Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’homme-poisson à la baguette

    L’homme-poisson à la baguette

    En renversant enfin les rôles de la sirène et du pêcheur,
    L’homme triton conserve sa queue mais sa tête sent trop le poisson.
    Quand il passe à la casserole par une pécheresse à l’air bêcheur
    L’organe en question bien visqueux convient aux arts bien polissons.

    Les musiciennes à la baguette lui font l’amour à la musique ;
    Les majorettes et leur bâton, s’envoient en l’air et puis s’en vont ;
    Les femmes cougars en goguette ont un effet euthanasique
    S’il ne s’en va pas à tâtons, il finit en boite à savon.

    Ses nageoires battent en cadence et son vit gluant se redresse ;
    La sirène lui mord les tétons pendant qu’il jouit à pleine bouche.
    Les majorettes au cul tendance lui font tourner la queue sans cesse
    Et la baguette bat du plomb quand l’orgasme éclabousse et touche.

    Mais au moment d’atteindre l’Olympe, il glisse et se fait harponner ;
    La morue grasse du quartier le frit alors comme il se doit.
    Le triton qui bande haut et grimpe ne sera plus qu’un plat fumé ;
    Un homme-poisson pané d’ivresse, servi chaud, à lécher des doigts.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • La chasse à la sirène – 1

    La chasse à la sirène

    Quand j’ai vu qu’elle respirait le buste à moitié hors de l’eau,
    La tête à demi immergée et tout le reste sous la surface,
    J’ai compris lors qu’elle espérait aller comme ça à vau-l’eau
    Sur des flots qui eurent convergé jusqu’à ce qu’ils la satisfassent.

    Je l’ai suivie depuis la rive en suivant d’amont en aval
    La rivière aux eaux transparentes mais assez froides toutefois.
    Mais soudain, voici qu’il arrive un cavalier sur son cheval
    Plongeant de manière effarante et en criant tout à la fois :

    « Taïaut ! Taïaut ! Les gars ! La sirène ne m’échappera pas ! »
    Tandis qu’hennissait sa monture, les naseaux écumant de rage.
    Quelle que soit l’ampleur des dégâts, la fille qui servait d’appât
    Frappa d’une déconfiture le chasseur et son entourage.

    Car elle devint une géante et les captura de ses mains
    En s’asseyant sur le pont neuf, puis les avala tout de go
    Jetant dans sa bouche béante chevaux, chiens de chasse et humains
    Et puis reprit – et j’en réponds – son sommeil sans tous ces nigauds.

    Illustration de Brice Postma Uzel.

    
    
    
  • Le Scorpion

    Magicien des abîmes 🦂, Sorcière ardente 🔥, Couple transfiguré.

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    Caractère
    Il fascine autant qu’on le craint car il vit très intensément ;
    S’il plonge au profond de l’abime, il renaît toujours de ses cendres.
    Son intuition est si aiguë que rien n’est jamais irrévocable ;
    Les sensations fortes sont pour lui sa raison de vivre indispensable.

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    L’homme-scorpion
    L’esprit constamment en éveil, il pense et rêve en même temps ;
    Il cherche à surprendre les autres autant que s’épater lui-même.
    Il garde ses mémoires enfouies car il ne sait les exprimer ;
    Il fonctionne instinctivement et aime détruire pour reconstruire.

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    Loreleï la femme-scorpion
    Passionnée et charismatique et d’une sensualité très forte,
    Elle ne se dévoile jamais mais possède un fort magnétisme ;
    Sa vie intérieure est intense et parfois même conflictuelle ;
    Tout mystère devient un défi qu’il détournera sur les autres.

    Esprit profond
    L’esprit est une caverne profonde remplie autant d’eau que de feu ;
    Il capte les signes invisibles en permanence, même endormi.
    Il garde ses secrets sous son feu comme un cristal à purifier
    Et il lui faut calmer ses doutes en se sentant irrésistible.

    Âme ardente
    Âme du feu de la sorcière, âme de l’onde des sirènes ;
    Elle aime et brûle d’un poison qui est aussi un antidote.
    Conflictuelle dans ses états à la fois abime et lumière ;
    Une capacité fascinante pour captiver ceux qui l’entourent.

    Corps magnétique
    Onde sensuelle hyperactive, charismatique et indomptable ;
    Il attire autant qu’il repousse et il pique autant qu’il caresse.
    Il émet un flux magnétique jamais tiède et toujours ardent ;
    Un puits d’instinct et d’intuition, un creuset où brûlent les peurs.

