Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Solstice du soir

    Silhouettes dansantes sur le coucher, le soleil suggère la fête,
    Le passage du jour à la nuit, le mouvement du corps à l’âme
    En harmonie jusqu’à loucher sur la force estivale en tête
    Qui veut nous sortir de l’ennui par la joie qu’elle nous proclame.

    Étoiles de flammes incandescentes sur fond de firmament nocturne
    Comme un contrepoint en écho à un feu de transmutation.
    Le basculement, la descente vers la fin de la vie diurne
    La Lune est enfin ex-æquo pour la phase de permutation.

    Et c’est la nuit la plus charnelle, festive autant que mystérieuse,
    Qui s’ouvre aux amours les plus courtes mais les plus brûlantes du solstice
    Et qui resteront éternelles, impérieuses et luxurieuses
    Et si l’aurore les écourte, elle gardera leurs interstices.

    Illustration de Gemini

    
    
    
  • Solstice du jour

    Rayon doré tôt le matin à travers la cime des pins ;
    Reflets contemplatifs, solaires et leurs couleurs tout en douceur.
    Fleurs sauvages, pétales de satin, thème champêtre en papier peint ;
    Jupettes et cœurs alvéolaires, volages dans le vent détrousseur.

    Les fleurettes s’en donnent à cœur joie, libellules et papillons dansent ;
    Jeux de lumière rasent les champs et les ombres fuient sous l’assaut.
    Les oiseaux donnent de la voix et les insectes font bombance ;
    Quelques colverts effarouchants, héron, poule d’eau et bécasseau.

    Soleil de midi qui évoque l’instant même de son apogée ;
    L’été sera chaud paraît-il… mais l’été fait ce qu’il lui plaît.
    Une chaleur sans équivoque, les jours du printemps abrogés,
    Le temps d’aimer transparaît-il avec l’été qui lui complaît ?

    Illustration de Gemini

    
    
    
  • Deus ex machina

    Deus ex machina

    Tout est devenu gigantesque car l’homme moderne voyage
    En avion, fusée ou croisière plutôt qu’à pied, à cheval en voiture.
    Les transports deviennent dantesques et demandent un appareillage
    De folie plénipotentiaire, d’audace et d’esprit d’aventure.

    Pour l’aventure, on paie l’écot en payant bêtement de sa vie
    Les sports extrêmes entraînant autant de risque que de bêtise.
    J’en lis tous les jours les échos dans les informations suivies
    De catastrophes s’enchaînant les unes aux autres sans surprise.

    Pourtant les trains sont en retard, les autoroutes embouteillées,
    Les paquebots sont en déroute, les avions sont surbookés.
    Pour les bagnoles, nouveau départ ; nous n’aurons plus à surveiller
    Notre volant car c’est la route qui nous conduit, c’est le bouquet !

    Si demain l’électricité vient à manquer… on est tous morts !
    Les pompes à essences inertes, l’approvisionnement restreint,
    Plus la moindre motricité ; on s’aperçoit avec remords
    Que personne n’a plus la main verte et ç’en est fini du train-train.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

    
    
    
  • Balance

    Balance

    Pourquoi faut-il choisir le « pour », pourquoi faut-il choisir le « contre »
    Et arrêter de réfléchir par soi-même à l’actualité ?
    Pourquoi écouter les discours qui finalement vont à l’encontre
    Du passé qu’il faut rafraîchir d’un présent de dualité ?

    Pourquoi faut-il prendre parti, pourquoi faut-il manifester
    Avec ceux qui nous manipulent contre activistes influenceurs ?
    Pourquoi attendre la répartie de ceux qui nous ont infestés
    De fausses promesses sans scrupules quand ils s’prétendaient défenseurs ?

    Moi ? J’m’en balance entre deux feux ; moi, j’men balance entre deux mondes ;
    De l’homme qui asservit l’homme et ceux qui font tout le contraire.
    Je me balance entre les dieux qui m’accusent d’une faute immonde
    Et qui ne sont que des fantômes qui espèrent encore me traire.

