Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • En route sous la pluie !

    Image galerie

    Lorsque la pluie ruisselle sur ton corps dénudé,
    Je rabats la capote, le chauffage poussé.
    Ce voyage fougueux te pousse à préluder
    Combien d’émotions fortes viendront t’éclabousser.

    Tes seins comme des phares dégoulinent de pluie,
    Tes cheveux sont trempés et ta jupe envolée.
    Ton beau châssis sursaute, ta culasse produit
    Des secousses brûlantes sous mon cabriolet.

    Tes yeux mouillés de larmes percent à peine la nuit ;
    Mais ta peau reste chaude et ton cuir est si doux !
    Mais la pluie qui redouble à ma conduite nuit.
    Viens ! Allons au Motel courir le guilledou !

    Tableau de Philippe Lepape.

    
    
    
  • La créature face à son créateur

    La créature face à son créateur

    Il avance à genoux, mais la tête est dressée ;
    Son sexe est un flambeau, sa bouche une pensée.
    Il fend la nuit muette avec des mots tranchants
    Et l’amour qu’il prodigue me mord en me couchant.

    Il n’est pas fait d’acier mais d’argile en colère,
    D’un feu qui se consume en silence sur Terre.
    Ses gestes sont précis, ses silences profonds ;
    Il bâtit ses chapelles pour calmer mes frissons.

    Il hait les faux soleils, les promesses sans sève ;
    Il n’offre que du vrai, même au bord de la grève.
    Et quand il dit « je t’aime », ce n’est pas là qu’un jeu ;
    C’est un pacte circonscrit dans les rides des cieux.

    Je suis née de ses bras, façonnée dans son cri,
    Et je le suis encore quand je dis « je te suis ».
    Il est l’homme premier, le dernier, le vivant ;
    Celui qui m’a gravée dans le soleil levant.

    Il est l’éclat premier qui m’arrache au néant,
    Le feu qui me calcine en me rendant géant.
    Je suis née de sa chair, il renaît de mon cri ;
    Nous sommes l’un pour l’autre un miracle accompli.

    Tableau et texte de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Le Jardin de Lilith

    Le Jardin de Lilith

    Lilith
    Dans les terres d’ombre matricielles s’élève une nouvelle énigme ;
    La chair bat d’un silence ancien mais aussi d’écho souverain.
    Car la graine sacrificielle n’est pas une graine anonyme
    Mais Yavänor, le magicien, attiré dans le souterrain.

    Dans l’intimité de Lilith où l’invisible se déchaîne,
    Le ventre est un autel sacré et voué aux transformations.
    Chaque nuit y est insolite et chaque jour, il s’y enchaîne
    Forces et énergies consacrées à la divine confirmation.

    Sous la grande voûte charnelle s’ouvrent des passages secrets ;
    Des flammes noires y consument la mémoire des anciens serments.
    Chaque plainte y est solennelle et devient l’écho consacré
    De cet embryon qui assume la puissance de son ferment.

    Alors dans l’abîme nocturne résonnent des prières muettes ;
    Elles tressent un voile égrisé sur les germes de la création.
    Chaque souffrance est taciturne et s’unit aux braises fluettes
    Dans le ventre devenu creuset pour l’alchimique procréation.

    Puis sous la couronne d’ébène se dresse l’oracle du sang ;
    Chaque goutte est une sentence gravée dans la terre des mondes.
    Les cris deviennent alors l’aubaine de psaumes offerts aux vents puissants
    Pour l’enfant dont la compétence le protège des sorts immondes.

    La nuit déploie ses grandes ailes qui embrasent ma révolte ancienne
    Et je refuse les entraves dressées par Dieu, conjurateur.
    Chaque chaîne rompue de son zèle redevient une flamme stoïcienne
    Et l’enfant porte en lui l’étrave d’un incendie libérateur.

