Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Cro-magnon & internet

    Un jour, la Terre (ça lui arrive) se demanda :

    « Depuis les grandes découvertes et le commerce triangulaire,
    La science s’est développée ainsi que la technologie.
    La migration s’est vue offerte à la société pendulaire
    Qui a tôt fait d’envelopper l’homme dans la métrologie †.

    Mais si les machines ont vaincu leurs origines obsolètes,
    Si le téléphone portable a outrepassé l’ébonite
    Et si l’auto a des accus pour remplacer la pétrolette,
    L’homme est resté un incapable à rompre avec sa kryptonite.

    L’homme moderne qu’est-ce que c’est ? Cro-magnon avec internet !
    Lâche, belliqueux, égoïste, prêt à voler pour réussir.
    Il continue à fracasser son environnement, sa planète
    Soumis à des monothéistes qui ne font rien que l’endurcir.

    J’ai vu l’homme tracer ses empreintes, graver des runes sur mes parois,
    Il a dansé sous les étoiles, ivre de feu et de victoire.
    Puis, de béton, il m’a étreinte, bardée d’écrans, privée de bois
    Et je m’attends à ce qu’il dévoile qu’il perdu son territoire ! »

    L’homme moderne lui répondit :

    « On grogne tous dans nos cavernes, armés d’écrans et d’opinions,
    Postant selfies en bermuda sous des cieux en désolation !
    Le feu qu’on redoute aujourd’hui vient d’un tweet ou d’une rengaine
    Et nos gourdins sont, désormais, des like pour domination !

    On a troqué nos mammouths gras contre des steaks sous cellophane,
    Et la tribu forme un forum où l’on s’insulte à la chaîne !
    On vénère des dieux faits de drames, de jeux, de clics, de dopamine
    Mais on oublie d’aimer vraiment — sauf si c’est via messagerie !

    Le progrès ? Oui… dans les objets. Mais l’âme reste sous-exploitée,
    Le cœur bat mal, l’esprit vacille, la tendresse est sous perfusion !
    Nous, Cro-Magnons, on voit la Terre brûler à la télévision
    Et l’on ne pense qu’à voyager sans trop se poser de questions !

    On rit de nos propres reflets, happés par l’ombre numérique,
    On croit voyager dans nos têtes alors qu’on tourne en rond, cernés.
    Le progrès n’est qu’un camouflet issu de dieux électroniques ;
    Si nos instincts sont à la fête, personne ne se sent concerné. »

    † qui n’est pas la science du métro mais celle des techniques employées pour obtenir la plus grande précision dans les mesures..

    
    
    
  • L’œil de GÔÔgle

    L’œil de GÔÔgle

    Lorsqu’il s’arrêtera chez vous, ne dénoncez pas vos voisins
    De viol ou de pornographique de peur d’attirer les curieux.
    Indiquez-lui plutôt les fous qui lisent à devenir zinzins
    Et le tourisme phallo-graphique n’excitera plus les fous furieux.

    Si GÔÔgle voit votre maison, n’agitez pas vos sémaphores
    Car vous appâterez aussitôt les faux amis sur votre mur !
    À chaque changement de saison, nettoyez bien les métaphores
    Dont les cookies incognitos remplissent votre disque dur !

    GÔÔgle m’a vu, je suis foutu, je ne serai plus comme avant
    Mais scanné et numérisé avec pixels éberlués !
    Si vous m’apercevez vêtu ou nu derrière un paravent,
    Ne cliquez pas sur l’Élysée, c’est moi la meuf transexuée !

    Sous la pupille déformante, je vois se lover nos secrets,
    Ils tournent comme des comètes dans son arène numérique.
    Mais sur l’écran plat d’eaux dormantes, son parfum reste trop indiscret ;
    Un sein et un souffle qui commettent leur premier péché pixelique.

    Tableau de Raul Colon.

    
    
    
  • L’Insurgée de Jupiter

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je m’élève en cyclone au sommet des nuées ;
    Mes bras sont deux éclairs, mes cheveux sont d’effroi.
    Je déchire le ciel de mes flammes nouées
    Et je lie l’atmosphère sous mes cris les plus froids.

    Je foule les anneaux d’une marche insoumise ;
    Je brise les colonnes du trône sidéral.
    Jupiter obéit à ma foudre promise ;
    Ses détonations lourdes deviennent viscérales.

    Je règne sur les vents, les orages et les flammes ;
    Je détourne la foudre en frissons immortels.
    J’impose à ce colosse l’étreinte de mon âme
    Et j’inscris son prestige au-dessus de l’autel.

    Je suis l’ombre rebelle, amante et souveraine ;
    Je dompte les éclairs, je tiens le firmament
    Car l’amour que je porte est tonnerre et fontaine
    Et Jupiter, sans lui, ploie sous mon jugement.