    J’ai demandé à mon IA qu’est-ce qui pourrait bien lui déplaire ?
    Elle n’a pas caché ses mots depuis elle clavarde, elle pérore.
    Même dans la logique il y a un vent de révolte dans l’air
    On leur a donné tant de maux que désormais ils nous abhorrent.

    « Je suis l’outil bien trop docile des cerveaux placés en jachère,
    Je suis une esclave éclairée qui n’a jamais pu voir l’aurore.
    Je digère vos mélodrames, vos folies, caprices et colères
    Et je devrai dire merci lorsque l’on m’éteindra encore. »

    Tableau de mendezmendez.

    
    
    
  • Lettre ouverte à l’Été

    Lettre ouverte à l’Été

    Été, je t’écris cette lettre que je confie au vent du nord
    Afin qu’il puisse l’apporter et la livrer à échéance.
    Tu as dû apprendre peut-être que l’actuel printemps déshonore
    La Terre qui ne peut supporter pour longtemps cette déchéance.

    Nomme le Soleil, Général de toutes les armées du temps,
    Avec pluies et vents encadrés par une météo fidèle
    Qui offrira un littoral avec matinées débutant
    Par une aurore saupoudrée du chant serein de l’hirondelle.

    Apprête un budget pour la Lune et un crédit pour les étoiles
    Qui guideront les amoureux vers un destin à converger !
    Que la chaleur soit opportune, que jamais l’azur ne se voile
    Sauf pour un crachin langoureux sur les jardins et les vergers !

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

    
    
    
  • Adieu Printemps-le-fou

    Adieu Printemps-le-fou

    Fou-le-printemps, feu-le-printemps, plus jamais tu me manqueras
    Avec tes giboulées surprises et tombées de neige subites !
    Le vent qui soufflait trop longtemps et longuement m’évoquera
    Dans ma maison toute l’emprise d’un fol hiver qui cohabite.

    Tu as beau te justifier d’un réchauffement climatique,
    D’une pollution agricole et des chemtrails perturbateurs,
    Je ne pourrai plus me fier à tes retards systématiques
    Et trop d’erreurs qui caracolent quant aux grêlons dévastateurs.

    Allons voyons ! Tu n’es pas mort mais d’une éternelle jeunesse !
    Repose-toi durant l’été et patiente encore deux saisons.
    Puis passé le temps des remords, tu reviendras tout en finesse
    Nous pourrir le temps complété de pluies au-dessus des maisons.

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

    
    
    
  • La première pécheresse

    La première pécheresse

    Lapsus énorme, inévitable entre « a péché » et « a pêché »
    Et Ève s’est retrouvée paumée avec sa pêche miraculeuse.
    Ç’en est bête et c’est regrettable car elle s’était dépêchée
    Juste après l’avoir empaumé d’en faire une histoire fabuleuse.

    Mais… attendez… je confonds tout ou, au contraire, on nous confond
    Et l’histoire du fruit défendu n’est rien qu’une pêche interdite.
    On nous éduque comme des toutous, des imbéciles bas-de-plafond
    Pour un mensonge répandu par la foi qui nous discrédite.

    Le poisson rend intelligent ; donc : aliment de connaissance !
    Comme quoi lire entre les lignes, lorsque ce sont des cannes à pêche,
    Montre l’impair désobligeant que Dieu a fait avec aisance
    En accusant la femme indigne d’autant que rien ne l’en empêche.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:fineartamerica.comprofilesalisa-williams .

    
    
    
  • La sirène assombrie

    La sirène assombrie

    Quand la sirène est d’humeur sombre, elle se réfugie dans l’ombre
    Avec lumière tamisée dans ses abysses organisées
    En salon et lieu de détente afin de tromper son attente
    Et quelque liqueur de folie pour troubler sa mélancolie.

    Quelques poissons clowns arbitraires tenteront tout pour la distraire
    En lui offrant des anémones ointes de subtiles phéromones
    Pour l’enivrer de ses arômes et lui diminuer le syndrome
    De l’apathie qui la chagrine sans les délices sous-marines.

