Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Une sirène dans mon lavabo

    Depuis longtemps je désirais un animal de compagnie,
    Un chat, un chien, un poisson rouge, quelque chose qui me corresponde.
    Que ce soit lui qui choisirait son maître était une avanie…
    Mais qu’est-ce donc ainsi qui bouge et sort en soulevant la bonde ?

    Je l’ai trouvée toute petite qui remontait par les tuyaux
    Jusqu’au lavabo rejetée, épuisée de sa traversée.
    Surprise entièrement inédite de je-ne-sais-quel imbroglio
    D’un retour de mer agitée ou de tempête controversée.

    Le soir quand je suis revenu, la petite sirène avait grandi ;
    L’eau montait dans l’appartement ce qui n’était pas à mon goût.
    Un peu plus tard sur l’avenue, toute l’eau du bain se répandit
    Et la sirène prestement s’enfuit par une bouche d’égout.

    Je l’ai suivie, bien entendu, en pyjama, dans le caniveau,
    Le cœur battant, les pieds trempés, rêvant d’elle en maillot rayé.
    Je la retrouvai étendue sur un vieux passage à niveau
    Englouti d’oĂą je dus ramper afin d’aller la rĂ©veiller.

    Sur ces entrefaites arriva le train express via « Les Abysses »
    Où la sirène me fit monter et m’enleva le pyjama.
    Et le voyage avec entrain s’ensuivit pour que j’y subisse
    Mes noces avec cette effrontée dans cet aqueux Cinérama.

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  • La sirène au long collier

    La sirène au long collier

    Quand la sirène pêche au collier, elle a déjà plusieurs années
    D’ostréiculture perlière et de cœurs d’hommes marinés.
    Elle s’en est fait un cullier sur ses fesses au teint basané,
    Signé de griffe dentelière, qui lui descend au périnée.

    Elle n’a plus besoin de chanter grâce à un strip-tease intégral
    Lorsqu’elle retire une-à-une les perles de son long collier.
    Les marins assistent enchantés à cet effeuillage sidéral
    Qui les captive sur la hune et sur le pont des pétroliers.

    Je naviguais sur l’océan, cap sur les Îles-Sous-le-Vent
    Quand je t’ai vue sur ton rocher en train de te déshabiller.
    Hypnotisé sur mon séant, j’ai senti tes liens m’enclavant
    Et quand je me suis approché, tu m’as alors écharpillé.

    « Tout cru, je t’ai happé le corps, sans sauce ni sel ni dentelle,
    Puis j’ai ri en voyant ton cœur battre encore dans ma gamelle.
    Il gémissait : « Encore ! Encore ! » pensant y atteindre l’extase…
    J’l’ai recraché d’un air moqueur et tu as connu l’épectase ! »

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  • VI L’Homme LibertĂ©

    ÏÄMOURÏÄ

    VI	L’Homme Liberté

    Yavänor
    La dualité imposée non pour réduire mais augmenter
    La capacité dans le monde de convaincre en se rassemblant.
    Le bien le mal juxtaposés, l’homme et la femme supplémentés,
    Les couleurs formant une ronde, l’oiseaux noir avec l’oiseau blanc.

    Laureline
    Il tient le bouclier solaire, non pour s’imposer mais couvrir ;
    Le Sceau de Salomon au centre et la chair se réconcilie.
    La Sirène avec les chimères sont mémoires à redécouvrir
    Et l’amour règne à l’épicentre que nulle attaque n’avilit.


    LoreleĂŻ
    La Licorne et coupe s’enflammant dans le ventre de l’unité ;
    Le serpent qui ne rampe plus mais s’enlace au corps d’une femme ;
    Chimères des quatre éléments sont une force d’immunité ;
    L’homme & la femme libre ont conclu un lien d’amour sans perdre l’âme.


    Silencia
    Au sommet, l’ange de lumière surveille sans intervenir ;
    Il témoigne de l’union sainte des deux polarités intenses.
    L’homme libre dans sa chaumière va engendre son avenir
    Tandis que la femme libre enceinte enfantera leur descendance.

