Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Qui fait rire Bouddha ?

    Une femme nue ? Bouddha s’en fout ! Une femme offerte ? Bouddha s’en moque !
    Alors que faire quand on est femme pour susciter son intérêt ?
    Ce n’est pas par faute de goût ni que son cœur batte la breloque,
    Bouddha n’a simplement pas d’âme-sœur et ni le cœur guilleret.

    Sans doute que Yashodhara reste à demeure dans son cœur
    Et dans sa mémoire aux fantasmes ; ce qui explique son sourire.
    En effet sous les apparats d’un bon vivant un peu moqueur,
    Le souvenir de ses orgasmes lui provoque toujours des fou rires.

    L’un des fantasmes, rapporté par les légendes illégitimes,
    Raconte que Yashodhara l’aurait caressé d’une plume
    Qu’elle aurait passée à portée de ses parties les plus intimes
    Ouvrant ainsi le nirvâna par une extase à plein volume.

    Car dans le temple du désir, les échos entrent en collision ;
    Le rire sacré de Bouddha évolue en nec plus ultra.
    La plume, frôlant le plaisir, libère un flot de collusions
    Pareilles à toute une armada d’adeptes du Kâmasûtra.

    Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .

    
    
    
  • Fol amour imaginaire

    Depuis sa toute petite enfance, elle possédait un confident ;
    Un ami extraordinaire, capricieux et imprévisible
    Mais prenant toujours sa défense tant il était intimidant
    Ce compagnon imaginaire qui travaillait dans l’invisible !

    Il réparait les injustices qu’elle subissait à l’école ;
    Ses ennemis tombaient malades, se blessaient ou déménageaient.
    Par des manœuvres subreptices, il éloignait les pots-de-colle
    Qui lui racontaient des salades qui chaque jour la dérangeaient.

    Et puis la pucelle grandit et l’amitié devint amour
    Et quand les bûcherons coupèrent l’arbre où logeait son partenaire,
    Elle rechercha et brandit l’échantillon le plus glamour
    Qui devint alors son compère pour d’intimes préliminaires.

    Dans l’ombre enfiévrée de ses rêves, se mue un sarment enflammé ;
    L’amant devine son désir et prodigue caresses exquises.
    Ses câlins s’enchaînent sans trêve et l’extase vient lui allumer
    Un foyer brûlant de plaisir au sein de la fille conquise.

    Tableau de Gil Bruvel.

    
    
    
  • IV L’Empereur

    Loreleï

    IV	L’Empereur

    Son règne est une inspiration ; sa marche un enracinement ;
    Sa veille est une vigilance que nul n’affronte sans frémir.
    Sa couronne est une aspiration à imposer l’alignement
    Afin de bâtir en silence son pouvoir qui doit s’affermir.

    Sa loi est la régulation et son commandement ajuste
    Et aligne toutes les forces par l’Autorité du Non-Dit,
    Pas besoin de stipulation : sa seule présence s’avère juste
    Car elle est le feu qui amorce ses constructions approfondies.

    L’alignement est de rigueur pour notre Empereur sans visage ;
    Car il est l’ombre qui éclaire tout son empire de l’intérieur ;
    Car sa justice et sa vigueur préserve ainsi son personnage
    De l’ego par la ligne claire qu’il déploie au monde extérieur.

    L’épée maintenue sous le voile, main de fer dans gant de velours,
    Est brandie non pas pour trancher mais pour dicter la vérité
    Qui s’ordonne avec les étoiles avec Tempérance et Amour ;
    Invisibles colonnes retranchées qui assurent sa prospérité.

    Mais jamais il ne rivalise avec sa consœur Laureline
    Car cette dernière déploie ce que l’Empereur lui façonne.
    Ensemble tous deux finalisent la féminine et masculine
    Alliance noble qui s’emploie à récolter ce qu’il moissonne.

