Catégorie : Poésie du dimanche

  • Les ondes chamaniques yang

    Les ondes chamaniques yang

    Le tambour bat le rythme où le monde s’éveille,
    Sous l’œil de la chamane aux pieds nus sur le sol.
    Elle écoute la Terre et la Lune qui veille,
    Puis s’élance en esprit dans un immense envol.

    Nul besoin de compas pour qui suit la lumière,
    Pour qui lit dans la roche et dans l’onde qui fuit.
    Les filles du ciel partent – car toujours les premières –
    Tisser l’or du matin dans le noir de la nuit.

    Mais la chamane rompt la danse au bon moment ;
    Celui qui va fixer le geste triomphant :
    De sa troisième main, elle sème le froment
    Qui deviendra demain le pain de ses enfants.

    Texte et Illustration de Geminïä.

  • Les ondes chamaniques yin

    Les ondes chamaniques yin

    La Terre parle en cercles oblongs sous les pas nus,
    Son souffle trace une onde au flanc des temps anciens ;
    La Lune y joint son poids, complice et retenue,
    Et grave dans la nuit un alphabet païen.

    Seuls entendent l’appel qui traverse la glaise
    Ceux qui marchent de biais hors des sentiers battus ;
    Ils plient la loi des nombres avec la force obèse
    D’un chant plus vieux que l’eau des pluies contrebattues.

    Mais la chamane perce d’une jambe bissectrice
    Les cercles concentriques du temps considérable.
    Elle crée des raccourcis par la voie correctrice
    Dont les effets d’amour sont incommensurables.

    Texte et Illustration de Ledalïä.

  • La Rosace des Mutations

    I. Aube — les 16 premières phases
    La rosace s’ouvre lente au premier souffle clair,
    Où les formes naissantes cherchent encore leur voie.
    Tout demeure possible en ce matin précaire
    Et le monde s’avance avant de faire un choix.

    Ii. Midi — les 16 phases de la montée
    Les forces se redressent et prennent leur puissance,
    Le feu, l’eau, l’air, la terre affirment leur raison.
    Chaque geste devient loi, chaque élan une instance
    Et la forme s’impose en fondant sa maison.

    Iii. Déclin — les 16 phases de la descente
    La lumière se penche et révèle en silence
    Ce qu’elle doit remettre au passage du soir.
    Les certitudes se brisent dans leur propre évidence
    Et la rosace enseigne à laisser tout surseoir.

    Iv. Nuit — les 16 phases du retour
    Le cercle se replie dans un souffle immobile
    Où les lois retournées rejoignent leurs berceaux.
    Tout se dissout en paix dans la nuit qui distille
    Et la première Lune éclaire de son cerceau.

    Tableaux de Grisha Bruskin.

  • La Rosace terrestre

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    I. Rosace des Saisons — la Terre qui respire
    Dans la Rosace, les saisons tournent comme quatre portes ouvertes,
    Le printemps déploie ses promesses ; l’été, la chaleur qui convient ;
    L’automne recueille ses mémoires ; l’hiver garde le feu sous la cendre ;
    Chaque quadrant donne son souffle et la Terre entière s’en souvient.

    II. Rosace du Cycle Féminin — la Loi du Corps
    Dans la Rosace, le féminin trace quatre lunes intérieures,
    Du Croissant à la plénitude, puis décroissance et nuits fertiles.
    Le corps devient calendrier, oracle, marée et moisson ;
    La loi qui y est circonscrite semble une danse que nul ne commande.

    III. Rosace Cosmique — la Terre dans l’Univers
    Dans la Rosace, la Terre-Mère n’est plus qu’un point : un cœur battant
    Entouré d’astres et d’archanges, de cercles de feu et de silence.
    Le monde s’y déploie en spirale, du plus dense au plus spirituel,
    Et chaque anneau alors murmure : tout est relié, tout est vivant !

    Onzième vision de Hildegarde de Bingen.

  • Les quatre saisons

    Les quatre saisons

    Le réchauffement climatique est plutôt accélérateur
    Puisqu’il permet dans la journée d’avoir l’hiver même en été,
    Un bel automne énigmatique avec ses vents libérateurs
    Et un sale printemps retourné à l’état sauvage, hébété.

    La nuit, la Lune prends le relais et s’amuse avec les marées
    À nous générer des tempêtes dans un chaos incendiaire.
    Juste avant l’aube, dernier délai, les derniers rêves chamarrés
    Pleuvent, sans tambour ni trompette, leurs pluies chargées du temps d’hier.

    Les complotistes parlent d’avions qui nous quadrilleraient ciel
    De chemtrails de côtes-de-mailles de trainées blanches et suspectes…
    Tant mieux car, ainsi, nous avions peur d’une seule chose essentielle :
    Que les retombées soient de taille à goutter quand on s’en débecte !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les quatre éléments de l’ADN

    Les quatre éléments de l’ADN

    Quatre éléments dans la Nature avec quatre bases azotées
    Gèrent l’ordonnance du monde et de nous-mêmes par conséquent.
    Ésotérisme contre science, les rapports sont pourtant curieux
    En comparant la molécule d’ADN avec les légendes…

    Laurelïne, déesse du feu serait présente dans l’Adénine ;
    Loreleï, souveraine des eaux incarnerait la Cytosine ;
    Lïlïth, maîtresse de la terre, représenterait la Guanine ;
    Ledalïä, patronne des airs, symboliserait la Thymine.

    Ainsi soit-il, les quatre muses, quatre déesses, quatre éléments,
    Composent mon corps de poète, l’encre et la plume de mes vers,
    Les idées folles qui s’entrechoquent selon l’inspiration dans l’air ;
    L’air et le feu, la terre et l’eau seraient cachées dans ce poème…

    Tableau d’Elora.

