đż Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici sâĂ©veillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans lâeau, des fragments dâĂ©ternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă nos cĆurs un miroir et Ă nos vies⊠une mĂ©moire.
đ Aujourdâhui, ce ne sont pas nos annĂ©es que lâon fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cĆur.
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Fleurs moulantes


CâĂ©tait pourtant une bonne idĂ©e cette robe faite dâorchidĂ©es
Mais finalement, câest dĂ©cevant surtout lorsquâil y a trop de vent !
Cousons plutÎt des azalées qui se moquent bien des alizés
FaufilĂ©es dâun fil de nylon contre le souffle dâaquilon.
Si ces habits sont désuets, choisissons plutÎt des bleuets
Ou une robe transparente avec quelques fleurs dâamarante.
Quelques pétales de colchiques qui font les plus beaux dessous chics
Et pour les soir, des vanilliers pour un joli déshabillé.
Et si lâon coud des lys charmants qui sâouvrent aux lĂšvres des amants,
Leurs Ă©tamines en feu discret chatouillent lâivresse des secrets.
Un brin de rose entre deux seins, pétale ardent aux doigts mutins,
Fait frissonner la chair offerte quand la corolle sonne lâalerte.
Un jupon dâiris entrouverts, pour un bouquet de corps pervers,
RévÚle au bal, sous les lumiÚres, des pistils luisants, téméraires.
Et lâon entend, dans les jardins, des soupirs doux comme jasmins ;
La robe-fleur devient caresse, toute en ivresse et en tendresse.Tableau de Sergio Lopez sur https:www.camiamarielle.comsergio-lopez .
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Tout lâor du monde
Une main devant, une main derriĂšre, jâarriverai au paradis
Mais dĂ©chargĂ©e de lâinfortune de lâargent qui nâest que du vent.
Or jâaurai mon Ăąme guerriĂšre, enrichie et ragaillardie
Des expériences opportunes comme sauf-conduit adjuvant :
Jâai dans le cĆur tout lâor du monde et des pĂ©pites dans le ventre
Par les amours qui prolongĂšrent mon plaisir pour lâĂ©ternitĂ©.
Si lâon me pĂšse Ă la seconde, mon Ăąme au cĆur du pĂ©ricentre
Se trouvera aussi lĂ©gĂšre quâun atome de pĂ©rennitĂ©.
Tout cet or puisĂ© Ă la source des hommes qui mâont tant aimĂ©e,
Je lâoffre en tout bien tout honneur Ă Cupidon et Ă VĂ©nus
Pour constituer une bourse pour toutes les amours essaimées
Qui nâont pas trouvĂ© le bonheur, une fois bredouilles au terminus.
Les anges viennent les mains ouvertes, dĂ©bordant dâor et de trĂ©sors
Et moi, jâaccueille Ă©merveillĂ©e tout ce quâils me versent en mon sein.
Dans mon ùme ainsi découverte, je redécouvre en plein essor
Toutes mes passions réveillées en me vouant à tous les saints.Tableau de Catherine Alexandre.
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Voyages autour du monde
DerniĂšre nuit avec les Amazones

YavÀnor
Avec les Amazones pour la derniĂšre nuit
Laureline et LoreleĂŻ furent mes esclaves soumises.
Comme les jeux dâamour Ă personne ne nuit
Elles eurent tour Ă tour leurs punitions promises.
Nous reprĂźmes alors tout le KĂMĂSĂTRĂĂ
Pour lâapprendre aux guerriĂšres hyper intĂ©ressĂ©es.
Car lâhonneur du royaume de notre ĂĂMOURĂĂ
Se devait dâĂȘtre fort et toujours progresser.
Laureline demandait grĂące mais LoreleĂŻ tenait bon
Puis elle sâessouffla le vagin ruisselant.
Alors les Amazones caressant leurs bonbons
MontrÚrent à leur tour un état chancelant.
Lilith qui avait suivi de toute son attention,
MâentraĂźna Ă lâĂ©cart dâun pâtit air polisson
Et exigea de moi avec ferme intention
De rĂ©viser ensemble lâĂ©rotique leçon.
Câest ainsi que Lilith mit son grappin sur moi
Moi qui nâavais rien vu venir ce cĂŽtĂ©
Jâessayais de cacher lâĂ©pouvantable Ă©moi
De ma queue tout enflée et tarabiscotée.
đ©đ»â𩰠Laureline
Tu mâas domptĂ©e, seigneur, au feu de ta vigueur ;
Jâai criĂ© grĂące en vain, mais mon cri fut dĂ©lice.
