Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Aux crĂ©atures

    Au séminaire des créatures émancipées de la planète,
    J’ai rencontré les Sumériens, Atlantes et Hyperboréens.
    Toute la gente progéniture – qui ne sont que marionnettes
    Pour le plaisir épicurien des anciens dieux cyclopéens.

    Cyclopéens, Minotauriens et toute la mythologie
    Des créateurs qui ont taillé l’homme et la femme à leurs mesures,
    Les humanoïdes, les Aliens et toute l’égyptologie
    De religions ravitaillées qui les ont polis à l’usure.

    À l’assemblée j’ai rencontré Jésus, Bouddha et Mahomet
    Et tous les saints des évangiles et même des supers héros.
    Comme j’habite une contrée où l’on m’a longtemps assommé
    De bondieuseries de Saint-Gilles, j’leur ai mis à tous un zéro.

    Zéro pointé car rien n’est fait pour vivre en paix sur cette Terre ;
    Obligé de manger au risque d’être mangé et pire encore
    Sous prétexte d’être parfait, je dois subir l’autoritaire
    Loi d’un dieu fou et terroriste qui m’fait boire et manger son corps.

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  • Ă€ la mère de MĂ©lusine

    Bien sûr que j’aimais Mélusine mais j’avais tant aimé sa mère
    Que j’aurais aspiré à naître trente ou quarante années plus tôt.
    J’aurais travaillé à l’usine comme à l’époque sa grand-mère
    Et entonné sous sa fenêtre mon amour subito presto.

    Un jour je me suis introduit timidement dans l’antichambre
    Pour la voir se déshabiller ; c’était vraiment plus fort que moi.
    Je ne sais ce qui s’est produit mais elle m’a ouvert sa chambre,
    Je ne pouvais que babiller tant mon cœur était en émoi.

    Bien sûr que j’aimais Mélusine mais c’est sa mère que j’évoque
    Qui d’ardeur mon cœur arrêtait, qui d’envie mes nuits suscitait.
    Je relis de vieux magazines avec ses photos de l’époque
    Comme si encore elle s’apprêtait d’amour à me ressusciter.

    Tableau de Daniel Merriam.

    
    
    
  • Des crĂ©ateurs

    Qui croit que Dieu a créé l’homme à son image est dans l’erreur ;
    S’il voyait comment sont décrits ses créateurs, il aurait crainte.
    Pas un seul de ses chromosomes ne correspond Ă  la terreur
    Que lui inspirerait un cri s’il en découvrait son empreinte.

    D’immenses Mantes Religieuses de deux ou trois mètres de haut
    Ont sélectionné dans la branche des primates des spécimens
    Dont, d’une manière ingénieuse, ils ont créé leurs idéaux
    En faisant quelques coupes franches dans la queue et dans l’abdomen.

    Ils ont greffé la connaissance dans leurs cerveaux développés,
    Les ont mis à la verticale pour éviter de s’embourber.
    Et depuis à chaque naissance, l’homme est de plus en plus dopé
    Et ses vertèbres cervicales seront de plus en plus courbées.

    Car dès le prochain millénaire, l’homme moderne prééquipé
    D’intelligence artificielle et de smartphones organisés,
    Est invité au séminaire des créatures émancipées
    Pour une vie superficielle et toute déshumanisée.

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  • De la famille de MĂ©lusine

    Je ne connais de Mélusine que ses cousins et ses cousines ;
    Mais ni son père, ni sa mère, ni son grand-père ni sa grand-mère.
    Étrange arbre généalogique sans correspondance logique
    Avec un livret de famille assermenté d’une estampille.

    Certains disent qu’elle est saltimbanque, d’autres qu’elle travaillerait dans la banque…
    Aussi timide que matamore, c’est un véritable oxymore !
    Afin de mieux argumenter, tâchons de nous documenter
    Et tirons des bibliothèques, racines toltèques ou aztèques.

