🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Les rituels
SACRĂŽNE – Le baiser vulvaire de bĂ©nĂ©diction

🧎‍Yavänor
Je me plie Ă genoux le matin comme offrande
Pour donner à vos vulves leur baiser consacré.
Mes lèvres pour Laureline qui est ma Révérende
Et ma langue à Loreleï, mon Féminin Sacré !
👩🏻‍🦰 Laureline
Je reçois ton baiser comme un souffle de grâce
Sur mes petites lèvres, devenues cathédrale.
Ma vulve est frémissante et, lorsque tu l’embrasse,
Tout ton amour jaillit sur l’Étoile intégrale !
👩🏻 Loreleï
Ta langue est une main qui relit l’Ancien Livre
Et j’ouvre mes secrets aux prophètes du goût.
Tu m’as fait temple rouge où la mémoire s’enivre,
Où l’homme agenouillé jouit lorsqu’il s’engoue.
👧 Élysäé
Le baiser de mon père a traversé ma mère,
J’ai senti dans mon sang la harpe des matriarches.
Je suis née pour chanter cet orgasme éphémère,
Embrassé, honoré par notre patriarche.
👧🏽 Laëtïtïa
Ton baiser, c’est un cri de joie contre mes chaînes
Et je grave en mon sein ce feu qui réconforte
Et nous dit : « Jouissez, car vous êtes des reines ! »
J’en ferai un poème de ma voix la plus forte.Tableau de Charles Dey.
-
Les rituels
Rite de SĂ‹LVA – Le Sexe montrĂ© comme un cri

👩🏻Loreleï
Je me tiens devant toi, debout dans la lumière,
Mes cuisses sont un seuil, mon sexe est ma bannière.
Je n’offre point mon corps aux lois du désir mâle,
Je l’exhibe en splendeur, farouche et sans rafale.
C’est moi que tu contemples, non ce que l’on possède,
Ce n’est pas une fente : c’est une bouche pleine.
Ma vulve est un flambeau, ma chair une fontaine
D’où jaillit la mémoire, la révolte qui obsède.
🧎‍Yavänor
Ă€ genoux devant toi, je baisse enfin les yeux,
Ni d’honte ni de soumission mais plutôt d’un vœu pieux.
Je ne viens pas saisir, je viens pour reconnaître
Le droit d’être un royaume au sexe d’où je veux naître !
Je proclame aujourd’hui, dans la clarté du jour,
Que le sexe des femmes est plus grand que l’amour.
Qu’il est drapeau vivant, et cri d’humanité
Et que nul n’a le droit d’en voler la fierté.
👩🏻Loreleï
Alors je me relève, et j’appelle mes sœurs,
Elles viennent, une Ă une, ouvrir leurs profondeurs.
Leurs vulves sont des mots, leurs plis sont des poèmes,
Et toutes dire en silence : « Nous sommes enfin nous-mêmes. »
👧🏽 Laëtïtïa
Je suis née d’un sursaut, d’un refus et d’un cri,
Et j’ai vu dans ta chair le pouvoir interdit.
Ton sexe n’est pas doux : il est griffe et volcan,
Il m’a crachée au monde comme un « STOP ! » provoquant.
Je brandis ton drapeau » non tissé mais de peau,
Là où s’ouvre la honte, je dessine un flambeau.
Je ne veux plus qu’on taise la fente originelle ;
C’est par elle qu’on naît, c’est par elle qu’on s’appelle.Tableau d’Ariana Tero.
-
Les rituels
Ce que vous avez fait aux femmes