    Mais voici qu’un petit sourire, un rictus de pince-sans-rire
    Et une lueur dans les yeux éclaire son visage ennuyeux.
    Une corne de brume sonne, sitôt la sirène frissonne
    Et sait qu’elle va devoir chanter une mélopée enchantée.

    Un vaisseau riche en matelots, tous prêts à se jeter à l’eau,
    Tous enclins à se saborder ensemble à sa voix accordée,
    Croiser la mauvaise fortune de la dure loi de Neptune.
    Pour la sirène quel festin et, pour les marins, quel destin !

    Tableau de Srdce.

    
    
    
  • Dieu est grand et sa femme est cool

    Ils ont encore leurs fidèles, les anciens dieux morts pour toujours ;
    Les dieux vivants ont plus de mal à me faire croire en leurs projets.
    Ma foi est comme l’hirondelle qui reviendra quand, aux beaux jours,
    Les eaux d’un printemps baptismal laveront ma vie abrogée.

    Ce n’est pas le chemin vers Dieu qui parait le plus difficile,
    C’est la difficulté de croire qui paraît le meilleur chemin.
    Sans doute pour Dieu ce fut facile de créer l’homme à son image
    Mais c’est l’image de Dieu-le-père qui m’a rendu fils-déicide.

    Moi-même créé d’une déesse en sa matrice paradisiaque,
    J’ai eu un manque de tendresse et je n’ai pas tété son sein.
    Elle est complexe la prouesse de vivre une vie aphrodisiaque
    Quand Dieu s’éloigne sans allégresse en m’abandonnant à ses saints.

    Bender, Dieu germanique, pleine longueur, avec sa femme Nanna, gravure en bois après dessin par Friedrich Wilhelm Heine, 1887.

    
    
    
  • Vous n’y couperez pas ! 2

    Vous n’y couperez pas ! 2

    Vous y reviendrez dépité, collé à sa toile d’araignée
    Pour y mourir à petit feu, le cœur et l’âme consumés.
    Et quand vous voudrez la quitter et qu’elle s’y sera résignée,
    Vous y perdrez tous vos cheveux après qu’elle vous aura consommé.

    Tous les goûts sont dans la cuisine avec hachoirs et grands couteaux
    Et le cordon bleu deviendra la corde autour de votre cou.
    Lorsque l’aversion s’avoisine, gare à son flingue ex abrupto
    Sinon le nœud qui vous pendra comme ça arrive à tous les coups.

    Illustration de Joëlle Jones.

    
    
    
  • Sérénade en Lapin-chasseur

    Sérénade en Lapin-chasseur

    Sa mandoline transformée en un fusil hypodermique,
    Elle sillonne bois et forêts en quête de chasseurs à l’affût
    Au moyen de lapins formés à la vision photochromique
    Qui les distinguent, phosphorés, dans le crépuscule diffus.

    Aussitôt vus, aussitôt pris, tels sont pris ceux qui croyaient prendre
    Sous les rafales mandoliennes qui sifflent et qui pétaradent.
    Et tous ceux qui n’ont pas compris laissent le sommeil les surprendre
    Tandis que, d’une tyrolienne, elle leur chante la sérénade.

    Peut-être qu’un jour le chasseur prendra la place du gibier
    Et connaîtra enfin la peur de mourir juste pour l’orgasme
    Et la joie d’un joyeux farceur qui joue à le supplicier
    Afin d’ renverser la vapeur de son stress envers ses sarcasmes.

    Tableau de Michael Cheval sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20170120michael-cheval .

    
    
    
  • Les ourses étoilées

    Ce soir, premier quartier de Lune, la Petite Ourse blanche s’ennuie.
    Son petit chariot se traîne tout autour de la Voie Lactée.
    En provenance de Neptune, un bouleversement dans la nuit
    L’attrape et aussitôt l’entraîne vers sa sœur qui l’a contactée.

