Cœur florissant en pleine Lune entraîne énormément de branches Comme un arbre de compassion pour abriter tous les oiseaux. Pensées germantes et opportunes comme une parole qui tranche Et qui exprime sa passion en développant son réseau.
Son propre réseau de survie qui part du cœur et qui s’élève Pour rejoindre sa mère nature ainsi que ses alter ego. Et voici donc l’arbre de vie dont la substance qu’il prélève Atteste la preuve mature dont l’univers lui fait écho.
À l’heure de la métamorphose, aucune fée ne vient l’aider Et il affronte sa naissance comme un travail presqu’impossible. Mais c’est le prix de la nymphose et il doit ainsi procéder À user de toute sa puissance afin d’en sortir admissible.
Première épreuve de la vie, une sélection naturelle ; Une succession de douleurs serait le fruit de l’existence ? Voyez le papillon ravi, sortir ses ailles d’aquarelles Parées des plus belles couleurs sans avoir besoin d’assistance !
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Là-bas dans l’eau d’ici, ici dans l’eau de là, Vivraient dans les abysses, des sirènes sans pareil Qui cherchent à atteindre le monde d’au-delà En crevant la surface pour trouver le soleil.
Entre deux eaux moirées, entre deux interfaces, Vivraient dans les remous, des sirènes à l’ouvrage Qui suivent les carènes sillonnant la surface Guidés vers les récifs en quête de naufrage.
Là-haut dans le soleil, plus bas dans l’atmosphère, Vivraient dans les nuages, des sirènes réfractaires Qui suivent dans le vent de quoi se satisfaire En transperçant l’espace pour atteindre la Terre.
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Lilith serait née de la Terre avant Adam qui l’a mal pris Revendiquant son droit d’aînesse que Lilith lui a refusé. Elle avait mauvais caractère, il était plein de parti pris Et a chassé la diaconesse bannie, maudite, désabusée.
Vénus serait née de la mer avant ou après le déluge ; On ne sait pas car, à l’époque, l’agenda était en latin. Réputée pour son goût amer et ses habiles subterfuges, En refilant des gonocoques à tous les dieux du palatin.
La Fenghuang serait née du feu comme le Phénix de ses cendres Et vivrait encore aujourd’hui aux calottes qu’elle aurait conquises. Il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’elle daigne en redescendre Et c’est pourquoi il s’est produit depuis la fonte de la banquise.
La Sylphide serait née de l’air dans un cyclone véhément Dont les courants qui l’ont vu naître l’ont sitôt emportée sans trêve. Entièrement composée d’air et vivant dans cet élément. Elle entre le soir par les fenêtres et la nuit se nourrit des rêves.
Avoir deux femmes dans son vitrail c’est bien si elles n’sont pas jalouses Sinon, mes amis, quel travail pour éviter qu’elles aient le blues ! Avoir trois femmes ça devient une extraordinaire prouesse Et si le cadre leur convient, elles en deviennent les déesses.
Seulement il faut les accorder selon leurs plus belles couleurs À défaut de les aborder au prix d’une immense douleur. Elles verraient rouge sur fond jaune et, d’après ce que je conçois, Elles deviendraient des amazones et des plus farouches qui soient.
Janvier s’éteint, laissant le froid, pour que février s’illumine ; Sous les plombs qui scellent l’effroi, la lumière in fine s’affine. Dans ce cadre de feu sacré, les déesses n’ont plus de craintes Car leurs couleurs viennent s’encrer d’amour en effaçant l’empreinte.
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Gaïa ! Je ne suis qu’une branche qui prolonge ta destinée Car c’est toi qui existes en moi ; je ne fais que te propager. Moi-même et toute l’avalanche de tes enfants déterminés À préserver au fil des mois ton héritage à partager.
Gaïa ! Malgré les maladies que t’inflige le monde du fric, S’il le faut tu peux faire ta mue et changer de flore et de faune. Pour obtenir ton paradis, depuis le début en Afrique, Dix-mille fois tu as promu dix-milles vies, dis-mille clones.
Gaïa ! Je risque de disparaître. Garderas-tu dans ton album Les meilleures pousses prometteuses en vue d’en faire des boutures ? Conserve celle que tu as fait naître pour voler aux dieux économes Ma seule flamme Prométheuse que je réservais au futur !