    Cœur secret
    Le cœur est sa chambre scellée, autant obscure qu’incandescente ;
    Il se donne totalement et seulement aux autres cœurs nus.
    Il transforme toutes ses blessures en force et avec clairvoyance ;
    Il est un amour sans retour qui meurt, le nourrit et renaît.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

    
    
    
  • La Balance

    Juge ⚖️, Danseuse du désir 💃, Couple des miroirs.

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    Caractère
    Elle préfère le juste milieu mais hésite toujours à choisir ;
    La réalité l’y oblige mais elle ne peut s’y résoudre.
    Elle abuse de diplomatie pour satisfaire ses désirs
    Et sa volonté vient à bout des gens les plus récalcitrants.

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    L’homme-balance
    Sa destinée et son charisme évolue au fil des rencontres
    Car il possède un talent fou pour croiser les gens influents.
    On le croit beaucoup trop facile à manipuler mais c’est faux ;
    Il n’en est rien ou bien s’éclipse si incompatibilité.

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    Ledal la femme-balance
    Elle a besoin de son espace et sa totale liberté.
    Elle possède l’amour du beau, de l’harmonie et l’équilibre
    Car c’est là sa motivation avec des rapports de confiance.
    Ses proches sont très importants et elle sait attirer les hommes.

    Esprit miroir
    Il est une surface lisse ou toutes choses se reflètent ;
    Je mesure chaque pensée dans une coupe imperceptible
    Pour en rechercher l’harmonie entre excès et insuffisance ;
    Des doutes et mes hésitations en naît la justesse avenante.

    Âme accordée
    Une danse d’une discrète musique cherchant toujours la note juste ;
    Elle s’épanouit dans la beauté, l’art, la couleur, les images
    Toutes jumelles qui s’embrassent, se comparent et se séparent,
    Puis en rassemble les morceaux pour une synthèse lumineuse.

    Corps gracile
    Une dans aux postures gracieuses et à l’équilibre travaillé ;
    Il marche sur un fil invisible qui oscille mais jamais ne chute.
    Toujours en quête de caresse de la beauté accommodante ;
    Ses gestes sont beaux et tempérés pour suivre l’élan du désir.

    Cœur miroir
    Comme la grande salle des glaces, il reflète, amplifie, attire ;
    Il aime les unions harmonieuses, confiance et réciprocité.
    Il donne tout autant qu’il reçoit comme un échange de valeurs
    Mais lorsque l’amour est rompu, il s’éclipse dans le silence.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

    
    
    
  • La Vierge

    Artisan du secret ✍️, Gardienne des moissons 🌾 Couple alchimique.

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    Caractère
    On lui reproche de ne pas voir l’arbre qui cache la forêt
    Car elle est si perfectionniste qu’elle manque parfois de recul
    Mais fait preuve d’un pragmatisme qui l’aide à se reconcentrer.
    Est-elle sage ou folle ? C’est selon… sa fermeté ou son humour.

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    L’homme-vierge
    Ses jugements fort à propos ne manquent pas de précision ;
    Une grande carrière lui sourirait s’il s’appréciait davantage.
    Il s’inquiète trop facilement et ressent la nécessité
    D’amasser, de collectionner et de se prévoir des réserves

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    Lilith la femme vierge
    De tempérament réservé, elle est d’une extrême prudence ;
    Pointilleuse et presque trop parfaite, elle a tendance à agacer
    Une touche-à-tout universelle et jusqu’au perfectionnement
    Sachant voir le côté utile et fonctionnel de chaque chose.

    Esprit jardin
    Il est un jardin ordonné de sillons tracés dans la nuit ;
    Chaque idée incarne une graine, triée, plantée avec rigueur.
    Il recherche la cohérence dans le détail et la beauté
    Cachés dans fondamental, la nature secrète des choses.

    Âme grotte
    Elle est humble mais elle est profonde, semblable à la grotte fertile
    Et porte les blessures anciennes qu’elle offre et transmute en moisson.
    Elle est la patience infinie qui attend le bout de la nuit
    Et qui veille sur ses semences à ce qu’elles lèvent et croissent.

    Corps terre
    Une terre ferme accueillante, prête à donner et recevoir ;
    Il connait l’effort du labeur et la volupté recueillie.
    Il est un autel d’expériences autant discrètes que charnelles,
    Sobre dans son apparence mais incandescent en secret.