Elles marchaient toutes ployées sous les violences domestiques,
Résignées sous les traditions, le corps lourd, psychosomatique.
Les mains pleines de mots déployés traités comme simples caprices,
Leurs silences et leurs soumissions, témoins violés de leurs supplices.
Vous leur avez volé leurs nuits, leurs chants, leurs propres solitudes,
Vous avez imposé la peur comme pudique certitude.
Vous avez déshonoré l’huis de leurs vulves et leurs clitoris
En les plongeant dans la torpeur de n’être que des orifices.
Elles ont tendu leurs appas sous des regards illégitimes
Qui leur volaient leur dignité et leurs droits pourtant légitimes.
On les a vite mises au pas, mères avant même qu’elles soient filles,
Soumises à la fertilité, fagotées jusqu’à la cheville.
Très tôt, elles n’ont pu que sourire lorsqu’elles se sentent opprimées
Et ont dû cacher leurs douleurs sous des « je vais bien » déprimés.
Elles ont tu colères et rires, leurs règles, leurs projets d’avenir
Et mĂŞme leurs rĂŞves en couleurs couverts des pires souvenirs.
Je les ai vues vendre leurs corps contre la paye du mari,
Préparer le repas des hommes, troussées manu militari.
Laver, briquer et nettoyer maison, enfants et relever
Leurs jupes sans s’apitoyer comme des filles bien élevées.
Vous en avez fait des servantes, des pauvres reines sans royaume,
Des déesses blessées, exilées, enfermées dans vos tristes idiomes.
Mais leurs cris chargés d’épouvante traversent murs, lois et années
Pour revenir droits, effilés, aiguisés de larmes surannées.
Elles reprennent alors leurs droits, leurs corps et leurs ovulations,
Le pouvoir de s’émanciper, refuser l’éjaculation.
Elles ne seront plus l’octroi des dictatures domestiques ;
L’esclavage stéréotypé a perdu ses droits humanistes.Texte de Loreleï ; la fresque peinte par Olivia De Bona © Mairie du 12ème.
-
L’esprit des forêts

Un arbre cache la forĂŞt et la forĂŞt, son petit peuple
Qui danse, chante avidement dans les sous-bois et les clairières
À l’occasion d’un jamborée proposé sur la terre meuble
Entre lutins, évidemment, les fées, les elfes et les sorcières.
Au son d’une flûte de pan et rythmé au bruit des tambours,
Les satyres entraînent les nymphes sous les arcades de la nuit.
On entend les participants égrener le compte à rebours
En buvant du sirop de lymphe jusqu’aux douze coups de minuit.
Mais quel est donc ce carillon aux échos se reproduisant ?
Ce sont les douze revenants qui se tambourinent les os !
Vite, libellules et papillons ! Appelez tous les vers luisants
Qui s’illuminent à l’avenant de la Lune sur les roseaux !
Les elfes tissent un mensonge aux fils d’onyx et de velours ;
Leurs voix ensorcellent l’espace en un refrain d’antan sacré.
Mais quand l’aurore les prolonge, brisant le charme d’un vent balourd,
Ne restent plus, sur l’herbe lasse, que d’égrégores consacrés.Tableau de Sydney Long.
-
La fille de l’air

