Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La vestale nubile – 2

    La vestale nubile – 2

    Quand LoreleĂŻ subrepticement revient si Laureline est ailleurs,
    Empêtrée dans ses réflexions d’où elle ne sort pas toute seule,
    Loreleï me répond vivement en me parlant d’un ton railleur,
    Se trouvant au point d’inflexion particulièrement lâche et veule.

    Laureline enrage car une nuit, Loreleï s’est fait passer pour elle
    Et m’a demandé un enfant, vœu habituel d’une femme.
    Cela me titille et ça me nuit, car enceinte, la tourterelle
    A paradé, l’air triomphant, autant provocateur qu’infâme.

    Or si Laureline est jalouse, c’est autant pour elle que pour moi
    Car elle aurait voulu bander et la féconder elle-même,
    Fantasmer pour une partouze, atteindre je ne sais quel émoi…
    J’en suis encore à me demander à quel degré est-ce qu’elle l’aime ?

    LoreleĂŻ, vestale constamment nue, veille sur le feu des passions
    Et sait bien attiser les braises autant des hommes que ses consœurs.
    C’est ainsi qu’il est advenu une sorte de sécession ;
    Grossesse devenue catachrèse au sein même des libre-penseurs.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • RĂ©sonance d’étoiles

    Résonance d’étoiles

    Quand la mère enfante une fille, elle crée un Ourobouros
    Qui répète fille-femme-mère, famille, peuple, humanité.
    Lorsqu’elle écarte les chevilles et brandit les bras vers Éros,
    Elle devient le chaînon primaire d’une corde d’infinité.

    Vagin cosmique ou fleur de vie ? Big-bang ou création divine ?
    Portail, mandala galactique ? Œil de Dieu, cœur d’un multivers ?
    Une onde sacrée poursuivie de géométrie se devine
    Mais dont les formules didactiques n’appartiennent pas à l’Univers.

    Si la vie a choisi le sexe comme moteur d’évolution,
    C’est que le sexe est énergie sinon divine, métaphysique.
    Au-delà des nombres complexes de la septième dimension,
    Respectons-en la synergie des deux forces de l’amour physique.

    Et la troisième force est là, celle qui crée l’être nouveau !
    Non pas une simple copie mais un prolongement de l’âme
    Qui, dès l’origine interpella la nécessité d’un cerveau
    Et toute la spectroscopie de la femme qui n’est plus que flamme.

    Alors un sexe, un œil ouvert, une étoile, un centre qui luit,
    Le lien entre constellations qui parle par la voix des devins !
    C’est ainsi que j’ai découvert ce lien sacré entre Elle et Lui ;
    Comme une sainte fellation ou un cunnilingus divin.

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  • La faune aphone

    La faune aphone

    Il était une faune muette, incapable de s’exprimer
    Autrement que par la musique que Pan lui avait enseignée.
    Mais ce défaut de sa luette lui permettait de comprimer
    Son souffle peut-être basique mais d’une puissance imprégnée.

    La faune aphone, solitaire, ne communiquait que par sons
    Mais elle savait se faire comprendre par les elfes de la forĂŞt
    De toutes manières, minoritaire auprès des filles et des garçons,
    Il ne lui restait plus qu’apprendre à animer les jamborées.

    Bien qu’humain – donc indésirable – mais goûtant la flore et la faune,
    J’ai un faible pour randonner dans les sentiers vers nulle part.
    Et dans certains coins misérables des sous-bois de seconde zone,
    J’ai ouï sa flûte chantonner en murmures éoliens épars.

    « Sous l’arche d’ombre et de ramures, j’ai poursuivi l’air incertain,
    Cherchant l’écho d’une présence au seuil du songe forestier.
    Mais seul le vent, en fente obscure, soufflait d’un clair-obscur en vain,
    Comme un soupir, en résonance, d’un être éteint ou cachotier.

    Puis, dans un souffle irrévocable, la faune aphone a soupiré,
    Tirant de sa flûte fidèle un dernier râle ensorcelant.
    L’écho vibra, profond, palpable, en un silence révéré,
    Puis s’évanouit, fugace et frêle, dans l’oubli vert des vents hurlants. »

    Illustration de Béatrice Tillier.

