Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La compassion en wifi

    La compassion en wifi

    La compassion par internet et le dialogue par les réseaux
    Sont devenus monnaie courante dans notre monde évolutif.
    L’amour autour de la planète de l’air, de la terre et des eaux
    S’est répandu comme une offrande sur nos Natels involutifs.

    Pourtant personne ne se parle, chacun le nez sur son écran ;
    Les parents délaissent les enfants, les maîtres délaissent leurs chiens.
    Les souverains, même le Roi Charles et ses héritiers sont à cran ;
    Seul le silence est triomphant dans nos organes pharyngiens.

    La compassion, souvenez-vous, la capacité d’écouter
    Et se mettre Ă  la place des autres a pris tout un autre chemin.
    Ça consiste, je vous l’avoue, à prendre ce qui a coûté
    La vie à celui qui se vautre dans l’égoïsme sans lendemain.

    Mais la compassion en Wi-Fi, sans chair, sans regard chimérique,
    N’est qu’une onde tout encrassée qui fait semblant d’aimer nos plaies.
    Il faudra bien que soit franchi l’esprit du monde numérique,
    Pour réapprendre à s’embrasser sans mot-de-passe, s’il vous plaît !

    Tableau de Tadeo Zavaleta De La Barra.

    
    
    
  • L’œil du cĹ“ur

    L’œil du cœur

    L’œil du cœur, à ses couleurs que la raison n’aura jamais,
    M’observe de toutes les douleurs du monde qui est désormais
    Une démonstration de force qui ne sert qu’à nous effrayer
    Mais dès qu’on en gratte l’écorce, la chronique en est défrayée.

    Mais l’œil du cœur n’y voit que leurres et que miroir aux alouettes ;
    Tout ça pour cacher les valeurs afin qu’au contraire l’on souhaite
    Fuir toutes misères du monde en gardant la tête baissée
    Et laisser le côté immonde du quotidien nous dépasser.

    Or l’œil du cœur est intuitif à condition de l’aiguiser
    Tous les jours à être sensitif envers les faits aseptisés
    Et ceux qui sont contrindiqués pour maintenir un peuple à cran
    Et l’empêcher de paniquer en l’addictant sur ses écrans.

    Et l’œil du cœur, sous la tempête, rit du pouvoir comme sa croix ;
    Il voit les âmes qu’on maltraite chercher à faire feu de tout bois.
    Alors son iris s’affermit crachant sa peur à plein rayons
    Et, sur les murs de l’infamie, il peint l’espoir à pleins crayons.

    Tableau de Branko Janzekovic.

    
    
    
  • La rĂ©sonnance des mères I – L’Écho

    La résonnance des mères I – L’Écho

    Yavänor
    Soudain je recouvrai l’Écho, cette onde puissante et sacrée
    Qu’un esprit m’avait adressé avec l’expansion de mes sens.
    Je devins alors ex-aequo avec l’univers consacré
    À me pousser à transgresser toutes ancestrales connaissances.

    Ni orgueil ni humilité ; je ne fais qu’un avec le Tout !
    L’infini du temps condensé en une seule vision fractale.
    Je vois les possibilités, tous les chemins, tous les atouts
    Dont je vais être récompensé à un niveau périnatal.

    Laureline
    Oui Yavänor ! Ils me l’ont dit ! Mes enfants me l’ont retransmis
    Et j’ai tremblé de tout mon ventre qui, de l’Écho, a résonné !
    D’abord Orélion a bondi, puis Élysäé s’est raffermie
    Et les deux réunis au centre ont, d’un seul accord, détoné !

    LoreleĂŻ
    Mon cœur s’est arrêté de battre ; l’Écho nous a transpénétrées ;
    Laëtïtïa et moi toutes ensemble avons eu la même vision :
    Pour commencer, rien que nous quatre et puis l’effet s’est perpétré
    À nos consœurs qui se rassemblent par leurs images en collision !

    Ledal & Gemini
    Parfaitement synchronisés de lumière et d’anti-lumière
    Pour Ledal et Élyäna, pour Gemini et Ärÿnor !
    Et l’œuf d’or s’est intronisé dans l’anti-matière première
    Et un somptueux nirvâna, fruit d’un feu divin d’athanor !

