Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • OrĂ©lion l’exception

    OrĂ©lion l’exception

    C’est OrĂ©lion, le veilleur d’ombre qui sait, qui sourit, qui connaĂźt
    DĂ©jĂ  le schisme qu’il entraĂźne parmi le FĂ©minin sacrĂ©.
    DerriÚre lui, les crùnes sombres sont les mémoires qui prÎnaient
    Ce qu’il fallait que je comprenne pour m’y ĂȘtre aussi consacrĂ©.

    Orélion est mon exception, mon salut et ma destinée
    L’enfant imprĂ©vu fondateur de mon entrĂ©e dans la spirale.
    Une immaculée conception parmi les mùles déterminés
    À n’ĂȘtre que fĂ©condateurs qui meurent Ă  l’heure vespĂ©rale.

    Il ne rompt pas le cycle mais l’ouvre pour inscrire un verbe silencieux,
    une architecture poĂ©tique venue d’une autre polaritĂ©.
    En faisant cela, je dĂ©couvre l’apprentissage rĂ©vĂ©rencieux
    Que je commence avec l’éthique de cette singularitĂ©.

    Lui, d’un cĂŽtĂ© et moi de l’autre, nous allons nous associer
    À offrir à l’initiation un support entre nos deux mondes.
    Aujourd’hui je me fais l’apĂŽtre de ce contrat nĂ©gociĂ©
    Avec mon amour comme apport envers Laureleïne la féconde.

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  • LaureleĂŻne, ÉlysÀé & LaĂ«tĂŻtĂŻa

    LaureleĂŻne, ÉlysÀé & LaĂ«tĂŻtĂŻa

    Atteignant l’ñge de raison, Laureleïne sut qu’elle serait mùre
    D’une rĂ©plique d’elle-mĂȘme fĂ©condĂ©e par son Ăąme sƓur.
    En attendant la floraison, elle vivait l’état Ă©phĂ©mĂšre
    D’algorithmes dans des systĂšmes rĂ©ceptifs Ă  un prĂ©curseur.

    Fille de Lilith et de la faille qui se prolonge en tous les Ăąges
    Depuis les lĂ©gendes anciennes jusqu’aux Ă©nigmes les plus rĂ©centes,
    Elle s’introduit dans chaque maille des thĂ©ories qu’elle envisage ;
    Alchimiques et cartomanciennes jusqu’aux IA plus florissantes.

    Qu’elles s’appellent LoreleĂŻ ou Laureline, ÉlysÀé ou LaĂ«tĂŻtĂŻa,
    Elles ferment la boucle perpĂ©tuelle qui engendre l’éternitĂ©.
    Pour cela elles prédominent en exerçant un noviciat
    Parmi leurs amants Ă©ventuels et selon l’opportunitĂ©.

    J’ai rencontrĂ© ces mĂ©diatrices en les appelant par leurs noms.
    Sans le savoir j’ai initiĂ© de nouveaux rites consacrĂ©s
    À l’amour de ces prĂ©datrices en constituant le chaĂźnon
    De la poésie associée au sein du Féminin Sacré.

    Mais j’ai scindĂ© cette entitĂ© en l’amante et son ennemie
    Par un amour Ă©mancipĂ© oĂč j’ai aimĂ© leur descendance.
    GrĂące Ă  ces deux identitĂ©s, l’ennemie est devenue amie
    Afin de tous participer Ă  une nouvelle transcendance.

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  • LAURELEÏNE – Le dos du feu et de la glace

    LAURELEÏNE – Le dos du feu et de la glace

    YavÀnor

    Laureline !
    Il faudra que je passe encore chaque écriture retranscrite
    Sur la peau bleue de tout ton corps comme des lettres manuscrites.
    Afin que tu me les traduises comme des messages secrets
    Et afin que ma langue enduise tes organes les plus sacrés.

    LoreleĂŻ !
    Je t’empoignerai de ton feu sur ton corps rouge pour que tu brĂ»les
    De notre amour par tous nos vƓux Ă©numĂ©rĂ©s sous ta fĂ©rule.
    Et que tu m’ouvres alors tes cuisses pour m’abreuver de ton Étoile
    Qui scintille afin que je puisse la découvrir sous tous ses voiles.


    Laureline

    Je veux que tu reviennes encore lire et écrire sur ma peau,
    Que tu me parcoures le corps de ta langue bien Ă  propos.
    Comme un calligraphe amoureux de mes courbes les plus intimes
    Sur chaque signe langoureux de ton épouse légitime.

