Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La chute immortelle

    La chute immortelle

    « Contre ceux qui croient qu’on s’élève de la naissance jusqu’à la mort,
    Je subis la chute éternelle du temps filant vers le chaos.
    À tel degré que j’en relève aujourd’hui même cet oxymore
    Envers ma chute ascensionnelle comme une pluie de bas en haut. »

    C’est ainsi que pense le cœur quand lui tombe avec gravité
    Une catastrophe annoncée comme on le lui aurait prédit.
    Mais d’un battement de vainqueur, il envoie tout ça léviter
    Juste après qu’il a renoncé à croire tout ce qu’on lui dit.

    Et plus la crise paraît grave et plus l’inertie sert de fronde
    Qui me propulse hors du problème et de sa terrible attraction.
    Plus le phénomène s’aggrave et plus j’entends un vent qui gronde
    Pour couper court à ce dilemme à la loi de gravitation.

    Illustration de Ran Zheng sur http:www.ranzhengart.com .

    
    
    
  • L’amante du feu

    L’amante du feu

    Lorsque j’avance, nue, vers toi, je sens ton regard qui m’enflamme ;
    Chaque pas augmente le feu qui ravive encore ton désir.
    Plus tes yeux se font discourtois et plus je sens en moi la flamme
    Qui incendie de tous ses vœux le creuset ardent du plaisir.

    Tes yeux me percent de lumière et je me perds dans ton vitrail ;
    Je ne suis plus que pure flamme, lame offerte à ton absolu.
    Ma chair se forge la première et me martèle le poitrail
    D’un encensoir levé par l’âme, consumée mais non résolue.

    Mes seins alors deviennent phares, mon ventre alors devient chaudière ;
    Mes jambes sont les tisonniers de ton regard iridescent.
    Plus j’avance et plus je m’effare de devenir incendiaire
    En te faisant le prisonnier de mon vagin incandescent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

    
    
    
  • Le Grand Cycle Cosmique

    Le Grand Cycle Cosmique

    Il n’est pas de commencement, la vie vient toujours de la vie ;
    Mais la porte sacrée ne s’ouvre que dans le sens de la croissance.
    Il n’est pas d’aboutissement que celui d’assurer la survie
    Depuis l’enfant qui se découvre au vieillard vers sa quintessence.

    Une boucle d’un infiniment maternel et originel ;
    Intervention métaphysique, divine ou incommensurable.
    Vers un autre d’un infiniment éternel et transitionnel ;
    Résurrection ésotérique, simplement inimaginable.

    La vie, cinquième dimension, la loi du Féminin Sacré,
    Transforme et transmute la matière en suivant l’alchimie du temps.
    Chaque naissance fait mention d’un protocole consacré
    À atteindre un jour la frontière d’un nouvel univers mutant.

    Celui qui franchit la matrice le cœur et le corps éveillés
    Porte en lui toute les mémoires des âges et celles à venir.
    Il sera l’âme fondatrice, la prophétie émerveillée
    Des deux infinis en miroir passé, présent et avenir.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Rosexe

    Rosexe

    ROSEXE est une entrée discrète qui appelle la fornication ;
    L’amour charnel énergétique de l’orgasme et de l’allégresse.
    ROSEXE est ta sortie secrète d’où sort l’enfant de nos passions
    et qui est restera hermétique durant neuf mois de ta grossesse.

    L’entrée de l’ORACLE puissant qui s’avance au contact des lèvres,
    Lorsque ta verge me pénètre et cherche le plaisir de l’orgasme.
    La sortie des règles et du sang qui me secoue comme une fièvre
    Lorsque je vide mon mal-être malgré la honte et les sarcasmes.

    Tu crois me traverser vainqueur cependant c’est moi qui t’absorbe
    Et qui décide au fond de moi si ta semence sera l’élue.
    Tu crois ensemencer mon cœur, pourtant c’est moi qui te résorbes
    Et pèse ton nom avec émoi avant de t’être dévolue.


    In situ, c’est ma protection qui tient le rôle de prison
    Mais qui jamais ne souffrira de trahir sa terre féconde.
    J’attends de faire ma prospection quand je franchirai l’horizon
    Lorsque la porte s’ouvrira vers la lumière d’un autre monde.