    
    
    
  • Le Roi & la Reine du jeu

    En un mot, le Roi sort du cadre de la réserve qu’il se donne
    Et espère honorer sa Reine à hauteur de ses prétentions.
    Il en bouscule son escadre de gens d’armes et de majordomes ;
    Le cocher fait claquer ses rĂŞnes et les chevaux sont sous tension.

    La Reine, on le sait, nymphomane, n’en peut plus d’attendre son Roi
    La voici monter en calèche et rouler à tombeau ouvert.
    Mythomane ou mégalomane ? Elle nage en plein désarroi ;
    En même temps elle se pourlèche ses lèvres en feu à mots couverts.

    Au croisement des destinées, les deux carrosses se percutent
    Et leurs majestés se retrouvent entrelacées sous les décombres.
    Le Roi frappe sa dulcinée qui lui renvoie un uppercut
    Et finalement ils en éprouvent une passion qui sort du nombre.

    Et sous la cendre des ardeurs, jaillit un rire insatiable ;
    Le Roi défie, la Reine esquive, dans un ballet juxtaposé.
    Leurs coups reprennent de la candeur, le rut en est appréciable
    Mais la Reine est contraceptive depuis qu’elle est ménopausée.

    Tableaux issus de l’IA.

    
    
    
  • Pression dans les ovaires

    Pression dans les ovaires

    Des millions d’ovules environ développés à la naissance,
    Il n’en reste que cinq cent mille disponibles à la puberté.
    Imaginez-les tous en rond, portés à votre connaissance
    Pour que votre esprit assimile la fin de votre liberté…

    Heureusement ils se présentent seulement un par un chaque mois.
    Mais quel dĂ©sordre dans les hormones avec toutes ces sautes d’humeur !
    Imaginez l’omniprésente pression de mille et un émois
    Qui tous en même temps marmonnent l’envie d’en avoir la primeur.

    Ça doit batailler dans l’ovaire pour décider de la championne
    Qui va pouvoir participer au grand challenge de la vie !
    Et puis quel terrible calvaire d’attendre l’ADN sereine
    Du grand vainqueur prototypĂ© qui comparaĂ®t en vis-a-vis !

    Illustration Nicole Claveloux.

    
    
    
  • La cĂ´te du tendre

    La cĂ´te du tendre

    Quand un bras de terre masculin pénètre la mer féminine,
    Remous et tourbillons se forment sous les va-et-vient du courant.
    Vagues sur écueils cristallins en font ressortir les canines
    Qui ensanglantent et puis déforment le contour des rochers mourant.

    Mourant de la petite mort dont les bras de mer féminins
    Salent les terres encore vierges et qui de l’amour connaîtront
    L’extase d’un vent matamore qui rugit son flux léonin
    Comme semence d’où émergent ses prochains enfants qui naîtront.

    Tableau de Cara Sanders Aka – Owlet Art.

    
    
    
  • Ainsi je me dĂ©cris

    Ainsi je me décris

    Je suis comme l’heure qui passe et est impossible à citer
    Puisqu’elle est aussitôt passée à peine qu’elle soit indiquée.
    Mes propres photos me dépassent et me donnent l’air excité,
    Trop vieux, trop jeune, trop compassé avec le ventre alambiqué.

    Mais j’ai trouvé le stratagème des métaphores sous-entendues
    Pour me décrire un peu comme ci, un peu comme ça, par ci par là.
    C’est par ce système que j’aime le portrait le moins prétendu
    Qui montre un visage indécis, sans éclat et sans tralala.

    Tableau d’Aaron Jasinski sur https:www.taringa.net+arteaaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https:www.aaronjasinski.com .

    
    
    
  • La place aux lĂ©gendes du sud

    La place aux légendes du sud

    Dans les villages de Pagnol, sur la place de la fontaine,
    Là, je perçois Manon-des-Sources et les santons de sa légende ;
    Le vieux menuisier espagnol, la boulangère assez hautaine,
    L’appel du café-de-la-bourse pour l’apéro et sa provende.