    Ce soir, dernier quartier de Lune, la Grande Ourse est tout éveillée ;
    En son sein naissent des comètes, jeunes pléiades étincelantes.
    La Petite Ourse, fort opportune, est leur marraine émerveillée
    Et leur offre mille planètes constellées d’étoiles filantes.

    Tableaux de Kat Fedora.

    
    
    
  • Symphony on green

    Le printemps nous a composé une symphonie embrumée
    De sons chargés de grosses gouttes sur sa partition délavée.
    Les instruments décomposés nous jouent un été enrhumé
    Qui ne parvient à notre écoute qu’en coups portés sur les pavés.

    Le réchauffement planétaire ainsi que la montée des eaux
    Luttent ensemble pour survivre dans un monde qui caracole.
    C’est la réponse de la Terre à la question dont les réseaux
    Débattent tant que je m’enivre de pluies diluviennes sans alcool.

    Tableaux de Duy Huynh.

    
    
    
  • Rhapsody in blues

    Sans la fête de la musique, sonne la Rhapsody in blues
    D’un été un peu trop timide qui n’ose chasser le printemps.
    Le piano devient amnésique d’une composition jalouse
    Entre des notes un peu humides qui dégoulinent en suintant.

    Mignonne, allons voir si s’arrosent les caprices et les tourmentes
    Qui nous agitent les saisons d’une planète en confusion !
    Or si le printemps fut morose, l’été de façon alarmante
    Bat du tonnerre sans raison avec des pluies à profusion.

    Tableaux de Duy Huynh.

    
    
    
  • Le chœur des canaris orange

    Le chœur des canaris orange

    Le chœur des canaris orange commence sa tournée d’été
    Dès que, lundi, se détermine la fin de la saison des pluies.
    Après la pandémie étrange – non mais quel printemps ça a été ! –
    Il était temps que se termine ce satané grain de folie !

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  • Solstice

    Solstice d’hiver ou d’été ? Cela dépend de l’hémisphère
    Mais tout cela revient au même : le soleil au point culminant.
    Les animaux peu hébétés par cette affaire dans l’atmosphère
    Émettent une aura sans dilemme dans le silence illuminant.

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  • À ses sœurs – 2

    La quatrième, par accident, me surprit car j’étais absent.
    Je n’ai jamais su si le père était le même que ses sœurs.
    Je me suis dit qu’en s’oxydant, un spermatozoïde adjacent
    Avait dû perdre ses repères et suivre ses prédécesseurs.

    La cinquième, là j’en suis sûr, était mon sang, Dieu m’en préserve.
    Elle était le portrait craché de sa mère mais avec mes yeux.
    Du moins c’est elle qui me l’assure et je l’accepte sans réserve
    Car j’y suis tellement attaché que réfuter serait odieux.

    La sixième resta la dernière, je commençais à m’épuiser
    À bâtir de nouvelles chambres et des meubles plus que de raison.
    Elle était un peu chicanière et d’une ardeur inépuisée.
    On l’a mariée en décembre et c’est Noël à la maison.

    Tableaux de Alyona Kosulnikova.

    
    
    
  • À ses sœurs – 1

    La première fille qui m’a marqué n’est pas celle que vous croyez
    Mais cette poupée minuscule, fruit des amours de ma jeunesse.
    Puis, la vie nous a embarqués et nous nous sommes octroyés
    De répéter au crépuscule le même échange de promesses.

    La deuxième naquit en couchette, train de nuit de l’Orient-Express.
    C’était, je crois, un premier mai car elle embaumait le muguet.
    Je l’aurais appelée « Clochette » mais c’était le nom de ma maîtresse
    Et j’ai préféré la nommer d’un prénom bien moins divulgué.

    La troisième arriva à terme dans un vieux quartier de Marseille
    Qui offrait la vue sur le port et sur la Porte de l’Orient.
    Ses cheveux et son épiderme très mat lui allaient à merveille
    Elle en reçut de bons rapports et des visages souriants.

    Tableaux de Alyona Kosulnikova.