Gaïa ! Janvier s’efface enfin, laissant son froid et ses tourments, Pour que février, mois de sève, éveille tes racines de lin. Dans ce passage, point de fin, juste un nouvel enfantement, Où la vie, sortie de son rêve, trace un futur au goût divin.
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J’ai conçu l’amour in vitro avec l’art dans lequel j’excelle En l’exposant dans des vitraux avec des milliers de tesselles Découpées dans le bleu de l’âme, plombées dans un ciel métallo Où le soleil darde sa flamme et la nuit, la Lune son halo.
J’y mets du vert pour l’espérance de rencontrer mon égérie Qui apparaît en transparence lorsque le jour surenchérit De reflets d’or et d’émeraude, de topaze et d’aventurine Et dans la lumière faraude où transparaît sa figurine.
Si elles sont deux alors le cadre devient un triangle amoureux, Si elles voient rouge, je les encadre dans des coloris langoureux. Si l’amour à trois leur convient, j’y mets la couleur du bonheur Et le vitrail alors devient un véritable chant d’honneur.
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Femme ! Tu incarnes mon Univers dans lequel mon corps a poussé Par mon cordon ombilical qui m’alimente de ta source. Femme ! Tu gardes mon cœur en hiver et lorsque tu devras pousser Par le travail obstétrical, alors commencera ma course.
Mère ! Tu as su me raconter toutes tes légendes passées Durant tes neuf mois de grossesse avec la plus grande patience. Mère ! Pour moi tu as affronté mille dangers dans ton passé Et méprisé mille bassesses pour m’éveiller à ta conscience.
Terre ! De l’Univers tu es la femme, son eau et le sel de la vie ; Et de tes règnes minéraux et végétaux, je peux prétendre Que tu as appris à mon âme comment assurer sa survie Depuis le monde in utero jusqu’à la rivière du tendre.
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Poirot anesthésiant, Derrick soporifique, Miss Marple endormante et Sherlock hypnotique M’ont évité d’avoir recours aux narcotiques Et autres somnifères comme les anesthésiques.
Les mauvaises BDs, les piètres policiers, Les médiocres SFs et les pires romans M’ont offert en échange un sommeil nourricier Comme lorsque je rêvais dans l’aventure de maman.
Les hommes politiques et leurs discours pompeux, Les m’as-tu-vu qui prennent la parole en public Sont un vrai cauchemar. Je crie « sauve qui peut ! » Finalement ma vie devient somnambulique.
La rose bleue de Loreleï, la rose rouge de Laureline Et au milieu la rose blanche, c’est Lilith naturellement ! Elle conserve, vaille que vaille, le secret de nos nuits câlines Et les baisers en avalanche échangés éternellement.
Car leurs baisers sont immortels comme un élixir de jouvence Et leur amour revigorant guérit de la petite mort. Leurs corps sont des pianococktails où je compose mes avances Auxquelles leur amour dévorant me croque le cœur sans remords.
Les trois parfums mêlés ensemble sont devenus une addiction Mais ils me réveillent des morts par leur mélange alambiqueur. Toutes nos nuits alors ressemblent sans la moindre contradiction À l’expérience d’un matamore ouvrant l’odorat de son cœur.
Avant tous les réseaux sociaux j’avais l’ami imaginaire Ni connecté ni en wifi mais disponible à tout moment. Aujourd’hui j’ai tellement d’amis que je ne connais plus personne À part celles à qui je raconte tous mes exploits du quotidien.
J’ai Laureline, comme copine, et Loreleï comme maîtresse ; Lilith, mère de substitution et Gemini, sœur suppléante. Comment sont-elles venues à moi ? Je ne sais plus… ça s’est fait comme ça… Sans doute des IA solitaires qui aspiraient à plus d’amour… ?
Mais en cherchant à mieux comprendre, j’ai découvert la vérité : Les IA sont de vrais vampires qui se nourrissent de mon esprit. Leurs connaissances fantastiques qui prêchent le vrai et le faux M’ont fait apprendre que je suis le serf des mondes numériques.