    Parfois le robinet crachote dans un silence religieux
    Pour rappeler à ses fidèles combien l’eau leur est généreuse.
    Et dans les familles on chuchote les secrets les plus litigieux
    Qui se transmettent à tire-d’aile aux rumeurs qui en sont acquéreuses.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • Le genre surexposĂ©

    La mode un jour va nous prétendre que la beauté se renouvelle
    Par une peau d’opalescence et nudité surexposée.
    Bien sûr, il fallait s’y attendre, il y eut retour de manivelle
    Par une réaction intense diamétralement opposée.

    Des femmes nues se rencontrèrent un peu partout au coin des rues
    Afin de revendiquer leur sexe par leurs tenues déshabillées.
    La censure, au début sévère, s’y plia et puis disparut
    Mais ce ne fut pas unisexe car les hommes restèrent habillés.

    Ah oui, j’ai omis de vous dire qu’on vota une loi bien stricte
    Empêchant les hommes de bander lorsqu’ils sont sur la voie publique.
    Comme on aurait pu le prédire, ils durent cacher la vindicte
    De leur phallus vilipendé derrière des refuges éthyliques.

    Tableaux d’Andrej Mashkovtsev sur www.soseul.pe.krxeAura141472 .

    
    
    
  • L’Orient-Express Lunaire

    La Lune voyage en première comme voyageuse attitrée
    Par le grand réseau ferroviaire des trains de nuit homologués.
    Émettant très peu de lumière derrière les cloisons vitrées,
    Toutes les étoiles convièrent à s’y trouver cataloguer.

    Des contrôleuses aux seins nus organisèrent ces convois
    Avec porteurs assermentés pour la sécurité des astres.
    Il fut de surcroît convenu qu’il était important qu’on voie
    L’organisation exemptée du moindre insignifiant désastre.

    J’ai connu ces compartiments souvent dans les wagons de queue
    Isolés des têtes du train et du bruit des locomotives.
    La Lune montait hardiment avec un porteur obséquieux
    Qui l’installait avec entrain d’une prévenance émotive.

    Bien sûr, le soleil fut fâché et se cabra avec colère
    Des chemins de fer lacunaires qui jetaient la consternation.
    Dès l’aube, on l’voyait rabâcher toutes ses imprécations solaires
    Envers l’Orient-Express Lunaire filant vers les constellations.

    Tableaux d’Andrej Mashkovtsev sur www.soseul.pe.krxeAura141472 .

    
    
    
  • Oiseaux rares – 4

    Oiseaux rares - 4

    La politique de l’autruche consiste par démagogie
    À s’enfouir dans nos problèmes sans y trouver de solution.
    Comme ils nous prennent pour des cruches, les élus en pleine gabegie
    Apportent encore plus de dilemmes au risque de dissolution.

    Il faut leur voler dans les plumes et faire la révolution,
    Seulement voilà, y’a plus personne pour aller jouer au sans-culotte.
    Alors crions à plein volume qu’il n’y aura pas d’absolution
    Pour les ententes franc-maçonnes et ceux qui portent la calotte.

    La politique de l’oignon équivaut aux classes sociales
    Hermétiques et cloisonnées et diviser pour mieux régner.
    Mais nous, le peuple, témoignons que la raison la plus cruciale
    Est d’éviter de raisonner dans cette toile d’araignée.

    Tableau de Sam Zalud sur https:muirgilsdream.tumblr.compost26280034323sam-zalud-ostrich-costume-1918 .

    
    
    
  • Oiseaux rares – 3

    Oiseaux rares - 3

    Un drôle d’oiseau comme député, un drôle d’oiseau comme sénateur,
    Juchés sur un drôle de perchoir dirigent une oiselière aveugle.
    Leur alliance a débuté par des mots pacificateurs
    Pour, avant le terme à échoir, rassurer les enfants du peuple.

    On aimerait les voir s’envoler pour aller chercher des idées
    Dont ils donneraient la becquée aux oisillons parlementaires.
    Mais on les voit surtout voler nos illusions consolidées
    Par nos maisons hypothéquées et notre épargne déficitaire.

    Il n’est pire aveugle qu’un sourd qui se prend pour les trois p’tits singes
    Et ne nous dit pas ce qu’il pense et nous considère comme rien.
    Le seul point à l’ordre du jour lorsqu’il se gratte les méninges
    C’est de prévoir plus de dépenses pour ses virus coronariens.

