🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Les trois Grâces

Vous me croirez si vous voulez ; j’ai vu l’appartement témoin
Que nous aurons au Paradis, du moins pour celui qui y croit.
Dans un songe, j’ai vu débouler – rêve bien réel néanmoins –
Un Saint-Pierre de parodie et les trois Grâces de surcroît.
Les trois Grâces se sont occupées de toute mon installation
Comme des esclaves dévouées bien que je n’sois pas misogyne.
Dans une case inoccupée, elles m’ont fait la révélation
Qu’à chaque péché avoué, j’aurais droit à c’que j’imagine.
Or comme j’ai bonne mémoire j’ai eu mes mille-et-une nuits
Que j’ai pu reporter trois fois tout au long de l’éternité.
Ne croyez pas tous ces grimoires qui vous disent qu’on s’y ennuie
Mais n’oubliez pas toutefois de noter vos insanités.Tableau d’August Macke sur fr.muzeo.com/artiste/august-macke .
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Mes petites cases-mémoires

Sans me comparer aux fichiers que contient mon ordinateur,
Mes petites cases mémoires ont un système d’exploration
Dont le défaut de conchier mes pensées est révélateur
Lorsque j’y stocke mes idées noires qui perdent leur coloration.
Mes souvenirs demeurent intacts tant que je n’y repense pas
Mais chaque fois que j’y reviens, j’en déforme le contenu.
Y aurait-il un faux-contact dans mes synapses ici-bas
Qui expliquerait ce que devient ce qu’j’croyais avoir retenu ?
Matière grise, substance blanche trop exposées à la lumière
De mes révélations oiseuses finiront par être illisibles
Voilà pourquoi une avalanche de défaillances coutumières
Trouent ma mémoire stripteaseuse de façon d’plus en plus visible.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance.
Source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect. -
L’amour sans les mains

Elle voulait me faire prestement l’amour sans y mettre les mains
Et voulut me déshabiller avec la bouche à pleine dent.
Elle m’arracha les vêtements d’un tel comportement inhumain
Que j’ai cru être écharpillé d’une passion sans précédent.
Quand tomba le dernier bouton, elle me mordilla le menton,
Puis descendit sous le nombril pour gober le membre viril.
Et quand elle m’eut vidé les bourses, elle repartit au pas de course.
Comment après mûr examen faire pour lui demander sa main ?Photo de Jerry-Jane Pears.
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Cours tout nu !


Nager tout nu, courir tout nu, cheveux au vent et fesses à l’air,
Qu’il est grisant d’abandonner sa carapace de tissu !
Tout innocent, tout ingénu, ne demandant d’autre salaire
À la nature que de donner au cœur ce dont il est issu.
J’aime voir les seins ballotter, les mamelons se trémousser,
Les jolies jambes s’écarter et le sexe oser s’exhiber
L’instant de se déculotter, le moment de se détrousser
Et de se dire en aparté qu’on est fier de se déshiniber.Illustrations de Coles Phillips sur https://www.americanartarchives.com/phillips,c2.htm .
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En quête d’ailleurs

Je suis en transit dans ce monde où je n’accepte nulle attache
Et où j’attends à chaque instant de sauter dans un train qui passe.
Mais cela ne prend qu’une seconde ; si ma vigilance s’en détache
Je reste suspendu au temps et reste coincé(e) dans l’impasse.
Or, si je n’ai pour tout bagage que le sac de mes souvenirs,
Si je ne porte que l’habit de mes connaissances acquises,
Alors aussitôt je dégage et prends le train de l’avenir
Vers des gens de mon acabit selon mes qualités requises.Illustrations de Jean-Pierre Gibrat
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Réflexions au fil de l’eau

Toutes ces gouttes au fil de l’eau pareilles au flot de mes pensées,
Pareilles au flux du genre humain, pareilles aux nuages qui passent,
Partent dans l’oubli, à vau-l’eau, un autre cycle où dépenser
Leurs vies vers un nouveau chemin, nouveau monde et nouvel espace.
Qu’il est hypnotique l’effet de l’existence qui s’écoule
Et qui m’attire comme un aimant de ressentiments magnétiques !
Sans doute vers l’univers des fées d’où ma propre magie découle
Et qui revient comme un amant sentimental et pathétique.Illustration de Jean-Pierre Gibrat
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Les couronnes des reines