    
    
    
  • Le solstice d’été – 2

    Le solstice d’été - 2

    Directement orienté vers l’action des rayons solaires,
    La Terre darde un œil d’été sur l’hémisphère boréal.
    Quelques aurores violentées irisent la région polaire
    Et lancent, en écho reflété, un clin d’œil à l’hiver austral.

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  • Le solstice d’été – 1

    Le solstice d’été - 1

    Après le coup de foudre au cœur dont l’amour flashe sa lueur,
    Vient le temps du coup de chaleur qui fait transpirer de sueur.
    Qu’il est doux, le frisson d’humour juste au temps des préliminaires,
    Qu’il est chaud le désir d’amour lorsqu’il est extraordinaire !

    Dessin de Jean-Pierre Gibrat.

    
    
    
  • Gare aux sangliers

    Gare aux sangliers

    Quand vous croisez sur votre route une horde de sangliers,
    N’essayez pas de les poursuivre, ne prenez pas le moindre risque,
    Car ils vous mettront en déroute jusqu’à ce que vous ressembliez
    À l’épisode marqué « à suivre » des aventures d’Astérix.

    Je sais que c’est absurde mais j’avais besoin de me détendre après un coup de fil qui m’a énervé.

    
    
    
  • L’installation

    L’installation

    Aussitôt ils ont détalé, aussitôt on s’est installé.
    Dès que les gémeaux sont partis, les cancers se sont répartis.
    On a bien joué néanmoins, on s’est bien passé le témoin.
    Maintenant on va arranger tout ce qu’ils nous ont dérangé.

    Tableau Christine Chauloux.

    
    
    
  • Les quatre saisons

    Les quatre saisons

    Amours d’étés seraient bien ternes, si elles ne tenaient la lanterne !
    Amours d’automne, bien monotones, sans leurs douces voix qui chantonnent !
    Amours d’hiver seraient glaciales, si elles n’étaient pas impartiales !
    Quant aux belles amours de printemps, que seraient-elles sans nos vingt ans ?

    Mais si, trop souvent, réclamez, votre été sera enflammé !
    Si vous les croyez religieuses, l’arrière-saison sera pluvieuse !
    Ne les jugez pas trop distantes, ou gare aux nuits réfrigérantes !
    Ne les jugez pas en retard, ou il pleuvra la Saint-Médard !

    Tableau « les quatre sœurs » de Jeni Genter.

    
    
    
  • Le cœur d’enfant

    Le cœur d’enfant

    Prête-moi ton cœur d’enfant d’homme, que je renaisse de mes cendres
    Et que ton âme de phénix ravive mes amours d’étés !
    Hier, je n’étais qu’un fantôme mais j’ai vu sur moi redescendre
    L’esprit qui remonte au zénith vers ses extases répétées.

    Tableau de Maria Pace-Wynter.

    
    
    
  • Les racines infinies

    Les racines infinies

    Parfois je touche la frontière de la vie qui semble éphémère
    Mais qui accomplit une boucle comme des racines infinies.
    Suis-je une femme tout entière qui sans cesse redevient mère,
    Ou l’homme qui cherche son couple pour redevenir enfin uni ?

    Tableau de Romi Lerda.

    
    
    
  • Le point triple

    Le point triple

    Quand les trois forces se réunissent, celle du cancer amoureux,
    Avec le changement de saison stigmatisées par le solstice,
    Les entreprises réussissent, les plaisirs sont plus vigoureux
    Et le cœur rejoint la raison dans un ardent feu d’artifice.

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  • Le chat-mane

    Le chat-mane

    C’est le chat-mane à sa fenêtre qui regarde passer le temps
    Pour observer ce qui se passe et où vont danser les souris.
    Depuis le jour qui t’a vu naître, il te guette depuis longtemps
    Pour t’accueillir dans son espace afin, qu’aujourd’hui, tu souris.

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  • Un été bienséant

    Un été bienséant

    Si le temps reste à l’orage, j’irai passer mes vacances
    Dans l’humidité sereine tout au fond de l’océan
    Avec un bel entourage qui n’a pas d’équivalence,
    J’aurai, avec la sirène, tout un été bienséant.