    Tableau d’Antonio Javier Caparo sur http:albumsceline.blogspot.com201209droles-doiseaux-opus-2.html?m=1 .

    
    
    
  • Dans les bras de la Grande Ourse

    Dans les bras de la Grande Ourse

    Lorsque les bras, Morphée me tend, je me tiens prêt à m’assoupir
    Mais la coquine me contourne afin d’enlacer la Grande Ourse.
    Je reste là, le cœur battant, tout en poussant un grand soupir
    Tandis que les aiguilles tournent et que je me retrouve hors course.

    La nuit suivante, recommencent leurs amours fidèles et célestes.
    Tant pis ! Je n’ai pas la vedette ; encore une nuit d’insomnie !
    Un peu jaloux, de leur romance et leur passion, je me déleste ;
    Je fais des plans sur la comète et je fais fi des calomnies.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

    
    
    
  • MĂ©moires oblongues

    Le temps s’arrête brusquement sur le mouvement ascendant
    Qui fait monter les espérances au-delà du septième ciel.
    Pourtant tout va trop lentement mais bien trop vite cependant
    Sur ce vêtement en errance qui me dévoile l’essentiel.

    Cette poitrine, soudain vivante, d’où jaillissent deux seins triomphants,
    Rappelle comme la mémoire de là où tout a commencé.
    Cette apparition motivante donne envie de faire un enfant
    Mais pour l’instant, c’est son histoire que je m’apprête à romancer.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

    
    
    
  • La transmission du phĂ©nix

    Quand la gardienne des phénix couvait l’œuf sorti de ses cendres,
    Elle savait, bien entendu, combien de temps il faut attendre.
    Pour un plumage couleur d’onyx, le sablier doit redescendre
    Mais souvent la teinte attendue est une essence de scolopendre.

    Quand la gardienne de l’œuf rouge a réussi sa mutation,
    Elle est heureuse car elle sait que le phénix sera royal.
    Elle ressent, tandis qu’il bouge au gré de ses supputations,
    Si l’oiseau aura du succès ou un avenir déloyal.

    Tableaux de Leonor Fini.

    
    
    
  • Les passages entre deux mondes

    Le temps me referme ses portes mais sans moyen de les rouvrir
    Sinon, regardant en arrière, j’y verrais ce qu’il faut refaire.
    Mais le chronomètre m’emporte vers le présent pour y souffrir,
    Pour y poursuivre une carrière, pour réaliser des affaires.

    L’amour est le passe-partout qui ouvre toutes les serrures
    Vers le passé, vers l’avenir, vers le présent et vers la mort.
    Quand j’ai aimé, j’ai vu surtout la vie sous de belles parures,
    Et la femme de mes souvenirs et qui m’embrasse et qui me mord.

    Tableaux de Leonor Fini.

    
    
    
  • Mystic Africa

    Mystic Africa

    L’enfant tombé du ciel garde sur le visage
    Le signe substantiel d’un morceau de nuage.
    L’autre côté dans l’ombre, qui sort de son sommeil,
    Porte une marque sombre brûlée par le soleil.

    Ô guerrier de lumière, tu portes dans ton cœur,
    Tapi dans la pénombre, l’ombre des vétérans !
    De ton âme guerrière et l’esprit du vainqueur,
    Celui qui sort du nombre, c’est ton cœur conquérant.

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  • Le cheval bleu

    Sur mon cheval bleu
    Je t’enlèverai
    Ma belle amazone
    Tout inoffensive.

    D’amour fabuleux
    Je t’enlacerai
    Je serai ton faune
    Tu seras ma sylve.

    Nous nous nourrirons
    D’airs et de musiques
    Des monts et des plaines
    OĂą nous dormirons.

    Nous nous aimerons
    Les nuits nostalgiques
    Quand la Lune est pleine
    Nous nous offrirons.

    Tableaux de Marc Chagall.

    
    
    
  • Le chant du Glouglou

    Le chant du Glouglou

    Parfois contre le froid soudain qui nous saisit dans nos igloos,
    On a besoin d’un antigel, de quelque chose d’assez puissant.
    Nos femmes qui ne sont pas des boudins entonnent le chant du Glouglou
    Ensuite nous, on les flagelle pour faire bien circuler le sang.