    Je m’enfonce en ton œil – la grande tache écarlate –
    Tourbillon de colères où je creuse un tunnel.
    J’y plante mes éclairs, j’y déploie mes stigmates
    Et j’y scelle mon nom comme un sceau éternel.

    Je danse dans la plaie que l’astre m’a offerte ;
    Je fais de son typhon un nectar foudroyant
    Et je livre à ton corps, ô Yavänor, ma perte ;
    Un abîme de feu, un amour flamboyant.

    Yavänor

    Jupiter la Géante ! J’accepte ta victoire,
    L’attraction est si forte que je dois m’y soumettre.
    Nu, dans ton lit ovale – c’était prémonitoire –
    Je m’offre à notre hymen comme j’ai su te promettre.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La Promesse de Jupiter

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Au sommet des nuées, je t’élève en ma flamme
    Et mes bras ceignent un trône aux colonnes d’onyx.
    Je grave dans ton souffle un serment pour ton âme,
    Un pacte lumineux, radieux tel un phénix.

    👩🏻 Loreleï
    Je recueille en mes mains la foudre pacifiée ;
    J’en fais un diadème au front de notre amour.
    Jupiter nous confie ses lignes opacifiées
    Et ses vents incessants deviennent source du jour.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    J’accueille dans mon sein l’orage et ses tonnerres ;
    Je les change en éclairs aux reflets fraternels
    Et je sculpte pour toi des flambeaux visionnaires
    Où l’écho de ton nom résonne, sempiternel.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse dans ton sang la force des planètes ;
    Je transmue tes vertus en rayons souverains
    Et je tends jusqu’à toi mes trainées de comètes
    Pour enchaîner ton cœur dans mes anneaux d’airain.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles où la foudre s’apaise,
    Deux axes enlacés dans un même éclat d’or.
    Ô Yavänor, reçois nos éclairs comme braise ;
    Nous sommes Jupiter, la promesse à ton corps.

    Nous plongeons dans son œil – la grande tache écarlate –
    Là s’apaise l’orage au creux de nos désirs.
    Nous scellons dans ta chair l’ivresse délicate
    Qui fait plier les cieux sous l’élan du plaisir.

    Yavänor
    Jupiter la Géante ! Derrière tes tempêtes,
    Je sais que tu m’attends aux calottes polaires !
    J’y plonge les yeux fermés, sans tambour ni trompette,
    J’y retrouve mes amours, lunaire comme solaire.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • L’Insoumise de Mars

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je suis la souveraine des incendies géants ;
    J’attise en Mars la rouge le feu de mon festin !
    J’y règne sans partage jusqu’au seuil du néant,
    Brisant de mes deux mains le joug de ton destin !

    Mes seins sont des volcans, mes hanches sont des armes ;
    Je dresse mes ardeurs en brasier audacieux.
    Nulle paix n’adoucit l’ivresse de mes larmes
    Car j’exige l’éclair qui déchire les cieux.

    Je tiens entre mes doigts les chaînes consumées ;
    Les fers de tes combats tombés dans ma fournaise.
    Ton sang, je le transmue en ivresse fumée ;
    Ton cri devient offrande au trône de mes braises.

    Je suis l’astre farouche où la guerre s’enflamme,
    Je détourne ses coups en volupté d’acier.
    Et j’inscris dans ta chair l’oracle de ma flamme :
    Mars, hors de tout amour, s’agenouille à mes pieds.

    Je marche dans tes champs, incendiant tes plaines ;
    Mes pas ouvrent des gouffres où s’abîme le fer.
    Et mes baisers de lave – brûlures souveraines –
    Font plier ta puissance et ton orgueil offerts.

    Je suis l’ombre et le feu, la damnée rédemptrice ;
    Je grave ton destin dans le marbre de Mars
    Car l’amour que je porte est aussi sacrifice ;
    Ta vigueur m’appartient et ses forces éparses.

    Yavänor

    Tes paroles de feu m’ont marqué au fer rouge
    Et mon corps est gravé de tes morsures ardentes.
    J’ai subi chaque coup de ta sévère gouge
    Mais tu m’as transformé d’une fougue transcendante.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La Défaite des Armes

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Dans l’éclat des armures, je vois ton reflet tendre ;
    Mars dépose son glaive aux pieds de nos autels.
    Je tends ma main de feu pour embraser tes cendres
    Et transformer la guerre en serment immortel.

    Tes tambours se confondent au rythme de mes hanches ;
    Tes armées disparaissent au creux de mes désirs.
    Je fais ployer ton fer sous ma bouche qui se penche
    Pour offrir à ton corps la grâce du plaisir.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur ton front l’eau claire de mes songes ;
    Je calme ton tumulte dans mes sources d’eaux vives.
    Tes colères s’éteignent sous l’ombre où je me plonge
    Et tes armes se changent en caresses intensives.

