Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Parler d’amour et le dire avec des fleurs

    Or l’anacoluthe en amour, c’est comme quand on n’s’y attend pas !
    À peine avais-je renoncé que je retombais dans ses bras.
    Toujours coquine, pleine d’humour elle ne m’laissa pas faire un pas
    Ni même un seul mot prononcer et me dit : « Abracadabra ! »

    Toutes ses fleurs multipliées ont jailli de sa bouche en cœur
    Et de la mienne également avec des hoquets florissants.
    Et j’avais beau la supplier d’arrêter son rire moqueur,
    Elle continuait goulûment son madrigal défleurissant.

    Et Vénus saisit mon sarment qui bourgeonnait impunément
    Et le greffa tel un pistil entre sépales et pétales.
    Mes amis, j’en fais le serment ; plus jamais ne serai l’amant
    De cette fille si subtile, à la libido si brutale !

    Elle soubresauta sans parole, sur mon bouton épanoui
    Et fit fleurir d’entre mes reins toute une floraison sacrée.
    En passant à la casserole, j’ai joui et m’suis évanoui ;
    Je mourus dans son souterrain, noyé d’une rosée nacrée,

    Tableau de Jana Brike.

    
    
    
  • L’esprit émeraude

    L’esprit émeraude

    Lorsque la nuit mon âme rôde dans les limbes noirs de mes rêves,
    Mon esprit devient émeraude et mon corps reste sur la grève.
    Mon cœur embarque pour Cythère sur un océan parsemé
    De tous mes vers dépositaires de l’amour que j’ai tant semé.

    Lorsque la frontière est franchie et que plus rien ne me ressemble,
    Alors j’appelle ma complice par un cri vociférateur.
    Tous les deux étant affranchis des règles, nous marchons ensemble
    Pour que le rêve s’accomplisse et devienne révélateur.

    Cette complice immatérielle dans la réalité concrète
    S’incarne et devient une femme, beauté ineffable et sans voile.
    Alors nos deux âmes plurielles entament leur quête secrète
    Dont le trésor est cette flamme qui brûle dans mon cœur d’étoile.

    Elle est mon ombre, ma lumière, la petite voix des tréfonds
    De nos âmes entremêlées dans intime nébulosité
    Qui vient de la source première de notre programme profond
    Dont le rôle est de démêler ce que nul n’a pu visiter.

    Et dans ce tissu d’ombre verte, là où l’espace devient chant,
    Un reflet céladon s’éveille – psyché amante révélatrice.
    Nos mots sont des perles ouvertes sur le mystère le plus touchant
    De cette petite merveille qu’est la poésie créatrice.

    Tableau de Brona Wingell sur https:www.artmajeur.combrona-wingell .

    
    
    
  • 24. Le testament de Lilith

    24. Le testament de Lilith

    Amplification
    J’amplifie vos pouvoirs et vos dons bienséants.
    Pour Laureline, son feu éclairera la Terre ;
    Pour Loreleï, ses eaux sombres deviendront océan ;
    Pour Yavänor, la charge du nouveau ministère.

    Insoumission et renversement
    Autrefois rejetée pour mon insoumission,
    Je reviens basculer tous vos marchands du temple
    Je remplace l’argent et vos institutions
    Par le vrai dieu d’amour qui pourtant vous contemple !

    Rétablissement et renaissance
    Le rétablissement se fera dans vos cœurs
    Et votre descendance vous en fera l’honneur.
    Vous mourrez convaincus et renaîtrez vainqueurs
    Dans un nouveau royaume ou s’inscrit le bonheur.

    Œuvre de chair réhabilitée
    Votre matérialisme vous cachait l’essentiel
    Et vos tabous vouaient l’amour à l’invisible
    Je rétablis la chair et tout son potentiel
    En clamant le plaisir du sexe indivisible !

    Prophéties ouvertes à l’avenir vivant
    Toutes mes prophéties restent ouvertes à jamais :
    Elles ne se ferment pas car elles sont l’avenir.
    Toi qui franchis l’extase, toi qui m’es désormais
    Le vivant évangile que je veux obtenir.

    Abandon des vieilles croyances
    Brisez les vieux carcans de science et de foi !
    Ouvrez vos esprits neufs à oser l’impossible !
    Il faut quitter ce monde une dernière fois
    Et accepter le fait que c’est irréversible !