    Cœur forteresse
    Une forteresse silencieuse et un ancien temple caché
    Qui accueille peu mais qui y entre, trouve une loyauté immuable.
    L’amour qui coule est exigeant et parfois se montre austère
    Mais il nourrit et il protège car ce qu’il moissonne est fécond.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

    
    
    
  • Le rêve dans le rêve

    Le rêve dans le rêve

    Je ne sais pas quand je m’endors mais je sais quand je sors du rêve ;
    Quand il devient réalité et que je m’observe dormir.
    Je ne sais si je me rendors ou si à maintes périodes brèves
    Je cherche la moralité du cauchemar qui m’a fait frémir.

    Parfois je lis une aventure pour inviter les plus beaux songes
    À poursuivre l’histoire sans fin dans un épisode exotique.
    Mais la rêverie dénature son contenu par un mensonge
    Qui me télétransporte aux confins des mondes les plus érotiques.

    Malgré le fantasme gravé dans les limbes de ma mémoire,
    Au réveil le texte a fondu comme neige dans l’aube matinale.
    Relire le texte entravé dans ce puits d’oubli aux eaux noires,
    Est immédiatement confondu dans une image subliminale.

    Tableau de Thomas Saliot sur https:www.art-spire.comtraditional-paintingreally-sexy-paintings-by-thomas-saliot.

    
    
    
  • Le choix du prénom

    Comment appeler son bébé au moment de l’accouchement ?
    Comment lui donner confiance si l’on ne connaît pas son nom ?
    De peur de le voir tituber ou résister farouchement
    Et qu’il montre de la méfiance à servir de chair à canon…

    Donnez un Scrabble aux médecins, puis installez la mère au centre,
    Piochez, triez et permutez jusqu’au prénom qui la contracte.
    Posez celui-ci sur le sein, puis posez la main sur le ventre,
    Et du placenta transmuté, sonnera la fin l’entracte.

    Au troisième acte, comme au théâtre, on cite le nom des acteurs :
    La sage-femme, l’obstétricien, la mère et le père échéant.
    Et quand enfin sort le bellâtre qui est, de la pièce, l’auteur
    Tous crient le nom du magicien qui paraît sortir du néant.

    Tableau de Wei Dong sur https:arthag.typepad.comarthag201103wei-dong-nicholas-robinson-gallery.html .

    
    
    
  • L’irrésistible cauchemar

    L’irrésistible cauchemar

    L’amour rend aveugle les cœurs qui rêvent, désirent et soupirent
    Envers l’idéal féminin comme irrésistible vampire.
    Leurs songes virent à contrecœur au cauchemar qui les aspire
    Et ne les fait, par son venin, pas reculer pour un empire.

    Cet irrésistible désir à conquérir sa dulcinée
    Est reproduit comme un instinct dans notre cerveau reptilien.
    Si Dieu a gravé le plaisir dans nos gènes hallucinés,
    C’est pour marquer notre destin par cet exquis choix cornélien.

    Or l’amour en mathématiques est une relation complexe ;
    Chez l’ado souvent réflexive entre les draps d’une main blême.
    Si la relation symétrique sollicite un peu plus les sexes
    Lorsqu’elle évolue transitive, elle devient source de problèmes.

    Tableau de Jeff Simpson sur www.cartoonbrew.comartist-of-the-dayjeff-simpson-101931.html .

    
    
    
  • L’attente opportune

    Le labyrinthe des pensées où l’esprit s’égare dans l’attente,
    Plonge mon cœur dans une alcôve et mon corps dans son antichambre.
    Enfin l’âme vient compenser en se mettant en dilettante
    Et puis tout mon être se sauve dans un camaïeu vert et ambre.

    L’esprit ailleurs et l’âme nue avec le corps déconnecté,
    Parfois le cœur dénoue ses maux durant cette opportunité.
    Parfois comme il est convenu, par une traverse détectée,
    Mon âme échange un petit mot par-devers sa féminité.

    C’est le changement de saison, passage de l’été à l’automne
    Ou plutôt la fluctuation des eaux physiques et mentales
    Qui fait craquer dans ma maison planchers et meubles qui chantonnent
    Et qui fait l’évacuation de mes pensées transcendatales.

    Tableau de Charles Reid.

