Une sirène dans une rose, – c’était une rose marine –
Avec deux jambes apanagée, est née au début du printemps.
Les petits poissons l’air morose du matin au soir lui serinent :
« Comment feras-tu pour nager sans queue ni nageoire à plein temps ? »
Alors elle se confie aux roses qui savent consoler ses pleurs
Et lui conseillent d’être studieuse et de perfectionner son chant.
Elles lui composent d’une prose écrite en langage des fleurs,
Sur ondes longues et mélodieuses, un tube touchant et attachant.
Et notre sirène taciturne enchaîne tant de vocalises
Que la mer les transmet aux vents qui soufflent tout autour de la Terre.
Mozart composant un nocturne fait tout aussitôt ses valises
Pour suivre ce chant émouvant jusqu’au fin fond du Finistère.
Arrivé en terre bretonne, il cherche dans les courants d’air
La voix aux douces harmonies de l’aurore jusqu’à minuit.
« Jolie sirène, tu chantonnes tant tes aiguës si légendaires
Qu’à ma prochaine symphonie tu seras Sirène de Nuit ! »
Illustration de Jasenski.
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