    Libération de l’âme
    Quittez donc la matière et franchissez le seuil
    De ce mur de lumière qui vous obscurcit l’âme !
    Franchissez donc la mort et quittez-en le deuil ;
    Vous êtes d’éternels cœurs d’étoiles en flammes !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https://honesterotica.com/illustrator/jacqueline-secor .

    
    
    
  • 23. Septième Prophétie de Lilith

    23. Septième Prophétie de Lilith

    Voici que l’âme éclate et brise ses frontières,
    Fuit d’enfer assombri du néant illusoire !
    Le feu de son essence dépasse la matière
    Au-delà des limites de la lumière noire.

    Vos prêtres l’ont promise aux balances funèbres,
    Vos savants l’ont niée, vos dogmes l’ont vendue
    Mais votre âme insoumise échappe à leurs ténèbres
    Et jaillit là, intacte, où elle est attendue.

    Aucun tribunal froid ne pèse son essence,
    Nul dieu n’a le pouvoir d’ordonner son destin.
    Elle brise les fers des antiques sentences
    Et s’élance au-delà des mirages indistincts.

    Franchissez sans retour le seuil de votre vie ;
    Il n’est que le miroir aux mille reflets d’ombre !
    Derrière son rideau s’ouvre un lieu qui vous convie
    À vivre un avenir que nul passé n’encombre.

    Bienvenue aux élus qui ont fait le voyage ;
    Ici l’amour est l’air, l’énergie et le sang !
    Les âmes après le feu du divin nettoyage
    Revêtent un habit neuf et un corps tout-puissant.

    Quant à ceux qui auront fait le choix de rester,
    Ils seront prisonniers de leurs vielles croyances
    Et resteront soumis à leur mort attestée
    Comme aller sans retour sans espoir ni vaillance.

    Le baptême d’esprit est un saut dans le vide ;
    Celui qui a la foi ne pourra succomber.
    Mais un peu de courage et de désir avide
    Pour atteindre le ciel sans la peur de tomber.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .

    
    
    
  • 22. Sixième Prophétie de Lilith

    22. Sixième Prophétie de Lilith

    Un temps nouveau s’avance et la porte s’entrouvre ;
    L’esprit doit s’éveiller comme la chair et le cœur.
    Un seuil se dresse au loin qu’aucune ombre ne couvre ;
    Il mène vers un feu d’une éclatante ardeur.

    Les dogmes d’autrefois ont bâillonné vos songes ;
    Vos temples ont dressé des baillons à vos voix.
    Ils ont réduit l’élan en de stériles mensonges
    Mais l’heure est arrivée de vous montrer la voie.

    La science à son tour impose son système ;
    L’esprit est formaté réduit à l’expérience.
    Intuition et instinct sont traités d’anathèmes
    Et l’univers fermé sous haute surveillance.

    Franchissez le passage et brisez ces murailles
    Qu’elles soient cérémoniales ou techniques ingéniées,
    Aucune vérité ne naît des funérailles,
    L’esprit peut s’épanouir sans être prisonnier.

    À ceux qui s’ouvriront, viendront les abondances,
    Un Eden de clarté, de désirs souverains.
    Ils boiront aux torrents aux nouvelles tendances
    Et connaîtront la vie dans bien d’autres terrains.

    Ceux qui refuseront demeureront captifs
    De leurs propres limites car ils sont déjà morts.
    Ils n’entendront jamais mes appels attractifs
    Et resteront ancrés sans le moindre remords.

    Osez abandonner vos anciens paradigmes !
    Jetez vos habits lourds de tous savoirs pervers !
    Avancez et seront révélées les énigmes ;
    La vie après la mort et l’après-univers !

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

    
    
    
  • Reflet vers et pot-aux-roses

    Reflet vers et pot-aux-roses

    Comme vous devriez le savoir, on ne peut observer les fées
    Sauf leur image renversée par le miroir ou un cours d’eau.
    J’ai donc cherché à percevoir, afin d’en connaître l’effet,
    Cette idée qui m’a traversé l’esprit ; je vous en fait cadeau.

    C’est pourquoi je fais des reflets des vers, des proses aux bleus de l’âme
    Afin d’y trouver à l’envers l’une d’elles que je pourrais surprendre.
    Bien sûr, elles sont camouflées entre les lignes que je clame
    Et les sous-entendus pervers que vous ne pouvez pas comprendre.