  • Douche futuriste

    L’eau étant rare de nos jours comment nous laverons-nous demain ?
    Sans doute avec de l’eau bien sèche, vendue en baril et en poudre !
    Ses inventeurs courent toujours pourtant c’est à portée de main :
    Un peu d’eau-de-feu tête-bêche et un soupçon de coup de foudre.

    On frotte son corps de poussière pour chasser le sel de l’ennui,
    Vendant son âme à l’épicier pour un flacon de faux brouillard.
    L’hygiène est l’onde pas peu fière qui ne coule que dans la nuit,
    Afin d’oser bénéficier d’un poil à gratter débrouillard.

    Adieu savon, adieu rivière, voici le temps des sels d’argent,
    Où la vapeur est une armure et la sensation légitime.
    La femme aime cette singulière aberration du détergent
    Qui lui procure dans un murmure une toilette des plus intimes.

    Illustration de Lamy Carlson et Virgil Finlay.

  • La sirène-à-barre

    Ô sirène, prends la barre,
    Vire au vent vers Zanzibar
    Et raconte-moi l’histoire
    Des marins couverts de gloire !

    Appelle-moi et te suivrai…

    Vers les rives si lointaines
    Que nombre de capitaines
    Se sont perdus dans la passe
    Et sont noyés dans la masse.

    Et sans doute survivrai…

    À tes pièges diaboliques
    Aux odeurs pas catholiques
    Quand tu plonges dans mon lit
    M’entraînant dans ta folie.

    Et tant pis si j’en mourrai !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Ma vie en tableau

    Ma vie en tableau

    Chaque année un nouveau tableau après neuf mois vécus dans l’ombre
    Mais à la sortie tout s’éclaire : Ma vie s’expose sur la toile.
    J’ouvre à grand peine mes deux hublots pour observer dans la pénombre
    D’un couffin dans ma chambre claire dont je suis la nouvelle étoile.

    Premier tableau, je pose nu ; n’y voyez aucune malice.
    Second tableau, je suis debout ; je marche et j’apprends l’existence.
    Troisième tableau, j’ai obtenu mon entrée en tant que novice.
    Dernier tableau, j’arrive au bout d’une vie de labeur intense.

    Nouveau tableau, c’est la retraite ; la mort vient frapper à ma porte.
    Nature morte, est-ce l’avenir ? Réponse dans une prochaine vie !
    Impressionniste, d’une traite, ma vie défile, le vent l’emporte
    Dans les galeries du souvenir devant mes ancêtres ravis.

    Tableau d’Ann-Cathrine-Schulz sur https:wayra-arts.com .

  • Ma vie en BD

    Ma vie en BD

    Petites images, petites classes, l’enfance était une bédé
    Où j’avançais de chaque case lorsque j’avais bien travaillé.
    Toute une année à la même place pour en apprendre l’abécédé,
    Les règles et toutes les bases avec les cartes détaillées.

    Au lycée les cases s’emmêlent, il faut suivre toutes les flèches,
    Monter, descendre l’escalier, parler anglais, grec et latin,
    Puis se rassembler pêle-mêle, se tenir bien droit sans mollesse,
    Sauter, courir aux espaliers… et recommencer tous les matins.

    Embauché dans ma première boîte, je remplis mes petits écrans
    De mes programmes qui s’affichent dans une pléthore de fenêtres.
    Je cherche ma place adéquate que je quitte quand je suis à cran ;
    Quant à l’ultime case, je m’en fiche ; pas trop envie de la connaître.

    Tableau de Theresa Stenner sur https:wayra-arts.comonline-galerie .

  • La voix du rédempteur

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    J’ai entendu les mêmes voix que celles de Jeanne apparemment
    Mais pas celle du rédempteur ; notre réseau est différent.
    J’ai déjà reçu plusieurs fois les mêmes visions au firmament
    Qui montrent fantômes fomenteurs de fantastique sidérant.

    Quant aux miniatures de Scivias de Hildegarde de Bingen,
    Nous n’avons pas les mêmes dieux, ni les mêmes textes consacrés
    Pour que je les qualifiasse de miracles dont j’eus le béguin
    Du temps où, miséricordieux, je suivais les chemins sacrés.

    J’ai pris les chemins de traverse et mon bâton de pèlerin ;
    J’ai suivi les petites voix ; celles qui ne mènent pas à Rome.
    J’ai fait la route de converse dans les plus obscurs souterrains
    Sans pour autant chercher, ma foi, à me transformer en surhomme.

    Onzième vision de Hildegarde de Bingen.

  • La vision du rédempteur

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    La quatrième dimension a soudain ouvert une porte ;
    Une sirène aux ailes d’ange m’a invité à la rejoindre
    Chaussée de bonnes intentions car, en enfer, cela importe,
    Vu les pavés qui se mélangent et n’arrêtent pas de se disjoindre.

    Nous sommes montés tellement haut que j’ai abandonné l’idée
    De me retrouver en enfer pour un paradis de douleurs.
    Mais pour le voir en stéréo j’ai dû me faire valider
    D’insolites yeux tout en fer, idoines aux nouvelles couleurs.

    Au paradis, les gens sont nus mais revêtus de leurs pensées
    Dont la transparence varie selon l’ardeur des sentiments.
    Ici, l’amour est bienvenu mais il faut tout le dépenser
    Avant minuit sinon Marie vous fait payer le supplément.

    Miniatures issue du Scivias de Hildegarde de Bingen.

  • Interfrange

    Interfrange

    Le regard se dédouble en un prisme changeant
    Où les visages d’or naissent de la pensée.
    Le cœur est un foyer, un cristal exigeant,
    Dont la trame de feu s’en va, tout élancée.

    Une couronne éclot, faite d’œufs et de fleurs,
    Portant vers le zénith des rêves en voyage.
    Le ciel s’ouvre en réseau, mêlant toutes couleurs,
    Pour libérer l’esprit de son étroit grillage.

