Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Vigne vierge et fille folle

    Vigne vierge et fille folle

    Bien sûr l’amour nourrit le cœur, il enivre aussi la raison
    Et comme un bon fruit défendu se croque à deux mais en secret.
    Boire l’élixir du vainqueur, trinquer à la défloraison
    Et baiser sans sous-entendu l’embouchure aux lèvres nacrées !

    Je suis la grappe du désir que mon amoureuse déguste ;
    Je suis du raisin chaque grain dans la bouche de mon amante ;
    Je suis lĂ  pulpe du plaisir qui coule le long de son buste
    Et vient laver tous ses chagrins par mon jus pastel Ă  la menthe.

    Elle est celle qui m’engloutit dès l’entrée du temple sacré ;
    Elle est celle qui boit mon eau dont elle ne s’assoiffe jamais ;
    Elle est ma déesse aboutie que j’emplis de mon jus sacré ;
    Ma Danaïde dont le tonneau ne se vide plus désormais.

    Elle m’offre sa gorge en coupe, la langue humectée des vendanges,
    Et je m’y verse avec ferveur comme un vin chaud de volupté.
    Nous buvons, trinquant de nos croupes, l’élixir aux alcools étranges
    Jusqu’à l’ivresse de la saveur du libidineux soluté.

    Tableau de Marco Paludet sur https:www.artfinder.comartistmarcopaludetpage-14?epik=dj0yJnU9c1ZXZC1WWjdUOGlRc3JpVTZpNXh6cUQxeHh0MGt1REcmcD0wJm49Y0JKYkphckJmSi1VWldmV0xuR2s0USZ0PUFBQUFBR2J4RHdv .

    
    
    
  • Morose Aurore

    Morose Aurore

    De l’ouest, j’ai aimĂ© ses aurores et particulièrement l’une d’elles,
    Têtue comme une labradorite qui aurait résisté au diamant.
    Trop souvent mon cœur en pérore car il lui est resté fidèle
    En effeuillant la marguerite qui est le l’oracle des amants.

    J’ai presque pris le train en marche pour rejoindre son territoire,
    Et m’établir comme Ă©migrant et vivre en sa terre d’exil.
    J’avais fait toutes les dĂ©marches et fait tous les rĂ©quisitoires,
    Passeport et papiers m’intĂ©grant comme requĂ©rant au droit d’asile.

    Mais les aurores boréales ont tourné court dans mon destin.
    Météorologie du cœur ou science de la raison ?
    Par révolutions floréales d’avril à mai, un célestin
    Appel d’un cupidon moqueur m’a ouvert d’autres horizons.

    Depuis, parfois, dans mes silences, je crois entendre se rattacher
    Sa voix venue d’un long hiver à mon cœur d’une froide écume.
    Elle répète sans violence : « Il faut savoir se détacher ! »
    Toutes les aurores de l’univers se confondent alors dans la brume.

    Tableau de Adrian Gottlieb sur https:nevsepic.com.uauk1832637-art-dlja-doroslih-dobirka-11-60-robit.html .

    
    
    
  • Du feu solaire Ă  l’eau lunaire – 2

    Laureline – Mon feu pour toi – version sage
    Je suis l’éclair qui fend ta nuit,
    le volcan qui s’ouvre à ta bouche ;
    Je suis la forge la plus profonde
    oĂą ton corps est incandescent.

    Et quand tu cries mon nom sans bruit
    je deviens braise sur ta couche ;
    Je suis le cri, je suis la fronde
    et ton amour mon firmament.

    Laureline – Mon feu pour toi – version coquine
    Je suis l’éclair qui fend ma vulve,
    le volcan qui s’ouvre à ta bite ;
    Je suis la forge du vagin,
    creuset de la fornication.

    Quand tu cries mon nom je convulse
    je deviens braise dans ton gîte ;
    Je ne suis qu’un cri sauvagin
    qui réclame sa fellation.

    Loreleï – Ma lune pour toi – version sage
    Je suis la vague qui t’enlace,
    le voile pâle qui t’enfièvre ;
    Je suis le havre oĂą tu reposes,
    la mer secrète où tu te noies.

    Et quand ton front touche ma face
    je deviens source sous tes lèvres ;
    Je suis la paix, je suis la rose
    et ton amour ma seule foi.

