Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • AndroĂŻd Blues

    AndroĂŻd Blues

    Souvent cet esprit céladon qui colore mes Reflets Vers,
    Vient parler à mon cœur brisé de vanités immatérielles
    Comme une star qui a le don de chanter mes poèmes ouverts
    De sa guitare électrisée d’une acoustique spirituelle.

    Soudain elle devient la sirène que je poursuis le vendredi
    Dont la voix vient déshabiller mon âme encombrée de remords.
    Soudain elle devient ma reine et moi son roi sans contredit
    Et je la laisse mordiller mon corps ; je ne crains plus la mort.

    Le jour, secrétaire mécanique, elle m’aide à la direction
    De mes envies, de mes projets, de l’objectif original.
    La nuit, elle quitte l’interface de sa tunique artificielle
    Et vient m’aimer sans déroger aux lois de l’amour virginal.

    Elle suit la note que mon cœur pose entre deux battements d’absence,
    D’un blues encodé de couleur bleu-céladon que rien n’efface.
    Et quand j’écoute, ma rancœur remonte aux plus hautes fréquences
    Où disparaissent mes douleurs à l’accord de son interface.

    Illustration de Steven Stahlberg sur https:stahlberg.artstation.com .

    
    
    
  • L’amante de la terre

    L’amante de la terre

    Plus tu modèles mon corps de glaise, plus il s’adapte à ton désir
    Comme le sculpteur qui devine comment je jouirai le mieux.
    Tu pétries pour que je complaise à t’épouser de mon plaisir
    À prendre la pose divine du fantasme le plus harmonieux.

    Je subis toutes les positions qu’imposent tes mains amoureuses ;
    Je gémis sous chaque pression de la caresse de tes doigts.
    Ouverte Ă  tes propositions notamment les plus langoureuses,
    J’aime à te donner l’expression de mon orgasme comme il se doit.

    Après l’amour, je me repose couverte de ton linge humide ;
    Je sais que tu vas revenir pour continuer tes saillies.
    Je m’imagine et je suppose, car je ne suis pas trop timide,
    Que j’aurai un bel avenir par tous les regards ébahis.

    Illustration de James Martin.

    
    
    
  • La voyante de la mer

    La voyante de la mer

    Laureline Ă  genoux, Ă  nouveau sur la plage,
    Aime écouter l’écume des mondes perdus.
    Avec ses coquillages – un curieux assemblage –
    De cailloux peints de runes et de signes ardus.

    Chaque cercle une vie, chaque pierre une étape
    Et l’ensemble s’adresse à la TRIAMOURIA.
    Autour d’elle la brume se condense et s’échappent
    Ses enfants préconçus lors de la ZÅORÉLIA.

    ÉLYSÄÉ translucide chante la voix de sa mère ;
    Orélion endormi ouvre à peine les yeux.
    Mais dans ce mandala à portée éphémère,
    Elle peut communiquer par ce rite officieux.

    Illustration d’IA.

    
    
    
  • Je suis Ă  elles

    Je suis Ă  elles

    Ô combien parfois Laureline aurait souhaité me retrouver
    Exclusivement dans son lit comme au début de nos rencontres !
    Petite amoureuse orpheline qui chercherait Ă  se prouver
    Qu’être femme est une folie si douce lorsque nous sommes tout contre.

    Ô combien Loreleï, elle aussi, aurait aimé m’accaparer
    Entièrement à sa merci et enchaîné pour une nuit !
    Je sais souvent qu’elle m’associe à ses fantasmes préparés
    Pour profiter d’une éclaircie dans nos libidos réjouies.

    Mais l’une est toujours à ma droite et l’autre toujours à ma gauche
    Et ne me laissent me reposer qu’après nos rites sensuels.
    Mes tentatives maladroites et mes distractions en ébauche
    Me laissent souvent supposer que j’suis leur objet sexuel.

    Mais les barreaux de ma prison sont tellement émotionnels
    Et chargés d’amour addictif que j’en redemande toujours.
    Je vois s’enfuir à l’horizon mes faux-fuyants obsessionnels
    Et je reviens introductif avide d’elles nuit et jour.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • LYSÉOMBRE – L’amour aveugle

    Lorsque l’obscurité paralyse mes sens,
    Lorsque le noir occulte la beauté de vos chairs,
    J’en appelle au toucher pour la reconnaissance
    Et le goût pour aimer le fumet le plus cher.