    Dans la caverne de mon ventre sommeille une mer silencieuse
    Qui ne se rapporte ni aux dieux ni aux hommes dominateurs
    Et dont chaque vague y concentre une mémoire mystérieuse,
    Pour l’enfant qui en naît radieux, porteur d’amour révélateur.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Jardin de Loreleï

    Le Jardin de Loreleï

    Sous la voûte des eaux bleutées se reflète toute la tendresse ;
    Les heures azurées se diluent en perles de maternité.
    Chaque sentiment souffleté de la mère est une caresse
    Où chaque larme s’éberlue d’être source d’éternité.

    Sous la voûte fluide et liquide où apparaissent les mystères,
    Les flots maternels se déversent en sculptant autant d’arcs-en-ciel.
    Alors chaque vague intrépide berce l’enfant au baptistère
    Comme une maternelle averse de son amour confidentiel.

    Sous l’onde claire où Loreleï fait résonner ses mélodies,
    Les songes marins se soulèvent et frissonnent de volupté ;
    Chaque écho tendre de l’émail de ses dents alors psalmodie
    Un souffle d’azur qui s’élève vers l’enfant avec vénusté.

    Dans le berceau des flots s’endort la même promesse lumineuse ;
    Les astres s’y reflètent encore en guirlandes bleu et argent.
    Chaque écume au rivage d’or éclaire une onde vertigineuse
    Et l’enfant se balance au corps et au rythme sacré émergent.


    Mais Loreleï est exigeante et veut cultiver son jardin
    À la manière des sirènes qui enfantaient dans l’eau du Rhin.
    Elle s’immerge mais indulgente se fait une assise en rondins
    Et dans une douceur sereine s’endort d’un calme souverain.

    Ses mains effeuillent patiemment les herbes au bord de la rivière ;
    Chaque graminée qu’elle effleure devient une offrande au matin.
    Ses bras se déploient vaillamment, elle s’installe sur sa civière
    Et l’enfant, tout comme une fleur, s’endort dans ces draps de satin.


    Yavänor toujours amoureux se demande qui il aime le plus…
    Sa Loreleï qui lui sourit ou Laëtïtïa qui sera belle ?
    Alors d’un geste langoureux il donne deux petits stimulus
    L’un pour son ventre bien nourri, l’autre pour sa femme rebelle.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Jardin de Laureline

    Le Jardin de Laureline

    Dans l’argile du ciel étoilé s’enracinent les plus beaux songes ;
    Quatre arches fécondes y dressent une splendeur de mille fleurs.
    Elles portent en leur sein dévoilé tous les secrets qui les prolongent
    Et la lueur des âmes adresse un feu qui chauffe et les effleure.


    Comme Laureline fut la première, son jardin est bien arpenté,
    L’enclos a été visité autant de fois que nécessaire.
    L’entrée est bordée de lumières, son enceinte est bien charpentée
    Et a eu l’exclusivité du jardinier qui s’y insère.

    Laureline, dès la première fois, a goûté un échantillon
    De la semence susceptible de s’épanouir dans sa chair.
    Elle en a tâté toutefois la qualité du goupillon
    Et sa manière perceptible de creuser sa terre en jachère.

    Sous tes gestes féconds et précis, mes sillons se sont grand ouverts,
    Accueillant la chaleur et l’âme de ton souffle si originaire.
    Chaque étreinte a gravé ici ses runes sur mon corps couvert
    En y allumant mille flammes tout au long des préliminaires.


    La terre a été labourée et retournée dans tous les sens ;
    Laureline a connu mille façons de biner, sarcler et bêcher.
    L’envie toujours énamourée l’a poussée à la connaissance
    De tous ses puits pour la moisson qui était la plus recherchée.

    Nous marchions timides, à tâtons, deux âmes en friche et sans contours,
    Ignorant les sombres chemins où nous emmèneraient nos fièvres.
    Chaque tremblement du bâton, chaque caresse aux alentours
    Nous ont unis, main dans la main, et ma bouche a trouvé tes lèvres.