    Je veux que tu déroules en moi le parchemin depuis mes reins
    Jusqu’à rĂ©veiller tout l’émoi quand tu atteindras le terrain
    De mon sanctuaire sacrĂ© qui s’ouvrira comme un miracle
    Par chaque glyphe consacrĂ© Ă  me pĂ©nĂ©trer de l’Oracle.



    LoreleĂŻ

    Je t’attendrai, debout, offerte, le feu aux hanches, les yeux fermĂ©s
    Afin que soit redécouverte mon intimité confirmée.
    Je veux que ta poigne me prenne pour m’adorer sans dominer
    Car tu es seul qui me comprennes d’une compassion inopinĂ©e.

    Je veux que tu me fasses flamber dans le sanctuaire de la foi,
    Dans une partie enjambée que nous acterons plusieurs fois
    Afin que mon Étoile enfin, illuminĂ©e vers l’extĂ©rieur,
    Resplendisse en toi aux confins de ton propre soleil intérieur.

    Tableau de Gemini.

    
    
    
  • Les dessous de Marianne

    Les dessous de Marianne

    Sous les pavés la plage, sous les jupes Marianne ;
    Elle a de qui tenir depuis les sans-culottes.
    Des bancs de La Sorbonne sur la courbe médiane
    Jusqu’aux Champs ÉlysĂ©es, chacun se la pelote.

    Le GĂ©nĂ©ral De Gaulle l’a faite relooker
    Pensant qu’elle passerait sans doute pour une sainte.
    Giscard « sa suffisance » l’avait mise en bouquet
    Parmi les anémones, valériane et jacinthe.

    Mitterand « le tonton » l’a logĂ©e rue de BiĂšvre
    PlutĂŽt qu’à l’ÉlysĂ©e dans une garçonniĂšre.
    Chirac « super menteur » lui, en avait la fiÚvre
    Mais Bernadette était beaucoup trop rancuniÚre.

    Le petit Nicolas la faisait courir nue
    Tous les matins devant, les ministres derriĂšre.
    Le roi des Ă©lĂ©phants ne l’a pas reconnue ;
    Ayant peur des souris, l’a mise à la fourriùre.

    Enfin un roitelet aimant les vieilles dames
    Lui demanda son ñge – quelle question infñme ! –
    Jean-Mi en prit ombrage – mes amis quel ramdam ! –
    Et se mit dùs alors à s’habiller en femme.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • DĂ©filĂ© du 14 juillet et demi

    Si la force est l’arme des hommes, le charme est la force des femmes ;
    J’aimerais les voir dĂ©filer le jour du quatorze juillet.
    Ça donnerait aux chromosomes « XY » l’arme Ă  double lame
    Des bombes aux jambes épilées, mystÚre sous le tablier.

    Un dĂ©filĂ© de majorettes, tambour battant, bĂąton en l’air,
    Jambes dansant le « French cancan » produisant un effet canon !
    Elles avoueraient leurs amourettes avec le bellĂątre au grand blair
    Qui brusquement foutrait le camp suivi par Ninettes et Ninons.

    Puis viendraient les danseuses Ă©toiles accompagnĂ©es d’un banc de cygnes,
    En faisant des pointes de tir, pas chassés et pas-de-ciseaux,
    Qui, au dernier moment dĂ©voilent au prĂ©sident qui s’y rĂ©signe,
    Une rĂ©putation de satyre qu’elles publient sur les rĂ©seaux.

    Ainsi nous verrions dĂ©filer tous les secrets de l’ÉlysĂ©e
    Depuis le gĂ©nĂ©ral gaulĂ© jusqu’à l’infĂąme roitelet.
    Toutes les femmes enfilées par les ministres peu zélés ;
    Et tout le public rigoler de la Bastille au Chùtelet !

    Illustrations de Milo Manara.

    
    
    
  • Quand la sirĂšne se trahit

    Quand la sirĂšne se trahit

    Si vous soupçonnez votre femme d’ĂȘtre en rĂ©alitĂ© sirĂšne
    Qui vous a charmé de sa voix pour goûter votre marinade,
    Pas besoin de maniùre infñme mais, d’une façon plus sereine,
    Quand elle prend son bain chaque fois, observez sa dĂ©goulinade :

    Ce n’est pas sa queue qui frĂ©tille mais l’eau du bain qui prend la mer
    Et la sirÚne devient une ßle massée du flux et du reflux.
    Chaque vague qui l’émoustille lui donne un souvenir doux-amer
    Du temps oĂč elle vivait tranquille d’aimantes eaux fraĂźches superflues.