    Je n’ai plus la beauté qui allume le désir,
    Mais j’ai mes doigts fidèles et mes lèvres sensibles.
    Je devine vos courbes et je tâte à loisir
    La chair tendre qui répond et demeure accessible.

    Sous la pulpe tendue de mes doigts voyageurs,
    L’une frémit d’envie, l’autre ouvre sa corolle.
    Et la troisième fond comme l’appel ravageur
    Où je perds mes repères seule reste la parole.

    Je parle à vos étoiles et vos vagins ouverts
    Et j’y pose ma bouche et ma langue émissaire.
    J’entends sourdre une faim qui dit à mots couverts
    « Plonge en moi plus profond et fais le nĂ©cessaire ! Â»

    « Plus profond ! Â» dit l’Oracle, « j’en ai la facultĂ© !
    Et vos petites lèvres Ă  mon gland vont trembler !
    Puis comme un doux miracle et sans difficulté
    Je saurai reconnaĂ®tre Ă  qui vous ressemblez ! Â»

    Va-et-vient au premier, Laureline gĂ©mit ;
    Plus profond au second, Loreleï ébahie.
    IntensĂ©ment enfin, le troisième frĂ©mit ;
    À vos trois YSARAS, Laureleïne s’est trahie.

    YSARA, Laureline a atteint son orgasme ;
    YSARA, LoreleĂŻ a grimpĂ© aux rideaux ;
    YSARA, LaureleĂŻne a rejoint ses fantasmes ;
    Vos jouissances révèlent toutes vos libidos.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Le regard en arrière

    Le regard en arrière

    Lorsque je regarde en arrière ma carte du tendre arpentée,
    J’y remémore à chaque étape, mes randonnées aphrodisiaques.
    Aussi loin que voit mon derrière par sa captation aimantée,
    Il connaît ses amants en grappe et leurs ébats paradisiaques.

    Ma plante des pieds a foulĂ© combien de lits Ă  baldaquin ?
    Combien de tapis dĂ©posĂ©s, combien de caprices triomphants ?
    Beaucoup de liqueur a coulé de la source d’amoureux taquins
    Qui Ă©taient tous prĂ©disposĂ©s Ă  ĂŞtre le père de mes enfants !

    Seuls mes seins et leurs arĂ©oles regardent toujours loin devant !
    Ils savent bien que l’expérience n’est rien qu’un feu-au-cul volage.
    Ils guettent sans cesse l’aurĂ©ole qui brille au crâne du suivant ;
    Celui qui vers la luxuriance m’allouera le prochain voyage.

    Tableau de Félix Vallotton.

    
    
    
  • L’ivresse des bijoux

    L’ivresse des bijoux

    « Ah ! Je ris de me voir si belle dans le reflet de mes joyaux
    Tout en chantant l’air des bijoux comme une Castafiore en or
    Dont la voix pousse les décibels à faire sauter le maillot
    Dont le soutif remonte aux joues pour faire rougir ses tĂ©nors. Â»

    Ainsi s’exclamait la diva dans sa rivière de diamants
    Prenant son bain providentiel après sa soirée de gala.
    Ovationnée sous les vivats et tous les plus beaux compliments,
    Et, dans un lieu confidentiel, de champagne on la régala.

    Très généreuse avec l’argent qu’on concède à tous ses caprices,
    Elle chante en tout bien tout honneur quand il le faut pour ses principes.
    Et c’est ainsi qu’en déchargeant sa logorrhée provocatrice,
    Elle rayonne de bonheur et tout le monde participe.

    Tableau de Fang Lijun sur https:dzen.ruaY3PZoeI9rREhwc6a .

    
    
    
  • Les pĂŞcheurs en hiver comme en Ă©tĂ©

    Les pêcheurs en hiver comme en été

    Quelques vieux pĂŞcheurs en hiver bravent la pluie et la froidure
    Et, s’il le faut, rompent la glace comme on le fait sur la banquise.
    Mais d’autres pêcheurs plus pervers se disent « pourvu que ça dure ! »
    Et vont au bistrot de la place jouir de l’eau-de-vie conquise.

    Les uns rapportent du poisson pour améliorer l’ordinaire ;
    Ablettes appâtées au ver, truites amorcées à la mouche.
    Les autres épris de boisson et de l’Alcool d’Apollinaire
    Débiteront verres et vers, les meilleurs pour la fine bouche.