    Élysäé
    On ne rejette pas le mal car la lumière est sa jumelle ;
    Le jour et la nuit se succèdent sans qu’ils en soient démérités ;
    L’homme liberté est le mâle, la femme libre est sa femelle
    Et par l’amour, tous deux accèdent à leur propre prospérité.

    Orélion
    La force est vertu cardinale car elle vient pour protéger ;
    L’homme liberté est prudent car il défend tous ceux qu’il aime
    Et sa Reine, grâce originale, veille à tous les départager
    Par une justice préludant à atteindre un monde suprême.

    Laëtïtïa
    L’enfant qui grandit dans la panse fait déjà partie de ce monde ;
    L’Amour reçu en héritage lui crée sa matière première.
    L’Homme Liberté le devance mais l’enfant connait sa faconde
    Et naîtra avec davantage de forces pour franchir la lumière.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • V Le Seigneur des Cygnes

    LoreleĂŻ

    V	Le Seigneur des Cygnes

    Yavänor
    Il rayonne de mille lumières qui l’enveloppent d’une aura,
    Conscience et connaissance unies pour comprendre ce qui est caché.
    Quelle est sa vocation première ? Transmettre à l’homme qui saura
    Agir sciemment mais démuni des biens dont il s’est attaché.

    LoreleĂŻ
    Il ne parle que par énigmes et le silence est sa demeure ;
    Son chant du monde ne s’entend que dans une âme dévoilée.
    Il veille aux seuils des paradigmes sur l’homme jusqu’à ce qu’il meure
    Et qu’il rejoigne consentant la clef des vérités voilées.


    Yavänor
    Son chant évoque les trois mondes – physique, émotionnel, mental –
    Qui permet d’accéder à l’homme à leurs vérités essentielles.
    Et dans ses errances profondes, le sceptre devient instrumental
    Pour éclairer l’homme en binôme par sa femme équipotentielle.

    LoreleĂŻ
    La voie du miroir est ouverte où l’union devient la conscience
    Car nul ne franchit les étoiles sans la main d’un deuxième cœur.
    En effet, l’homme court à sa perte sans reine, il n’est que subconscience
    Tandis que le couple dévoile la Source et l’Ardeur du vainqueur.


    Yavänor
    Les cygnes – l’âme purifiée – témoignent l’authenticité
    Dont l’homme fera preuve pour accomplir sa destinée.
    Plutôt que se crucifier à croire en la mysticité
    Il devra surmonter l’épreuve d’un libre-arbitre à décliner.

    LoreleĂŻ
    Il n’est point guide sans offrande, ni lumière sans une Amante ;
    Le Seigneur des Cygnes l’enseigne à l’homme qui se met à genoux.
    Car l’autre Reine est révérende et sa parole, vive et aimante,
    Et leurs énergies qui les ceignent délient leur langues et les dénouent.


    Yavänor
    Notamment dans le labyrinthe où la lumière fait de l’ombre,
    L’homme et la femme s’épauleront afin d’en découvrir l’issue.
    Par leur amour et leurs étreintes, le bonheur viendra sans encombre
    Et leurs enfants dérouleront l’histoire dont ils sont issus.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • De l’eau dans la tĂŞte

    De l’eau dans la tête

    Lorsque j’ai de l’eau dans la tête, je me noie dans les proportions ;
    Mon propre corps est déformé et ses frontières se dispersent.
    Une kyrielle d’épithètes dans mon cerveau en distorsion
    Nomme les objets transformés par l’âme qui s’écoule à verse.

    Quoique je fasse dans cet état sera super expressionniste,
    Complètement démesuré selon la densité de l’eau ;
    Comme l’aiguille d’Étretat à l’esprit creux antagoniste
    Ou bien la sirène azurée qui m’entraînerait à vau-l’eau.

    Je peins des tableaux à rebours, à contrepied, à contretemps ;
    J’écris des poèmes qu’il faut lire de la fin au commencement ;
    Mon cœur cumule ses débours selon les caprices du temps ;
    Tout ça finalement pour dire l’état de mon épanchement.