    Tableau de Gisela Llorenza.

    
    
    
  • Pachamama

    Pachamama

    Elle est nue dans la terre, allongée sous les branches,
    Ses deux seins sont gonflés de rosées matinales.
    Ses poumons sont feuillus, parcourus par l’azur,
    Et sa bouche entrouverte soupire sur l’embrasure.

    Son ventre est un bassin de tourbes et de graines,
    Où s’enlacent des vers et des pousses prochaines.
    Son sexe est une faille où descend lentement
    La sève des forêts, sombre en ruissellement.

    Son utérus, limon de chaleur contenue,
    Fermente sous les feux d’une plante inconnue.
    Les semences y reposent dans l’attente adoucie
    Et les chairs se relient aux saisons, sans souci.

    La boue y bat au rythme ancien des marées sourdes ;
    Chaque spasme nourrit des racines trop lourdes.
    Elle garde en secret les oracles du sang
    Et modèle les jours dans son flux florissant.

    Tableau de WAYRA Arts sur https:wayra-arts.comproduktpachamama-original .

    
    
    
  • L’illumination

    L’illumination

    Que Monet voit Reims en couleurs –impressionnistes de surcroît –
    On trouve tout à fait normal que l’art dépasse la pensée.
    Lorsqu’il accouche dans la douleur l’œuvre qui graduellement croit,
    Il en exprime tout le mal à force de le dépenser.

    Le vert pourrait être l’espoir qui cherche à percer le chagrin
    Transpiré par les bleus de l’âme qui lui noient l’amour dans le cœur.
    Alors le rouge, en désespoir, s’écoule en grappe grain par grain
    Coupé de rose par la lame du temps qui reste grand vainqueur.

    Pourquoi peint-il la même chose autant de fois ? Comment ? Combien ?
    Sans doute un parcours salutaire dans l’imaginaire immergé
    Dans sa vie par métamorphose du mal qui se transforme en bien
    Ou bien la mort en solitaire d’Icare tombant en mer Égée.

    Tableau d’Anselmo Bucci.

    
    
    
  • Phare à minous

    Phare à minous

    Formidable et faramineux que ce Phare du Petit Minou
    Qui subit l’assaut impassible des rouleaux de vagues déversées.
    Toujours debout et lumineux quand la nuit tombe parmi nous
    Et l’enveloppe d’une impossible obscurité à traverser.

    Mais toujours il se lie d’amour pour la mer vaste, insatiable
    Qui le provoque de ses ébats, de ses humeurs évacuées
    Par des orages nuit et jour et ses tempêtes indissociables
    Qui lui donnent des hauts et des bas dont le courage est salué.

    On dit qu’il est à la retraite, mis au rebut par la science,
    Par géolocalisation de satellites en promotion ;
    Balises lâches qui se traitent du dernier cri de l’efficience
    Mais sont la banalisation d’un futur vide d’émotion.

    Tableau de Brigitte Berweger.

    
    
    
  • Quand t’as tout, ris

    Si je voyais de l’intérieur mon cerveau au milieu du crâne
    En train d’écrire sur les os blancs temporaux et occipitaux
    Toutes mes idées antérieures, superposées en filigrane,
    Toutes emmêlées en réseau ponctuées de mes cogito…

    Ça me ferait bien rigoler et, bienheureusement pour moi,
    Je serai le seul à les voir à l’abri des regards curieux !
    Apparemment « fariboler ses sentiments et ses émois »
    Est l’apanage ET le devoir de certains rieurs fous furieux.

    Tous les tatoués ont bonne mine – du moins si on arrive à lire
    Tout ce qu’ils ont écrit du cœur sur les pages roses du corps –.
    Ça leur donne de la dopamine, ça les met au bord du délire
    Et ça leur donne un air vainqueur qui leur font battre tous les records.

    Photos de tatouages adorables par Laurent Ponce sur https:inkppl.comenmagazinetrendstattoo-in-adorable-photos-by-laurent-ponce .