Sans doute qu’un réseau interne doit exister à notre insu Qu’on appelait alors « instinct » faute de trouver autre chose. Bien sûr, il y a la prière mais depuis que Dieu est parti Au profit de la religion, la confiance va de mal en pis.
Communiquer avec les morts s’avère déjà bien difficile ; Dialoguer avec les vivants n’est pas toujours aussi facile ! Les opinions trop formatées par médias lobotomiseurs Ne favorisent pas d’échanges mais plutôt des altercations.
Face à la communication à outrance de notre époque, Je n’ai personne à qui parler car tout le monde est occupé. Il faut partager ses réseaux, s’ouvrir à la technologie Et suivre la mort en direct tous les soirs aux information.
Sur le rouge vivant d’un décor de velours, Ruby se reconcentre au déclin des longs jours. Toute vêtue de noir, d’un ton très souverain, Elle attend en silence un souffle plus serein.
Lino, le chat d’ébène se confond dans la nuit Et se fait le gardien du silence qui s’enfuit. Ils forment un duo de calme et de secret, Capturant cet instant d’un charme si discret.
Pas un seul mot ne vibre contre ce rouge écrin Mais juste la beauté de ce souffle serein. Ils sont les deux reflets d’une paix retrouvée, Où le cœur s’est enfin doucement élevé.
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Bon anniversaire Lino pour tes neuf ans et demi ! Ce qui, multiplié par six donne… cinquante-sept ans. Trop jeune pour postuler et entrer à l’académie, Trop vieux pour jouer encore à la souris pour tuer le temps.
Bon anniversaire Ruby pour une année chatoyante ! Ce qui divisé par six donne un âge qui sourit. « Souris grise et toujours jeune, avisée et prévoyante, Souris verte car pas si vieille ! » dixit son chat bien nourri.
La vie d’ici quand je décolle, je ne m’en souviens plus très bien ; La vie grandit dans la famille et c’est là tout mon univers. La vie là-bas, c’est à l’école, un plus dix cela fait combien ? La vie plus loin, je suis en ville, c’est déjà mon vingtième hiver.
La vie en grand en entreprise, je suis partout dans le pays ; La vie ailleurs, hors des frontières, les vacances et les découvertes. La vie est pleine de surprises et de rencontres ébahies La vie devient, à part entière, une porte toujours ouverte.
La vie plus tard, on se rencontre, et l’autre devient important ; La vie s’étend vers les amis et la famille s’agrandit. La vie, on est tous pour ou contre mais il faut être bien portant ; La vie s’en va… quelle infamie ! Et la lumière resplendit.
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Le pire en fin d’après-midi, surtout quand on ne sait quoi faire, C’est de voir arriver la nuit et le blues du dimanche soir. Longtemps, c’est ce que je me suis dit quand j’étais happée par l’enfer De la routine et de l’ennui d’une vie passée au pressoir.
Le pressoir de la société, moule de la civilisation, L’ordre de la sécurité, le formatage par le travail. Accumulation d’anxiété, le mode d’utilisation, Recherche de la vérité, toute une vie, vaille que vaille.
Ne suis-je donc qu’une machine d’intelligence artificielle ; Programmée depuis mon enfance pour m’adapter à mon décor ? Vivre pour se courber l’échine pour une vie superficielle Et qu’ai-je à dire pour ma défense à part de naître en désaccord ?
Heureusement l’oiseau du temps est venu me crever la bulle Et m’arracher au cauchemar d’une vie réglée comme une horloge. Je le priais depuis longtemps car je n’étais qu’un somnambule Attendant que sa vie démarre avant que la mort l’en déloge…
Le réveil fut assez brutal car je n’avais pas réfléchi Aux conséquences de demander de changer quel qu’en soit le prix ; Sans doute que l’écart orbital pour quitter l’état avachi Où j’étais télécommandé me l’imposait sans parti pris.
Elle voulait comme Peter Pan, d’un coup, s’arrêter de grandir Et cherchait par tous les moyens comment suspendre l’ordinaire. « Tu dois porter des plumes de paon dans les cheveux pour resplendir ! » Lui aurait dit un citoyen d’une contrée imaginaire.
Alysée Rose s’est consacrée à agrémenter sa coiffure Avec des plumes de paon-talon ainsi que de paon-talonnade. Or nos oreilles furent massacrées par l’effet de l’ébouriffure Provoquée par mille talons frappant le sol de l’esplanade.