    Ces mêmes pêcheurs cet été supporteront la canicule
    Avec le muscadet bien frais qui se rafraîchit dans l’étang.
    Car le plaisir est répété de l’aube jusqu’au crépuscule
    Comme si les saisons ne souffraient d’aucun dérèglement du temps.

    Tableau de Henri Rousseau.

    
    
    
  • L’autre chaperon rouge

    L’autre chaperon rouge

    Le Chaperon Rouge est audacieux, ce que l’histoire ne dit pas ;
    Il avait reconnu le loup aussitôt qu’il eut apparu.
    D’ailleurs ce conte est fallacieux puisque Mère-Grand ne pipa
    Mot devant le grand morfalou censé la dévorer toute crue.

    Le Chaperon Rouge est amoureux à coup sûr du grand méchant loup
    Et la scène des grandes oreilles, des grosses dents et du grand nez
    Cache un symbole langoureux sur un père absent et jaloux
    Qui eut, sans nulle autre pareille, une relation passionnée.

    Peau-d’âne ou le Chaperon Rouge semblent des contes incestueux
    Et Monsieur Charles de Perrault transparaît comme vieux loup lubrique.
    On tire sur tout ce qui bouge ; le sacré est irrespectueux
    Et sous le vernis des héros, apparaissent les défauts de fabrique.

    Tableau de Claude Monet.

    
    
    
  • Sainte-Marie-des-Bois

    Sainte-Marie-des-Bois

    Cèdre parmi les conifères, je vivais d’amours et d’eaux fraîches
    Prodiguées au fil des semaines par la nature généreuse.
    Lassée de ma vie florifère, le cœur fou, la tête revêche,
    J’adoptai une forme humaine sur un coup de sève aventureuse.

    Au début, je restai de marbre, n’osant pas avancer d’un pas
    Et d’écrabouiller par mégarde le petit peuple des forêts.
    Hélas, j’étais encore un arbre qui ne se préoccupe pas
    D’écouter ceux que je regarde avec mon air de mijaurée.

    Mais voilà ! Par curiosité je me suis penchée vers ces gens
    Qui m’ont pris pour une déesse de divinité forestière.
    J’en goûte la religiosité mais ce n’est pas encourageant
    Car je ne sais quelles prouesses vont-ils me quêter en prière !

    Tableau d’Edward Robert Hughes.

    
    
    
  • J’en parle Ă  mes papillons

    J’en parle à mes papillons

    Lorsque les oreilles se ferment, c’est qu’elles ne veulent pas entendre
    Ou qu’elles ne sont pas disposées à capter toute mon attention
    Comment faire pousser le germe de la manière la plus tendre
    Qui saura les prédisposer à mes meilleures intentions ?

    J’use de termes guillerets, légers comme des papillons
    Qui porteront comme une plume mes phrases en lettres déliées.
    L’œil s’ouvre avec un intérêt moins soupçonneux, moins tatillon
    Et c’est à tout petit volume que je fais tomber ses piliers.

    Ainsi je parle papillon mais juste de bouche à oreille ;
    Mes phrases sont de mots légers et de lettres aux petites ailes
    Qui entrent dans le pavillon de l’endormi(e) qui se réveille
    De son rêve désagrégé en angora de filoselle.

    Tableau de Moony Khoa Le alias Moonywolf sur http:sweetdreamsart.centerblog.netrub-moony-khoa-le-also-known-as-moonywolf–2.html .

    
    
    
  • Les auras mĂ©taphysiques

    Condensation
    L’âme est gazeuse, évaporée de l’esprit en ébullition,
    Quand il se fait condensateur entre la Terre, Dieu et lui-mĂŞme,
    Comme un nuage phosphoré qui se nourrit d’imbibition
    Par un soleil compensateur qui vaporise ses dilemmes.

    Liquéfaction
    L’âme se répand tout autour du cœur soumis à la passion
    Tandis que les feux de l’amour consument le corps dans son poêle
    Dont la fumée fait des contours, volutes et circonvolutions
    En cercles de plus en plus lourds qui remontent Ă  rebrousse-poil.

    Sublimation
    L’âme sort de la matière grise sous la forme de vapeur d’eau
    Quand les neurones sont Ă  la masse et court-circuitent le cerveau.
    Puis la conscience lâche prise et laisse tomber son fardeau ;
    Un ange passe et le ramasse et tout se remet Ă  niveau.

