Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La Bacchanale des Sylves

    La Bacchanale des Sylves

    Ils s’étaient réunis, loin des regards du monde,
    Où la mousse s’endort et que le vent inonde.
    Le vieux Pan, tout couvert d’écorce et de rumeur,
    Sifflait des airs d’ivresse selon sa bonne humeur.

    Les nymphes, seins au vent, s’ébrouaient éventées,
    Couronnées de pétales et de rires enchantés.
    Leurs hanches épousaient les soupirs des feuillages,
    Et leurs lèvres souriaient de jolis babillages.

    Un faune agenouillé goûtait l’eau d’une épaule,
    Tandis qu’une harpie, filant comme une gaule,
    Épiait, œil ouvert, les élans des amants
    Et gloussait dans le ciel quand venait le moment.

    Syrinx était-elle là, ou bien son souvenir,
    Une ombre dans le jonc, une plainte à venir ?
    Mais nul ne craignait plus les dieux ou les silences ;
    Les cœurs battaient plus fort sans trop de vigilance.

    Car sous le chant de Pan, la pudeur se dissout,
    Et même les pucelles s’y allongent en-dessous,
    D’un baiser sur la bouche, d’un mensonge en retour,
    Elles jouissent sans honte, sans fard et sans détour.

    Tableau de Norman Linsay et Texte de Laureline Lechat

    
    
    
  • Les dimensions complexes

    Les dimensions complexes

    Quand trois dimensions ne suffisent plus à décrire ce que j’abomine,
    J’en rajoute une quatrième et parfois même une cinquième.
    Cela excite mon hypophyse à sécréter sa dopamine
    Qui m’en rajoute une sixième quand ce n’est pas une septième.

    Alors le temps fait une boucle, le phénix renaît de ses cendres,
    Les hommes et les femmes s’assemblent en alternant dieux et démons.
    Diamants, saphirs et escarboucles s’associent afin d’entreprendre
    Un scintillement qui ressemble à mon cœur d’étoile sans nom.

    Le passé se mêle au présent, le futur éternel absent
    Montre alors les évolutions avant que tout ait commencé.
    Sans doute un astre omniprésent rajoute une pointe d’accent
    Avec ses circonvolutions de supernova romancée.

    Tableau de Gregory Kurasov.

    
    
    
  • XVI La Maison-Dieu

    ÏÄMOURÏÄ

    XVI	La Maison-Dieu

    Yavänor – La Tour Vivante
    Au cours de son évolution, notre héritage s’est transformé
    De nos expériences enroulées autour du fil de notre Histoire.
    Mais il faut des révolutions pour nettoyer l’arbre formé
    Des blessures qui ont découlé de nos échecs et nos victoires.


    Laureline – L’Annonce du Feu
    Notre destinée nous oblige à nous soumettre à sa venue ;
    Pour cela nous devons quitter toutes nos anciennes coutumes ;
    Accepter ce qui nous inflige ce feu divin sans retenue
    Dont nous devrons nous acquitter sans révolte et sans amertume


    Loreleï – L’Impact Créateur
    Le feu frappera au sommet et sur nos plus hautes valeurs
    D’un éclat qui se transmettra à toutes les couches sociales,
    Brisant tous les liens assumés par des successions de malheurs
    Dont l’humanité connaîtra les métamorphoses raciales.


    Yavänor – La Chute des Figures
    Ceux qui tenteront d’échapper, disparaîtront dans le néant ;
    Ceux qui accepteront leur fin pourront passer au plan suivant.
    Le Diable sera rattrapé, puis tombera de son séant
    Et la planète verra enfin l’avenir des êtres vivants.


    Laureline – L’Abandon au Passage
    Tous ceux qui s’y sont préparés et auront allégé leur verbe
    Se verront doté d’un message par la clef de l’humilité.
    Il sera temps de séparer le bon grain des mauvaises herbes
    Et se tenir prêt au passage de toutes les possibilités.