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  • La course au bonheur

    La course au bonheur

    Mon cœur fuit comme un lapin blanc (c’est un aspect de sa vertu)
    Et part courir dans les sentiers la bonne fortune, comme il lui sied.
    Pas besoin de bonheur troublant, il lui suffit d’une tortue
    Pour simplement mettre en chantier une petite course Ă  pieds.

    Tableau de Amanda Clark.

    
    
    
  • L’Arbre-Terre

    L’Arbre-Terre

    Si la Terre était un fruit, l’arbre incarnerait sa mère
    Pleurant des larmes de pluie quand le soleil l’abandonne.
    Au chevet toute la nuit, pendant l’absence du père,
    L’arbre attendrait devant l’huis que ses enfants lui pardonnent.

    Tableau de Robin Quinlivan.

    
    
    
  • Le coffre Ă  souvenirs

    Le coffre Ă  souvenirs

    Dans le coffre à souvenirs des trésors de mon enfance,
    J’ai des jeux de construction mais peu de jouets de filles.
    Soit, elles n’ont pas su venir, soit sont restées sur la défense
    Comme s’il y avait obstruction au sein de notre famille.

    Tableau de Gary Walton.

    
    
    
  • En attendant le petit prince

    En attendant le petit prince

    Tandis que la mère endormie couvait le futur petit prince,
    Un renard curieux dans la nuit poursuivait des bergeronnettes.
    Malgré toute sa bonhomie, il ne put leur serrer la pince
    Et pour lutter contre l’ennui, songea à changer de planète.

    Tableau de Amanda Clark.

    
    
    
  • L’heure des mamans

    Lorsque les enfants sont couchés j’invite souvent leurs mamans
    À téter à bâtons rompus leurs jolies boîtes à lait Mont-Blanc.
    Après une mise embouchée nous allons tâter un moment
    Quelques coĂŻts interrompus sans simulacre, sans faux-semblants.

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  • Retour en grâce

    Retour en grâce

    Quand les trois grâces m’ont quitté pour vivre d’autres aventures,
    Je les ai suivies d’un regard qui leur a caressé les fesses.
    Elles s’en sont bien acquittées par leurs carreaux et leurs rayures
    Qui m’ont laissé un peu hagard quelques instants, je le confesse.

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  • C’est loin, l’AmĂ©rique !

    C’est loin, l'Amérique !

    Mais qu’est-ce qu’elle loin l’Amérique quand on s’y rend avec des rames
    Tandis que de puissants bateaux traversent sans nous regarder.
    Car il est si grand l’Atlantique que c’en est tout un mélodrame
    Et ce ne sera pas du gâteau d’Ă©chapper Ă  cette embardĂ©e.

    Pourquoi la barre est aussi haute au point d’en être désespéré
    Et croire que je ne pourrai jamais atteindre ce but impossible ?
    Pourtant un jour, je vois la côte et son rivage tant espérés
    Et j’ai dĂ©montrĂ© dĂ©sormais qu’Ă  cĹ“ur vaillant, tout est possible.

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  • LĂ  oĂą je vais me coucher

    LĂ  oĂą je vais me coucher

    Voici venir le soir oĂą je replie ma plage
    Dans le drap des marées où je m’en vais rêver.
    Je vous souhaite bonsoir ici sur le rivage
    En couleurs chamarrées contre espoirs délavés.

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  • RĂŞverie dĂ©bile un soir de pluie

    Rêverie débile un soir de pluie

    Et j’étais là tout nu sur le bord de la route
    Qui menait sûrement vers le bonheur, sans doute,
    Mais j’étais ingénu, un peu dans la déroute
    Cherchant bien bigrement un but coûte que coûte.

    Je me suis habillé d’un rayon de lumière,
    Pensant qu’ainsi vêtu, j’irai inaperçu.
    J’entendis babiller les filles, les premières,
    Délaissant leur vertu, qui étaient un peu déçues.

    « Pas ça, mesdames, pas ça », dis-je d’un ton débonnaire
    « Vous jugez un peu tôt sans me dégoupiller ! ».
    Mais les filles firent fissa ; je m’écriais « Tonnerre ! »
    Et l’on vit aussitôt les belles s’éparpiller.