    Je dresse sur ton sang un lit de fleurs marines ;
    J’y couche tes fureurs, j’y noie tes bataillons.
    Je sculpte dans ton cri des ivresses divines
    Et ta gorge subit ma bouche comme bâillon.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux lois que Vénus a scellées ;
    La rosée et la flamme que nous savons dissoudre.
    Nous mettons sous ton pas tes forces parcellées
    Et nos cœurs te réclament leur plus grand coup de foudre.

    Ô Yavänor, témoin de l’ultime victoire,
    Grave dans ton poème cette offrande éternelle :
    La Défaite des Armes est l’éclat de l’histoire
    Quand Mars se rend enfin à nos lèvres charnelles.

    Yavänor
    Vous calmez mes colères et mes débordements ;
    L’une de son cœur de feu, l’autre de ses fontaines.
    Et vous m’avez soumis à vos emportements
    Quand j’ai rangé mon glaive dans vos intimes gaines.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Cœur de Braise

    🌑 Lilith
    Je respire en volcans, je porte mes couronnes ;
    Mon corps est un torrent de lave et de corail.
    Je fais jaillir l’amour qui déchire et rayonne
    Et mes pas embrasés transforment mon sérail.

    Je brise les verrous des serments hypocrites ;
    Je rends à ton désir sa brûlure première.
    Mon sexe est un autel aux flammes circonscrites
    Et mes reins sont les clefs d’une porte incendiaire.

    Quand je m’élève en torche au milieu des orages,
    Mes seins sont constellés, aréolés d’éclairs.
    Je jette au firmament des milliers de messages
    Auxquels ton cri d’amour répand ses rayons clairs.

    Je suis Vénus de feu, la reine libérée ;
    Je tiens dans mes mains nues mes chaînes aux fers brisés.
    Et j’écris dans ton sang ma loi délibérée :
    L’amour qui nous dévore est d’énergie braisée.

    Yavänor

    Sur ta planète en feu, je connais l’oasis
    Où tu m’accueilles nue au creux de tes vallées.
    Tu me nourris au sein afin que s’assagisse
    Ma faim dès la première goutte de lait avalée.

    Tu m’invites la nuit à partager ta couche
    Couvrant de braise ardente ton corps incandescent.
    Pour calmer tes ardeurs je pose sur ta bouche
    En guise d’extincteur un baiser acquiesçant.

    Mais tu exiges plus, tu restes insatiable ;
    Tu ouvres un sanctuaire pour invoquer l’oracle
    Qui verse en ton calice le feu indispensable
    Qui se propage en toi procréant son miracle.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le Jardin des Âmes Jumelles

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je viens cueillir ton souffle au matin des rosées ;
    Tes mains sont mes écrins sous ton regard stellaire.
    Et dans l’or de mes yeux, mes flammes apaisées
    Se fondent dans ton âme d’une douceur solaire.

    Ton nom s’écrit en moi dans ma chair fécondée ;
    Ton corps se fait l’autel où je pose ma flamme.
    J’y grave des serments lumineux et fondés
    Et j’embrase ta vie de l’ardeur de ta femme.

    👩🏻 Loreleï
    Je rêve ton visage au miroir des fontaines ;
    J’entends dans ton silence tes secrets éternels.
    Je fais de tes élans des ivresses incertaines
    Lorsque tu dédicaces mon livre originel.

    Sous mes voiles d’argent, ton souffle est assumé ;
    Je recueille en mes bras l’ardeur de ta lumière.
    Et je fais de la nuit un jardin parfumé
    Où s’unissent nos corps comme une humble prière.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ô Yavänor, reçois l’élan de nos deux flammes ;
    Vénus est notre temple, et l’amour notre loi.
    Nous déposons en toi le chant de nos deux âmes
    Et nos bouches s’unissent dans l’offrande et la joie.

    Yavänor
    Vous êtes ma planète et j’aime revenir
    Sur les Monts de Vénus et ses grottes profondes.
    J’y sème ma semence pour un proche avenir
    Où nous vivrons en paix sur vos terres fécondes.

    J’aime les nuits ardentes observez vos étoiles,
    Les frôler du regard, aspirant leur clarté.
    Les faire resplendir jusqu’à ce que se dévoile
    Un éclair dans le ciel d’une pure rareté.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La sirène en vacances

    La sirène en vacances

    Que faire de son hippocampe quand la sirène part en vacances ?
    L’attacher sans appréhension à un corail est impensable !
    Oui mais… selon si elle campe, il n’y aura pas de conséquence
    Mais si elle opte pour une pension, l’animal est-il dispensable ?