    Tableau de Lilia Varetsa.

    
    
    
  • Envoyer promener la Lune

    Envoyer promener la Lune

    J’ai envoyé promener la Lune à ma muse toujours excentrique
    Car elle me souffle des idées un peu-beaucoup dévergondées.
    Elle vient toujours inopportune vers moi, poète égocentrique,
    Pour me pousser à décider de nouveaux vers à féconder.

    Particulièrement ceux-ci que je n’aurais jamais écrits
    Si elle n’avait pas agité ses deux Robert devant mon nez, †
    Si elle n’avait, par facétie, pas bouleversé à grands cris
    Ces lignes à peine cogitées sans même les avoir terminées.

    Et puis je l’ai accompagnée durant mes phases lunatiques
    En lâchant prise à mon travail qui n’fait que me prendre la tête.
    J’ai mis du pain dans mon panier et du vin pour un pique-nique
    Et nous voici, vaille que vaille, partis pour aller faire la fĂŞte.

    (Tableau de Michael Parkes ;
    † le dictionnaire en deux tomes évidemment.)

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  • Marie aux lys

    Marie aux lys

    Marie aux lys est formidable lorsqu’elle s’offre à moi en bouquet,
    En robe des champs, déboutonnée ou en boutons, pareillement.
    Et dans son calice insondable, sépales et pétales au taquet,
    Sous les étamines moutonnées, pour m’offrir l’émerveillement.

    Marie aux lys fleure un arôme qui alloue l’oubli à l’ivresse
    Et le plaisir des sens s’étire tandis que le temps se suspend.
    J’en ai découvert le syndrome lorsque ses fragrances m’agressent
    Et me transforment en satyre qui met ma raison en suspens.

    Photo de Louis Treserras sur https:www.artlimited.net8775artphotographie-marie-aux-lys-numerique-gens-portrait-femmefr420270 .

    
    
    
  • Ă€ cĹ“ur brĂ»lĂ©, encore et encore

    À cœur brûlé, encore et encore

    Encore une fois, un cœur brisé peut connaître à nouveau l’amour ;
    Le cœur brûlé par les passions peut encore renaître de ses cendres.
    Après cent vies électrisées, l’âme possède un sens de l’humour
    Qui la fera, par compassion, mille fois monter pour redescendre.

    Mais les hommes au cœur terre-à-terre cherchent encore la solution
    En entrechoquant deux silex, un peu benêts et l’air couillon.
    Un cœur aux pierres réfractaires marquerait une révolution
    Par une femme au cœur de pyrex qui mettrait l’homme au court-bouillon ;

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Ceci n’est pas un Ă©delweiss !

    Ceci n’est pas un édelweiss !

    D’édelweiss je n’ai point trouvé mais juste une fleur de bonheur ;
    J’aurais voulu t’offrir pourtant la célèbre étoile d’argent
    Mais un ange a dû approuver qu’il valait mieux te faire honneur
    Avec la fleur rose écourtant tes charges en les partageant.

    Avec la marguerite rose, plus de pensée ni de souci
    Afin que le jour qui parait soit le meilleur jour de ta vie.
    Motus sur les journées moroses ! La pâquerette radoucit
    Le temps qui passe, le temps qu’il fait comme deux miroirs en vis-à-vis.

    Effeuille-la si tu le veux et murmure-lui ton souhait
    À chaque pétale arraché comme on soulage sa conscience.
    Le lendemain, selon ton vœu, tu verras le ciel se vouer
    À son devoir et s’attacher à entretenir ta patience.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La vĂ©ritĂ© sur Jeanne d’Arc

    La vérité sur Jeanne d’Arc

    Elle ne s’appelle pas « Jeanne d’Arc » mais « Johannette de Vouthon » ;
    En effet les filles se nomment comme leurs mères en ce temps-là.
    Bien qu’elle menât les bêtes au parc, elle ne gardait pas les moutons
    Et parce qu’elle s’habillait en homme elle fut condamnée et brûla.

