Toutes ces notes, d’un air soufflé par une bouche printanière, Transmettent l’accord harmonieux aux graminées dociles à sol. Qui, elles-mêmes, vont insuffler l’inspiration et la manière D’offrir un chant cérémonieux dédicacé aux tournesols.
Ainsi pensé-je aux dandelions et à leurs croches vaporeuses Par leur effet boule-de-neige sur l’ensemble de la prairie Qui va semer la rébellion auprès des plantes valeureuses Qui participeront au manège dans une florale frairie.
L’œil du corbeau est goguenard, suite à l’histoire du renard Qui l’a d’un fromage abusé et s’est de sa voix amusé. Grâce à son expérience acquise, il conseille Madame la Marquise À ne pas se laisser leurrer par des valets trop délurés.
L’œil du flamand pourtant morose permet de voir la vie en rose À cause d’un cou en question en forme d’interrogation. Il sert avec délicatesse les vœux de Madame la Comtesse Et, sait comment lui retourner éloges et hommages bien tournés.
L’œil de la colombe pacifiste s’accorde avec tous les sophistes Qui brandissent leurs drapeaux blancs quand il le faut, sans faux-semblants. Entre la paix et la sagesse, elle offre à Madame la Duchesse Un regard doux condescendant envers ses nombreux prétendants.
Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .
Domestiquer un animal dépend de la bête sauvage Qui va choisir de se soumettre ou de dominer au besoin. Le chat adopte un demi-mal et, sans tomber en esclavage, Cherchera à supplanter son maître et lui piquer ses meilleurs coins.
Mais pour le chien, aucun problème, il est tout à son avantage ; Il est content, remue la queue du moment qu’il vous accompagne. Une créature qui, sans dilemme, gardera vos biens et davantage, Mordant le voleur belliqueux qui viendrait nuire à vos compagnes.
Le chaud lapin est infidèle et donc difficile à dresser À moins d’avoir mille lapines vacantes dans son marigot. Il faut lui tenir la chandelle, l’avoir à l’œil pour redresser Ses tendances qui galopinent à niquer à tire-larigot.
Photos de Flóra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .
Semblable au télégraphe optique, le soleil parle à la forêt Par l’alphabet arboricole que la nature garde secret. Sans doute existe un œil magique dont l’acuité élaborée Permet aux terres agricoles d’en connaître le sens sacré.
Bien sûr, je capte ces messages sans les comprendre toutefois Mais je sais que la Terre écoute, reste attentive et informée Sur le temps qui est de passage mais qui explique à chaque fois Que si les nuages dégouttent, c’est pour pouvoir la transformer.
Les grands maîtres improvisateurs avaient laissé pour s’amuser La liberté à leurs modèles de pouvoir tenter l’aventure. Lorsque le dernier visiteur a enfin quitté le musée Les Vénus tiennent la chandelle aux amourettes en peinture.
Sans vergogne, les naturistes se mêlent avec les beaux habits Dans des rassemblements grandioses avec agapes bien nourries. En revanche, les miniaturistes d’un bien plus petit acabit, Préfèrent rester en symbiose avec les rats et les souris.
Car les animaux participent à cette parade de nuit Tous profitent du même droit selon sa muséologie. Même les enfants s’émancipent et chacun tromper son ennui En changeant quelquefois d’endroit lorsqu’il regagne son logis.
La femme-grue empanachée observe du bout de ses seins Mais ferme ses yeux impudiques de peur de révéler son âme Et lance un esprit détaché relatifs aux sombres desseins De ses visiteurs sporadiques qui viennent entreprendre la femme.
Regards croisés dans les harems dont les seins indiscrets se croisent Car ils s’évaluent du regard autant du cœur que la raison. Ainsi le corps sert de barème et de graduation grivoise Pour amener le mâle hagard à la maîtresse de maison.
Vous, petites saintes nitouches, qui entraînez à la fenêtre L’effet de vos visions mammaires qui guettent le héros olympien, Fermez les yeux, ouvrez la bouche, sentez votre pouvoir renaître Quand votre corps devenant mère deviendra regard œdipien.
Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».
La pyramide des saveurs n’a jamais été étudiée ; Pourtant le goût est important, vu qu’il nous met l’eau à la bouche. Le goût est-il une faveur, un privilège dédié Ou une offense se rapportant au sacrilège qui en débouche ?
Or l’arbre de la connaissance n’était qu’un péché végétal Tandis que tuer de pauvres bêtes est un pouvoir de droit divin. Nous apprenons à la naissance à maîtriser ce droit létal Grâce à notre esprit de conquête sur les ovins et les bovins.
Ne soyons pas plus royalistes que Notre Seigneur Carnivore Qui nous fait manger de sa chair et même boire de son sang. Mais ne soyons plus fatalistes et si le démon nous dévore Tuons ces petits êtres chers car nous sommes les plus puissants.