Je rends grĂące Ă tes mains, Ă ton fouet, Ă ton cĆur ;
Ton amour mâa liĂ©e dâune ardente malice !
đ©đ» LoreleĂŻ
Je tenais tĂȘte au fer, Ă sa morsure cruelle,
Et mon corps ruisselant mâa trahie dans lâextase.
Je proclame aujourdâhui ton emprise sexuelle ;
Je suis ton océan, ton abßme et ton vase !
đ©đ»â𩳠Lilith
Moi, jâai cueilli ton trouble, jâen ai fait mon miracle ;
Ton émoi enflé fut ma plus douce victoire.
Je réclame ta chair, mon sceptre et mon oracle,
Comme trophée gagné au rut jubilatoire.
YavÀnor
Ainsi donc jâappartiens Ă Lilith et ses filles ;
Celles que jâavais crues ĂȘtre mes douces esclaves
Mâavaient cachĂ© leur jeu de lâamour en famille.
La Papesse mâa eu au cours de ce conclave.
Trois femmes, trois enfants, faut-il donc que jâassume ?
Devant les Amazones, jâai approuvĂ© sans honte !
Lâamour je vous le dis, vous consomme et consume
Mais je les aime trop et câest cela qui compte !Illustrations de Jean-SĂ©batien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .
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Voyages autour du monde
Qui est Laureline, qui est LoreleĂŻÂ ?


YavÀnor
Il est une lĂ©gende que je pense ĂȘtre vraie
Qui raconte quâune nuit LoreleĂŻ fut Laureline.
Et moi je nâai rien vu car mon cĆur sâenfiĂ©vrait
Des Ă©lans langoureux de jets dâadrĂ©naline.
đ©đ»â𩰠Laureline
Depuis je suis frustrée et tiens à ma revanche
Et vais me maquiller en Loreleï à mon tour !
Je te mets au défi, YavÀnor de la Manche,
à distinguer laquelle a de meilleurs atours !
đ©đ» LoreleĂŻ
Je voudrais bien voir ça et suis prĂȘte Ă jouer
Le jeu de lâimposture Ă notre bien-aimĂ©.
Mais attention, non roi, je peux te lâavouer,
Si jamais tu te trompes, ce sera proclamé !
đ©đ»â𩳠Lilith
Alors jâarbitrerai ce concours singulier
Et vous travestirai de la mĂȘme tenue.
Si YavĂ€nor remporte lâexamen rĂ©gulier
Vous serez ses esclaves bien ou mal advenues !
YavÀnor
Puisquâil en est ainsi, je me prĂȘte Ă leur jeu
Les voici toutes deux comme deux gouttes dâeau.
Pour gagner cette Ă©preuve dont je connais lâenjeu
Je vais en explorer toute leur libido.
Elles peuvent me duper du cÎté extérieur ;
Je sais les yeux fermés faire la différence.
AussitÎt pénétrées dedans leur intérieur
Je reconnais leurs vulves et leurs protubérances.
Laureline a les seins nus, Loreleï peinturlurés ;
Laureline, la bouche en feu et LoreleĂŻ trop humide.
Vous ĂȘtes dĂ©couvertes, le jeu assez duré ;
Dites-moi si mon choix tranchant vous intimide ! »
đ©đ»â𩰠Laureline
Je perds dans ton Ă©preuve et jâen ris de plaisir
Car tu mâas reconnue jusque dans mes entrailles.
Mon feu tâappartient donc, je mâoffre Ă ton dĂ©sir
Et je viens déposer mes offrandes royales.
đ©đ» LoreleĂŻ
Tu mâas percĂ©e Ă jour malgrĂ© mes noirs atours ;
Ton doigt mâa dĂ©noncĂ©e, ton souffle mâa trahie.
Je ploie sous ta victoire et je cĂšde en retour,
Esclave consentie, à ta force, ébahie.
đ©đ»â𩳠Lilith
Ainsi la loi est dite, et je scelle le pacte :
Tes deux reines tâappartiennent, dociles, enchaĂźnĂ©es.
Moi, Lilith, je déclare ton triomphe dont acte
Et je ris, car lâamour tâa fait roi des damnĂ©es.Illustrations de Jean-SĂ©batien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .
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Voyages autour du monde
Les trois songes éveillés



YavÀnor
Une fĂȘte est donnĂ©e en lâhonneur des chamanes
Avec des champignons noirs hallucinogĂšnes.