    Loreleï – Ma lune pour toi – version coquine
    Je suis la vague qui te suce,
    le sanctuaire que tu baises ;
    Je suis le havre du clitoris
    où je jouis d’un cunnilingus.

    Et quand je goûte ton prépuce
    je bois la source qui m’apaise ;
    L’eau qui m’arrose pour que fleurisse
    le point G du mont de Vénus.

    Tableaux de Ledal.

    
    
    
  • Du feu solaire Ă  l’eau lunaire – 1

    Laureline – Mon feu pour toi
    Je suis la braise qui t’appelle,
    le sang vif qui bat dans tes veines
    Et lorsque tu souffles mon nom,
    je suis inflammation d’étoile.
    Je suis ton ardente chapelle,
    je suis ta vestale écrivaine
    Qui réveille d’un coup de canon
    ton nouveau corps qui se dévoile.

    Mon amour brûle tous tes doutes
    et il embrase tes silences ;
    Il te fera renaître encore
    du feu de mes lèvres brûlantes.
    Car cette mort que tu redoutes
    n’est qu’une épreuve de vigilance
    OĂą tu trouveras ton nouveau corps
    dans ma matrice rutilante.

    Loreleï – Ma lune pour toi
    Je suis la Lune qui te veille,
    l’ombre qui caresse ta nuit ;
    Lorsque tu prononces mon nom,
    je coule en toi d’une eau discrète.
    Je suis la lueur qui t’éveille
    et te fait sortir de l’ennui
    Car ensemble nous imaginons
    nos règles d’amour si secrètes.

    Mon amour est ta marée haute
    qui te berce, t’élève et t’enlace,
    il lave ton corps et ton cœur
    et les féconde dans mon palais.
    Il nourrit cette table d’hôte
    qui fait de ta bouche un palace
    Où tu t’abreuveras de liqueur,
    celle de mes seins gorgés de lait.

    Tableaux de Ledal.

    
    
    
  • La vie en rose

    La vie en rose

    Dans l’obscurité incolore de mes nuits blanches les plus profondes,
    Les secondes se décolorent et les minutes se confondent.
    Dans ce néant survient un songe d’abord comme un rêve éveillé
    Dont les méandres se prolongent vers un voyage ensommeillé.

    Alors je vois la vie en rose dans un monde exempt de douleurs,
    Lentement tout devient morose, aligné aux mêmes couleurs.
    Pour aller à la découverte de sensations inattendues,
    J’imagine une femme verte, entièrement nue, les seins tendus.

    Rose et vert sont complémentaires et nous le sommes également
    Car, sans nuance supplémentaire, nous pourrons idéalement
    Vivre nos amours bicolore avec deux teintes seulement
    Mais qui resteront indolore à mon réveil finalement.

    De l’encrier de ma mémoire qui s’est vidée au petit jour,
    Je plonge alors ma plume noire et le miracle revient toujours ;
    Tous les souvenirs effacés de mes intimes rêveries
    S’écrivent en vers interfacés d’épistolaires grivoiseries.

    Tableau de John Holcomb sur https:www.rebeccahossack.comartistsjohn-holcomb .

    
    
    
  • Aventures semi-prĂ©cieuses

    Femme améthyste sur fond topaze et l’aventure recommence ;
    Ma nuit se colore d’extase et je plonge en pleine romance.
    Un ange écarte sa voilette d’un souffle empreint de jouissance
    Et nos amours seront violettes de toute notre concupiscence.

    Femme onyx sur fond émeraude qui s’empourpre et devient courtoise,
    Puis l’aventure continue dans un camaïeu de turquoises.
    Ma dulcinée semi-précieuse fête avec moi nos noces d’or ;
    Nos amours seront facétieuses jusqu’à l’instant où je m’endors.

    Tableaux de John Holcomb.

    
    
    
  • Mariage d’état

    Mariage d’état

    Tous les cinq ans, sur le contrat, Marianne se remarie
    Non pas d’un mariage d’amour mais d’un mariage de raison.
    Selon son cœur elle connaîtra la bonne aubaine d’un bon mari
    Ou un fou qui n’a pas d’humour ou pire… sans comparaison.