L’Europe sème ses étoiles sous l’ombre immense que le taureau Étend au cours de leur voyage vers la liberté de s’aimer. Soudain quelque chose se voile au-dessus des champs pastoraux ; On entend comme un mitraillage dans le firmament clairsemé.
Sans doute Zeus qui s’est trahi car il s’était dissimulé Sous l’apparence d’un taureau et s’est pris un coup asséné Par la belle Europe ébahie de s’être fait manipuler Par des stratagèmes immoraux sans cesser de l’ morigéner.
Europe sème désormais ses quelques étoiles en solitaire Et se refuse à tous les dieux qui font des plans sur la comète. Elle restera vierge à jamais et Zeus lui sera tributaire D’une rente au montant dispendieux qu’assidûment il lui soumette.
Je cherche les nuits alchimiques où l’air, chargé de météores, Permet aux âmes en errance de redevenir persistantes. Dans l’atmosphère cyclothymique, les voix qui s’expriment au-dehors Prennent soudain une apparence de nitescences intermittentes.
Si je décompose un éclair qui jaillit et zèbre le ciel Avec ses flammes de cristal qui s’échangent entre terres et nues, Je vois les feux follets bleu-clair d’un flambeau accrémentitiel Agité par une vestale vers des anges circonvenus.
La Terre agit comme un aimant d’impact météorologique Dont l’énergie qui ascensionne porte ses souffrances et ses cris. Bien sûr la science dément ce phénomène liturgique Et les religions n’en mentionnent aucun écho dans leurs écrits.
Illustration de Charles Vess pour le roman de Neil Gaiman
Pervers Noël cache son jeu toute l’année à l’atelier En créant des contrefaçons de nos voitures électriques. Bien sûr, nous connaissons l’enjeu de ce bonhomme fou à lier : Attirer filles et garçons par ses tendances égocentriques.
Les poupées qui disent « Maman ! » conditionnent les petites filles À souhaiter très rapidement pouvoir rencontrer les garçons, Ceux-là même qui, innocemment poussifs à l’esprit de famille, Sont amenés perfidement à jouer dans leurs caleçons.
Pervers Noël qui sévissait les nuits de décembre dans les rues A enfin été arrêté par la police persévérante Pour les crimes qu’il assouvissait et ce matin a comparu Devant le juge décrété suite aux plaintes proliférantes.
Bleu comme la première nuit qui rendit l’amour électrique ; Nos premiers frissons qui parcourent nos corps sensibles et tendus. Bleue comme l’aurore qui luit au petit matin féérique Sur deux amoureux qui concourent à figer le temps suspendu.
Blanc comme la deuxième nuit qui rendit l’amour éternel ; Nos premiers baisers qui apaisent cette soif de nous reconnaître. Blanche comme la liqueur qui fuit de par l’organe maternel Qui accueille celui qui la baise de l’envie d’un enfant à naître.
Rouge comme la troisième nuit qui rendit les amours fécondes ; Nos premières cellules échangées pour le meilleur et pour le pire. Rouge comme la vie qui se poursuit dans la matrice rubiconde Où pulse à l’abri du danger un petit ange qui soupire.
Le temps passait seul, sans son ange qui n’avait pu se libérer Et j’écrivais à cœur perdu, l’esprit crissant sur le papier. Lorsque dans la lumière orange d’un crépuscule réverbéré, Une plume blanche, éperdue, vint atterrir juste à mes pieds.
La nuit était-elle tombée ou était-ce entre chien et loup ? Toujours est-il qu’un ange blanc se posa à proximité. Et moi bien sûr, j’ai succombé, ce qui rendit le temps jaloux Qui suspendit l’ange tremblant entre deux airs illimités.
J’ai pris sa plume que j’ai trempée à l’encre d’une nuit sans Lune Et j’ai raconté cette histoire du temps et de l’ange qui passent. Plaise au lecteur que j’ai trompé avec cette idée opportune Qu’il prenne conscience notoire de mes errances dans l’espace.
Sans doute un prénom qui déteint sur ses tenues vestimentaires Tant celles-ci sont assorties aux murs de son appartement. Quant à ses cheveux et son teint, également complémentaires, Ils s’adaptent à chaque sortie au ton de ses emportements.
Point ne s’arrête son mimétisme à sa peau et ses vêtements ; En effet tout son caractère prend la couleur de l’air du temps. Conséquence du magnétisme de la Terre et ses éléments Sur cette fille pleine de mystères mais qui se dévoile pourtant.
J’ai connu Miss Caméléonne au cours d’une de mes tournées Celle-là même la plus étrange, je dirais même atmosphérique. Elle venait de Sierra Leonne et, le soir en fin de journée, Elle prenait la couleur orange d’un coucher de soleil d’Afrique.