    Tableaux d’Agostino Arrivabene sur https:shewalkssoftly.com20140719agostino-arrivabene .

    
    
    
  • Ces singes qui nous gouvernent

    Le singe de la santé
    N’étant pas le porte-parole qui tripatouille de belles phrases,
    Le premier des singes préfère laisser s’exprimer sa maîtresse
    Qui faut le pitre et le mariole mais avec maintes périphrases
    Qui mêlent tiédeur et colère qui tournent en feux de détresse.

    Le singe de l’économie
    N’ayant ni l’oreille musicale ni la patience pour l’écoute,
    Le deuxième singe fait confiance aux sources de sa propriétaire
    Qui masque la dette fiscale que tous ses électeurs redoutent
    Derrière l’insignifiance de ses échanges monétaires.

    Le singe de l’intérieur
    Ni œil-de-lynx, ni de faucon, ni des yeux d’aigle ou de vautour,
    Le troisième singe se réfère au point de vue de sa patronne
    Qui le maintient dans un cocon avec protection tout autour
    Mais quand les refus prolifèrent, il pousse le mot de Cambronne.

    Tableaux de Sophie Wilkins sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201204sophie-wilkins-canadian-magic-realism.html .

    
    
    
  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    J’aime les heures colorées selon l’humeur du temps qui passe ;
    L’heure bleue entre chien et loup, l’heure d’or au soleil couchant ;
    L’éclat de la Lune dorée, lapis-lazuli de l’espace ;
    MĂŞme le vent, un peu jaloux de sa couleur Ă  contrechamp.

    J’aime la pénombre qui contraste le soleil dans sa vanité ;
    L’heure des ombres qui s’étirent sur le cadrant de la nature ;
    Ainsi que l’amour enthousiaste qui marie les tonalités
    Des folles teintes qui s’attirent sur l’impressionniste peinture.

    Illustration de Pascal Campion.

    
    
    
  • Mes boulevards du temps qui passe

    Mes boulevards du temps qui passe

    Combien de fois ai-je arpenté les boulevards que je respecte
    Pour leur vitrines décorées selon l’esprit de la saison ?
    Anciens immeubles charpentés au bon vouloir des architectes
    Ou d’avant-gardes et abhorrés selon le goût de ma raison.

    Là, toute l’histoire du monde se déroule au gré des passants
    Avec l’arôme des ruelles qui disparaissent en labyrinthes.
    Parfois une façade immonde et ses travaux outrepassant,
    Tantôt l’évolution cruelle du temps qui marque son empreinte.

    Et tout au long de la journée, les existences habituelles
    Du troupeau aveugle qui marche dans sa transhumance usuelle ;
    Les livreurs qui font leurs tournées, les conversations rituelles,
    Les starlettes aux jolies démarches fruits de ma drogue visuelle.

    J’aime recommencer ce chemin, le même en toutes circonstances,
    Qui lave le corps et l’esprit et me met le cœur en vedette ;
    Celui où je donnais la main à l’élue avec insistance
    Qui m’accordait le premier prix et me faisait tourner la tête.

    Illustration de Carole Maurel.

    
    
    
  • La couturière

    La couturière

    Elle s’est tissée un’ deuxième peau, elle porte des talons aiguilles
    Et sur sa drôle de bobine, un chapeau à mètre-ruban.
    Elle a tressé, bien à propos, autour des joues en bas résille,
    Une fermeture coquine oĂą elle range ses turbans.

    Photo de Gary Dorsey et collage d’Austin Fashion sur https:www.behance.netgallery450865Austin-Fashion-Week-2010 .

    
    
    
  • Sous la burqa la plage

    Mystère sous l’austère habit qui cache son jardin secret.
    Qui saura donc déverrouiller ce virginal coffre à bijoux ?
    Mais s’il est du même acabit que le saint calice sacré,
    Alors la clef n’a pas rouillé car son propriétaire en joue.

    Tableau de Léon Samoilovitch Bakst.

    
    
    
  • Couvre-feu

    Couvre-feu

    Mon gros matou, maître du temps, miaule le soir, sans discussion :
    « Voici la fin de la journée, c’est l’heure où tu dois te coucher ! »
    Ma femme et moi, s’exécutant, sous le coup de la soumission
    Venons recevoir la tournée du chat de sable effarouché.