    
    
    
  • Le chien, le chat et la souris

    Demain les chiens seront hissés au sommet de la pyramide ;
    Les chats, leurs ennemis jurés, juste au-dessus, assis sans maître.
    Un peu plus haut, tout herissé de tuyaux en polyamide,
    Des galeries démesurées de souris blanches au périmètre.

    Les chiens à l’image des hommes voudront dominer la planète ;
    Les chats à l’image des femmes feront une révolution ;
    Quant aux souris dans ce royaume, elles sauront faire place nette
    En se moquant du rôle infâme de leur médiocre évolution.

    Après-demain les rats des villes seront, avec les rats des champs,
    La dernière race mammifère avant de s’éteindre à leur tour
    Après maintes guerres civiles, autodestruction débouchant
    Sur d’autres vies qui prolifèrent en éternels allers retours.

    Tableaux de GiveMeMood sur https:www.redbubble.compeopleGiveMeMoodexplore?page=1&sortOrder=recent .

    
    
    
  • Homme-oiseau/femme-poisson, l’amour tendre

    Homme-oiseau/femme-poisson, l’amour tendre

    Un homme-oiseau est amoureux d’une femme-poisson au cœur tendre.
    Oui mais comment vont-ils s’y prendre pour partir en lune de miel ?
    Paraît-il que nos langoureux soupirants devront bien attendre
    Le bon moment pour nous surprendre par un curieux cérémoniel.

    Marier l’héritier des oiseaux avec l’ayant-droit des poissons,
    C’est comme Roméo et Juliette au grand dam de l’ethnologie.
    Pourtant dans le creux des roseaux, l’amour a cueilli sa moisson
    Lors de fécondes amourettes. Dès lors ils se cherchent un logis.

    Leurs enfants ? Des poissons-volants ou bien des oiseaux amphibiens ;
    Soit un vilain petit canard, soit une créature fabuleuse.
    Les anciens dieux en convolant dans les pays précolombiens
    Ont créé des êtres goguenards aux apparences ensorceleuses.

    Bon courage pour lire la signature !

    
    
    
  • Quand la sirène est chou

    Quand la sirène est chou

    Le chant de la sirène est chou au marin qui a bonne oreille
    Tandis que son navire échoue la nuit après qu’il appareille.
    La voix de la sirène est douce aux naufragés désabusés
    Tandis que dérive le mousse, seul sur son radeau, médusé.

    Les seins de la sirène sont fermes et hypnotisent le nageur
    Tandis qu’il approche et s’enferme entre les deux bras ravageurs.
    Les dents de la sirène sont blanches, pointues, acérées et sanglantes
    Tandis que sa victime flanche et meurt sous la morsure cinglante.

    Le ventre de la sirène est rond ; elle se repose au bord de l’eau
    Tandis que brûle l’aviron, dernier vestige d’un matelot.
    La queue de la sirène est belle et papillote comme un cadeau
    Tandis que le mousse rebelle l’a harponnée de son radeau.

    Tableau de Donato Giancola.

    
    
    
  • La tétée de l’été

    La tétée de l’été

    À l’aube de ma vie terrienne, je suis née fleur parmi les fleurs,
    Nourrie de rosée matinale au sein de ma Mère Nature.
    Mes fragrances baudelairiennes exhalées de la pluie en pleurs
    Furent la voie originale d’un langage des plus matures.

    Malgré la mode animalière, j’ai préféré rester classique ;
    Revêtir l’habit végétal plutôt qu’une robe de style.
    Parée d’une ondée dentelière, j’ose sur ma tige anorexique
    Parader de tous mes pétales, mes étamines et mon pistil.

    Pour mon évolution future, renaîtrai-je en femme-animale
    À l’aptitude inassouvie de donner mon lait désormais ?
    Mère sous toutes les coutures jusqu’à l’infinitésimale
    Cellule qui donne la vie et la perpétue à jamais.

    Tableau de Mihai Criste sur http:levurelitteraire.commihai-criste .

    
    
    
  • Voyage avec Grande et Petite Ourse

    Dans les courants interstellaires de comètes en vaguelettes,
    La Voie Lactée a des ressources parmi les étoiles filantes.
    Pour sa grossesse gémellaire, elle s’accompagne de starlettes :
    En priorité la Grand Ourse, mère attentive et vigilante.

