Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’Arbre-Matrice – Le chant de la Spirale Mère

    L’Arbre-Matrice – Le chant de la Spirale Mère

    En partant du PI transcendant dont on n’a qu’une aberration,
    J’ai cherché dans notre univers quelles sont les vérités cachées.
    Et c’est en le sous-entendant avec la réverbération
    Dans les miracles les plus divers que j’ai pu les en détacher.

    Par le miracle de la vision, j’ai vu Vénus, mère de Dieu ;
    Par le miracle de la matière, j’ai vu la musique des sphères ;
    Par le miracle des divisions de la cellule, l’insidieux
    Cirque infernal, à part entière, qui fait plus que me satisfaire.

    Cirque infernal qui représente le duel du bien et du mal ;
    Qui ne sont que des potentiels à qui l’on a donné un nom.
    Et la femme est omniprésente dans son duel avec le mâle
    Qui se consacre à l’essentiel du pouvoir au son du canon.

    Or l’arbre-mère est éternel enraciné dans nos grand-mères
    Qui ont donné des branches-aînées, cadettes-fleurs et benjamines.
    Montant du cordon maternel qui relie les filles à leurs mères,
    L’humanité est enchaînée à sa nature féminine.

    Alors j’ai vu l’arbre-matrice danser dans les teintes d’étoiles,
    Ses seins versant la Voie Lactée, son ventre étant une spirale ;
    Chaque spirale révélatrice étant un nom qui se dévoile
    Et se transmet pour contacter l’âme aux racines sidérales.

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  • La source matricielle

    La source matricielle

    L’image de Dieu créa l’homme mais, dans la source primitive,
    Qui créa Dieu à son modèle sinon le Féminin Sacré ?
    Tous les chemins mènent à Rome, tout est courbe en définitive
    La sphère est la forme fidèle et la spirale est consacrée.

    L’ouroboros est dépassé, le serpent n’se mord plus la queue
    Et la vie s’écoule volute depuis sa propre dimension.
    Le masculin outrepassé n’est plus qu’un détail belliqueux
    Une forme d’anacoluthe dans la grammaire de création.

    Ainsi la source matricielle d’où naissent les enfants divins
    Est simplement l’orbe nouvelle de la spirale qui révolue
    Chaque naissance interstitielle jamais ne s’accomplit en vain
    Mais donne un coup de manivelle vers l’être humain qui évolue.

    Mais pour cela, il faut sortir de la machine qui tourne en rond
    La pensée qui fait du surplace comme les circonlocutions !
    Et moi je rêve d’assortir les Poincaré, les Cicéron,
    Les femmes et les hommes en place pour lancer cette révolution.

    Illustration IA.

    
    
    
  • L’œuf stellaire

    L’œuf stellaire

    Une galaxie inversée où le corps-monde crée le verbe,
    Où la création en appelle au miracle du créateur,
    Où c’est l’enfant qui vient verser son flux dans le moulin acerbe
    Dont l’eau courante ne ruisselle que si l’enfant est médiateur.

    Notamment médium alchimique, il choisit lui-même ses parents
    Selon des critères établis selon les buts qu’il se réserve.
    Une matrice anatomique fécondée du germe apparent
    D’un père qui jamais ne faiblit et qui navigue de conserve.

    Car le but de l’évolution se crée dans l’œuf qui se fusionne
    En sélectionnant strictement le meilleur choix du partenaire,
    Pouvoir de la fécondation qui pour une fois occasionne
    Au féminin le sacrement d’un enfant extraordinaire.

    Car quelle que soit l’étoile née, c’est elle qui a fait plier
    Toutes les lois de l’univers et toutes ses probabilités.
    Et quelle que soit sa destinée, c’est elle qui a multiplié
    Tous les anges les plus ouverts et les démons à éviter.

    Tableau d’Annelie Solis sur https:www.anneliesolis.comselected-past-work .

