Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • À la mère des Horloges

    Puisque je triche avec le temps et que je rajeunis souvent
    J’arriverai au paradis plus jeune que j’aurai vécu.
    Saint-Pierre en souffrira autant qu’un petit bébé émouvant
    En me jouant la parodie de la mort désormais vaincue.

    D’ailleurs Saint-Pierre est une femme – ce qui explique son retard –
    Son horloge avance le jour et pire retarde la nuit.
    Au début, j’ai trouvé infâme de me réveiller à l’instar
    Du Soleil qui, dans mon séjour, se couche quand la Lune luit.

    Tout s’est arrangé quand Saint-Pierre – ou devrais-je dire Saint-Pierrette –
    M’a proposé de partager sa maison, son toit et son lit.
    Le temps figé comme une pierre ne fait, depuis belle lurette,
    Qu’un petit clin d’œil passager qui chasse ma mélancolie.

    Tableau de Daniel Merriam.

    
    
    
  • À la mère des Oiseaux

    J’ai triché un peu, je l’avoue ; Mes maisons d’hôtes pour oiseaux
    N’est que prétexte pour attirer, poules, oies et grues de passage.
    J’y donne plusieurs rendez-vous aux jolis becs, jolis museaux
    Qui souhaiterait s’y retirer pour un week-end plus ou moins sage.

    Bergeronnettes de mes amours, jamais je ne vous oublierai !
    Chardonnerettes de mon cœur, mes jours sont les plus valeureux !
    Mésanges aux plumages glamours, pour toujours je vous publierai
    De mon âme de merle moqueur mes hommages les plus chaleureux !

    Pour une oiselle peinteresse à qui j’ai cuisiné mes vers,
    J’ai bâti un nid-atelier pour peindre la carte du tendre.
    Aquarelles enchanteresses, printemps-été-automne-hiver
    Ont fait de mes vœux d’oiselier un cœur qui ne saurait attendre.

    Tableau de Daniel Merriam.

    
    
    
  • De la famille des Horloges

    J’ai longtemps détraqué les montres, montres gousset et bracelets ;
    On m’a dit que mon magnétisme rivalisait contre le temps.
    À quartz ou même automatiques, la technologie se heurtait
    À mon intime biorythme ; j’avais le cœur à contretemps.

    Lorsqu’est venu l’informatique, j’ai jeté mes montres aux orties
    Comme un être humain défroqué qui aurait renié son temps.
    Pourtant contre toute logique, si mon horloge s’organisait
    La droite et la gauche, en revanche, se sont mises à se déphaser.

    Et puis je ne sais pas comment, le temps s’est mis à s’allonger
    Le temps d’un informaticien est une notion relative.
    Cinq minutes alors devenaient cinq heures et même davantage
    Un jour durait une semaine, elle-même à l’ordre d’un mois.

    Aujourd’hui le temps file vite, si vite qu’on est déjà demain ;
    Mes poèmes écrit à l’avance sont souvent mal appréciés.
    C’est normal parce que je commence par le milieu ou par la fin
    Et que le dénut est tombé dans le puits infini du temps.

    Tableaux de Daniel Merriam.

    
    
    
  • De la famille des Oiseaux

    Depuis plusieurs mois maintenant j’ai ouvert quelques maisons d’hôtes
    Mais pour oiseaux uniquement, sur mon balcon précisément.
    Au début juste un peu de pain que j’ai pétri et cuit moi-même
    Pain complet avec fruits confits, noisettes, amandes et cardamone.

    Boules de graisse énergétiques aux quatre coins de la terrasse ;
    Plusieurs parfums pour les fins becs de ces mésanges à la hupette.
    Du blé glané mais pas volé à la lisière des forêts
    Et du maïs après récolte abandonnés au bord des champs.

    J’avais proposé du millet soit à la carte, soit au buffet
    Mais tous ces snobs me l’ont boudé comme nourriture pour perroquets
    Jusqu’à c’qu’un oiseau plus malin que les autres vienne s’aventurer
    Et apprécie comme un gourmet et aille le vanter aux autres.

    Une cabane suspendue pour les oiseaux bardes-chanteurs
    Avec buffet à volonté ; graines du pays sélectionnées.
    Une maison sise en terrasse pour les passereaux en retraite
    Avec mangeoires sur la piscine et jet d’eau en décoration.

    Tableaux de Daniel Merriam.