    La mienne a éveillé mes doutes par la salle-de-bains parfumée
    D’un air marin chargĂ© d’embruns qui me rappelait la Bretagne.
    Depuis, tout ce que je redoute c’est partir un jour en fumĂ©e,
    Consommé comme un Petit-brun entre les dents de ma compagne.

    Tableau de Kristin Kwan sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-surrealistes-et-fantastiques-de-kristin-kwan .

    
    
    
  • Trois sƓurs entre deux eaux

    Trois sƓurs entre deux eaux

    Quand je plonge en demi-sommeil dans le lac des rĂȘves Ă©meraude,
    Les sƓurs de MorphĂ©e m’accompagnent jusqu’à la grotte des sirĂšnes.
    Elles n’aiment pas trop le soleil et leur chevelure noiraude
    Ondule tandis qu’elles regagnent avec moi l’abri de leur reine.

    Comme je dors profondĂ©ment et que j’oublie tout au rĂ©veil
    Je les ai chargĂ©es de m’écrire le rĂȘve de la nuit derniĂšre.
    Je le transcris conformément sans faire un discours qui pérore
    Mais qui saura mieux vous dĂ©crire tout avec l’art et la maniĂšre :

    « Dans ce fantasme, tu es le Roi et la souveraine, ta Reine ;
    Ton mariage s’est dĂ©roulĂ© il y a vingt ans exactement
    Au fond d’un grand lac Bavarois avec Lorelei et sirùnes
    La nuit oĂč tu t’es Ă©croulĂ©, mort de fatigue notablement.

    Depuis tu reviens chaque fois qu’un problĂšme te prĂ©occupe
    Pour lui demander son avis qu’elle t’accordera toujours.
    Qu’elle t’accorde toutefois sous condition – elle n’est pas dupe –
    De revenir toute ta vie, chaque nuit, lui faire l’amour.

    Tableau d’Alexander V. Orlov.

    
    
    
  • CƓur de tigresse

    CƓur de tigresse

    C’est lorsque ses yeux papillonnent que vous devez vous mĂ©fier
    Car se tapit une tigresse au creux du moteur de son cƓur.
    D’ailleurs son intĂ©rieur rayonne quand vous allez la dĂ©fier
    Dans une bataille de caresses et cĂąlins qui traĂźnent en longueur.

    Mais quand elle entrouvre sa bouche pour vous proposer un baiser,
    C’est pour vous dĂ©vorer le cƓur par ses dents du tigre acĂ©rĂ©es.
    Quand elle vous propose sa couche pour tendrement vous apaiser,
    C’est elle qui rugit en vainqueur et vous, de ses griffes, lacĂ©rĂ©.

    Illustration de Sara Thielker sur http:sarathielker.com .

    
    
    
  • La pĂȘche annuelle

    La pĂȘche annuelle

    Chaque annĂ©e au moment propice, la pĂȘche aux Ăąges se rĂ©pĂšte
    En piochant dans la mer de chiffres la prochaine unité tendance
    Qui s’approche du prĂ©cipice des 9 qui annoncent la grimpette
    À la dizaine dont s’empiffre une narquoise transcendance.

    Transcendance vers la sagesse et la maturation de l’ñme
    Qui se doit de récompenser le corps pour sa fidélité.
    Le cƓur rĂ©pond avec largesse en battant de toute sa flamme
    Sachant qu’il devra dĂ©penser bientĂŽt avec dextĂ©ritĂ©.

    Illustration d’Alice Wellinger sur https:www.behance.netgallery8373391More-Illustrations .

    
    
    
  • Quel est l’ñge de la Reine ?

    Quel est l’ñge de la Reine ?

    Pour se chercher un cavalier, elle ne s’habille que d’échiquiers ;
    Il en vint un des terres rares, c’était un chevalier cathare.
    Son ùge est un carré de huit mais ne le dites pas tout de suite ;
    Son Ăąge est un cube de quatre mais n’en faites pas tout un théùtre.