    Sainte Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie
    Lui auraient confié la mission de libérer le sol de France
    Des rosbifs – vraies têtes de pioche – puis mettre le roi amoindri
    Sur le trône dont la transmission jamais ne s’empare à outrance.

    Facile à dire mais quelle affaire ! Dite « Pucelle d’Orléans »,
    Elle devra réconcilier la maison royale des Valois
    Avec un sacré savoir-faire et des amis condoléants
    Mais hélas se fera griller par un Cauchon et des Anglos.

    (Tableau de Kittrose.
    Sources Quora pour la première strophe : https:fr.quora.comQue-conna%C3%AEt-on-r%C3%A9ellement-de-Jeanne-dArcanswerErnest-Foucault?ch=17&oid=225295657&share=49cb8edf&srid=hJ7fDb&target_type=answer .)

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  • DĂ©chirĂ©es

    Quelques souvenirs déchirés des albums photos égarés
    Reviennent d’une part en couleurs et d’autre part en noir et blanc
    Comme si le temps s’est étiré en traces fuchsia bigarrées
    Sur les pigments dont les douleurs les ont délavés en tremblant.

    Le temps agite l’écumoire dans les visages aux caractères
    Qui s’effaceront à leur tour comme du papier délavé
    Car plus je creuse ma mémoire et plus les images s’altèrent
    En fausses couleurs sans retour possible pour les révéler.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

    
    
    
  • Ma libraire

    Chez ma libraire tout me plaît et je l’aime à tous les étages
    Depuis son rayon érotique du sous-sol avec ses volumes
    Dont le contenu me complaît, surtout quand il y a des images,
    Jusqu’à son espace exotique qu’occupent ses trésors de plume.

    Quand je passe devant sa vitrine, mon appétit de nouveautés
    Me fait pénétrer en son sein pour y tâter ses belles pages.
    Les bras croisés sur la poitrine que chaque pas fait sursauter
    En bringuebalant du bassin, elle vient m’en offrir davantage.

    Ma bouquiniste et ses coussins au sein d’un bon coin de lecture
    Me parle d’amour pour ses livres et pour le lecteur que je suis.
    Je vous l’avoue, j’ai le dessein de lui faire vivre une aventure
    Et que Cupidon nous délivre la flèche d’amour qui nous poursuit.

    Photo de Sølve Sandsbø.

    
    
    
  • Lecture zen

    Je suis soumis à l’attraction des fruits de l’imagination
    Et la lecture me délivre de tous les soucis de la vie.
    Concentration, décontraction s’amusent de ma fascination
    Et l’apesanteur d’un bon livre à la pesanteur me ravit.

    Je croise les lignes et les mots au cours de mon sport cérébral
    Et je me détends en coulisse en prenant le train d’aventures.
    J’oublie mes peines et mes maux par le battement palpébral
    De mes yeux remplis de malice et de passion pour la lecture.

    Les romans m’offrent des voyages autour du monde en rotation
    Avec les bandes dessinées pour la traversée des nuits blanches.
    Et j’aime en rendre témoignage depuis que j’ai la vocation
    D’écrire leurs traces disséminées dans mes poèmes en avalanches.

    Tableau d’Alexis Martinez Puleio.

    
    
    
  • Les annĂ©es zinzins

    Plus rien ne sera comme avant du jour où je fus confiné
    Entre les quatre murs étroits de ma cellule-appartement.
    C’en est ainsi ; dorénavant, je vivrai le cœur résigné
    À ne pouvoir payer l’octroi envers le moindre échappement.

    Alors je voyage en cuisine comme sorte de défouloir,
    Je vis mes aventures en chambre en parcourant mille romans,
    Les excursions que j’avoisine se font tout au long du couloir
    Qui va de janvier à décembre à chaque heure, à chaque moment.

    Heureusement, j’ai l’insomnie comme véhicule de l’espace
    Qui m’envoie vers des ribambelles de rêves en majorité.
    Et je fais fi des calomnies qui disent que ma carapace
    Dissimule un esprit rebelle à toute forme d’autorité.