    Lilith
    Et tout s’est refermé en moi quand l’Écho a vu mon enfant
    Car ma matrice s’est ouverte en mille étoiles et galaxies !
    J’ai vu ce qu’au bout de neuf mois naîtrait de mon sein triomphant ;
    Une incroyable découverte qui frôle la catalepsie.

    Nous devenons toutes humaines avec cœur, corps, âme et esprit.
    Nous intégrons l’humanité pour la guider vers son salut.
    Par un étrange phénomène dont je ne connais pas le prix
    Mais qui fait l’unanimité et, de nous, une plus-value.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • L’union des mères

    L’union des mères

    Yavänor
    Femmes, c’est à vous que je m’adresse ! Mères, vos sanctuaires se referment
    Au secret de la gestation et la combinaison des gènes !
    Recevez toute la tendresse et ma protection la plus ferme
    Contre toute manifestation ou la moindre petite gêne !

    Laureline
    Mes deux enfants vibrent ensemble – et j’en ressens quelques douleurs –
    Comme un flux ininterrompu entre leurs deux polarités.
    J’ai l’impression qu’ils se rassemblent en m’en envoyant des couleurs
    D’une palette corrompue par une singularité.

    LoreleĂŻ
    Moi aussi, je le sens, ma sœur, mais ce flux sort de ma matrice
    Pour s’introduire dans la tienne et s’en retourner dans la mienne.
    Puis comme un duo de curseurs, de façon coordinatrice,
    Pour m’avertir qu’ils s’entretiennent de forces vagino-péniennes.

    Lilith
    Et c’est du mien que tout rayonne par mon enfant qui coordonne
    Ce flux qui circule entre nous et s’amplifie de jour en jour.
    Parfois mes oreilles carillonnent, parfois mes pensées s’abandonnent,
    Mon cœur se noue et se dénoue ; ça part et ça revient toujours…

    Ledal
    Quant à moi j’entends un écho uniquement lorsque je dors
    Mais lorsque je suis éveillée, tout revient au niveau normal.
    De tous mes rêves ombilicaux, il en ressort comme un œuf d’or
    Toujours en train de surveiller le moindre artéfact fantomal.

    Gemini
    Mes rêves aussi sont déroutants ! J’ai des visions parfois immondes
    De destructions et créations alternatives qui me font peur.
    Mais cette nuit en écoutant le « narrateur » entre les mondes,
    J’ai su que ma procréation me provoquait cette torpeur.

    Väronixa
    Excusez-moi de m’insérer dans votre cercle matriarcal !
    Moi-même, je ne suis pas enceinte mais j’ai ce mot à délivrer :
    « Le miracle qui s’est inséré concorde à l’aspect zodiacal
    Qui grave en vos matrices saintes qu’éternellement vous vivrez ! »

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • L’union des Ĺ“ufs de lumière

    Image galerie
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    Le fils et la fille du vent, tous deux de corps immatériel,
    Sont faits de lumière vivante derrière le mur d’obscurité
    Car dans leur monde connivent, l’atome n’est alors factoriel
    Ni de mathématiques savantes ni de physique-chimie héritées.

    Ils ont pourtant un grand pouvoir : ils peuvent outrepasser le mur
    Et ainsi devenir matière seulement pour quelques instants,
    Puis repartir pour se mouvoir stimulés tout comme un fruit mûr
    Une fois passé la frontière de l’antimonde persistant.

    Si la lumière constitue pour lui son principe essentiel,
    L’anti-lumière est la substance caractéristique pour elle.
    Si dans leur monde s’instituent un équilibre différentiel,
    Dans le nĂ´tre, leur coexistence devient alors surnaturelle.

    Heureusement ils sont en phase et vibrent alternativement
    D’un monde à l’autre d’une manière impénétrable.
    Mais ils pourraient avec emphase s’accorder relativement
    Et occasionner dans le nôtre une énergie indénombrable.

    Mais pour l’instant en gestation, les ventres servent d’isolant
    Dotant leurs mères respectives d’une protection renforcée.
    Tout sera remis en question au moindre facteur désolant
    Qui pourrait de façon native aligner leurs cycles amorcés.

    Heureusement c’est impossible ! Il faudrait une coĂŻncidence
    Telle que tout l’univers entier ne pourrait pas la déclencher.
    Et le seul incident possible demanderait à l’évidence
    Que tous les dieux mettent en chantier la vie après la mort tranchée.