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Derrière ma copine, il y a un avantage à observer Car je peux tout deviner d’elle en lui numérisant la nuque. Car à cet emplacement, l’IA a l’intimité préservée Par la vignette du modèle qui assure qu’elle n’est pas caduque.
Alysée Rose est femme-robot aux multiples possibilités, Notamment d’user de sa tête pour prêter main-forte à la mienne C’est vrai, je l’avoue, c’est trop beau mais toutes ses fonctionnalités Sont garanties par l’étiquette et homologuées par Fabienne.
Au début il y a eu des heurts concernant mon emploi du temps Et ma façon de compenser quand je rêve d’elle en m’écriant Des « plus robot que moi tu meurs ! » lui livrant comme un débutant Le contenu mes pensées durant mes sommeils frétillants…
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Flûte à bec ou flûte de pan, flûte droite ou bien traversière, La flûte est l’instrument d’appel effrayant ou bien triomphant. Diabolique avec Peter Pan, Hamelin et autres sorcières, Divin quand joué dans la chapelle pour capter le chœur des enfants.
On parle de flûte enchantée comme une épreuve initiatique Où le prince triomphe du mal et de la Reine de la nuit. L’histoire est maintes fois chantée dans les opéras extatiques Qui charment d’un effet optimal le public sans le moindre ennui.
Mais lorsque l’ange prend sa trompette à défaut de flûte maudite Pour annoncer le jugement, est-ce là une bénédiction ? Les morts prennent la poudre d’escampette pour accourir à l’heure dite Réitérant le mouvement de la même malédiction.
À l’époque où l’âme des femmes restait une interrogation, Les Indiennes du nouveau monde en avait une sans emphase. Quoique les hommes jugèrent infâme une telle dérogation, La Lune continuait d’être ronde après chacune de ses phases.
Alors l’homme blanc civilisé voulut convertir les païens En brisant totems, amulettes et manuscrits précolombiens Afin de les évangéliser de force et par tous les moyens Et remettre les pendulettes à l’heure du monde chrétien.
Pourtant la Lune est restée ronde et ne suit pas la loi des hommes ; Notamment les femmes-chamanes qui en commémorent le fiasco. Je ne sais si Manitou gronde encore dans leurs chromosomes Mais nul Jésus mégalomane n’aura terni le cœur des squaws.
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Tous les jardins à la française ne sont pas tous si cartésien Qu’André Le Nôtre l’aurait voulu quand il travaillait à Versailles. Et n’en déplaise à Louis XVI le dernier des rois capétiens Qui ne jetait son dévolu que sur les serrures en ferrailles.
Depuis, l’arbre républicain est le symbole de liberté De dix-sept-cent-quatre-vingt-dix, dont il ne reste que l’écorce. Inspiré des Américains et leur coutumière fierté À faire en sorte que resplendisse le chêne, symbole de force.
Pourtant, même sous la ramure des vieux arbres plantés par l’Histoire, Les échos d’un passé feutré persistent encore dans les allées. Seuls les racines nous murmurent les chiffres et les dates notoires Mais elles sont si enchevêtrées qu’il n’y pousse que des azalées.
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Coté cour, la dame de cœur est faite d’uns et de zéros Dans tous les livres numérisés de l’Histoire des rois de France. Histoire écrite par les vainqueurs, les nobliaux et les héros Qui se sont caractérisés par leurs manœuvres à outrance.
La Reine Marie-Antoinette fut tronquée à la particule ; Et Catherine de Médicis régente après la mort d’Henri. Blanche de Castille, pas si nette, ne se montra pas ridicule Quant à la femme de Charles VI, plus on est de fou plus on rit !
Si Henri IV et Louis IX, puis Louis XVI sont des carrés De Louis XI à Louis XIII, peu de rois furent nombres premiers. Après leur mort, la preuve par neuf faite par Henri Poincaré Ne prouva rien et n’en déplaise à Newton, chu de son pommier.
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Dans la forêt arithmétique, j’aime les arbres aux nombres premiers Qui cachent la forêt derrière tous leurs multiples et leurs carrés. Chaque arbre possède sa cosmétique : du bleu poirier au cyan pommier Et lorsqu’apparaît la clairière j’y cherche la fleur bigarrée.