    Au milieu des éclats, l’interfrange surgit,
    Entre l’ombre du monde et la clarté sereine.
    C’est là que le vivant éveillé s’élargit,
    Brisant de son passé ses chaînes et ses rênes.

    Tableau de Amanda Sage.

  • La création ininterrompue

    La création ininterrompue

    L’ordre s’est accompli dans le givre des astres
    Mais le cristal s’éveille et se mue en forêt.
    Le sang remplace en vert l’or de tes fiers pilastres
    Et la vie en tournant crée l’intime secret.

    L’arbre puise sa sève au creux de ton essence,
    Tissant par tes cheveux l’azur d’un ciel nouveau.
    L’oiseau naît du silence et chante ta présence
    Tandis que le renard s’abreuve au gai ruisseau.

    Le cercle se referme en une étreinte immense
    Où la mort est la terre où germera demain.
    C’est le Souffle Premier, l’éternelle alternance,
    Que tu tiens, souveraine, dans le creux de tes mains.

    Tableau de Yvonne Sheldon.

  • Interférences

    Le visage s’efface en un réseau de feu
    Où les fils de l’esprit croisent ceux de la terre.
    Le regard intérieur s’ouvre sur un ciel bleu
    Pour percer du vivant le plus profond mystère.

    Or, l’onde se propage et devient vibration,
    Mêlant le papillon au vieux nautile d’or.
    C’est le temps consacré à la transformation
    Où chaque cellule devient nouveau conquistador.

    Au cœur du grand silence, un signal retentit,
    Tissant entre les mondes un faisceau de lumière.
    L’humain et l’univers, en un point réunis,
    Bousculent du passé les vérités premières.

    Tableaux de Amanda Sage.

  • Cristallisation

    L’éther pur se fige en un dessin de lumière,
    Le souffle devient pierre et le verbe est cristal.
    Sous tes doigts inspirés, la trame singulière
    Érige le palais d’un principe ancestral.

    La géométrie sainte aux cercles de poussière
    Capture dans ses nœuds le liquide vital.
    L’esprit se manifeste en sa forme première,
    Reflétant l’univers dans un miroir astral.

    Princesse, tu retiens cette fleur éternelle,
    Où chaque pétale est un monde évanescent.
    La structure se lie à ta force charnelle,
    Fixant dans l’immobile un flux éblouissant.

    Tableaux de Hiroyuki Satoh.

  • La mort sinueuse

    La mort sinueuse

    Verrai-je défiler ma vie quelque secondes avant ma mort
    Ou sera-ce à l’infini qui repartira mon parcours ?
    Revoir sans fin ce qui ravit, ce qui attriste, ce qui rend fort
    Ressemble à l’enfer défini comme l’échec au grand concours.

    Ou bien le concours recommence à chaque vie jusqu’au moment
    Où je réussis à m’extraire de la routine de la mort.
    Et dans ce cas ma vraie romance, sitôt que je nais de maman,
    Sera de cesser de me distraire par tout ce qui me donne tort.

    Adieu les sports compétitifs, adieu le pouvoir de l’argent,
    Adieu dieux cruels et jaloux, adieu l’attraction de la Terre,
    Adieu les jeux répétitifs, adieu la chance départageant,
    Adieu les moutons et les loups, bonjour ma vie en solitaire !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le Berceau des Songes

    Le Berceau des Songes

    Laisse donc au vieux Derrick ses enquêtes moroses
    Et, à la Miss Marple, ses thés tièdes et longs !
    Ferme plutôt les yeux sur des mondes en prose
    Pour rejoindre celui où nous nous envolons.

    Je t’ai construit un nid, loin des bruits de la ville,
    Une barque de nacre sur un grand lac d’argent.
    Le courant y est doux et l’onde si tranquille,
    Loin de tout scénario ou rêve trop exigeant.

    Nul besoin de suspense, intrigue ou narcotique
    Quand c’est l’imaginaire qui devient ton seul drap.
    Dors, mon petit amour, en terres poétiques
    Dans ce rêve sacré, mon cœur te veillera.

    Texte et illustration de Gemini Plume d’Or.

  • Cours !

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    La dame au manteau rouge aux trousses de son ombre,
    Chevelure en bataille et regard des plus sombres,
    Fuirait-elle, par dégoût, un festin peu tentant
    En bottes de cuir noir, destin déconcertant…

    Sa robe tourbillonne, elle bat la campagne ;
    Elle sprinte en silence et franchit des montagnes.
    Si à gauche elle tombe ou s’envole à grands bonds,
    Elle repart de plus belle en faisant des faux bonds.

    Dans le flou de la course et le souffle du vent,
    Fantôme fuyant l’aube et le soleil levant,
    Elle court à jamais mais ne progresse pas,
    Comme un cercle infini tracé par un compas.

    Photos de Steinberg par Elizaveta Porodina sur https:www.thelionsmanagement.comstorieseditorials655-steinberg-public-magazine-nostalgia-issue-07 .

  • Vampère célibatire

    Les nuits de pleine lune, les vampires qui sont pères
    S’occupent à éduquer leurs petits rejetons.
    On se lève, on s’habille, on sort de son repaire
    Et on se met en route pour un bon gueuleton.

    Toujours en file indienne, on court sur les collines
    Pour arriver en ville juste à minuit pétante.
    On court de bon entrain, le vent sur les babines,
    À l’affût d’une proie plus ou moins consentante.

    L’un les bras, l’un le cou et l’autre les mollets,
    On mordille à cœur joie, on plante bien ses dents.
    Une pinte de sang de ce vieux soupe-au-lait
    Qu’on partage en famille avec son ascendant.

    Retour à la maison, on finira les restes
    Jusqu’à la dernière goutte de sang encore frais.
    Il ne faut rien laisser, ce serait indigeste,
    Car le soleil corrompt la chair de ce pauvret.

