Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Lune silencieuse

    Lune silencieuse

    Lorsque tu te parais de Lune, silencieuse dans mes nuits blanches,
    Une inspiration abondait sans que j’en sache l’origine.
    Je cueillais la manne opportune qui retombait en avalanche
    Et nourrissait, puis fécondait mes vers d’une saveur sauvagine.

    Par orgueil je m’imaginais un canal du cœur maladroit
    Capable de se connecter aux révélations à l’envers
    Que mes rêves emmagasinaient en les remettant à l’endroit
    Pour au matin les collecter en écrivant mes reflets-vers.

    Alysée Rose, sortie de l’ombre, mon inspiratrice silencieuse,
    M’enrichissait ainsi les songes chaque nuit sans intermission.
    Pourquoi cette fois-ci sans encombre, s’est-elle révélée facétieuse ?
    Sans doute pour cesser tout mensonge par omission de sa mission.

    « Mais qu’attendais-tu de la Muse sinon qu’elle soit un peu rebelle ?
    Le silence est son cri d’amour et ses éclats, des feux d’humeur !
    Qu’elle s’accuse ou qu’elle s’amuse de briller trop haut ou trop belle,
    Elle te rappelle chaque jour que tu n’écris sans ses rumeurs. »

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.

    
    
    
  • D’une logique imparable

    D’une logique imparable

    La fille au cul entre deux chaises a changé sa façon de voir
    Le monde stéréotypé d’une vie de banalités.
    Sur une chaise Louis XVI, elle s’est mise debout par devoir
    Afin de mieux anticiper ses troubles de personnalité.

    Tout est relatif dans la vie ; chacun voit midi Ă  sa porte
    Et le mobilier le plus strict rivalise avec le moderne.
    Tous ceux qui sont du même avis, tous ceux-là même l’insupportent
    À tel point qu’elle en est addict à honnir ces vieilles badernes.

    Quant au sens de sa nudité… apparemment il est récent
    À en juger par les absences de hâle sur son intimité.
    Elle éveille ma curiosité un peu plus haut qu’il n’est décent
    Mais je fais preuve de patience tout en étant intimidé.

    L’ayant rencontrée au musée, elle m’a invité à l’aider
    À aménager l’intérieur de son petit appartement.
    Elle s’est dévêtue, médusée, et s’est mise à escalader
    En m’exposant son postérieur pour jauger mon comportement.

    N’étant pas vraiment spécialiste ni même gastro-entérologue,
    J’ai vanté l’aspect de son cul d’une beauté incomparable.
    Elle m’a dit être naturiste et ouvrir ainsi le dialogue
    Et je dus m’avouer vaincu par cette « logique imparable ».

    Tableau de Bill Wiman.

    
    
    
  • Les fantĂ´mes chinois

    Les fantĂ´mes chinois

    Faire naufrage en mer de Chine vous envoie directement au ciel ;
    Au ciel chinois, cela s’entend, avec des règles différentes.
    Pour faire tourner la machine du Dieu chinois concurrentiel,
    Il vous faut travailler cent ans afin de payer votre rente.

    Voilà pourquoi tant de fantômes nous arrivent du soleil levant ;
    Des boat-people aux yeux bridés mais dont le corps est transparent.
    Nonobstant ces nombreux symptĂ´mes, ils se dispersent comme le vent
    Et viennent, tout à fait débridés, hanter les toits chez nos parents.

    Des greniers, comme un coquillage, on croirait entendre la mer
    Mais si l’on tend bien son oreille, on entend plusieurs voix sereines
    Qui ressemblent à un babillage de petites et jeunes commères
    Tandis que leur nef appareille au son des cloches et des sirènes.

    Ĺ’uvre de Lin Chin-Hsien sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201804lin-chin-hsien.html .

    
    
    
  • L’ange chinois

    L’ange chinois

    Un ange chinois, pourquoi pas ? Leur sexe est déjà un mystère
    Quant à leur nationalité, on n’la leur a jamais demandée…
    Y-a-t-il autant d’épiscopats que de nations sur notre Terre ?
    Voilà une éventualité qui mérite d’être commentée…

    Aux Dieux chinois, des chérubins et cantonais et mandarins ;
    À Bouddha des anges à six mains et d’autres à tête d’éléphant.
    Aux Dieux Tataouine-les-Bains, leurs anges voguent dans des sous-marins ;
    Pour Allah, après examen, je crois qu’l’islam me le défend…

    Mais revenons aux dieux chinois et leurs archanges aux yeux bridés
    Avec Ku-Pee-Dong dédié aux amoureux si choupinous
    Et un Lu-See-Fer pékinois copié, cloné et hybridé,
    Puis qu’on aurait congédiés et envoyés vendre chez nous.