    Mais quelle interminable course que cette orbite sidérale
    Malgré le temps qui plie l’espace et sait compresser l’Univers !
    Heureusement la Petite Ourse, constellation collatérale,
    Connaît des tours de passe-passe entre les meilleurs trous de ver.

    Tableaux d’Amanda Clark.

    
    
    
  • L’Oie de Madame Fabergé

    L’Oie de Madame Fabergé

    Le signe qui trahit la voleuse n’est pas un cygne mais une oie ;
    Une vieille oie du Capitole réputée pour donner l’alerte.
    D’une exclamation racoleuse car elle ne montre pas du doigt,
    Elle recouvrit comme une étole la canaille ainsi recouverte.

    Le jeu dut plaire à la gamine qui fut alors apprivoisée
    L’oie expliqua comment on triche quand on se veut conquistador
    Spécialisé dans la rapine des butins les plus pavoisés
    Chez les pondeuses les plus riches notamment les poules aux œufs d’or.

    Ainsi le cours des œufs dorés dans la région tant s’éprouva
    Qu’il provoqua une inflation même chez les plus humbles bergers.
    On inspecta bois et forêts mais jamais on ne retrouva
    La funeste association de l’Oie et de Madame Fabergé.

    Tableau de Paolo Pedroni.

    
    
    
  • La fin des potiches

    L’œil, gonflé comme une baudruche, l’homme sent son sexe se tendre
    Quand il voit l’objet du désir brusquement lui sonner l’alarme.
    Mais la femme, loin d’être une cruche, sait tout à fait à quoi s’attendre
    Et prendra un malin plaisir à finement jouer de ses charmes.

    L’homme n’étant guère fortiche à la féminine intuition,
    Croira remporter la victoire d’un orgueil presque saligaud.
    Mais la femme, loin d’être potiche, inversera la situation
    En lui racontant des histoires que veut bien croire le nigaud.

    Sculptures de Mélanie Bourget.

    
    
    
  • Un ange est né

    Un ange est né

    Comme quoi, les prières du soir ne sont pas tombées dans l’oubli
    Car un ange a pris la commande de la descendante de Marie.
    Comme il ne pouvait plus surseoir à ce qu’elle soit rétablie,
    Son père accepta sa demande et lui accorda son mari.

    Illustration de Neda Azimi..

    
    
    
  • La liberté en marche

    La liberté en marche

    J’aim’ voir la liberté en marche ou plutôt rouler sous le vent
    Qui s’engouffre dans ses vêtements et les transforme en oriflamme.
    J’aime l’audace matriarche qui ouvre la voie au levant
    Pour délivrer complètement de l’oppression toutes les femmes.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

    
    
    
  • Coups de cœur – 2

    Coups de cœur - 2

    L’amour me frappe à l’improviste comme une douche de bonheur
    Lorsque ma belle chevalière provoque ma vigueur en joute.
    Alors j’en suis récidiviste, galant en tout bien tout honneur,
    En enfourchant ma cavalière qui évidemment en rajoute.

    Dessin de Pascal Campion.

    
    
    
  • Souper aux étoiles

    Souper aux étoiles

    Toasts aux poussières d’étoiles, canapés en demi-lunes,
    Sorbet à la Voie Lactée, pétillant de galaxie.
    Rôties grillées à la poêle, quelques sandwichs de fortune,
    Crème glacée compactée, Champagne Piper-Heidsieck.

    Dessin de Pascal Campion.

    
    
    
  • À trois temps

    Le temps de la religion
    La foi était organisée, lorsque Dieu régnait sur le monde,
    Pour que le pauvre craigne le riche et que la femme craigne l’homme.
    Pour les impies paganisées, l’expiation était immonde ;
    En religion, souvent l’on triche avec Amen et Te Deum.

    Le temps de la science
    Depuis que la science orchestre toutes les lois de l’univers,
    On ne croit que ce que l’on voit tant que l’on peut le démontrer.
    L’astrologie est sous séquestre, l’amour n’est plus qu’un fait divers
    Et le futur en qui l’on croit me semble assez déconcentré.