    
    
    
  • Nouvelle queue pour sirène esthète

    Elle fait sa mue de temps en temps, extrait ses jambes de sa queue
    Qui se détache et qui s’en va nourrir quelques poissons voraces.
    Elle n’se repose pas pour autant ; elle produit un fluide visqueux
    Composé de coacervat † tandis qu’elle lit sur sa terrasse.

    Dès la nouvelle queue formée, dans le fourreau ses jambes glissent
    Et nous retrouvons la sirène prête à nager entre deux eaux.
    Sa structure ainsi transformée, elle disparaît dans les abysses
    Pour parader d’un port de reine et frimer dans tous les réseaux.

    † coacervat : Petite gouttelette sphéroïdale de particules colloïdales en suspension.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La vie au grand air

    Océaniquement sirène, tu aimes l’eau, ton élément
    Dans lequel ta jolie queue vibre, aime se nourrir et s’étirer.
    Atmosphériquement sereine, tu aimes l’air évidemment
    Sans lequel ton corps n’est pas libre de s’empresser de respirer.

    Tes jambes recouvertes d’écailles, je les ai vues se transformer ;
    Devenir queue étincelante lorsque tu plonges dans la mer ;
    Redevenir jambes sur les rocailles lorsque tu viens te conformer
    À une vie équivalente à celle des humains éphémères.

    Tu es immortelle sirène, lorsque tu vis dans les légendes
    Mais tu redeviendras mortelle si tu viens vivre hors de ton monde.
    Alors reste libre, ma reine, parmi l’abondante provende
    De l’océan qui te rappelle que tu es la fille de l’onde.

    Illustration de Coles Phillips sur https://www.americanartarchives.com/phillips,c2.htm .

    
    
    
  • En avant vers de nouvelles lectures !

    Aussitôt terminé sa livre de nourriture, ma monture
    Me ménage un nouveau voyage vers d’autres pays à connaître.
    Avec sa soif qui me délivre pour une nouvelle aventure
    Qui met mon cœur au prélavage afin de le faire renaître.

    Ainsi tout mon être renaît au corps d’une nouvelle histoire ;
    L’esprit nu de toute conscience et l’âme remplie d’émotions.
    Tout ce que je ne comprenais de la vie deviendra notoire
    Car la lecture est d’expérience mon moyen de locomotion.

    Illustration de Rudi Hurzlmeier sur https://www.margarethe-illustration.com/rudi-hurzlmeier.html

    
    
    
  • Le baiser poison

    Un éclair dans ses cheveux blancs qui flashe dans ses cheveux sombres
    Et un coup de foudre amoureux d’affamer le couple avachi…
    D’où le thon cru, tranché, troublant qui nourrira dans la pénombre
    D’un suc amer et langoureux les deux amants de ses sushis.

    Après l’amour, poisson fumé ou poisson cru sont excellents !
    Il donne un goût de reviens-y aux baisers âpres et iodés.
    Et quand l’amour est consumé, il suffit d’un poisson-volant
    Pour retrouver la fantaisie en vue de s’y raccommoder.

    Illustration d’Enki Bilal

    
    
    
  • Jeune Gaïa deviendra grande

    Avant de devenir Terre-Mère, la jeune Gaïa dut grandir
    Au cœur des étoiles filantes dont elle fut excellente élève.
    Si son enfance fut éphémère, elle sut néanmoins resplendir
    Le sixième jour, midi pétante, pour accueillir Adam et Ève.

    Gaïa déesse de la Terre règne malgré ses habitants
    Dont les animaux trop placides et les humains trop turbulents
    Rendent son jardin délétère et ses océans dégoûtants.
    Alors, Elle pleure de pluies acides des torrents de larmes truculents .

    Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases

    
    
    
  • Trempé de science égyptienne

    Les charmes de l’Égypte ancienne, entretenus par Cléopâtre
    Qui prenait ses bains entourée des plus belles filles pubères,
    Ont donné aux cartomanciennes des affaires de cœur à débattre
    Grâce à leurs cartes détourées du Livre Sacré Syllabaire.

    L’Atlantide eut aimé transmettre ses connaissances émerveillées
    Dans un grimoire aux feuilles d’or orné d’Europe et son Taureau.
    Mais le temps n’a su nous remettre quelques arcanes dépareillées
    Dont tout le mystère s’endort dans l’antique jeu du tarot.