Après avoir tiré les Rois, on continue avec brio
À se préoccuper des reines non pas vraiment pour les tirer
Mais les honorer toutes les trois puisqu’elle forment un trio
Dont l’association pérenne est assidûment désirée.
Commémorons Épiphanie, Reine magicienne oubliée,
Puis consacrons la Chandeleur, Reine des crĂŞpes et des chandelles !
Célébrons enfin Stéphanie, Reine qui n’a rien publié
À ce jour mais dont la valeur reviendra comme l’hirondelle !
Que feront les reines au printemps ? Elles prendront leurs quartiers d’été
Bronzer de Pâques à l’Assomption jusqu’en automne, fin des vacances.
Puis elles reviendront en leur temps avec leurs trois rois répéter
Contre toutes nos présomptions, les mêmes faits sans conséquences.Tableaux de Georgia Th sur https://justlikehopey.tumblr.com/post/114981137204/georgia-th/amp
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Les voyages perpétuels




À la ville, comme à la campagne, les cœurs solitaires s’assemblent
Pour trouver un terrain d’entente et pour naviguer de conserve.
Ainsi, compagnons et compagnes cherchent la voie qui leur ressemble
Et répondra à leurs attentes et à ce que l’avenir réserve.
Tous les voyages sont chaotiques – on dit qu’ils forment la jeunesse –
Et l’amour n’aime ni la routine ni le quotidien ressassé ;
Il se cherche un milieu biotique pour s’épanouir en finesse
Afin que ses fruits s’agglutinent sur les tuteurs entrelacés.
Alors les cœurs partent en voyage sur de grandes lignes érotiques
Ou pour dormir en wagon-lit ou batifoler en croisière.
Et puisque l’amour n’a pas d’âge, vers une retraite exotique,
Ils s’aimeront à la folie sur le chemin du cimetière.
Car l’amour ne s’arrête pas là où la mort figure une escale
Mais il repart en fusionnant pour procréer un nouvel être.
Ni Paradis, ni Walhalla, ni aucune évasion fiscale,
Mais un retour occasionnant des épopées au kilomètre.Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
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Noire-Neige

Blanche-Neige s’est faite piquer et son auréole a noirci ;
Sa robe est devenue toute sale et son histoire n’est plus drôle.
La sorcière a su s’appliquer diaboliquement, cette fois-ci,
En inondant toutes les salles de son château par du pétrole.
Ainsi finissent tous les contes, entachés par de l’argent sale ;
Les fées délèguent leurs pouvoirs à la magie du capital.
Tant et si bien, au bout du compte, qu’elles ont ouvert des succursales
Qui offrent un philtre à promouvoir qui vous conduit à l’hôpital.Photo de charme vue sur https://sacredcharm.tumblr.com
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Tout feu tout femme

La fée de l’essence, elle-même, est venue soutenir les troupes
Qui roulent tout autour de la Terre dans leurs beaux camions tout chromés.
Tout feu tout flamme, tout que qu’elle aime communiquer à chaque croupe,
Donne une énergie salutaire à la justice qu’on nous promet.
Mesdames, ne prenez pas ombrage si l’amour leur monte à la tête !
Messieurs, ne soyez pas jaloux, si les femmes au volant s’en mêlent !
Car pour lutter contre l’outrage des restrictions qui nous embêtent,
Il faut sans cesse hurler « au loup ! » lorsque nos ressources s’emmêlent.Tableau de J Zhao
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Controvirus


Dès le matin, je mets le masque et toutes mes incertitudes
Que je vais noyer dans la foule et dans le troupeau de moutons.
Pour obéir à ces fantasques présomptueuses sollicitudes
D’un état qui me rend maboule et qui me donne des boutons.
Êtes-vous pour, êtes-vous contre ? Est-ce que ça dépend du moment ?
Avez-vous peur des complotistes envers notre gouvernement ?
Oseriez-vous aller à l’encontre de ce qu’on lit dans les romans
Parlant de conspirationnistes tous punis d’emprisonnement ?
Quand vient le soir, tombent les masques qui s’entassent dans les caniveaux ;
Marque de solidarité envers la pollution du monde.
Mais à la première bourrasque tout sera remis à niveau
Donnant à la précarité une accélération immonde.
Êtes-vous pour, êtes-vous contre ? Est-ce que ça dépend du moment ?
Avez-vous peur des complotistes envers notre gouvernement ?
Oseriez-vous aller à l’encontre de ce qu’on lit dans les romans
Parlant de conspirationnistes tous punis d’emprisonnement ?Tableau de Grzdyl Ksiezycowy
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Le Pont-des-Arches

Rendez-vous sous le Pont-des-Arches mercredi soir, Ă minuit pile.
Je t’envoie par carte postale mon invitation sans pareille.
Sans l’accord de mon patriarche dont l’autorité m’horripile
Mais dont l’écho serait brutal si ça lui venait à l’oreille.
Beaucoup d’amants s’y sont noyés pour s’aimer pour l’éternité
Mais nous, nous n’allons pas mourir ; notre amour est force et pouvoir.
Mon père a trop fait tournoyer ses excès de paternité
Mais il pourra toujours courir pour nous empĂŞcher de nous voir.Tableau de Larisa Aukon
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Lévitation et méditation