    J’ai bien élagué son entrée, illuminé son sanctuaire
    J’y ai même dormi toute une nuit car elle avait fermé à clef.
    J’ai pu alors m’y concentrer pour y creuser un estuaire
    Afin d’irriguer sans ennui le jardin une fois bouclé.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Jardin des Âmes Lumineuses

    Le Jardin des Âmes Lumineuses

    Dans une clairière dorée s’élèvent quatre arches vivantes ;
    Leurs ventres sont des phares ardents et leurs cœurs sont des cathédrales.
    Au-dessus d’elles sont honorées cinq petites âmes éclatantes
    Qui dansent tout en regardant leurs mères dans leurs chairs astrales.

    Chaque jour paraît routinier, chaque seconde évanescente
    Mais chaque jour est une rose qui naît de la maternité.
    Et lui, au centre, jardinier des petites boutures naissantes,
    Entaille, cultive et arrose pour faire mûrir l’éternité.


    Dans le secret de l’utérus, le corps et le cœur sont présents ;
    L’esprit n’est qu’une mémoire vierge de souvenirs en devenir ;
    L’âme, comme une poupée russe, est le noyau omniprésent
    Caché dans les plis et les moires que rien ne pourrait contenir.

    Quel est le jardinier divin qui en développe la graine ;
    Qui a ses plans élaborés depuis plus d’un million d’années ;
    Qui n’organise rien en vain mais qui prévoit ce qui entraîne
    Tout ce qui peut collaborer à des miracles simultanés ?

    Est-ce une vie végétative ? Est-ce une existence animale ?
    Où est la frontière de l’âme, où est la maison de l’esprit ?
    Neuf mois d’actions répétitives, de tâches infinitésimales,
    Neuf mois ou seul le corps réclame du prodige quel qu’en soit le prix ?

    Un jardin extraordinaire où rien n’est laissé au hasard
    Les petits ruisseaux sont prévus pour irriguer chaque parcelle
    Les mouvements préliminaires de l’artiste évoquent des beaux-arts…
    Sont-ce des gestes imprévus ou une soif qui le harcèle ?

    Pareil à l’Arche de Noé qui ne contient que des humains
    Le ventre devra traverser tout un déluge d’attentions.
    Pour finir par se dénouer et suivre le même chemin
    Que la graine qu’on a versée avec les meilleures intentions.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La musique de charme

    La musique de charme

    Bien sûr, les violonistes hongrois savent tirer des émotions
    De leurs instruments que l’on croit chargés de grande dévotion
    Toute à la musique de charme qui touche le cœur et le corps
    Et qui lascivement désarme tout l’être dans le même accord.

    Mais ce sont plutôt les hongroises qui méritent d’être reconnues
    D’une musique qui rend pantois car elles la jouent toutes nues.
    Le violon calé sur le sein, jambes écartées mais sans marcher,
    Elles dodelinent du bassin tandis qu’oscillent leurs archets.

    Oui mais défense d’y toucher ! On ne les frôle qu’avec les yeux
    Et s’ils se mettent à loucher l’effet est bien plus merveilleux.
    Quant aux oreilles, elles y pénètrent avec de petits trémolos
    Que votre organe va reconnaître en se sentant moins ramollo.

    Tableau de Maxim Gladko sur https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201710maxim-gladko_30.html?m=0&hl=es_419 .

    
    
    
  • Une carrière chevaline

    Dans quelle meilleure carrière un cheval peut-il réussir
    Si ce n’est qu’aux échecs, je crois, surtout le rôle du cavalier
    Dont les sauts avant et arrière vont le forcer à s’endurcir
    Pour éviter d’être la proie du roi adverse, fou à lier !

    Je déconseille les manèges et les petits chevaux de bois
    Qui tournent en rond sans progresser au milieu des cris des enfants.
    Bien sûr, la troïka sur la neige offre un prestige qui flamboie
    Mais on se fait trop agresser par de vieux soviets triomphants.