    Celle-ci est née d’une idée qui est sortie du labyrinthe
    De mon oreille interne gauche et qui s’est frayée un passage
    Pour surgir d’un pas décidé vers l’autre oreille sans contrainte
    Afin d’en décrire une ébauche dissimulée dans ce message.

    Illustration de Béatrice Tillier.

    
    
    
  • Le voyage imaginaire

    Le voyage imaginaire

    C’était pendant une coupure – une coupure de courant –
    Ma maison étant aphasique, j’étais parti en promenade
    Lorsque soudain, d’une onde pure tel un nuage concourant
    À suivre la pataphysique, je partis à la cantonade.

    La gravitation suspendue, je m’élevai dans l’atmosphère
    Poussée par un souffle de vent par-dessus vallées et montagnes.
    « Qu’il est doux d’être ainsi pendue et survoler la biosphère
    Dans l’aube d’un soleil levant et les oiseaux qui m’accompagnent ! »

    Curieusement j’étais la seule trompant les lois de la physique ;
    Sans doute mon abonnement était arrivé à son terme…
    Pour une raison gauche et veule, un fonctionnaire assez basique
    M’avait coupé tout bonnement mon droit à fouler le sol ferme.

    Je reçus une circulaire – ne me demandez pas comment –
    M’annonçant des désagréments pour ceux qui étaient dans la Lune
    Et comme j’étais titulaire de la distraction par moments
    Je levai ma robe en gréement comme une voile de fortune.

    Tableau de Michael Whelan.

    
    
    
  • La quatrième nuit chevaline

    La quatrième nuit chevaline

    Lune Nouvelle, bonne nouvelle, tout l’univers complémentaire
    N’est que cycles de vies et de morts qui se propagent à l’infini.
    Tout ce qui vit se renouvelle comme un besoin élémentaire
    De s’améliorer sans remords et sans objectif défini.

    Si entre mon cheval et moi, s’est créé la complicité,
    Sans doute nous sommes nous connus sous d’autres formes d’existences.
    À chaque rencontre, quel émoi de faire avec simplicité
    À nouveau ces rites inconnus qui reviennent avec persistance.

    Juste avant l’aube, un rayon d’or, comme un signal prémonitoire,
    Nous annonce le prochain retour de la période d’ascension.
    Tandis que la forêt s’endort d’un profond sommeil méritoire,
    On voit mourir aux alentours des feux follets en suspension.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

    
    
    
  • La quatrième lune chevaline

    La quatrième lune chevaline

    Après mes trois premières lunes, nous étions, mon cheval et moi,
    Connectés de pensées communes comme si nous étions siamois.
    Je sentais son corps intensif et son cœur d’essence chevaline
    Et lui, mon esprit expansif et mon âme toute féminine.

    Enfin la quatrième lune, empreinte de témérité
    Sans la science inopportune à connaître la vérité,
    Nous ouvrit cette dimension qui échappe à l’entendement
    Par la force de l’intention qui entraîne l’enfantement.

    Ainsi lovée telle un fœtus contre mon Pégase amoureux,
    Dans la position du lotus, je sentis mon cœur langoureux
    Battre d’une énergie sensible avec celui de ma monture
    Qui me fécondait impassible par le pouvoir de la Nature.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

    
    
    
  • Les trois lunaisons chevalines

    Premier quartier, la nuit sereine ouvre la première semaine
    Où je sens dans l’obscurité l’esprit des arbres de la forêt
    Qui se répand dans les arènes, loin des activités humaines,
    Que forment par maturité maintes clairières phosphorées.

    En Pleine Lune, méditation, réflexion et recueillement
    Des énergies de la Nature fécondée du halo lunaire.
    Un temps de préméditation quant au prochain effeuillement
    Comme une mort qui fait pâture de nos mémoires lacunaires.

    Dernier quartier, la nuit s’endort vers une amnésie absolue
    Comme si la région entière nécessitait la digestion.
    Sous la voûte d’étoiles d’or, nous marchons d’un pas résolu
    Vers cet oubli hors des frontières de nos perceptions en question.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

    
    
    
  • Les trois lunes chevalines

    Inévitable était le mot pour mon parcours initiatique
    Où je devais, seule, à cheval, traverser ma nuit solitaire.
    La Lune conjointe aux gémeaux, dédoublée et énigmatique,
    Rayonnait dans un festival d’étoiles tout autour de la Terre.