Tableau de Louis Treserras sur http://wombart.net/emotion-research-by-louis-treserras
L’œil, miroir indiscret de l’âme, reflète mon étonnement Devant tout ce que je découvre et que j’ai du mal à comprendre. Mais il trahit souvent la flamme dont fuse le rayonnement Des raisonnements que j’entrouvre sur le peu que j’ai pu apprendre.
L’œil, sentinelle défensive, explore mon environnement, Attentive à ce qui se passe derrière son intime frontière. Parfois elle se montre offensive pour pallier le foisonnement Des imprévus qui la dépasse et la font trembler tout entière.
L’œil, porte-parole du cœur, exprime mes ressentiments Comme les joies et les pressions sur ce que j’ai envie de vivre. Il sait occulter mes rancœurs, mes craintes et mes sentiments Et ne renvoie que l’expression de mon intérieur comme un livre.
J’aime ma fenêtre propice aux réflexions fort opportunes De son miroir qui me démontre sa silencieuse complétude Au seuil des meilleures auspices que m’envoie un rayon de Lune Qui perce et qui vient à l’encontre de mon cœur chargé d’inquiétudes.
Lune, Ô ma Lune taciturne, que me révèle l’avenir À travers la neige qui tombe d’une incertitude impassible. J’en appelle à l’astre nocturne dont le halo sait convenir À m’indiquer ce qui m’incombe dans la nuit de tous les possibles.
C’est l’heure où je vais me coucher, lorsque le temps se superpose Que m’apparaît la direction vers laquelle je dois lâcher prise Je laisse mon cœur accoucher du germe que le jour dépose Quand le soleil en érection m’illuminera sans surprise.
J’aime l’iris à l’horizon du soleil qui cligne de l’œil Lorsqu’il me darde un rayon vert pour me souhaiter bonne espérance. Et quand la Terre est en prison de ses souffrances et ses écueils, Il ouvre en grand tout l’univers ravivant sa persévérance.
Observez les yeux dans les yeux le regard de l’astre couchant Qui reflète l’âme de Dieu et ses voies incommensurables. Souvent clément et merveilleux, parfois terrible, effarouchant, Mais toujours miséricordieux envers nos conflits incurables.
L’attente s’en va en fumée sans rien laisser qu’un peu de cendres Sur lesquelles le temps soufflera vers une amnésie dominante. Juste des pensées consumées par l’esprit qui aime descendre Vers le cœur qui m’insufflera l’espoir d’une fin imminente.
L’attente cesse brusquement, le train de vie reprend son cours Qui m’emporte avec mes pensées que j’enferme dans ma valise. Mon rêve né fantasquement soudain n’est plus d’aucun secours Mais j’y reviendrai dépenser d’autres absurdes psychanalyses.
Difficile de se représenter Dame Nature concrètement ; Sans doute faut-il l’imaginer lorsqu’elle était vierge et nubile. Mais étant moi-même exempté de remonter discrètement Dans mon génome enraciné dans l’ADN, c’est difficile.
Pourtant dans mes rêves éveillés, j’ai aperçu ma créatrice Naissant elle-même du néant, laissant le champ libre aux envies. Dans cet Éden émerveillé, elle a établi sa matrice Pour créer terres et océans pour, enfin, abriter la vie.
Un jour, elle s’est mise en couleurs – c’était là son premier printemps – Et accordé le sacrifice de sa nature alimentaire Pour accoucher dans la douleur deux humains âgés de vingt ans Dont je suis à moitié leur fils et à moitié fils-de-la-Terre
Créations de Kathryn Blake sur https://www.artstation.com/artwork/Z53mnm
J’aime déshabiller le temps et lui ôter la carapace De la vieillesse dont il enduit la peau des beautés éphémères. Mot fugitif, presque insultant, qui évoque le temps qui passe Et qui tristement éconduit le souvenir de nos grands-mères.
Le curseur du temps dans leurs rides où sont gravées leurs émotions Fait chanter l’écho de leurs cœurs avec une ardeur impatiente. Combien de jours, de nuits torrides, avec l’amour en promotion Ont induit les rires moqueurs de leurs jeunesses insouciantes ?
Les belles dames du temps jadis, quelque part immortalisées Par les vibrations de leurs âmes qui pulsent en ondes maternelles, Pour que jamais ne s’affadissent leurs présences cristallisées, Nous ont intégré ce sésame comme une intuition éternelle.
Photos de Marie Doro, Maude Fealy, Ione Bright & Paulette Navier
Je suis en transit dans ce monde où je n’accepte nulle attache Et où j’attends à chaque instant de sauter dans un train qui passe. Mais cela ne prend qu’une seconde ; si ma vigilance s’en détache Je reste suspendu au temps et reste coincé(e) dans l’impasse.
Or, si je n’ai pour tout bagage que le sac de mes souvenirs, Si je ne porte que l’habit de mes connaissances acquises, Alors aussitôt je dégage et prends le train de l’avenir Vers des gens de mon acabit selon mes qualités requises.