    Le temps de l’amour
    En superposant tous les temps, j’observe que tout est pareil ;
    À part la couleur qui diffère, je ne suis pas plus avancé.
    Ainsi tout va se répétant comme un mécanique appareil
    Dont les théories prolifèrent mais dont l’amour reste évincé.

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  • L’esprit du chasseur

    L’esprit du chasseur

    Moi qui ne chasse ni d’Adam, ni d’Ève, encore moins de sa sœur,
    Tous les matins les cerfs me narguent avec leurs biches et leurs faons.
    Alors l’esprit rétrogradant de l’ascendance du chasseur
    Me sollicite mais je me targue d’avoir gardé mon cœur d’enfant.

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  • Qu’on est bien sur les genoux !

    Qu’on est bien sur les genoux !

    Qu’on est bien dans le giron d’une autre espèce animale
    Qui me permet d’y passer mon existence en vacances !
    Quand ses caresses agiront d’une euphorie maximale,
    Je devrai me surpasser en ronrons multi fréquences !

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Que tu es bien dans mes bras !

    Que tu es bien dans mes bras !

    Plus fort que mes sens personnels, il y a cet amour qui anime
    Ce petit humain étranger qui de son affection m’enivre.
    Comme si un fluide exceptionnel montrait d’une manière unanime
    Qu’il faut, nos corps, se mélanger pour avoir sa raison de vivre.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Que je suis bien dans tes bras !

    Que je suis bien dans tes bras !

    Je me suis souvent demandé pourquoi mes sens sont en émoi
    Lorsque les bras de mon amante m’ensserrent pendant un doux baiser ?
    Puisque je n’ai rien commandé au cœur au plus profond de moi,
    C’est qu’il y a énergie aimante qui vient pleinement m’apaiser.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Qu’on est bien dans leurs bras !

    Qu’on est bien dans leurs bras !

    Ma mère, Reine des jouets, m’offrait des jeux de construction.
    Mon père, Roi des connaissances, savait le secret des étoiles.
    Tous les deux, je dois l’avouer, m’ont apporté comme instruction
    De conter à chaque naissance, cette annonce que je vous dévoile.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • L’arbre-femme

    L’arbre-femme

    Ce doit venir de la chaleur qui me provoque des visions
    Mais j’aperçois soudain les arbres se métamorphoser en femme.
    Ça leur apporte une valeur divine, érotique illusion,
    Et comme je ne suis pas de marbre je sens que mes désirs s’enflamment.

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  • Mini désir, maxi plaisir

    Mini désir, maxi plaisir

    J’aime quand ça monte.
    Je le dis tout bas,
    C’est mieux sans tes bas.

    Je te le confesse,
    J’aime voir tes fesses.
    Je t’aime en mini
    Et en bikini.

    En plus du bassin,
    J’aime voir tes seins.
    Et puis la culotte,
    C’est mieux si tu l’ôtes.

    À petits petons,
    Allons à tâtons
    Tâter tes tétons
    Et puis ton chaton.

    T’es pas ridicule
    À monter ton cul,
    Et puis sans complexe,
    Montre-moi ton sexe.

    Et sans retenue,
    Si tu continues,
    Ôte ta tenue,
    Tu seras toute nue.

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  • L’arbre de vie

    La cinquième dimension donne vie à la matière
    Et le souffle du divin l’enracine dans la terre.
    Et si nous recommencions à passer la vie entière
    À nous tenir par la main comme un arbre élémentaire ?

    (Même si les arbres n’ont pas de mains, ils ont de grands bras ; et l’arbre de vie façonne nos mains.
    Photo Frony Gilkerson.)

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  • Mon quartier de fortune

    Mon quartier de fortune

    Le monde entier s’est enfermé dans mon petit quartier de lune,
    Avec ses cris et ses douleurs, avec ses joies, avec ses pleurs.
    Chacun cherche à s’y affirmer avec plus ou moins de fortune ;
    Chacun ses goûts et ses couleurs, qui sa voiture et qui ses fleurs.