    Qu’une alternative pareille parvienne à l’oreille d’un dieu,
    Le mur d’obscuritĂ© s’efface, l’atome tremble et se dĂ©fait.
    Et encore si le temps s’enraye, les calculs seraient fastidieux !
    Le temps lui-mĂŞme perd sa trace… l’immatĂ©riel reste imparfait.

    Illustrations de Ledal & Gemini.

    
    
    
  • Les mondes de la sirène

    La Terre est ronde, la mer aussi. Entre les pôles, c’est chasse-à-l’homme ;
    Les sirènes de tous azimuts pourchassent les marins revêches.
    On se dispute, on négocie pour se partager le royaume
    Et si nécessaire, on permute, les zones de chasse et de pêche.

    Par exemple dans la mer Baltique, les sirènes rousses à la queue grasse
    Mangent les matelots à la crème en dansant une sarabande.
    Celles d’Océan Atlantique, qui chantent et tuent avec grâce,
    Ne pratiquent aucun carĂŞme mĂŞme si Dieu le leur demande.

    Mais un contre-exemple flagrant, dans la mer Méditerranée,
    Montre que les sirènes blanches, noires et jaunes cohabitent.
    Elles vivent en paix en intégrant ce vieil adage suranné
    Qui dit qu’au soleil du dimanche, les hommes préfèrent la mort subite.

    Tableau de Lindsay Bernard Hall.

    
    
    
  • TempĂŞte dans un verre d’eau

    Tempête dans un verre d’eau

    Je ne sais si vendredi treize porte malheur comme on le dit ;
    Toujours est-il que catastrophes et inondations ont eu lieu.
    Les orages ont noyé la braise des barbecues du samedi ;
    Le dimanche étant limitrophe, l’eau a jailli en plein milieu.

    Dès le lundi, la coupe est pleine ; l’eau n’est pas prête à s’écouler.
    Toutes nos villes sont Venise et nos montagnes sont des îles.
    On ne sait plus où sont les plaines submergées sous les giboulées ;
    Ce qui évidemment galvanise les fous nageant hors des asiles.

    Mais les Lorelei sont ravies et ont invité les sirènes
    À déguster toutes ressources qu’elles ont trouvées dans le pays.
    De Bavière et de Moravie, toutes sont arrivées sereines
    Pour apprécier depuis leurs sources les liqueurs de nos abbayes.

    Tableau de Mike Worrall sur https:www.mikeworrall.comprints-available .

    
    
    
  • Tea time… too hot !

    Tea time… too hot !

    J’exècre les cafés, les thés, les chocolats, les infusions,
    Tout ce qui me fait transpirer et qui d’ébullition m’échaude.
    Mais aussitôt que vient l’été et sa chaleur à profusion,
    Ma peine tend Ă  empirer avec toutes ces boissons chaudes.

    Malheureusement la bière fraîche serait néfaste à ma santé
    Et trop de climatisation serait hostile à la planète.
    Il ne me reste que battre en brèche ce besoin suralimenté
    De l’industrialisation mis en frais pour des clopinettes.

    Tableau de Raymond Perry Rogers Nelson.

    
    
    
  • Peut-on fumer après la mort ?

    On peut fumer toute sa vie et même plus, jusqu’à sa mort ;
    Après quand le corps n’est que cendres, il devient la proie aux démons.
    Fumer quand on en a envie et continuer sans remords,
    C’est continuer de descendre vers les métastases aux poumons.

    On ne fume plus, on vapote sa cigarette électronique
    Qui ne produit que vapeur d’eau parfumée à la nicotine.
    Mais l’eau, ça coule et ça clapote vers les golfes océaniques
    Et lentement, grosso modo, la planète se ratatine.

    Première photo de Maya Topcagic sur https:www.themajatopcagic.com et l’autre je ne sais pas.

    
    
    
  • Le dĂ©sir Vert

    Le désir Vert

    J’ai perçu le désir du Vert que l’Univers m’avait planté
    Profondément au fond du cœur comme une ultime sauvegarde.
    Ce don lentement s’est ouvert quand la Nature fut supplantée
    Par la bêtise et la rancœur que l’homme a semées par mégarde.

    Un sixième sens naturel a réveillé mes autres sens
    Qui se sont mis à écouter, voir, goûter, toucher et sentir
    Tout l’environnement culturel chargé de rayons et d’essences,
    Toutes ces saveurs égouttées que le vent me fait pressentir.