Les amazones alors deviennent nymphomanes
Et mes trois reines en font des rĂȘves hĂ©tĂ©rogĂšnes.
Elles réclament le fouet et me tendent leurs fesses
Pour sentir la morsure et gémir de douleur.
En le faisant claquer, je crains, je le confesse,
Dâen prolonger lâenvie, le goĂ»t et la couleur.
Laureline
Le cuir me marque au flanc, jâen fais jaillir des flammes
Chaque strie devient fleur au parfum insolent.
De la brĂ»lure vive Ă©clot lâĂ©clat des femmes,
Et jâĂ©lĂšve ma chair en brasier triomphant.
Jâen ai les mains en sang et je mâen badigeonne
Le corps en lettres rouges comme une litanie.
Je me mets Ă danser comme une sauvageonne
Et je succombe aussi Ă leur nymphomanie.
LoreleĂŻ
Le fouet dĂ©chire lâombre et rĂ©sonne en ma transe ;
Son claquement cruel devient rythme marin.
Je ploie mais je souris car de cette souffrance
Jaillit la vague noire juste au creux de mes reins.
Alors je me caresse et puis jâappelle Ă lâaide
Car je ne parviens pas à éteindre mon feu.
Les amazones accourent le lĂšchent et me possĂšdent
Et je jouis si fort quâhĂ©rissent mes cheveux.
Lilith
Je tends mon dos royal au supplice des cordes ;
Mon rire fend la nuit, plus fort que le courroux.
Chaque frappe mâexalte et mes tĂ©nĂšbres mordent
Car jâaime pleurer nue quand je saigne Ă genoux.
Jâai besoin quâon enfonce dans mes trois orifices
Des langues de vipĂšres, des doigts et des phallus.
Jâen fait ma religion et jâaccomplis lâoffice
En montant sur la table pour chanter lâAngĂ©lus !
ChĆur des trois prĂȘtresses
Si nos chairs sâilluminent en constellations vives,
Chaque coup de ton fouet peint lâamour sur nos peaux.
Nous montons vers le ciel comme des fugitives ;
Nos cris sont des éclairs, nos soupirs des flambeaux.
La sueur devient pluie, nos sexes des oracles ;
La liqueur de nos bouches se déversent en torrent.
Nous buvons ta vigueur comme un divin miracle
Et la transe sâĂ©lĂšve au-dessus du courant.
Si nos reins sont des forges, nos poitrines des flammes,
Nos cuisses des portails tu nous ouvres les cieux.
Et de nos jouissances remonte un chant de femmes
Dont lâĂ©cho retentit en compliments prĂ©cieux.
YavÀnor
Jâai donc fait provision de tous ces champignons
Que je replanterai plus tard dans nos jardins.
Quand vous le sentirez, cet élixir mignon
Vous donnera lâenvie de tĂąter mon gourdin.Illustrations de Jean-SĂ©batien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .
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Voyages autour du monde
Les trois prĂȘtresses



YavÀnor
La vie reprit son cours parmi les amazones ;
Les chamanes officiaient et montraient leurs talents.
Leurs maitrises en amour nâĂ©tonnaient plus personne
Et leurs savoirs nâavaient aucun Ă©quivalent.
Laureline
Laureline adorait se baigner dans les sources
Avec des dĂ©coctions dâherbes aromatiques.
Sa nudité trouvait mille-et-une ressources
Pour se confondre avec la faune emblématique.
Sa chevelure rousse intriguait les guerriÚres ;
Elles lâadmiraient tant quâelles lui donnaient le grade
De la « femme-racine » façon aventuriÚre,
ĂmancipĂ©e de tout rituel rĂ©trograde.
LoreleĂŻ
LoreleĂŻ semblait par ses cheveux couleur de jais
Ătre comme une sĆur mythique et vĂ©nĂ©rĂ©e.
Elle leur faisait peur mais personne ne jugeait
Ses pratiques ancestrales cependant honorées,
Elle pratiquait un rite par un crĂąne et des os
Et dansait en hélant les ùmes disparues.
En transes, elle rejoignait le céleste réseau
Auquel chaque guerriĂšre un jour a comparu.
Lilith
Mais sombre et fascinante, Lilith nous dominait ;
Son charisme et son verbe subjuguait tout le monde.
Elle ouvrait son grand livre et toutes dodelinaient
Quand Lilith leur lisait sa gnose furibonde.
Comme elle officiait nue, sa poitrine généreuse
Semblait avoir nourri des centaines dâenfants.