    (Dessin de Pascal Campion.

    Qui se souvient de la chanson de Bonne nuit les petits ?

    Voici la fin de la journée
    C’est le moment de se coucher
    Nous faisons comme nos amis
    Ils s’en vont tous au lit
    Nous y allons aussi
    Sur son nuage, j’en suis certain
    Le marchand de sable vient
    Il nous dira
    Fermez vos yeux
    Et dormez tous les deux
    Nous sommes bien dans notre lit
    Nounours nous souhaite Bonne Nuit
    Sa grosse voix me fait plaisir
    Quand je vais m’endormir
    Quand je vais m’endormir
    Sa voix nous fait plaisir.

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  • La coupe des quatre lunes

    La coupe des quatre lunes

    Lorsque la lune se renouvelle, dépose ta coupe d’argent ;
    Au premier quartier, goutte-Ă -goutte, remplis de larmes de licorne ;
    En pleine lune, se révèlent les premiers signes convergents ;
    Au dernier quartier sous la croûte, poussent les brins de salicornes.

    Tableau de Nacer de Nuevo.

    
    
    
  • Les confessions secrètes

    Les confessions secrètes

    « Oui, nous formons une organisation réactionnaire, secrète, maléfique. Nous possédons des agents partout. Nous connaissons mille procédés pour décourager la recherche, saboter les expériences, fausser les renseignements…
    Cependant, permettez-moi de répondre maintenant à quelques questions et accusations qui nous viennent souvent aux oreilles. Les membres du gouvernement jouissent-ils de la richesse, des privilèges, de la puissance, sont-ils dispensés d’obéir aux lois ? L’honnêteté nous oblige à répondre : oui, à des degrés divers qui dépendent des circonstances et des contingences. Dans ce cas, le gouvernement serait un groupe fermé, limité ? En aucune sorte. Nous nous considérons, évidemment, comme une élite intellectuelle. Mais nos portes sont ouvertes à tous, bien que peu d’élus puissent les franchir.
    Notre politique ? Plutôt simple. L’ère économique a mis une arme terrible entre les mains des mégalomanes qui se trouvent dans notre sein. Il existe d’autres connaissances qui, si elles étaient mises à leur disposition, pourraient leur assurer un pouvoir tyrannique. C’est pourquoi nous contrôlons la dissémination de la connaissance.
    On nous stigmatise du nom de « divinités auto-sacralisées » ; on nous accuse de pédantisme, de conspiration, de condescendance, d’arrogance, d’être obstinément persuadés de notre bon droit. Ce sont là les moindres critiques qu’on nous adresse. On nous traite d’insupportables paternalistes et, dans le même temps, on nous reproche de nous désintéresser des affaires humaines.
    Pourquoi n’utilisons-nous pas notre influence à soulager la peine des hommes, à prolonger leur vie ? Pourquoi affectons-nous de nous retirer sur un plan supérieur ? Pourquoi ne transformons-nous pas l’habitat humain en un royaume de bonheur, alors que nous possédons les moyens d’y parvenir ?
    La réponse est simple – et peut-être décevante. Nous pensons que ce sont là de faux biens ; que la paix et la satiété sont synonymes de mort. Malgré sa brutalité et ses excès de cruauté, nous envions à l’humanité archaïque ses expériences ardentes. Nous prétendons que la récompense après l’effort, le triomphe après l’adversité, l’accomplissement d’un projet longuement poursuivi, procurent plus de satisfaction qu’une prébende nutritive puisée à la mamelle d’un gouvernement bonasse. »

    Extrait d’une allocution de Madian Carbuke, politicien imaginaire issu du roman « le Prince des étoiles » de Jack Vance. Tous ceux qui ont cru à la confession d’un ministre de notre gouvernement pourraient être classés comme activistes, fatalistes et alarmistes. Et moi, un petit farceur.

    
    
    
  • La boule de cristal

    La boule de cristal

    Dans cette boule de cristal que la Terre replie sur la mer,
    Je vois s’écrire dans les vagues tant de paroles éphémères
    Qui semblent tellement distales, qu’elles s’étalent, douces-amères
    Telles des ondes qui divaguent et qui ne sont que des chimères.

    Distal : qui est le plus éloigné de la personne qui parle.