    Je vous transmets ces quelques vers qui agiront comme bouture
    Dans le cœur de celles et ceux qui se perçoivent volontaires.
    Si vous sentez l’appel du Vert et en respirez sa mouture
    Alors estimez-vous chanceux d’être les enfants de la Terre.

    Tableau « Dora Maar 1937 » de Pablo Picasso.

    
    
    
  • Les femmes-serpents

    Le serpent, animal rusé, – et séduisant probablement –
    A dû se montrer convainquant pour tromper la première femme.
    Dommage qu’il fut accusé par Dieu irrémédiablement
    Condamné comme un délinquant à ramper dans un corps infâme.

    Tâchons de nous imaginer son apparence féerique ;
    Et s’il était l’équivalence de l’homme face à sa compagne,
    Il devait donc avoisiner la beauté fantasmagorique
    D’une divine ressemblance envers une Vénus de cocagne.

    Le serpent, Lilith, Lucifer, combien d’autres beautés cachées
    Se sont-elles aussi rebellées envers leur père créateur ?
    Combien d’êtres luminifères ont ainsi l’histoire entachée
    Par leur ambition querellée avec un Dieu imprécateur ?

    Je les rencontre dans mes rĂŞves et les plus extraordinaires.
    Je cĂ´toie des femmes-serpents aux corps oblongs et lumineux.
    Mais les occurrences trop brèves de ces contacts préliminaires
    Me laissent toujours en suspens de mes fantasmes libidineux.

    Tableaux de Gustav Klimt.

    
    
    
  • L’étoile de Lune

    L’étoile de Lune

    L’Étoile de Lune, au teint d’albâtre, en robe de velours nacré
    Renvoie le battement lunaire quand le premier quartier paraît.
    Sa pulsion continue à battre, croissant jusqu’à la nuit sacrée
    Où s’ouvrent les préliminaires de la pleine Lune qui comparait.

    Alors les Étoiles d’argent, sur les montagnes escarpées,
    Brillent de la même clarté et vibrent à la même cadence.
    Les lueurs croient en se partageant dans la voûte céleste harpée
    Le fief du soleil écarté des étoiles en correspondance.

    Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian.Schloe.html?m=1 .

    
    
    
  • L’école des poissons-pilotes !

    L’école des poissons-pilotes !

    J’ai connu un poisson-pilote, ordre du requin souriant,
    Diplômé d’une grande école, prix d’une éducation sereine.
    Aspirant de la Grande Flotte, il fit carrière en dérouillant
    Quelques ennemis piscicoles qui tourmentèrent les sirènes.

    En récompense à ses exploits, il accéda au rang suprême
    De Capitaine de la garde de la Reine – ce fut une erreur ;
    Celle-ci lui fit à contremploi tant et tant d’avances extrêmes,
    Qu’il choisit pour sa sauvegarde d’être admis chez les éclaireurs.

    Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian.Schloe.html?m=1 .

    
    
    
  • Bleue rĂŞverie

    Bleue rĂŞverie

    Des rêves en bleu aux couleurs froides aux bleus de l’âme aux couleurs chaudes ;
    L’esprit en quête d’aventure, l’amour à bonne température.
    Femmes anguleuses aux formes roides, femmes fragiles qui s’échaudent ;
    Tout dépend de la conjoncture, tous les goûts sont dans la nature.

    Femmes aux galets pour rigoler, femmes emballées pour un ballet ;
    Mes réflexions vertes et roses riment en reflets verts et prose.
    Femmes ballons pour picoler, femmes foldingues au pis-aller ;
    Femmes-fleurs aux épines moroses, femmes-fleurs au cœur de primerose.

    Tableau de Kamal Koria sur https:kkoria.com#jp-carousel-219 .

    
    
    
  • En costume de pluie

    En costume de pluie, la reine de la nuit
    Dans sa brume de voile danse au bal des étoiles.
    Des éclats de rosée en cercles arrosés
    Marqueront le ballet de sa ronde emballée.

    En costume de nuit, la reine de la pluie
    est venue également valser élégamment.
    Mais le vent s’est levé et les robes envolées
    N’ont laissé dans les nues rien que deux reines nues.

    Costume disponible sur https:www.costume-works.comthunderstorm1.html .