    Tableau de Michael Cheval sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/03/michael-cheval.html

    
    
    
  • Sous une mer de moutons verts

    Sous une mer de moutons verts, agitée d’une tempête démone,
    Le vaisseau s’était retourné et ressemblait à une maison.
    Puis, sous les flots de ciel couvert, les marguerites en anémone
    Semblaient attendre une fournée de poissons clowns en déraison.

    Quand le tonnerre eut éclaté d’innombrables coups de canon,
    La pluie inverse sortit des larmes qui coulaient des pistils en peur.
    Alors la maison frégatée trembla comme un vieux cabanon
    Tandis que résonnait l’alarme issue des cœurs de mille fleurs.

    « Mammatus Cloud » au Dakota photographié par Aaron J. Groen

    
    
    
  • Avant, après

    D’abord, son regard bleu me glace et son air triste m’interpelle
    Comme une frontière invisible qui la défend pudiquement.
    Après, je ne sais pas ce qui se passe mais tout ce dont je me rappelle
    M’évoque un lien indivisible qui s’établit subitement.

    D’abord, d’un geste un peu timide, elle n’ose se montrer toute nue
    Comme une ultime pruderie qu’elle m’oppose imparfaitement.
    Après, ne sais-je qui m’intimide mais, d’une intention soutenue,
    Elle s’extrait de sa bouderie et arrache ses vêtements.

    Tableaux de Julia Klimova

    
    
    
  • Ma couette en plumes

    Que de trésors accumulés, le matin à l’heure du réveil !
    Les rêves et les cauchemars en sont parsemés sur la couette !
    J’en chargerai mille mulets et j’irai vendre ces merveilles
    Une fois bu mon coquemar de café, d’une pirouette.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk

    
    
    
  • Le don

    « – Dis-moi, Doudou, dis-donc !
    Est-ce que tu me souris
    Si je te fais le don
    D’une tendre souris ? »

    « Mon tendre et gros Minou,
    Tu deviens mon vainqueur.
    Je me mets à genoux
    Et je t’offre mon cœur ! »

    Tableau d’Hanna Silivonchyk

    
    
    
  • Les femmes rouges

    Lèvres rouges aux teintes sanguines comme un baiser couleur cerise
    Qui délivre son suc sucré à qui embrassera le fruit.
    Lèvres rouges si féminines dont la texture valorise
    La transmission du feu sacré à qui en sera plus instruit.

    Cheveux rouges aux teintes écarlates comme floraison d’amarantes
    Qui exhale une odeur musquée à qui caressera la fleur.
    Cheveux dont le brillant éclate d’une magie revigorante
    Qui frappe l’œil sans le brusquer juste pour atteindre le cœur.

    Langues rouges aux tons rugissants comme un cri poussé dans la nuit
    Qui prononce des mots d’amour à qui goûtera la saveur.
    Langues rouges aux sons mugissants lorsque l’envie s’épanouit ;
    Baisers de plus en plus glamours pour qui en mérite la faveur.

    Photos de Frederico Bebber

    
    
    
  • La petite sirène

    Tous les marins, vieux loups de mer, tous les plus grands explorateurs,
    Les navigateurs solitaires, les capitaines et leurs matelots,
    Ont croisé la voie des chimères lorsqu’ils ont passé l’équateur,
    Ont perçu la voix du mystère entre les vagues, au fil de l’eau.

    Ne croyez pas qu’elle assassine les hommes par haine ou par rancœur !
    La légende et la vérité s’enchevêtrent avec démesure.
    S’il est vrai qu’à son origine, elle leur dévorait le cœur,
    C’était pour sa sécurité et pour les avoir à l’usure.

    Aujourd’hui, elle dissimule sa jolie queue loin des regards,
    Loin de ce tourisme imbécile qui pollue plus que de raison.
    Si la sirène nous stimule et rend toujours les hommes hagards,
    C’est qu’elle a élu domicile là où le cœur a sa maison.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Les mains d’or

    Les mains d’or

    Printemps, reviens sur mon visage, attouche-le de tes mains d’or,
    Verse une pluie de tes doigts drus, appuie doucement de tes pouces.
    Fais-moi sentir ce doux présage quand, sous le soleil, je m’endors
    Tandis qu’un rayon incongru sort du sommeil les jeunes pousses.

    Été, embrasse mon paysage par ton soleil aux doigts de fées
    Qui vont resplendir de beauté et brunir ma peau délicate.
    Embrasse-moi de doux présages, masse-moi du plus bel effet
    Qui va, mes crampes, raboter par ta magie d’ostéopathe.