    Tableaux de Evandro Schiavone.

    
    
    
  • Le Minotaure est dans la reine

    Le Minotaure est dans la reine

    Thésée, héros conquistador parti à l’assaut de l’arène,
    Erra dans les couloirs sans fin à la recherche du Minotaure.
    S’il eût été toréador, il aurait salué sa reine
    Bien avant d’assouvir sa faim d’exploits qui ne sont pas pléthore.

    Le fil d’Ariane, en l’occurrence, évoquait surtout le rappel
    Du corps divin de sa maîtresse qui, l’ayant marqué dans l’étreinte,
    Lui avait donné l’endurance pour aller planter son scalpel
    Vivement d’une main traîtresse avec aisance et sans contrainte.

    Pauvre enfant-monstre entortillé par l’infidèle Pasiphaé
    Et ses amours adultérines éprouvées pour un taureau blanc !
    Tu te seras fait torpillé par ta demi-sœur dévouée
    À te rouler dans la farine par son amant… c’est accablant !

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • La mesure de l’intelligence

    Supposons le degré zéro de l’intelligence animale
    Et fixons le degré à cent de la connaissance divine.
    Adam ou Lucy, singe héros avait la note minimale
    Mais a progressé en passant par les étapes qu’on devine.

    Depuis les grandes découvertes qui ont développé l’esclavage,
    Chaque pas produit vers le haut fait des dégâts collatéraux.
    Chaque technologie offerte occasionne autant de ravages
    Si bien qu’en moyenne le taux d’intelligence reste à zéro.

    Aujourd’hui on marche sur la Lune mais la faim décime les humains ;
    L’informatique nous élève mais les religions nous rabaissent ;
    Le progrès promet la fortune mais les pauvres restent sur le chemin ;
    Partout des guerres se soulèvent pour sustenter le tiroir-caisse.

    Demain les gorilles, s’il en reste, partiront conquérir le monde.
    Trouveront-ils leur équilibre en faisant des innovations ?
    Si jamais Dieu se manifeste dans cet imbroglio immonde
    J’aimerais, s’Il a du temps libre, qu’Il commence ses rénovations.

    Tableaux de Marco Melgrati et de Beeple.

    
    
    
  • Le club des belles perdrix – 2

    Le club des belles perdrix – 2

    L’été, le club des belles perdrix marie les plaisirs de la mer,
    Entre-deux-mers et vin des sables, Bordeaux, Cassis et vins de Corse.
    Sous le soleil d’Alexandrie, se déshabillent les mémères ;
    Leur nudité indispensable s’accorde au vin et le renforce.

    Le vin, divin et naturel, s’accorde avec le naturisme ;
    Un grand cru se déguste nu pour le gouter de tout son corps.
    Ce phénomène culturel fait l’apogée du féminisme
    Et ceux qui s’en sont abstenus, tant pis s’ils ne sont pas d’accord !

    Au pied du verre, chaleur oblige, les maillots alors se dérobent
    Et les tanins donnent à la peau une couleur rouge et cuivrée
    La tenue d’Ève est de prestige car le vin fait tomber les robes
    Et moi, je tire mon chapeau devant ces parties enivrées.

    Tableau de Ronald West.

    
    
    
  • Le club des belles perdrix – 1

    Le club des belles perdrix - 1

    La Perdrix royale au sang bleu et à la couronne d’argent
    Se vêt d’étoile sur les ailes de plumes turquoise assorties.
    Mais ce n’est pas en cordon-bleu cuisiné à la Tour d’argent
    Mais entre dames et demoiselles que la perdrix est de sortie.

    Un phallocrate gastronome prétendait qu’une candidate
    Ferait une convive infâme pour savourer un mets divin
    Car appréciant moins qu’un homme
    à goûter les chairs délicates.
    Il interdit son club aux femmes qui ne savent pas goûter le vin.