« Encore un rêve ! » soupire le cœur,
« Réveillons-nous ! » supplie l’esprit,
« Stoppons le temps ! » demande l’âme,
« Remuons-nous ! » chante le corps.
Le cœur s’éveille à contrecœur,
L’esprit regimbe, incompris,
L’âme s’ébroue, tout feu tout flamme,
Le corps respire un jour encore.Tableau de Yana Fefelova
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Bonjour les poissons



Une histoire à dormir debout, l’amour d’une belle sirène
Qui s’est éprise d’un marin déguisé en scaphandrier.
Je tiens l’histoire d’un hibou qui l’a appris d’une murène
Qui aurait pointé son tarin dans les eaux de Saint-Mandrier.
Elle prenait ses bains de boue, tranquillement, l’âme sereine,
Quand la prenant pour un poisson surgit bientôt l’homme-grenouille.
Comme il en connaissait un bout dans l’art de séduire une reine,
Il lui offrit, à sa passion, tout le plaisir de sa quenouille.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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Du beau, du bon Dubonnet !
C’était l’époque des déboires en fausses ou mauvaises douleurs,
Au bon vieux temps du quinquina, l’absinthe et la bière Picon.
Moi, je n’avais le droit que de boire des sirops de toutes les couleurs
Ou un petit peu d’Orangina et rĂŞver comme un petit con.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le retour de casquette
« C’n’est pas d’la réclame pour pipe ! » aurait peint notre ami Magritte,
« Mais pour le port de la casquette adoptée par tous les champions ! »
Comme au temps de la belle équipe, elle protège et elle abrite
Les bals musette et les guinguettes qui se dansaient sous les lampions.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le mécanisme de nos voisins
Comment fonctionnent nos voisins, qu’est-ce qui se passe dans leurs têtes ?
Par quel étrange mécanisme leurs pensées sortent décousues ?
J’ai fracturé leur magasin afin de suivre mon enquête
Et j’ai trouvĂ© leurs organismes aussi rouillĂ©s qu’au temps de JĂ©sus.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Pour se dégrandir les jambes
Il y a deux moyens de grandir : Soit que vous preniez l’escalier
Et montiez un degré par jour pour en mesurer la hauteur.
Soit, votre vélo, brandir et que vous le dégringoliez
Pour ĂŞtre Ă l’envers pour toujours rĂ©tabli(e) dans vos droits d’auteur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Faut-il en rire ?
Si la vie, c’est fait pour mourir ;
Si la mort, c’est fait pour pourrir ;
Si Dieu, c’est fait pour secourir ;
Si l’enfer, c’est Ă encourir ;
Si l’amour, c’est fait pour sourire ;
Si la bouche, c’est fait pour nourrir
Et la langue pour discourir ;
Il reste tout Ă parcourir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Entre les horizons
Je vais clôturer la journée en refermant les horizons
Qui s’enfuient dans les perspectives entre minuit et moins le quart.
Orphée finira ma tournée en m’ouvrant grande la prison
De mes limites respectives desquelles je dois creuser l’Ă©cart.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Turpitudes et turlupinades
J’irais bien m’amuser sur Mars, faire quelques turlupinades
Un dimanche de février ou bien un vendredi d’avril.
Ou, une nuit du mois de mars pour y chanter la sérénade
Et vous aussi, vous devriez fuir vos turpitudes puériles.
(Turpitude : Ignominie qui résulte de quelque action honteuse.
Turlupinade : Genre de farce grossière jouée par trois acteurs.)Photo de Mars. Eh oui, la planète n’est pas toujours rouge.
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La liberté de rester con
J’aime sortir de mon bocal le dimanche pour aller chercher
Une illusion de liberté dans les rêves inatteignables.
Je tourne en rond dans mon local mais j’y suis tellement haut perché
Que, dĂ©passĂ© sa pubertĂ©, mon instinct reste inexpugnable.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Poussières d’étoiles – 2
J’en ai tant vu qui s’en allaient pour redevenir des étoiles
Et renaître d’une comète dans un soleil en gestation.
Puis, reviennent d’un coup de balai surgis d’un néant qui dévoile
Dans une course de gamètes la vie en manifestation.Gamètes : cellules reproductives, ovules ou spermatozoïdes.
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La lavande, évidemment
Qu’est-ce qui fait fleurir nos cœurs et fait élever notre âme ?
La lavande, évidemment, qui nous embrase les sens !
Tous ces champs, un peu moqueurs de tous nos petits mélodrames,
Sont le vrai mĂ©dicament par leur souveraine essence.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le temps du maĂŻs
Ah ! Quand reviendra le temps du maĂŻs