    Automne, débarrasse ma tête de toutes les pensées impures
    Qui, sur les plateaux de mon front, ont labouré trop de sillons.
    Ta moisson sera ma conquête, comme la charrue qui épure
    Dans le cocon tous les affronts de la chenille au papillon.

    Hiver, couvre de ton manteau tissé des cristaux qui endorment
    Mon corps à la peau d’opaline et mettent ma terre en jachère.
    Les compléments fondamentaux, durant mon sommeil, me transforment
    Comme une source cristalline dont la vie jaillit de ma chair.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les clefs de la vie

    Je découvris, petit enfant, jeune ingénu, la clef des chœurs
    Qui était pendue au bahut et me narguait hors de portée.
    Mais mes parents, m’apostrophant, disaient que ces questions de cœur
    Ne feraient pas trop de chahut avant d’atteindre ma puberté.

    J’allais plutôt sur mes vingt ans quand j’achetai la clef des rêves
    Que j’avais trouvée pour trois sous mais me semblait de qualité.
    Dès le premier jour du printemps. je l’ai utilisée sans trêve
    Pour m’envoler par en-dessous et par-dessus la réalité.

    Je ne pensais pas à mourir quand j’ai trouvé la clef de l’âme ;
    Une espèce de passe-partout, un peu tordu mais efficace.
    Je ne me laissais pas nourrir ni de promesses ni de blâmes
    Mais en demeurant touche-à-tout, je sus me montrer perspicace.

    J’ouvris les serrures des femmes, mon cœur connut ce qui l’affame.
    J’ouvris l’esprit des conquérants, mon cœur devint intempérant.
    J’ouvris les portes des Églises, le diable avait fait ses valises.
    J’ouvris enfin la clef des cieux et enfin je découvris Dieu.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

    
    
    
  • La vérité n’est pas absolue

    La vérité n’est pas absolue

    Les illusions sont résolues comme l’optique les a prévues ;
    J’en ai toujours été avide et je ne m’en suis jamais plaint.
    La vérité n’est absolue, car tout dépend du point de vue ;
    Comme le verre à moitié vide qui est aussi à moitié plein.

    Le premier qui me trouve la même photo avec des reflets verts et roses plutôt que jaunes et bleus, je suis preneur.

    
    
    
  • Pas con, cupidon

    Pas con, cupidon

    Ne pas se monter le bourrichon est devenu pour Cupidon
    Une devise à toute épreuve pour les cas les plus difficiles.
    Quand il tombe sur un cornichon, ou une espèce de Stupidon,
    Il troque ses flèches, pourtant neuves, pour une salve de missiles.

    Celui-ci œuvre en Mongolie et traque les gourdes et les benêts. « Se monter le bourrichon » a été inventé par Gustave Flaubert pour signifier « se faire des illusions ».

    
    
    
  • Le feu de joie

    Le feu de joie

    On peut comparer l’amitié à un immense feu de joie !
    Chacun apporte sa moitié et on peut faire l’amour à trois…
    Au temps pour moi, c’est mal tourné ! Ça, c’est plutôt une partouze !
    Un coup de vent m’a retourné les pages de mon gros Larousse.

    https:www.lalanguefrancaise.comorthographeautant-au-temps-pour-moi

    « On dit Au temps pour moi pour admettre son erreur – et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début. L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie. »

    
    
    
  • Le ferry-boat

    Le ferry-boat

    À Marseille on a retrouvé le Ferry-boat qu’Edmond Dantès
    Avait volé pour s’échapper du Château d’If, la belle affaire !
    Figurez-vous qu’on a prouvé que ça s’est produit de justesse
    Car le chauffeur, handicapé, n’était autre que le masque de fer.

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  • L’île hypothétique

    L’île hypothétique

    Parfois s’échappe du brouillard un genre d’île hypothétique
    Comme des limbes inachevés qui ne seraient pas terminés.
    Même les rayons vasouillards d’un soleil pâle apoplectique
    Ne parviennent à parachever cette vue indéterminée.

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  • Paysage de cuivre

    Paysage de cuivre

    Sous les pâles rayons cuivrés d’un soleil d’hiver fatigué,
    Le peintre a couvert de rosée sa toile blanche, immaculée.
    Hélas, ne sera délivré, qu’à coups de printemps prodigués,
    Ce paysage nécrosé qui attend l’été miraculé.