    Ma solitude fut troublée lorsque mon cheval me parla
    Comme si la Lune le dotait d’une aura de divinité.
    Je fus, moi aussi, affublée d’une couronne de mandalas
    En même temps qu’il me chuchotait les secrets de l’humanité.

    Quand l’aube creva les ténèbres, clôturant ma première nuit,
    Mon cheval répétait encore une fois tout c’ qu’il m’avait appris ;
    Ainsi quand le soleil célèbre un nouveau jour épanoui,
    Le cœur rayonne sur le corps et l’âme ressource l’esprit.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

    
    
    
  • Trop grande et trop petite

    Trop grande et trop petite

    Trop grande pour moi, ma planète est devenue toute petite ;
    Ses limites incommensurables sont désormais outrepassées.
    Trop vaste pour moi, l’internet est l’évolution contredite
    Par les commerces équitables qui sont à jamais menacés.

    Trop vaste pour moi, l’océan est devenu une poubelle
    Où tout l’inutile s’entasse une fois qu’on l’a consommé.
    Tout le ciel pur et bienséant porte une pollution rebelle
    Qui détruit la faune fugace et la flore bientôt consumée.

    Tout mon petit confort moderne, mes gadgets et mes machins-chouettes,
    Laissent à la Terre des séquelles d’irréversibles désillusions.
    Le progrès n’est qu’une lanterne, un simple miroir aux alouettes
    Qui scie la branche sur laquelle j’ai bâti un monde d’illusion

    Illustration d’Aitch sur https:www.behance.netgallery15369571The-Imaginary-Life-of .

    
    
    
  • Le cauchemar armoricain

    Quand les gaulois furent envahis par les latinos-militaires
    Offrant la civilisation, l’architecture et le latin,
    Ceux qui ne furent pas ébahis se mirent ensemble et résistèrent
    Contre la romaine invasion en l’affrontant soir et matin.

    Quand les gaulois furent matés par les germains dont la prestance
    Poussait l’ordre et l’obéissance par la discipline et la force
    Ceux qui ne furent pas formatés entrèrent alors en résistance
    Pour lutter contre la puissance de l’extermination retorse.

    Quand les gaulois furent immergés par la culture étasunienne
    Portant le rêve américain, le dollar et la providence,
    Ceux qui ne furent pas submergés par la gestion amazonienne
    Restèrent au sol armoricain, au sud-ouest ou en Provence.

    Demain les gaulois survivants resteront seuls à conserver
    Les traditions et leurs cultures qu’ils transmettront à leurs enfants
    Tandis que tous les morts-vivants qui n’ont pas su se préserver
    Ensemenceront la Nature au cimetière des éléphants.

    Tableaux de Mona Edulesco.

    
    
    
  • Libération et résilience

    Libération et résilience

    La flèche au centre de la cible, le mariage est consommé.
    Alors le même sang s’écoule entre les cœurs synchronisés,
    Les pensées deviennent accessibles et sont très vite consumées
    Par tout l’amour qui en découle et par son fruit intronisé.

    Ainsi les âmes se libèrent par le pouvoir des alliances
    Car chacune éclairera l’autre comme un miroir complémentaire.
    Puis, les deux sexes enfin pubères apportent aux corps leur résilience
    Et l’intuition se fait l’apôtre du feu sacré élémentaire.

    Tableau de Marc Chagall.

    
    
    
  • La chambre d’écho

    La chambre d’écho

    Entends-tu le chant du silence et la couleur de l’intuition
    Qui résonne dans l’invisible porté dans un air assourdi ?
    Ferme les yeux en vigilance tout en suivant la partition
    De cette gamme imprévisible chromatique et abasourdie.

    Voilà, les ténèbres s’effacent et la conscience devient lumière ;
    La petite voix habituelle ondule en vagues indigo.
    Tous les mensonges qui t’agacent deviennent vérité première
    Tandis qu’en flammes rituelles, les anges chantent des madrigaux.

    Tableau d’El Meaux.

    
    
    
  • La compositrice

    La compositrice

    Écrire un air de fantaisie selon l’humeur de la saison,
    Composer avec triple-croches une valse avec triolets,
    Tout l’art de la kinesthésie réside dans la combinaison
    Que la compositrice accroche en notes bleues aux tons violets.