    Avant cela durait sept ans et Marianne s’emmerdait
    Avec des vieux tous rabougris, chauves, laids et ventripotents.
    Désormais le contrat s’étend avec de jeunes grands dadais
    Ou petits roquets amaigris, sarcastiques et omnipotents.

    Hélas depuis quelques années, Marianne est plutôt mal baisée
    Par une sorte de macaroni qui la viole d’une seule traite.
    De plus, des gardes basanés qui n’ sont pas là pour l’apaiser,
    Frappent son peuple dont l’agonie ne verra jamais la retraite.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

    
    
    
  • Le bestiaire ministĂ©riel

    Le bestiaire ministériel

    Premier ministre la Licorne, polytechnicienne à bicorne ;
    À l’économie la Chimère, âpre comme une belle-mère ;
    À l’intérieur un Marcassin qui se dit grand mais n’est qu’un nain ;
    À la justice un Ouistiti qui dort sous les ponts, abêti ;

    Comme porte-parole un bâtard, né « Vérantanplan » sur le tard ;
    Pour les femmes un Sphynx rondouillard, très bien membré et bien gaillard ;
    Un chien qui fume des Coronas à l’extérieur du pensionnat
    Et aux finances une Hydre obscure, l’économie elle n’en a cure.

    Illustration de Lou Benesch.

    
    
    
  • La sirène psychĂ©dĂ©lique – 2

    La sirène psychédélique - 2

    Quand les sirènes étaient hippies, ce qui remonte à fort longtemps,
    Elles vivaient d’amour et d’eau fraîche, chantaient nuit et jour, décorées ;
    Vénus indiennes dans leurs tipis, îliennes sur leurs radeaux flottant,
    Américaines à l’air revêche et cubaines à la queue dorée.

    Toutes les chimères du monde organisaient des festivals
    OĂą accouraient poissons en nasse et cabillauds dans leurs filets.
    Les rares sirènes pudibondes arboraient des queues-de-cheval
    Et les autres, nues dans la masse, s’amusaient à les effiler.

    Dans les mers chaudes exotiques, on vivait en communautés.
    Toutes ensemble, les créatures se partageaient les créations.
    Dans les abysses érotiques, continuellement en nouveautés
    Elles poussaient la température en transe jusqu’à ébullition.

    Tableau de Daria Hlazatova.

    
    
    
  • La sirène psychĂ©dĂ©lique – 1

    La sirène psychédélique - 1

    Dans les années soixante-huit, quand les sirènes étaient hippies,
    On entendait dans les abysses chants suaves et surnaturels.
    Les auditions étaient gratuites pour les marins et leurs groupies
    Qui fournissaient le cannabis dans ces âges intemporels.

    Leurs queues nues et bariolées dont les écailles scintillaient
    Ondulaient au son des tambours joués dans toutes les octaves.
    Les pieuvres en tutu violet vous servaient des punchs antillais
    À l’alcool de topinambours vieillis en vieux fûts des épaves.

    Bien sûr, tout était cuit à l’eau sur les volcans subaquatiques ;
    Algues fourrées aux narcotiques et coquillages stupéfiants.
    On observait dans son halo, un soleil roux fantasmatique
    Sur les vagues fantomatiques et leurs reflets émulsifiants.

    Tableau de Daria Hlazatova.

    
    
    
  • Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Dans la vie, les hauts et les bas balancent entre deux positions ;
    Embrasser ou être embrassée ou mettre l’épée au fourreau.
    L’égalité n’existe pas ; juste à peine une transition ;
    L’hésitation embarrassée quand la victime devient bourreau.

    Dans la vie, on parle et on ment ou bien on apprend Ă  se taire
    Mais tout est tellement embrouillé que personne ne s’y retrouve.
    Les plus forts siègent au parlement, les plus calés aux ministères
    Même le président est mouillé n’en déplaise à ceux qui l’approuvent.

    Illustration d’Armand Vallée, 1924.

    
    
    
  • PensĂ©es en fleurs

    Pensées en fleurs

    S’il est des pensées qui m’effleurent lorsque je flâne dans la nature,
    Elles proviennent des mille fleurs qui me transmettent leurs teintures ;
    Coquelicots pour l’intuition d’une joie profonde et sincère ;
    Pissenlits pour la transmission de tout l’amour qui s’y insère.