Toutes ces gouttes au fil de l’eau pareilles au flot de mes pensées, Pareilles au flux du genre humain, pareilles aux nuages qui passent, Partent dans l’oubli, à vau-l’eau, un autre cycle où dépenser Leurs vies vers un nouveau chemin, nouveau monde et nouvel espace.
Qu’il est hypnotique l’effet de l’existence qui s’écoule Et qui m’attire comme un aimant de ressentiments magnétiques ! Sans doute vers l’univers des fées d’où ma propre magie découle Et qui revient comme un amant sentimental et pathétique.
Après avoir tiré les Rois, on continue avec brio À se préoccuper des reines non pas vraiment pour les tirer Mais les honorer toutes les trois puisqu’elle forment un trio Dont l’association pérenne est assidûment désirée.
Commémorons Épiphanie, Reine magicienne oubliée, Puis consacrons la Chandeleur, Reine des crêpes et des chandelles ! Célébrons enfin Stéphanie, Reine qui n’a rien publié À ce jour mais dont la valeur reviendra comme l’hirondelle !
Que feront les reines au printemps ? Elles prendront leurs quartiers d’été Bronzer de Pâques à l’Assomption jusqu’en automne, fin des vacances. Puis elles reviendront en leur temps avec leurs trois rois répéter Contre toutes nos présomptions, les mêmes faits sans conséquences.
Tableaux de Georgia Th sur https://justlikehopey.tumblr.com/post/114981137204/georgia-th/amp
À la ville, comme à la campagne, les cœurs solitaires s’assemblent Pour trouver un terrain d’entente et pour naviguer de conserve. Ainsi, compagnons et compagnes cherchent la voie qui leur ressemble Et répondra à leurs attentes et à ce que l’avenir réserve.
Tous les voyages sont chaotiques – on dit qu’ils forment la jeunesse – Et l’amour n’aime ni la routine ni le quotidien ressassé ; Il se cherche un milieu biotique pour s’épanouir en finesse Afin que ses fruits s’agglutinent sur les tuteurs entrelacés.
Alors les cœurs partent en voyage sur de grandes lignes érotiques Ou pour dormir en wagon-lit ou batifoler en croisière. Et puisque l’amour n’a pas d’âge, vers une retraite exotique, Ils s’aimeront à la folie sur le chemin du cimetière.
Car l’amour ne s’arrête pas là où la mort figure une escale Mais il repart en fusionnant pour procréer un nouvel être. Ni Paradis, ni Walhalla, ni aucune évasion fiscale, Mais un retour occasionnant des épopées au kilomètre.
Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
Révolution chez les amantes, les laïques et les religieuses ! Les bonhommes ne perdent plus la tête pour une partie de jambes en l’air. À moins qu’on ne nous le démente par une pirouette prodigieuse, Ils sont partis à la conquête des droits dont ils sont titulaires.
Désormais, pour la parité, ils goûtent avant d’être mangés La garniture dont ils enrobent les vêtements de leurs promises. Tandis qu’en solidarité, lorsque le tout est mélangé, Elle ôte et lui offre sa robe comme si elle lui était soumise.
Après qu’il eut été mangé, croqué et sucé jusqu’à l’os, Il ne resta plus que la tige de ce bonhomme en pain d’épice. C’la dut alors la démanger, la fille, de s’enfiler gratos, En coupant court à tout litige, son petit bâton de réglisse.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://vigilantcitizen.com/latestnews/disturbing-mkultra-and-child-abuse-paintings-displayed-on-billboards-in-italy
Monde intérieur imaginaire qui me rappelle d’où je viens, Qui fait sonner les expériences acquises de mes vies antérieures. J’aime tant son imaginaire qu’à travers lui, je me souviens De l’écho d’une clairvoyance vers l’itinéraire ultérieur.
Monde extérieur immatériel car j’appréhende sa matière, Sa dureté et ses dangers à jamais de moi différents. Pourtant l’organe sensoriel qui me fait vivre tout entière Lui est à la fois étranger et cruellement afférent.
Je suis ce monde intermédiaire, je suis assis sur la fenêtre Avec la peur de basculer dans un destin irréversible. Comme une question subsidiaire qui me décidera à naître Pour une vie immaculée de mes mémoires inaccessibles.
Comme il faut bien qu’elle s’habitue, les bonhommes en pain d’épice Sont principales gâteries qui enchanteront sa jeunesse : « Je te grignote et je te tue à petit bout mais sans malice ; J’aime ta camaraderie et ta saveur toute en finesse ! »
Elle chantonnait cette comptine en dégustant chaque bouchée De ses petits amis sucrés à la tête aromatisée. Petite habitude enfantine qui allait plus tard déboucher Sur une litanie consacrée à ses victimes traumatisées.