    Une Meluzine au moyen âge aurait été sorcière ou mage ;
    En Amérique précolombienne, elle se serait nommée Fabienne ;
    Au pays du soleil levant, aucun écrit n’en relevant
    Pas plus qu’en Afrique centrale, ni que dans les terres australes.

    Ainsi depuis la nuit des temps, le mystère Mélusine s’étend
    Aussi loin que remonte l’histoire et la science péremptoire.
    Sans doute elle n’existe pas mais de l’erreur, il n’y a qu’un pas
    Mais moi qui l’ai connue, sachez que j’en étais amouraché.

    Tableaux de Daniel Merriam.

    
    
    
  • Ă€ la crĂ©ation

    Nous tous, les créateurs aux quatre coins du globe,
    Agissons en secret dans les mondes invisibles.
    Toutes nos inspirations que l’univers englobe
    Nous nous les partageons en source indivisible.

    Par l’onde musicale et la danse du corps,
    Par l’art de la peinture, celui de la sculpture,
    Par la littérature, le théâtre et encore
    Du cinématographe à toutes les cultures,

    Les artistes transmettent leur levain dans la pâte
    Dont se nourrit la Terre qui enfante les hommes †
    Et la pâte se lève d’une âme télépathe
    Qui diffuse l’amour au sein des chromosomes.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak
    † et les femmes aussi bien sûr.

    
    
    
  • Ă€ la porte des Ă©toiles

    Au-delà du réel de l’univers physique,
    Je sème mes pensées à tous vents dans l’éther,
    Une autre dimension de la métaphysique
    Que les scientifiques jugent si délétère.

    Comme des pissenlits dispersés dans le vent,
    Mes idées vont germer sans que j’en sois le père.
    Elles suivent un courant qui va les soulevant
    Pour les émanciper en des âmes prospères.

    Ainsi je crée des mondes dans mes petits poèmes
    Que je confie au flot des réseaux sur la toile.
    Ils deviennent autonomes et vivent de bohème,
    Puis un jour rejoindront le peuple des étoiles.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

    
    
    
  • De la crĂ©ation

    De la Lune croissant, j’ai appris plein de choses
    Et j’ai su écouter la Nature initiée ;
    Une artiste qui crée par les métamorphoses
    Des phases de la Lune au halo nourricier.

    D’un tourbillon d’étoiles ceint dans la Voie Lactée,
    Surgit le nouveau signe de la vie qui se crée.
    Dans un nuage d’anges qui vont se contracter
    Pour donner la naissance à l’animal sacré.

    La Nature et la vie ne font qu’un seul ensemble
    Comme l’homme et le temps, l’espace et la matière.
    Et si mon cœur d’étoile à l’univers ressemble
    C’est que j’en suis partie et de toutes frontières.

    Alors j’ai demandé d’agrandir ma vision,
    De m’ouvrir au secret des autres dimensions.
    J’ai vu de la Nature toutes ses divisions
    Et l’immense pouvoir sacré de l’intention.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

    
    
    
  • De la porte des Ă©toiles

    Je sondais la forĂŞt, marchant entre les arbres
    D’une allés qui semblait mener vers l’infini.
    Les parterres de feuilles semblaient pavés de marbre
    Déposés par l’automne d’un ordre indéfini.

    J’ai vu à l’horizon percer le croisement
    Qui s’étendait du ciel à la terre et la haie.
    J’ai compris que le rôle de ce reboisement
    Était de me montrer la porte des souhaits.

    Le temps et la matière à l’homme sont des leurres
    La Nature et la Terre en tissent maintes toiles.
    Mais j’ai vu la lumière qui brillait tout à l’heure
    Et l’espace s’est ouvert sur un chemin d’étoiles.

    Et j’ai pu voyager mais sans déplacement
    Car j’ai vu replier dans cet espace-temps
    L’infiniment petit et son accroissement
    Vers l’infiniment grand de mon cœur haletant.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

    
    
    
  • La rĂ©publique dans la course

    Il nous aura bien fait marcher avec sa République en marche
    Vers un avenir qui ne souffre ni de manque et ni d’excédent.
    Remarquez, on l’a bien cherché à croire qu’avec sa matriarche
    Il nous éloignerait du gouffre pour mieux nous faire tomber dedans.