Si une femme-papillon venait me butiner le cœur,
Assurément ses battements seraient tempête dans mon âme
Qui hisserait son pavillon pour annoncer d’un air moqueur
Que le cyclone m’a bĂŞtement mis le corps et l’esprit en flamme.
Je le savais, je la craignais et je l’ai laissée s’approcher
Pensant que j’étais réfractaire à son frémissement subtil.
Et tandis que je m’astreignais à garder mon cœur accroché,
Un Cupidon lépidoptère m’a décoché sa flèche utile.
Et j’ai fondu d’amour pour elle, me suis fait tout p’tit devant elle,
Et ses antennes connectées m’ont soudain rendu luxurieux.
Puis elle a refermé ses ailes et de nos amours immortelles
Sont nés des enfants suspectés de générer des vents furieux.
Mais soudain sa grâce m’emporte dans un tourbillon d’arc-en ciels
Où deux amants, fous de vertige, frôlent l’azur d’un seul élan.
Leurs cœurs ensemble se comportent comme deux astres substantiels
Qui dansent un ballet oĂą voltigent des feux qui se veulent excellents.Tableau de Xue Duan.
-
Club National des Nudistes Associés
Au club national des nudistes auquel je suis associée,
Je suis la secrétaire-nue à tout faire pour ces messieurs.
Avec les patrons échangistes, je laisse leurs femmes à mes dossiers
Et quand pénètre un inconnu dans nos bureaux, c’est tendancieux !
Pour avoir la chance d’entrer dans notre cercle très réservé,
Il faut avoir vécu à poil durant au moins un mois par an,
N’avoir pas peur de se montrer, aimer se sentir observé.e
Et faire l’amour sous les étoiles sous le regard de ses parents.
Une fois admis au cénacle, avec votre carte de membre,
Vous aurez l’autorisation de sortir en portant vos charmes.
Avec ce permis, plus d’obstacle pour, de janvier jusqu’en décembre,
En faire l’extériorisation sous la protection des gendarmes.Illustration d’Al Brule.
-
Nu distant lisant
Distante et nue, ouvrant un livre et le lisant Ă haute voix,
Elle cherche le meilleur passage pour exciter sa libido.
La littérature délivre et ouvre les plus belles voies
Aux fantasmes les plus sauvages Ă faire grimper aux rideaux.
Évidemment l’inconvénient consiste à bien renouveler
Sa bibliothèque érotique car on ne se répète pas !
On fait l’amour en s’ingéniant de trouver comment révéler
L’inattendu si exotique de la fraîcheur des beaux appâts.
Comme le bénédicité avant de manger son repas,
La lecture se doit d’être brève et la nouvelle appropriée
Sinon votre félicité passe vite de vie à trépas ;
L’orgasme ne se vit plus qu’en rêve lorsque l’amour se fait prier.Tableau de Jean-Jacques Henner.
-
Papyrus & Mamyrus
De fait, Papyrus étant scribe et Mamyrus ayant bon dos,
Ils écrivirent un journal sur les potins illégitimes.
Comme bien souvent sa diatribe, trop longue, occupait tout l’endos,
Les titres, sous les fosses rénales, descendaient aux parties intimes.
Mamyrus n’avait pas le choix et sortait nue pour exposer
Annonces et publicités affichées aux endroits sensibles.
Que la même idée nous échoit de nos jours va indisposer
Tous les prudes de la cité mais l’impact sera ostensible.Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .
-
Le jardin intérieur
Mon petit jardin intérieur ne siège pas dans ma cervelle
Mais dans l’abdomen près du cœur qui fait office de soleil.
Parfois aux niveaux supérieurs, là où les poumons s’échevellent,
Passent des nuages de rancœur que quelques coups de vent balayent.
Tout ce qui remonte des tripes et que je n’ai pas digéré
Vient décanter dans la forêt des projets encore à bâtir.
Souvent juste au bord s’y agrippe mon petit oiseau préféré
Qui est l’avatar phosphoré ce celle dont j’aime compatir.
Car ton souvenir est en moi malgré l’image déformée
Que j’ai oubliée en chemin mais peu m’importe l’apparence.
Tu vis toujours au fil des mois comme un fantôme réformé
Qui me soutient, main dans la main, dans mes jours de désespérance.Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .
-
Sur les traces du Petit Poucet









Courant les bois et les forêts, je jette un œil dans les fourrés
Et j’y vois un drôle de caillou me toiser d’un regard voyou.
Plus loin, dormant sur une souche, un œuf reposant sur sa couche ;
Sans doute un coucou égaré a pondu cet œuf bigarré.
Sous une tranche de bois coupé, une coccinelle m’entourlouper
Avec ce panneau en ébauche qui confond la droite et la gauche.
C’est un gros matou débonnaire, un peu devin et visionnaire,
Qui me conseille plutôt d’aller dans la direction des galets.
Je tourne en rond dans un bosquet cherchant un signe débusqué
Lorsqu’un galet indicateur se montre assez inspirateur.
Sur ses conseils, une famille de petits graviers qui fourmillent ;
Grands et petits, lapins cochons et autres animaux folichons.
Une fleur en forme de boussole, digne bouture d’un tournesol
Apparenté d’une rose-des-vent, me renvoie au soleil levant.
Et j’atteins la maison célèbre, d’un couple qui crève les ténèbres,
OĂą trĂ´nent Madame Lunaire et son compagnon luminaire.
Dernier coup d’œil sur le chemin, sans doute j’y reviendrai demain
Maintenant je peux rebrousser la piste du Petit Poucet.Les petits cailloux peint de Fabienne Barbier que j’ai semés sur le chemin dans la forêt d’Eschenberg.
-
Mais où sont passées les amanites ?