    Tableaux de Felicia Chao sur https:imgur.comgalleryolStj5q et sur https:read01.comjjBxzJE.html#.YMWzxS2vjxw .

    
    
    
  • CĂ©pages divins

    Pour commencer, juste une coupe pour vous enivrer de champagne
    En vous montrant mon savoir-faire de sommelière de l’amour.
    Venez la boire sur ma croupe, entre mes petites montagnes
    Qui sauront, pour vous satisfaire, démarrer le compte à rebours.

    Un verre de blanc, juste un ballon, que vous porterez à vos lèvres
    Pour savourer le goût du vin que vous réserve ma poitrine.
    Venez goûter les mamelons que vous téterez avec fièvre
    Comme embellissement divin qui agrémente ma vitrine.

    Un verre de rouge, juste une larme, pour découvrir le goût subtil
    De la coupelle originale d’une liqueur d’effervescence.
    Abandonnez-vous donc au charme et offrez-moi votre pistil
    Qui, dans ma coupe vaginale, produira l’extase des sens.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

    
    
    
  • Strip-Chess

    Elle ne faisait pas attention au début en perdant ses pièces ;
    Elle enlevait une chaussette, une partie de sa tenue.
    Après plusieurs inattentions, elle retrouva son hardiesse.
    C’était trop tard ! Dure défaite de se retrouver toute nue.

    Photo de Julian Wasser avec Marcel Duchamp jouant avec Eve Babitz racontée sur https:www.artsy.netarticleartsy-editorial-marcel-duchamp-played-chess-naked-eve-babitz .

    
    
    
  • Quand les seins sont mĂ»rs !

    Elle s’était cousue au printemps une robe couleur de temps.
    Puis, lorsque l’été fut venu, les fruits aux arbres furent au menu.
    Tant et si bien qu’à la coquine, mûrit pareillement sa poitrine
    Et, depuis, la montée de lait pèse dans les seins potelés.

    Réalisation d’Ekaterina Guseva.

    
    
    
  • La mode Ă  rayures

    La mode Ă  rayures

    PlutĂ´t que cacher sa vertu sous un bouclier de tissu,
    On pourrait tisser la lumière avec des ombres et des rayures
    De cœurs d’étoiles éperdus, de trous noirs dont ils sont issus,
    Fermés par une boutonnière qui s’ouvrirait sur l’embrasure.

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  • LiquĂ©faction et Sublimation en DĂ©lire

    Liquéfaction et Sublimation en Délire

    Quand la chaleur devient torride, mes perceptions se liquéfient,
    Mes couleurs fondent et se mélangent dans ma mémoire évaporée.
    Mes concrétisations arides se subliment et me stupéfient
    D’hallucinantes girafes orange et d’oiseaux bleus d’Hyperborée.

    Je ne sais pas vous mais à partir de 28° la matière grise fond, les neurones bouillent et les pensées s’évaporent ; c’est la sublimation qui transforme l’état solide directement à l’état gazeux.

    
    
    
  • Les spaghettis, c’est fĂ©minin !

    Les spaghettis, c’est féminin !

    Fabrique-t-on les spaghettis à partir de pâte en pelote,
    Ou d’une façon vigoureuse avec des ressorts à boudins ?
    C’est pourtant de bon appétit qu’on voit des femmes rigolotes
    À la poitrine généreuse les ingurgiter sans dédain.

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  • L’agneau dans le lion

    L’agneau dans le lion

    J’ai cru longtemps qu’être un héros était le but de l’existence ;
    Montrer sa supériorité pour trôner invinciblement.
    J’ai remis mes comptes à zéro quand j’ai goûté la subsistance
    Tapie dans l’intériorité d’un cœur d’enfant, tout simplement.

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  • Les heures cool

    Les heures cool

    Les heures coulent lentement sous un soleil impitoyable
    Qui étire l’espace et le temps jusqu’à leur évaporation.
    Même le moindre éventement de la trotteuse infatigable
    Ne sait produire à chaque instant qu’une seconde insolation.