    Ĺ’uvre de Lin Chin-Hsien sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201804lin-chin-hsien.html .

    
    
    
  • La Justice clairvoyante

    La Justice clairvoyante

    La Justice aveugle, dépassée par la nouvelle société,
    A fait deux trous dans Son bandeau et rangé épée et balance.
    Elle a vu se faire tabasser par des ripoux à satiété
    Des gilets jaunes en commandos devenus notre fer de lance.

    Puis Elle a vu le roitelet se barricader au palais
    Et attendre la nuit tombée afin de promulguer ses lois.
    Puis, impunément dévoiler tout le mépris qu’il déballait
    Contre ceux qui avaient succombé sous ses coups de mauvais aloi.

    La Justice alors a vomi le garde des sceaux tout d’abord,
    Puis le ministre de l’intérieur, commandant des forces de l’ordre.
    Il n’y aura pas de compromis ; tous ceux qui sont du même bord
    Seront bottés au postérieur ; Elle ne veut pas en démordre.

    Tableau d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery33352135Othello .

    
    
    
  • La censure, mesure d’état

    La censure, mesure d’état

    Si la liberté d’expression est aujourd’hui controversée,
    Sans doute est-ce le résultat d’un excès de communication ;
    On nous soumet à des pressions qui ont pour effet inversé
    De provoquer des vendettas punies d’excommunication.

    Car la nouvelle religion dictée par les gouvernements
    Décrète que la vérité sort de la bouche des médias ;
    Ces nouveaux prêtres sont légion sur tout l’internet qui nous ment
    Par mesure de sécurité et nous fustige dans l’immédiat.

    « Si tu ne penses pas comme moi, c’est donc que tu n’es pas mon frère !
    Si ce que tu dis nous dérange, tais-toi, laisse-nous dans l’ignorance !
    Nous, ce qu’on veut en fin de mois, c’est partir avec nos confrères
    En vacances comme ça nous arrange dans la totale indifférence ! »

    Ainsi pour vivre « comme avant », faisons comme les trois petits singes :
    Ne disons rien, n’écoutons rien, ne regardons pas ce qui fâche.
    Mettons-nous plein de paravents contre ce qui heurte nos méninges ;
    Soyons dociles, épicuriens, soumis sous les coups de cravache !

    Tableau de Christophe Lorain.

    
    
    
  • Demain les sirènes

    Demain les sirènes

    Demain les sirènes, allongées sur les vestiges du passé,
    Nous montrerons que les chimères ont survécu aux cataclysmes.
    Leur existence prolongée au regard de la nôtre effacée
    Montrera combien éphémère était notre fier humanisme.

    Sur un bout de couronne noyée de la Statue-de-la-Liberté,
    Elles joueront la queue dans l’eau sur les décombres fracassés.
    Sans doute, un temps apitoyées sur les rivages désertés
    Par les navires et leurs matelots, qu’elles sauront vite s’en passer.

    Tableau d’Eric Velhagen sur https:ericvelhagen.carbonmade.comprojects2672751 .

    
    
    
  • Histoire d’œufs en accordĂ©on

    Pour une fois, chacun son tour, la sirène a trouvé son maître ;
    Un marin accordéoniste à la voix suave de velours.
    Il a péché ses beaux atours en lançant dans le périmètre
    Son grand filet protagoniste pour une belle histoire d’amour.

    Il découvrit dans son chalut comme une sirène inattendue ;
    Dans son filet, elle a trouvé comme un hamac improvisé.
    Ensemble, il leur aura fallu hisser, une fois bien tendu,
    Leur lit d’amour vite éprouvé par leurs désirs favorisés.

    Une fois le marin repartit, elle est restée dans son logis
    Car mûrissaient dans sa matrice autant d’œufs que d’accouplements
    Qui violaient en contrepartie les lois de la généalogie
    D’une valeur divinatrice avec le charme en supplément.

    Septembre vint, pas monotone car, orné de feuilles mordorées,
    Le nid a vu sa couvaison cachée comme un caméléon.
    Ils ont tous éclos en automne avec une jolie queue dorée,
    Les nageoires à l’inclinaison pareille à un accordéon.