Fortuitement une ammonite, découverte au bord du chemin
Traversant une forĂŞt suisse, me mit sur la piste aux fossiles.
Mais je ne trouvai qu’amanites qui me saluaient de la main
Ressemblant autant qu’elles puissent à des créatures aux faux cils.
Sans doute sous l’effet des spores, volatiles hallucinogènes,
L’une d’elle ôta son chapeau – regard coquin sous le chignon –
J’en transpirais de tous mes pores sous l’effet des lacrymogènes
Qui me rubéfiaient la peau où me poussaient des champignons.
Je n’sais où est la part du vrai – vous me croirez si vous voulez.
Grosse truffe me suis-je trouvé parmi ces femmes vénéneuses.
Ce n’est pas tout ; ce qui m’effraie, ce sont tous ces petits bolets
– Mon portrait craché approuvé – qui croissent en sylve résineuse.Tableaux de Rebecca Cool.
-
Les deux mondes


Une partie de la planète vit de rituels ancestraux
L’autre partie a transformé son monde en tendance à la mode.
Une partie tient les manettes avec des moyens magistraux
L’autre partie n’est informée que de ce dont elle s’accommode.
Ceux qui sont nés en occident et préformatés par l’argent
Sont dans la chaîne économique, esclaves ou maîtres, ça dépend.
Ceux qui sont nés par accident parmi les pays émergeants
Vivent en nombre astronomique et sont condamnés aux dépens.
Mais ce qui est vrai pour le monde l’est tout autant dans le pays
Et ceux de la France d’en Haut ignorent la France d’en bas.
La répartition semble immonde mais personne n’en semble ébahi
Du moins ceux qui vivent au château, qui mangent et qui font la nouba.
Et même chaque individu peut naître en bas, grimper en haut
Et redescendre à mi-hauteur ou complètement dans son trou.
Mais il serait inattendu que quelqu’un né à Monaco
Aspire au rêve psychomoteur de se retrouver sans un sou.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
Châteaux de cartes sur la plage publique


Chaque loi et chaque réforme déposées sur leurs précédentes
S’élèvent comme un château de cartes qui forme le code civil
Bâti sur un terrain conforme face à la marée ascendante
Et dont les fondations s’écartent malgré leurs alliances serviles.
La démocratie sur le sable diffus de la plage publique
N’offre pas de support solide quoi que l’on fasse, vaille que vaille.
Les remaniements trop instables érigés sous la république
Ressemblent aux soldats invalides après la fin d’une bataille.Tableaux de Kevin Sloan.
-
Trois petites chimères






Contrairement aux trois petits singes qui ne voient, n’entendent et se taisent,
J’ai rencontré les trois chimères qui observent, écoutent et s’expriment.
Elles se creusent les méninges et ont conçu une prothèse,
Une sorte d’habit victimaire sur lequel leurs pensées s’impriment.
Lorsque l’une est plutôt pensive, sa queue de pie s’allonge et bouge
Pour faire connaître au verso une invite à faire la fête.
Si l’autre est plutôt agressive, son habit se teinte de rouge ;
Toutefois, native du verseau, c’est souvent sur un coup de tête.
Si la troisième sans retard soulève un pan de sa tunique,
Elle montre l’état de son cœur d’une manière assez visible.
Puis, l’air de rien, un peu fêtard, la voici qui vous communique
Son petit rire un peu moqueur et ses pensées imprévisibles.Céramiques de Sergei Isupov sur https:www.juxtapoz.comnewsnew-ceramic-work-by-sergei-isupov .
-
Toujours ce même rêve idiot !
Je fais souvent ce rêve idiot, entièrement nue parmi des gens,
Soit lors d’un déjeuner sur l’herbe, soit à un arrêt d’autobus.
Parfois je passe Ă la radio avec des gars intelligents,
Parfois dans le milieu acerbe du travail coiffée d’un gibus.
Cependant contre toute attente, personne ne me prĂŞte attention ;
Tous ont l’air de trouver normal que j’exhibe ainsi ma vertu.
Il faudrait un jour que je tente de rêver nue sans prétention
Pour attirer les jeunes mâles et voir comment ils s’évertuent.
Gare Ă Facebook et sa censure quand je rĂŞve en faisant des vers
Avec l’image, sans équivoque, d’une pin-up montrant ses seins !
Entre les lignes, je vous rassure, se niche mon côté pervers ;
Ce sont mes rĂŞves qui provoquent tous ces petits nus assassins.Illustration de Jeanne Puchol.
-
Quoi qu’il arrive, tout le monde râle !
Depuis l’enfance on me fait peur, l’éducation par l’oppression,
Menace de faim dans le monde ou privé du père Noël.
Puis on augmente la vapeur et on fait monter la pression
Par les moyens les plus immondes de la bande Ă Emmanuel.
On m’a remplacé la carotte par des masques et des œillères
La guerre, l’islam, le terrorisme sont mes fléaux à éviter.
Par la terreur qui me garrotte – en fait ma pire conseillère –
Sous prétexte de protectionnisme contre famine et pauvreté.
Finalement quand tout va mal, je regrette le monde comme avant,
Avant quand je voulais changer et vivre dans un monde meilleur.
Mais je ne suis qu’un animal, une sorte de singe savant
Qui n’aime pas être dérangé et voudrait se tirer ailleurs.Tableau d’Aziza sur https:www.asiza.ca .
-
Le syndrome de Magritte