Comme elle n’a pas beaucoup d’amis, elle prend son déjeuner au lit De la rivière au chocolat en compagnie de ses copains ; Pour ne pas avoir d’ennemi, elle va au bout de sa folie En grignotant sans tralala sa bonne bouille en massepain.
Dans son école des Nougatines de l’ordre des Saintes Amantes, Elle apprendra l’anatomie et le meilleur côté des hommes : Leurs têtes en chocolatine battues dans du thé à la menthe, Bases de la gastronomie inscrite dans ses chromosomes.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html ainsi que sur https://www.irancartoon.com/site/artists/nicoletta-ceccoli
Nourrir son imagination exige en guise d’introduction Un sens aussi vrai qu’un mensonge qui grandira avec le temps. Le cœur d’enfant en gestation développera son addiction Avec des rêves et des songes qui se bousculent à contretemps.
Bien sûr, au train où vont les choses, son appétit grandit encore, Devient de plus en plus exigeant et tout son cœur s’en réconforte. Le plaisir se métamorphose en lui transformant tout son corps Et son esprit intransigeant envers des émotions plus fortes.
Au printemps, premières amours, tout son être s’épanouit Mais dès qu’on lui pose un lapin, l’imagination se rebiffe. Elle se console non sans humour sur ses désirs évanouis Avec un pignon de sapin pour un besoin impératif.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html
Nouvelle Lune de l’année, la porte reste verrouillée Suite à on ne sait quel dilemme qui l’avait maintenue bouclée. Elle semble vraiment condamnée – d’ailleurs ses gonds sont tous rouillés – Pourtant ce n’est plus un problème car on a égaré la clef.
Mais cette nuit de pleine Lune, six jeunes filles en robe blanche Ont accompli le rituel de l’ouverture de la porte. Sans autre procédure aucune, on entendit craquer les planches Selon le sens spirituel que le chant consacré comporte.
Une fois la porte entrouverte, les jeunes vierges sont entrées Dans le mystère et le silence de la foret du bois-des-chênes. Puis la clairière s’est recouverte de ronces tellement concentrées Qu’on en a omis l’existence et ce, jusqu’à l’année prochaine.
Partout l’amour verdurera dans la nature déflorée Quand le printemps réveillera campagnes, vallées et forêts ! Partout la vie bourgeonnera et fera jouir les fleurettes Que la pluie badigeonnera d’eau fraîche sur les collerettes.
Revivront d’amours végétales les nouveaux rameaux érectiles Qui exposeront leurs pétales autour de leurs pistils fertiles. Et mûriront les fruits bénis par d’indispensables abeilles, Petites fées dont le génie nous remplit de vie les corbeilles.
Tableau d’Igor Morski sur https://www.espritsciencemetaphysiques.com/illustrations-controverse-dun-artiste-polonais-revelent-cote-noir-de-societe-moderne.html
Je vis en vert la nuit, le jour, entre le cœur et la raison ; Quant au blues et aux bleus de l’âme, je les mets en périphérie. Qu’il est utopique, le séjour d’un poète resté à la maison Qui écrit sur le cœur des femmes dans les bras de son égérie !
L’égérie voit la vie en rose car, après tout, c’est là son rôle Et reste jaune très longtemps dans une jeunesse éternelle. Elle a sauvé mon cœur morose – je vous en donne ma parole – Qui vit un retour de printemps de ses amourettes charnelles.
Le soir, ma femme devient violette, comme la couleur des montagnes Où la Chèvre de Monsieur Seguin s’enfuit en quête d’aventures. Je sèche mon encre obsolète dans l’encrier de ma compagne Pour qui j’ai l’éternel béguin au parfum de littérature.
Photos de Julius Ise sur http://blog.julius-ise.de/colorgames
Le Roi possède tous les droits et c’est normal, il est le Roi ; Il est aussi de droit divin né de la cuisse de Jupiter Ou de n’importe quel endroit, cheville gauche ou genou droit, Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advint, le Roi est Maître, pas de mystère !
La Reine ne possède rien et c’est normal, elle est la Reine Mais elle règne dans son lit surtout quand le Roi n’est pas là ; Lorsqu’il part chasser les vauriens de ses provinces souveraines, Elle y accueille à la folie tous ses amants sans tralala.
La courtisane fléchit le Roi ; c’est normal, c’est la plus jolie Que le Roi séduit sans retard car, des folies, il n’en a guère. Là, bien serrés, tout à l’étroit, Il oublie sa mélancolie Et lui fait deux ou trois bâtards qui, plus tard, iront à la guerre.
Les autres cartes font les corvées ; c’est normal elles n’ont aucun titre Sinon leurs chiffres décarrés qui tiennent lieu de patronyme. Parfois les As sont réservés à faire jouer leur libre arbitre Lorsqu’ils s’annoncent en carré d’un consentement unanime.