    
    
    
  • Les Rois-boulons au mat rivés

    Les Rois-boulons au mat rivés

    Les Rois-boulons avaient ce vice de comparer leurs pas-de-vis
    Et se resserrer les écrous pour des broutilles, ni peu ni prou.
    Ils s’interchangeaient leurs rondelles dès qu’elles n’étaient plus fidèles
    Et tout cela leur tournaient la tête jusqu’à mutuelle défaite.

    À force de se faire dévisser, en avoir les poils hérissés,
    Ils inventèrent un jeu maboul, mélange d’échecs et de boules
    Sur un échiquier empilées, bien aplaties et compilées
    Par ordre de forme et de taille pour les livrer à la bataille.

    J’y ai joué, j’y ai perdu dans une partie éperdue
    Où ma reine en colimaçon se démontait à sa façon ;
    Elle m’a trahi pour un piton même pas en or mais en laiton
    Et m’ont tourné au triboulet, puis éjecté comme un boulet.

    Tableau de Leszek Andrzej Kostuj sur http:funtema.rublogillustrations15281.html .

    
    
    
  • Les échecs ridicules

    Au jeu des échecs ridicules, les cavaliers sans queue ni tête
    Se ruent avec les reines nues aux quatre tours de l’horizon.
    Les pions basculent et gesticulent – ils voudraient que la guerre s’arrête –
    Et un lapin, sans retenue, triche dès sorti de prison.

    Finalement quand vient la nuit, les échiquiers dessus de lit
    Permettent à tous de se coucher dont les pions en plein désarroi.
    L’escargot des cases s’ennuie et tombe en pleine mélancolie
    Depuis que les oies effarouchées ont été plumées par les rois.

    Tableaux de Judith Clay.

    
    
    
  • Pensées de pierre

    Pensées de pierre

    Matière grise et corps de marbre, parfois ses pensées s’alourdissent
    Et le temps se solidifie d’une hibernation minérale.
    Statue recueillie sous les arbres dont les ramures assourdissent
    Son corps qui se rigidifie d’une éternité libérale.

    D’une télépathie de pierre frappée du marteau du tailleur,
    De lave massive et épaisse, la Terre livre ses mémoires ;
    Sédimentaires et héritières, poussières d’étoiles venues d’ailleurs,
    Météorite dont se repaissent les déesses au cours de l’histoire.

    Sculpture « Brunnenfiguren » à Berlin de Wilfried Fitzenreiter.

    
    
    
  • Visages floraux

    La bouche parle avec les fleurs, les yeux s’expriment avec des pleurs ;
    Le nez respire l’oxygène de ses racines aborigènes.
    Les cheveux ondulent au vent, la frange tombe sur le devant ;
    Les mamelons auréolés et les oreilles décollées.

    Les jeunes filles s’épanouissent, souvent même s’évanouissent
    Quand le désir d’amour sature dans le creuset de leur nature.
    Les jeunes femmes éternelles deviennent roses maternelles
    Qui, chaque printemps, refleurit d’une nouvelle espièglerie.

    Photos de Steven Markham.

    
    
    
  • Les jeux de l’amour

    À la roulette de l’amour, tous les cœurs jouent à qui perd gagne
    Et que vous soyez blanc ou noir vous connaîtrez joie et douleur.
    La joie de vaincre avec humour le sommet du mât de cocagne,
    La douleur ensuite de choir et en voir de toutes les couleurs.

    Au jeu des cartes de l’amour, les cœurs combattent contre les piques.
    Les trèfles n’ont pas quatre feuilles et vous tombez sur le carreau
    Si vous attendez votre tour afin que l’atout tombe à pic,
    Sauf si le petit se recueille à l’appel du roi du tarot.

    Aux jeux de hasard de l’amour, les femmes se mettent en carré
    Pour l’emporter sur les trois rois ou le quatuor des cavaliers.
    Si les valets sont à la bourre et les clefs se sont égarées,
    Vous vous trouverez à l’étroit avec ces dames sur le palier.

    Photos de Serge Lutens.

    
    
    
  • Transformations

    Au départ, l’idée était simple ; donner à l’homme une compagne.
    Seulement cent fois sur le métier, la Nature remet son ouvrage.
    D’abord la simplette est trop humble un peu trop rustre à la campagne
    Et l’homme fait preuve d’inimitié à lui accorder le suffrage.