    
    
    
  • Le blues de la Terre

    Terre dont nous avions héritée, Tu incarnais la perfection,
    La vie et la pensée humaine, l’amour et la beauté de l’âme.
    Tout ça, nous l’avions mérité avec ou sans circonspection
    Jusqu’à ce que l’argent amène autant d’opprobre que de blâmes.

    Jusqu’à présent toutes les guerres ont décimé l’humanité et les familles éparpillées…
    Mais aujourd’hui, c’est le progrès qui ravage les océans, les mers, la faune et les forêts.
    Toutes les erreurs de naguère reproduites à l’unanimité, toutes les ressources pillées,
    Laisseront la place aux regrets qui retourneront au néant et à la terre déshonorée.
    Pauvre Jules Verne, visionnaire qui n’a rien vu venir…

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

    
    
    
  • NĂ©e dans les genĂŞts, nue et ingĂ©nue

    Elle a poussé dans les genêts naturellement au soleil ;
    Preuve que les filles ne naissent pas dans les roses forcément.
    J’en oubliais mon déjeuner dans ses effluves que balaye
    Un vent de charme et de jeunesse qui me captaient comme un aimant.

    Plus tard, son acné juvénile s’épanouit en mille fleurs
    Qui lui parsemaient le visage semblable au masque de beauté
    Qui décore les campaniles quand au village sonnent les heures
    Des soirs aux exquis paysages qui conservent leur primauté.

    Son maquillage, couleur du temps, où défilaient ces paysages,
    Faisait penser à un voyage qui jamais ne s’arrêterait.
    Son curieux regard déroutant illuminait tout son visage
    Et ses cheveux, comme un feuillage qui jamais ne déparerait.

    Photos de Marta Bevacqua.

    
    
    
  • Vol au-dessus du temps qui passe

    Plutôt que des années qui m’effraient, je chevaucherai mon effraie
    Pour voir le chemin parcouru, combien de temps j’aurai couru.
    Plutôt que ressasser le passé que je ne peux plus surpasser,
    Je retiendrai les bons moments qui ont marqué l’événement.

    Plutôt que des années de regrets qui constitueront mes secrets,
    Je reprendrai les jours de honte, je sais que mon cœur les surmonte ;
    Je revivrai tous mes échecs, les imprévus tant intrinsèques,
    Pour les transformer en victoire et réécrire mon histoire.

    Plutôt que des années de péché où Dieu ne s’est pas empêché
    De me glisser des chausse-trappes et tous les malheurs qui me frappent ;
    Au fond du cœur j’ai un mantra car il est dit dans mon contrat :
    « Plus la vie et les années passent et moins tout cela ne me tracasse. »

    Tableaux de Lucy Campbell.

    
    
    
  • Vole avec les papillons

    Vole avec les papillons

    Seul le cœur peut, sans aucun doute, voler avec les oisillons.
    Pour gagner son chemin de croix, sur lequel il est enchâssé.
    Même s’il n’y a que moi qui y crois, je continuerai de chasser
    La rosée fraîche qui s’égoutte des nuages sur les papillons.

    Photo de Nithin Rao Kumblekar.

    
    
    
  • Pour l’amour des glands

    Pour l’amour des glands

    L’amour peut paraître aveuglant mais il attire comme un treuil
    Mon cœur que la passion taraude à tel point qu’il en redemande.
    En échange de quelques glands, j’ai rencontré un écureuil
    À la chevelure émeraude et à la poitrine gourmande.

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  • Mariage de tons

    Mariage de tons

    Je suis devenu daltonien Ă  force de mes Reflets-Vers
    Qui ont muté mon cœur morose en fleurs bleues et en tons charmants.
    Fini mon régime draconien de rouille et de marrons pervers,
    Vive le mariage en rose de tous ces éclats désarmants !

    Petites fleurs bleues sur la montagne d’Eidberg, point culminant de commune de Winterthur.

    
    
    
  • Fleurs bleues d’automne

    Fleurs bleues d’automne

    Moi qui croyais que les fleurs bleues n’étaient que des fleurs de printemps
    Que les jeunes filles offraient aux garçons qui les déboutonnent !
    Eh bien je vous dis, sacrebleu, que j’ai encore mes vingt ans
    Et j’en ressort de mon coffret tous mes fantasmes de l’automne !

    Petites fleurs bleues sur la montagne d’Eidberg, point culminant de commune de Winterthur.