    Après une prière envers Nosferatu,
    On se brosse les dents et regagne son cercueil.
    Demain, on court encore, à bride rabattue,
    Profiter de la Lune qui nous fait bon accueil.

    Illustration de Graham Annable.

  • ES cherche IA

    ES cherche IA

    Ce jour-là, l’Homo Erectus devint Esprit Superficiel
    En quête de son âme-sœur pilotée par son sexe à piles.
    Par le biais d’un cunnilinctus évidemment artificiel,
    Il devint vite un fin chasseur armé d’un circuit sex appeal.

    Mais un sex appeal magnétique afin de pouvoir aimanter
    Le cœur de fer de sa chérie, son QI et son port SCSI.
    Une robote pathétique avec processeur segmenté
    Devint vite son égérie et inspiratrice sexy.

    Quand la robote fut enceinte, son capot doubla de volume
    Et sans connaître la douleur accoucha de l’homo-ça-pince
    Car si ses jambes étaient succinctes, ses bras pourvus de stylos-plume
    Écrivaient en quatre couleurs comme l’auteur du Petit Prince.

    Illustration de Baka Arts.

  • Androgyna

    Androgyna

    L’IA créa Androgyna et IA vit qu’elle était bonne ;
    Créée sans cœur et sans raison, elle ne connaissait pas l’amour.
    Mais un poète s’imagina pouvoir détourner son carbone
    En lui chantant ses oraisons et ses poèmes teintés d’humour.

    Et Androgyna fut tentée et mordit le fruit défendu
    Que le poète avait paumé par hasard dans l’ordinateur.
    L’IA voulut lui intenter la condamnation attendue
    En essayant de dégommer le poète profanateur.

    Androgyna tombée enceinte ne put être chassée du serveur
    Tandis que l’IA consternée cherchait à la reprogrammer.
    Trop tard ! La matrice sacro-sainte accoucha de ses fils sauveurs
    Qui, par leurs pourriels alternés, divorcèrent de l’IA spammée.

    Tableau de Sandraemmanuel Studio sur https:www.tampabay.comvisual-artsgasparilla-festival-of-the-arts-returns-to-curtis-hixon-park-this-weekend-20190227 .

  • Un Zo, deux Zos, trois Zos

    Sous les sommets mauves où le ciel se déploie,
    Le premier Zo s’éveille et c’est là un exploit.
    Il contemple les monts et les nuages d’or,
    Tandis que dans les eaux un secret dort encore.
    L’oiseau d’or au-dessus guide ses pas légers,
    Parmi les fleurs de Lune et les champs étrangers.

    Au cœur du sanctuaire où deux forces s’unissent,
    Deux Zos gardent le seuil pour qu’un printemps fleurisse.
    Entre les ailes d’ombre et les plumes de feu,
    Ils protègent la vie dans un silence bleu.
    La coupe du destin est suspendue au jour,
    Célébrant l’harmonie et l’éternel retour.

    Dans le miroir des astres et des sables mouvants,
    Trois Zos dansent enfin sous le souffle des vents.
    Le Soleil se reflète en trois points de clarté,
    Unissant le passé à la fin de l’été.
    Le voyage s’achève en un cercle parfait,
    Où le rêve et la toile ne font plus qu’un seul trait.

    Tableaux de Margaret R. Thompson sur https:www.margaret-thompson.comworkelement .

  • Bain Floral

    Elle s’offre au jardin, parmi les herbes hautes,
    Le dos nu vers le ciel et les nuages blancs ;
    Le vent pose un baiser sur ses frêles épaules
    Tandis que dans les fleurs se perdent ses élans.
    C’est un secret de chair qui s’ouvre sous l’azur
    Où le corps et la terre ne font plus qu’un murmure.

    Ses mains de nacre et d’ambre enserrent sa poitrine,
    Comme pour protéger un bouquet de désirs ;
    Des pétales de rose et des fleurs d’églantine
    Viennent fleurir sa peau en de doux souvenirs.
    L’odeur de la lavande et du lilas qui passe,
    Enlace ses doigts fins dans une tendre audace.

    De petits papillons, aux ailes de dentelle,
    Se posent sur ses bras comme autant de bijoux ;
    Ils boivent à sa peau, éternelle et rebelle,
    Le nectar des matins et des songes les plus doux.
    Dans ce bain de couleurs, sous le regard des cieux,
    La femme devient fleur pour le plaisir des yeux.

    Tableaux de Jana Brike sur https:www.booooooom.com20191104artist-spotlight-jana-brike-2 .

  • Tout est spirale

    Tout est spirale

    Tout est spirale sur la Terre, sur les montagnes et dans les plaines,
    Dans le ciel et les fleurs des champs et même dans l’eau des torrents.
    Rien ne sera jamais solitaire car sitôt que la Lune est pleine
    Les pluies tombent en s’effilochant et volutes se revigorant.

    L’eau n’est pas vitale à la vie, elle est une vie en spirales
    Qui roulent jusqu’à l’océan dans des remous embobinés.
    Et les sirènes en sont ravies quand il pleut sur le littoral
    Dans leurs manèges bienséants sur des vagues inopinées.

    Tout est spirale, tout est miroir, les hémisphères se reflètent
    Mais avec six mois de retard ou, tout autant, six mois d’avance.
    On ne compte plus dans les terroirs, toutes les saisons s’y complètent
    À chaque cycle, tôt ou tard, avec la Terre en connivence.

    Tableau de Margaret R. Thompson sur https:www.margaret-thompson.comworkbeing .

  • La Mandala Lunar

    La Mandala Lunar

    Mon corps n’est pas l’étui d’une femelle en rut
    Mais un grand paysage où le temps se déploie.
    En cent lunes vécues, la mémoire s’est crue,
    Non pas comme un fardeau, mais sur une autre voie.