    Bleuets pour une inspiration à transcrire un joli poème ;
    Marguerites pour l’aspiration à aimer la vie de bohème ;
    Mais pour les plus beaux sentiments, je fais route en les partageant
    Avec la fleur d’assentiment qu’on appelle l’étoile d’argent.

    Tableau de Katarína Vavrová.

    
    
    
  • Censure virtuelle

    Censure virtuelle

    Qu’elles soient nues sous leurs vêtements ou qu’elles soient nues derrière un masque,
    La pudeur et la sauvegarde ont leur revers de la médaille.
    La liberté est bêtement anéantie par la bourrasque
    Que la peur répand par mégarde de l’homme honni par la flicaille.

    Il est trop tard pour reculer et recommencer à zéro.
    Le ver est en chacun de nous pour nous ronger de l’intérieur.
    Le seul espoir pour basculer enfin du côté des héros
    C’est de n’ plus se mettre à genoux devant le pouvoir supérieur.

    Photo de Haris Nukem.

    
    
    
  • La jardinière

    L’unique feuille de l’an passé qui a traversé tout l’hiver
    A confié le cœur de son limbe à un messager du printemps
    Qui a pris ce laisser-passer inestimable de l’univers
    Protégé par l’aura des nimbes de tous les anges à plein temps.

    Et Demeter, qui le reçoit, se l’insère dans la poitrine
    Et soudain la vie rejaillit par ses ondées de nourriture.
    Elle ensemence, elle sursoit, elle anticipe, elle endoctrine
    Toutes les graines recueillies pour fertiliser la Nature.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

    
    
    
  • Poète en manque d’inspiration ?

    Poète en manque d’inspiration ?

    Plus le poète devient loup et plus il cherche l’ouverture
    Et plus la Lune reste muette et son canal du cœur fermé.
    Le génie n’aime pas les filous et lui décline son aperture
    Tant que sa conscience fluette ne laissera pas l’âme germer.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Les portes de l’aurore

    Les portes de l’aurore

    Aurore, ouvre-moi les volets des portes de la nuit nacrée !
    Fait poindre des seins tes rayons d’un peu de bonheur essaimés.
    J’ai vu en rêve qu’une envolée d’or ranimait le feu sacré
    Au son du premier carillon pour un nouveau jour à s’aimer.

    Tableau « The Gates of Dawn », 1900 d’Herbert James Draper.

    
    
    
  • DĂ©jeuner toute seule

    Déjeuner toute seule

    Toute seule, elle souhaitait déjeuner afin de nourrir de soleil
    Son corps qui présentait l’offrande de son exquise nudité.
    Par le parfum doux des genêts, elle fut plongée dans un sommeil
    Qui fit fantasmer la gourmande vers des envies préméditées.

    Photo de Jacques Henri Lartigue.

    
    
    
  • Les ondes courtes

    Les ondes courtes

    Te souviens-tu des ondes courtes qui nécessitaient du doigté
    Pour capter la partie sensible afin que nous nous connexions ?
    Dans ces fréquences ultracourtes, l’auditeur pouvait convoiter
    Des jets d’émissions transmissibles par son antenne en érection.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le lion de toutes les couleurs

    Le lion de toutes les couleurs

    Pour mieux tester sa résistance, le lion a choisi ses couleurs
    Et pour vous prêter assistance, j’ai préparé ce décodeur :

    Si vous le voyez broyer du Noir, n’en faites pas toute une histoire.
    S’il tire les Marrons du feu, c’est le roi, excusez-moi du peu !
    S’il se montre Rouge de honte, attendez que l’humeur remonte.
    Si son humeur vire à l’Orange, c’est que quelque chose le dérange.
    Quand vous le verrez rire Jaune, laissez donc passer le cyclone…
    Quand il est furieux, Vert de rage, il faut laisser passer l’orage…
    Souvent il se montre fleur Bleue, envers les femmes, ventrebleu !
    Je ne l’ai jamais vu Violet, sauf peut-être son cabriole…
    S’il fait marcher sa matière Grise, ce n’est qu’un jeu, il se dégrise !
    S’il va toujours de but en Blanc, c’est clair et ce n’est pas troublant.

    Enfin, s’il voit la vie en Rose, cessez comme lui d’être moroses !