    Loreleï – Le Sang et la Porte
    « Du passé faisons table rase, nous n’étions rien, nous serons tout ! »
    Le sang neuf des forces cosmiques nous épure dans notre chair.
    La destruction qui nous abrase reste malgré tout un bon atout ;
    La Maison-Dieu cataclysmique comme meilleure surenchère.


    Laureline, Loreleï & Yavänor – La Nouvelle Généalogie
    L’être nouveau est arrivé dans une totale expansion ;
    L’enfant-lumière évoque alors notre future incarnation.
    De cette chute dérivée, nait notre nouvelle ascension ;
    La corne d’abondance en or remplace la condamnation.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • XV Le Diable

    ÏÄMOURÏÄ

    XV	Le Diable

    Yavänor – Le Cercle d’Or et de Sang
    Après le temps de réflexion et le temps du détachement,
    Je dois me confronter au Diable et ses perfides enchaînements
    Comme un miroir en connexion envers mes vieux attachements
    Dont la séquelle irrémédiable empêche mon achèvement.


    Laureline – L’Enchaînement Doux
    Mais si je l’affronte en direct, je me fais du mal à moi-même
    Et les attaches se resserrent comme une corde qui se tend
    Jusqu’à trouver l’accord correct qui me fait ressentir qu’il m’aime
    Alors que ses liens me lacèrent sans connaître ce qui m’attend.


    Loreleï – Le Corps et la Bête
    Les accords deviennent musique et m’entraînent dans une danse
    Au rythme des pas cadencés frappés au fur et à mesure.
    Mais mon cœur devient amnésique et perd de son indépendance
    Une fois que j’ai trop dansé longtemps sans pause ni césure.


    Yavänor – Le Jeu des Forces Contraires
    Les partenaires se regardent dans une étrange séduction
    Et les caresses se succèdent de plus en plus suavement.
    Je vois dans ses yeux, par mégarde, une irrésistible attraction
    Comme une âme-sœur qui m’obsède peu à peu convulsivement.


    Laureline – La Musique de l’Ombre
    Alors sur la corde enchantée, le Diable joue de mes désirs ;
    Je crois mon esprit libéré mais mon cœur disparaît dans l’ombre.
    Mais c’est mon âme épouvantée qui résiste alors au plaisir
    Lorsqu’elle a vu proliférer ses craintes et revenir en nombre.


    Loreleï – L’Alchimie du Feu
    Je les laisse me traverser sans les craindre ni les combattre
    Et leurs cris en dysharmonie geignent en plaintes tumultueuses.
    Les couleurs alors déversées prennent une teinte d’albâtre
    Et je fuis cette acrimonie qui m’apparaît délictueuse.


    Laureline, Loreleï & Yavänor – Le Retour avec la Braise
    Le Diable alors feint la surprise et ses démons quittent le cercle ;
    Nous avons traversé son feu sans qu’il ait pu nous consumer.
    Le miroir de l’enfer se brise une fois refermé le couvercle
    Et nos âmes de tous leurs vœux voient leurs épreuves assumées.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • Danse comme un oiseau

    Un petit couple de danseurs vient fréquemment sur mon balcon
    Pour danser mille pirouettes sur la piste de ma rambarde.
    Leurs petits muscles extenseurs s’élancent en mouvements abscons
    Et de multiples girouettes de galipettes furibardes.

    Ils n’ont d’autre public que moi mais ils sont tellement timides
    Qu’à la moindre démonstration de mon intérêt, ils se sauvent.
    Ils s’apprivoisent au fil des mois ; bientôt à la saison humide
    J’aurai une argumentation à les protéger des pluies fauves.

    En attendant, leurs bonnets rouges reviennent toujours matin et soir
    Pour se produire sur la terrasse ou dans un ballet aquatique.
    Silence ! Que personne ne bouge ! Allez doucement vous asseoir
    Les voici d’une humeur vorace dans leurs menuets drolatiques.