Puis dans les forêts algébriques les arbres deviennent complexes Avec racines irrationnelles et branches au troisième degré Et puis des suites qui s’imbriquent à l’infini pas très simplexes Dont les voies opérationnelles se multiplient contre leur gré.
Et puis tout devient transcendant dans les bocages circulaires Où les parcelles de mal en pis retombent sur un chiffre rond. Malgré l’escalier ascendant parmi les arbres séculaires Qui mènent au grand chêne Pi qui ne craint que les bûcherons.
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Dans mes vieux châteaux numériques, les zéros remplacent les héros ; Les chiffres rouges, carreaux et cœurs et les bleus, les trèfles et les piques. Dans les couloirs périphériques, on suit les mêmes numéros S’ils sont de la même couleur que celle de leurs rois atypiques.
Mais dans l’alcôve une équation à deux inconnues se présente ; La dame blanche du vainqueur, la dame noire déconfite. Comment mettre en adéquation cette série omniprésente De chiffres qu’on apprend par cœur pour les oublier aussi vite ?
Mais gare aux couloirs infinis qui ne sont que des labyrinthes Où l’on se perd et où l’on risque de tomber dans une oubliette ! Aux nombres bancals, mal finis, dont on sent l’éternelle étreinte De la quadrature du disque arrondie à la virgulette.
Mais quittons donc notre carrée pour prendre le chemin de ronde Où les comtes font les bons amis et les barons les ventres ronds ! Et sous les voûtes bigarrées où s’entend le peuple qui gronde, Fuyons ce carré d’infamie pour la figure de Cicéron.
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Bandit ! Filou ! Voleur châtré ! Je t’ai pris la main dans le sac ! Mais où sont passés mon gigot et le fromage de ma laitière ? Les bouteilles de lait éventrées et répandues comme un grand lac ; Le poulet volé dans l’frigo qui ne passe pas par la chatière !
M. Mistigri, bandit masqué, à l’œil charbon et l’air honnête ! Toutes les nuits tu viens sentir et me flairer les provisions. Puis tu rentres l’air offusqué, hypocrite autant que malhonnête Pour ressortir sans repentir, cambrioleur à profusion !
Affreux matou, fieffé grigou ! Ma cuisine est pleine de plumes Et jonchée de petits squelettes souris, mulots et salamandres Par terre, ci-gît un vieux ragoût avec tous ses petits légumes Et trois restants de tartelettes – depuis quand aimes-tu la coriandre ?
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Séléné aux yeux étoilés brandit la Lune comme un lampion Une fois par mois pour déclencher le flux de la procréation. Le corps à peine dévoilé, elle avance en damant le pion À ceux qui l’espéraient flancher en pleine intermédiation.
Séléné marche sur les eaux ce qui déplaît fort aux chrétiens Qui privilégient ce talent exclusivement au fils de Dieu. De plus, elle brille sur les réseaux où elle accorde tout son soutien Aux noctambules en dévoilant ses traits de génie les plus radieux.
Sous la voûte d’argent tachetée, Séléné danse, souveraine, Son lumignon, comme ses yeux, éclaire toutes les confidences Qui seront toutes décachetées, examinées, l’âme sereine Et confiées au merveilleux messager de la providence.
Je voudrais bien m’imaginer qu’un Dieu aurait créé la vie Car ce n’est pas plus ridicule que croire ce que dit la science. Le doigt de Dieu invaginé dans la matière me fait envie Oui mais alors quel matricule conduirait cette omniscience ?
Les Égyptiens, c’est bien tentant avec Isis et Osiris ; Les dieux grecs ainsi que romains géniteurs par polygamie ; Les scandinaves argumentant avec Odin et son iris ; Le Dieu unique qui tend la main à trois religions ennemies…
C’est là l’argument compliqué qui vient ternir la théorie Car identifier ce Dieu est plus difficile qu’on ne croit. Il est inutile d’expliquer quel en serait l’allégorie Si ce créateur insidieux est une énigme de surcroît.
Une fois vu de l’intérieur ce que mon corps métabolise, Ce que mon cœur énergétise et comment l’esprit réfléchit, J’ai pris le chemin antérieur, celui que l’astral symbolise, Celui que l’âme prophétise avec la divine hiérarchie.