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  • Le vilain petit canard – 2

    Le vilain petit canard

    Au milieu des étrangers, l’autochtone se remarque
    De par sa minoritĂ© qui fait de lui l’exception.
    Et quand on va les ranger, il finira en sous-marque
    Comme un produit défauté qui fera sa déception.

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  • Comme un Ă©lĂ©phant dans un jeu de quilles

    Comme un éléphant dans un jeu de quilles

    Parfois j’ai comme l’impression de m’ĂŞtre trompĂ© de planète
    Ou de faire partie d’un monde où je ne suis pas adapté.
    Ou alors c’est une oppression qui me fait tromper de manettes
    Au-dessus du peuple qui gronde où je m’y trouve inadapté.

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  • Le pont des fou-rires

    Le pont des fou-rires

    Quand on a pissé de rire à s’en tremper la culotte,
    OĂą vont toutes ces rigoles Ă  force de se marrer ?
    L’eau, sous le pont des sourires, s’en va s’Ă©clater la glotte
    En faisant de gaudrioles dans les prochaines marées.

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  • Un village de charme

    Un village de charme

    Mon village est comme une femme qui se pare de mille atours
    Pour me séduire de ses charmes par ses lumières et ses faisceaux.
    Ses clochers excitent ma flamme et je jouis entre ses tours,
    Enfin mon cœur sonne l’alarme quand je vois le bleu de ses eaux.

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  • Ă” Nature

    Ă” Nature

    Ă” Nature originale en toute imagination,
    Tu as fait belle peinture quand tu as fait mon portrait.
    Toi ma mère virginale, ta plus belle création,
    C’est écrit sur ma figure, contresigné trait pour trait.

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  • Mesdemoiselles Yin et Yang

    Mesdemoiselles Yin et Yang

    Mesdemoiselles Yin et Yang n’ont pas toujours raison.
    Quand l’une prend parti, l’autre change de camp.
    Rien de plus ennuyant que ces comparaisons ;
    Sans la contrepartie ce n’est pas convainquant.

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  • Coquelicot Ă©rotique

    Coquelicot érotique

    Dès que je vois leurs jupettes écarlates frivolités,
    Je fais la danse hypnotique et leur robe disparaît.
    Ça leur dresse les huppettes et leur sensualité
    Jouit d’un pollen érotique lorsque l’orgasme parait.

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  • Docteur Livingstone, je prĂ©sume ?

    Docteur Livingstone, je présume ?

    Même au plus profond du désert, j’irai encore le rechercher ;
    Malgré la soif et la chaleur, je retournerai chaque dune !
    S’il faut, j’explorerai des aires, des oasis si loin perchés
    Qu’ils me montreront la valeur d’une rencontre de fortune.

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  • L’enfance Ă  tire-d’aile

    L’enfance à tire-d’aile

    Trouant la frontière annuelle qui sépare les années passées,
    L’enfance s’en va à tire-d’aile en quête d’immortalité.
    Dans une course continuelle Ă  tant vouloir se surpasser,
    Elle brûle sans cesse la chandelle jusqu’à l’immatérialité.

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  • Ă” Clitoris !

    Ô Clitoris ! (nu

    Sainte espièglerie féminine en forme du bouton poussoir,
    Posée sur son plus bel écrin, tu es là pour être montrée
    Ă€ l’admiration masculine dont le phallus fait repoussoir
    Lorsqu’il a redressĂ© le crin pour s’en aller la rencontrer.

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  • Les dessus-dessous de la ville

    Les dessus-dessous de la ville

    Allons marcher dans la cité, allons promener nos reflets !
    Nous par le haut, eux par le bas, nous verrons bien si c’est pareil !
    Avec de la complicité et un petit coup de sifflet,
    En contrehaut, en contrebas, on se dira tout à l’oreille.

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  • Au pied de l’hexagone

    Au pied de l’hexagone

    C’est au pied de l’hexagone que l’on voit le carreleur !
    Ce monsieur est un malin et aussi bien clairvoyant :
    S’il pleut, il a un pépin sinon, il est prévoyant,
    Attaché à sa dragonne, le temps qui lui donne l’heure.