    Tableau de Lorenzo Mattotti.

    
    
    
  • Quand il y a du rire dans l’air

    Quand il y a du rire dans l’air

    Quand il y a quelque chose dans l’air, je suis la première à l’entendre
    Lorsque l’atmosphère prête à rire ou plutôt à se lamenter.
    Quant à me plaire ou me déplaire, ne sachant pas à quoi m’attendre
    Mieux vaut à l’imprévu sourire que subir sans parlementer.

    S’il y a de la rumba dans l’air, j’en ai les jambes qui l’attestent
    Et s’il y a de l’eau dans le gaz, j’en ai les oreilles qui sifflent.
    S’il y a de l’émeute populaire, j’en ai le bras qui manifeste
    Et s’il y a du blues dans le jazz, j’ai la java qui m’écornifle.

    Sans doute un jour, ces particules qui virevoltent à mots couverts,
    – Petits angelots sans parole, petits démons sur leurs séants –
    Accepteront que j’articule parmi leurs rangs mes Reflets Vers
    Qui suivront le cours des rigoles pour retourner à l’océan.

    Tableau de Jeramondo Djeriandi.

    
    
    
  • Lecture à deux voix

    J’aime lire un roman d’amour comme une romance à deux voix ;
    Rythmer la chanson de mes basses tandis qu’elle pousse ses aiguës.
    Glousser aux passages d’humour, pouffer quand ça devient grivois
    Et trembler quand l’action se passe avec émotions suraiguës.

    Bien sûr, le chapitre érotique réclame toute l’attention
    Et nous mimons, à chaque ligne, chaque prouesse des amants ;
    Lorsque l’héroïne exotique exprime toute la tension
    Des deux orgasmes qui s’alignent à la lettre, au même moment.

    Parfois on éteint la lumière pour, en aveugle comme il se doit,
    Lire en braille chaque aspérité sur le corps de l’autre lecteur.
    Cette lecture coutumière permet de suivre du bout des doigts
    Le style et la dextérité de nos organes reproducteurs.

    Tableaux de Lorenzo Mattotti sur https:skysnail.livejournal.com708770.html .

    
    
    
  • La jardinière fruitière

    Tous les goûts sont dans la nature tous fruits et légumes confondus
    Surtout lorsqu’ils sont mûrs et ronds comme des melons de Cavaillon.
    Bien cultivés, d’âge mature, et notamment les défendus
    Qui se cueillent sans le chaperon en écartant le cotillon.

    Bonne jardinière fruitière est experte en présentation ;
    Son étal doit être agréable et nous mettre l’eau à la bouche.
    En pomme sur la devantière, en poire pour la tentation
    Et pour la figue inavouable, prévoir de préparer sa couche.

    Saveur du soir, alcool de fruit qui raffermit bien la banane ;
    Parfum subtil, sirop sucré qui goutte d’un nectar blanchâtre ;
    J’aime jouir de l’usufruit que ma légué la tante Jeanne
    Celle dont Bécaud a consacré une chanson que j’idolâtre.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

    
    
    
  • La sirène de la mer rousse

    La sirène de la mer rousse

    Je ne connais de la mer rousse seulement sa sirène éponyme
    Dont la chevelure m’évoque le crépuscule à l’horizon
    Lorsque le soleil se courrouce envers les étoiles unanimes
    À voir son règne qu’elles révoquent dans une infâme trahison.

    Je ne sais si la Lune aussi a participé au complot
    Mais la sirène depuis arbore une coiffure de la couleur
    Du soleil brulé et roussi qui, vaincu, plongea dans les flots
    Et que l’océan corrobore aux reflets de souffre-douleur.

    Tableau de hoooook sur https:www.deviantart.comhoooookgallery43215575painting .