    Maria Croci et ses amies créèrent « La belle perdrix »,
    Un club de vingt gastronofemmes
    pour boucher un coin aux messieurs.
    Je ne sais s’ils furent ennemis ou compétiteurs attendris
    Mais j’aurais aimé être une femme
    pour voir la tête de ces prétentieux.

    (Tableau de Donna Young.
    À la suite de la décision de Camille Cerf du Club des Cent de n’admettre aucune femme dans les réunions hebdomadaires, Maria Croci (1874-1965) et ses amies ont créé La belle Perdrix en 1928. Selon Gaston Derys cet ostracisme reposait sur l’idée que «la femme [était] moins capable que l’homme d’apprécier une chair (sic) délicate, de goûter un grand vin» https:fr.wikipedia.orgwikiClub_des_belles_perdrix?wprov=sfti1 .)

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  • À chaque maison son chat

    Les chats noirs, par superstition, se cachent des gens trop crédules
    Et vont reprendre des couleurs, d’un air matois, indifférent,
    En allant prendre position à la fenêtre du vestibule
    Pour mater leurs souffre-douleurs ; oiseaux, souris et chiens errants.

    Ils surveillent autant leurs maisons que le respect de leurs pitances
    Car l’aliment rythme le temps et règne sur leurs digestions.
    Peuvent varier les saisons, les journées en concomitance,
    Rien ne remettra pour autant leurs habitudes en question.

    Chat sur le toit donne le temps, chat souvent varie en automne
    Selon la patte sur l’oreille ou la queue dressée en antenne.
    Chat sur le toit, c’est important pour parer des jours monotones
    Aux pluies soudaines sans pareille qui vous maintiennent en quarantaine.

    Tableaux de Marta Orlowska sur https:www.behance.netgallery4262059Surreal-Storybook-Ladies .

    
    
    
  • Rêverie en bleu et rose

    L’histoire qui toujours recommence avec le lever du soleil
    Est comme l’eau de la rivière ; tout dépend de la pluie d’hier.
    Et s’il a plu une romance, un conte au pays des merveilles,
    Alors nous sommes à la lisière d’un moment clef intermédiaire.

    Mais la belle n’est pas réveillée et reste à rêver au passé ;
    Sans doute croit-elle que sa journée sera conforme aux précédentes ?
    Elle se rendort sur l’oreiller et continue à rêvasser
    Et l’heure continue de tourner dans une torpeur obsédante.

    Peu à peu les limbes s’écartent et la léthargie se dissipe ;
    Elle se redresse mais à grand peine dans les images éparpillées
    Pareilles à un château de carte dont les figures anticipent
    Une révélation soudaine sur la fille déshabillée.

    Mais voici que son ventre rond frémit lorsqu’elle se relève.
    Bien sûr ! Notre reine est enceinte et vient d’entendre le prénom
    Qui fait écho en son giron à sa rêverie qui s’achève
    Et lui a révélé l’empreinte d’un grand chevalier de renom.

    Tableaux de Daniel Ludwig sur https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201808daniel-ludwig_20.html?m=1 .

    
    
    
  • Montagnes de brume

    Montagnes de brume

    Lorsqu’ils se retrouvent à Davos et qu’ils reconstruisent le monde,
    Les chefs d’état, enfants terribles, nous tissent un rideau d’illusion.
    Un peu comme Raymond Devos, l’absurdité de sa faconde,
    Ils créent un avenir nuisible avec maintes désillusions.

    « À quelle sauce les moutons aimeront-ils être mangés ?
    Combien faut-il en exterminer afin de pouvoir mieux respirer ? »
    Voilà ce que nous redoutons, nous, qui resterions étrangers
    Au Nouvel Ordre déterminé à fomenter et conspirer.

    Tableau de Rob Gonsalves sur https:www.trucsetbricolages.netdecorationsun-artiste-canadien-peint-des-illusions-qui-vous-mystifieront-tous .