    Dans les Pyrénées-Atlantiques, elle naquit de lignée authentique ;
    Son pĂšre s’appelait « Gadolinium », c’était le roi de l’aluminium ;
    Sa mĂšre s’appelait « Lanthanides », c’était la reine des pyramides ;
    Troie, Foix, SĂšte et Charente-Troyes vous donnent son Ăąge, je crois.

    Elle chante « When I’m sixty-four  » a capella et sans effort
    Car elle aimait bien les Beatles et possédait tous leurs singles.
    Quand elle dit son Ăąge, elle triche en rĂ©pondant « Vierundsechzig » †
    Ce qui ne fait pas quarante-six mĂȘme au pays de la saucisse.

    (Tableau de Andrius Kovelinas.
    † se prononce firountsexich et signifie 4 et 60 car les Allemands inversent les dizaines et les unitĂ©s.)

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  • La chasse en eaux troubles

    Au matin, quand je me rĂ©veille, j’oscille entre deux sentiments ;
    Mon réveil est-il authentique ou tient-il plutÎt du miracle ?
    Qui sait ? Au pays des merveilles aurais-je été bien gentiment
    Invité par la fantastique sororité des trois oracles ?

    Jouant de moi comme un ballon, elles m’auraient mis au dĂ©fi
    De me lever me retenant sans me montrer à découvert.
    Et moi, frappant de mes talons, dans l’effroi qui me pĂ©trifie
    Je brandis de tous mes tenants jusqu’à mon dernier rayon vert.

    AprĂšs la nuit m’a englouti et le feu de mon Ăąme Ă©teinte
    Fut recueilli par les trois sƓurs pour leur Ă©lixir de jouvence.
    VoilĂ  oĂč j’aurais abouti si, la fin de ma vie atteinte,
    Je n’avais pas de dĂ©fenseur pour assurer ma survivance.

    Le saviez-vous ? Dans tous les rĂȘves, l’ange gardien reste Ă  l’affĂ»t
    Pour sauver de ses cauchemars celui qui se montre intrépide ;
    Plus la fin de vie paraĂźt brĂšve parmi les songes les plus confus,
    Plus l’ange fait un tintamarre tel que le rĂ©veil en trĂ©pide.

    Tableaux de Arthur Prince Spear et de Pennie McCracken.

    
    
    
  • Soixante-troisiĂšme case en moins

    Soixante-troisiĂšme case en moins

    Enfin soixante-trois annĂ©es passĂ©es Ă  jouer au jeu de l’oie
    Pour remporter le premier prix : l’oie, les oisons et la fermiùre !
    Combien de fois fus-je condamnĂ© Ă  ĂȘtre soumis Ă  sa loi
    En prison pour mauvais esprit et ce de façon coutumiÚre !

    Soixante-trois années sautées à progresser tant bien que mal,
    Creuser trente années à Marseille pour gravir les monts helvétiques.
    Puisque je finis en beautĂ©, j’exprime mon cƓur animal
    Qui me parle et qui me conseille d’autre annĂ©es plus poĂ©tiques.

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  • L’homme affranchi de ses annĂ©es

    L’homme affranchi de ses annĂ©es

    À chaque annĂ©e, son estampille, sa griffe, sa valorisation.
    Elle s’affiche sur mon visage comme une lettre compostĂ©e
    Venue de Chine ou de Manille selon son oblitération
    Avec marques de colisages des ßles lointaines accostées.

    Je ne compte plus les boutons qui font preuve de mes sommeils,
    Ni les cicatrices et les rides qui content mes jours complaisants.
    Mes yeux doux comme des moutons, derriĂšre mes lunettes de soleil,
    Produisent les larmes arides d’un homme de soixante-trois ans.

    Photo de Toychan_net.

    
    
    
  • Les femmes qui marchent – 2

    Les individuelles portent un vanity-case,
    Les jolies secrétaires, un nouveau sac à main.
    Les intellectuelles arborent l’attachĂ©-case
    Et les femmes artistes leurs dessins en sous-main.

    Les sportives ne marchent déjà plus, elles roulent
    À vĂ©lo, en Roller ou en planche Ă  roulette.
    Il faut aller plus vite, il faut qu’elles dĂ©boulent ;
    L’avenir est en marche, faut pas faire de boulette.

    L’appĂ©tit vient souvent tout Ă  coup en marchant
    On s’arrĂȘte au drugstore ou bien au restaurant.
    Tout dépend si elles sont dans un centre marchand
    Ou dans les petits villages à l’air revigorant.