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  • Le lion dans l’agneau

    Le lion dans l’agneau

    Toutes mes frayeurs s’accumulent dans un royaume d’illusion ;
    Je crois être un agneau qui bêle, caché comme un caméléon.
    Et si mon âme se dissimule dans ce monde de collusions,
    C’est pour un jour sortir mes ailes et montrer mon cœur de lion.

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  • CĹ“ur de lion

    Cœur de lion

    L’étoffe dont on fait les héros n’est pas tissée de brins de laine,
    Mais tressée de force du cœur et tramée de toute vaillance.
    Alors, repartons à zéro et retrouvons à perdre haleine
    Tout le courage et la vigueur de l’enfant dans son innocence.

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  • L’invite Ă  l’ivresse

    L’invite à l’ivresse

    Bien sûr, si j’invite Madame à prendre un verre intimement,
    Point n’est pour d’alcool l’enivrer ni trop d’amour l’anéantir.
    Mais je devrai monter la gamme en sachant que, pertinemment,
    Si c’est trop beau pour être vrai, je n’aurai plus qu’à lui mentir.

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  • Tapis rouge

    Tapis rouge

    Pour bien amadouer le lion, j’ai étalé ce tapis rouge
    Pour le faire accéder au ciel, triomphe de sa Majesté.
    Ces petites fleurs par millions, ces petits pétales qui bougent,
    Montreront la voie essentielle, immaculée, incontestée.

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  • L’embrasement des montagnes

    L’embrasement des montagnes

    Après avoir sauté les nues, j’irai conquérir les montagnes
    Quand le soleil lève leurs robes et dévoile soudain leurs charmes.
    Je monterai à l’inconnu pour captiver quelques compagnes
    Quand la lumière se dérobe sous les derniers nuages parme.

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  • Le rayon vert – 2

    Le rayon vert

    Pour mes vacances cet été je vais suivre le rayon vert
    Que le soleil fait scintiller sur l’azimut de l’horizon,
    Chevauchant les nues hĂ©bĂ©tĂ©es, vers l’impĂ©nĂ©trable et convers
    Coucher qui fera vaciller mes rêves au gré de ses tisons.

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  • Fata Morgana

    Fata Morgana

    C’est dans les brumes matinales dans les chaudes eaux de l’été,
    Échappé du saint nirvâna que vous pourriez croiser sa route.
    Vaisseau aux voiles virginales, prince du fleuve de Léthé,
    Baptisé « Fata Morgana », vous l’aviez deviné sans doute.

    « Fata Morgana » est le mot allemand pour désigner un mirage.

    
    
    
  • Le chat pitre un

    Le chat pitre un

    Je rangeai quelques Imagerimes dans ma vieille bibliothèque
    Lorsqu’entre mes livres d’étoiles, Chanelle vint se mettre à la page.
    Sa décoration fut en prime avec mes pyramides aztèques ;
    Juste sous mes livres de voile, elle a rejoint son équipage.

    Chanelle en train de participer à l’aménagement de ma bibliothèque.

    
    
    
  • Le paradis incontestĂ©

    Le paradis incontesté

    Depuis longtemps, tu es le roi mais sans royaume Ă  ta mesure.
    Aussi, il me faut compenser ce petit lèse-majesté.
    Et pour ôter tout désarroi, sans tomber dans la démesure,
    Je t’offre, pour te récompenser, le paradis incontesté.

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  • La femme dans l’ombre

    La femme dans l’ombre

    Après sa disparition, je rentrai à la maison,
    Les pensées un peu confuses sans vraiment savoir pourquoi.
    Soudain une apparition, tapie entre deux cloisons,
    Me bredouilla mille excuses de son petit air narquois.

    « Désolée, j’étais paumée dans les branches au crépuscule !
    J’étais couchée dans les feuilles en rêvant d’aviateur
    Dans des songes embaumés d’un parfum de renoncules
    À l’ombre du chèvrefeuille à l’arôme évocateur. »

    Elle m’offrit une pomme tout en découvrant un sein
    Fructueux comme une poire Ă  croquer Ă  belles dents.
    Comme je ne suis qu’un homme, je l’ai croqué à dessein,
    Plein d’amour et plein d’espoir, mais à son corps défendant.