    Yavänor, lui, est éprouvé, forgé pour devenir un homme
    Et son verbe corroboré dans l’efficience de son rôle
    Car leur union est approuvée par son empire et les royaumes
    Qui se rallient à l’honoré gardien du bâton de parole.

    Mais comme il n’y a pas d’empire sans axe droit et vertical,
    L’Empereur le maintient consacré d’une main ferme et silencieuse.
    Pour le meilleur et pour le pire ? Non ! Car l’ÏÄMOURÏÄ est radical
    Envers le Féminin Sacré dans son assise révérencieuse.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • III L’Impératrice

    Laureline

    III	L’Impératrice

    Pourtant de parole féconde, Elle ne parle pas dans le vide
    Et Elle ne gâche pas pour autant sa connaissance intarissable.
    Elle ensemence par sa faconde mon cœur et ma raison avides
    De boire ses mots chuchotant un amour inassouvissable.

    Belle de nature, sans artifice, de cœur, d’esprit, d’âme et de corps,
    Il émane d’elle une prestance digne d’une divinité.
    Sens du devoir, du sacrifice envers le feu qui brûle encor
    S’accorde en toute circonstance à sa tendre féminité.

    Mère du monde en devenir, sa descendance forme un royaume
    Qui transfigure ses valeurs et dans lequel l’amour s’impose.
    Son alliance est l’avenir qui épanouit le cœur des hommes
    Par son indicible chaleur et l’attention qu’elle propose.

    L’amour comme seul paradigme, dont l’Impératrice est vestale,
    Brûle d’un feu inextinguible par toute sa sensibilité.
    Ses silences paraissent une énigme à l’encontre du piédestal
    Sur lequel l’orgueil perceptible se transforme en humilité.

    Harmonie, ressource, équilibre, elle ira jusqu’à partager
    Couronne et sceptre du pouvoir avec ses alliés consacrés.
    Heureux qui l’acceptera libre, émancipée et engagée
    À suivre qui saura s’émouvoir envers le Féminin Sacré.

    Réconcilier le féminin au masculin est son devoir
    Qui devient le contrepouvoir de tout modèle pragmatique.
    Impératif, non pas bénin, mais qui consiste à recevoir
    La déférence qui sait pourvoir à sa nature charismatique.

    Laureline, venue spontanément aussitôt l’appel de son nom,
    M’a offert sa douce présence ainsi que l’écoute encourue,
    D’abord seule opportunément, puis en évoquant le chaînon
    Qui la relie par complaisance à Loreleï sitôt apparue.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • L’astrologue au logis

    L’astrologue au logis

    Pas de logique pour l’astrologue, pas de hasard dans son logis ;
    Tout est prédit, analysé, collant à sa physionomie.
    Qu’il est étrange, le dialogue datant de la mythologie
    Entre les astres banalisés et la moderne astronomie !

    J’ai l’âme et le cœur étoilés et l’esprit toujours dans la Lune,
    J’ai fait un retour à la Terre assez brutal de quinze mètres.
    L’astrologie s’est dévoilée par la relation opportune
    Entre miracles et mystères qui ont fait de moi mon propre maître.

    Ce n’est pas elle qui m’a déçu mais les gens soi-disant ouverts
    Qui cherchent un changement de vie mais inaptes à la délivrance
    Malgré la vision du tissu de leurs problèmes découverts,
    Finalement qui sont ravis de vivre dans leur corps de souffrance.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • Sous le soleil de l’Amazone

    Sous le soleil de l’Amazone

    Sur une selle empanachée, une amazone ensommeillée
    Monte un beau cheval harnaché lors d’un été ensoleillé.
    Un bras portant un écu d’or, l’autre en train d’esquisser un geste,
    Ainsi implanta le décor, Ptolémée pour son Almageste.

    Quel rapport aux mathématiques, l’amazone peut-elle apporter
    Alors qu’elle est emblématique du féminisme rapporté ?
    Je n’en ai pas la moindre idée ; c’est ce rêve idiot que j’ai fait
    Qui, de lui-même, a décidé ce rapprochement imparfait.