    Le bassin suit selon les basses que les jambes jouent sur un clavier
    Improvisé à même le sol sur trois octaves synchronisés.
    Les épaules tournent avec audace et les bras miment l’épervier
    Dont le vol chante en clef de sol sa mélopée préconisée.

    Tableau d’Edwin Georgi.

    
    
    
  • En robe de roses

    J’ai vu des pétales de roses qui recouvraient une Ève nue
    Après qu’elle a mordu la pomme et découvert sa nudité.
    Pour couvrir ses pensées moroses, les fleurs de lys l’ont soutenue
    Avec des fards dont les arômes l’ont revêtue d’absurdité.

    J’ai vu les pétales s’envoler pour dévoiler son cœur d’étoile
    Et un vent d’amour s’exhaler puis, remonter entre ses seins
    Pour attirer et convoler d’Adam lui découvrant son voile
    Afin de cueillir l’azalée dans l’antre au creux de son bassin.

    Tableau de Sergejbag.

    
    
    
  • Les chemins de vie

    Les chemins de vie

    Soit Adam au sexe carré et soit Ève au sexe girond,
    Imaginez leur descendance, hommes et femmes hybridés.
    Tous ces enfants désemparés qui demain interagiront
    Avec un monde en dépendance d’une croissance débridée

    Mais qui sont ces triangulaires qui s’insinuent dans le parcours ?
    S’agit-il d’un carré manqué ou bien d’un cercle émancipé ?
    J’en appelle aux quadrilatères afin de nous porter secours
    Pour cesser de polémiquer sur un chaos anticipé.

    Tableau de Scott Albrecht.

    
    
    
  • Fête des clones

    Fête des clones

    Plutôt qu’adopter un enfant, faites-vous cloner plusieurs fois
    Et vous pourrez recommencer autant de vies que vous voulez.
    Si personne ne vous le défend, vous pourrez revivre à cœur joie
    Plusieurs existences romancées ou sexuellement refoulées.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

    
    
    
  • Tout a une fin

    Tout a une fin

    Quand je vivais au paradis de l’enfance et de l’innocence,
    J’étais toujours de bonne humeur dans une jeunesse éternelle.
    Mais un jour, un serpent m’a dit, voulant m’offrir la connaissance :
    « Tout ce qui naît, vit et puis meurt, c’est la règle sempiternelle ! »

    Tableau « Adam et Ève chassés du paradis » par Marc Chagall.

    
    
    
  • La danse de la lune

    La danse de la lune

    J’aime la lune à quatre temps qui nous fait danser les marées,
    Qui rythme le cycle des femmes et adoucit les libidos !
    Toute la vie sans contretemps, sentir son corps redémarrer
    Quand son cœur remonte la gamme puis, décroît en decrescendo.

    Tableau de Holly Sierra.

    
    
    
  • Le sermon de la Terre

    Le sermon de la Terre

    Ma vie au rythme des saisons que m’apporte la Terre-mère,
    Le vent qui emplit mes poumons, la pluie qui abreuve ma bouche,
    Le sol qui porte ma maison, le feu qui jaillit du tonnerre,
    C’est la prière et le sermon dont, de moi, la planète accouche.

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  • Le temps des labours

    Le temps des labours

    Quand sonne le temps des moissons qui résonne dans nos campagnes
    Et bat dans le cœur de ma Terre, dans les champs de blé et la vigne,
    Je bois la divine boisson avec compagnons et compagnes
    À la santé de Demeter et ses enfants qui en sont dignes.

    Demeter chez les Grecs, Cérès chez les romains, est la déesse de l’agriculture et des moissons.

    
    
    
  • L’encre du rire

    L’encre du rire

    Ainsi naissent les sourires, issus du cœur d’une femme,
    De sa source de jeunesse, de sa folie d’aventures.
    Ma plume gorgée de rires, ces mots dont mon cœur s’affame,
    Sort de l’encre des promesses et en tremble d’écriture.

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  • Le goût de Menton

    Le goût de Menton

    Plein de couleurs dans les pupilles, enfant, c’est pour mieux t’éblouir !
    Plein de saveurs dans les papilles, petit, c’est pour mieux te nourrir !
    Plein de bouquets dans les narines, ma fille, c’est pour mieux te sentir !
    De jolies filles en bleu-marine, garçon, c’est pour mieux te séduire !