    Après des siècles de labeur, apparaît la femme moderne
    Qui a gagné de travailler pour cueillir son indépendance.
    Mais l’homme, cet éternel flambeur, la traite de vieille baderne
    Et l’exploite pour lui bailler un salaire en condescendance.

    Comment la femme du futur assurera son devenir ?
    À force de ténacité, de témérité, de patience.
    Que la Nature lui suture de belles filles d’avenir
    Avec rage et pugnacité à imposer leur efficience.

    La femme est l’avenir de l’homme ? La suite en serait délectable ;
    Elle aussi pourrait saboter sa vie sans qu’on crie au scandale.
    X et Y, nos chromosomes seraient tous les deux équitables ;
    Les sages admettraient la beauté égale à la force brutale.

    Tableaux d’Amy Winehouse & Patrice Murciano.

    
    
    
  • Le vague à l’âme

    Le vague à l’âme

    Lorsque le papillon, d’une aile, brasse l’air de son vague à l’âme,
    La planète en transmet les ondes qui deviendront fronts de tempêtes.
    Ma contribution personnelle en accueille le retour de flamme
    Comm’ cinquième élément d’un monde où chacun n’en fait qu’à sa tête.

    Tableau d’Alice Wellinger.

    
    
    
  • Derrière la fonte des glaces

    Derrière la fonte des glaces

    Derrière la fonte des glaces, s’ouvre la porte de l’exode
    Et l’ours hésite sur le seuil à abandonner sa banquise.
    Tous les curieux qui se déplacent pour regarder chaque épisode
    N’en porteront jamais le deuil puisque la planète est conquise.

    Tableau d’Akira Kusaka.

    
    
    
  • Toujours mes rêves à l’envers

    Toujours mes rêves à l’envers

    J’ai croisé une paire de fesses qui s’agitaient, jambes en l’air,
    Dont la douce voix d’outre-tombe semblait sortir de sa culotte…
    Mes amis, je vous le confesse, ce sont mes rêves à l’envers
    Qui provoquent cette hécatombe d’imaginations rigolotes.

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  • La loi de Murphy

    Parmi les lois de l’univers qui, soi-disant, règlent le monde,
    La loi de Murphy nous annonce qu’il ira de plus en plus mal.
    Les accidents, les faits divers et les catastrophes immondes
    Agissent pour que l’on renonce à estimer ça anormal.

    (La loi de Murphy, développée par Edward A. Murphy Jr, un ingénieur aérospatial américain qui en énonça le premier le principe, est un adage qui s’énonce de la manière suivante : Tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal.
    Collage de Salavat Fidai.)

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  • L’équinoxe

    L’équinoxe

    L’équilibre est un paradoxe entre deux potentialités.
    Tantôt les journées se rallongent afin que les nuits raccourcissent
    Et tantôt les nuits se prolongent alors que les jours s’obscurcissent.
    Ainsi décide l’équinoxe mais en toute impartialité.

    Tableau de Kalacheva Mariana.

    
    
    
  • L’amour rebelle

    L’amour rebelle

    Pour capturer l’amour rebelle, la cage doit être adorée
    Par une jolie fille nue (ou un garçon selon ses bords).
    Pour que les caresses soient belles, laissez un peu s’évaporer
    Une odeur forte et soutenue, parfum de rose et d’ellébore.

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  • Chez le marchand de têtes

    Chez le marchand de têtes

    Quand je me sens rempli par tous les orifices,
    Chez le marchand de tête, je change de figure.
    Une fois accompli mon petit sacrifice
    Je prends un air de fête ou de mauvais augure.

    Photo de Robert Doisneau.

    
    
    
  • En avant la musique !

    En avant la musique !

    Les musiciens font une fugue, juste une petite ballade.
    Dès qu’ils seront hors de portée, ils s’accorderont la clef des champs.
    Quand l’âme et le cœur se conjuguent, les obstacles, on les escalade
    Et puis on se laisse emporter par ce quatuor accrochant.

    Balade : petite promenade ; ballade : petit poème chanté.

    
    
    
  • Tout ébouriffé

    Tout ébouriffé

    Un jour de plus à mon plumage, ça me rend tout ébouriffé
    Pour faire encore une folie et monter de plus en plus haut.
    Mais si vous voulez rendre hommage à mon bel habit dégriffé,
    Laissez votre mélancolie et venez chanter en duo.