    Mais si les courbes féminines sont aussi parfaites que sublimes,
    Si leurs pigments de mélanine s’avèrent de vrais pousse-au-crime,
    C’est qu’il a le compas dans l’œil et le don des mathématiques,
    Ce dieu qui traça sur sa feuille la femme pure énigmatique.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • Métro boulot robot

    Métro boulot robot

    Depuis des années, on s’échine du matin au soir à ramer
    Et au final, on nous repousse notre retraite jusqu’au tombeau.
    Nous étions déjà des machines judicieusement programmées ;
    Il a suffi d’un coup de pouce pour faire de nous des robots.

    Une puce au commencement pour payer sans argent liquide,
    Puis des organes bioniques greffés au corps mis en travaux.
    Ensuite l’ensemencement d’enfants-éprouvettes insipides
    Et le processeur ironique qui a remplacé nos cerveaux.

    Aujourd’hui c’est la panacée, tous nos désirs sont décidés !
    On nous dit ce qu’il faut aimer notamment la modernité :
    Un libre arbitre cadenassé, la liberté invalidée,
    L’existence en circuit fermé et tout ça pour l’éternité.

    Tableau de Waldemar von Kazak sur demotivateur.frarticlewaldemar-von-kazak-illustrations-surrealistes-7626amp .

    
    
    
  • La galerie des portraits

    La galerie des portraits

    Strawberry fields forever
    Dans la galerie des portraits des présidents de l’Élysée,
    Il y a ceux qui montent ou descendent et celui qui traverse la rue
    En se prenant pour un Beatle sortant des studios d’Abbey Road
    Pour aller ramener sa pomme ou plutôt sa fraise à Bridget.
    Tonton & Macrou
    Dans la galerie des portraits qui figurent sur les pages de garde
    Des albums des inénarrables aventures du Président,
    On croise ceux qui réussissent ainsi que ceux qui ne sont rien
    Surtout s’ils viennent d’une gare, en gilet jaune, non-vaccinés.
    Faubourg Saint-Honoré
    Dans la galerie des portraits du trombinoscope politique,
    Sont honorés tous les élus promus au paradis fiscal.
    Portraits fictifs ou corrompus aux visages à la peau de vin
    Et photos de marionnettes qui vivent aux frais de la princesse.

    Illustration de Hannah Perry.

    
    
    
  • Jumping Fish

    Jumping Fish

    Tout l’ monde l’appelle « Jumping Fish », prince des mers et océans
    Qu’il traverse en poisson volant avec les oiseaux migrateurs.
    Les bateaux, il s’en contrefiche avec leurs moteurs malséants
    Qu’il dépasse en batifolant à la stupeur des navigateurs.

    Cent fois il a failli mourir dans des tempêtes délétères
    Mais il revient en slalomant entre les vagues agitées.
    Cent fois on l’a vu parcourir le tour du monde en solitaire
    Et puis disparaître au moment où l’on veut le féliciter.

    Jumping Fish n’est plus revenu ; personne ne sait s’il est mort.
    Peut-être a-t-il trouvé l’amour… enfin, rien ne le contredit.
    Mais alors qu’est donc devenu ce cavalier blond matamore
    Qui chevauchait avec humour un poisson nommé « Vendredi » ?

    Tableau d’Owen William Weber.

    
    
    
  • Poisson confort

    Poisson confort

    Fausse sirène, fausse baleine mais qui s’enfuit à perdre haleine,
    Elle chevauche les poissons ma foi, d’une drôle de façon.
    Le croiriez-vous ? Son popotin perche trois oiseaux diablotins
    Car sa monture batifolant n’est autre qu’un poisson-volant.

    Alors elle surfe sur les vagues tandis que les trois piafs divaguent
    En se racontant les potins et bien sûr les plus cabotins.
    Elle, de peur qu’elle ne s’affaisse, les mains bien calées sur les fesses
    Et la poitrine bien collée, elle se plaît à caracoler.