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  • 365 degrés autour du monde

    365 degrés autour du monde

    C’est parce que la Terre est ronde de trois-cent-soixante-cinq degrés
    Que la lumière crée des orbes et des tableaux crépusculaires.
    Et c’est la course autour du monde des voyageurs, des émigrés,
    Que les soleils couchants absorbent dans leurs rayons tentaculaires.

    C’est juste à la fin du verseau que se glissent entre les poissons
    Les petits bateaux colorés qui vont embrasser les couleurs.
    Le cul calé dans leurs berceaux, on voit les jeunes polissons
    Qui vont tenter de déflorer la mer avec ou sans douleur.

    Je ne sais s’ils sont fils du vent, fils de la mer ou l’océan,
    Mais ils se transforment en corsaires dès que l’on gratte un peu leurs gènes.
    Les voilà partis au levant, vers l’aventure, vers le néant,
    Partis combattre l’adversaire pour les beaux yeux d’une indigène.

    Christophe Colomb vit quelque part entre les vagues dérivées
    Parmi les étraves croisées que leur sang peine à maintenir.
    Ils n’aiment pas trop les départs et préfèrent les arrivées
    Car les bagages entretoisés ne peuvent pas tout contenir.

    Et ce sont ces vaisseaux chargés d’un sang nouveau de découvertes
    Qui les poussent à l’appareillage et partir loin vers le couchant.
    Souvent les peines ont surchargé juste un peu trop leurs plaies ouvertes
    Mais espérons que leurs voyages seront remèdes escarmouchants.

    Escarmouchant : qui gagne en faisant de petites batailles ou quelque chose comme ça.

    
    
    
  • La feuille messagère

    La feuille messagère

    Vous l’avez tous remarqué ; quand on se retrouve au printemps,
    Toutes les plantes connaissent les secrets de la nature.
    Pourtant nul n’a débarqué de la dernière pluie pour autant !
    Y aurait-t-il une diaconesse bienveillante signature ?

    C’est la feuille messagère qui contient tous les indices
    Codifiés dans son limbe pour perpétuer la vie.
    La morsure passagère de l’hivernal préjudice
    S’évanouit dans les nimbes de la mort inassouvie.

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  • Au fond de la queue du poisson

    Au fond de la queue du poisson

    Je me suis fait scaphandrier pour explorer tous les mystères
    Des ans Julien et Grégorien qui sont sans cesse décriés.
    Or si, sur le calendrier, le printemps débute sur Terre
    Au mois de mars, il n’en est rien car c’est le vingt-trois février.

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  • La voix du « Spirit of Saint-Louis »

    La voix du « Spirit of Saint-Louis »

    Parfois les voiles vont par deux pour sécuriser leur départ ;
    Puis, elles franchissent l’horizon puis, elles traversent les frontières.
    Si leur voyage est hasardeux pourtant aucun d’eux ne dépare
    À ce qui construit leur raison de vivre une vie entière.

    Ils s’en vont heureux et fous de suivre leur propre carrière,
    De voler de leurs propres ailes, de s’aimer la première fois.
    On leur met trop de garde-fous, on leur dresse trop de barrières ;
    On doute souvent de leur zèle, on doute toujours de leur foi.

    On dit qu’ils n’iront pas très loin comme deux aveugles ensemble,
    Alors qu’ils ne faisaient qu’attendre patient l’heure de la marée.
    Et c’est des gènes de malouin, dont leur ADN s’assemble,
    Qui montre la carte du tendre où seul l’amour est amarré.

    C’est le chemin des découvertes, c’est la route de l’expérience
    Et le savoir se concrétise par le fruit des amours unies.
    Souvent sous la voûte couverte leur corps priaient en espérance ;
    Quand c’est l’âme qui prophétise, le cœur n’est jamais démuni.

    Et c’est l’esprit qui ressuscite par un miracle inouï
    Qui plonge au bout de ses racines qui feront la branche de demain.
    J’entends comme une voix qui suscite l’âme du « Spirit of Saint-Louis » ;
    Je vois l’enfant qui me fascine faisant un geste de la main.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les embrasements protecteurs

    Les embrasements protecteurs

    La lune est parée d’orange ce soir pour les voyageurs
    Et le ciel se fait violet comme écran panoramique.
    Ces embrasements étranges gêneront les naufrageurs
    Et garderont inviolées les odyssées eurythmiques.