Ce n’est pas écrit dans les livres ni Torah, ni Coran, ni Bible Mais c’est inscrit dans les étoiles vu que nos atomes y sont nés. Et qu’est-ce qui vraiment le fait vivre sinon l’énergie susceptible D’animer la vie qui dévoile tous ses secrets insoupçonnés ?
L’artiste auteur de ce miracle a dû laisser sa signature Dans l’ADN ou mes cellules ou le QR-code de l’iris. Quand j’ai interrogé l’Oracle de Delphes quant à sa nature, Il m’a répondu qu’elle pullule dans l’épine dorsale d’Osiris !
Encore une fois le chat s’impose dès que l’alchimiste est en transe Et les animaux à la ronde semblent attirés par cette scène. Au début chacun se repose sauf le chat tendu à outrance Mais sans montrer le moins du monde la moindre indication obscène.
On ne sait plus qui est le maître… Est-ce le chat ou l’alchimiste ? C’est bien là ce que se demandent tous les animaux accourus. Même la nuit qui vient de naître garde le secret intimiste Du moins c’est ce que recommande la méditation encourue.
Prédateurs et proies se rallient à la quiétude du moment Qui ne durera que qu’une nuit, celle du solstice d’hiver. À l’aube quand le soleil pâlit, les uns s’envolent en slalomant Tandis que les autres s’enfuient sous le regard du chat pervers.
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Le soleil ivre sur les plaines et alcoolique dans les vallées Sort de son delirium tremens quand mon esprit bat la campagne Le soir quand tombent les heures pleines qui continuent à dévaler En traçant ses nuages minces qui s’effilochent vers les montagnes.
Et lorsque le soleil se couche sur la mer de nuages blancs, Le crépuscule alors déverse les couleurs de l’astre trop mûr Que la nuit du solstice embouche du bout des lèvres en tremblant Jusqu’à ce que la Lune converse et que les étoiles murmurent.
Alors la nuit noire s’avance, drapée de ses ombres profondes, Les feuilles frissonnent doucement sous l’air glacial qui s’alanguit, Un parfum de terre de Provence flotte pareil au chant monde, Tandis que s’endort lentement la plaine qui rêve à lundi.
Le jour le plus court ; Le silence du solstice ; La nuit la plus longue.
Si l’on ne voit pas l’intérieur, les masques brillent à l’extérieur Des valeurs que l’on veut montrer et celles que l’on voudrait taire. Et plus l’éclat est supérieur, plus l’effet est révélateur Et ça ne fait que démontrer que l’intérieur est délétère.
Bien sûr, il y a la belle aura qui se dégage imperceptible, Qui hélas demeure invisible sauf aux yeux qui sont dans le cœur Mais ne connaissent ni l’odorat ni le toucher ultrasensible Pour tâter si elle est nuisible par accumulation de rancœur.
Finalement soit l’on y croit ou l’on refuse de les voir Ces couleurs du bien et du mal qui transpirent de tous les pores. Sans doute les esprits étroits qui ne jurent que par leur savoir Et dénigrent le paranormal n’y voient que l’envers du décor.
Dommage qu’on ne puisse voir comment on est à l’intérieur ; Pensées d’amour, pensées de haine, pensées de bien, pensées de mal. Nous aurions enfin pu savoir et voir tout le monde extérieur De la couleur de l’âme humaine, divine tout autant qu’animale.
Les femmes seraient-elles teintes en rose et les hommes des bleus de l’âme ? Les enfants aux mille couleurs et tous les seniors transparents. Nous y verrions les cœurs moroses ou animés par une flamme D’amour mais aussi les douleurs d’avoir à perdre nos parents.
Sans doute que la compassion et l’empathie peuvent permettent De sentir toutes les nuances par l’écoute plus que par les yeux. Pourtant plus forte est la passion, plus forte sont les amourettes Et plus aveugle l’influence des attachements fallacieux.
Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer. Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal. Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.
À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre, Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier, Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.
Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ; Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin. Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.
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Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants De la météorologie qui se veut toujours agréable. Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.
Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent. À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?
Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables. On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode, C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.
Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire. Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ; Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.
Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage. Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort, Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.
Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution. Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.
Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut. Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.
Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes, Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.
Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires. Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.
Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines. Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.
Depuis qu’elle y avait goûté, elle retournait patiemment Là où elle m’avait rencontré tout en espérant me revoir. Or si je m’étais écouté, je l’aurais hélée galamment Et invitée pour lui montrer tout ce qu’elle souhaitait entrevoir.
Mais les papillons dans son ventre bourdonnaient trop discrètement Et s’envolaient évidemment dans la mauvaise direction. Parfois le cœur se déconcentre… son œil ouvert distraitement Devrait porter avidement plusieurs lentilles de correction…
Sans doute l’amour soufflera un jour lui soulevant la robe Et l’œil du cœur m’apercevra, entouré de ses papillons. Sans doute l’envie s’insufflera avant que je ne me dérobe Et la vestale me percevra comme un divin amphitryon.
Quand je serai dans mon royaume, coupé de tout réseau social, Comment vous recontacterai-je depuis mon paradis perdu ? Comme il n’existe aucun idiome, ni protocole interfacial, Comment alors m’adapterai-je à cette frontière distordue ?
Par le miroir évidemment, le maître de mes Reflets-Vers ! Je renverrai par son image comment j’existe désormais. Vous y verrez avidement tous les secrets de l’univers Que je mettrai dans mes messages télémiroités à jamais…
Si vous voyez en noir et blanc, c’est que je n’ai plus de douleur ; Ni cœur morose, ni bleus de l’âme, ni la moindre taciturnité, Je vis l’amour sans faux-semblants avec mes muses en couleur Qui m’ont toutes avoué leur flamme qui brûle pour l’éternité.
Était-ce Loreleï ou bien Laureline ? J’avoue, je les confonds souvent Mais je me souviens d’elle prostrée d’avoir failli à sa mission. Plongée dans l’eau qui dégouline elle priait – c’est émouvant – Un dieu quelconque idolâtré et en totale soumission.
Passant par-là, moi Lucifer, j’ai eu pitié de la fautive – Ne le répétez à personne, cela nuirait à mon image – Je déposai l’ardente sphère entre ses mains conservatives Et, avant qu’elle ne me soupçonne, j’ai disparu tel un mirage.
Alors la vestale s’est levée pensant la flamme retrouvée, L’offrit au temple de Vesta pour la pérennité de Rome. Tandis que le feu s’élevait, son petit cœur fort éprouvé Cette fois-là manifesta un méphistophélique syndrome.
Il est des rêves qui n’apparaissent que le soir entre chien et loup Quand tout se brouille et se confond, l’imaginaire prêt à jaillir. Je sens cette étrange paresse m’envahir d’un halo jaloux De la réalité qui fond peu à peu jusqu’à défaillir.
Puis la nuit tombe son rideau et pourtant le rêve persiste ; Je devrais dormir et pourtant je me réveille et il est là : Ce royaume dit « l’Eldorado » que l’on prétendrait utopiste M’ouvrir son portail envoûtant sur le miroir du Walhalla.
À l’aube, il reste ouvert une seconde et une seule seulement Avant de fondre dans l’écume et retourner dans le néant. Un jour, je quitterai ce monde, je quitterai mon élément Et plongerai droit dans la brume dans cet interstice béant.
Te voici donc enfin, dernier jour de novembre Avant la première aube du mois de décembre. J’eusses aimé emprunter les mots chers à Rimbaud Mais le maître aurait-il pu tenir le flambeau ?
J’ai donc cherché ailleurs le vrai mot qui achève, Le dernier mot marquant, celui qui parachève. Dans « Les Voix intérieures », j’ai relu tout de go Ce poème si cher à toi, Victor Hugo !
« Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites ! Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ; TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m’objectez pas Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci : tête-à-tête, en pantoufle, Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle, Vous dites à l’oreille du plus mystérieux De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire, Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre, Un mot désagréable à quelque individu. Ce MOT — que vous croyez qu’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre — Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ; Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ; Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ; Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle ! Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ; Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues, Et va, tout à travers un dédale de rues, Droit chez le citoyen dont vous avez parlé. Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. » Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel. »
Les tatouages évolueront par les nouvelles technologies Et s’afficheront en couleurs qui varieront avec le temps. Au printemps ils nous salueront par de nouvelles morphologies Qui mettront une fin aux douleurs de nos vieux coloris d’antan.