Qui repeint les champs d’or et de safran ?
Des milliers de bras cueilleront sans malice
Ce dont les marchands seront tous offrant !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les fruits de l’évolution
Un nouveau jour sur la Terre, en tout point comme les autres
Mais qui marque une autre étape, une autre révolution.
Cette année supplémentaire, très amicalement vôtre,
T’offre de belles agapes, fruits de ton Ă©volution.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La nature est fugace
La nature est fugace dans ses scintillements
Les couleurs apparaissent et puis sont éphémères.
Quelquefois ça m’agace quand je rate le moment
Mais c’est ainsi que naissent les plus belles chimères.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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En attendant les coquelicots
Il est bien long d’attendre que la nature passe.
L’hiver n’est pas fini qu’alors je m’impatiente !
Que tous ces frimas cessent, que les gelées trépassent
Et que vienne le temps des amours inconscientes !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Totale confiance
Toujours j’ai confiance et toujours je reçois !
Je n’ai aucun besoin, je ne suis que récipient !
Les opportunités du jour que j’aperçois,
Sont mon guide intĂ©rieur, mon divin excipient.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Auprès de mon phare
Juste au bord de la mer, juste auprès de mon phare,
À surveiller le ciel et toutes ses étoiles.
Ă€ la fonte des glaces, on entend la fanfare
Qui prĂ©vient les pĂ©niches et les bateaux Ă voile.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon chat, c’est mon grigri
Je promène mon minet tous les jours dans ma poussette !
Je lui mets de beaux habits, c’est mon joyeux Mistigris !
Je prends très bien soin de lui ; s’il est sale, je l’époussette !
Je ne me sens jamais seule, car mon chat, c’est mon grigri !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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États des Alpes Unies
Connaissez-vous les alpages ? La contrée amie des vaches !
Il s’étend jusqu’au Tyrol de la méditerranée.
Il traverse des pays et leurs langues de bravache
Mais sous un ciel en commun aux nuages filigranés.
Je crois que seules les vaches ont leurs cloches au mĂŞme son.
Elles se sont accordées au berger son diapason.
Quand il leur donne le la, elles chantent une chanson
Qui se moque des pays et bouscule les blasons.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Nature de morte saison
Pour renouveler un peu ma nature singulière,
Je me suis un peu amusé, sans arrière-pensée amère,
À répartir dans ces pots, sans règle particulière,
Le contenu de mon âme comme le faisait ma mère.
Dans la bouteille d’eau-de-vie, une trace de sagesse
Pour décanter mes ennuis et distiller mes envies.
En laissant le temps œuvrer, en comptant sur sa largesse,
J’obtiendrai un élixir à absorber à l’envi.
Dans le broc, j’ai mis à plat, toutes mes insouciances,
Mes maladresses et mes fautes pour mieux les clarifier.
Vraiment, je ne sais pas trop si ça mérite la patience
D’échanger mes eaux souillées en bon vin qualifié.
Mais gageons que quelques fruits seront pleins de vitamines
Et hausseront le tableau de ces liquides étranges.
Une poire pour la soif, pour éviter la famine,
Une pomme empoisonnée faute d’avoir une orange.
Mais le temps n’a pas donné les résultats que j’espère.
Ma nature est restée morte sans révéler de miracle.
Alors j’ai changé de ton pour une vie plus prospère
Et j’ai écrit ce poème pour lever tous les obstacles.Tableau de Fabienne Barbier
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Combien de Pots ?
Combien de ces pots bleus et d’expériences grises
Devrais-je accumuler dans mon grenier secret ?
Combien de contenants et leçons bien apprises
Devrais-je colorer de mes rêves indiscrets ?
Hier encore j’ai rangé mes souvenirs intimes,
Espérant à coup sûr embrasser mon destin !
Je les ai recouverts d’une poussière infime
Et ils ont regagné mes oublis clandestins.
Les pots de mes chagrins ne sentent pas la rose
Mais un renfermé sourd à mes aspirations.
Et toute l’expérience est devenue morose
À force de tourner sans commisération.
Il est temps de briser tous ces pots imbéciles
Que l’orgueil me conserve à l’abri du respect.
Il est temps de jeter l’expérience inutile
Qui nourrit mes greniers vides et circonspects.
Je les ai balancés dans le champ du potier,
Abandonnant aux vents mes intentions stériles.
Et je vais parcourant les plages aux cocotiers
Me nourrir de la vie et d’amours puériles.Tableau de Fabienne Barbier