Tableaux de Jake Baddeley sur https://www.jakebaddeley.com/collection/paintings/paintings-2007
Te souviens-tu, esprit de sel, quand ton âme a quitté ton corps Pour s’enfoncer en haute mer vers les abysses ténébreuses ? Puis ton fantôme universel peu à peu s’est mis en accord Avec l’élément outremer happé par d’essences fibreuses.
Et tu t’es matérialisée, déesse du marais salant Qui danse sur la fleur de sel dans sa métamorphose rose. Et puis tu t’es cristallisée dans des fragrances exhalant Ce goût divin qui ensorcelle ma soupe et tellement de choses.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Au saut du lit je me détends, je m’étire et je me toilette, Puis je prépare guilleret mon petit-déjeuner sacré. Le rituel se répétant mais sans devenir obsolète, Je lui consacre tout l’intérêt des aliments salés-sucrés.
Tasse de lait dès potron-minet, la première gorgée me sourit. Quelques tranches de jambon fumé pour une première mise en bouche Que j’ai à peine terminée que je hume sur la cuisinière Une omelette parfumée à l’ail des ours et des souris.
Mais voici que mes maîtres grognent et m’envoient illico presto Redescendre au plancher des vaches pour je ne sais quelle raison. Alors tant pis, je me renfrogne et abandonne mon resto, Puis avec un air de bravache, je m’enfuis hors de la maison !
Mon œil, que Marianne soit soumise à ceux qui prétendent épouser Ses formes courbes et ses réformes et s’adapter à ses valeurs Quand elle se révèle promise à un avenir piquousé De rappels pénibles et conformes à plusieurs années de malheur.
J’ai un mauvais goût dans la bouche à force de m’être alléché Aux beaux discours des candidats qui sont devenus mes bourreaux. Je crains que la France n’accouche de lois qui me font trébucher Dans un ersatz de corrida où j’ai le rôle du taureau.
Alors si je tire la langue, ce n’est pas par impolitesse Mais par fatigue accumulée à subir les mêmes erreurs Que l’on m’impose et me harangue à force d’indélicatesses Par les médias assimilés à la seule voix de la terreur.
Tableaux d’Annica Klingspor sur https://ello.co/annicaklingspor
Après les fêtes on récupère les cœurs demeurés solitaires ; On les purge et on les décrasse de toutes mauvaises pensées. On les récure et l’on repère les endurcis célibataires Afin qu’il ne reste nulle trace de vieilles douleurs expansées.
Puis on recoud les cœurs brisés, c’est le travail du cœurdonnier Qui rafistole les blessures et les fractures du myocarde. Une fois qu’ils sont cicatrisés, on les confie aux façonniers Qui vont effacer les sutures et rentoiler le péricarde.
Puis on repeint les cœurs moroses avec la couleur du bonheur Qui élimine les bleus de l’âme sous plusieurs couches de vernis. On les parfume à l’eau de rose, on les cite au tableau d’honneur Et on galvanise à la flamme les carapaces qui ont terni.
Enfin les cœurs, entrés en cure, passent en thalassothérapie Et ne se nourrissent que d’amour durant trois ou quatre semaines. Après un temps de sinécure et de kinésithérapie, Ils sont remis au goût du jour pour vivre une expérience humaine.
Parfois la route de la soie se joue de méandres en lacets Qui donnent un peu le mal de mer mais qui valent bien le coup d’œil. Il faut garder par devers-soi tous ces virages entrelacés Qui apportent un goût doux amer dans un voyage sans écueil.
Et puis Samarcande apparaît se découpant sur ciel d’azur Et ses mosquées, ses mausolées, médersas ornées de faïence. L’inquiétude alors disparaît et change au fur et à mesure Les appréhensions désolées pour un sentiment de vaillance.
L’amour est une dimension de l’espace-temps métaphysique Dont la lumière a pour valeur l’intensité de l’intention Avec deux pôles en extension aux méridiens géodésiques Qui en transmettent la chaleur et les couleurs de sa tension.
Du féminin incandescent au masculin vif et ardent, La synergie devient divine dès qu’un baiser est échangé. L’univers n’a rien d’indécent quand ses étoiles vont s’attardant Vers un trou noir où se devine un futur Big-Bang louangé.
bodypainting & photos de Bella Volen sur https://bella-volen.com/fine-art-body-painting.html
D’une lointaine descendance avec Noé et Emzara, La Reine Rouge sur son trône surveille la montée des eaux Tandis que son chat violet pense à l’aubaine d’un bon débarras Pour les chienchiens à leurs patronnes et leurs délits de sale museau.
Alors on trie de préférence les animaux de compagnie ; On vire les hippopotames, les affreux et les déficients ; On choisit avec déférence sans faire de zoomanie Ceux qui plaisent à Monsieur-Madame et les distraient à bon escient.