    Maintenant, c’est au pas de course qu’il faut le suivre autour du monde
    Depuis Davos jusqu’en Afrique selon la grogne réactionnaire.
    Quelques coups de pouce Ă  la bourse pour rassurer tous ceux qui grondent
    En maîtrisant la pompe à fric au gré des puissants actionnaires.

    Hélas rien ne sert de courir alors qu’on est parti sans point
    À son permis de reconduire le roi chez lui lorsque ça urge.
    Ne laissons pas Marianne mourir de chagrin, seule dans son coin
    Et arrĂŞtons de nous conduire comme des moutons de Panurge !

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

    
    
    
  • Maquillage mĂ©diatique

    Bonne nouvelle les endormis, les neutres et les insignifiants !
    Vous pouvez continuer ainsi, d’autres prennent vos avis en charge.
    Si vous vous sentez des fourmis ou des spasmes vitrifiants,
    C’est juste qu’on vous a aminci l’esprit avec beaucoup de marge.

    Dormez ! Vous êtes recensés comme vieux cons réacs de droite !
    Rêvez ! Vous êtes imposés et l’on vous gèle votre argent !
    Ronflez ! Vos râles insensés rallieront vos pensées étroites !
    Continuez à vous reposer sur l’avis de vos dirigeants !

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  • La femme Ă  plume

    Une femme à poil, c’est attirant, une femme à plume, c’est chavirant !
    J’aime lorsqu’elle ouvre ses ailes et dévoile, de la demoiselle,
    Ses petits seins comme deux œufs, petit équipement oiseux
    Dont je me tâte sur l’optimisme de leur aérodynamisme.

    Une femme à plume, mère poule, j’en aurais tant été maboule,
    Bien coucouné sous son plumage, la tétant pour lui rendre hommage.
    Petit oiseau devenu grand trouverait oiselle de son rang
    Pour convoler en tutélaire manière de s’envoyer en l’air.

    Photo Yves Saint Laurent sur http://devorahmacdonald.blogspot.com/2012/08/blog-post.html

    
    
    
  • Derrière le masque

    Les yeux sont le reflet de l’âme mais, derrière un masque moqueur,
    Ils sont comme un miroir sans tain qui m’observe sans être vu.
    Je ne leur porte pas un blâme mais où sont donc les yeux de cœur
    Derrière ce regard hautain de toute vertu dépourvu ?

    Souvent d’autres visages affichent de véritables jeux de rôles,
    Bourreau, défenseur ou victime et parfois les trois à la fois.
    Personnellement je m’en fiche et je vous en donne ma parole ;
    Derrière ma figure intime, il n’est que mon acte de foi.

    Illustrations d’Alessandra Lemos

    
    
    
  • L’HĂ©roĂŻne des naissances

    Cousus de soies, de fibroĂŻnes et garnis de duvet moelleux,
    Les célèbres sacs des cigognes font la renommée des naissances.
    L’honneur revient à l’héroïne au savoir-faire fabuleux
    Qui les expédie sans vergogne sans obtenir reconnaissance.

    Incroyable, mais pourtant vrai, Nul ne connaît son origine !
    D’ailleurs beaucoup croient dans les choux et d’autres font confiance aux roses.
    Seule, la messagère en livrée sait que l’étrange sauvagine
    Qui envoie chaque petit boutchou, prime ainsi ceux qui font la chose.

    Tableau de Joshua May

    
    
    
  • Le porte-voix

    Ceux qui écrivent au kilomètre romans d’amours et d’aventures
    Possèdent la plume musclée à l’encre sans doute éventée.
    Ceux qui racontent au pifomètre leurs vies à cheval, en voiture,
    Détiennent une voix renâclée à force de tant se vanter.