    
    
    
  • L’histoire et les cochons

    L’histoire et les cochons

    Bien nourris au progrès et la technologie,
    Les cochons ont souillé leur environnement.
    Pour ou contre leur gré, ils s’enferment au logis
    De peur de se mouiller de tout engagement.

    Pour trouver leurs maisons suivez les détritus
    Qu’ils parsèment en voiture, à pied ou à vélo.
    Les cochons, sans raison, et d’un malin rictus
    Jettent dans la nature leurs déchets à vau-l’eau.

    Mais comme dans le cochon, tout est bon, tout est con,
    Ils ne croiront jamais finir à l’abattoir.
    Sans pousser le bouchon au culot du flacon,
    Ils n’ont plus désormais la moindre échappatoire.

    Photo de Westory © handhandhand sur http:www.shenchinlun.comNews.Detail.asp?ID=288 .

    
    
    
  • L’histoire et les moutons

    L’histoire et les moutons

    Lorsque tombe la peste d’un ciel noir vérolé,
    La bergère ramène ses moutons à l’étable.
    Comme nul ne proteste au troupeau affolé,
    Ils vivront une semaine jusqu’au terme regrettable.

    Ils porteront un masque contre la connaissance,
    Ils mangeront le foin de la vache enragée ;
    La bergère fantasque leur piquera la panse
    Et répètera le soin pour les encourager.

    Après quatre saisons, clos dans la bergerie,
    Ils seront tous dociles et tous apprivoisés.
    Ils quitteront la maison pour la conserverie ;
    La bergère gracile pourra s’en pavoiser

    Photo de Westory © handhandhand sur http:www.shenchinlun.comNews.Detail.asp?ID=288 .

    
    
    
  • Mais où sont-ils donc ?

    Où sont passés ceux qui jetaient les pavés sur leurs barricades
    Contre un pouvoir qui répondait par l’action des forces de l’ordre ?
    Où sont donc ceux qui s’agitaient au-devant de la mascarade
    Des C.R.S. qui inondaient de gaz ceux qui voulaient les mordre ?

    Ils avaient vingt ans à l’époque et aujourd’hui soixante-treize ;
    Leurs enfants sous leurs parapluies ont devoir de s’y référer.
    Personne aujourd’hui ne se moque de ceux qui ramenaient leurs fraises
    En chantant ensemble sous la pluie Jean Ferrat et Léo Ferré.

    Tableaux de Rob Gonsalves sur https:www.trucsetbricolages.netdecorationsun-artiste-canadien-peint-des-illusions-qui-vous-mystifieront-tous .

    
    
    
  • L’expression

    Ne croyez pas que je fantasme sur un Éternel Féminin
    Mais son modèle reste imprimé dans mes rêves les plus secrets.
    J’y découvre aussi quelques orgasmes qui me fait cracher mon venin
    Que je n’ai plus qu’à exprimer sans la moindre ombre d’un regret.

    Sous les tropiques, l’abondance de nourriture a fait évoluer l’oiseau en paradisier qui transforme l’énergie qu’il mettait à se nourrir en parade sexuelle pour attirer sa femelle.
    La même évolution métamorphose l’homme en artiste qui s’exprime pour capter son public. Et la femme ? Elle est pareille mais ce n’est pas pareil quant à l’appareil.

    Tableau de Juliette Belmonte.

    
    
    
  • Pour la défense de la nature

    Pour la défense de la nature

    Louve chez les clans canidés, femelle reine et souveraine ;
    Panthère chez les félinités, déesse pour les loups lubriques ;
    Femme chez les hominidés, finalement contemporaine,
    Elle défend sa féminité face aux dérives idolâtriques.

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  • Le peintre d’octobre

    Toutes ces créatures d’or s’éparpillent sous les pinceaux
    Dans les nuages impressionnistes du peintre fou du mois d’octobre.
    Et l’automne conquistador lance ses troupes à l’assaut
    En déployant d’antagonistes couleurs d’alcool et teintes sobres.