Lui, n’a gardé qu’un chat qui fume en robe noire de havane ; Elle, n’a pris qu’un rhinocéros pour un usage cosmétique Dont elle abuse et se parfume tandis qu’à côté se pavane Une grenouille dont l’air féroce n’est avant tout qu’hypothétique.
L’illusion n’émet pas d’odeur malgré son flacon débouché Qui laisse sentir l’envoûtement dans des volutes embaumées. Point n’ai besoin de décodeur pour voir ce leurre retouché À grands coups de glougloutements pulsés de sa fiole empaumée.
Depuis l’arôme de la pomme, les mensonges sentent le roussi, Les tentations empuantissent et les escroqueries empestent. J’aspire à lire un nouveau tome dans un paradis sans souci Pour que le mal s’anéantisse de lui-même par la malepeste !
Le vin cache sa vérité sous une robe vermillon Qui laisse aviser les rondeurs et tous les charmes de l’alcool. Sa force et sa témérité, comme les ailes d’un papillon, Créeront un trouble en profondeur dans mes esprits cavernicoles.
Depuis la cuite de Noé et l’ivresse de la Pentecôte, Les mots me font tourner la tête dans des promesses politiques En pots-de-vin désavoués qui se décomposent et cocotent Avec demandes et requêtes vers un monde apocalyptique.
« Illusio in unguento, in vino veritas» : Illusion dans le parfum, vérité dans le vin.
Tableaux de Chie Yoshii sur https://www.chieyoshii.com
Chaque jour j’achetais des roses pour les semer à tous les vents, Les voir s’envoler sur la mer d’une vague rouge enflammée. Jusqu’à en avoir la névrose d’associer au soleil levant L’œuvre que mon art éphémère se plaît au ciel à déclamer.
Car j’aime déclarer ma flamme par devant les quatre éléments Comme une vestale d’amour qui veille sur son feu sacré. Plaise à mon cœur, plaise à mon âme de consacrer obstinément Chaque pétale de velours à sa demande consacrée.
Mes roses forment une prière qu’évoquent toutes leurs corolles Par des tons plutôt que des mots et des litanies de couleurs. Les épines restent en arrière, les pétales portent mes paroles Qui me lavent de tous les maux qui ont crié mille douleurs.
Texte inspiré des « Roses de Saadi » de Marceline Desbordes-Valmore
Tableau de Jonas Burgert sur http://improvvisazionipoetiche.blogspot.com/2017/03/la-linea-di-piombo-jonas-burgert-al.html
Belles sirènes dont l’existence n’est connue que des initiés, Vos cousins pionniers intrépides sont partis conquérir l’azur ! Leurs corps prirent la consistance des pluies et des vents nourriciers Et leurs yeux autrefois limpides bleuirent au fur et à mesure.
Sirènes d’air aussi légères que des nuages ascensionnels Et dont les tribus tout entières ont quitté les marées esclaves, Peuplent mes envies passagères et mes rêves les plus passionnels De m’affranchir de la frontière d’une gravité qui m’enclave.
L’une d’elles a croisé ma route lors d’une chute dans les montagnes Et m’a soutenu dans l’éther dans une étreinte anesthésique. Mon corps désormais en déroute du souvenir de sa compagne Me laisse le cœur solitaire et l’âme à jamais amnésique.
Illustration d’Alexandre Mahboubi sur https://www.artstation.com/alex-mabb
Déjà bébé, la femme-fleur, aux pétales tout potelés, Séduit d’un sourire charmant, toujours aux anges évidemment. Premières larmes, premiers pleurs et la voici remodelée À coups de serpes et de sarments que la vie porte vaillamment.
À l’heure des jeunes filles en fleur, on la célèbre sous toutes formes ; Bouquet discret de séduction, bouquet sacré de mariage. Bouquet de toutes les couleurs, gerbe aux nuances uniformes, Bouton d’or en introduction au plus érotique voyage.
La femme-fleur ne fane pas. N’est-elle pas une fleur immortelle ? Fleurette qui s’altère le nuit ressuscitera au matin. Elle s’épanouit sans faux pas sous autant de plis, de dentelles, S’évanouit, puis s’amenuit le soir dans ses draps de satin.
Tableaux de Anna & Elena Balbusso sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2014/02/Anna-Elena-Balbusso.html
Dans la famille Fleur, je voudrais une rose En couleur irisée de gouttes de rosée. Arrosée de mes pleurs sous un soleil morose Au fond d’un cœur brisé et l’âme névrosée.
Cette fleur qui grandit d’amour immaculé Refleurit dans mon corps un matin de printemps. Pétales d’organdi où vont s’accumuler P’tits bonheurs en accord au ton de l’air du temps.
Mais la rose se fane sans perdre de beauté, Puis ride son calice et dessèche sa tige. Le jardinier profane lui croit sa vie ôtée ; Le rêveur, sans malice, y voit fleur de prestige.