    Moi, je n’ai pas de portevoix, pas d’éditeur de best-sellers,
    Pas de slogan télévisé ni pub dans le moindre recoin.
    Je suis seul Ă  tracer ma voie sans le dernier scoop harceleur ;
    Mon seul public fidélisé me lit souvent au petit coin.

    Tableau de Jarosław Jaśnikowski sur http://morbius.unblog.fr/2019/01/08/imaginart-jaroslaw-jasnikowski

    
    
    
  • Mes maux en couleur

    Que le rouge le plus intense qui a coulé dans mes douleurs
    S’amenuise autour de l’orange tandis que je reprends mon souffle !
    Que ma peur jaune, sans importance, qui me ternissait les couleurs
    Reverdisse d’un ton étrange tous mes maux qui s’y emmitouflent !

    Enfin je sortirai du blues, ce spleen Ă  tire-larigot
    Qui voile mon ciel bleu d’azur et se dissipe à la volette.
    Et mes vieilles rancœurs jalouses mourront dans le puits indigo
    De l’âme au fur et à mesure, tout comme un bouquet de violettes.

    Tableaux de Melinda Cootsona

    
    
    
  • La couleur jaune d’or

    Parfois une couleur indélébile qui a pourtant été lavée
    Et relavée parmi mes rêves à la lessive de la nuit,
    Revient comme une tache immobile que rien ne pourrait délaver
    Malgré une aurore sans trêve qui veut l’effacer de l’ennui.

    Dans ce clair-obscur camaïeu des belles dames du temps passé,
    L’or de cette robe éternelle jamais ne se dissipera.
    Dans mes souvenirs broussailleux et mes mémoires espacées,
    Cette couleur sempiternelle jamais ne s’éliminera.

    Tableaux de Michael Strirnagle

    
    
    
  • RĂŞveries en noir et blanc

    Lorsque je tarde à m’endormir, je peins des rêves éveillés
    Sur le plafond de mes nuits blanches à l’encre de mes idées noires.
    Ma couverture en cachemire devient tapis émerveillé
    Qui s’envole dès que se déclenche un souvenir de ma mémoire.

    Tableau de Miho Hirano

    
    
    
  • Tout comme une femme

    Apportez-moi un galet jaune et j’imagine une amazone ;
    Un peu de sable qui s’amoncelle et je devine une jouvencelle.
    Deux ou trois pétales de rose et je vous livre le pot-au-rose :
    Toute la lumière m’apparaît comme une femme transparaît.

    Tableau de Ute Hadam

    
    
    
  • Le rĂŞve du phĂ©nix

    Le rêve du phénix

    Lorsque mes rêves se font cendres, je lâche prise à l’univers
    Afin que de mon esprit renaisse comme le phénix du printemps.
    Je laisse son âme descendre sur mon corps encore en hiver
    Pour donner nouvelle jeunesse à mon cœur d’amour de vingt ans.

    Et voici Mars, dieu de la guerre, debout sur son char de soleil,
    Avec ses cavaliers de pluies et artilleurs de giboulées.
    Alors les mémoires de naguère, des printemps que les vents balayent,
    Mêlent les histoires d’aujourd’hui avec les légendes écoulées.

    Tableau de René Magritte.

    
    
    
  • Picolo

    Picolo

    Le plumage ne fait pas l’oiseau, ni même une belle envergure
    Seulement l’organe vocal le hisse au trône des forêts.
    S’il pavane entre les roseaux avec son chant de bonne augure,
    C’est pour charmer dans son local les oiselettes à déflorer.

    Ainsi pour que le Picolo s’attire plein de Picolettes,
    Aussi loin que porte sa voix, il chante ses jolis envois.
    Et gare aux petits rigolos qui convoitent les gigolettes,
    Ils s’affronteront en tournoi dont le vainqueur sera le roi.