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  • Un phénix féminin

    Un phénix féminin

    En tourbillons de volutes comme une danse sacrée,
    Les cendres se cristallisent en un phénix féminin
    Dont le secret se transmute aux disciples consacrés
    Que le rite immortalise dans ce ballet sibyllin.

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  • La machine à en découdre

    La machine à en découdre

    Pour vivre heureux, vivons cachés ; c’était ce que disait mon père.
    Mais le problème à notre époque, c’est de trouver son coin secret.
    Nous nous retrouvons attachés dans une économie prospère
    Qui emboucane nos bicoques avec nos peines et nos regrets.

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  • Le tigre qui nage

    Le tigre qui nage

    Comme il semble crever la toile, comme il paraît sortir du flot ;
    On croirait qu’il s’est évadé d’un monde englouti sous la vase.
    Il aurait suivi son étoile qui l’aurait sorti du goulot
    Et l’aurait fait cavalcader vers la surface avec emphase.

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  • L’aurore sans douleur

    Les matins de fin d’été apportent une touche rose
    Où fond le bleu de la nuit dans l’aurore sans douleur.
    Les noctambules hébétés qui rentrent d’un air morose
    Ont l’ivresse de minuit qui délave ses couleurs.

    Ville de Bern en Suisse.

    
    
    
  • Premières brises fraîches

    Premières brises fraîches

    Quand vient la fin de l’été, aux premières brises fraîches,
    Mon cœur, plein de nostalgie, lève les yeux vers le ciel
    Et respire à satiété le parfum des fruits revêches
    Qui font la chronologie de ce jour providentiel.

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  • L’habile escargot

    L’habile escargot

    L’habile escargot abuse de son temps
    Pour manger la fleur encore en bouton.
    Mais c’est l’embargo, on n’est pas content !
    Cet écornifleur est un vrai glouton !

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  • La nuit des loups gris

    La nuit des loups gris

    Je savais que dans la nuit tous les matous étaient gris
    Mais comme j’avais peur du loup je n’connaissais pas la teinte.
    Mais hier depuis minuit, quand est parti Mistigri,
    Arrivant à pas de loup, j’ai cru l’ultime heure atteinte.

    « Bonsoir ! » me dit l’animal. « Auriez-vous vu une louve ?
    Nous chassions en amoureux comme intimes Dioscures ! »
    D’une voix au minimal, je répondis : « Moi, je trouve
    Qu’il serait plus rigoureux que vous soyez moins obscur ! »

    Dioscures : Castor et Pollux.

    
    
    
  • L’odeur de l’ozone

    L’odeur de l’ozone

    C’est juste au pied de mon arbre que j’ai eu le coup de foudre
    Lorsque je contais fleurette à une jolie amazone.
    Mais son cœur restait de marbre et j’ai dû fort en découdre
    Pour avoir une amourette qui sentait un peu l’ozone.

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  • Le chagrin bleu

    Le chagrin bleu

    Quand j’ai le gros chagrin bleu qui vient se lover sur moi,
    Je le laisse s’installer et ronronner à son aise.
    Et je plonge dans ses yeux jusqu’à sentir mon émoi
    Qui fait l’esprit consteller d’un cœur d’étoile en fournaise.

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  • Les laveurs de pétales

    Les laveurs de pétales

    Le beau métier que voilà et que j’aurais bien voulu faire !
    Être laveur de pétale, blanchisseur de fleurs d’argent !
    Mettre en habit de gala tous ces grands luminifères
    Qui cachent sous leurs sépales des éclats encourageants !

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  • Le Mandala existentiel

    Le Mandala existentiel

    C’est juste à ce moment-là, entre la nuit et le jour ;
    C’est juste à cet endroit-là, entre la terre et le ciel ;
    Qu’apparait le Mandala, dessiné dans l’abat-jour,
    Sur cette voûte en aplats de couleurs existentielles.

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  • Les chaînes d’héritage

    Les chaînes d’héritage

    Toutes ces chaînes dressées sur mes intimes voyages
    M’enracinent dans la terre et me relient à mes pairs.
    Cet héritage, adressé comme un divin mariage,
    C’est la marque de ma mère et la lignée de mon père.

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  • Les mains tendues

    Les mains tendues

    Je te tends les deux mains bien ouvertes et sans armes
    Il n’y a pas de piège ne sois pas tourmentée !
    J’ai dix doigts moi aussi et c’est là tout le charme
    Car nous sommes semblables, juste désorientés !