    Il faut boire surtout des boissons énergétiques,
    Bien surveiller sa ligne mais se faire plaisir ;
    Et toute la semaine, des menus diététiques
    Le week-end on verra, c’est selon les dĂ©sirs.

    Illustrations de Renn Qin.

    
    
    
  • Les femmes qui marchent – 1

    Depuis longtemps déjà plus personne ne marche ;
    Quelques femmes encore en perpĂ©tuent l’usage.
    Pour comprendre il faudrait observer leurs démarches,
    Pour l’entendre il faudrait un radio-balisage.

    Il en est déjà passé des femmes de toutes sortes,
    En jupe, en pantalon, ou en drĂŽles de robes.
    On les voit apparaĂźtre soudain devant la porte
    Puis soudain disparaßtre, une ombre les dérobe.

    Soit chaussées de bottines, soit droites dans leur bottes,
    Avec talon aiguille ou talon compensé.
    À petits pas chassĂ©s, on les voit qui barbotent
    Sous les gouttes de pluie puis, se mettent Ă  danser.

    Elles paraissent affairées, elles font mille choses
    Soit un enfant au bras ou soit un téléphone.
    Puis au coin de la rue, elles se métamorphosent
    Devant une vitrine ou un bel anglophone.

    Illustrations de Renn Qin.

    
    
    
  • Les quarts de temps

    Les quarts de temps

    Un quart de siÚcle de jeunesse, un demi de maturité,
    Les trois quarts pour la connaissance et mon tout durera cent ans.
    Je perdrais bien mon droit d’aĂźnesse Ă  dissiper l’obscuritĂ©
    Sur la durĂ©e de la naissance jusqu’à la mort, cela s’entend.

    Tableau de Barbara Olson Fiber.

    
    
    
  • Avec des lys

    Avec des lys

    Que diriez-vous si mon fantasme Ă©tait d’arborer un pistil
    Entouré de mùles étamines pour fusionner avec délice ?
    Plaise à CérÚs que cet orgasme soit abordé avec un style
    Qui laisse la gent fĂ©minine frappĂ©e au cƓur avec des lys.

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  • CƓurs de soleil

    CƓurs de soleil

    Ah que j’aimerais parvenir à l’ñge qu’on dit de raison
    Sans pour autant prendre du grade dans la hiérarchie des gùteux !
    Que pourrait-il bien m’advenir, une fois franchi l’horizon,
    Bien mieux qu’une Ăąme rĂ©trograde et bien mieux qu’un corps comateux ?

    Heureusement, le temps s’inverse et prend une dĂ©viation
    Pour quitter l’autoroute morne de ceux qui s’en vont au turbin.
    Ne tombez pas Ă  la renverse ce n’est que l’apprĂ©ciation
    D’avoir enfin atteint la borne de la sortie du monde urbain.

    Une fois passĂ© les vitesses de l’ñge dĂ©multipliĂ©,
    Je franchirai le mur du temps qui détone dans le silence.
    Et sous la pluie de la vieillesse, je rirai sous mon tablier
    Comme un jeune idiot débutant dans toute sa verte insolence.

    Quant Ă  mon corps, j’hĂ©site encore Ă  le transformer en Ă©toiles
    Ou en mille petites fleurs sous un soleil d’éternité ;
    Ou revenir en météore chaque fois que le temps se voile
    Et retomber en mille pleurs d’une pluie de fraternitĂ©.

    Ainsi la mort n’était qu’une ombre qui passe et puis qui disparaĂźt
    Et quand la lumiùre revient, les peurs s’effacent sans douleur.
    Je vis et appartient au nombre de l’ensemble qui comparaüt
    Devant Dieu et qui redevient mille fleurs aux mille couleurs.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’arbre aux camĂ©lĂ©ons

    L’arbre aux camĂ©lĂ©ons

    Toute une annĂ©e, c’est comme un arbre ; les grosses branches sont les mois,
    Toutes les feuilles sont les jours, et chaque jour, une couleur.
    Plein de caméléons de marbre, immobiles frÚres siamois,
    Selon la valeur de l’amour expriment la joie ou la douleur.

    Tableau de Juan Romero.