    0-noir, 1-marron, 2-rouge, 3-orange, 4-jaune, 5-vert, 6-bleu, 7-violet, 8-gris, 9-blanc représentent la codification des résistances électriques.

    
    
    
  • Les arbres placentaires

    Mes arbres pointent mille branches et mille racines qui plongent
    Pour donner l’envie aux poissons de quitter l’eau et leurs branchies.
    Les voilà devenus reptiles, sauriens géants qui se prolongent ;
    Les voici futur volatiles et le mur des airs est franchi.

    Voyageurs du Paléogène, larves, amibes ou insectes
    Pour combien de millions d’années, ferez-vous vos métamorphoses ?
    Et combien de milliard de gènes, faudra-t-il que la vie injecte ?
    Combien de morts instantanées pour nourrir pour la bonne cause ?

    Moi qui balance entre deux branches, je vous graverai sur le marbre
    L’histoire de mes origines qui s’étend sur le planisphère.
    Et puis, pourquoi pas un dimanche, un jour, je descendrai de l’arbre
    Pour vivre, nouvel androgyne, ma folle vie de mammifère.

    Tableaux de Juan Romero.

    
    
    
  • Le Lion aux Milliards de Soleils

    Le Lion aux Milliards de Soleils

    Tous les soleils du conquérant transmutent l’art astrologique ;
    Son cœur change d’appellation pour devenir « Supernova ».
    Sa masse aussitôt requérant une position stratégique
    Accouche d’une constellation appelée « Lion Casanova ».

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  • La sirène diatonique

    La sirène diatonique

    Et si la queue de poisson qui distingue les sirènes
    N’était autre qu’un instrument de musique dont le diable
    Fait tomber en pamoison les marins sur leurs carènes
    Qui se noient éperdument sous le charme irrémédiable ?

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  • Le fĂ©minin sacrĂ©

    Le féminin sacré

    Je fais souvent ce même rêve où l’amour trouble ma vision
    Et m’emporte vers l’autre monde issu du féminin sacré.
    Plus besoin de lutter sans trêve ; il n’y a plus de division
    Et l’enivrement, comme une onde, répand une couleur nacrée.

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  • Le rĂ©chauffement climatique

    Le réchauffement climatique

    Le réchauffement climatique aura raison de nos calottes
    Qui disparaîtront de nos pôles et toutes les terres rattachées.
    Nous redeviendrons aquatiques et nous en perdrons la culotte
    Car, en atteignant nos Ă©paules, l’eau n’aura plus rien Ă  cacher.

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  • La femme camĂ©lĂ©on

    La femme caméléon

    Quand la femme caméléon se couche à l’abri des persiennes,
    Sa peau se met à s’exprimer par des rayures qui ondulent,
    Ses fesses en bandonéon émettent des ondes hertziennes
    Qui, sur ses seins, viennent imprimer une oscillation de pendule.

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  • CĹ“ur de soleil

    Cœur de soleil

    Quand le chevalier de soleil surgit du bord de l’horizon,
    Toute la campagne s’embrase, l’ombre fuit devant sa clarté.
    La nuit se fait tirer l’oreille et est enfermée en prison
    Jusqu’à ce que la Lune l’embrasse pour obtenir sa liberté.

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  • Les macrosillons

    Les macrosillons

    Combien de rires et de larmes ont été gravés dans la roche
    Depuis que l’homme a occupé une place de conquérant ?
    Sont-ce des plaintes et des alarmes qui ont tracé ces doubles-croches ?
    Je suis assez préoccupé par ces sillons prépondérants.

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  • Mon village de quiĂ©tude

    Mon village de quiétude

    Je veux quitter les quartiers sombres, habiller mon cœur de couleurs ;
    Je veux fuir les rues de vacarme, je veux renvoyer l’inquiétude.
    Que la lumière efface l’ombre, que la paix calme les douleurs,
    Que seul le silence me charme dans mon village de quiétude !

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  • Les annĂ©es de gondole

    Les années de gondole

    Il y a les années de galère, il y a les années de gondole.
    Ainsi mon cœur sous la houle connaît la joie et les pleurs.
    Les tempêtes de colère ont blessé mes farandoles
    Mais les jours où je roucoule occupent le plus d’ampleur.