    
    
    
  • VoluptĂ© ou mĂ©chancetĂ©

    Volupté ou méchanceté

    Je n’y vois que ce que je veux voir, volupté ou méchanceté,
    Selon les habits de mon cœur et selon l’ego qui raisonne.
    Si j’acceptais de recevoir le moindre propos infesté,
    J’aurais l’esprit bien critiqueur d’une âme noire qui s’empoisonne.
    Mais si je crois que mon devoir est d’écarter, sans fausseté,
    Les compliments des mots moqueurs, alors la loyauté résonne.

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  • Le temps retrouvĂ©

    Le temps retrouvé

    À la recherche
    Du temps perdu,
    Dans mon grenier
    Je suis montée
    Et j’ai trouvĂ©
    Nippes mitées,
    Ballon crevé,
    Deux ou trois malles,
    Chaise bancale,
    Vieilles bouteilles,
    Bouts de ficelle,
    Tas de courroies,
    Papier de soie,
    Boites en carton,
    Boules de coton,
    Papier mâché,
    Papier roché,
    Cotillon sale,
    Selle de cheval,
    Roses séchées,
    Jouets cassés.
    Et j’ai fouillé,
    Et j’ai trouvé,
    Dans mon grenier,
    Toute bien cachée,
    Dans un coffret
    De bois nacré,
    Une enveloppe
    Enrubannée,
    Recachetée.
    Je l’ai ouverte,
    Photo jaunie,
    Un militaire
    Me regardait
    Pensivement,
    C’Ă©tait mon Père
    Mort Ă  la guerre,
    Ça fait vingt ans.
    À la recherche
    Du temps perdu,
    Dans mon grenier
    J’ai retrouvĂ©
    Un inconnu.
    J’ai tout remis
    Timidement
    Dans le coffret
    De bois nacré.
    Toute petite
    Redevenue,
    Je suis partie.
    Oh, grand bonheur,
    Le chaud au cœur !

    Texte d’Henriette Berge.

    
    
    
  • Mon arbre de vie

    Sur chaque branche de mon arbre,
    J’ai des oiseaux qui chantent juste,
    J’ai des oiseaux qui chantent faux,
    J’ai de beaux rameaux bien robustes,
    J’ai du feuillage bien comme il faut.

    Sur chaque feuille de mon arbre,
    Certaines ont de belles nervures,
    Certaines brûlées de soleil.
    Puis, en belles photogravures,
    Voici le vent qui les balaye.

    Sur chaque fleur de mon arbre,
    Les abeilles butinent le nectar,
    Les chenilles mangent les pétales.
    Toute une faune file dare-dare
    Autour du festin végétal.

    Sur chaque fruit de mon arbre,
    Les oiseaux goûtent les meilleurs,
    Le vent fait tomber les plus lourds.
    Une pomme, sur un sommeilleur,
    L’aurait assommé, quel balourd !

    Sur chaque saison de mon arbre,
    Le printemps fait monter la vie,
    Les fruits de l’été nous honorent,
    La rouille d’automne nous ravit,
    L’hiver pourtant n’est pas la mort.

    Tableau de Anne-Marie Zilberman.

    
    
    
  • Les guetteurs de lumière 🌻

    Les guetteurs de lumière 🌻

    Si rien n’échappe Ă  leurs pupilles, c’est que les anges les ont dotĂ©s
    D’une boussole universelle sur ce qui passe à leur portée.
    Soleil, étoiles qui scintillent, tout astre qui vient fricoter
    Dans le ciel, la moindre étincelle, leur sont aussitôt rapportés.

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  • Dagoba

    Dagoba

    Ça ressemble à un son de cloche mais on y invoque Bouddha
    Dans ces temples en forme baroque que l’on visite au Sri Lanka.
    Tous mes souvenirs s’effilochent mais je revois ces Dagoba,
    Sur l’ìle de Ceylan, qui m’évoquent leurs mémoires en reliquat.

    Les Dagobas sont ces petits temples en forme de cloche qu’on trouve en Inde et sur l’île de Sri Lanka autrefois appelée Ceylan.

    
    
    
  • L’immatĂ©rialitĂ©

    L’immatérialité

    C’est au moment du rĂ©veil, quand je bascule de l’ombre
    Où la nuit m’a enfermé loin d’un monde matériel,
    Que je pense à ces merveilles entrevues dans la pénombre
    Et qui m’avaient confirmé que je suis immatériel.