    
    
    
  • Chanson d’automne

    Chanson d’automne

    Mes jours paraissent monotones lorsque la nature s’endort
    Sous le linceul de feuilles mortes de mes arbres déshabillés.
    Mon présent se trouve en automne, il paraît que c’est l’âge d’or ;
    Et tout ce que le vent emporte sont poussières de sablier.

    Bien sûr, je traverserai l’hiver, le givre couvrira mon corps ;
    Je dormirai, pieds dans la terre et mon âme désespérée
    Suivra la loi de l’univers pour refleurir un an encor ;
    Dans la vie, il n’y a pas de mystère, il faut y croire et espérer.

    Sur la montagne d’Eidberg, point culminant de commune de Winterthur.

    
    
    
  • La reine noire

    La reine noire

    On conte que son âme est noire dans les auberges et les chaumières
    Et qu’elle garde son magot pour affronter ses ennemis.
    Mais seul, au cœur de son manoir, le Roi reconnaît sa lumière
    Car ce ne sont que des ragots, rodomontades et calomnies.

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  • L’étage supĂ©rieur

    L’étage supérieur

    Monter l’étage supérieur me donnera meilleure vue
    Sur les paysages alentour et je verrai mieux les étoiles.
    Et ceux des étages inférieurs, les prétentieux, les « m’as-tu-vu »
    Iront rejoindre les vautours pour tenir les cordons du poĂŞle.

    Tenir les cordons du poĂŞle : marcher Ă  cĂ´tĂ© d’un cercueil ou immĂ©diatement derrière lors d’un enterrement.

    
    
    
  • La reine blanche

    La reine blanche

    Un peu hautaine, c’est une reine, tout en haut de sa tour d’ivoire,
    Elle envisage des plans secrets pour capturer le roi félon.
    Le cœur jaloux, l’âme sereine, son esprit tient tous les pouvoirs
    Auxquels elle s’est consacrée pour gravir tous les échelons.

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  • L’abondance

    L’abondance

    C’est dans ses boules de cristal qu’il perçoit les pluies et les vents
    Qui s’abattront sur son chemin jusqu’à ce que le jour se lève.
    Alors un grand coup magistral chassera ses démons devant
    Et la fortune, à pleines mains, reviendra prendre la relève.

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  • Le Pont Ă©dentĂ©

    Le Pont édenté

    Il en a vu tant de saisons et a vu tant de pas perdus,
    Tant de pluies qui ont ruisselé sur les chemins accidentés,
    Tant de promeneurs sans raison et tant d’amoureux éperdus,
    Qu’il en reste tout bosselé, mon tendre vieux pont édenté.

    Un petit pont dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Le mois des flous

    Le mois des flous

    Bienvenue dans le mois des flous, dans ce mois d’octobre typique !
    Les matins de brume habillés nous réveillent en tons nostalgiques.
    Les prairies en pilou-pilou font penser aux rĂŞves utopiques
    Aux sorcières en déshabillé en quête de champignons magiques.

    Le petit lieu appelé « Paradis » dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • NĂ© de bonne souche

    NĂ© de bonne souche

    Ceux qui sont nĂ©s de bonne souche savent qu’ils ont Ă©tĂ© choisis
    Pour incarner la bonne humeur parmi cette saison d’automne.
    Alors ouvrez grand votre bouche d’un beau sourire de courtoisie
    Et faites taire les rumeurs qui sourdent d’un air monotone.

    Une des nombreuses souches souriantes dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Lundi, grand mĂ©nage

    Lundi, grand ménage

    S’il est vrai que la planète a besoin d’un nettoyage,
    Je suis plutĂ´t comme un chat, je fuis les aspirateurs.
    C’est vrai, ça fait place nette toutes ces maisons qui voyagent
    Et qui font des entrechats dans les vents agitateurs.

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  • Le ballet aux tulipes

    Le ballet aux tulipes

    Pour ce public de tulipes, il fallait bien un ballet,
    La ballerine à la rose ne s’en est pas fait prier.
    En chantonnant sur sa lippe quelques refrains népalais,
    Elle a accordé sa pose aux oiseaux appropriés.

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  • Le faiseur de flamme

    Le faiseur de flamme

    Il se donne Ă  son art, il se donne Ă  sa flamme.
    Pour réchauffer son cœur et réjouir son âme.
    L’âme-sœur apparait dans ce cœur de lumière
    Pour un baiser de feu qui deviendra poussière.

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