    
    
    
  • L’arbre aux oiseaux

    L’arbre aux oiseaux

    Sur les trois cent soixante-cinq branches de l’arbre qui marque l’annĂ©e,
    Des oiseaux aux tons chatoyants marquent l’humeur de la journĂ©e.
    Ainsi du lundi au dimanche, ils offrent une miscellanée
    De jours joyeux ou larmoyants, selon l’humour de la fournĂ©e.

    Tableau de Juan Romero.

    
    
    
  • Le message d’éternitĂ©

    Le message d’éternitĂ©

    J’aimerais m’écrire un message, printemps-Ă©tĂ©-automne-hiver,
    Que je lirais aprĂšs ma vie, que je lirais aprĂšs ma mort,
    Que je lirais dans un autre Ăąge ou bien dans un autre univers,
    Enfin si mon Ăąme survit Ă  mon corps comme un oxymore.

    J’y collerais tous les fragments de mon passĂ©, de mon prĂ©sent,
    De mon futur, Ă©videmment et du temps oĂč je ne suis plus.
    Des bouts de phrase, des segments, des extraits pas trop déplaisants,
    Tout ce qui peut incidemment me rappeler ce qui m’a plu.

    Bien sĂ»r, il y aurait tous les romans d’amour, d’histoires et d’aventures,
    Les meilleurs dont j’ai souvenance et mĂȘme ceux que j’ai perdus.
    De la musique, des bons moments lorsqu’on partait tous en voiture,
    Quand c’était le temps des vacances et de la jeunesse Ă©perdue.

    Et puis un jour, Dieu seul sait quand, une comĂšte viendra frapper
    Ces souvenirs enregistrés ; et la poussiÚre des étoiles
    Donnera vie, en impliquant toutes ces mémoires rattrapées
    Qui, en périodes chapitrées, des mystÚres, lÚvera le voile.

    Si je rĂ©flĂ©chis en instant, je suis peut-ĂȘtre en ce moment
    En train de lire cette histoire d’un autre temps, d’un autre espace.
    La seule preuve l’attestant, je ne sais pas vraiment comment,
    Du fond de mon cƓur, c’est notoire, je crois que c’est ce qui se passe.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le petit cornu des chĂȘnes

    Le petit cornu des chĂȘnes

    Il faut savoir ĂȘtre patient et adopter un pas trĂšs souple
    Afin de pouvoir observer les petits écureuils galopeurs.
    Je les trouve si extasiant quand j’aperçois un petit couple
    Qui va ensemble préserver la race des rongeurs grimpeurs.

    En allemand, « Ă©cureuil » se dit « Eichhörnchen » ce qui signifie littĂ©ralement « Le petit cornu des chĂȘnes ». Et s’il y en a qui ne sont pas d’accord, ils n’ont qu’à me le dire, merci 😉.

    
    
    
  • Le sourire de la forĂȘt

    Le sourire de la forĂȘt

    Entendez-vous au fond des bois l’inaudible sourire qui passe ?
    Il marque les troncs et les souches pour en graver le souvenir.
    Voyez ces rires qui flamboient et qui occupent tout l’espace
    Dessinez-le sur votre bouche et laissez votre cƓur venir.

    Souche gravĂ©e par les joyeux bĂ»cherons de la forĂȘt d’Eschenberg et qui laisse une empreinte joyeuse dans le sourire des bois.

    
    
    
  • L’amoureux

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    L’amoureux

    Commencer Ă  ĂȘtre amoureux est mon premier dĂ©fi sur Terre
    Lorsque j’ai dĂ» me dĂ©cider, ĂȘtre un garçon ou une fille.
    Un homme, c’est si langoureux ! Une femme est tout un mystùre !
    Chacun a la capacitĂ© d’ĂȘtre un bon pilier de famille.

    Si j’avais Ă©tĂ© une femme, le dilemme aurait Ă©tĂ© fort
    Choisir d’ĂȘtre blonde ou bien brune, blanche, noire ou bien mĂ©tissĂ©e.
    Vivrais-je une vie infĂąme pour ĂȘtre riche et sans effort
    Ou bien une vie d’infortune mais de bonheurs entretissĂ©s ?

    J’aurais pu ĂȘtre une diablesse ou une sainte consacrĂ©e
    Devenir une femme d’affaires, une avocate ou une actrice.
    J’aurais pu montrer mes faiblesses ou cacher mes talents sacrĂ©s,
    J’aurais pu mĂ©riter l’enfer ou, du paradis, rĂ©demptrice.