    Apprenez qu’un poisson commode est le véhicule à la mode,
    Écologique et naturel et dans ce cas, conjoncturel.
    Mais la sirène, même fausse, s’en moque bien, elle se gausse ;
    Elle, partisane du moindre effort, ne voit que son petit confort.

    Tableau de Lisa G. sur http:www.kathievezzani.comblogi-adore-lisa-g .

    
    
    
  • Loup, y es-tu ?

    Loup, y es-tu ?

    Derrière l’arbre qui cache la forêt se masque un loup dissimulé
    Qui hurle pour vous effrayer et prétend qu’il veut vous manger.
    La peur de se faire dévorer par trop de propos simulés
    Est, par la presse, défrayée par l’année de tous les dangers.

    Derrière l’intox manigancée se camoufle un vrai prédateur
    Dont la morsure empoisonnée s’attache à toutes vos envies
    D’une menace autofinancée par le pouvoir des dictateurs
    Qui s’efforcent de vous cloisonner dans un combat contre la vie.

    Illustration de Guillaume Morellec.

    
    
    
  • La vie autrement

    La vie autrement

    C’est rigolo, ces Rayons X qui laissent apparaître mon squelette
    Et la résonance magnétique, vue dans ma matière vivante.
    Elle me montre tel le Phénix qui se transforme en flammelettes
    Afin, par biogénétique, de renaître à la vie suivante.

    Sans doute qu’avec la 5G, nous serons tous irradiés
    Et n’aurons plus besoin de phare grâce à nos cheveux lumineux.
    Le cerveau hyper méningé par des pensées expédiées
    Évoquera un gyrophare perçant nos yeux faramineux.

    Une cellule humaine obtenue avec rayonnement X, résonance magnétique nucléaire et microscope cryoélectronique.

    
    
    
  • Les aoûtiennes

    Dès les juilletistes parties, les aoûtiennes entrent dans la danse
    Et les seins nus s’épanouissent sous de pudiques parasols.
    Les hommes en contrepartie étalent également leurs panses
    À moins qu’ils ne s’évanouissent après leur énième Bartissol.

    Mais entre santé et pudeur, qui sait qui des deux primera ;
    Les gros lolos à peine couverts ou une frimousse dénudée ?
    Les flics auront-ils la lourdeur de rudoyer les scélérats
    Qui vont à visage découvert plutôt qu’un sexe préludé ?

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

    
    
    
  • Mon Roi Soleil

    Mon Roi Soleil

    Au mois d’août les chats sont partis, au soleil, les souris se dorent ;
    Les chiens partent à la campagne à pied, à cheval, en voiture.
    Le soleil, en contrepartie, puisque les vacanciers l’adorent
    Envoie la pluie à la montagne pour ruisseler sur les toitures.

    À la mi-août, les chats reviennent et les souris rentrent à l’école ;
    Les chiens se remettent à mordre dans les goulets d’étranglement.
    Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne, le même cycle caracole ;
    Ça donne du fil à retordre aux partisans du changement.

    The Golden Art d’Andrea de Pascalis.

    
    
    
  • L’amante du vent

    L’amante du vent

    Sur les plateaux des hautes terres, elle aime quand le vent s’engouffre
    Et lui fait voler ses jupons et lui caresse son giron.
    Comme un vieux plaisir solitaire qui l’apaise lorsqu’elle souffre
    De n’avoir pu mettre son harpon sur un bel amant bien girond.

    Tableau d’Olga Klimova.

    
    
    
  • La Lune et ses comètes

    La Lune et ses comètes

    Lune ronde ou Lune gironde, Lune pleine ou Lune vilaine ?
    La Lune masque son visage et surtout sa fesse cachée ;
    La Lune courtise à la ronde les comètes, fils de Silène,
    Dont les queues forment un balisage par leurs idylles panachées.

    (Tableau de Casimir Lee sur https:supersonicart.compost188547289992casimir-lee-recent-work-recent-incredibleamp
    Silène était un Satyre, père adoptif et précepteur du dieu Dionysos et ancêtre des silènes.)