    Dès qu’il entend un prétendant gazouiller sur son territoire,
    Il se met Ă  chanter plus fort au maximum de son ramage.
    Le vainqueur a du repondant ; il a séduit son auditoire.
    Le vaincu après tant d’effort s’écarte en un dernier hommage.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La nature harmonique – 2

    La nature harmonique - 2

    Sur l’eau dormante en vaguelettes, entendez-vous le récital
    Des fines branches qui pianotent un refrain déjà entendu ?
    Par ses infimes gouttelettes, l’eau joue de l’orgue de cristal
    Qui s’égrène en petites notes sur la membrane distendue.

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  • La doublure du coucou

    La doublure du coucou

    C’est moi qui fait tout sur cette planète
    Je fais le coucou quand il est parti.
    Au printemps, idem ; lorsqu’il est pompette,
    J’assure le tandem en contrepartie.

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  • La nature harmonique – 1

    La nature harmonique - 1

    J’aime la nature harmonique quand le soleil joue son archet
    En faisant sonner chaque branche, do ré mi fa sol la si do.
    La forĂŞt devient symphonique et, si vous allez y marcher,
    Vous entendrez la lune blanche quand l’astre tire le rideau.

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  • La lune chaste

    La lune chaste

    Avez-vous vu la pleine lune, cette nuit dans sa chasteté ?
    Elle répandait sur la neige une lueur d’étrangeté.
    Puis elle a dilué sa fortune et son or dans les eaux bleutées
    Et sous l’action du sortilège, tous les arbres s’y sont jetés.

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  • L’école du printemps

    L’école du printemps

    Nous cherchons des apprentis pour remplacer le printemps ;
    La durée de formation s’effectue en six leçons.
    Le travail est garanti et n’est pas trop éreintant,
    C’est même une vocation pour beaucoup de mollassons.

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  • Père-ruche mère-ruche

    Père-ruche mère-ruche

    Nous, père Ruche et mère Ruche, avons l’honneur de proclamer
    Que nos deux petits poussins verts sont déjà prêts à s’envoler.
    Nous ne sommes pas des autruches et nos ailes sont programmées
    Pour traverser tout l’univers et, aux confins, y convoler.

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  • La pause de mars

    La pause de mars

    Après avoir fait la nouba, à son réveil, on fait la pause.
    Le premier mars s’est bien passĂ©, on est parĂ© des deux cĂ´tĂ©s :
    Le côté masculin combat, le côté féminin se pose,
    On essaie de se dépasser par un démarrage en beauté.

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  • L’offrande bleue

    L’offrande bleue

    Ces fleurs bleues sont pour vous qui savez les sentir,
    Leurs couleurs sont pour vous qui savez les aimer,
    Ces anges sont pour vous comme un doux repentir,
    Délicates comme vous au cœur millésimé.

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  • Juste avant de disparaĂ®tre

    Juste avant de disparaître

    Juste avant de disparaître comme happé par la brume,
    Sous le regard de sa mère qui a replié ses voiles,
    Le bateau s’en va renaître dans la mer qui le consume
    Dans une aventure amère qui jamais ne se dévoile.

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  • Les ombres musicales

    Les ombres musicales

    Que j’aime écouter les ombres qui se glissent entre les notes
    Comme les temps de silence qui s’insèrent entre les mots.
    Femme qui danse dans la pénombre, musique issue des menottes
    Sous l’attention vigilante du joueur de chalumeau.

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  • Le murmure de l’amour

    Le murmure de l’amour

    Toute la vie est Ă  mon arbre, ce que les jours sont Ă  mes feuilles
    Qui s’envolent sous le vent et se tournent au soleil.
    Si je peux rester de marbre malgré le temps qui s’effeuille,
    C’est que l’amour bien souvent vient murmurer Ă  l’oreille.