    
    
    
  • Quand la sirène s’endort

    Quand la sirène s’endort

    Parfois la sirène s’endort malgré le navire qui passe
    Comme si sa voix envoûtante nécessitait une relâche.
    Elle s’enroule sur sa queue d’or et se love dans une carapace
    Tressée d’algues peu ragoûtantes mais qui discrètement la cachent.

    Puis doucement quand vient la nuit, elle remonte entre deux eaux
    Toujours plongée en léthargie tandis qu’un bateau mouille l’ancre.
    Mais ce soir, personne ne nuit dans le silence amoroso
    Des vagues dont la synergie ne crèvent point sa bulle d’encre.

    Tableau de Krista Lynn Brown.

    
    
    
  • Rousse floue

    Rousse floue

    La Terre projette son ombre, ainsi la Lune devient rousse ;
    Un phénomène naturel du masculin au féminin.
    Les illusions dans la pénombre s’amusent à nous donner la frousse
    Par des effets surnaturels des rêves fous aux plus bénins.

    L’homme projette ses désirs, ainsi la femme devient floue ;
    Elle acquiert la propriété d’une beauté au bon vouloir ;
    À la fois l’objet de plaisir derrière son masque de loup
    Et l’être en copropriété qui sait partager le pouvoir.

    Dieu a fait naître Adam myope afin que son épouse trouble
    Vienne lui causer des soucis par un excès de connaissance.
    Ève n’est donc ni une salope ni une perfide agent double.
    Tout ça sent un peu le roussi noirci par un python d’essence !

    Photo de Mikhail Shestakov sur https:vk.comclub3889576 .

    
    
    
  • Doucher la rose

    Se doucher avec une fleur pour ressentir la pluie qui tombe
    Sur les pétales doucement et sur la peau également.
    Sentir le duvet qui effleure les parties intimes qui se bombent
    Une fois à rebroussement, une fois par égarement.

    Devenir rose aux deux boutons épanouis et turgescents,
    Attoucher le pistil sacré, les doigts fins comme étamines,
    Une femme-fleur aux tétons enfants ou bien adulescents
    Où tout autre âge consacré à sécréter sa dopamine.

    Photos de Mikhail Shestakov sur https:vk.comclub3889576 .

    
    
    
  • L’homo-synthétique

    L’homo-synthétique

    Aussitôt le gène « casse-couilles » éradiqué de nos bâtards
    Et celui des « marie-salope » isolé, réduit à néant,
    On verra des hommes-grenouilles, femmes-reinettes, enfants-têtards
    Vivre dans des zones interlopes, vingt-mille lieues sous l’océan.

    Le génie de la mutation transformera hommes et femmes
    Et l’on choisira son bébé sur catalogue génétique.
    Hélas, par ces permutations, naîtront quelques monstres infâmes
    Qui, s’ils ne sont pas macchabées, deviendront « homo-synthétique ».

    Bodypaintings de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

    
    
    
  • Bonjour, salut !

    La bienséance et le bien-être obligent, les hommes modernes
    Opteront pour de nouveaux signes pour se saluer en public.
    Le moyen pour se reconnaître sous les néons et les lanternes
    Devra toutefois être digne des enfants de la république.

    On pourrait se frapper du coude ou bien soulever sa tignasse ;
    Lever la main comme un indien ou dodeliner de la tête.
    Aujourd’hui nos aïeux le boudent et bien qu’hier ils s’indignassent,
    Pour les plus jeunes, c’est le maintien d’une arrogance toute bête.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:www.kelliemillerarts.comelizabeth-price .

    
    
    
  • Femmes à la volée

    Femmes à la volée

    Femme frivole, femme qui vole, femme légère, femme adultère.
    Que de mots doux, jetés en l’air pour défier son déséquilibre !
    Femme qu’on vole, femme convole, femme solitaire ou volontaire,
    Les hommes ont un vocabulaire approprié à leurs calibres.