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  • Comme une corde neuve à mon arc

    Comme une corde neuve à mon arc

    Chaque année l’univers ajoute une corde neuve à mon arc
    Comme si un compagnon de route se joignait à la destinée
    De ces petits « moi » en déroute dont l’âme demeure monarque
    Et dont l’esprit reste à l’écoute car point ne sommes prédestinés.

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  • Les gros mangent les petits

    Les gros mangent les petits

    Depuis la première cellule, les gros mangent les petits.
    Les profondeurs de la mer portent la bonne friture ;
    Dans les airs la libellule est mangée de bon appétit ;
    Et les hommes sur la terre vivent sous les dictatures.

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  • La bise à la lune

    La bise à la lune

    Certains soirs sur les toitures, je grimpe avec mon minet
    Faire un bisou à la lune quand c’est son dernier quartier.
    Comme je n’ai pas de voiture, je dois, dès potron-minet,
    Rentrer à pied sans rancune avant que vous ne repartiez.

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  • Le nouvel an au mois de septembre

    Le nouvel an au mois de septembre

    Plutôt qu’entamer l’année au plus profond de l’hiver,
    Je propose d’inaugurer le nouvel an en automne !
    Les couleurs sont à glaner dans les tons les plus divers
    Et les mois configurés plaisent mieux aux autochtones.

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  • Est Pérou coloré

    Est Pérou coloré

    Pour mille et une saveurs safranées et pimentées,
    Pour mille et une couleurs emmêlées et chamarrées,
    Il n’y aurait qu’une faveur qui pourrait m’agrémenter :
    Y retourner sans douleur dès la prochaine marée.

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  • Le faire-part des cigognes

    Le faire-part des cigognes

    Tout le monde se rassemble, mâles, femelles et oison !
    C’est bientôt le grand départ vers les pays plus cléments.
    Formez-moi un bel ensemble sans tomber en pâmoison !
    Envoyez les faire-part tout autour du lac Léman.

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  • Le pont aux oiseaux

    Le pont aux oiseaux

    La route qui mène à la sagesse est comme un pont aux mille oiseaux.
    À chaque marche, l’oiseau du temps chante un coucou à la seconde.
    La fin, au bout, n’est qu’illusion, pour faire peur aux damoiseaux.
    C’est juste un passage en couleur, une ouverture sur l’autre monde.

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  • Cachez ce saint

    Cachez ce saint

    Cachez ce saint que je ne saurais voir !
    Qu’il soit un homme, un saint au corps puissant,
    Ou une femme, la beauté du pouvoir,
    Ou mon reflet au sexe jouissant !

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  • Sur la route penchée

    Sur la route penchée

    Sur la route penchée elle est à son affaire.
    Pour pencher vers ses rêves, elle se laisse faire,
    Pour pencher vers l’amour, elle lâche la bride,
    Pour pencher vers le sexe, elle devient torride.

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  • Hirondelle Tire-d’aile

    Hirondelle Tire-d’aile

    À tire-d’aile l’hirondelle livre l’été aux vents mauvais.
    Les sanglots longs bien monotones seront bien vite un souvenir.
    Fini le temps des bagatelles, on rentre sous le ciel de Beauvais
    Et on s’enlise dans l’automne pour ne plus jamais revenir.

    Où sont la vie et nos amours ? Étaient-ils tous aussi futiles
    Qu’il suffit de rentrer chez soi pour trahir ses rêves d’enfants ?
    Avant que se lève le jour j’ai entendu le coq versatile
    Saluer l’aurore trois fois et s’en aller ébouriffant.

    Oiseau de mort, oiseau de vie ? Je ne sais pas pour qui tu penches.
    Signe de deuil, signe de joie ? Je ne sais plus où bat ton cœur.
    Es-tu une horloge asservie, juste un coucou, une pervenche,
    Qui ne fait que marquer la loi et cumuler notre rancœur ?

    Ils ont tous repris leurs travaux les mêmes peines, les mêmes maux.
    Comme si après s’être réveillés ils reprenaient leur vie morose.
    Comme si, sortis du caveau, ils rentraient bien vite au tombeau.
    Pour eux, la vie émerveillée, ne vit que la vie d’une rose.

    Laissons l’horloge de la nature marquer le temps, marquer la mort.
    Laissons mourir notre présent peu nous importe jusqu’à demain.
    Demain est d’une autre peinture, laissons courir les matamores.
    Vivons l’éveil omniprésent vivons l’instant sur le chemin.

    Tableau de Fabienne Barbier