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  • La femme dans l’arbre

    La femme dans l'arbre

    Quand le soleil s’enflamma dans le creuset du couchant,
    Je suis repassé sous l’arbre mais la belle n’y était pas.
    Devant le panorama du crépuscule touchant,
    Le silence était de marbre dans le rougeoyant trépas.

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  • Fruits de Lune

    Fruits de Lune

    Viendras-tu mon amie sous la lune dormante
    Lorsque la nuit se drape d’une fourrure d’étoiles ?
    Voguant d’origami sur ma barque dormante
    Nous goûterons la grappe de nos amours sans voile.

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  • Le Lac Zoulou

    Le Lac Zoulou

    C’est vers la tombée de la nuit,
    À cette heure entre chien et loup,
    Que j’aime tromper mon ennui
    En voguant sur le Lac Zoulou.

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  • Les gĂ©antes de marbre

    Les géantes de marbre

    Quand le soleil se pointe le soir à l’horizon,
    Les géantes apparaissent et prolongent les arbres.
    Puis bientôt sont rejointes dans l’obscure prison
    De la nuit qui paresse dans un silence de marbre.

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  • L’illumination

    L’illumination

    À force d’avoir dirigé ses pas toujours vers l’ouest,
    Il est arrivé au bout de cette terre des hommes.
    Et le soleil, affligé, illumine sans conteste
    Ce petit prince debout, l’interpelle et le résomme.

    Est-ce la fin de sa quĂŞte ? A-t-il atteint son destin ?
    Sa vie n’était-qu’une fuite ? Une fuite sans retour ?
    Je n’aurai qu’une requĂŞte bloquĂ©e dans mes intestins :
    Ă€ quoi sert cette poursuite s’il faut mourir sans dĂ©tour ?

    Mais le prince est en accord, arrivé sur cette plage,
    Son corps brûle de l’ardeur qu’il a mise dans son voyage.
    Son cœur l’élève encore dans ce divin découplage
    Qui unit le trimardeur au prochain appareillage.

    Toutes ses cellules chantent au diapason de la Terre,
    Ses émotions l’illuminent et font exploser son cœur.
    Des pensées folles l’enchantent dans le secret du mystère
    Et son âme a bonne mine dans ce tourbillon des chœurs.

    Il a trouvé la réponse dans ce présent immobile
    Qui unit Dieu à la terre, qui unit l’homme au Divin.
    Si au passé il renonce, au futur rend sa sébile,
    Sa vie devient volontaire et il en est l’écrivain.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • Conversation entre ÉlĂ©ments

    Conversation entre Éléments

    C’est une conversation entre les quatre éléments
    Allo ! Allo ! Ici l’Eau qui interpelle la Terre !
    Au feu ! Au feu ! C’est le feu ! RĂ©pond dans un flamboiement !
    Terre-Ă -terre, c’est la Terre Ă  tous ses destinataires !
    De l’air ! De l’air ! C’est le Ciel ! Écartant tous les nuages.
    C’est la communication qui fait trembler l’univers
    L’Eau murmure un chant d’amour de sa voix la plus suave
    Le Feu braille un chant de guerre avec sa voix de tonnerre
    La Terre ne parle pas, la Terre acquiesce sans doute
    Et l’Air transmet leurs messages, tout le monde est à l’écoute.

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  • Demain, j’arrose le chat

    Demain, j’arrose le chat

    Je l’avais arrosée avec beaucoup d’amour
    Elle a grandi soudain et sans faire de bruit
    Ses parfums enivrants font vraiment trop glamour
    Et je vais m’y blottir pendant toute la nuit.

    Demain, c’est décidé, j’arrose le chaton
    Même dose comptée, même effet garanti !
    Panthère, tigre ou lion ? On ira à tâtons
    Sous l’arbre tropical, sous mon beau méranti.