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  • Ève inoxydable

    Ève inoxydable

    Au début, Dieu créa la femme : Ève en acier inoxydable,
    Un châssis carrossé d’enfer à la froidure du métal,
    Dotée d’une bouche multi-lames ainsi que d’un sexe insondable.
    Mais elle plut tant à Lucifer que Dieu se dit : « C’était fatal ! »

    Comme il avait gardé le moule, Adam lui proposa d’en faire
    Une autre biodégradable à la garantie limitée.
    Ainsi fut fait. Pour que ça roule et que ce soit une bonne affaire,
    La nouvelle Ève fut consommable en quantités délimitées.

    Tableau de Shane Gehlert.

    
    
    
  • Nourrir d’amour

    Nourrir d’amour

    Quand on se nourrira d’amour, la femme sera consommée,
    Présentée dans un emballage qui s’ouvrira par un strip-tease.
    Et si les hommes ont de l’humour, ils en feront la renommée
    En déclarant le déballage : « La mise en bouche qui érotise ».

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  • 69 degrés

    69 degrés

    Soixante-neuf degrés atteints, la planète y perd son latin !
    On a vu fondre les calottes, les femmes quitter leur culotte,
    Les hommes furent épuisés d’avoir dû autant les baiser ;
    Et me suis retrouvé tout nu devant toutes ces inconnues.

    Dessin de Alphachanelling.

    
    
    
  • La position du dauphin

    La position du dauphin

    Heureux comme un poisson dans l’eau ne suffisait pas à ma belle ;
    Il fallait que j’lui fass’ l’amour dans la position du dauphin.
    Comm’ je ne suis pas trop branlo et qu’elle n’était pas trop rebelle,
    Avec une pointe d’humour je l’ai prise en faisant le dos fin.

    Dessin de Alphachanelling.

    
    
    
  • Le chat de Cléopâtre

    Le chat de Cléopâtre

    Elle avait besoin d’affection malgré son mauvais caractère.
    J’ m’en souviens comm’ si c’était hier car j’étais son chat préféré.
    Et grande fut ma déception car, malgré tout mon savoir faire,
    Je n’ai pu franchir la frontière de sa froideur invétérée.

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  • L’infinitude

    Quand une femme ouvre son cœur, c’est une porte sur l’infini ;
    L’amour devient vertigineux du haut de son septième ciel.
    Quand une femme ferme son cœur, c’est terminé, c’est bien fini ;
    Tout ce qui était libidineux est devenu superficiel.

    Qu’il est bizarre ce chemin, où tout me semble répétition,
    Où je refais les mêmes erreurs que mes aïeux auparavant.
    Je m’imagine que demain sera une nouvelle édition,
    Et je constate avec horreur que tout est toujours comme avant.

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  • L’arbre cœur

    L’arbre cœur

    La raison du miroir se trouble quand mon image est immergée
    Dans le reflet qui me dévoile là où mes pensées sont meilleures.
    L’avenir m’apparaît en double et mon passé semble inversé ;
    Même la clarté des étoiles n’est qu’un présent venu d’ailleurs.

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  • L’auguste pavillon

    L’auguste pavillon

    Dessine-moi un beau zodiaque qui représenterait la Terre,
    Où tu ferais régner la paix au soleil du cœur de lion.
    Qu’il soit assez paradisiaque pour un refuge élémentaire
    Où mon cœur pourra se draper de son auguste pavillon !

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  • L’ivresse des coquelicots

    L’ivresse des coquelicots

    Et ce qui devait arriver a bien fini par apparaître,
    Car la planète a basculé dès ce matin, preste illico !
    Un démon a dû la priver de son fidèle éthylomètre
    Pour se voir ainsi bousculée sous l’ivresse des coquelicots.