    Hélas la femme tombe des nues quand on la croit femme facile
    Ou quand on vient lui décoller sa jupe à volants, envolée.
    L’homme la scanne toute nue avec sa vision imbécile
    Jusqu’à ce qu’elle vienne lui coller une gifle qu’il n’a pas volée.

    Photo d’Ernest A. Bachrach.

    
    
    
  • Grosse tête, petit cul

    Chacun renferme en son miroir l’infinité de sa mémoire
    Qui, pour raisons ésotériques, est stockée quelque part ailleurs.
    Ainsi les millions de tiroirs et les centaines de grimoires
    Qui renferment notre historique ont trouvé un coin bien meilleur.

    Je traîne ainsi ma grosse tête comme une bosse dans le dos
    Qui m’déséquilibre par le poids de mes chagrins et mes remords.
    Je sens cet immense pense-bête qui prend en charge tous mes fardeaux
    Oscillant comme un contrepoids qui bat entre la vie et la mort.

    Sculptures de Sergei Isupov sur http:sergeiisupov.comworksworks-in-public-collections#jp-carousel-801 .

    
    
    
  • L’essentiel

    L’essentiel

    Les décisions les plus cruciales, inversement au temps ultime,
    Prises à la dernière secondes sont aussi les plus décisives ;
    Naître d’une façon spéciale, vivre une adolescence intime,
    Suivre une carrière vagabonde, mourir de manière évasive.

    Ne prendre qu’une chose essentielle ; de quoi lire et de quoi écrire
    Un « Aller-simple » simplement pour ne plus jamais revenir.
    Suivre l’étoile existentielle, seul moyen d’aimer et sourire,
    Et embarquer au sifflement du train vers un autre avenir.

    Photo de Tejal Patni.

    
    
    
  • La gitane de bonne aventure

    La gitane de bonne aventure

    Dans le vieux quartier du panier, lorsque j’habitais à Marseille,
    Je me souviens d’une voyante qui m’avait prédit l’avenir.
    Son air gitan-caravanier m’a laissé un précieux conseil
    Que la visionnaire prévoyante m’a concédé en souvenir.

    Elle m’a exhorté à aimer les petits bonheurs de la vie
    Que l’on découvre sur les chemins de bonne aventure et d’amour.
    Alors je suis parti semer mes petites graines d’envie
    Presque du jour au lendemain en prenant le train de l’humour.

    Tableau de Ramzi Taskiran.

    
    
    
  • Mes petits épis

    Mes petits épis

    L’arbre aux cheveux de la nature m’a coiffé des épis de jais
    Qui couronnent ma chevelure comme un prince des champs de blés.
    Je porte cette signature comme un vieux parafe émargé
    Sur les gènes à barbelure de mes chromosomes assemblés.

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  • L’étoile d’argent

    L’étoile d’argent

    Sur les montagnes éternelles, la rose des vents s’est transformée
    En petite étoile d’argent orientée sur quatre espérances :
    Depuis la force paternelle à la prudence performée,
    Et la justice en émergeant pour s’unir à la tempérance.

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  • Les arbres de nos montagnes

    Après avoir été pleuré dans une époque précédente,
    Je me suis senti refleurir dans un arbre bleu de jeunesse.
    Mon cœur peinait à affleurer au-dessus des amours ardentes
    Que je désirais acquérir dans une enfance enchanteresse.

    Le temps m’a chargé de douleurs et j’en ai changé ma couleur.
    Quelques désillusions moroses ont pleuré sur mes feuilles roses.
    Mais après cette hypothermie, mes branches se sont raffermies ;
    Mon cœur aux reflets foliacés a mûri d’amours violacées.

    Si un jour, je perds mes couleurs, ne vous désolez pas, je dors.
    Je plonge mon tronc en sommeil dans un hiver de neige blanche.
    Je me confie au rémouleur qui aiguise les lames d’or
    Pour les faire renaître au soleil dès qu’une occasion se déclenche.