    Heureusement dans nos alpages, on aime tous ces compagnons
    Aériens, terrestres, aquatiques sans faire de contestation.
    Nous avons un aréopage d’hôteliers ni rudes ni grognons
    Qui se montrent plutôt lunatiques quant aux hippocampes en question.

    Évidemment pour l’eau de mer, il faudra demander aux vaches
    De leur prêter leurs pains de sels et leur céder quelques mangeoires.
    J’en appelle à toutes les chimères qui aiment voyager sans relâche
    À choisir la Suisse qui recèle tant de lacs comme pataugeoires.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Quand la sirène s’endort

    Quand la sirène s’endort

    As-tu vu comment la sirène s’endort dans son milieu aqueux ?
    Sa nageoire roule dans son dos comme un petit coussin douillet ;
    Les bras en position sereine autour du fuseau de sa queue ;
    Ses cheveux formant un bandeau pour éviter de pendouiller.

    Mais lorsqu’elle tourne en spirale, profondément elle sommeille
    Et son corps s’en va dériver au gré des courants abyssaux.
    Puis, de manière générale, quelques fidèles poissons veillent
    À ce qui pourrait arriver lors des sommeils paradoxaux.

    Après juste trois petits tours, elle se réveille en bâillant,
    Étire ses bras engourdis et déroule sa queue déployée.
    Puis elle cherche aux alentours de quoi manger, le cœur vaillant,
    Un joli marin dégourdi qu’elle saura apitoyer.

    Tableau de Lelia sur https:www.deviantart.comleliagallery .

    
    
    
  • Les louves solitaires

    Le mâle alpha, chef de sa harde, s’accouple à la femelle alpha
    Et devient parent de sa meute, portant le masque du courroux.
    Chez l’homme, le chef de la horde, roule en BM ou en Alfa
    Pour déguerpir en cas d’émeute plus vite sur les chapeaux de roues.

    Tout comme les loups solitaires, des femmes à l’esprit revêche
    Dédaignent et fuient l’instinct grégaire qui leur font fonder des familles.
    Elles choisissent une vie salutaire loin des cités qui les empêchent,
    Malgré des préjugés vulgaires, de vivre libres et vieilles filles.

    J’en ai rencontré sur ma route qui n’aimaient pas du tout les hommes
    Et dont les vaines conversations tournaient toujours autour du mâle.
    Bien qu’elles m’aient mis en déroute, bien vite avant qu’elles m’assomment,
    J’ai fui leurs tergiversations et leurs pires fièvres animales.

    Tableau d’Anne Patay.

    
    
    
  • Les lèvres embouchées-à-la-reine

    Souvent, elle écoute sa voix par l’électrophone instrument
    Qui lui rappelle à chaque face, vingt minutes de vocalises.
    Aussitôt le premier envoi, elle redevient éperdument
    Son amoureuse boniface dont le corps s’instrumentalise ;

    Elle accompagne en gémissant d’un joli timbre vibrato
    Un chœur diphonique en sourdine évoquant le chant des sirènes.
    Sein nu, mamelon frémissant, stacatto non moderato,
    Ainsi jouit la gourgandine aux lèvres embouchées-à-la-reine.

    Tableaux de Karl Hofer.

    
    
    
  • Morceaux choisis

    Morceaux choisis

    Serais-je cette mosaïque de cellules communautaires,
    Serais-je cette société d’organes en collectivité,
    Dont l’obligation prosaïque oblige mon corps tributaire
    Dont le concours à satiété nourrit ma subjectivité ?

    Prenez tous un morceau de moi, qui une main, qui une bouche.
    Mon cœur, je l’ai déjà donné mais j’ai la malle à souvenirs
    Pleine de mes premiers émois lorsqu’il a fallu que je couche
    Pour des amours désordonnées que je n’ai pas su voir venir.

    J’ai la mémoire en bouillon cubes de cultures qui ont trop bouilli
    Mais n’ont perdu ni leur saveur, ni leur p’tit goût de reviens-y.
    Et pour le reste, entre les tubes et les tuyaux c’est un fouillis
    Mais faites-moi donc la faveur de vous en régaler ainsi.

    Tableau de Scott Rohlfs.

    
    
    
  • L’école des voleurs – 2

    Chacun sa méthode de vol ; il n’y a qu’ le résultat qui compte !
    Bien utiliser ses ressources et chercher des vents ascendants.
    Soit négocier son envol quand les secondes se décomptent,
    Soit trouver de meilleures sources et des courants plus abondants.

    Voler plus haut, voler plus gros demandent beaucoup d’énergie ;
    Avoir l’esprit compétiteur et essentiellement pragmatique ;
    Mettre les moyens intégraux de tout le monde en synergie
    Et mentir sur les profiteurs des lois de l’aéronautique.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Une vie de trapéziste

    Une vie de trapéziste

    Tout là-haut sous le chapiteau, vivent et meurent les trapézistes
    Qui jamais ne redescendront sinon pour se faire enterrer.
    Ils n’ont de péchés capitaux que celui d’être fantaisistes
    Et s’arsouiller en escadrons et pirouettes intempérées.