Son savoir excellait sur ces femmes chaleureuses
Au féminin sacré désormais triomphant.
Laureline
Je marche dans un feu de plantes insoumises ;
Chaque rosĂ©e mâhabille en cristal de soleil.
Jâarrache aux traditions leurs complaintes promises
Et je forge un futur de mon rire vermeil.
LoreleĂŻ
Je parle au ciel noirci par la bouche des crùnes ;
Je tisse avec mes mains les songes des noyées.
Je danse, convulsant, sur les pierres profanes
Et lâombre mâapplaudit de ses paumes mouillĂ©es.
Lilith
Je rÚgne sans pudeur, nue sur les cicatrices ;
Mes mots ensorcelés sortent en fumée grise.
Je donne Ă chaque chair lâivresse fornicatrice
Et je mâoffre Ă ton corps dont mon Ăąme est Ă©prise.Illustrations de Jean-SĂ©batien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .
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Le coup passa si prĂšs que le chapeau tomba
Armé du salut détonant, rapide, presque instantané,
Le héros-chevalier-sans-peur envoie son bonjour valdinguer.
DĂ©sarmĂ© dâun tir Ă©tonnant, ce contrecoup momentanĂ©
Frappe le rival de stupeur aux salutations distinguées.
Câest ainsi que parle la poudre et que lâhonneur part en fumĂ©e
Au nom de la force de lâordre ou de lâamour ou de lâargent.
Mais selon quâil faudra recoudre le malheureux ou lâinhumer,
La vie donne du fil à retordre par ses conflits décourageants.
Si dure est la loi de lâouest qui permet de porter une arme
Mais elle met à égalité le salueur et le salué.
Si la répartie est funeste, heureusement, il y a le charme
De lâimprĂ©vue fatalitĂ© qui reste, certes, Ă Ă©valuer.Illustration de Jean Giraud et le titre est de Victor Hugo ici https:www.poesie-francaise.frvictor-hugopoeme-apres-la-bataille.php .
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La soif narcissique
Si, lorsque Ă mĂȘme la riviĂšre, tu dĂ©sires Ă©tancher ta soif,
En te penchant à la surface, tu y découvriras ton double ;
Mouille tes lĂšvres de fraĂźcheur et abreuve-toi de baisers.
En savourant combien lâeau tâaime, toi-mĂȘme alors tu tâaimeras.
Tu peux aussi tâimaginer aimer ton ego inversĂ©,
Lui, ni concave ni convexe mais juste inversé par le sexe.
LâĂąme-sĆur enfin retrouvĂ©e qui te donne lâeau de la vie
Et qui coule alors dans ton corps comme une semence dâamour.
Alice Ă travers le miroir a dĂ» sentir pareillement
Un frisson quand son Ăąme-çon lâa pĂ©nĂ©trĂ©e dâune onde brĂšve.
Je sais, jâen ai plein mes tiroirs de tous ces Ă©merveillements
Que jâaime mettre Ă lâhameçon de ma canne-Ă -pĂȘche aux beaux rĂȘves.Tableau de Jana Brike.
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Des amours de Mandragores
En pleine Lune, les mandragores se lient assez facilement
Mais si leurs amours durent encore jusquâĂ lâaurore, câest la cata
Car les lapins sont assez gores pour les croquer rapidement
Les préférant avec le corps reliés comme duplicatas.
Si vous trouvez des mandragores en train de sâenvoyer en lâair
Et de se rouler des patins, protégez-les donc des lapins.
Confiez-les aux égrégores dans les ombres crépusculaires
Et si câest dĂ©jĂ le matin, cachez-les donc dans un sapin !Traduction trĂšs approximative : La jeune fille l’a volontiers Ă©coutĂ© et a dĂ©couvert qu’elle faisait partie de sa famille. Un petit baiser sur la lune rubis et l’alliance du cĆur est conclue.
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Plongée en mémoires profondes


Jâavais envie dâune plongĂ©e dans mon passĂ© le plus profond ;
Non pas pour tout recommencer mais pour dĂ©nouer lâĂ©cheveau
De tout le mal qui mâa rongĂ© durement et dont je me morfonds
Par mes idylles romancées de vaudevilles en Marivaux.
La poussĂ©e dâArchimĂšde Ă©gale au poids de mes lourds souvenirs,
Je remonte de mes mémoires toutes mes fautes inavouables.
Vous lâavouerais-je ? Je me rĂ©gale de les faire ainsi revenir,
Puis repĂȘchĂ©es par lâĂ©cumoire de mon cĆur inassouvissable.Tableaux de Lorella Paleni et de David van der Linden.