    
    
    
  • La Tuyauterie du Tendre

    La Tuyauterie du Tendre

    Dans la tuyauterie du tendre, l’amour s’écoule Ă  la pression ;
    Le sperme jaillit par le haut, l’ovule coule par le bas.
    La prostate contrĂ´le le flux et le clitoris, la passion
    Pour la fĂ©condation en rut comme la note d’un tuba.

    Dans la tuyauterie du tendre, les valves ont droit Ă  la parole
    Il y a loin du calice aux lèvres, grands, petites et vaginales.
    Des bourses à contribution au gland déversant la corolle
    Et l’utĂ©rus en pompe avide prĂŞt Ă  danser la bacchanale.

    Dans la tuyauterie du tendre, les basses sont péristaltiques ;
    Les muqueuses s’accordent au La de la gamme lubrifiante.
    La verge pousse son solo, la vulve au choeur polyphonique
    Et les trompes s’enlacent en fugue fluidifiante.

    Dans la tuyauterie du tendre, tout paraît simple, tout rend perplexe
    Mais pour amorcer le siphon, il y a loin de la coupe aux lèvres.
    Les partenaires se font attendre, le sexe est une chose complexe,
    Mais l’amour est un vrai typhon qui prend les amants avec fièvre !

    Tableau de John R. Foster.

    
    
    
  • La lionne

    On a souvent besoin d’un plus goûteux que soi

    Les pires amantes religieuses se comptent parmi les lionnes ;
    MOI, CANCER, dans ma carapace, je ne crains pas ces escogriffes.
    Mais toutes les vierges capricieuses devant ces bĂŞtes papillonnent
    Tandis que les balances passent loin de la portée de leurs griffes.

    Quant au scorpion, il se rebiffe ; il a la queue toute dressée
    Et le sagittaire s’enfuit à toutes jambes émoustillées.
    Le capricorne sert de rosbif malgré ses cuisses engraissées
    Et le verseau, s’il est séduit, ne se laisse pas entortiller.

    Le poisson, rare dans la savane, échappe donc aux prédatrices
    Mais le bélier, morceau de choix, fera méchoui pour son trépas.
    Pour le taureau qui se pavane, une corrida expiatrice ;
    Quant au gémeau, il lui échoit d’aller partager son repas.

    Ciel ! La lionne !

    « Je t’ouvre en deux d’un coup de croc, j’arrache en feu ton palpitant
    Et dans ma gueule il bat plus fort, bercé de rimes et de flammes.
    Puis je recoudrai tes accrocs, enfilerai ton corps excitant
    Pour m’imprégner de tes efforts, poète cru, frémissant d’âme ! »

    Photos de Myai Korf.

    
    
    
  • Masques communicants

    Le genre humain est ainsi fait : on se ment, on porte des masques
    Mais dans le grand cycle animal, le mensonge assure la survie.
    À chaque fois qu’on est défait, on se cache derrière de fantasques
    Paravents – c’est un moindre mal – auquels on s’est tous asservis.

    Et quand une espèce de chien vient flairer la supercherie
    Comme l’enfant qui s’écriait : « Pourquoi l’Empereur, il est tout nu ? »
    Sans-culotte et bonnet phrygien, chaque hypocrite surenchérit
    En clamant comme à la criée que tout était archiconnu.

    « Tous à poil ! » serait formidable mais lors quelle cacophonie
    Si chacun regardait sa poutre plutôt que la paille du voisin !
    La solution indécidable serait de faire une colonie
    Et s’éloigner de ces jean-foutres mais ça reste un projet zinzin…

    Alors on continue le bal, bien costumés, le nez bien droit,
    À jongler de vérités molles sous des perruques de façade.
    Mais parfois, un rire tribal fend le vernis du désarroi
    Et laisse entrevoir un bémol… on n’est tous qu’un reflet maussade.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Ruby & Lino – 4

    Ruby & Lino - 4

    En nĂ©gatif, Lino est blanc et Ruby apparaĂ®t plus noire ;
    Bonne nouvelle cependant, Ruby enfin s’est mise au vert.
    Si lui est noir sans faux-semblants, elle aménage sa tour d’ivoire
    Avec des tableaux cependant accrochés un peu de travers.