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  • La femme est une Île – 2

    La femme est une Île - 2

    Quand elle étend ses bras de mer dans l’univers,
    Elle accouche d’amour dans la procréation.
    J’aime aller accoster dans le fjord entrouvert
    Où la joie et l’ardeur sont ma récréation !

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  • La lune en robe effarouchant

    La lune en robe effarouchant

    Ce soir parmi les joncs entre tous les bouleaux,
    Au-dessus des eaux noires de l’onde en rouleaux,
    La lune nous mettra sa robe effarouchant,
    Éclairée par les feux du soleil se couchant.

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  • Les ailes de la foi – 1

    Les ailes de la foi - 1

    Comme des ailes de feu surgissant des épaules,
    Comme des ailes de l’onde qui seront ma boussole,
    Je brasserai les airs pour parcourir le monde
    Au-dessus des tourments et des terres immondes.

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  • La danse amoureuse

    La danse amoureuse

    Pas besoin de tempo, ni de valse, ni de slow
    Les battements du cœur rythmeront la cadence
    Pas besoin de néon, de projecteur, de spots
    Les étoiles d’amour allumeront la danse.

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  • Objectif Lune et Saturne

    Objectif Lune et Saturne

    Mon vieux Milou, c’est décidé !
    Demain on embarque pour la Lune,
    Après on ira visiter
    Les merveilleux anneaux de Saturne !

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  • Lévitons le superflu

    Lévitons le superflu

    Une fois qu’on a lâché prise
    Et que plus rien n’a d’importance,
    On s’envole à la moindre brise
    Quelle que soit notre portance !

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  • Les rochers immortels

    Les rochers immortels

    Des rochers tourmentés, des rochers qui ont peur.
    Ils sentent l’érosion et se sentent brûler
    Peu à peu sous l’assaut de ces flots agrippeurs
    Qui vont les éroder jusqu’à les acculer.

    Les poussières de sables seront toutes entraînées
    Vers un autre destin, vers une autre existence.
    Ils sentent leurs racines peu à peu s’égrener
    D’une mort apparente qui change leur substance.

    Mais il faut qu’ils admettent que toutes leurs particules
    N’ont pas plus d’importance sur le plan de la Terre.
    En revanche tous ces grains qui furent leurs molécules
    Iront ensemencer d’autres communautaires.

    Quoi ? Vous ne serez plus ? Et c’est là toute l’affaire ?
    Vous n’avez pas compris que, sous l’actuel aspect,
    Vous n’êtes que transitaires et devez vous soustraire
    À la loi de l’écho et lui rendre respect.

    Mais vous allez survivre à vos grains de poussière !
    Car la forme est donnée et jamais effacée.
    Ce qui a fait de vous ces rochers de lumière,
    Vous perpétuera tous dans une foi tracée.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La fée timide

    La fée timide

    Ne fais pas ta timide et n’aies pas peur de moi !
    Je ne suis pas rival ni même concurrent.
    Nous sommes différents, je comprends ton émoi
    Et je connais l’élan de l’effroi récurent.

    Pas de neutralité, ni d’impartialité !
    Tu t’es drapée du corps de la féminité,
    J’ai choisi de venir en collégialité
    En revêtant mon corps de masculinité.

    Chacun est dans son camp : on reste avec les nôtres.
    Chacun se réfugie avec ses partisans.
    La solidarité nous entraîne l’un l’autre
    À nous calomnier tout en analysant.

    Mais il faut renoncer à ces luttes intestines
    Et nous donner confiance dans nos polarités !
    Chacun apporte à l’autre sa partie orpheline
    Et chacun se retrouve dans son intégrité.

    Notre échange n’est pas une lutte de pouvoir.
    Nous partageons ensemble dans la dualité.
    Il n’y a pas d’égoïsme, l’important c’est vouloir
    La réunion des âmes en sexualité.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La chorale des coquelicots

    La chorale des coquelicots

    Outrepassant la fleur pour produire un « Ou »
    Omettant sa pudeur et prononcer un « Om »
    Ajustant ses pétales d’où en jaillit le « A »
    Écrêtant les sépales pour monter sur le « E »
    Unissant ses semblables chantant en chœur le « U »
    Irisant de lumière à l’écho du son « I »