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  • Les petites fleurs de nos montagnes

    Sur le calendrier fleuri que la nature nous propose,
    Les mois s’étirent en floraisons, les jours se comptent en graminées.
    Comme un travail d’orfèvrerie dont les campagnes se composent
    Et qui font tinter les saisons de renoncules animées.

    À chaque jour de la semaine, l’ange du temps change la mode ;
    Les lundi bleus sont aux bleuets ce que les jeudis sont aux roses ;
    Les mardis jaunes nous ramènent les pissenlits qui s’accommodent
    De boutons fanés désuets dilués sous les pluies moroses.

    Les mercredis s’éveillent en vert avec la rosée matinale,
    Les fleurs des vendredis galants feront les bouquets du dimanche.
    Les samedis riment en vers dans leur version originale,
    La seule écriture égalant le langage des roses blanches.

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  • Dieu incognito

    Dieu incognito

    De temps en temps, Dieu vient sur Terre afin d’étudier les gens
    Mais on le repère assez vite à son étrange accoutrement.
    D’abord il reste solitaire et d’un caractère allégeant
    Mêlé d’éclairs noirs qui gravitent dans un fol enchevêtrement.

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  • Les chaudes tournées

    Les chaudes tournées

    Aux moments chauds de la journée, mon chat fait patte de velours
    Et son ronronnement m’inspire une bonne tasse de café.
    Je profiterais bien de sa tournée mais mon corps est un peu balourd
    Car, à chaque fois, je transpire et ce n’est pas du même effet.

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  • Le couple royal

    Le couple royal

    L’homme possède un cœur de lion, la lionne détient un cœur de femme ;
    Chacun dissimule ses armes et chacun use de son charme.
    Le roi désigne son champion, la reine méprise l’infâme ;
    Chacun veille à tirer l’alarme pour qu’aussitôt cessent les larmes.

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  • Mode de saison

    Mode de saison

    Pour vous habiller de saison, vêtez-vous de couleur agrume ;
    Robe transparente accordée à nos averses diluviennes.
    Il faut vous faire une raison et choisir un tissu de brume
    Qui vous fera ainsi aborder par les regards qui vous conviennent.

    Le titre fait un peu pléonasme mais c’est à la mode et c’est de saison.

    
    
    
  • Chat noir, chat blanc

    Chat noir, chat blanc

    Chat noir caché dans la pénombre, juste deux yeux qui le trahissent,
    En compositeur, il dénombre toutes les proies qui l’ébahissent.
    Chat blanc derrière la fenêtre, il vous sourit, c’est l’interprète
    Qui exécute, ´faut le reconnaître, tous les petits rats d’opérette.

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  • Quand le temps s’emmêle

    Quand le temps s’emmêle

    Les coquelicots sont en retard mais les colchiques en avance,
    C’est les travaux à la maison et, au jardin, les potirons.
    Le soleil est un peu fêtard avec ses eaux de pluie de jouvence.
    Si le temps n’a plus de saison mes petits pois en pâtiront.

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  • Quand le petit peuple

    Quand le petit peuple

    Quand le soir plonge dans les gorges pour augmenter mes sensations,
    J’entends les voix du petit peuple qui se prépare à festoyer.
    Et l’eau m’entraîne sous le porche m’éloignant des incantations
    Du fond des grottes sombres aveugles dont l’écho seul m’est renvoyé.

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  • Le passage à la poêle

    Le passage à la poêle (nu

    C’est un restaurant très spécial où le cuistot est une femme
    Qui goûte complètement à poil vos plats bien consciencieusement.
    Si c’est très bon, c’est commercial, elle vous fait passer à sa flamme.
    Sinon elle pisse dans la poêle très irrévérencieusement.

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  • Comme un vitrail

    Comme un vitrail

    Comme un vitrail sur ma fenêtre, la nature a peint de lavandes
    Mes carreaux tristes qui n’avaient rien d’autre à faire que disparaître.
    Elles venaient à peine de naître que les fées, jouant les chalandes,
    Ont troqué mon champ de navets pour un paysage champêtre.