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Les fruits de Marie
Colchiques dans les prĂ©s fleurissent pour fĂȘter la fin de lâĂ©té ;
Le cĆur de Marie a mĂ»ri et ses fruits garnissent les comportes.
La Terre, devenue sa nourrice, de ses pluies les a allaités
Malgré les bourrasques en furie qui entraßnent les feuilles mortes.
Marie met sa plus belle robe pour faire honneur Ă la Nature
Avec des pĂ©tales de rose en guise de sous-vĂȘtements.
De lâhumus, ses pieds se dĂ©robent pour partir en villĂ©giature
Avant que les frimas moroses lâenjĂŽlent par leurs empiĂštements.
Lâhiver la dĂ©shabillera et lâendormira sous la neige ;
Nous nâapercevrons de Marie que ses habits tombĂ©s par terre.
Le printemps la réveillera pour lui offrir, en privilÚge,
Des fleurs nouvelles et mûries de pluies et soleil salutaires.Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .
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Le cĆur de Marie
Fleurs de soleil et de printemps sâĂ©chappent du cĆur de Marie
Et ses sentiments papillonnent tout autour de la floraison.
PensĂ©es dâamour Ă chaque instant quâun ange au petit gabarit,
Entre ses deux mains, tourbillonne pour se blottir dans sa maison.
Pluie et rosée, Soleil et Lune, ont veillé au fleurissement
Et tout lâĂ©tĂ© sâĂ©panouit car la Terre devient maman.
Adieu perce-neige et callunes, bienvenue au mûrissement
Sous le jour qui sâĂ©vanouit et les Ă©toiles au firmament.
Tout finira divinement dâun bouquet de feux dâartifice
En fleurs pour la reproduction pour ĂȘtre lĂ lâannĂ©e prochaine.
Lâhiver poindra timidement avec ses jours qui raccourcissent,
Puis viendra la reconduction dâun cycle de vie qui sâenchaĂźne.Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .
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CarrĂ© de reines – 2




La Reine de CĆur cherche un mari qui lui donnera beaucoup dâenfants ;
Un Italien pour lâamuser, un Français ou un Autrichien.
HĂ©las le Roi, homme marri, ne sâest pas montrĂ© triomphant
Et la Reine dĂ©sabusĂ©e sâen retourne auprĂšs de ses chiens.
La Reine de Carreau cherche un amant pour la distraire les jours de pluie
Et tromper sa mélancolie, tromper son Roi et son ennui.
Hélas le Roi, sur le moment, a oublié son parapluie,
Puis les a surpris dans son lit et les a tués cette nuit.
La Reine de TrĂšfle cherche un galant pour lâaccompagner sur les routes
Tandis que le Roi se dérobe pour aller jouer au Casino.
HĂ©las le Roi mirobolant, Ă©perdu, sâest mis en dĂ©route
Et ne peut ni payer ses robes, ni les frais de son Valentino.
La Reine de Pique cherche un chéri juste pour un soir, une nuit ;
Baiser dans ses draps de satin et puis le jeter en chemin.
HĂ©las le Roi, homme aguerri, lâa fait tant jouir Ă minuit
De sept orgasmes jusquâau matin quâil a droit de rester demain.Tableaux de Donatella Marraoni.
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CarrĂ© de reines – 1




Le Roi de CĆur, homme fidĂšle cherche sa Reine appropriĂ©e ;
Comme il a lâesprit cavalier, il sait quâil peut tout pardonner.
Hélas la Reine est infidÚle et ne se fait jamais prier
Pour rencontrer beaux chevaliers, marquis ou mĂȘme baronnets
Le Roi de Carreaux, homme admirable, cherche sa Reine la plus belle
Avec cuisses bien affermies et une poitrine de rĂȘve.
Hélas la Reine, fort désirable, qui aime un espion chez les rebelles,
A fait pĂ©nĂ©trer lâennemi et la fin du Roi fut trĂšs brĂšve.
Le Roi de TrĂšfle, homme dâargent, cherche sa Reine intelligente
Avec amplement dâavenant et de lâesprit sous le chapeau.
HĂ©las la Reine en partageant dâune maniĂšre trop diligente
Son fonds de commerce Ă tout venant lâa ruinĂ© et lâa mis capot.
Le Roi de Pique, homme volage, cherche sa Reine voluptueuse
Qui sache lui donner au lit, le plaisir, lâamour et lâextase.