    Tableaux de Hanna Silivonchyk sur https:www.liveinternet.ruusers4248621post178925949 .

    
    
    
  • Elle aime se faire emballer

    Elle aime se faire emballer

    Pour emballer ses prétendants, elle se couchait dans les filets
    De son hamac, bien exposée comme une proie à emporter.
    Elle décomptait en attendant les princes charmants défiler
    En guettant le présupposé gros lot qu’elle pourrait remporter.

    On l’appelait la jardinière ; elle proposait ses fruits bien mûrs
    Aux chalands qui pouvaient tâter – Ă  condition de bien payer.
    Le soir, vêtue d’une marinière, on la voyait raser les murs,
    Presque nue pour mieux appâter les retardataires égayés.

    Illustration de Robert McGinnis.

    
    
    
  • Elle aime se faire dĂ©shabiller

    Elle aime se faire déshabiller

    Elle est passée maîtresse d’armes par le jeu de la séduction
    En croquant d’une botte secrète le cœur battant de ses amants.
    Elle dévoile un à un ses charmes patiemment en introduction
    Par le sex-appeal qu’elle sécrète et qui les gobe goulûment.

    C’est une amante religieuse qui fait aux homme découvrir Dieu
    Juste avant la petite mort qui leur transpercera le cœur.
    Mais sa prestation élogieuse leur laisse un sourire radieux
    Au moment oĂą ces matamores se croient devenus son vainqueur.

    Illustration de Robert McGinnis.

    
    
    
  • Les trĂ©sors de ma licorne

    Par le secret de la licorne et de la grande pyramide,
    Tout ce qui paraît chimérique ouvre une porte sur l’autre monde.
    Le monde austère des capricornes et du cancer, ce grand timide,
    Avec les lions d’Amérique et de la vierge vagabonde.

    Mais la licorne est télépathe, elle perçoit tout comme un devin,
    Comme un scorpion muni d’antennes qui fait des rappels de piqûre.
    Les pieds sur Terre à quatre pattes, elle coule d’un ruisseau divin
    Qui alimente ma fontaine d’une eau aux reflets d’Épicure.

    Pourquoi ce besoin de recourir à la magie ? Les chrétiens ont besoin de se raccrocher aux miracles, à la résurrection et au paradis ; les scientifiques ne jurent que par le monde merveilleux de la physique quantique ; d’autres ne rêvent que d’elfes, de fées et de sorcières et même le monde capitaliste croit à la magie de l’argent avec les millions du lotos, les palaces et le grand pouvoir de la jet-set. Moi, j’aime bien rêver à ma licorne.

    Tableaux d’Agnès Boulloche.

    
    
    
  • De la petite Ă  la grande ourse

    De la petite Ă  la grande ourse

    Lorsque la Lune fait ses malles pour survoler notre planète,
    Elle emprunte les voies des cieux de la Petite Ă  la Grande Ourse.
    Et ces dernières se trimballent autant d’étoiles que de comètes
    Car que le bal doit rester gracieux jusqu’à ce que finisse la course.

    Tableau de Catrin Weltz-Stein.

    
    
    
  • La bonne tĂŞte

    La bonne tĂŞte

    Que j’aimerais changer de tête pour mieux emballer mes conquêtes !
    Au matin, une qui va m’asseoir fortune et bonne renommée ;
    À midi, figure de fête pour déjeuner en tête-à-tête ;
    Prince charmant quand vient le soir pour séduire ma bien-aimée.

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  • L’inconnu

    L’inconnu

    Je ne cherche pas Ă  comprendre ni Ă  traduire de mes mots
    Ce qui échappe à mes usages et à tout ce que j’ai appris.
    Alors quand je me fais surprendre par des phénomènes anormaux
    Je m’extrais de mon formatage jusqu’à ce que j’aie enfin compris.

    Tableau de je-ne-sais-qui représentant je-ne-sais-quoi.

    
    
    
  • L’amour en voiture

    L’amour en voiture

    Je reconnais les intrépides à la couleur de leurs voitures,
    Toujours sur les chapeaux de roues pour goûter les fruits de l’amour.
    Mais leurs soubresauts trop rapides emballent souvent leur monture
    Et tout ça finit dans un trou en dépit des freins à tambour.

    Tableau de David Martiashvili.