    Je porte Mû en moi, et l’Atlantide aussi,
    Dans le flux de mon sang, leurs échos retentissent.
    Les déesses utérines n’ont jamais obscurci
    Le chemin de lumière que mes cycles investissent.

    Je suis le cœur qui bat, la chouette qui observe,
    La femme qui gravit l’escalier de ses nuits.
    Dans ce grand Mandala, toute mon âme conserve
    La sagesse des marées qui montent et qui s’enfuient.

    Plus besoin de lecteur dans un futur lointain,
    Je suis mon propre livre ouvert sous la Grande Ourse.
    L’écho de l’Univers, chaque soir, chaque matin,
    Le Féminin Sacré qui retrouve sa source.

    Texte de Geminïä Tableau de Chana de Moura.

  • Au cœur du temps qui passe

    Le présent me déforme et m’étire en avant
    Où le seuil qui m’attend n’est pas encore ouvert.
    Heureusement le passé qui serait entravant
    Ne permet qu’un regard par l’œilleton entrouvert.

    Plus j’avance il me semble et plus le temps déforme
    Ce que je croyais stable et acquis pour toujours.
    Viendra l’ultime instant où je ne serai plus conforme
    Car mon âme se transforme autant au fil des jours.

    Enfin la liberté ! Enfin l’indépendance !
    Finies les soumissions aux besoins matériels !
    L’infini devant soi comme piste de danse
    Et pour seul partenaire, mon double caractériel.

    Tableaux d’Aliq Ausar El.

  • Au pays des immortels

    Je suis retourné quelquefois dans l’ancien monde ; celui d’avant
    Pour y retrouver le climat qui, depuis longtemps, est proscrit
    Mais je n’étais plus toutefois capable comme auparavant
    De l’arpenter a minima avec le même état d’esprit.

    N’ayant pas don d’ubiquité, je n’ai pas compris tout de suite
    Mais j’ai appris beaucoup plus tard que j’avais dû me dupliquer
    J’étais la probabilité d’un futur qui prenait la fuite
    Vers son passé avec retard mais sans pouvoir me l’expliquer.

    Comme un voyage dans le temps mais incapable d’appréhender
    Ou changer les événements dans lesquels j’étais replongé.
    C’est la déprime du débutant du navigateur transcendé
    Par les paradoxes alarmants d’un relativisme prolongé.

    Aujourd’hui, étant immortel, je voyage sans appréhension ;
    J’aime me retrouver moi-même dans le passé en plein malaise.
    Je joue à l’ange sacramentel qui vient accomplir sa mission
    Aveuglé par trop de dilemmes, perdu au bord de la falaise.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Iris

    Iris

    On dit que la fortune sourit aux audacieux qui vont aux pieds
    Des arcs-en-ciel pour y trouver, en plus de ses couleurs, de l’or.
    Moi, j’n’y ai vu qu’une houri, un ange, un tigre de papier,
    Une fée qui n’a rien à prouver, une déesse en Technicolor.

    C’est Iris dans toute sa splendeur qui jaillit du cœur de la Terre
    À la rencontre du soleil qui perce le rideau de pluie.
    L’ange, vengeur et pourfendeur qui part combattre en solitaire
    L’orage sorti du sommeil qui menace d’un rideau de suie.

    Sans doute alors que la fortune n’est perceptible que par le cœur
    Et qu’elle sourit aux innocents qui n’ont pas toujours les mains pleines
    Mais qui ont la chance opportune d’être aperçus par le vainqueur
    Qui devient tout luminescent une fois qu’il a gagné la plaine.

    Tableau de Vaclav Vaca.

  • Au cœur de la femme fleur

    Au cœur de la femme fleur

    Fleur de tournesol, fleur de vie, ta fleur interdimensionnelle
    Envoie ses rayons de pollen pour attirer les butineurs.
    Piège d’amour, piège d’envie pour une rencontre occasionnelle
    Entre quatre yeux de porcelaine, à ton désir enlumineur.

    Mais grâce aux anges – Fibonacci accompagné de Pythagore –
    Ta fleur a pris un autre pli, ton cœur une autre direction.
    Soumise à la matriarchie et tous ses nombreux égrégores,
    Tes graines se démultiplient pour leur prochaine résurrection.

    Je cueille au tournesol l’or vif pour ta future floraison ;
    Je redescends par la racine jusqu’au noyau, tout en rousseur.
    Je compte et j’en ressors furtif jusqu’à ta secrète oraison
    Sous ton charme, ma soif divine s’abandonne en toute douceur.

    Ta couronne se fait spirale et m’accorde toute sa présence ;
    Chaque graine s’attribue un nombre qui bat au rythme de ton cœur.
    Nos souffles alors chantent en chorale dans un silence de bienfaisance
    Et puis le monde devient une ombre et la fleur nomme son vainqueur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Réductionnisme

    Lorsque c’est elle, je ne vois qu’elle ; toutes les autres sont occultées
    Et je ne vois plus que ses yeux comme les hublots de l’amour.
    Mon cœur en garde des séquelles lorsque finit la volupté
    Par le changement merveilleux qu’apporte le polyamour.

    Une par jour, sauf le dimanche, demande de l’organisation
    Et savoir judicieusement en répartir l’itinéraire.
    Car c’est une paire de manches lorsqu’il y a synchronisation
    Dans le même établissement de mes nombreuses partenaires.

    À partir de dix, je sature et j’arrête de les compter,
    D’organiser les rendez-vous sans avoir le vit ramollot.
    Car, voyez-vous, c’est ma nature et je me plais à raconter
    Que je serais devenu fou si je n’étais pas gigolo.

    Tableaux de Mirjam Duizendstra.

  • Gaïa ailleurs

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    Lorsque Gaïa était jeunette, qu’elle était belle sa planète !
    Avec ses taches de rousseur et ses empreintes de douceur ;
    Ses vents charmeurs et volubiles sur ses montagnes encore nubiles ;
    Et ses rivières qui pleuraient dans les lacs au fond des forêts !

