passé révolu.
Je le connais, cet inconnu ; c’est ce présent qui m’apparaît
Quand je deviens le scribouillard dont ces vers lui sont dĂ©volus.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La tour de l’aube
C’est au pied de la tour que blessent les rayons
Du soleil matinal qu’il fait bon s’éveiller.
Parée de beaux atours et d’un beau papillon,
C’est le point cardinal d’un salut travaillĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le chant de l’année
C’est à ce moment de l’année que mes petites sirènes s’habillent
De belles robes velouteuses pour entonner ce joli chant
Elles viennent de Méditerranée cette province où l’on babille
De belles envies prometteuses pour un avenir attachant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Pas de fumée sans Lune
Des volutes de nuages et des poussières d’étoiles
Font le sillage imprécis de la Lune voyageuse.
Parfois sa courbe est suave, parfois sa course se voile,
Mais sa vie est un rĂ©cit et me fait l’âme songeuse.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les cavales rient
Dans la savane, on rigole et l’on rit à belles dents !
Dans nos pyjamas rayés à la pâte dentifrice.
Habillés comme des cagoles aux habits condescendants,
Ne soyez pas effrayĂ©s quand nous pouffons en jocrisse !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La fusée de pierre
Tout là -haut sur les montagnes, j’ai construit une fusée
En bonnes pierres solides et avec un gros clocher.
J’ai préparé le champagne pour aller la baptiser
Et demain mon fier bolide, les Ă©toiles, va dĂ©crocher !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’accordeur d’arbres
Vous le verrez tous les soirs à l’heure entre chien et loup
En train d’accrocher aux branches des milliers d’étoiles filantes.
À l’aide de son épissoir, il accorde tranquillou
Les arbres d’une main franche dans une paix nonchalante.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’ovule papillon
Des spermatozoïdes nagent tous par millions…
Mais pour un seul ovule, pour un seul papillon !
Tremblez mâles humains, ayez l’illumination !
Vous ĂŞtes des millions, elle est LA cendrillon !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Rendez-vous sous le dĂ´me
Au sein de la forĂŞt bleue, on voit passer les trois anges
Ils vont chercher les colombes pour la colère des hommes
Ils ont pris comme monture, ces trois splendides mésanges
Et foncent Ă bride abattue au rendez-vous sous le dĂ´me.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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J’emmène mon chat
Quand je pars en voyage, j’emmène mon chat !
C’est un navigateur excellent pour les trains :
Sur le prix des billets, il a des bons d’achat
Et dans les wagons-lits, il ronronne d’entrain !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Liberté ensablée
« Liberté ensablée » est bien paradoxal !
Comment ceux qui ont lutté se sont-ils endormis ?
Ils étaient hier, « pionniers », ils sont « l’arrière-salle »
Et passent leur temps prĂ©sent Ă compter les permis.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Jetez-vous à l’eau
Jetez-vous à l’eau mais… calculez votre élan !
Ne foncez pas de tête sans la sécurité !
Évoluer ne veut pas dire être inconséquent !
ContrĂ´lez bien vos pas avec sĂ©vĂ©rité !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon petit univers
Dans mon petit monde clos, j’y ai tout ce qu’il me faut.
Un petit lac, un bateau ; quelques jolies promenades
Un petit port sur la rive ; je m’y tiens en porte-à -faux
Sous mon nuage de pluie qui me fait la canonnade.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le bout du tunnel ?
Après avoir marché dans le tunnel si sombre
Il est bien reposant d’apercevoir la lumière
Mais il faut bien savoir que franchir les décombres
Nous apporte au présent une douce prière.
Le bonheur du présent n’est pas aboutissement
Ni dans les souvenirs ancrés auparavant.
Il est dans chaque pas et ce vieillissement
Qui affecte mon corps mais libère l’enfant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Hameau à la dérive
C’est un petit hameau accroché à la rive.
Juste au bord de la mer Ă deux pas des flots bleus.
Accrochés à la terre avant qu’ils ne dérivent
Sur les terrains mouvants des rivages sableux.
À force d’apercevoir passer tous ces bateaux
Qui du matin au soir emmènent leurs habitants,
Les maisons envieuses veulent leur part du gâteau ;
Elles ont décidé un plan exorbitant !
C’est pour ce soir, minuit, sous un rayon de lune…
Les maisons ont ôté leurs portes et leurs volets…
Elles ont fabriqué un radeau de fortune…
Et s’y sont installées d’un air croquignolet…
Au matin sur les côtes et la lande esseulée,
Personne ne comprend ce qui a pu se passer !
Pas une seule trace n’a pu être isolée !
Le mystère est complet, la mer est compassée.
Sur les eaux tropicales on entend des échos !
La nouvelle Venise vit la belle aventure !
Les maisons sont là -bas, vous verriez la déco !
Elles vivent au fil de l’eau et en villégiature !Tableau de Fabienne Barbier
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La colombe et l’épée
La colombe est l’oiseau, de toutes les frontières,
Aux ailes déployées d’une énergie de paix.
Dans ce monde cruel, elle est l’antimatière
Qui va l’anéantir sur le fil de l’épée.
Si les guerres éternelles crachent toujours la haine,
La souffrance et l’envie sans cesse ensanglantées,
Elle n’abroge pas les lois manichéennes
Mais ampute les cœurs qu’elle doit transplanter.
Car le mal crée le doute et le mal crée la peur !
Le mal n’est pas mauvais, simplement opposé !
Opposé à l’écho doté d’un cœur frappeur
Qui créa par amour ce monde indisposé.
Mais le mal est vital pour que naisse l’amour.
Le mal est cette erreur glissée dans le mantra.
Prononcez le bien fort, que sonne le désamour
Qui appelle l’écho à grands coups de fatras !
Dans le volcan qui gronde apparaît la colombe.
Elle plonge dans le cœur de l’océan de lave.
Elle donne son cœur en entrant dans sa tombe
Et le Phénix renaît libérant les esclaves.Tableau de Fabienne Barbier
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La première et dernière fleur
Ma fleur la plus intense, je l’ai cueillie très tôt.
Précocement, sans doute, mais c’était mon chemin !
Je la conserve encore posée sur mes tréteaux,
Elle m’épie tandis que je rime ce parchemin.
Elle est la fleur maîtresse de toute ma vie,
Elle fut la première, elle sera la dernière.
J’ai pu jeter souvent bien d’autres fleurs flétries,
Mais celle-ci, immortelle, sera ma douairière.
À trois ans, un vieillard a loué ma jeunesse.
Il m’a aussi livré ce franc enseignement :
Tu vieillis peu à peu jusqu’à ton temps d’ainesse
Et tu mourras un jour irrémédiablement.
Cette fleur, je l’avoue, a été mon moteur.
Je n’ai pas toutefois méprisé sa valeur.
Au contraire elle m’a fait prendre de la hauteur
Et n’est pas cependant une fleur de malheur.
Fleur de mort, fleur de vie, toi, l’ultime passage,
Je te sais magnanime et tu n’es pas cruelle !
Tu m’as fait parcourir le voyage du sage ;
Tu m’accompagneras vers la vie éternelle !Tableau de Fabienne Barbier