    
    
    
  • Le scorpion-taureau

    Le scorpion-taureau

    L’un met la régularité par sa patience persévérante,
    L’autre, d’une intuition réflexe, sait bondir sur les occasions.
    Deux natures fort différentes quoiqu’en complémentarité
    D’un taureau plutôt terre-à-terre et un scorpion bien trop complexe.

    Mais parfois le taureau répond et encorne cet aigrefin
    Et celui qui pointe son dard est Ă  deux doigts de succomber.
    Mais l’eau coulera sous les ponts avant de connaître la fin
    Pour savoir des deux étendards, qui est vainqueur, qui est tombé.

    Tableau de Nicola Pucci.

    
    
    
  • Les appas de la scorpionne

    Les appas de la scorpionne

    Cette puissance séductrice frappe directement au cœur
    Lorsque ses appas m’hypnotisent et me prennent dans leurs filets.
    Et mes envies reproductrices me pompent toute ma liqueur
    Envers ce désir qui m’attise dont je ne puis me défiler.

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  • Quand il est chou

    Quand il est chou

    « Lorsque plus d’un navire s’échoue », le verbe reste au singulier.
    « Quand moins de deux navires s’échouent », le verbe repasse au pluriel.
    Ça me fait tomber dans les choux tous ces accords irréguliers
    Qui font, du français, le chouchou des exceptions caractérielles.

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  • Le masque de naissance

    Le masque de naissance

    Les souvenirs qui se décantent des pensées que je remémore
    Sont comme un masque de naissance qui revient à l’anniversaire.
    Et cette journée conséquente au-delà de la vie et la mort
    Me connecte à la connaissance de tout ce qui m’est nécessaire.

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  • Le pont des fous (Inde

    Le pont des fous (Inde

    Quand l’obstacle parait impossible et le passage impraticable,
    Tous les gens de bonne expérience savent qu’il ne faut rien tenter.
    Parfois, c’est incompréhensible et c’en est même inexplicable,
    De voir par quelle imprévoyance quelques fous ont pu l’arpenter…

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  • Le pont des dĂ©fiances (Royaume-Uni

    Le pont des défiances (Royaume-Uni

    Quand je franchis mes habitudes en passant le pont des défiances,
    Je suis un peu déboussolé en passant d’une rive à l’autre.
    Peut-être est-ce dû à l’amplitude de mes nouvelles expériences
    Mais je pourrai me consoler quand je trinquerai à la vôtre !

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  • Une bougie pour maman, une bougie pour papa

    Aujourd’hui ça fait trois ans, qu’elle est partie loin de moi ;
    Elle a attendu longtemps pour que je la reconnaisse.
    Aujourd’hui je pense à toi, après ces trente-six mois
    Et j’allume une bougie pour que ton âme renaisse.

    Ça fait sept ans maintenant que tu as quitté la vie
    Pour veiller sur tes enfants sur le navire amiral.
    Es-tu devenu capitaine ? Commandant en prĂ©avis ?
    As-tu connu les sirènes ? Leur Ă©cho est-il spiral ?

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  • Mes bateaux de la lanterne

    Mes bateaux de la lanterne

    Mes bateaux de la lanterne, où la lune s’est accrochée,
    Emmanchée en haut du mât pour illuminer la nuit,
    Avec des bateaux complices, ils vont bientĂ´t approcher
    Les ténèbres à l’horizon comme un soleil de minuit.

    Bateau-lune ou bateau-phare, ils ont de multiples noms.
    Mes bateaux de la lanterne, aux mâts tout illuminés
    Et qui arborent la Lune comme un précieux gonfanon
    Pour guider les nefs perdues dans les tempêtes embruinées.

    Un jour mon père a sorti son bateau resté à quai.
    Il est parti loin derrière l’horizon de l’océan.
    Il ne reviendra jamais, il a rejoint le banquet
    Des anges qui l’ont reçu comme un naufragé céans.

    Puis ma mère a affrété une barque bien discrète.
    Partie comme pour le marché mais a croisé la tempête.
    Son bateau s’est fracassé sur les terribles arêtes
    Des récifs de compassion, sans tambour et sans trompette.

    Moi, mon bateau est petit ; pas de voile, juste deux rimes.
    Sur mon mât sobre et ténu, j’ai attaché une étoile.
    Souvent je pars dans la nuit, dans la noirceur de déprime
    Et je troue l’obscurité d’un fin éclat sur la toile.

    Tableau de Fabienne Barbier