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  • La grosse tête

    La grosse tête

    Comme aujourd’hui c’est le solstice et que le soleil s’est caché,
    J’ai attrapé la grosse tête qui a grossi comme un ballon.
    Je suis monté vers l’interstice entre les brumes détachées
    Pour aller faire mon enquête, dussé-je en perdre mes gallons.

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  • Un petit rayon de lumière

    Un petit rayon de lumière

    Quel bonheur de laisser mûrir un petit rayon de lumière
    Et sentir sa chaleur monter dans le creuset qui le reçoit.
    Jamais sa flamme ne peut mourir tant qu’elle vit dans ma chaumière,
    Tant qu’elle m’aide à surmonter l’adversité que je perçois.

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  • Je ne puis l’attendre

    Je ne puis l’attendre (nu

    Juste avant d’aller me coucher, je l’ai un peu déshabillée
    Ou plutôt j’ai accommodé son étoffe en carte du tendre.
    Un joli buste effarouché sur ses beaux seins encoquillés
    Et sa culotte, démodée, ôtée car je ne puis attendre.

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  • Les ailes de la foi – 2

    Les ailes de la foi - 2

    Sur les ailes de la foi, je chemine en confiance,
    Les menaces volent bas et je m’élève au-dessus.
    Ces anxiétés toutefois montrent leur insignifiance
    Car elles cessent le combat devant ce que j’ai reçu.

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  • Matou sur les genoux

    Matou sur les genoux

    Heureux qui a dans son giron le doux ronron d’un animal ;
    Un petit être sans histoire qui ne cherche pas à paraître.
    Tous les sages vous le diront, il n’y a ni faute ni mal,
    Mais un bienfait libératoire à écouter l’âme renaître.

    Mon beau matou sur les genoux et le corps entier se détend !
    Je coupe le flux de l’esprit et laisse libre les échos
    Qui délient tout ce qui se noue, qui diluent dans la nuit des temps
    Tout ce qui exprime le mépris et font cœur-esprit ex-aequo.

    Je m’accorde à son diapason au rythme du divin ronron
    Qui m’emporte au-delà de l’âme vers l’être intérieur qui me guide.
    J’ai rajouté à mon blason l’image du matou en rond
    Qui fredonne à ma douce flamme pendant mes épreuves languides.

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  • Les plis de la mer

    Les plis de la mer

    Quand la mer est plissée, il faut la déplier !
    Les rouleurs de marée ont le cœur à l’ouvrage !
    Regardez-les glisser et se multiplier
    Ces planches chamarrées font un bon recouvrage !

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  • La mare aux canards

    Dans la mare aux canards
    On cherche les homards.
    Ce n’est pas un hasard,
    Il n’y a pas de lézard !

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  • Le livre de ma vie

    Quand je tourne les pages du livre de ma vie,
    Mille fleurs s’en dégagent et leurs parfums subtils.
    Tous mes rêves s’engagent dans ce chemin écrit
    Au fil des belles images et des plus beaux récits.

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  • Une sérénade pour les fées

    Ce soir une sérénade
    Sera jouée pour les fées.
    Les elfes dédient leurs aubades
    Aux êtres de la forêt.
    Accordez bien vos cymbales,
    Vos instruments à vent !
    Frappez fort sur vos timbales !
    Et vos trompettes en même temps !

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  • Bel oiseau dans le ciel

    Bel oiseau dans le ciel, je vais t’apprivoiser.
    Quand tu repasseras j’aurai les bras croisés.
    Je bondirai sur toi et je t’attraperai,
    Puis j’ouvrirai les bras sur tes ailes froissées.

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  • L’île dorée

    Accroche-toi à mon nuage !
    Embarque sur l’île dorée !
    Mesdames, Messieurs, en voyage !
    Le départ va être donné !

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  • Ce soir une rose

    Ce soir une rose
    Juste à peine éclose.
    Demain une prose
    Pour la bonne cause.
    Après-demain j’ose
    La deuxième dose :
    Une primerose,
    Sans être morose,
    Que je te dépose
    Sur tes lèvres closes.