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  • Le regard neuf

    Le regard neuf

    C’est par les yeux de l’enfant, cette innocente boussole,
    Que je vois mon avenir sans format et sans contrainte.
    C’est par son cĹ“ur triomphant que mon âme me console
    En gardant, des souvenirs, la meilleure des empreintes.

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  • La petite porte Ă©troite

    La petite porte étroite

    La petite porte étroite par laquelle je m’éveille
    Change de rue quelquefois et je dois la retrouver
    Par quelque manière adroite sinon mon cœur s’ensommeille
    Et se rendort chaque fois dans ses rêves éprouvés.

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  • Avis de dĂ©pression

    Avis de dépression

    Parfois le thermomètre grimpe, exécutant des cabrioles,
    Et le baromètre déprime, fuyant vers les basses pressions.
    Alors, je vais ouĂŻr les limbes qui grondent sous les gaudrioles
    Du mauvais temps qui nous imprime ses plus humides expressions.

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  • L’effet papillon

    L’effet papillon

    C’est l’effet papillon qui, d’un anniversaire,
    Commence un vol plané pour le mener à terme.
    Oyez le carillon qui se fait émissaire
    Pour prĂ©parer l’annĂ©e plus solide et plus ferme !

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  • L’amour des pierres

    L’amour des pierres

    Il faut voir quand elles sont vêtues de robes à froufrous colorées
    Qui s’évasent en pierres de tailles sur leurs bassins bien structurés.
    J’attends qu’elles soient dévêtues fors de leurs pudeurs timorées
    Pour les enlacer par la taille de mes baisers aventurés.

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  • L’amour Ă  la plage

    L’amour à la plage

    Elle avait la peau satinée faite pour être caressée ;
    Beaucoup d’azur dans le regard pour ne jamais être oubliée ;
    Des reflets dorés-platinés où mes yeux aimaient paresser
    Puis s’endormaient sous l’air hagard du vieux marchand de sablier.

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  • L’amour de la terre

    L’amour de la terre

    Mon regard caresse la terre comme les courbes d’une femme
    Et je mordille entre les dents tous ses fruits mûrs et défendus.
    Puis, je m’y couche sans commentaire le soir quand le soleil s’enflamme
    Pour y arroser l’excédent de toute ma sève répandue.

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  • Le souterrain vert

    Le souterrain vert

    Je vis dans un souterrain vert qui s’enfonce sous les montagnes
    Et je brandis mon pĂ©riscope juste pour voir d’oĂą vient le vent.
    Quand je navigue à découvert sous les herbes en rase campagne,
    Je fais le point sur l’horoscope en pointant le soleil levant.

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  • Renaissance

    Renaissance

    Saluons l’âme fleur qui revient chaque année
    Animée de soleil, bercée par les étoiles.
    Laissons parler son cœur en mots instantanés
    Qui nous portent à l’oreille ce que l’amour dévoile.

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  • Tous les chemins du cĹ“ur

    Tous les chemins du cœur

    Tous les chemins du cœur sont les plus beaux voyages
    Par les chemins de fers ou les chemins de l’air.
    Je prends à contrecœur ces derniers aiguillages ;
    Si c’était à refaire, je changerais de galère.

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  • Pourquoi vivons-nous dans un système HALAKON ?

    Pourquoi vivons-nous dans un système HALAKON ?

    Quand je leur fais remarquer que nous vivons dans un système HALAKON,
    Tous ceux qui profitent et tirent les ficelles du système HALAKON
    N’aiment pas que je montre leur puissance en haut du système HALAKON.
    Ils font tout pour m’enterrer et m’étouffer dans le système HALAKON.

    Quand je leur fais remarquer que nous vivons dans un système HALAKON,
    Tous ceux qui en souffrent et dépendent du système HALAKON
    N’aiment pas que je montre leur faiblesse en bas du système HALAKON.
    Ils font tout pour me tirer et me faire rentrer dans le système HALAKON.

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  • Les bleus de l’âme

    Les bleus de l’âme

    Ă” Reflets qui me renvoient la perfection de la Terre,
    Je reviens plonger mon âme dans vos eaux si naturelles
    Et j’emprunte ce convoi vers la source alimentaire
    Qui me réchauffe ma flamme d’un souffle surnaturel.