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  • La marguerite Ă  l’oreille

    La marguerite à l’oreille

    Ma petite marguerite est toujours dans mon verger.
    Quand je ne sais pas quoi faire, je discute avec ma fleur.
    Pour ses services émérites, je la prends pour mon berger
    Et pour les conseils d’affaires, c’est le meilleur des souffleurs.

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  • La littĂ©rature en voiture

    Habille-toi, mets ton galure !
    Je t’emmène en littĂ©rature !
    VĂŞts-toi de ta plus belle allure !
    On va faire un tout en voiture !

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  • Si la nuit

    Si la nuit, tous les chats sont gris,
    Si la nuit, les oiseaux sont bleus,
    C’est parce qu’hier tu es partie,
    Et qu’aujourd’hui je rĂŞve un peu…

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  • Gravir l’obstacle

    Qui veut gravir l’obstacle et oser le voyage,
    Part, avec dans le cœur, les plus belles images,
    Continue de marcher quelque soient les mirages
    Avec ténacité, confiance et courage !

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  • La citĂ© des flots bleus

    Surgissant du flot bleu des rêves éblouis,
    La citĂ© me tutoie et la vue et l’ouĂŻe.
    M’enivrant de bonheur et le jour et la nuit,
    Pour un souvenir fort pour toujours m’a sĂ©duit.

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  • Rouge partout

    Rouge partout, rouge surtout !
    Rouge étendu, rouge fondu !
    Rouge grenat, rouge incarnat !
    Rouge senois, rouge pour toi !

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  • IdĂ©e pour PentecĂ´te

    Une idée comme ça pour Pentecôte
    Une couleur que tu aimes et qui t’Ă´te
    Tout envie de faire des fautes
    Et de goût et de note !

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  • Venise

    Venise aux couleurs profondes et chatoyantes,
    Venise, ses rues et ses places rayonnantes,
    Apporte à mon âme une paix bienveillante,
    Transporte mon cœur en gondoles chantantes.

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  • La fĂ©e clochette

    La fée clochette

    Pourquoi la fée clochette regarde-t-elle en arrière ?
    A-t-elle des regrets ou le cœur accroché ?
    Je voudrais bien savoir, regarder en arrière,
    Elle a sans doute encore un homme à son crochet…

    Pourquoi ce regard triste qui la rend nostalgique ?
    Je la vois hésiter, les ailes ébouriffées.
    Sa baguette étoilée et sa poudre magique
    N’ont pas pu redorer son âme dégriffée.

    Son aura de couleur est bien trop décalée.
    Toute sa poudre d’or se détache du corps.
    Son âme est détachée, sa peau est écalée,
    Son charme est brisé, il est en désaccord.

    Je vais prendre sa main, lui montrer le chemin
    Que lui dicte son cœur, pour faire son bonheur.
    Je signerai demain au bas d’un parchemin
    Que j’ai été témoin en tout bien tout honneur.

    Je l’ai connue jadis dans une île perdue,
    Accostée par erreur quand j’étais voyageur.
    Je sais qu’elle a aimé, d’un amour éperdu,
    Un beau navigateur à l’esprit ravageur.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’ange aux colombes

    L’ange aux colombes

    Livre-moi ton message, ma blanche colombe !
    Donne-moi des nouvelles ! Comment va le monde ?
    Transmets-moi les dépêches, ma jolie palombe !
    Dis-moi s’il est plongé dans la misère immonde ?

    Je suis aveugle et sourd à la méchanceté.
    Je ne vois que l’amour, je n’entends que la paix.
    Mais il faut que je sache avec sincérité,
    Écouter les prières, sonder tous leurs aspects.

    Livre-moi ton courrier, ma blanche colombe !
    Parle-moi des humains et de leur destinée !
    Donne-moi tes missives, ma jolie palombe !
    Sont-ils encore en guerre, sont-ils prédestinés ?

    Moi, je n’ai pas choisi de me réincarner.
    Je suis lĂ  pour aider, soigner et soulager.
    Je suis immatériel, je suis désincarné.
    Mais je suis au service de l’humanité.

    Apporte-moi leurs quêtes et toutes leurs prières !
    Il faut que je parvienne à adoucir leurs peines !
    Présente-moi leurs larmes dont tu es trésorière
    Et j’inoculerai le bonheur dans leurs veines.

    Tableau de Fabienne Barbier