J’ai le syndrome de Magritte ; je n’ sais plus si ce que j’écris
Est plus vrai qu’ la réalité ou plus faux que tous les mensonges.
Pareil au serpent hypocrite qui se mord la queue sans un cri
De peur que sa virtualité devienne une histoire à rallonge.
Quand je relis, un an après, deux ou trois ans ou davantage,
Mes petites circonlocutions, je pourrais presque m’y tromper.
Mais si je regarde de près, je n’y vois point d’escamotage ;
L’eau trouble reste sans solution et je n’ai plus qu’à la pomper.Tableaux de Neil Simone.
-
Son quota d’histoires


Derrière le rideau de nuit, le paysage paradoxal
D’un ciel d’azur au bleu de rose pour des rêves contradictoires
Afin de pomper de l’ennui les oreillettes abyssales
De mon cœur qui devient morose s’il n’a pas son quota d’histoires.
Alors laissons notre théâtre s’ouvrir sur un monde meilleur
La tête dans les nuages épars sur un océan de quiétude.
L’esprit, grandiose et bellâtre, regardera sans doute ailleurs ;
Le cœur, déjà sur le départ, saura goûter sa complétude.Tableaux de Rafal Olbinski.
-
Au secours !
Quand dans les ruelles primaires court sa couleur complémentaire,
Que voulez-vous donc qu’il advienne quand le cœur vit comme un larron ?
Baiser volé, amours chimères, en couple ou en célibataire
Pourvu que les rencontres viennent d’un air joyeux et fanfaron.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
M’as-tu vu ?
Est-ce que tu m’as vu sur ma branche quand j’me sens sens dessus-dessous ?
Est-ce que tu m’as vu dans la terre quand j’fais la tactique de l’autruche ?
Quand ça va pas, je me débranche de ce monde qui me dissout
Et quand la sociĂ©tĂ© m’atterre, j’éclate comme une baudruche.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les lunettes d’illusion
Souvent les voyages déforment l’observateur et l’observé
Car ces lunettes d’illusion donnent une image transgressée.
Je pense que je me transforme et que le cadre est préservé,
Mais le tourisme en collusion laisse une planète agressĂ©e.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Minuit minette
C’est vers minuit que ma minette cherche son chaton en peluche
En miaulant tous ses mots d’amour comme un carillon de minuit.
Fabienne en fait une binette et met sa tĂŞte sous la capuche
De l’oreiller non sans humour, jurant : « Combien ce chat me nuit ! »Histoire authentique qui se répète assez souvent mais jusqu’à présent les voisins n’ont pas réagi.
-
Les nouvelles Parques
Les Parques ont bien évolué depuis qu’on ne croit plus aux dieux
Et se sont bien reconverties dans les bijoux de fantaisie.
Car les vies sont évaluées, sur des fils miséricordieux,
Désormais en colliers sertis avec des perles d’ambroisie.Rappelons que les Parques étaient, dans la mythologie, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort, généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin.
-
Cours de topologie
Il existe des surfaces courbes que l’on appelle « positives »
Parce que la somme des angles est dépassée par ces rivales.
Il en est d’autres un peu plus fourbes que l’on targue de « négatives »
Car elles ont la forme d’une sangle épousant la selle d’un cheval.
En mathĂ©matiques, la topologie est l’étude des dĂ©formations spatiales par des transformations continues notamment les surfaces et les nĹ“uds par leurs dimensions et aussi Ă leurs dĂ©formations comme l’illustre le dessin ci-joint.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Amour est musique
Beaucoup de mes amours sont comme la musique ;
D’abord l’introduction est puissante et profonde,
Puis des coups de tambours battent un rythme physique,
Enfin, la séduction du contre-ut est féconde.Tableau de Marlina Vera.
-
Les origines oubliées
Je connais bien tous les chemins où trône mon arbre en sa cour ;
Autant ceux que j’ai oubliés que ceux dont j’ignore l’origine.
C’est parce qu’aujourd’hui et demain j’en continuerai le parcours