    Eurythmique : qui est régulier, harmonieux, agréable.

    
    
    
  • La chambre aux échos

    La chambre aux échos

    La chambre aux échos renvoie la lumière
    Comme mille voix surdimensionnées.
    Ces feux musicaux, règle coutumière,
    Indiquent la voie aux cœurs passionnés.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le poisson-singe

    Le poisson-singe

    Être né sous les poissons, ça élude les idées.
    Avoir son anniversaire en début d’année du singe,
    Ça va faire une moisson d’actions qui vont présider
    À faire tout le nécessaire pour mieux décrasser son linge.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Encore un peu plus vers la joie de vivre

    Encore un peu plus vers la joie de vivre

    Un ancien soleil se couche, un nouveau matin se lève ;
    Ainsi passent les journées comme les pages d’un livre.
    Cependant, couche après couche, lentement l’âme s’élève
    Sans jamais se détourner de l’intense joie de vivre.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le fil de l’étoile

    Le fil de l’étoile

    Je n’étais pas encore un homme que je regardais les étoiles
    Pour y guetter ton arrivée dans un vaisseau étincelant.
    C’était avant que tu me nommes pour te hisser la grande voile
    Et t’éviter de dériver dans un chaos ensorcelant.

    Puis j’ai grandi tout en marchant avec un fils imaginaire
    Qui vivait dans un arbre creux ou dans la plus haute montagne.
    Parfois sur l’étal d’un marchand, je trouvais l’extraordinaire
    Témoin de ton nom glorieux qui résonnait dans la Bretagne.

    C’est plus tard que j’ai rencontré celle qui devait être ta mère
    Pour édifier une famille et faire ton apprentissage.
    Excuse-moi si j’ai montré parfois quelques pensées amères
    Et ai rajouté une fille à notre intime vernissage.

    Mais il faut rompre les amarres pour que le yacht quitte le port,
    Faire confiance à la boussole qui seule sait indiquer le nord.
    Même quand souvent on en a marre de continuer d’être un support
    Et d’engranger dans son sous-sol des manquements et des remords

    C’est juste un fil imperceptible venu d’une autre dimension
    Qui tisse notre composition accordée à l’écho divin.
    Comme une parole susceptible portant la céleste mention
    Qui nous met à disposition comme la plume à l’écrivain.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Si une connerie est susceptible d’arriver dans un groupe d’humain, tôt ou tard, elle arrivera

    Si une connerie est susceptible d’arriver dans un groupe d’humain, tôt ou tard, elle arrivera

    Quelle que soit l’intelligence dans le groupe des humains
    Si une connerie est faisable, elle sera inévitable.
    Prenez un groupe de cons, bientôt une idée survient,
    Mettez des savants ensemble, les cons se mettront à table.

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  • Les toutous sont parmi nous

    Les toutous sont parmi nous

    Comme s’il en pleuvait, les toutous sont partout !
    Assemblés comme un puzzle, fermes au pied de leur maître.
    Ils ont l’air de dormir mais si l’on crie « miaou ! »,
    On verra toutes leurs queues servir d’applaudimètre !

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  • Les invitations de ma jeunesse

    Les invitations de ma jeunesse

    Le phonographe du temps jouait inlassablement
    Cette vieille partition sur laquelle je gravais
    Mes ballades nostalgiques pour sempiternellement
    Inviter quelques amies pour un goûter aggravé.

    Un élixir de malices, juste pour les enivrer ;
    Quelques fruits aphrodisiaques, juste pour les exciter ;
    Des coupes en forme de calice aux parures d’or givrées ;
    Quelques chaises accommodantes, pour mes jolies invitées.

    Il fallait une banane pour de l’autosuggestion ;
    Un petit panier de fraise pour en croquer un lopin ;
    Cinq kiwis, une pastèque, pour hâter la digestion ;
    Et une poignée d’amandes accompagnées de lupins.

    Une liqueur d’ananas décantée la veille au soir ;
    Avec du sirop de figue cueillies à la pleine lune ;
    Un avocat de rigueur pour assurer mes espoirs
    Et enfin une grenade pour mes idées opportunes.

    Si tout s’était bien passé, je servais à mes nanas
    Un petit café serré et des petits chocolats.
    Pour finir, en digestif, une liqueur de guarana.
    À la sieste nécessaire je gagnais ma tombola.

    Tableau de Fabienne Barbier