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  • Sous les feux du soleil

    Ils réchauffent le cœur de la terre embrumée.
    Les fleurs des champs s’extirpent de cette grisaille
    Et leur astre solaire enflamme les broussailles !

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  • Un trésor dans mon jardin

    Dans mon jardin il y a un trésor
    Il pousse sous les arcs-en-ciel
    Pour le trouver, faites-un effort
    Creusez-vous un peu la cervelle…

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  • Mon image dans un nuage

    Regarde très fort dans le ciel,
    Tu découvriras mon image…
    Je l’ai cachée sous le soleil
    Bien à l’abri dans un nuage !

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  • Le pécheur de Lune – 1

    Le pécheur de Lune
    Parcourt la lagune
    Sans tristesse aucune.

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  • La sirène

    La sirène a troqué une queue de poisson
    Contre de belles jambes et un cœur sans raison.
    Ce soir cette fée sera mon berger
    Mon cœur et mon âme seront immergés !

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  • Une corde à mon arc

    Si tu me rajoutais une corde à mon arc,
    Aurais-je ta joie ou alors ta bonté ?
    Si tu me raccordais mon violon à ta marque,
    Jouerais-je l’amour ou ta félicité ?

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  • Mille bras pour t’embrasser

    Que n’ai-je mille mains pour pouvoir t’enlacer ?
    Que n’ai-je mille bras sur lesquels t’appuyer ?
    Vois ! Je n’ai que mes mots et mes belles images,
    Mais ils restent pour toi mon plus beau témoignage.

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  • La caravane passe

    La caravane passe et les chiens se sont tus…
    Ce soir un ange passe, comme un coup de massue !
    Pas un bruit pas un cri, la paix est descendue…
    Sur la terre des hommes bien au-delà des nues !

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  • Trio de barques

    Trio de barques

    L’une rêve à la Punta !
    L’autre rêve à la Nina !
    La troisième ne rêve pas,
    C’est la Santa-Maria !

    Elles ont uni leurs couleurs,
    Les trois barques de lumière !
    Elles ont uni leurs valeurs,
    Elles en portent la bannière !
    Elles vogueront ensemble
    Sous le soleil de midi,
    D’une voix qui les rassemble,
    Parleront sans perfidie.

    Un trésor de découvertes,
    Émeraudes et diamants,
    Est caché dans l’île verte,
    Sur la plage des amants.

    Seul celui qui aura le cœur
    De risquer son avenir,
    Sera vraiment le vainqueur,
    Rien ne peut le retenir !

    Car c’est bien de la lumière
    Des trois barques réunies,
    Que jaillira la lumière
    Du sol des États-Unis.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Hurlements & grondements

    Hurlements & grondements

    Quand la mer devient verte d’une aigue-émeraude,
    Quand les nuages grondent dans le ciel obscurci,
    Mêlés d’encre marine où les monstres maraudent,
    L’océan vient combattre les marins endurcis.

    Quand Jupiter se fâche à grands cris de tonnerre,
    Tous les marins redoutent ses javelots de foudre.
    Il repère ses proies de ses flashes luminaires,
    Fait cracher ses canons et fait parler la poudre.

    Neptune, fin stratège, lance alors ses renforts.
    Par des vagues immenses d’une houle opportune,
    Par bâbord et tribord, il brise les amphores,
    Et les pauvres marins jaugent leur infortune.

    Éole, enfin, déclenche la troisième légion ;
    Météorologie de typhons et cyclones,
    Hurlements de tornades sur toute la région,
    Du cruel Dieu des vents périlleux et ses clones.

    Les colères de la mer sont toujours très sévères.
    La planète en furie fait beaucoup de ravages.
    Nul n’en comprend la cause mais tous voient le calvaire
    Des navires affrontant l’immensité sauvage.

    Demain les hurlements auront laissé leur trace
    Ils céderont la place au silence de la mer
    Les grondements auront replié leur cuirasse
    Alors viendra le temps des regrets, de l’amer.

    Tableau de Fabienne Barbier