Jusqu’à ce qu’en soient publiĂ©s tous les rĂ©cits que j’imagine.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’infini
Si tu calcules le nombre des parents de nos parents,
Ça fait une infinité de cousins et d’ascendants
Qui s’enfuient dans la pénombre de l’escalier apparent
Qui contient l’infinitĂ© de cet arbre transcendant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
My lady
C’est comme une chanson, quelques petites notes
Qui te font ta parure et te mettent en valeur.
Madame, si nous dansons, nous tenant les menottes,
Mes mains sur ta cambrure, je suis si cavaleur !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Si ce matin
Si ce matin en te levant, tu découvres ta vie en rose
Avec des milliers de lanternes qui éclairent ainsi ton chemin,
C’est que ton âme, en élevant cette nuit tes pensées moroses,
Les a lavĂ©es dans la citerne du puits aux souhaits Ă deux mains.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Invincible dans mon royaume
Transparentes comme l’eau claire, toutes les voix de mon passé
S’engouffrent dans l’air invisible pour un canon perpétuel.
Parfois j’entends la voix du père, ou de ma mère plus espacée,
Qui rendent mon cĹ“ur invincible dans mon royaume habituel.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Sérénité dans le silence
Avec de la sérénité dans un monde nimbé de silence,
Point besoin de chercher fortune car la richesse est à portée.
Avec de la simplicité et une juste vigilance
La jouissance est opportune et la quiĂ©tude est transportĂ©e.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les âmes-flammes
Quelles sont donc toutes ces âmes
Qui s’agitent en mille flammes,
Qui, le soir, montent aux étoiles
Toutes enrubannées de voiles ?
Quelles sont ces petites lumières
Qui courent vers les chaumières
Pour renaître, de ce nid d’âmes,
En petits messieurs, mesdames ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les âmes veilleuses
Une Ă une, elles s’Ă©teignent vers l’aurore matinale
Comme si elles partaient pour l’autre monde meilleur.
Mais plus tard elles s’étreignent en destination finale
Comme si la mort s’écartait au passage des veilleurs.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les voyages en ballon
Je m’en vais me rafraîchir tout au-dessus des nuages ;
Je suis guidé par les vents qui m’emportent par-dessus monts
Et je me laisse enrichir parmi ces courants suaves
Qui me bercent en rĂŞvant et me gonflent les poumons.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Quand la montagne fume
Quand on se retrouve entre nous avec les gars de la montagne,
On déterre le calumet pour s’en aller fumer en paix.
Nous nous asseyons Ă genoux au-dessus des vertes campagnes
Puis nous dĂ©gustons le fumet et ça nous ferme le clapet.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le coup du poisson
Regardez bien, les enfants, ce que je sors de la rivière
Avec un peu de magie et avec un peu d’adresse !
Regardez-moi triomphant de cette onde nourricière,
Je rapporte Ă mon logis ce beau poisson qui se dresse !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Mes mémoires au présent
J’ai décidé d’écrire mes mémoires au présent
C’est beaucoup plus facile, sans demander d’effort.
À quoi bon de décrire un passé complaisant
Aux souvenirs graciles qui n’ont plus de ressort.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Si tous les gars du monde… – 2
Et si tous les gars du monde se prenaient tous par la main ?
Ça nous ferait un bel œuf tout enrubanné d’amour !
Un beau fruit de mappemonde bien gorgé d’amour humain ;
Les lapins au gui l’an neuf viendraient jouer Ă la mourre !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les sub-aériens

Ils naviguent en surface, tous les sub-aériens
Ils refont leur plein d’eau et de poissons d’argent
Parés à la manœuvre les vaisseaux icariens
Vont bientĂ´t s’envoler dans les limbes divergents.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les chalumeaux Ă deux bosses