    Ruby peint ses murs en couleurs selon l’esprit de la maison ;
    La cuisine orange citrouille, le salon teinte menthe-à-l’eau.
    La chambre lave ses douleurs qui changent selon les saisons
    Et ses bleus de l’âme dérouillent d’un arc-en-ciel dans un halo.

    Je lui ai rangé sa cuisine sous l’œil du matou suspicieux
    Dont j’avais placé les croquettes sur la toute dernière étagère.
    Je l’aide un peu, c’est une cousine d’un mariage judicieux
    Qui justifie que j’étiquette les bocaux de la ménagère.

    Tableau de Fabien Clesse.

    
    
    
  • L’univers et moi

    On dit qu’Il est illimitĂ©, en perpĂ©tuelle expansion ;
    Qui nous dépasse par sa divine incommensurabilité
    Aux principes sans cesse imités par des savants en suspension
    Dans l’obéissance chauvine à leur science limitée.

    Et moi, je ris car je le sais ; cet univers est diffractĂ©
    Pour moi, son pauvre observateur coincé dans son petit bocal.
    La lumière m’en livre l’accès mais celle-ci si contractée
    Qu’un schéma simplificateur conviendrait mieux à mon local.

    Il faudrait plus que la lumière, plus que du cœur, plus que de l’âme,
    Plus que cinq sens qui le réduisent à l’espace-temps infini.
    Il n’y a de vérité première que celle qui tombe comme une lame,
    Qui croit, culmine et s’amenuise dans la vie qui nous réunit.

    Collages numériques de Valentin Pavageau.

    
    
    
  • Ode Ă  la Lune

    Ode Ă  la Lune

    Do Ré Mi Fa Sol La Si Do, l’ami Pierrot est en retard ;
    Veuillez pardonner les paroles qui sont restées dans l’encrier.
    J’ai la musique en crescendo qui remonte de ma cithare
    Mais pour danser la barcarole, j’aimerais des chœurs appropriés.

    Do Ré Mi Fa Sol La Si Do, l’ami Pierrot m’a prise au mot
    Et m’a composé de sa plume une sérénade à la Lune
    Que je vous joue decrescendo, pizzicato, fortissimo
    Jusqu’à pincer à plein volume mes cordes qui vibrent à la brune.

    Do Ré Mi Fa Sol La Si Do, l’ami Pierrot m’a fait l’amour ;
    Il m’a dit que je serai sienne et la mère de son enfant.
    Tandis qu’il fabrique un landau, j’observe le lever du jour
    Et ma lyre égrène l’antienne que chante mon cœur triomphant.

    Tableau d’Alphonse Osbert.

    
    
    
  • Couleurs fĂ©libres

    Couleurs félibres

    Couleurs fébriles pour le félibre † qui sait lire dans la palette
    Les caractères rouge et or inscrits sur trame violacée.
    L’esprit serein et le cœur libre, le poète a dans sa mallette
    Un nuancier d’une pléthore de tons d’alcools et opiacés.

    Mais c’est surtout dans le reflet que l’âme trouve la substance
    Qui échappe aux lois de la science et rejoint la métaphysique.
    Alors l’inspiration soufflée fait renaître la persistance
    Des songes dont la subconscience en était restée amnésique.

    † Le fĂ©libre est un poète qui Ă©crit en occitan ou bien en auvergnat, gascon, languedocien, limousin ou provençal – selon Wikipedia.

    
    
    
  • L’Attentacule

    La Pieuvre par l’Icare est âgée ; je viens d’en découvrir l’histoire.
    Un poulpe ailé fuyant, de Crète, le labyrinthe du Minotaure,
    S’échoua dans la mer Égée pour un accueil prémonitoire
    D’une sirène, fille secrète, de Neptune et d’une Centaure.

    Ils connurent des amours célèbres au cœur des abysses profondes
    Dont les échos retentissaient en des flots de littérature
    Qui résonnaient dans les ténèbres sous les clairs de Lune féconde
    Dont le halo garantissait une nombreuse progéniture.