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  • Et ron et ron petit patapon

    Et ron et ron petit patapon

    Il était une bergère, avec ses blancs moutons,
    Qui m’invite à la suivre derrière les buissons.
    De façon bien légère, j’ai ouvert ses boutons
    Et ce qui va s’ensuivre n’est pas dans la chanson…

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  • Miroir, mon beau miroir

    Miroir, mon beau miroir

    Miroir, mon beau miroir, ne vois-tu rien venir ?
    Ou bien est-ce une autre Anne qui réfléchit mon âme ?
    Si ce rétro-voyeur sait montrer l’avenir
    J’aimerai bien choisir et connaître ma flamme !

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  • Aube et brouillard

    Aube et brouillard

    Ce matin tout est gris et noyé dans la brume.
    Les sommets des montagnes flottent sur les nuages.
    La rivière s’assourdit sur le bois mort en grumes
    Et le soleil s’étouffe dans ce trouble engluage.

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  • Savez-vous planter l’amour ?

    Savez-vous planter l’amour ?

    Savez-vous comment planter le bonheur dans les demeures ?
    Savez-vous comment semer le bien-être dans les cœurs ?
    Il suffit de ramasser des pétales de bonne humeur
    Et de les lancer au ciel en riant d’un air moqueur !

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  • Gouttes d’amour

    Gouttes d’amour

    Tout juste vêtue de perles rosées,
    Coccinelle nue s’en va amoureuse
    Retrouver celui qui va l’arroser
    De gouttes d’amour juste savoureuses.

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  • L’ondine gourmande

    L’ondine gourmande

    Comme il pleuvait aujourd’hui, j’ai proposé à ma blonde
    D’aller la promener nue sous cette pluie torrentielle.
    Elle s’est déshabillée, s’est précipitée sous l’onde
    En s’aspergeant avec joie de cette eau providentielle.

    Elle est fille de sirène et la mer est son berceau ;
    Elle a les yeux de sa mère et sa longue chevelure.
    Elle est née fille des vents sous le signe du verseau ;
    Elle a la bouche de son père et sa fine dentelure.

    L’eau est son besoin vital de particulière essence !
    Il lui faut de l’eau du ciel pour fournir sa subsistance.
    La moindre ondée lui déclenche une crise d’effervescence ;
    Elle va promener nue sans peur et sans résistance.

    Il faut la voir se vautrer dans les flaques avec délices,
    L’eau gouttant de ses tétons comme fontaine ineffable !
    Arquant son bassin sacré comme happé par une hélice
    Vers les cieux condescendants et leur protection affable.

    Pour la soustraire aux regards des curieux indésirables,
    Nous habitons près d’un lac dans la Cordillère des Andes.
    Moi, je guette les nuages dans ce repaire admirable
    Et j’engendre les orages avec ma verge gourmande.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La sirène aux seins doux

    La sirène aux seins doux

    Chaque fois qu’elle s’accoude au rebord de la piscine
    Et que ses seins généreux défient l’anti gravité,
    Mon regard, pourtant hautain, retombe au pied des glycines,
    Soumis à leur tentation et leur attractivité.

    Seuls peuvent rivaliser ses beaux yeux myosotis ;
    Cette flamme bleue intense qui m’impose le silence ;
    Tandis que ses mamelons n’ont pas besoin de notice
    Pour m’ordonner le respect fors de cette ambivalence.

    Mais la sirène est muette et ne sait dire « je t’aime »
    Elle ne sait que sourire et hypnotiser ses prises.
    Ça commence par les yeux, son plus précieux système,
    Et s’achève par les seins dans une double surprise.

    Pour apprivoiser la nymphe, il faut passer par derrière,
    Prendre les seins dans ses mains et les masser tendrement.
    Lorsqu’elle ferme les yeux, ne pas faire machine arrière
    Et l’embrasser sur la bouche un peu plus allègrement.

    Beaucoup d’hommes ont essayé et beaucoup d’hommes ont péri.
    La sirène n’admet pas qu’il puisse y avoir un faux pas.
    Si j’ai su plaire à son cœur contre toutes intempéries
    C’est en lui goûtant son lait et savourant ce repas.

    Tableau de Fabienne Barbier