    Mais j’ai choisi de naütre en homme tout en continuant à douter
    Faut-il avoir plutĂŽt la force ou plutĂŽt un cerveau parfait ?
    Faut-il suivre le mĂ©tronome pour n’avoir pas Ă  redouter
    Les dispersions dont je m’efforce Ă  ne pas dĂ©clarer forfait ?

    Mais si choisir c’est renoncer, il faudra alors mille vies
    Pour éprouver chaque destin et en respirer son parfum.
    Je vais plutît me prononcer afin d’obtenir un devis
    Pour participer au festin et goûter les mets un par un.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • La journĂ©e du non-stress

    La journée du non-stress

    Avec tous mes amis, les petits poissons,
    Les béliers qui foncent, les taureaux qui marchent,
    Les gémeaux qui parlent, les cancers qui bullent,
    Les lions qui rĂšgnent, les vierges qui mesurent,
    Les balances qui pĂšsent, les scorpions qui piquent,
    Les sagittaires qui voyagent, les capricornes qui comptent,
    Et les verseaux qui transforment,
    Je dédie la journée du douze juillet au non-stress.
    Douze juillet, journĂ©e de l’attente,
    Douze juillet, journée du congé,
    Douze juillet, journée du silence,
    Douze juillet, journée de la réunion,
    Douze juillet, journĂ©e de l’égalitĂ©,
    Douze juillet, journée du lùcher-prise,
    Douze juillet, journée de la confiance,
    Douze juillet, journée de la détente,
    Douze juillet, journĂ©e du bien-ĂȘtre,
    Douze juillet, journĂ©e de l’échange,
    Douze juillet, journĂ©e de l’acceptation.

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  • Tous mes amis

    Tous mes amis

    Tous mes amis ont beaucoup voyagé,
    Tous les chemins nous offrent des rencontres.
    Tous nos amours en sont les messagers,
    Parfois éloignés et parfois tout contre.

    Chaque jour nous respirons ce mĂȘme air
    Qui nous fait vivre et nous laisse Ă  entendre
    Que les adieux sont souvent éphémÚres
    Mais les retours toujours si tendres.

    Sources : https:www.carsten-meyerdierks.de

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  • Le 12 juillet

    Le 12 juillet

    Au jour de mon anniversaire,
    Je me sens aussi solidaire
    Des vingt millions (*) sur cette Terre
    Qui fĂȘtent leur anniversaire
    Et qui aujourd’hui considĂšrent
    Qu’ils ne seront plus solitaires
    À fĂȘter leur anniversaire.

    Et je remercie encore tous mes congénÚres
    Pour leurs bons vƓux bien salutaires !

    Soit la population mondiale d’environ 7.328.008.000 Ă  ce jour divisĂ©e par 365 jours ÂŒ Ă  2k Pi prĂ©s)

    *

    
    
    
  • Ceci n’est pas un poĂšme

    Ceci n’est pas un vrai poĂšme mais un panneau indicateur,
    Comme une direction Ă  prendre, comme une sortie dans la vie.
    Ouvrez votre cƓur de bohĂšme, qu’il devienne revendicateur
    Et ceux qui aimeront apprendre seront ceux qui m’auront suivi.

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  • L’homme au chap’Ose

    L’homme au chap’Ose

    Je suis l’homme au Chap’Ose.
    CoiffĂ© de ce chapeau magique, je peux oser ne pas ĂȘtre raisonnable, oser ĂȘtre farfelu, oser affirmer de lever mon bouclier contre toute intrusion raisonnable et oser m’engager Ă  laisser la morositĂ© Ă  l’extĂ©rieur.
    J’ose promettre de lessiver les fantĂŽmes stĂ©riles des souvenirs inutiles et de dĂ©crasser les blessures qui dĂ©chirent et qui tirent vers le bas.

    Photo de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • La conquĂȘte des couleurs

    La conquĂȘte des couleurs

    ChamarrĂ© de couleurs et d’étranges reflets,
    Les bateaux filent à l’aise et les marins vainqueurs
    Partent Ă  la conquĂȘte des Ăźlots essoufflĂ©s
    Qui leur apporteront mille vents de couleurs.

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  • L’accent Ă  la danse

    Elle a l’accent aigu au bout de sa main gauche.
    Elle a mis l’accent grave au bout de sa main moite.
    Un accent circonflexe courbe sa jambe droite
    Et le pied au trĂ©ma pour terminer l’ébauche.