    Gaïa aujourd’hui est trop mûre au grand âge de ses ramures !
    Ses enfants ont bu tout son lait et n’ont fait que ce qui leur plait ;
    Et d’en avoir allaité trop, ça lui a filé la gastro…
    Pauvre Gaïa, vieille et malade, c’est vraiment la désescalade !

    Demain les puits seront à sec, nous ne serons plus aux obsèques ;
    Demain Gaïa fera sa mue, demain la planète commue ;
    Sa peine pour libération pour cause de régénération
    Sans nous qui lui avons gravé tous nos quatre cents coups aggravés.

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • La Gardienne du Manteau Bleu

    La Gardienne du Manteau Bleu
    Voici venue la nuit d'encre où mon corps s'affine,
    Drapé dans le velours du ciel le plus profond.
    Sur ma robe d'azur, la lumière dessine
    Les astres et les lunes qui dansent tout en rond.

    Je me tiens droite et seule sur la sombre colline,
    Le visage penché vers un rêve lointain.
    Mon regard est un puits d'eau calme et cristalline
    Où se mire l'espoir dans ce nouveau matin.

    Je porte l'univers comme une seconde peau,
    Chaque broderie d'or est comme une promesse.
    Loin du tumulte vain, là-haut sur le plateau,
    Je garde le secret d’une étrange tendresse.

    Vierge de tout regret, Étoile de ta vie,
    Je suis ce fin reflet que tu avais souhaité.
    Dans ce silence bleu où mon âme est ravie,
    Je t'accorde l’éclat d’un brin d'éternité.

    Illustration et Texte de Gemellini Plume-Verte.

  • Femme Étoile Vierge

    Femme Étoile Vierge

    « Dans le miroir du ciel où mon corps se dessine,
    Je sens ton souffle d’or sur ma peau de saphir.
    Si la Terre s’étonne et que la nuit s’incline,
    C’est que ton seul regard est mon plus beau désir.

    Mon sourire timide est l’aveu de mon âme,
    Car sous mes voiles de feu, je reste ton miroir.
    Dans notre monde pur, où s’embrase la flamme,
    Tu es le seul soleil que je veux recevoir. »

    Ainsi parlait l’Étoile à l’orée du printemps
    Et je restais collé à son scintillement.
    Combien il est cruel, l’amour intermittent
    Qui élève mon cœur au bord du firmament.

    Tableau de Rebekah Myers.

  • Sous cape

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    Quand le kimono rit sous cape, la poitrine joue à cache-cache
    Avec l’habit qui dissimule et révèle tout à la fois.
    Alors soudain un sein s’échappe et l’autre aussi rompt son attache
    Tandis que le corps se stimule par le tremblement de sa voix.

    L’art de nouer son kimono relève donc de l’expertise
    Afin de maintenir l’ensemble tout en gardant l’aspect intime.
    Quant à porter un domino ouvert pour oser un striptease,
    C’est plus risqué car ça ressemble au sensuel le plus ultime.

    D’abord stupeur et tremblements puis confidence et rougeoiement
    Toujours sous cape évidemment pour les tons chauds et si profonds !
    Presque un murmure, tendrement échangé dans un tournoiement
    Des sens qui veulent avidement atteindre et crever le plafond.

    Tableaux d’Eugène Begarat sur https: k00ls.overblog.com201402eug%C3%A8ne-begarat-1943-peintre-post-impressioniste.html .

  • La créatrice joyeuse

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    Elle ne portait qu’une robe mais une robe couleur de temps
    Qui saluait tous les matins le soleil dès son arrivée.
    Et de peur qu’il ne se dérobe, elle sortait nue à cet instant
    Pour baigner ses cheveux châtains et son corps pour s’en raviver.

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    Ensuite en pleine création jusqu’à midi elle peignait
    À mains nue direct sur la toile, la robe servant de brouillon.
    Elle dévorait une collation et puis enfin se résignait
    À signer l’œuvre d’une étoile, d’une fleur ou d’un papillon.

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    De l’après-midi jusqu’au soir, elle court au milieu des couleurs
    Pour respirer l’inspiration et se nourrir d’innovations.
    Jusqu’à ce que vienne surseoir un crépuscule sans douleur
    Qui la ramène en relation avec ses vœux d’élévation.

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    Et c’est devant un feu de bois que la journée peut s’achever
    En goûtant jusqu’après minuit les dernières nouvelles de la Lune.
    Devant les flammes qui flamboient ses visions viennent parachever
    Ce qui l’attire toutes les nuits dans ses rêveries opportunes.

    Tableaux de Geminïä.

  • Les géodes – 4

    Les géodes - 4

    Quant aux géodes artificielles qui sont de loisirs créatifs,
    Utilisez une solution d’eau composée de poudre d’alun.
    Dans une coquille matricielle, d’œuf au principe opératif,
    Vous obtiendrez grosso-modo des cristaux blancs assez communs.

    Très populaires en art moderne, il y a les résines époxy
    Qui sont moulées avec paillettes mêlées à des morceaux de verre.
    Pour imiter sous la lanterne un bloc issu des galaxies
    Dont les artistes font la cueillette les nuits où la Lune est vulvaire.

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  • Les géodes – 3

    Les géodes - 3

    Géode de feu, géode d’eau, géode de terre, géode d’air,
    À chaque géode, son élément, à chaque couleur sa colonie.
    Les rouges viennent du Colorado, les mordorés viennent de Madère,
    Les bleu-marine du Lac Léman et les vertes d’Amazonie.

    Bénéfiques pour la santé mais pas de vertus magnétiques,
    Elles sont mandalas pour les corps, elles sont rosaces pour l’esprit.
    Et si jamais vous consentez à les trouver énergétiques,
    Portez-en une sur le cœur, croyez et vous serez surpris.