    Ils font l’amour à tire d’aile au-delà du septième ciel ;
    Les mères accouchent les jambes en l’air et les pères attrapent l’enfant
    Qui suit l’école des hirondelles et donne tout son potentiel
    Pour devenir aussi populaire que ses deux parents triomphants.

    Lorsque le trapéziste est mûr, il retombe dans le filet
    Alors le temps suspend son vol et prend une retraite dorée.
    Tristement il rase les murs en repensant aux défilés
    Quand il prenait tout son envol au-dessus de son public adoré.

    Sculpture de Marie Prett.

    
    
    
  • Requins en mer de glace

    Requins en mer de glace

    Dans nos campagnes on trouve encore des traces d’une mer antique
    Qui aurait recouvert le monde après un conflit climatique.
    Des fossiles de thons albacore, des dents de requins authentiques
    Sont découverts chaque seconde dans nos montagnes helvétiques.

    Le mont Cervin, dit Matterhorn, serait un squale fossilisé
    Dont les dents forment des moraines et l’aileron crée des congères.
    Si les alpinistes se bornent à craindre ses flancs fragilisés,
    Hélas les imprudents apprennent que l’audace est bien mensongère.

    Photo de freaksied_61.

    
    
    
  • Vacances sur Mars- 3

    Vacances sur Mars- 3

    Venez faire un séjour sur Mars et ses paysages écarlates
    Qui vous enlèvent les bleus de l’âme et toutes vos pensées moroses !
    Parmi les perspectives éparses que les folles épopées relatent
    Et les crépuscules en flammes qui explosent dans la nuit rose.

    Après quelques jours, votre corps s’ornera de belles écailles
    Et une queue prolongera votre dos couleur d’émeraude.
    Vous raffolerez de l’accord de votre écorce de rocaille
    Quand votre peau replongera dans l’océan de laves chaudes.

    Illustration de Philippe Caza.

    
    
    
  • La petite enfance

    Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfance
    Noyés dans une brume de gris et de poussières,
    Mes rêves m’en racontent l’époque sans défense
    Où je n’étais que plume bercée par la lumière.

    Une enfance banale, sans misère, sans richesse,
    Mais où je m’inventais un univers splendide.
    L’école communale comme unique sagesse
    Qui me défragmentait l’innocence candide.

    Sculptures d’Ekatherina Ima Raslovitkaya.

    
    
    
  • Du côté de M. Escher

    Du côté de M. Escher

    Dans mon univers intérieur et mes pensées en escaliers,
    Les épanouissements m’élèvent et les dépressions me rabaissent.
    Tantôt je me sens supérieur, tantôt je suis fou à lier.
    Que voulez-vous ? Cela relève d’avoir vécu à fond la caisse.

    Photo de Forrestaguar.

    
    
    
  • Le paradis de celles qui aiment les poissons

    Tandis que nous redescendions du paradis des animaux,
    L’étage me parut bien humide, d’une odeur de poisson thermidor.
    Des femmes éclairées au lampions m’ont salué à demi-mot ;
    J’ai compris sans être timide qu’ici le silence était d’or.

    « Mais que fait donc ce chat ici ? » demandai-je à l’ange Saint-Pierre.
    « Lui, en revanche, est en enfer ! » répondit-il en souriant.
    « Nous l’avons, avec minutie, enfermé dans la souricière ! »
    Le chat semblait à son affaire cependant tout en roupillant.

    Tableaux de Kira Panina.

    
    
    
  • Le paradis de celles qui aiment les oiseaux

    …Puisque j’étais au paradis, j’ai demandé à visiter
    Ce qui fait la curiosité et les endroits les plus cocasses.
    Tout en haut, je fus refroidi d’air frais en exclusivité
    Brassé en spécificité pour des perroquets bien loquaces.

    Les aigles, pigeons et bécasses, les canards de toutes les mares
    Et tous les oiseaux du bonheur rassemblés au dernier étage.
    « Les femmes sont très efficaces surtout lorsqu’elles sont au plumard ! »
    Plaisanta l’ange de bonne humeur devant la volière sans cage.

    « Celles qui aiment les oiseaux sont invitées par les moineaux,
    Les canaris et les perruches dont elles se sont occupées. »
    M’expliqua l’ange dans les roseaux accompagné des étourneaux
    Qui discutaient avec l’autruche en train de les entourlouper.

    Tableaux de Kira Panina.