    On l’appelait « L’Attentacule » dans les légendes en bleu-marine
    Et dans certains contes pervers qui font rougir les péronnelles.
    La sirène aux huit tentacules, à la queue couleur azurine,
    À la peau rose et aux yeux verts, demeure une énigme éternelle.

    Tableaux de Hillary Luetkemeyer, Tristan Elwell et Janae Corrado.

    
    
    
  • L’appellunaire

    L’appel de la Lune fait vibrer tous les arbres de la forêt
    Qu’ils transmettent par leurs antennes au-delà des lieues collinaires.
    Galactique et équilibré par le flux de l’astre doré,
    Des fées arrivent par centaines pour répondre à « l’appellunaire ».

    Or une seule sera choisie pour présider leur assemblée ;
    Celle dont l’aura brillera du même degré de lumière.
    Vêtues de robes cramoisies, d’azur et d’étoiles rassemblées,
    L’une se déshabillera – sans doute était-ce la première.

    Elle s’offre en toute humilité au Saint Halo qui la couronne
    Reine durant quatre semaines pendant lesquelles, consacrée
    D’un don de juvénilité, allouée d’une voix qui claironne,
    Elle envoie à toutes les humaines la force du féminin sacré.

    Tableaux de Lisbeth Cheever-Gessaman sur http:www.shewhoisart.com .

    
    
    
  • L’humanitĂ© moderne

    L’humanité moderne

    Depuis cinquante ans environ, Dieu est devenu cathodique
    Et diffuse sa bonne parole toujours Ă  la messe du vingt heures.
    Et lentement nous chavirons dans une oppression parodique
    À coups de petite vérole, de guerre et n’importe quel leurre.

    Après avoir préformaté les petits cerveaux des enfants,
    Après avoir tout remplacé à grands coups de publicité,
    Après avoir tout colmaté par des mensonges décoiffant,
    À l’intérieur, on a placé la graine d’électricité.

    L’homme et la femme modernes furent ainsi créés par les médias
    Au moyen d’ondes diffusées par rappels de télévision
    Qui leur infusent sous la coiffure des doses dont l’effet immédiat
    Les force à leur faire perfuser toujours encore plus d’illusions.

    Illustration de Malgorzata Jasinska sur https:shewalkssoftly.com20110414malgorzata-jasinska .

    
    
    
  • Facebook avant-après

    Facebook avant-après

    Avant Facebook, l’information imprimée à l’encre de plomb
    Pesait son poids et s’étalait sur les grandes pages des journaux.
    Bien sûr, la désinformation impressionnait avec aplomb
    Mais le public s’en régalait et en allumait ses fourneaux.

    Après Facebook, je ne sais plus. J’apprends tout, partout dans le monde ;
    Le vrai, le faux, l’info, l’intox, la vérité et son contraire.
    On me rabâche le surplus des tragédies les plus immondes
    Qui soulèvent le paradoxe d’une société arbitraire.

    Mais plus j’essaie de réfléchir et plus je deviens complotiste
    Lorsque, sur les réseaux sociaux, j’inspire un air de liberté.
    On cherche à me faire fléchir avec des mensonges alarmistes
    Qui publient chiffres et ratios pour camoufler la vérité.

    Photo de Cecil Beaton.

    
    
    
  • Sous une pluie inverse

    Sous une pluie inverse

    La Terre prend le monde à revers, qui l’eut cru, insuffisamment
    Et smashe sa pluie à l’envers avec des crues, évidemment.
    Sécheresses et inondations, sous plusieurs formes de virus,
    Proposent une contraception diluvienne à son utérus.

    Ainsi la Terre féminine tremble pour sa fécondité ;
    Sa gravitation récrimine, soumise à sa rotondité.
    Ses règles météorologiques s’opposent à la pollution
    Et pleuvent en toute logique comme dernière solution.