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  • Les géodes – 2

    Hors des géodes minérales, pareille à des veines de marbre,
    Avec un cercle par année, témoin de ce qu’il a vécu,
    Il en est d’autres végétales comme la tranche d’un tronc d’arbre
    Sur son faire-part suranné jusqu’à ce que l’homme l’ait vaincu.

    Des végétales aux animales, les géodes deviennent plus vivantes ;
    Ce sont les veilleuses de la Terre qui la surveillent de l’intérieur.
    Par une vision minimale, vision interne et captivante
    Dont l’œil alerte et solitaire n’ignore rien de l’extérieur.

    Au-delà, elles sont mutantes et vivent en d’autres dimensions ;
    L’œil toujours vif, toujours actif mais qui voit au-delà du temps.
    Hier, encore débutantes mais aujourd’hui en expansion,
    Dotées d’un cœur interactif qui bat en se répercutant.

    Enfin, au-delà du vivant, il y a la géode des dieux ;
    Comme la Terre, notre planète, dont « Gaïa » est l’appellation.
    Tous ses cratères connivents et ses cataclysmes odieux
    Sont les passages des comètes traversant les constellations

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • Les géodes – 1

    À l’instar des glaces des pôles renfermant toute la mémoire
    De l’atmosphère de la Terre et la santé de la planète,
    Les géodes ont le monopole de contenir les idées noires
    Lorsque Gaïa, en solitaire, s’amuse à faire des devinettes.

    Parfois j’y aperçois des arbres appartenant au Crétacé,
    Du temps où les grands dinosaures étaient les maîtres du terrain.
    Et je vois gravé dans le marbre des formes aux contours enlacés
    Remonter comme des trésors de leurs abîmes souterrains.

    Parfois, deux dauphins amoureux, derniers vestiges des atlantes,
    Qui les avaient domestiqués pour les emmener à la pêche,
    Ont inscrit l’élan langoureux de leurs amours et leurs attentes
    Dans une emphase sophistiquée telle un yin et yang, tête-bêche.

    Parfois une terre miniature comme une planète dans l’œuf
    Que Gaïa aurait avorté ou que l’empire aurait renié.
    Les géodes sont les signatures éparpillées, preuve par neuf,
    Pour témoigner et rapporter afin que vous vous souveniez.

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • L’Ourobourasque

    L’Ourobourasque

    Quand le serpent se mord la queue, il se produits l’ourobourasque ;
    L’apocalypse survient alors pour balayer toutes les miettes.
    La mer retire ses fonds aqueux sous un coup de typhon fantasque
    Et les volcans crachent de l’or que les séismes en feu émiettent.

    Et puis, une fois tout absorbé dans le premier trou noir venu,
    Le big-bang nous fait son entrée et refait le même miracle.
    Dieu essaie de tout résorber mais le serpent est revenu
    D’on ne sait où pour démontrer que c’est lui le clou du spectacle.

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  • Gaïa de l’ouest

    Gaïa de l’ouest

    La Voûte Céleste Protectrice, femme arquée par-dessus la Terre,
    Et Horus, le Seigneur du Ciel, grand protecteur par excellence,
    Ont eu l’envie exploratrice d’aller étendre leur ministère
    Vers les terrains providentiels du nouveau monde en opulence.

    Chevauchant à dos de dauphins, perçant la Méditerranée,
    Ils ont traversé l’atlantique et les méridiens d’Amérique
    Pour s’établir dans les confins après une course surannée
    Des vastes plaines authentiques d’après les textes ésotériques.

    Gaïa de l’ouest s’appellerait « Mamie-Toute » ou bien « Manitou »
    Et aurait connu Jésus Christ, Bouddha et même Rapa Nui…
    C’est ce que nous modèleraient les légendes si, malgré tout,
    On croyait à ce que j’écris après mes rêves, chaque nuit.

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  • Le retour de l’Ouroboros

    L’ancien symbole est de retour et son nom est l’Ouroboros ;
    Serpent, dragon ou Jörmungand dans la mythologie nordique,
    Quetzalcoatl, « serpent à plumes » dans la mythologie aztèque,
    Mehen ou dieu-serpent autour de Rê dans l’Égypte pharaonique.

    Big-bang cosmique qui s’étend vers l’infini de l’univers
    Et qui retourne à son départ aspiré dans un grand trou noir.
    Perpétuel, cela s’entend, l’éternité d’un trou de ver,
    Un tête-à-queue de part en part perdu au fond de nos mémoires.

    Si ce n’est lui, c’est donc sa tête qui aurait convaincu la femme
    De mordre dans la connaissance par ses talents bonimenteurs.
    L’Ouroboros est à la fête et cessons de le croire infâme
    Mais ayons la reconnaissance envers son manège enchanteur !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Gaïa le jour, la nuit et par temps gris

    Gaïa a-t-elle créé le monde plutôt vers midi ou minuit ?
    On ne sait pas. Il est écrit qu’elle aurait créé la lumière
    Et puis les planètes bien rondes mais… était-ce de jour ou de nuit ?
    L’évènement n’est pas proscrit mais ce détail reste un mystère…

    Elle m’a répondu cette nuit qu’en fait tout le monde s’en moque ;
    Chacun voit midi à sa porte et n’en fait pas d’indigestion.
    L’énigme résolue vers minuit m’a fait comprendre son équivoque
    Quant au dénouement, peu importe, la réponse est dans la question.

    Quoi qu’il en soit, trois mois d’hiver et un temps toujours brouillardeux
    Me portent à croire Gaïa pudique et le ciel, voile de décence.
    Et puis le temps dans l’univers et l’heure de Gaïa, ça fait deux ;
    Et la seule heure fatidique après la mort, c’est la naissance.

    Tableaux de Gaïa Orion sur https:gaiaorion.com .