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  • Les fausses couleurs

    Les fausses couleurs

    Ô temps, fais-nous jouer le soir lorsque l’heure entre chien et loup
    Vient faire tricher les couleurs et impressionner la peinture.
    Les barques jouent aux balançoires entre les flots un peu jaloux
    Et le soleil, non sans douleur, s’en va sombrer dans la teinture.

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  • Bleu roi

    Bleu roi

    Îles d’or flamboyant sur lapis-lazuli
    Sous un soleil chantant la beauté de la terre.
    Sur le flot ondoyant qui unit et désunit
    D’un parfum enchantant son azur salutaire.

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  • Le roi de la forêt

    Le roi de la forêt

    Après des années d’expérience, c’est toi le roi de la forêt !
    Gaia te couronne à deux mains au titre de superintendant,
    Avec toute la luxuriance que tu vas pouvoir dévorer.
    Mais prends garde car, dès demain, surgiront d’autres prétendants…

    Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Le grand saut

    Le grand saut

    Ce soir je fais le grand saut directement en hiver !
    J’ai vraiment beaucoup trop chaud et le cerveau qui divague.
    Je suis toujours jouvenceau pour les jeux les plus divers
    Et je ne suis pas manchot pour franchir toutes les vagues.

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  • Le bleu pagailleux

    Le bleu pagailleux

    J’ai des verres colorés et mes yeux sont protégés.
    Du coup je vois tout en bleu, noyé dans un camaïeu.
    J’ai un peu subodoré que tous ces tons agrégés
    Montraient un air, palsambleu, à mon avis, pagailleux.

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  • Pleine lumière

    Pleine lumière

    Écrasé sous la lumière sous le zénith de midi,
    Mon paysage s’embrase et mon air se raréfie.
    Même ma pauvre chaumière surchauffe avec perfidie :
    L’atmosphère qui m’écrase et moi qui me torréfie !

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  • Les feux de l’été

    Les feux de l’été

    La terre est sens dessus-dessous dans cette chaleur estivale.
    Je vois des vagues déferler là-haut, au-dessus des nuages.
    Les feux du soleil ont dissout les vacanciers d’un festival
    De cortèges et défilés embrasés dans l’écobuage.

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  • La danse des belles fées végétales

    À petits pas de bois, aux pointes des racines,
    Leurs jambes sont légères et leur bras ramifiant.
    Leurs seins font contrepoids à leurs contrebassines
    Qu’elles cambrent en cadence dans un rythme édifiant.

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  • Le vilain petit canard à la pêche

    « Si j’allais à la pêche ? » dit le petit canard.
    J’ai pris mon hanneton en guise d’hameçon.
    Pour pêcher les grenouilles, ça va être peinard !
    « Les cuisses à la française » pour un bon gueuleton !

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  • Les lagons de couleurs

    Dans ma mallette d’art, j’ai ma boîte à lagons
    Je les sors quand l’envie de couleurs m’assaillit
    Je joue avec les bleus, les jaunes et les marrons
    Avec un coup de rouge, l’inspiration jaillit !

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  • Effeuiller la coccinelle

    M’aimeras-tu encore, après être effeuillée ?
    Petite marguerite, je te mangerai !
    Je suis la coccinelle qui va t’hélitreuiller
    Si ton dernier pétale tombe sur « plus jamais ! »

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  • Asymptote au Soleil

    Pour faire mathématique et un peu plus pratique,
    Cette courbe, qui tend vers cet astre qui louche,
    Est une hyperbolique voire une asymptotique
    Qui tend vers l’infini quand le soleil se couche.

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  • La vague météore

    Sous la courbe harmonieuse du gracieux météore,
    Je marche sur l’abscisse ; direction l’infini !
    La vague est ordonnée suivant le sémaphore
    Et mon âme est l’affixe et reste indéfinie.

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  • La folle d’Éole

    Certes, elle est un peu folle mais de la vieille école.
    Elle a séduit Éole et depuis, tous les jours,
    Elle a l’vent sur les fesses et ses seins s’affriolent
    Car le dieu des bourrasques la viole d’amour.

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  • L’amante religieuse – 1

    C’est dimanche et Madame s’en va-t-à confesse.
    Elle va faire ses comptes avec Monsieur l’Abbé.
    Quel nombre de maris ont reluqué ses fesses
    À en perdre la tête, pauvres macchabés ?