    Et je propose que les hommes respectent ses menstruations
    En accordant aux chromosomes XX leur réévaluation.
    Sans parapluie, cartes sur table, et les honorent à satiété
    Du statut enfin équitable des femmes dans la société.

    Photo de Vincent Bourilhon sur https:blog.okapi.frca-buzzelinstagram-du-week-end-5878.html .

    
    
    
  • L’intuition

    Sur le rebord de la fenêtre du mur de la réalité
    Se tient assise l’intuition, moitié dedans, moitié dehors.
    Elle aide les idées à naître depuis ma personnalité,
    Qu’elle conduit en direction de ma conscience en plein essor.

    Celles qui ne peuvent satisfaire sont renvoyées à l’intérieur
    Et devront être repensées sept fois dans la matière grise.
    Celles qui s’accordent à son affaire sont transmises vers l’extérieur
    Sous une forme de pensées qui seront beaucoup mieux comprises.

    Mon intuition, je la cultive, je lui donne les pleins pouvoirs ;
    Elle s’entend avec le cœur qui correspond à la raison.
    Mon inconscience, plus productive, se plaît alors à promouvoir
    Mes petits poèmes moqueurs dont je décore ma maison.

    Tableaux de Kina Crow sur https:www.pmacraftshow.orgartistmixed-media2014kina-crow .

    
    
    
  • Madame et son chat en juillet

    Madame et son chat en juillet

    Mes chers voisins, pour cet été, je dois promener mon minet
    Un peu partout, sous vos fenêtres et tout au long de l’avenue.
    Il faut chaud, vous vous en doutez, aussi vous l’avez deviné ;
    Lui sera comme on l’a vu naître et moi, je serai torse nu.

    Collage de Derek Gores.

    
    
    
  • Les estivales

    Les estivales

    Juillet, voici venu le temps des corps hissés comme drapeaux
    Qui librement flottent au vent sans enveloppe et démasqués.
    Sous le soleil, juste haletant mais en savourant sur la peau
    La pâleur qui, en se sauvant, s’abandonne au bronze musqué.

    Tableau de Robert Burridge.

    
    
    
  • L’aura blues

    Parfois la vie me semble triste et les couleurs sont dégradées
    Comme si l’aura de la joie s’échappait à travers les murs.
    Mais ces pensées trop rigoristes qui visent à me rétrograder
    S’enfuient lorsque je fais le choix d’écouter le vent qui murmure.

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  • Entre les trous de ma mĂ©moire

    Entre les trous de ma mémoire

    Dans les maisons de mon enfance, la mémoire a troué les murs
    D’où s’échappent de vieilles images sur des voies que j’aurais pu suivre.
    Les interdits et les défenses résonnent encore dans le murmure
    D’un feu qui poursuit son ravage dans le souvenir des vieux livres.

    Tableau de Dominique Appia. Du temps où j’habitais rue Monte-Cristo à Marseille en 1986, j’avais tapissé le mur de ce poster géant qui doublait par illusion le volume de mon petit salon.

    
    
    
  • Ni vu, ni connu

    Ni vu, ni connu

    Maintenant que dans les prisons les miradors ne voient pas tout,
    Peut-être que les surveillants ont des visions hallucinées.
    Et les bandits à l’horizon vont pouvoir jouer leurs atouts,
    Malgré le guet des mal-voyants, à s’évader comme au ciné.

    Dimanche 1er juillet, un bandit s’est évadé tranquillement en hélicoptère et l’enquête a révélé que les miradors ne voyaient pas tout… je me demande à quoi ils servent… peut-être faudrait-il demander conseil à ceux qui savaient en fabriquer durant la dernière guerre…

    
    
    
  • Les sĹ“urs des tresses

    Les sœurs des tresses

    Elles s’appelaient « les sœurs des tresses » dans une bonne famille,
    Filles de Monsieur Friseur et de Madame Barbier.
    Elles calmaient leurs détresses par des glaces à la vanille
    Que vendait le confiseur installé dans le quartier.

    Eh non, ce ne sont pas les filles de Fabienne Barbier !