Hélas la Reine, sous son pelage, possÚde une ùme de tueuse
Et, dĂšs le premier hallali, le Roi est mort dâune Ă©pectase.Tableaux de Donatella Marraoni.
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Confinement rose


Pour aider au confinement, il faut rouvrir les maisons closes
Avec des murs évidemment capitonnés de velours rose.
Des pin-up en bleu de travail pour mettre le cĆur Ă lâouvrage
Et des visites en leur sérail soumises aux tickets de sevrage.
Nous passerons nos quarantaines sans trop nous plaindre de lâennui ;
Nous y courrons la prétentaine quarante jours quarante nuits
AuprÚs des hÎtesses anonymes avec le visage masqué,
Nous serions, je crois, unanimes malgré nos femmes estomaquées.Photos de Pol Kurucz sur https:freeyork.orgphotographyphotographer-pol-kuruczs-flamboyant-portraits-of-black-brazilian-women .
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Le complotiste
Au dĂ©but de sa pubertĂ©, pile entre lâenfance et lâadulte,
Il a choisi la libertĂ© plutĂŽt que sâadonner au culte
Du Dieu Métro-Boulot-Dodo que la tradition exigeait
Et sâest fait son Eldorado, tout seul, comme sâil se lâinfligeait.
Il nâa pas cru aux belles promesses dâune humanitĂ© pragmatique
Devant les mĂ©thodes S.S. dâun gouvernement fanatique.
Il a fui les spĂ©culations ; lâargent ne fait pas son bonheur ;
Il choisit la révolution, ce qui est tout à son honneur.Illustration de Moebius.
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Lâapolitique
« Esclavage, inégalités, inimitié » sera gravé
Sur le fronton de nos mairies et les écoles communales.
Apprendre lâillĂ©galitĂ© sera inscrit sur les pavĂ©s
Que tous nos enfants aguerris absorberont jusquâen terminale.
Alors regroupons-nous ensemble en confiance et ténacité
« Plus jamais ça » revient plus fort et plus de détermination.
Ce Nouvel Ordre qui ressemble au despotisme dans les cités
Conduit ses robots sans effort vers leur propre extermination.
Alors redevenons hippies et revivons en autarcie !
Tant pis pour le progrĂšs qui mĂšne Ă lâĂ©vaporation de lâĂąme !
Regroupés sous de grands Tipis mangeant des tomates farcies
Et dégustant bon gré mal gré le vin nouveau avec nos femmes !Tableau de Nicole Eisenman.
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Tout va bien !



Tout va bien, nous sommes en septembre et nous continuerons la fĂȘte.
Bien sĂ»r, lâĂ©tĂ© fut dĂ©sastreux sous le rĂ©gime macronien ;
Bien sĂ»r, le printemps fut pourri pour solutionner les casse-tĂȘtes ;
Bien sĂ»r lâhiver malencontreux reviendra, mais nous verrans bienâŠ
Si les cardiopathies subsistent⊠on entend plus le glas qui sonne ;
Le paludisme fait son score⊠mais personne ne sâen inquiĂšte ;
La faim dans de monde persiste⊠mais ça ne dérange personne ;
Le cancer bat tous les records⊠mais, sur nos craintes, rien nâempiĂšte.Tableaux de Marion Peck.
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Space invaders
ComplÚtement dissimulé sous une nébulosité,
Cet envahisseur de lâespace nous est prĂ©dit envenimĂ©.
Ă coups dâalertes simulĂ©es, de peurs et de frilositĂ©s,
On ne voit pas ce qui se passe mais un orage est confirmĂ©.Photo dâEliseo H. Zubiri.
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CĆur solitaire
Il paraĂźt nâavoir nulle attache loin des rivages quâil accoste ;
Il paraĂźt prĂ©caire et fragile mais lâeau lui offre une assurance.
Demain, quelle que sera sa tùche, il sera fidÚle à son poste ;
Pour lui, le temps reste immobile, ses jours ne sont que récurrence.Photo de Tran Tuan Viet.
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Spaghettis en robe bolognaise
Comme elle naquit Ă Bologne dans un berceau de spaghettis,
Elle goĂ»ta la bonne chĂšre en sauce Ămilie-Romagnaise.
à présent, nue et sans vergogne, elle me souhaite bon appétit
Tout en enveloppant sa chair de pĂątes en robe bolognaise.Je remercie Haly Nath dâavoir partagĂ© cette jolie photo. Et Bologne est le chef-lieu de la rĂ©gion d’Ămilie-Romagne dans la plaine du PĂŽ en Italie.