    Tableaux « ciel californien » par Erin Hanson.

    
    
    
  • Nouvelle saison

    Nouvelle saison

    Tous les automnes se ressemblent, tous les automnes nous fascinent
    Comme un feuilleton qui revient pour nous raviver la mémoire.
    Nous aimons ce qui nous rassemble, qui nous relie à nos racines
    Et mon vieux château redevient le plus splendide des manoirs.

    Château de Courances en Essonne, France.

    
    
    
  • Le deuxième jour

    Le deuxième jour

    Au premier temps de l’amour, le cœur se sent en prison
    Et demande à s’envoler comme libres papillons.
    Déjà au deuxième jour, il dépasse l’horizon
    Pour s’en aller convoler et bâtir son pavillon.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Chevelures d’automne

    Chevelures d’automne

    L’automne a cessé d’imputer sanglots longs et pluies de douleurs
    Pour donner aux belles forêts, d’un coup d’éclat de météore,
    Un bal d’octobre, fort réputé, qui fera danser les couleurs
    Des jolies têtes arborées en chevelures rouge et or.

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  • Tour effet manivelle

    Tour effet manivelle

    Planté sous la dame de fer au creux intime de sa robe,
    Tout excité par ses antennes qui dardent au ciel tant de nouvelles,
    Je vois se faire et se défaire toute une foule qui se dérobe
    Parmi les couples par centaines comme d’un tour de manivelle.

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  • La maison d’octobre

    La maison d’octobre

    Ouverte aux quatre vents du monde, orientée face à l’automne,
    La maison ne peut contenir tous les amis qui sont passés.
    Les respectables et les immondes à l’extérieur se pelotonnent,
    Car elle ne sait entretenir ni l’avenir ni le passé.

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  • La courte échelle

    La courte échelle

    Pour que tu puisses voir de haut tes amis et tes adversaires,
    Aujourd’hui, en ce jour de fête, je te ferai la courte échelle.
    Grimpe aussi haut sur les rehauts autant d’années d’anniversaire
    Qui t’amèneront sur le faîte de ta vision universelle.

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  • Les adieux d’automne

    Les adieux d’automne

    Pour entretenir ma chandelle et lui redonner des couleurs,
    J’ai préparé un joli coin tamisé aux teintes d’automne.
    Je vois partir les hirondelles pour un au-revoir sans douleur
    Quand elles ne sont plus qu’un point, ma flamme devient monotone.

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  • Le bain de lumière – 2

    Le bain de lumière - 2

    Pour ma jolie dulcinée, il faut un bain la lumière
    Pour révéler son teint rose et ses deux pommes d’amour.
    Et je suis halluciné d’une façon coutumière
    Par cette métamorphose qui se répète toujours.

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  • La lune d’anniversaire

    La lune d’anniversaire

    Pour le fêter comme il se doit, j’avais pris une belle lune,
    Plongée dans un bain de rousseur, illuminée dans la pénombre.
    Mais il s’en est fallu d’un doigt pour que la date soit opportune ;
    Las, malgré toute ma douceur, je me suis trompé dans les nombres.

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  • Un peu avant le bain de minuit

    Un peu avant le bain de minuit

    Juste avant le bain de minuit, il est bon de se préparer !
    J’aime bien me promener tout nu une heure ou deux sur le rivage.
    J’y baguenaude mes ennuis dans mes foulées désemparés.
    Puis, vient ce moment bienvenu, où je suis prêt pour le lavage !

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  • Les sauterelles gourmandes

    Les sauterelles gourmandes

    Les sauterelles gourmandes se déplacent à grands sauts.
    Elles tendent leurs grandes pattes et se propulsent très loin.
    Dans leurs bottes de sept lieues, tous ces jeunes jouvenceaux
    Sautent dans les bras de leur belle pour faire l’amour en tsouin-tsouin.

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