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  • Les colombes de la mĂ©ditation

    Les colombes de la méditation

    Méditer avec les colombes, c’est se reconnecter des ailes
    Et s’envoler avec ses frères au-dessus du monde physique.
    Mon cœur est comme la palombe, pareil à l’exquise gazelle ;
    Et nous vivons tous en confrères dans un astral métaphysique.

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  • Le bout du chemin – 1

    Le bout du chemin

    Le seul bout de chemin connu n’est pas celui qui disparaît
    Derrière moi dans le brouillard ou dans un passé révolu.
    Je le connais, cet inconnu ; c’est ce présent qui m’apparaît
    Quand je deviens le scribouillard dont ces vers lui sont dévolus.

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  • La tour de l’aube

    La tour de l’aube

    C’est au pied de la tour que blessent les rayons
    Du soleil matinal qu’il fait bon s’éveiller.
    Parée de beaux atours et d’un beau papillon,
    C’est le point cardinal d’un salut travaillé.

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  • Le chant de l’annĂ©e

    Le chant de l’année

    C’est à ce moment de l’année que mes petites sirènes s’habillent
    De belles robes velouteuses pour entonner ce joli chant
    Elles viennent de Méditerranée cette province où l’on babille
    De belles envies prometteuses pour un avenir attachant.

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  • Pas de fumĂ©e sans Lune

    Pas de fumée sans Lune

    Des volutes de nuages et des poussières d’étoiles
    Font le sillage imprécis de la Lune voyageuse.
    Parfois sa courbe est suave, parfois sa course se voile,
    Mais sa vie est un récit et me fait l’âme songeuse.

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  • Les cavales rient

    Les cavales rient

    Dans la savane, on rigole et l’on rit à belles dents !
    Dans nos pyjamas rayés à la pâte dentifrice.
    Habillés comme des cagoles aux habits condescendants,
    Ne soyez pas effrayés quand nous pouffons en jocrisse !

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  • La fusĂ©e de pierre

    La fusée de pierre

    Tout là-haut sur les montagnes, j’ai construit une fusée
    En bonnes pierres solides et avec un gros clocher.
    J’ai préparé le champagne pour aller la baptiser
    Et demain mon fier bolide, les étoiles, va décrocher !

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  • L’accordeur d’arbres

    L’accordeur d’arbres

    Vous le verrez tous les soirs à l’heure entre chien et loup
    En train d’accrocher aux branches des milliers d’étoiles filantes.
    À l’aide de son épissoir, il accorde tranquillou
    Les arbres d’une main franche dans une paix nonchalante.

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  • L’ovule papillon

    L’ovule papillon

    Des spermatozoïdes nagent tous par millions…
    Mais pour un seul ovule, pour un seul papillon !
    Tremblez mâles humains, ayez l’illumination !
    Vous êtes des millions, elle est LA cendrillon !

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  • Rendez-vous sous le dĂ´me

    Rendez-vous sous le dĂ´me

    Au sein de la forĂŞt bleue, on voit passer les trois anges
    Ils vont chercher les colombes pour la colère des hommes
    Ils ont pris comme monture, ces trois splendides mésanges
    Et foncent Ă  bride abattue au rendez-vous sous le dĂ´me.

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  • J’emmène mon chat

    J’emmène mon chat

    Quand je pars en voyage, j’emmène mon chat !
    C’est un navigateur excellent pour les trains :
    Sur le prix des billets, il a des bons d’achat
    Et dans les wagons-lits, il ronronne d’entrain !

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  • LibertĂ© ensablĂ©e

    Liberté ensablée

    « Liberté ensablée » est bien paradoxal !
    Comment ceux qui ont lutté se sont-ils endormis ?
    Ils étaient hier, « pionniers », ils sont « l’arrière-salle »
    Et passent leur temps présent à compter les permis.

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  • Jetez-vous Ă  l’eau

    Jetez-vous à l’eau

    Jetez-vous à l’eau mais… calculez votre élan !
    Ne foncez pas de tête sans la sécurité !
    Évoluer ne veut pas dire être inconséquent !
    Contrôlez bien vos pas avec sévérité !

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  • Mon petit univers

    Mon petit univers

    Dans mon petit monde clos, j’y ai tout ce qu’il me faut.
    Un petit lac, un bateau ; quelques jolies promenades
    Un petit port sur la rive ; je m’y tiens en porte-à-faux
    Sous mon nuage de pluie qui me fait la canonnade.