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  • Le papillonafleur

    Le papillonafleur

    Tapi sur sa grappe de fleur comme un papillon alchimiste,
    Le volatile vigneron s’attarde sur quelque pollen.
    Ici, il frappe d’un labeur tout plein d’entrain, tout optimiste ;
    Là, il tranche une baie bâtarde au goût de poire Belle-Hélène.

    Que j’aurais voulu de la branche des Papilionacées – mais avec modération – mais qui en réalité est une classe de plantes dont le type est le pois, le haricot et le trèfle.

    
    
    
  • L’Archilion

    L’Archilion

    Architectes et archiprêtres, voici votre nouveau maître :
    On l’appelle l’Archilion, virtuose pygmalion !
    Celles et ceux qui ont su naître dans cette étroite fenêtre
    Du cinq août sont des lions, des artistes en rébellion.

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  • Un aperçu du paradis

    Un aperçu du paradis

    J’avais pensé percer un trou au fond de ma morosité
    Pour avoir un peu de lumière sans que ça me coûte un radis.
    Bien que je crusse peu ou prou, de Dieu, sa générosité,
    Il a envahi ma chaumière d’un aperçu du paradis.

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  • L’aventure est au bout du pont

    L’aventure est au bout du pont

    Il suffirait de presque rien pour m’en aller à l’aventure
    Si je savais où va le pont autre part que dans le néant…
    Mais j’ai le sens épicurien, ce qui n’est point désinvolture,
    Et comme je suis un peu fripon, j’irai à grands pas de géant !

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  • Les amours saisonnières

    Les amours saisonnières

    Mon beau moulin s’est endormi pour les noces de porcelaine
    Car le meunier et la meunière sont couchés pour faire un petit.
    Seules les abeilles et les fourmis travaillent jusqu’à perdre haleine.
    Ainsi les amours saisonnières vous mettent parfois en appétit.

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  • Si le lion, si

    Si le lion, si

    Si tu peux dès l’aube entendre le simple chant de l’oiseau,
    Si tu sais bien le comprendre quand il yodle les aigus,
    Si l’oreille tu sais tendre à son cri dans les roseaux,
    Si tu arrives à apprendre son gazouillis suraigu,

    Tu seras un lion fier
    Que tes amis gratifièrent
    De leurs amitiés sincères
    En ton jour d’anniversaire.

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  • La folie des hauteurs

    La folie des hauteurs

    Me sentir si haut perché sur le bout du doigt de Dieu,
    Ce doit être babélien même si je suis solitaire.
    À force de rechercher les problèmes insidieux,
    Je deviens machiavélien et mon cœur totalitaire.

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  • Bonne nuit les petits

    Bonne nuit les petits

    Le soleil va se coucher et le soir, c’est obsédant !
    Maman ourse est affairée à endormir ses petits
    « Hâtez-vous de vous doucher et de vous brosser les dents !
    Votre série préférée va vous mettre en apathie ! »

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  • Portes ouvertes et fermées

    Portes ouvertes et fermées

    Au-delà des portes ouvertes, c’est l’évasion vers le large.
    Derrière les portes fermées, on ne sait ce qui se passe.
    Les meilleures découvertes dépassent toujours les mages
    Mais les esprits déformés se retrouvent dans l’impasse.

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  • Rimes et pointes

    Rimes et pointes

    Quand elle est en chaussons, elle griffe des pointes ;
    Quand elle est en patins, elle signe des huit.
    Elle et moi rehaussons nos adresses conjointes ;
    Elle dans le satin, moi dans les rimes à suites.

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  • Le désert bleu

    Le désert bleu

    Vaisseau étrange dans le désert comme une neige immaculée,
    Un homme en bleu en dromadaire, venu de loin, venu d’ailleurs,
    Qui s’aventure à la légère comme un présage miraculé,
    Sans une phrase, sans commentaire, dans son devoir ravitailleur.

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  • Jaune tulipe

    Ma couleur préférée, c’est le jaune tulipe !
    J’aime bien le lilas blanc ainsi que les noires roses !
    Je dois m’y référer afin que j’y participe,
    Sinon c’est accablant et frise la névrose !