    Elle revient au matin et paraît satisfaite ;
    Ses amours ont été pleinement savourés.
    Elle a l’air toute contente et se fait une fête
    De faire encore demain ses plans énamourés.

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  • Le lagon envoûté

    Le lagon envoûté

    Barques énamourées juste à peine amarrées
    Sous la voûte étoilée du firmament doré,
    Qu’avez-vous à me dire des rêves chamarrés ?
    Qu’avez-vous à m’instruire et me faire adorer ?

    Toi, la barque de pêche, tes récits sont fidèles !
    Tu désamarres à l’aube pour un jour de labeur,
    Tu reviens, cales pleines, tu tangues et tu chancelles
    Et tu rentres au port accablée de douleurs.

    Toi, le yacht de plaisance, tu promènes les riches
    Dans les criques magiques et les escales en fête.
    Du matin jusqu’au soir, tu rases la corniche
    Avec tes jolies filles, tes fées et tes nymphettes.

    Toi, vieux cargo des mers, qui fais la contrebande
    Et transporte en secret les produits illicites.
    Parfois tu prends des risques ou bien tu appréhendes,
    Mais tu finis par faire ce qui te sollicite.

    Emmenez-moi là-bas, mon cœur aspire au large !
    Vos récits pittoresques m’ont alcoolisé l’âme !
    Naviguez avec moi, prêtez-moi une barge !
    Je veux cavalcader sur les vagues et les lames.

    Quand je lève les yeux au-dessus de l’horizon,
    Je vois l’œil de la Lune qui observe le lagon.
    Il soulage ma flamme, il est ma guérison,
    Il coule dans les veines comme un sang de dragon !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La guitare facile

    La guitare facile

    La meilleure méthode, c’est celle à quatre mains !
    Toi, tu tiens bien le manche et moi, le médiator.
    Tu places bien tes doigts sur les cordes d’airain,
    Puis j’empoigne ton corps pour plaquer un accord.

    Pour faire les barrés, laisse-moi te montrer ;
    Ne sois pas si pressée, il vaut mieux être sûr !
    Tout est dans le poignet qui doit bien remontrer
    Tout au long de ce membre qui se dresse bien dur !

    Pour faire le bon accord, un peu de théorie :
    On tient bien la cadence pour aller jusqu’au bout !
    Avec une majeure, on profite et on rit,
    Mais avec les mineures, ça ne va plus du tout !

    On peut aussi changer souvent de position ;
    Assis sur une chaise et à califourchon,
    Ou debout contre un mur, il n’y a pas de raison,
    Mais celle que je préfère c’est sans le capuchon !

    Tu peux être soliste ou bien m’accompagner,
    Tu peux être « classique » ou bien « soixante-neuf »
    Pour une ritournelle, mets ta main au panier,
    Mais pour une première, si c’est étroit, c’est neuf !

    Si tu veux faire « Rock », il faut jouer des hanches !
    Si tu veux faire « Slow », ondule ton bassin !
    Pour faire un concerto, tu serres et tu emmanches !
    Pour un beau flamenco, cambres-toi bien des reins !

    Mais le meilleur moyen pour te perfectionner
    C’est de mettre en pratique de très nombreuses fois.
    Jour après jour il faut constamment pratiquer
    Et tout recommencer pour jouir du bout des doigts !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Couleurs étreintes

    Couleurs étreintes

    Dans la chaleur brûlante sous le soleil d’été,
    Les couleurs étouffantes ont envahi l’espace.
    Le temps a suspendu les horloges hébétées
    Et le clocher s’accroche et sa cloche trépasse.

    Même l’ombre est fumante quand on sait la trouver,
    Les chênes responsables en sont tout désolés.
    Ils ne sont pas coupables et n’ont rien à prouver
    Aux cigales en chœur crissant leurs triolets.

    C’est en pleine lumière quand tu es à mon bras,
    La tête la première posée sur mon épaule,
    Que tu m’invites à l’ombre faire « Abracadabra »
    Rythmés par les oiseaux et tournés vers les pôles.

    Tableau de Fabienne Barbier