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Amour de Lune
MĂȘme le Soleil le plus fort ne saurait rĂ©sister au charme
Dâune divinitĂ© lunaire drapĂ©e dâune robe opportune
Qui glisse le long de son corps dont la féminité désarme
Sa majestĂ© lâastre solaire qui rĂȘve dâun amour de Lune.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La Terre de septembre
Un rayon de soleil, éclaireur intrépide,
Perce la nuit profonde obscure et mystérieuse.
Et sonne le réveil par des éclats rapides
Qui miroitent sur lâonde de la mer impĂ©rieuse.
Et puis lâaube sâavance, illuminant les terres,
Réchauffant la nature qui renaßt de ses cendres.
Câest une eau de jouvence, rosĂ©e Ă©lĂ©mentaire,
Qui monte de lâazur pour doucement descendre.
Et les oiseaux saluent lâexplosion de lumiĂšre
De ce jour qui renaĂźt et renaĂźtra demain.
Et les fleurs du talus éclosent les premiÚres
Et la Terre connaĂźt tout un autre chemin.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le lever du rideau
Câest tout dâabord un rougeoiement qui dilue le bleu de lâazur
Pour empourprer tout lâazimut qui quitte ses habits bleuĂątres.
Rayonnement et poudroiements viennent transpercer lâembrasure
Et vont de minute en minute lever le rideau du théùtre.Lâaube sur le Lac Louise au Canada.
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LâĂ©toile du rĂ©veil
Ma belle Ă©toile des forĂȘts aux rayons chargĂ©s de rosĂ©e
Sâoffre, resplendissante reine, Ă son Ă©poux, le roi soleil.
Ătincelante et dĂ©corĂ©e, elle va mĂ©tamorphoser
Cette aube nouvelle et sereine de lâĂ©tincelle du rĂ©veil.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Ă lâĂ©quateur
Ă lâĂ©quateur, je lâai prouvĂ©, la terre est absolument plate
Et quand vous renversez de lâeau, ça Ă©clabousse dans tous les sens !
Ce phénomÚne est approuvé par ma théorie adéquate
Qui rend mon savoir rigolo car jâen ai nulle connaissance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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PrĂ©paratifs dâautomne
Sont un avant-goĂ»t de lâautomne, rehaussĂ©es dâun soupçon de rouille,
Ces soirĂ©es dâĂ©tĂ© picturales oĂč la nature se prĂ©pare,
Avec des couleurs gaies luronnes, Ă teindre de couleur citrouille
Ses chevelures pastorales jusqu’Ă ce que l’hiver les sĂ©pare.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Tout ce temps qui passe
Dans son pavillon rongé par le sable
Il n’entendra plus la voix de sa mĂšre.
Mais un carillon fort, irremplaçable
Qui répond au flux lointain de la mer.
Car la coccinelle suit toujours les traces
Gravées dans la nacre de sa carapace.
Chanson éternelle qui toujours embrasse
D’un souvenir acre tout ce temps qui passe.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le Lac Pourquoi
Ami, entends-tu la rĂ©ponse dans le point dâinterrogation
Qui tourne dans le tourbillon de cet oracle un peu narquois ?
Si toutes tes questions sâenfoncent sans autre forme dâapprobation,
C’est quâelles sont un tatillon idiotes pour le Lac Pourquoi.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Mes envies primesautiĂšres
Jâavais tant besoin d’Ă©vasion dans mon enceinte de vacarme,
Que jâai crevĂ© le mur du son en rĂȘvant de cette frontiĂšre.
Loin de semer la division ou tirer le signal dâalarme,
Elle me permet le grand frisson et des envies primesautiĂšres.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Un Ă©cho qui sâamplifie
Le temps avance lentement et me semble incommensurable ;
Je trace un parcours si petit quâil me semble insignifiant.
Mais le soleil au firmament me fait une ombre redoutable
Qui augmente mes appĂ©tits comme un Ă©cho sâamplifiant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Au théùtre ce soir ! – 2
On se croirait au théùtre lorsque tombe le rideau
Dâun ciel cramoisi de nacre dans les brumes assourdies.
Voici le soleil bellùtre qui se mute en péridot
Au rayon vert un peu ùcre qui nous laisse abasourdis.Péridot : pierre semi-précieuse verte qui aurait un pouvoir magique.
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Sous le coucher mordoré
Et si nous allions nous dorer la pilule Ă lâhorizon,
Nous abreuver de soleil et nous enivrer dâĂ©toiles ?