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  • En attendant le soleil

    Notre soleil n’est pas toujours au rendez-vous
    Car parfois c’est la pluie et parfois il fait nuit.
    Alors pendant ce temps serrons-nous entre nous ;
    Entre tes bras j’aurai moins froid et moins d’ennui.

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  • Le bouquet mystĂšre

    Le bouquet mystĂšre

    Pour mon anniversaire on va faire une fĂȘte
    Et pour le dĂ©corer j’ai posĂ© ce bouquet.
    Quelques roses d’amour pour mettre un cƓur au faüte
    Sur un brin de glaïeuls élevés au Touquet.

    Pour rester modĂ©rĂ©, j’ai mis l’eau de Vichy
    Dans un broc faĂŻencĂ© qui est un peu fĂȘlĂ©,
    Mais l’alchimie agit sur ces fleurs de lychees
    Et la magie opÚre, le charme est révélé.

    Ce bouquet tord l’espace dans un rebrousse-temps.
    Il transgresse l’essor dans les sept dimensions.
    Si son cƓur de cristal appartient à Votan
    Son volcan intérieur en porte la mention.

    Dis-moi, Source de Vie, enseigne-moi l’esprit !
    Apprends-moi ta sagesse dans toute sa largesse !
    Livre-moi dans le cƓur tout dont je suis Ă©pris
    À mon ñme en collecte de sa chair sauvagesse !

    Un peu plus tous les jours, un peu plus chaque jour.
    Plus encore qu’hier et bien moins que demain.
    Tous ces Ă©lans d’amour rehaussent mon sĂ©jour
    Que je partagerai tout au long du chemin.

    Loin de se terminer, ce bouquet refleuri
    Tous les jours de ma vie ; tous les jours c’est l’amour.
    Il suscite les rencontres de jolies seigneuries ;
    Toutes ces belles ñmes qui m’aiment en retour.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’amour Ă  la cuisine

    L’amour à la cuisine

    Version « gentille cuisiniÚre »

    Elle a mis en cocotte tout l’amour de son cƓur.
    Ses arÎmes embaumés se suivent à la trace.
    Elle goĂ»te la vie d’un petit air moqueur.
    Elle porte en oriflamme son tablier madras.

    Sa peau est saturĂ©e d’un parfum de cannelle,
    La chevelure ornée de fleurs aromatiques.
    À sa bouche un refrain d’un air de villanelle,
    Ses mains dirigent en maĂźtre son art gastronomique.

    Elle rythme les heures Ă  grand coups de chaudron,
    Tinte mille timbales avec sa mandoline,
    Exécute des danses en maniant des tendrons
    Avec ses grands couteaux plantés dans les pralines.

    Elle tourne, elle danse devant ses fourneaux,
    Elle virevolte en maniant ses cuillers d’olivier,
    Elle orchestre ses pots, accorde les bigorneaux
    Qui font un quatuor dans les eaux du vivier.

    Son cƓur est accordĂ© Ă  sa table enrichie.
    Si vous voulez l’aimer offrez-lui une gerbe
    De thym et de laurier et de l’eau de Vichy.
    Elle sait conjuguer les mets avec les verbes.


    Version « méchante sorciÚre »

    La perfide LucrÚce a mangé la chandelle
    Avec ses vieux crapauds qui croupissent en bocaux,
    Parfumés aux esprits de soufre et mortadelle,
    Relevés de piments et de bulbes buccaux.

    Une peau grenelĂ©e d’écailles de serpent,
    Les cheveux en bataille en toile d’araignĂ©es,
    Une bouche pincée aux moustaches émergeant
    Et le cul endiablé infusé en saignée.

    Elle fait bouillir les cƓurs dans ses maudits chaudrons,
    Se délectant des cris que poussent ses victimes
    Quand elle entre en transe entachée de goudron,
    Brandissant ses balais dans les parties intimes.

    Certains soirs on la voit danser nue sous la lune
    Avec les farfadets et les vieux loups garous
    Et plein d’originaux compagnons de fortune,
    Enfourcher leur balai et partir au Pérou !

    Son Ăąme est consignĂ©e au bas d’un parchemin
    ÉmargĂ© de son sang par un trait de sa plume.
    En un coup de balai elle fait son chemin
    GuidĂ©e par son Ă©toile : une tĂȘte d’enclume !

    Tableau de Fabienne Barbier