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  • Le fruit de mes racines

    Le fruit de mes racines

    Qu’elle est petite ma maison où je convie tous mes amis
    À apprécier un petit verre et partager nos expériences !
    Personne ne cherche avoir raison, on n’y connaît pas d’infamie ;
    L’attachement est recouvert par un réseau de confiance.

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  • La parole qui coule de source

    La parole qui coule de source

    Lorsque j’entends couler de source, depuis le clocher des églises,
    Toutes les paroles que j’aime et qui bouleversent mon cœur,
    Je le sens battre à bout de course dans ces rivières qu’angélise
    Ce qui ensemence les gemmes et dont je boirai la liqueur.

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  • L’ivresse du bain

    L’ivresse du bain

    Quand je suis ivre de bain, je sens d’étranges visions ;
    Des éléphants pas très roses ni même hallucinogènes.
    Ce doit être le turbin, les jeux, la télévision,
    Qui me font le cœur morose et le cerveau psychogène.

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  • Monde le Bonjour

    Monde le Bonjour

    Bonjour le monde à l’envers et à tous ceux comme moi
    Qui voient le monde inversé et devraient le redresser !
    Pourquoi tout va de travers, chacun ne pensant qu’à soi ?
    J’en ai le cœur renversé et l’envie de régresser.

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  • La mire matinale

    La mire matinale

    J’aime observer dès le matin l’écran que m’affiche l’aurore
    Qui me permet le doux réglage des sentiments et des douleurs
    Que j’ôte d’un chiffon de satin qui remet en versicolore
    Dans mon âme, tous ses câblages, et dans mon cœur, toutes ses couleurs.

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  • À fleur de peau

    À fleur de peau (nu

    Elle avait tenu le pari de passer tout l’été à poil,
    Juste vêtue de son chapeau pour la protéger des regards.
    Elle avait juste un gabarit de string tissé en micro-toile.
    Mes nerfs étaient à fleur de peau et tous mes sens un peu hagards.

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  • Au théâtre ce soir

    Au théâtre ce soir

    Vous avez tous remarqué quand le soleil s’est couché,
    Les rues se vident de gens comme une scène de théâtre.
    Je songe au public parqué, aux acteurs effarouchés
    Devant ces décors changeant de façades sombres et bleuâtres.

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  • Pleins feux sur les vaches

    Pleins feux sur les vaches

    Après avoir regardé les trains toute la journée,
    Les vaches vont au théâtre pour voir les feux de la rampe.
    Les bergers les ont gardées, leur travail est ajourné,
    Le troupeau et leurs bellâtres vont se détendre les crampes.

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  • Les faîtes en fête

    Les faîtes en fête

    Vous n’êtes pas au courant ? On fait la fête ce soir !
    On installe de grosses ampoules sur les arbres les plus grands.
    On espère qu’en couvrant toute la forêt d’accessoires,
    Faire un éclairage maboul pour un square dance flagrant !

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  • Fidèle à vos livres

    Fidèle à vos livres

    Je suis fidèle à vos livres, Dumas, Verne, Apollinaire !
    Je suis fidèle à mes maîtres, Vian et Saint-Exupéry
    Vos histoires me délivrent dans ce vaste imaginaire
    Où vous avez su permettre l’humour et la brusquerie.

    Je n’oublie pas tous les autres
    Dont je suis le chien apôtre.
    J’aspire à être des vôtres
    Et vous tend ma patenôtre.

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  • Sur les chemins

    Sur les chemins (nu

    En marchant dans la savane dans mon rêve cette nuit,
    J’ai rencontré la chamane promenant son éléphant.
    « As-tu vu la caravane, celle qui passe à minuit ? »
    « Non, Madame la brahmane, j’attends le bus des enfants ! »

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  • Retour au pays

    Retour au pays

    Qu’il fait bon rentrer chez soi après cette migration
    Avec tous ces souvenirs rapportés dans nos bagages !
    La seule chose qui me déçoit après ma libération
    C’est ce qui va revenir : le travail et le tapage !