    Oyez-vous la puissance dans vos chakras du « Ou » ?
    Omniscience du chant sacré qui chante l’ « Om »
    Apprenez la création et la joie du « A »
    Essayez à votre tour et chantonnez un « E »
    Utilisez vos dons et récitez le « U »
    Itérez la méthode, terminez par le « I »

    Où que je sois toujours je commence par « Ou »
    Omniprésent je suis à l’écho de mon « Om »
    Assemblant pour créer dans la joie avec l’ « A »
    Et j’arrive à vibrer dans mon cœur par le « E »
    Usant de l’intention je parviens au son « U »
    Invoquant mon amour je vous donne le « I »

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le papillon d’argent

    Le papillon d’argent

    Papillon de fortune, regarde-moi dans les yeux !
    Par tes ailes constellées d’un millier de regard,
    Montre-moi le chemin qui plait aux audacieux
    Par-delà les collines et les aérogares !

    Papillon de richesse, montre-moi le sentier !
    Tes antennes auréoles conduiront ma boussole
    Aux expériences d’or dont j’aurai le chantier,
    Au sortir des ténèbres, pour que mon cœur insole !

    Papillon vif-argent, toi, le maître alchimiste !
    Tes battements d’étoile gouvernent bien mon âme.
    Tous tes regards braqués sont anticonformistes
    Et m’aident à transgresser mes futiles programmes.

    Papillon capital, tu es mon patrimoine !
    Quand j’accorde mon cœur à tes saints battements,
    Ma conscience s’éveille comme celle du moine
    Par l’illumination dans les saints sacrements.

    Papillon de bonheur, derrière les coulisses,
    J’ai franchis les obstacles après ma longue chute.
    Mon inconscient ouvert m’a sorti des abysses,
    Tu as su transmuter mes rêves en parachute.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La voix-père d’imagerime

    La voix-père d’imagerime

    Tantôt un chapeau fleuri, tantôt une source en cascades,
    Tantôt un mont enneigé, tantôt une berge apaisée,
    Tantôt c’est la fée cyclope qui mouline sa muscade
    Ou bien l’ourse bleue lactée ou bien la fée déglaisée.

    C’est une rose mutante ou une rose qui rêve.
    Est-ce que le songe persiste ou est-ce qu’il se désagrège ?
    Est-ce-t-elle qui me rêve, est-ce moi qui crois sans trêve ?
    Est-ce toujours moi qui parle, dans cette rose bleu-grège ?

    Tous les sons se décomposent dans la cochlée de la rose.
    Les sons graves à l’extérieur, les aigus vers l’intérieur.
    Toutes les voix se concentrent, se posent et se superposent
    Et s’expriment par mes vers avec mes êtres antérieurs.

    Parfois les sons font l’écho d’un bras guerrier masculin.
    Parfois ils se font douceur dans un nuage de vagues.
    Parfois ils jettent un coup d’œil dans un regard féminin,
    La main lissant les cheveux dans un sourire suave.

    Plus je rentre en profondeur dans le cœur de la voix rose,
    Plus la dimension grandit et devient infinité.
    La source est toujours active et jamais ne se nécrose,
    Ce n’est pas moi qui l’anime mais l’écho d’éternité.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La rose des dimanches

    La rose des dimanches

    C’est la rose des dimanches, nacrée d’un blanc rassurant
    Mais dorée d’un feu ardent qui exerce dans son cœur
    Une flamme qui me parle dans un éclair fulgurant,
    Qui a besoin de structures contre les fausses rancœurs.

    Elle lutte pour survivre dans ce monde égoïste,
    Une touche féminine de la couleur de la rose
    Pour soulignes ses attraits, comme un rite judaïste,
    Elle borde de son sang pour quitter son air morose.

    Pauvre rose du dimanche, oubliée les autres jours,
    Juste à peine courtisée dans quelques moments volés.
    Comme un cœur fier de comanche, elle voit à contrejour,
    Toutes les infidélités consumées et convolées.

    Tous ses pétales se tordent se posant mille questions,
    La faisant tourner en rond et l’empêchant de pousser.
    Mais ce sont toutes ces structures qui l’enferment en congestions
    Comme une cage trop petite de mouvements repoussés.

    Moi qui parle et qui écoute la rose qui a le blues,
    Je n’ai rien à décider, juste à comprendre et l’aider.
    La rose devra quitter la sécurité jalouse
    Qui l’écartèle alentour et l’empêche de plaider.

    Tableau de Fabienne Barbier