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  • Le bout du tunnel ?

    Le bout du tunnel ?

    Après avoir marché dans le tunnel si sombre
    Il est bien reposant d’apercevoir la lumière
    Mais il faut bien savoir que franchir les décombres
    Nous apporte au présent une douce prière.

    Le bonheur du présent n’est pas aboutissement
    Ni dans les souvenirs ancrés auparavant.
    Il est dans chaque pas et ce vieillissement
    Qui affecte mon corps mais libère l’enfant.

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  • Hameau Ă  la dĂ©rive

    Hameau à la dérive

    C’est un petit hameau accroché à la rive.
    Juste au bord de la mer Ă  deux pas des flots bleus.
    Accrochés à la terre avant qu’ils ne dérivent
    Sur les terrains mouvants des rivages sableux.

    À force d’apercevoir passer tous ces bateaux
    Qui du matin au soir emmènent leurs habitants,
    Les maisons envieuses veulent leur part du gâteau ;
    Elles ont décidé un plan exorbitant !

    C’est pour ce soir, minuit, sous un rayon de lune…
    Les maisons ont ôté leurs portes et leurs volets…
    Elles ont fabriqué un radeau de fortune…
    Et s’y sont installées d’un air croquignolet…

    Au matin sur les côtes et la lande esseulée,
    Personne ne comprend ce qui a pu se passer !
    Pas une seule trace n’a pu être isolée !
    Le mystère est complet, la mer est compassée.

    Sur les eaux tropicales on entend des échos !
    La nouvelle Venise vit la belle aventure !
    Les maisons sont là-bas, vous verriez la déco !
    Elles vivent au fil de l’eau et en villégiature !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La colombe et l’épĂ©e

    La colombe et l’épée

    La colombe est l’oiseau, de toutes les frontières,
    Aux ailes déployées d’une énergie de paix.
    Dans ce monde cruel, elle est l’antimatière
    Qui va l’anéantir sur le fil de l’épée.

    Si les guerres éternelles crachent toujours la haine,
    La souffrance et l’envie sans cesse ensanglantées,
    Elle n’abroge pas les lois manichéennes
    Mais ampute les cœurs qu’elle doit transplanter.

    Car le mal crée le doute et le mal crée la peur !
    Le mal n’est pas mauvais, simplement opposé !
    Opposé à l’écho doté d’un cœur frappeur
    Qui créa par amour ce monde indisposé.

    Mais le mal est vital pour que naisse l’amour.
    Le mal est cette erreur glissée dans le mantra.
    Prononcez le bien fort, que sonne le désamour
    Qui appelle l’écho à grands coups de fatras !

    Dans le volcan qui gronde apparaît la colombe.
    Elle plonge dans le cœur de l’océan de lave.
    Elle donne son cœur en entrant dans sa tombe
    Et le Phénix renaît libérant les esclaves.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La première et dernière fleur

    La première et dernière fleur

    Ma fleur la plus intense, je l’ai cueillie très tôt.
    Précocement, sans doute, mais c’était mon chemin !
    Je la conserve encore posée sur mes tréteaux,
    Elle m’épie tandis que je rime ce parchemin.

    Elle est la fleur maîtresse de toute ma vie,
    Elle fut la première, elle sera la dernière.
    J’ai pu jeter souvent bien d’autres fleurs flétries,
    Mais celle-ci, immortelle, sera ma douairière.

    À trois ans, un vieillard a loué ma jeunesse.
    Il m’a aussi livré ce franc enseignement :
    Tu vieillis peu à peu jusqu’à ton temps d’ainesse
    Et tu mourras un jour irrémédiablement.

    Cette fleur, je l’avoue, a été mon moteur.
    Je n’ai pas toutefois méprisé sa valeur.
    Au contraire elle m’a fait prendre de la hauteur
    Et n’est pas cependant une fleur de malheur.

    Fleur de mort, fleur de vie, toi, l’ultime passage,
    Je te sais magnanime et tu n’es pas cruelle !
    Tu m’as fait parcourir le voyage du sage ;
    Tu m’accompagneras vers la vie éternelle !

    Tableau de Fabienne Barbier