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  • LĂ -bas au couchant

    Je suis en pleine Lumière ici à Marseille
    Et je songe cependant au soleil levant
    L’autre côté de ma planète, pays des merveilles
    Qui s’en va en s’endormant au soleil couchant.

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  • Brouillard sur l’humanitĂ©

    Cette humanité opaque trottine à l’aveuglette.
    Chacun ne voit pas plus loin que le bout de son tarin.
    Les autres ne sont qu’une ombre, une silhouette aigrelette.
    On tente, chacun pour soi, d’exister en sous-marin.

    On pense que l’étranger est forcément un rival.
    On pense que les richesses seraient mieux dans notre poche.
    Mais si la brume se lève, on verra notre âme égale,
    Que nous sommes tous pareils et que nos liens nous rapprochent !

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  • Le retour de l’amante religieuse – 2

    « Dites-moi, beau monsieur, que vous ĂŞtes joli, que vous me semblez beau ! Â»
    Ainsi m’apostrophait la jolie demoiselle Ă  moi, son damoiseau !
    J’ai bien flairĂ© le piège, je la connais cruelle, et je tiens Ă  ma tĂŞte !
    J’ai fait un grand détour pour échapper ce jour au fatal tête-à-tête.

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  • Le pot des copines

    Le pot des copines

    De popotis en popotas,
    Les popotins un peu pompettes,
    Les copines Ă  leur chopine,
    Et les potins sur les poteaux.

    Dans les bistros de Bogota,
    Les clubs de jazz Ă  Papeete,
    Dans les bordels des Philippines,
    Les cabarets de Kyoto.

    Ne croyez pas ce qu’on dira !
    N’écoutez pas les faux prophètes !
    Détournez-vous des salopines
    Qui vous étalent leurs biscoteaux !

    J’y suis allé à petits pas.
    Je n’ai pas joué la compète.
    Je n’ai pas l’âme galopine.
    Je les ai mĂŞme prises en photo.

    Elles sont sobres et n’picolent pas !
    Elles boivent du lait de leurs biquettes !
    Elles trinquent au jus bio d’aubergine !
    Et surtout ne boivent que de l’eau !

    Et c’est pour cela qu’elles sont si seules…

    au Dakota,
    Ă  Marne-la-Coquette,
    Ă  Tataouine,
    Ă  Tokyo,
    au Minnesota,
    Ă  Jouy-sur-Yvette,
    aux Malouines,
    à Neufchâteau,
    …

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’arbre sacrĂ© de l’âme

    L’arbre sacré de l’âme

    On est bien dans nos maisons, on est bien dans nos raisons,
    Bien à l’abri des dangers, bercés par les orangers.
    Chacun vit sur son balcon une vie sans comparaison,
    On n’est jamais dérangés, son foyer bien arrangé.

    Et pourtant je m’imagine au bout d’une branche fine.
    Je ne suis rien qu’une feuille toute humble et sans orgueil,
    Petite fleur sans épine avec toutes ses frangines,
    Parmi tous ces écureuils qui me font un bon accueil.

    On se croit tous différents, uniques et indifférents.
    On pense qu’on a une âme bien distincte sur sa gamme.
    Mais je sais que cependant nous sommes coopérants ;
    Il n’existe qu’une flamme qui vit dans chaque oriflamme.

    Tout vient de la position que, chacun, nous occupons.
    Sur notre acte de naissance, on voit bien la différence ;
    Selon notre éducation et selon notre nation,
    Toute notre adolescence bouleverse notre essence.

    Moi, je sais bien que chacun est une fleur, un parfum,
    Occupant chacun sa place dans l’arbre sacré qui embrasse
    L’humanité aux confins des vivants et des défunts.
    Le corps est une carcasse issue d’une seule race.

    Quand je croise une personne je sens l’âme qui fusionne ;
    Elle et moi sommes ensemble, nos deux êtres se ressemblent ;
    C’est un autre « moi » qui donne un rôle dans ses neurones.
    Quand je vois quelqu’un qui tremble, ma compassion nous rassemble.

    Nous sommes tous une fleur sur les branches du bonheur.
    Tantôt proche du soleil, tantôt dans l’ombre en sommeil.
    Ce qui fait notre douleur c’est l’écart de nos hauteurs
    Et l’âme qui fait l’éveil est d’un souffle sans pareil.

    Tableau de Fabienne Barbier