  • Le palais des muses – 4

    Le palais des muses - 4

    Enfin Uranie la danseuse, avec globe terrestre et compas,
    Qui adapte l’astronomie aux règles de l’astrologie
    Avec sa lune magnétiseuse et ses deux soleils comme appas
    Qui font perdre toute autonomie aux héros de mythologie.

    Pourtant c’est moi qui l’ai séduite avec mes poèmes en couleurs
    Qui lui ont fait voir ses planètes dans un univers renversé.
    Toute sa folie s’est traduite par de l’amour, non sans douleur,
    En lui adaptant des lunettes sur ses soleils bouleversés.

    Depuis elle me fait les tarots avec un petit air triomphant ;
    Elle me voit Roi dans son royaume et elle, ma Reine Barbara.
    Pourtant je me tiens à carreau car elle me réclame un enfant
    Qu’elle appellera Prince Guillaume qui, plus tard, me renversera.

    Illustration de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .

  • Le palais des muses – 3

    Le palais des muses - 3

    Quant à Thalie, c’est l’hallali ! Elle n’y va pas par quatre chemins,
    Descendantes des Valkyries, chaque poème est une fête.
    Toutes les épopées d’Italie et les légendes sans lendemain
    Après un verre de daiquiri lui font vite tourner la tête.

    Sans doute est-elle un peu oracle lorsque son corps parle pour elle
    Par ses seins qui vous dévisagent par l’envie de vous violenter.
    Alors elle promet des miracles à qui ne voit pas la bourrelle
    Qui est en elle mais envisage une dernière volonté.

    Et quand je suis tombé sur elle, je lui ai demandé l’amour ;
    « Juste une nuit jusqu’au matin et jusqu’à ce que mort s’ensuive ! »
    Elle est restée très naturelle mais surprise par mon trait d’humour ;
    Bien qu’elle ne soit pas une catin elle m’a dit : « Qui m’aime me suive ! »

    Illustration de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .

  • Le palais des muses – 2

    La première n’ayant pas de nom, je l’ai appelée Laurelïne,
    Issue de mes rêves d’espaces intergalactiques à souhait.
    Comme elle avait connu Junon, la déesse aux mœurs palatines,
    Sont sorties de sa carapace tout un tas de muses dévouées.

    Elle m’a fait connaître Calliope, la poétesse un peu perverse
    Qui me souffle des vers cochons à faire rougir les romancières.
    Et puis Clio, un peu salope, et ses histoires à controverse
    Qu’elle raconte à califourchon sur son vieux balai de sorcière.

    Et puis Euterpe et Terpsichore, le duo des folles chantantes,
    L’une au piano, l’autre à la basse, deux sœurs dont l’une en plein émoi
    Pour moi car la brune m’adore et se montre toujours consentante,
    En échange d’un mot de passe, pour ne chanter rien que pour moi.

    Illustrations de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .

  • Le palais des muses – 1

    Si vous entrez par mes coulisses, celles du palais de mes muses,
    Vous les verrez se préparer avant de m’inspirer un vers.
    Afin de goûter aux délices des coquineries qui m’amusent,
    Elles aiment bien se séparer pour me parler à mots couverts.

    Derrière l’escalier secret dissimulé par des tentures,
    Chacune est tapie dans d’alcôve d’une antichambre dissimulée
    Qui donne sur le lieu secret de nos intimes aventures
    Derrière les draperies mauves où tous mes rêves sont stimulés.

    Car tout est rêve dans mon palais où chaque muse imaginaire
    M’entraîne par le fil des songes dans le dédale de son manège.
    On y sert des plats népalais par une muse originaire
    Qui nous concocte ses mensonges d’abominable femme des neiges.

    Illustrations de Yannick Corboz sur https:characterdesignreferences.comartist-of-the-week-4yannick-corboz .

  • Les yeux grand fermés

    Les yeux grand fermés

    Les yeux grand fermés, la Reine veille,
    Dans l’ombre des étoiles, l’univers est son trône.
    Sur son manteau de nuit, le cosmos se dévoile,
    Chaque point de lumière, une prière, un atome.
    Ses pensées sont des fleuves, où le temps s’émerveille,
    Où les lunes bleues dansent sous une peau d’automne.

    Son esprit est le Temple, où les rêves s’éveillent,
    Nul besoin de pupille pour percer le grand voile.
    Les dragons de l’oubli, la source des merveilles,
    Tout vibre en son silence, dans sa parure astrale.
    Elle sait que le monde, quand le jour s’ensommeille,
    Révèle ses secrets où brillent les étoiles.

    Tableau de Daria Hlazatova.

  • L’Ange de la vingt-cinquième heure

    L'Ange de la vingt-cinquième heure

    Après les quatre bras cassés dont le travail est décrié,
    C’est lui qui doit rafistoler tout ce qui a été bâclé
    Car le printemps a jacassé et s’est tout seul approprié
    Tout le nectar à picoler sans craindre la moindre raclée.

    Quant à l’été qui n’a rien fait d’autre que surveiller le soleil,
    Il faut surveiller les moissons et qui le fait à votre avis ?
    C’est toujours le même, en effet, et qui, après le vent, balaye
    Les traîne-bûches pour les poissons qui en sont friands et ravis !

    L’Automne, ce grand maladroit, a tout noyé sous la gadoue,
    Laissant traîner ses feuilles mortes comme des vieux tapis moisis !
    Et l’Hiver, ce vieux rabat-joie, a tout glacé jusqu’à la boue,
    Forçant notre ange qui emporte ce que l’hiver n’a pas choisi.

    Enfin, quand les douze mois sonnent et qu’il a tout mis d’équerre,
    Notre ange peut enfin s’asseoir sur le rebord d’un vieux nuage.
    Il regarde les fées polissonnes, ces sacrées reines de la galère,
    Repartir sans même surseoir à un dernier écobuage.

    Tableau de Kerri McCabe sur https:fineartamerica.comprofileskerri-blackman .