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  • Open Bar

    Open Bar

    Le bar est ouvert
    Allons prendre un verre
    Rien qu’un petit ver
    Au diable vauvert !

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  • La bibiche Ă  l’orange

    La bibiche à l’orange

    Comme un fruit au bout de la branche
    Le soleil se change en orange
    Je vais m’en payer une tranche
    De ce fruit lumineux et étrange

    Mais la biche aux abois qui passait par ici
    M’a dit : « Mon beau Monsieur, que vous ĂŞtes joli !»
    Comme je connaissais le corbeau, le renard
    J’ai gardé mon orange et souri goguenard.

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  • Le pot des tulipes secrètes

    Le pot des tulipes secrètes

    Pour écrire « je t’aime », je mets une tulipe.
    Pour t’inviter ce soir, j’en mettrai deux ou trois.
    Pour t’embrasser demain, j’en mettrai à ta lippe,
    Pour demander ta main, attachées en courroie.

    Une tulipe rouge, juste pour dire bonjour,
    Une tulipe noire, juste pour dire bonsoir,
    La blanche du dimanche parce que c’est un bon jour,
    Et la bleue tous les jours pour passer de bons soirs.

    Ce n’est pas compliqué de dire avec des fleurs !
    Moi, j’ai tout un bouquet posé sur mon bureau.
    Quand je tape au clavier, sans être écornifleur,
    Je sais très bien comment faire le godelureau.

    Tiens ! Pour faire un essai, je prends une fleur rouge.
    Je pense à t’embrasser, j’en ai l’eau à la bouche !
    Je glisse l’enveloppe dans le bec d’un carouge
    Qui va te l’apporter et mon pli fera mouche !

    Mais ma botte secrète, ma supérieure touche,
    C’est la tulipe d’or qui mettra dans ton cœur
    Cette petite clef qui m’ouvrira ta couche
    Et qui, de notre amour, sonnera le vainqueur !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Nature en forme de poire et fromage

    Nature en forme de poire et fromage

    Je partage mes poires, je partage mon vin,
    Je partage mes pommes, je partage mon pain.
    Si ma table est ouverte, c’est que je suis devin
    Et que j’aime bien rire avec tous mes copains.

    Tu viens avec ton corps, je l’embrasse d’abord !
    Tu viens avec ton cœur, je le serre d’ardeur !
    Tu viens avec l’esprit, je le bois jusqu’à la lie !
    Tu viens avec ton âme, je t’aime belle dame !

    Couper la poire en deux pour le plaisir des yeux.
    Tes deux pommes tendues comme fruits défendus.
    Éviter les pépins sans faire le malin.
    Bien sucer le noyau avec un tord-boyau.

    Pas besoin de payer, ce sera en nature,
    Tu pourras revenir et rester si tu veux,
    Car pour bien digérer, là-haut sous la toiture,
    J’ai installé pour toi un petit nid moelleux.

    J’ai installé ce soir, là-bas, sous la tonnelle,
    Ce plat de bienvenue éclairé aux chandelles.
    Viendras-tu partager mon repas d’amoureux ?
    J’ai envie d’embrasser ton bouton savoureux !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Tournesols Yin Yang

    Tournesols Yin Yang

    Incompatibilité, peut-être à première vue.
    Ne sont-ils pas assortis ces merveilleux tournesols ?
    L’un rayonnant de soleil comme une danseuse de revue,
    L’autre arborant l’air austère aux aiguilles de sa boussole.

    Madame le tournesol n’en ferait donc qu’à sa tête
    Tandis que ce beau Monsieur serait plutôt solitaire ?
    Ils sont de la même espèce, l’un est le Yang de la fête,
    L’autre est bien plus réservé, l’esprit un peu terre-à-terre.

    Mais à regarder de près, en descendant aux racines,
    On voit qu’ils sont les deux bouts du même sarment de plante.
    Alors vous pouvez choisir : être frangin ou frangine ?
    Vous aurez, de toute façon, une âme ambivalente !

    Tableau de Fabienne Barbier