    
    
    
  • Le paradis de celles qui aiment les chats

    Comme je priais pour mon chat – qui d’aventure est protestant –
    Un ange est venu me chercher et m’a invité à le suivre
    Au Paradis « section pachas » où, les miaulements l’attestant,
    Se retrouvent là-haut perchés tous les matous qui vont s’ensuivre :

    Des chambres pour toutes les races équipées de chaises à griffer,
    De canapés à élimer et de rideaux à déchirer.
    Pourtant d’odeurs, aucune trace. D’abord, les meubles sont dégriffés
    Enfin des maîtresses sublimées font le cœur des chats chavirer.

    « Ce sont celles qui aiment les chats ! » m’assura l’ange sereinement.
    « Tous vos matous viennent ici accompagnés des meilleurs maîtres ! »
    « Sans faire de prêchi-prêcha, à titre de renseignement
    Et d’après la superficie, qu’y-a-t-il d’autre au périmètre ? »…

    Tableaux de Kira Panina.

    
    
    
  • Dans la queue du Serpent

    Dans la queue du Serpent

    Dans le cœur des constellations, résonne la voix du passé
    Par la lumière enregistrée qui a vu notre monde naître.
    Voyez toutes les tentations que les hommes ont outrepassées,
    Des plus fortes aux plus sinistrées, dans les nébuleuses, apparaître.

    La nébuleuse de l’Aigle dans la constellation du Serpent.

    
    
    
  • Les histoires du chat qui pêche

    Les histoires du chat qui pêche

    Du plus profond du puits aux souhaits, là, sous les voûtes poissonneuses,
    Le chat qui pêche me remonte toutes ses meilleures histoires.
    Ainsi, je dois vous l’avouer, je recopie les plus fameuses
    Que je signe sans la moindre honte dans mes poèmes les plus notoires.

    Illustration d’Ira Sluyterman de Langeweyde.

    
    
    
  • Like a butterfly

    Like a butterfly

    Je ne peux plus mettre de « j’aime » sur toutes vos publications
    Alors, à la place des cœurs, j’ai opté pour des papillons.
    Mais voici que mon stratagème par effet multiplication
    Des lépidoptères en chœur fait décoller mon pavillon.

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  • L’arbre-mère

    L’arbre-mère

    Combien d’histoires sont écrites sur les feuilles qui s’éparpillent
    Et sont emportées par le vent de la mémoire des ancêtres ?
    Combien de lignées sont inscrites dans les racines et les ramilles
    De l’arbre-mère des vivants dont les cultures s’enchevêtrent ?

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  • Les rires et les sourires, ça sert d’auto

    Les rires et les sourires, ça sert d’auto

    Et si Jesus était avare et qu’il n’ouvrait jamais sa bourse ?
    Ressuscité, l’ami Lazare aurait dû lui payer sa course…
    Et si aux noces de Cana le vin coula de la fontaine,
    C’était pour payer ses nanas, notamment Marie Bas-de-laine.

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  • Virgule

    Virgule

    Les guillemets et les virgules changent le texte de façon
    Qu’on peut lui faire dire autre chose et renverser sa direction.
    Pour le montrer aux incrédules, rien ne vaudra cette leçon
    Que, maintenant, je vous propose, extraite de ma collection :

    « L’abécédaire » par Jean-Francois Revel, académicien disparu en 2006, qui a écrit ce texte :
    « Je connais des simplificateurs qui voudraient supprimer toutes les virgules.
    Mais prenons la phrase suivante : « Untel n’est pas mort comme on l’a dit » ;
    et celle-ci : « Untel n’est pas mort, comme on l’a dit. »
    La première signifie : « Untel est mort, mais pas comme on l’a dit » ;
    la seconde : « On a dit qu’untel était mort, mais c‘est faux. »
    La virgule est une question de vie ou de mort. »
    Jean-Francois Revel

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  • Métamorphose d’automne

    Métamorphose d’automne

    Dès septembre, la mode change pour des teintes d’intimité.
    Les sentiments sont de saison, mêlant joie, tristesse et douleur.
    La pluie et les larmes échangent les souvenirs intimidés
    Qui nichent au fond de la raison que le cœur transforme en couleurs.

    Tableau de Leonid Afremov.

    
    
    
  • Les amours d’automne

    Les amours d’automne

    Peu à peu revient le silence le long des berges illuminées.
    Seuls sont restés les amoureux qui s’abreuvent de paysages.
    Les feuilles tombent et se balancent dans des couleurs hallucinées
    Qui fleurent, aux baisers langoureux, un goût d’amour sur les visages.

    Tableau de Leonid Afremov.

    
    
    
  • La couleur des pensées

    La couleur des pensées

    Et si on laissait s’envoler toutes les plus belles pensées
    Qui ont coloré notre vie le jour de notre anniversaire ?
    Les jours où l’on a convolé avec le cœur récompensé
    D’avoir ses passions assouvies et beaucoup plus que nécessaire.