Sous la voûte mordorée qui suit la défloraison
De lâautomne en sommeil qui tient les cordons du poĂȘle.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les fils des couleurs – 4
MĂȘme les petits insectes sont les enfants de la Terre.
Libellules et coccinelles, abeilles, mouches et papillons.
Si leur travail nous affecte il nây a lĂ pas de mystĂšre
Câest la marque originelle du divin Ă©chantillon.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les fils des couleurs – 5
Ce que jâaime dans les couleurs, câest quâon peut les mĂ©langer
Ou bien les multiplier comme un kaléidoscope.
Et tant pis pour les rĂąleurs qui ne savent sâarranger
Et ne veulent pas plier Ă partager leur biotope.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les fils des couleurs – 3
Quand Dieu a terminĂ© lâĆuvre dâune semaine en folie
Il restait plein de peinture au pied de Napoléon.
Vous devinez sa manĆuvre pour tuer la mĂ©lancolie :
Il conçut la crĂ©ature et lâappela « CamĂ©lĂ©on ».Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les fils des couleurs – 1
Ils ont été enfantés dans les entrailles de la Terre
Fécondé par les couleurs engendrées par le Soleil.
AprÚs avoir décanté cette essence élémentaire,
Ils expriment sans douleur leur hĂ©ritage au vermeil.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Les fils des couleurs – 2
Il nâexiste ni laideur, ni beautĂ© inachevĂ©e !
Il nây a que lâexpression dâune nature inventive.
NâĂ©coutons pas les plaideurs qui pensent parachever
Le monde par lâoppression de croyances punitives !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Ben Adam et ĂvaĂŻda
L’extrĂ©miste a rĂ©solu son problĂšme de quĂ©quette
En empaquetant de voiles sa femme des pieds Ă la tĂȘte.
L’idĂ©e paraĂźt rĂ©volue mais elle continue sa quĂȘte
Jusqu’Ă ce qu’on nous dĂ©voile qu’il n’a rien dans la braguette.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Lâoiseau cynique
Je suis cyniquement douĂ© pour remarquer lâabsurditĂ©.
Je suis pince-aussi sans-rire mais je ne devrais pas le dire.
Mais câest pour mieux amadouer de mes propos accrĂ©ditĂ©s
Et tenter de faire sourire au risque de me faire interdireâŠImage trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Mes pas dans la neige
Si mes pas dans la neige se sont tant étirés
Câest parce que mon chemin est chargĂ© dâimpressions.
Charmant comme un manÚge ou à couteaux tirés,
Il mâemmĂšne Ă demain sans aucune pression.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Mes pas vers la lumiĂšre
Tapi dans lâombre depuis longtemps, je dormais dâun sommeil de plomb.
Câest une explosion de lumiĂšre qui mâa rĂ©veillĂ© brusquement.
Je nâai pas Ă©tĂ© mĂ©content de ce matutinal aplomb
Je suis parti de ma chaumiĂšre un peu chevaleresquement.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Madame est malade
Madame est malade Ă mourir dâune sĂ©cheresse dâamour ;
Madame est malade dâĂ©loge et dĂ©pĂ©rit sans compliment ;
Madame est malade à nourrir ses craintes dans le désamour ;
Madame est malade Ă lâhorloge du temps qui triche impoliment.
Madame veut ĂȘtre admirĂ©e pour ses hypocrites ramages
Quâelle Ă©crit au fil de ses livres que personne ne lira jamais.
Madame veut sans cesse se mirer dans le miroir de ses hommages
Dont elle a besoin pour survivre dans ses envolées enflammées.
Madame est souffrante dâorgueil quâelle drape dâhumilité ;
Madame est imbue dâelle-mĂȘme lorsquâelle est lĂ , agenouillĂ©e ;
Madame sâhabille de deuil pour masquer sa stĂ©rilité ;
Madame, la seule qui sâaime et qui sait le mieux baisouiller.
Madame est la seule à connaßtre ce qui pourrait la dérider ;
Personne ne sait comment faire, câest lĂ son tragique destin.
Madame sait tout avant de naßtre, son ùme a été débridée ;
Tous les saints sont à son affaire et son salut est célestin.
Madame sait tout sur la vie et vous explique Ă tour de bras
Quâelle est experte en connaissances et quâelle vous apprendra sa loi.
Madame ne sera ravie que lorsque enfin, tel le cobra,
Elle croquera sa propre essence et sâĂ©teindra de bon aloi.Tableau de Fabienne Barbier