    
    
    
  • Lune de cĹ“ur

    Lune de cœur

    C’est lui qui invente les cartes qui portent l’imagination
    À vivre, au-delà des étoiles, toutes ses folies langoureuses.
    Mais jamais son cœur ne s’écarte de l’objectif de ses passions
    Qui, petit à petit, dévoile toute son essence amoureuse.

    Tableau de Michael Neill.

    
    
    
  • CĹ“ur de lune

    Cœur de lune

    Son petit cœur de voyageur lui offre l’humeur vagabonde
    Même s’il n’a pas plus de raison que la cervelle d’un papillon.
    Point besoin d’un cœur ravageur pour tant aimer son petit monde
    Et le cancer, dans sa maison, rayonnera comme un grillon.

    Tableau de Michael Neill.

    
    
    
  • Formes d’amour

    Formes d’amour

    Formes d’amour, vous me plaisez ; vous qui empreintez nos maisons
    De couleurs aussi chatoyantes que de tendresses en nos murs.
    Chaque fenĂŞtre porte un baiser qui fleurit en toute saison
    Le matin d’ondées larmoyantes et de vent du soir qui murmure.

    Tableau de Juli Cady Ryan.

    
    
    
  • Les interfĂ©rences

    Les interférences

    Parfois quand sa voix se trémousse, j’obtiens plusieurs interférences
    Et toutes ses rayures ondulent d’un son bizarre autant qu’étrange.
    Je vois ses traits sur sa frimousse agiter en incohérence
    Sa chevelure et mon pendule s’agite autour de l’Interfrange.

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  • Le bonheur

    Le bonheur

    Le bonheur se fabrique soi-même et se trouve au fond de son cœur
    Dans la manière d’accepter ce qui arrive au jour le jour.
    Un câlin de mon chat qui m’aime, partager un fond de liqueur,
    Se réjouir de tout, excepté le bouton qui revient toujours.

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  • Le temps des bals

    Le temps des bals

    Voici venu le temps des bals où chacun cherche l’âme sœur
    Parmi ceux qui l’ont déjà prise et ceux qui hésitent encore.
    Là, quelques séducteurs déballent leurs promesses pleines de douceurs,
    Ici, quelques filles sont éprises dans une danse au corps à corps.

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  • La France en marche

    La France en marche

    Quand la France en marche déferle sur la plage de nos vacances,
    Ça fait des petits tsunamis un peu partout sur la planète.
    Et toutes mes petites perles, ramassées sans extravagance,
    Se trouvent aux cous de faux-amis qui ont su faire place nette.

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  • Le coucou de maman et papa

    Le coucou de maman et papa

    Sous des nuages en couverture, je tremblais hier soir sous le froid
    En priant Dieu ou bien Marie ou n’importe quel Saint Disponible.
    Aussitôt ce fut l’ouverture d’où j’entendis avec effroi
    Tonner papa d’un ton marri et maman d’une voix paisible.

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  • La tortue courtoise

    La tortue courtoise

    Quand tu mettras le cap au sud de Zanzibar,
    Dans la mer de turquoise sous la voûte d’azur,
    Selon ton handicap ou si t’es malabar,
    Suis la tortue courtoise au fur et Ă  mesure.

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  • Ça s’arrose – 3

    Ça s’arrose

    Puisqu’on se retrouve en juillet avec la pluie au rendez-vous,
    Profitons-en pour arroser ce jour de fĂŞte comme il se doit.
    Et je propose d’appuyer des bisous mouillés sur les joues
    En se disant des mots d’amour sans parler mais avec les doigts.

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  • La fenĂŞtre de la vĂ©ritĂ©

    La fenêtre de la vérité

    La vérité sort de la bouche des enfants selon le proverbe.
    Alors si on prend l’habitude de les poster à la fenêtre,
    On verra ceux que cela touche puis, ceux qui n’aiment pas ce verbe,
    Et ceux qui ont noble attitude à humblement s’y reconnaître.