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  • Après les vieux, le déluge

    Après les vieux, le déluge

    Elle a tant souffert la Terre, qu’elle en pleure tous les jours !
    Nous, les petits éphémères, n’auront pas droit au retour ;
    Notre race humanitaire ne durera pas toujours.
    Dans les bras de notre mère, nous pleurerons à notre tour.

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  • Le beau Danube blanc

    Le beau Danube blanc

    L’été s’est tant emballé qu’il a traversé l’automne
    Et le voilà en hiver dans le frimas tout tremblant.
    Puis le temps a déballé ses paysages monotones ;
    Tous les oiseaux sont couverts sur le beau Danube blanc.

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  • Les vieux bateaux à quai

    Les vieux bateaux à quai

    Qui sont-ils, où vont-ils ? Tous ces bateaux à quai
    Qui ont troqué leur voile pour une ancre solide ?
    Ils étaient mercantiles, ils étaient aux acquêts
    Jusqu’à ce qu’ils dévoilent leur âme cupide.

    Ils ont porté tant d’or que leur bois est usé,
    Ils ont tant sillonné les routes du commerce
    Qu’aujourd’hui on s’endort tant on est abusé
    Et qu’on a bâillonné leurs sirènes perverses.

    Vieux vaisseaux asséchés par la soif de l’argent
    Qui faisaient la fierté de la flotte côtière,
    Immobiles, desséchés par les flots détergents,
    Ils semblent concerter comme des chipotières.

    Ils n’ont que leur passé comme ultime richesse ;
    Ils vivaient d’avenir et de tendres chimères.
    Ils restent à ressasser leurs anciennes largesses ;
    Le temps des souvenirs est une mort amère.

    Aujourd’hui leur présent n’est qu’un temps suspendu.
    Ils ont peur du futur et ne savent plus vivre.
    L’argent omniprésent ne s’est pas répandu
    Et aucune suture ne le fera survivre.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Marie-Union

    Marie-Union

    Ô écho de l’union sonne le diapason !
    Délivre-nous le « La » qui fait le bon accord
    Pour que la réunion de nos précieux blasons
    Dessine un Mandala par le cœur et le corps.

    Ô musique d’amour qui fait battre les cœurs
    Et provoquer l’envie de nos chairs korriganes,
    Apporte-nous l’humour qui fait l’esprit moqueur
    Pour goûter à l’envi nos plus riches organes.

    Ô énergie vitale qui apporte à nos âmes
    La compassion du corps et la passion des cœurs !
    Que ce flux capital soit le précieux sésame
    Qui scelle ce raccord qui nous rendra vainqueurs !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Perverse mémère

    Perverse mémère

    Dans l’eau de la claire fontaine
    Elle a conservé l’habitude
    Elle est restée un peu vilaine
    Dans ses polissonnes attitudes.

    Elle se baigne toute nue
    Juste entourée de quelques fleurs
    Pour me souhaiter la bienvenue
    En lorgnant sur mon aspergeur.

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  • Le rêve d’Icare

    Le rêve d’Icare

    Il court après les oiseaux, il veut apprendre leur secret
    La magie qui fait voler, échapper à l’attraction.
    Il croit fort qu’il est capable d’accomplir un vol concret
    En aspirant les nuages et en capter leur traction.

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  • Lâche-moi la grappe

    Lâche-moi la grappe

    Si je veux voler de mes propres ailes
    J’ai besoin de toute ta confiance.
    Ne m’enferme plus dans l’orgueil du zèle
    Qui te fait douter de ma clairvoyance.

    Je veux accomplir mon chemin de vie
    Laisse-moi sortir la réaliser !
    Tu n’es pas gardien ni de ma survie
    Ni de mon destin dans les alizés.

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