Noria sinusoĂŻdale qui caresse la dune,
Tous ces dromaludaires voguent au fil de l’eau.
Mais leur maître a troqué pour toute une fortune
Et les a changĂ©s pour une horde de chalumeaux.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Duo de butineurs

Pour l’hommage à la fleur et pour son beau plaisir
Il faut deux papillons pour l’aimer à loisir.
L’un au pôle nord pour goûter à son suc
L’autre au pĂ´le sud pour l’aimer de son rut.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Départ incessamment

Viens ! On part tout de suite dans le rebrousse-temps !
Je suis tombé amoureux de celle qui m’a fait naître.
Je retourne l’enlever pour être mon enfant,
Aussi bizarre que ça puisse vous paraître !
Retour vers le futur, choisis bien ton année
Direction le passé avec la marche arrière
Et les autres vitesses pour voir la destinée
Mais il faudra freiner de toutes les manières !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La chorale florale
Venez tous entonner ce canon inédit !
Les filles chanteront les petites fleurs roses,
Les garçons répondront de fleurs bleues aux ladies
Et ensemble mangeront ces quelques jameroses.
Prêtez votre attention à votre respiration !
Surveillez ma baguette, je donne le départ.
Je commence par les filles, suivez la partition !
Puis avec les garçons, souple comme le guépard !
Je chante avec les filles, je chante avec les gars,
On prend les marguerites, on les effeuille un peu.
Ne perdez pas le rythme, ne faites pas de dégâts,
Il faut bien respecter les montées et les creux !
Reprenons s’il vous plait « Ah si j’étais fougère… »
Les filles en voix de tête, les garçons à la basse.
Attention maintenant la voix est plus légère
Tandis que dans l’orchestre chante la contrebasse !
Demain à la kermesse, vous serez la vedette !
La chorale florale donnera son spectacle
Et charmera les cœurs, pour l’oreille sudète,
Pour redorer l’éclat et monter au pinacle !Tableau de Fabienne Barbier
-
Le Port trait-pour-trait

Assis Ă ma fenĂŞtre, des couleurs pleins les yeux,
J’observe le jeu des ombres qui profilent les maisons.
Les façades muettes aux volets capricieux
Montrent mille personnes Ă la belle saison.
Ne cherchez pas ce port, vous ne le trouverez pas !
Il n’existe qu’en rêve et en imagination.
C’est le fruit d’une artiste qui fit un mauvais pas
Dans les bras d’un poète pour une aliénation.
Elle a, sur sa palette, disposé ses couleurs,
Lui a, à sa requête, mêlé un peu de vers.
Mais elle a accouché l’œuvre dans la douleur ;
Lui, il s’est reposé, ce poète pervers !
Plusieurs individus s’y sont trouvés piégés !
Ils errent dans les rues et dans les cabarets.
Ils ont aménagé dans ces jolis masets
Mais ils sont prisonniers et vont le demeurer !
Impossible de fuir ce qui n’existe pas !
Aucun bateau ne viendra mouiller dans ce port !
Ceux qui ont essayé ont connu le trépas !
La vie est arrêtée, le temps suspend la mort.Tableau de Fabienne Barbier
-
Mon arbre d’amour
Accroché sur les branches de l’arbre nourrissant,
L’enfant goûte le suc de ses fruits suspendus.
Le nectar enivrant du jus attendrissant
Fait la sève montante à l’amour défendu.
J’en connais l’origine, je suis le jardinier.
J’ai affectionné l’arbre et je l’ai caressé.
J’ai greffé de ma sève du sac de mon grainier
Dans une jouissance et l’extase gynécée.
Ă” mon arbre-compagne, je me souviens encore
Du goût de ton écorce et du creux de tes branches.
J’ai goûté moi aussi à cette Manticore
Qui habitait ton âme jusqu’à ta cime franche.
Maintenant cet enfant qui tète goulûment
Va connaître les hommes et grandir à ton tour.
Je l’accompagnerai partout assidûment
Et je lui apprendrai à pratiquer l’amour.
Mais pour l’heure mon arbre réclame encore un peu
De tendresse et de rêve, c’est une plante insatiable.
Mais je sens que ma sève dure, d’un goût juteux,
Et qu’auprès de mon arbre ma vie est formidable.Tableau de Fabienne Barbier