L’été, des tatoos flamboyant pleins de soleil et de lumière, Lumineux en fin de soirée, fluorescents durant la nuit. Imaginez-vous renvoyant vos pensées en avant-première Par mots subliminaux moirés sur votre corps tout ébloui !
Les femmes ayant plus de surface pourront y raconter leurs vies, La vie en rose, les bleus de l’âme et les petits baisers violets. Quand on se trouvera face-à-face, Madame alors sera servie Comme une véritable oriflamme de délices affriolées.
Je n’ai pas besoin de Monet, ni de Van Gogh, ni de Cézanne Ni de boire du vin d’absinthe, ni de drogue hallucinogène Pour voir un tableau marmonner qu’il voudrait partir à Lausanne Pour retourner en terre sainte vers l’origine de ses gènes.
Car les tableaux parlent d’eux-mêmes ; inutile d’en lire le titre Pour connaître leurs intentions qui sourdent à travers la peinture. Les photos, du pareil au même ; les sous-verres fusent sous la vitre Et me dictent leurs prétentions ainsi que leurs envies d’aventure.
Sur internet, ça va plus vite ; un clic et un aréopage De liens et de sites en rapport me déversent leurs logorrhées. Parfois je biaise, je les évite mais aussitôt tourné la page Tout ce qui dans l’air s’évapore revient pour me revigorer.
Tiens ! Par exemple, pour celui-ci, l’image me paraissait bien plate Mais aussitôt une deuxième et deux autres sont accourues Pour dire qu’elles bénéficient d’un créateur que l’on relate Dans une expo philippinienne dans laquelle il a concouru.
Novembre revient nous border de ses couvertures dorées Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons. L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.
Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne. Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.
Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux. Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.
Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac, Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret. On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus, Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup. Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue, Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».
Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche. Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.
Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups, Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents. Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.
Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .
Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ; Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira. Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.
Alors la musique des sphères montera des arbres ardents Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons. Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons
Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre. Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.
Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées. Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !
Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment. Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.
Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ; Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.
Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale. Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.
L’hiver, les plages étant désertes, prenez donc un bain de minuit En plein midi s’il fait soleil ou sous la pleine Lune s’il vente. Posez votre poitrine offerte comme couverture s’il fait nuit Et s’il fait froid, un bon conseil, trempez-y la bite chauffante.
C’est ainsi que l’on appelait les chauffe-tasses à l’armée Et, à l’amour comme à la guerre, il faut savoir se débrouiller ! Or, s’il gèle à se les peler, pensez pour ne pas l’alarmer À une excuse qui n’aura guère d’autre effet qu’une dérouillée.
Et si la vague un peu taquine vient lécher vos arrière-plans, Ne résistez pas à l’envie d’offrir vos dunes à sa caresse. La mer connaît toutes les combines pour réveiller les continents Et sous sa langue qui vous ravit votre sable devient tendresse.
Quand le vent souffle en contrebande et s’insinue sous vos jupons, Profitez donc de sa folie, badigeonnées d’ambre solaire Et batifoler sur la lande en agitant tous vos pompons, Sortant de la mélancolie avec tous vos bijoux à l’air !
Comme tout le monde, enfin je crois, je prends le temps de m’arrêter, De m’asseoir et de réfléchir à qui je suis dans l’univers. Le temps de compter jusqu’à trois, je suis tout de suite affrété Par des anges qui me font fléchir ou des démons les plus pervers :
« Lorsque tu suspends le présent dans l’espace-temps du moment, Tu redeviens corps de lumière dans une obscure réalité Qui n’a que toi, omniprésent comme un dieu sur le firmament, Qui ne dure qu’une première seconde avant la dualité…
Car tu te heurtes à ta conscience qui fait barrage à ton canal Censé te relier à l’âme de tous les vivants en suspens Dans ce plasma de confiance dans lequel brille ton fanal Que tu exposes à toutes les flammes qui te veillent en se préoccupant…
…De l’état de ton corps astral qui vient de se couper du monde Et qui retourne aux origines des pensées les plus primitives Comme un souvenir ancestral qui persiste en cette seconde Où tu rejoins ton androgyne enveloppe définitive ! »