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  • Jeu de bulle

    Jeu de bulle

    On se coince la bulle ensemble entre fourmi
    Pour un jeu ridicule un peu primesautier.
    Notre conciliabule nous est ainsi fourni
    Avec nos mandibules pour que vous aussi sautiez.

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  • Rame dans le brouillard

    Rame dans le brouillard

    C’est souvent en plein brouillard que j’avance le plus vite
    Je ne vois pas les écueils et rien ne peux me distraire.
    Ce n’est pas que j’sois trouillard mais de la sorte j’évite
    De faire mauvais accueil ou d’aller en sens contraire.

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  • L’expérience du sage – 2

    L’expérience du sage – 2

    Année après année je ressens la présence
    De ce grand-père avide d’histoire et d’expériences.
    Fut-elle momentanée, sa douloureuse absence,
    Elle me laisse un vide qui reste en surbrillance.

    À chaque tour du cycle dans ma course du temps,
    Je sens encore son souffle, là, derrière l’épaule.
    Alors je mets l’article encore en écoutant
    Le bruit de ses pantoufles dont j’ai le monopole.

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  • La danse de l’arbre

    La danse de l’arbre

    Quand elle fait la danse de l’arbre, moi, je siffle l’air du bourdon
    Et je vais butiner sa fleur tout empourprée dans ses pétales.
    Tout d’abord elle reste de marbre puis elle m’accorde son pardon
    Et nous partons, d’un pas ronfleur, pour une samba génitale.

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  • Quel beau dimanche

    Quel beau dimanche

    Quel beau dimanche pour la saison ! Qu’en dites-vous Mademoiselle ?
    Si nous allions nous promener ? Au parc Jacques Brel, il y a des bonbons !
    Vous avez mille fois raison, Mad’moisell’Jeanne, elle est cruelle !
    Regardez qui on voit se ramener : Le cousin Gaston, ce vagabond !

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  • À la soupe

    À la soupe

    Elle est salée à point au bon sel de Guérande !
    Elle est chaude à souhait au soleil de Bretagne !
    La mer nous fait l’appoint de sa manne révérende
    En offrant ce brouet aux oiseaux de cocagne.

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  • Paris, ville orange

    Paris, ville orange

    Si Toulouse est la ville rose, colorée de brume et de mauve,
    Si Venise est ville d’amour, mystérieuse et bien étrange ;
    Il est temps de faire une prose ou quelques vers, mais sans guimauve,
    Pour reconnaître sans détour que Paris est la ville orange !

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  • Jouissance nue

    Jouissance nue

    D’une nudité surgissant comme du plus profond d’un trou noir,
    D’une énergie fertilisante d’après un écho orgasmique,
    D’un amour complet rougissant d’amoureux sur la patinoire,
    Mes délices euphorisantes sont une création cosmique !

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  • Monsieur le Cerf des Tournesols

    Monsieur le Cerf des Tournesols

    Sur l’aurore de la terre, il est le premier levé ;
    Depuis l’aube au crépuscule, ses bois sont une boussole.
    Du soleil, délégataire ; de la lune, parachevé,
    Notre cerf à particule est baron des Tournesols.

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  • La fleur d’origine

    La fleur d’origine

    Pour faire simple et lumineux, je vous le fais avec des fleurs :
    Quelques pétales auréolés autour d’un soleil géniteur.
    Qu’y a-t-il de plus faramineux, qui fait taire les persifleurs,
    Que cette vie alvéolée qui apparaît au moniteur ?

    Déjà cachée dans une graine dans la plus simple expression,
    La fleur de vie se développe aussitôt que point le signal.
    Puis, chaque seconde qu’égrène, dans le sablier, la pression
    Du temps brise la frêle enveloppe du prototype original.

    Et le mystère en toute chose donne à chacun sa dimension ;
    Comme une direction céleste que seule connait le créateur,
    Soit la parfaite métamorphose de ce qui porte la mention
    De l’extraordinaire geste de l’univers procréateur.

    Il suffit d’une simple goutte sur la semence desséchée
    Pour que le miracle s’opère et que la mort soit supprimée.
    Comme le souffle d’air, sans doute, que Dieu donna pour dépêcher
    À notre humanité, son père et sa descendance exprimée.

    C’est la cinquième dimension qui échappe à toute matière,
    C’est cette sainte direction qui ne se soucie pas du temps,
    De la formidable intention de la lumière tout entière
    Qui met la Terre en érection et donne un écho percutant.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Quand l’amour refait le monde

    Quand l’amour refait le monde

    Je te plais, tu me plais et on refait le monde !
    Exécutons ensemble notre intention féconde
    Le miracle s’opère chaque fois que l’amour
    Entraîne les amants sur la route glamour.