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  • Quand j’étais monarque

    Quand j’étais monarque

    C’était il y a longtemps, je vivais sous les ponts.
    Dans la capitale, je menais ma barque
    Prenant du bon temps sur mon entrepont ;
    Sur ma nef vitale j’étais le monarque.

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  • Les Reflets&Vers Ă©parpillĂ©s

    Les Reflets&Vers éparpillés

    Quel travail, le matin quand je dois arranger
    Les vers éparpillés par les songes nocturnes !
    Je chausse mes patins pour ne rien déranger
    Et je vais m’habiller pour le ménage diurne.

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  • Bienvenue parmi nous

    Bienvenue parmi nous

    Bienvenue parmi nous à cet anniversaire !
    Chaque année un chaton s’ajoute à la famille !
    Ah quel joli minou aujourd’hui s’y insère !
    Vite ! Un photomaton, les garçons et les filles !

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  • L’effet de cĹ“ur

    L’effet de cœur

    Pour faire un effet de cœur qui me marque au fil des jours,
    J’ai demandé à ma muse de m’apporter le matin
    Comme une petite sœur qui me souhaiterait le bonjour
    Pour qu’avec elle je m’amuse sans y perdre mon latin…

    Lundi, c’est l’effet de Lune qui m’entraîne à commencer
    Chaque chose après l’une mais tendrement romancée.
    Mardi c’est l’effet de Mars qui me donne du courage
    Et cette aimable comparse veille sur mon entourage.

    Mercredi c’est le Mercure qui augmente la pression
    En me faisant la piqûre contre toute dépression.
    Jeudi, l’effet Jupiter me redonne de l’énergie
    Par cet élan militaire, je sors de ma léthargie.

    Vendredi, l’effet Vénus m’enivre de mille amours
    En me donnant du tonus et une pointe d’humour.
    Samedi, l’effet Saturne marque la course du temps ;
    Je suis un peu taciturne, c’est normal c’est le printemps…

    Le meilleur effet de cœur m’apparaît dès le dimanche ;
    Au matin je me réveille avec six fées dans mon lit.
    Elles m’obligent d’un air moqueur à rester sous la couette blanche
    Et leur faire des merveilles en grimpant à l’hallali !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’encre de Mercure

    L’encre de Mercure

    Bec enfoncé dans l’encre noire, la plume immaculée de blanc,
    Le pélican poète trempe son clapet bien gorgé d’obscur.
    Quelle idée de cet entonnoir va apparaître d’un trait tremblant ?
    Accrochez-vous, tenez la rampe, vous êtes sous les ailes de Mercure !

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  • Transmission d’aura

    De transmission orale Ă  transmission aurale,
    L’ancienne tradition n’était pas amorale…
    Pour transmettre ses feux, illuminer nos yeux,
    Le soleil nous transforme les fleurs en boutefeux !

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  • L’arche immobile

    L’arche immobile

    Sentinelle immobile Ă  la proue du vaisseau,
    Tu gardes la mémoire de tous les souvenirs,
    Tu entretiens la flamme de l’ultime faisceau,
    Tu fais les provisions pour les jours Ă  venir.

    Capitaine Noé, qu’as-tu sélectionné
    Pour pouvoir emporter ta pharmacologie ?
    Face au cruel dilemme, qu’as-tu solutionné
    Dans la logique amère de ta psychologie ?

    Tu penses « Architecture » et encore « Sculpture » ;
    La Peinture des Maîtres et la Grande Musique ;
    Théâtre, Poésie et la Littérature ;
    Pour rallier la Danse d’un œil Photographique !

    Si ta bibliothèque Cinématographique
    Contient les émissions de la Télévision,
    Tu la complèteras par les Arts Dramatiques,
    Les Bandes Dessinées cloront ta collection.

    Ton arche immobile n’a pas besoin d’orage
    De moindre cataclysme ou de bombe atomique.
    La civilisation va faire l’essorage
    De l’histoire et de l’art par le « tout-numérique ».

    Tableau de Fabienne Barbier