    Dessin de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Martin 365 fois par an

    Martin 365 fois par an

    De bon matin, l’oiseau martin pèche ses provisions
    Pour les porter à ses enfants dans toutes ses maisons.
    C’n’est pas facile, c’est incertain de faire ses prévisions.
    C’est comme ça pour tous les ans pour toutes les saisons.

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  • La fée incandescente

    La fée incandescente

    Quand ma femme a fait l’amour, brusquement son cœur s’embrase
    Et son âme incandescente agite ses petites ailes
    Quand je lui fais des mamours, pas besoin de belles phrases,
    Pour que ma fée indécente m’embrasse avec plein de zèle.

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  • La petite vendeuse de pommes

    Elle vendait ses pommes juste à côté d’Éden,
    Un tout petit village peuplé d’âmes innocentes.
    Et puis ce fut tout comme une fièvre soudaine,
    Comme un dépucelage d’amours luminescentes.

    Dessin de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Les mille bouches

    Les mille bouches

    La déesse aux mille bouches m’a chuchoté cette nuit
    Que les femmes sont farouches mais qu’elles meurent d’ennui.
    J’en ai remis une couche car je sais que, vers minuit,
    Lorsqu’elles prennent une douche, je viens et les désennuie.

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  • Ravie au lit

    Ravie au lit

    Quand la femme heureuse ferme ses beaux yeux
    C’est qu’elle a sans doute un bel amoureux
    Aux mains chaleureuses, au sexe orgueilleux,
    Dont elle redoute le goût savoureux.

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  • Des bleus et des couleurs

    Des bleus et des couleurs

    Quand vous la verrez habillée de bleu,
    C’est pour la couleur d’une vie morose.
    Quand vous la verrez habillée de rose,
    Ce n’est pas douleur c’est parce qu’il pleut.

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  • La brume pourpre

    La brume pourpre

    La brume a des effets vermeils sous le soleil rougeoyant
    Qui empourpre les collines et illumine les monts.
    La terre se met en sommeil sous le brouillard ondoyant
    Qui drape de crinoline les montagnes du Piémont.

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  • Les fleurs de la montagne

    Les fleurs de la montagne

    Quand je gravis les montagnes à la poursuite du vent,
    J’y découvre un paradis de fleurs de mille couleurs.
    Le mistral, la tramontane sont parfois bien éprouvants
    Mais c’est une thérapie bien saine et sans douleur.

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  • L’Hôtel de la mer

    L’Hôtel de la mer

    À l’Hôtel de la mer, on y vient en bateau ;
    On accoste devant, on entre sans frapper.
    Une collation amère est servie sur plateau
    Et le soleil levant viendra vous y draper.

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  • Sous la douche

    Sous la douche (nu

    Pour l’embrasser sous la douche, je dois savoir me mouiller
    Et arroser du regard toutes ses rotondités.
    Pour l’embrasser sur la bouche, je dois juste me dépouiller
    Et pénétrer sans retard sa tendre fécondité.

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  • La fille aux oiseaux

    La fille aux oiseaux

    La chevelure au vent s’offrant au plus offrant
    Les mèches étendues font naître les oiseaux
    Mais cet accouchement n’est jamais bien souffrant
    Sauf le cri des oiseaux qui court dans les roseaux !

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  • Les verts vallons

    Les verts vallons

    Verts vallons, où m’entraînez-vous ?
    Qu’avez-vous derrière l’horizon ?
    Qu’allez-vous me faire découvrir ?
    Que de promesses au rendez-vous !
    Je n’ai plus peur des trahisons
    Et j’ai l’amour à recouvrir !

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  • Le palais des échecs

    Le palais des échecs

    Pauvre roi Pharaon, pauvre Napoléon,
    Qui voit dans ce palais plein de pièges grossiers
    Qui te mettent en échec comme le caméléon
    Posé sur une vitre polie par le brossier !

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