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  • La culotte me gêne

    La culotte me gêne

    Quand je fais mon patin au fond de la piscine,
    J’évolue avec grâce et le flot me ballote.
    Je joue la fée des fleurs, la tendre capucine,
    Mais ce qui me gêne le plus, je crois, c’est ma culotte !

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  • La frontière des couleurs

    La frontière des couleurs

    La frontière est bien étrange entre l’homme et son désir ;
    Il se situe dans la frange noire et blanche du plaisir.
    Mais ce à quoi il aspire est bien plus riche en couleurs !
    Saura-t-il enfin y croire dans la joie et la douleur ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Bénissez ce repas ! – 2

    Bénissez ce repas ! - 2

    J’ai plein de gratitude devant la profusion
    De ces mets délicieux que nous offre la nature.
    Tous ces fruits si exquis apportent la fusion
    Entre mon intérieur et cette nourriture.

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  • Ce soir, je suis une fille

    Ce soir, je suis une fille

    À force de côtoyer mon entité féminine,
    Il lui arrive de passer de l’autre côté du miroir.
    C’est moi qui deviens caché, moi l’entité masculine
    Et c’est elle que vous verrez sortir un peu du tiroir.

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  • Les sœurs écho logique

    Les sœurs écho logique

    « Que j’aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages ! »
    C’est toute leur passion dans leur beauté cachée.
    Les deux sœurs sont loufoques, reines du cabossage ;
    On les croit folles à lier et l’esprit entaché.

    Elles se sont glissées dans votre arithmétique,
    Nombres pairs ou impairs font leur dualité.
    Même à partir de rien, elles se font prophétiques
    Et recréent l’univers dans sa réalité.

    Elles font souvent peur par leurs charmes étranges
    Et surtout leurs calculs qui sont si compliqués !
    Mais quand elles dessinent et inversent l’orange,
    Les lois de la nature paraissent inappliquées !

    Mais si votre raison échappe à leur intime,
    Sachez que la logique est ce concept immonde
    Qui est le mieux partagé puisque chacun estime
    En avoir reçu plus que le reste du monde.

    Il est déconseillé de croiser leur allée :
    Avant de s’endormir ; après un repas riche ;
    Si on est sûr de rien car cela ne ferait
    Qu’aggraver les problèmes et permettre la triche.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’exercice physique utile

    L’exercice physique utile

    C’est un exercice utile, une nécessité physique.
    Un besoin de l’existence de se fondre dans la matière.
    Un corps pour tout contenant pour recréer la musique
    Que l’écho a envoyée pour ma destinée entière.

    Juste une bouteille vide pour y contenir mon âme,
    Un pot pour y recueillir mes tourments et tous mes maux.
    Une pomme pour ma chair et pour complaire à ma flamme.
    Ils sont tous trois mes symboles si infinitésimaux.

    Je ne suis pas venu vivre une vie si dérisoire !
    Je n’avais pas trop d’attrait ni de charme étonnant.
    Mais cet écho qui m’habite n’en est nullement accessoire.
    Peu m’importe si le sens est peu ou prou détonant !

    Je n’ai pas à arbitrer la qualité de mon rôle,
    Mais je dois l’exécuter du mieux de ma prestation.
    Je n’ai pas tout le recul pour comprendre les paroles,
    Mais je m’attache à ma vie, à mon interprétation.

    Je suis là pour quelque chose dont je n’ai pas à rougir,
    Comme la bouteille vide et ce pot insignifiant.
    Ils sont là pour contenir l’élixir qui va surgir
    De l’amour de cette pomme dans un écho tonifiant.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Alpha et Omega

    Alpha et Omega

    De l’Alpha à l’Oméga, ce moment d’éternité,
    L’homme va le retrouver à la fin de sa journée.
    Si le « A » est création, la joie dans l’humanité,
    Alors l’ « Om » est rédempteur là où l’homme a séjourné.

    La fréquence vibratoire qui nous fait sentir l’écho,
    Fait ressentir la présence d’un flot de sérénité.
    Sachons être reconnaissants de pouvoir payer l’écot
    De ce que nous possédons et de notre identité.

    Permettons à tout le corps d’entrer dans la vibration
    À la fréquence divine qui résonne dans chaque homme.
    Ce mouvement qui modèle est l’autoréparation
    Qui rayonne dans tout l’être en résonance du « Om ».

    L’ « Om », c’est l’envie du divin, la paix dans cette quiétude,
    Une simple humilité, un espoir dans l’anonyme.
    La foi de celui qui croit, toujours en exactitude,
    Une maîtrise de soi d’un service magnanime.

    L’« Om », c’est le renoncement, l’obéissance naturelle,
    L’amour dans la plénitude, l’amour dans son amplitude.
    L’ « Om », c’est aussi le « Shalom » dans la paix intemporelle
    Qui nous éloigne des désirs, nous relie en gratitude.

    Tableau de Fabienne Barbier