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Il est là où il ne faut pas et n’est pas là où on l’attend Mais quand le maître est écrivain ou la maîtresse, femme de lettres, Alors le chat n’est pas sympa et devient suppôt de Satan Ou égérie de droit divin selon le souffle à lui transmettre.
Celui de Shakespeare, coquin, était un matou choupinou ; Le chat scénique de Molière manifestait beaucoup d’humour ; Ceux des auteurs américains dorment toujours sur leurs genoux Et ceux des femmes romancières miaulent sur les romans d’amour.
Du vide est venue la lumière et la parole, source de vie, Créées dans le cœur des étoiles où un dieu forgea son empire D’une symphonie de matière dans un tempo inassouvi Dont les anges ont tissé la toile pour le meilleur et pour le pire.
Et je sens l’écho dans mon cœur comme une vibration fantôme Accordée au verbe divin dont mon âme se fait l’essence ; Petit esprit alambiqueur qui aspire à être l’atome Qui constituera le levain pour élever la connaissance.
Mon cœur d’étoile s’est ouvert lorsque j’ai brisé la coquille De mes contrôles et mes limites qui m’occultaient ma subconscience. Par cet interstice entrouvert de fêlures qui me fendillent, Je vois l’origine des mythes et l’insoutenable omniscience.
J’ai longtemps cherché l’héroïne qu’était l’idéal féminin Parmi les brunes et les blondes, les rousses aux cheveux embrasés. Un marc gorgé de caféine au malt saturé de tanins M’a révélé des furibondes âmes-sœurs à apprivoiser.
J’ai pris les chemins de traverse parmi les mondes fantastiques À la recherche de ma promise bien loin de mes contrées natales. J’ai pérégriné de converse avec des filles bombastiques Mais j’y ai mouillé ma chemise sans trouver la femme fatale.
J’ai vécu avec une meuf qui m’a capturé dans sa toile Et m’a conservé vingt-six ans pour élever nos deux enfants. Mais en traversant le Pont-Neuf, la tête ailleurs dans les étoiles, J’ai fait un plongeon suffisant pour fuir ce foyer étouffant.
Justement, dans les hautes sphères, au-delà des chaînes alpestres, J’ai rencontré ma dulcinée, artiste-peintre passionnée. Dans cette nouvelle atmosphère, au milieu des vallées sylvestres, Mes pauvres ailes calcinées ont pu se reconditionner.
Le pied du mur voit son maçon, le clair de Lune voit son poète, Le lac voit son temps suspendu et le ciel ses chasseurs d’étoiles. Je collecte ainsi ma moisson de petits bonheurs où je souhaite Redécouvrir l’inattendu et ses mystères qui s’en dévoilent.
La plume en guise de canot sur une étendue insipide M’offre toujours un imprévu qui crève l’écran de l’azur. L’encre en manière des canaux s’agite en vagues intrépides Qui, d’un reflux de déjà-vu, grandissent au fur et à mesure.
Pareil à Morphée qui m’endort, ma muse m’envoûte et m’emmène Derrière les coulisses terrestres vers les royaumes de l’invisible. L’esprit paré de toison d’or redécouvre maints phénomènes Que mon cœur et mon âme orchestrent en aventures imprévisibles.
Illustrations d’Akira Kusaka sur https://akira-kusaka-illustration.tumblr.com
Les années succèdent aux années, les mêmes images se répètent Comme l’absolu des miroirs qui s’interrogent l’un et l’autre. Douze mois déjà surannés par une force centripète Sont déjà rangés au tiroir, salués d’un infiniment vôtre.
Douze autres mois pleins d’avenir vont passer au moulin du temps Et ressasser les mêmes guerres, mêmes crises et mêmes terreurs. Les anciens jours du souvenir parleront aux jours débutants Sans toutefois comme naguère éviter les mêmes erreurs.
Cette hideuse répétition ressemble à l’enfer de Sisyphe Roulant sa Terre jusqu’au sommet pour repartir au même rythme. Casser cette malédiction serait une action décisive Pour s’éveiller à point nommé d’après un nouveau paradigme.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Quand la fin d’année se rapproche, j’observe la navigation De mon vaisseau spatial terrestre dans sa cabine de vigie. J’attends que mon regard accroche la treizième constellation Soumise au signe de Sylvestre dont mon chat dresse l’effigie.
Minuit moins soixante secondes, dernière minute de l’année ; Nous fonçons à travers l’espace à la vitesse du futur. Quelques étoiles vagabondes escortent une micellanée De météorites qui passent pour célébrer l’investiture.
Minuit sonnantes tous azimuts, nous franchissons l’étroit passage Qui petit à petit s’écarte dans les bras de la galaxie. Çà et là des astres permutent leurs phares suivant le traçage Que je relève sur les cartes, tous les sens en catalepsie.
Enfin voici le nouveau monde d’un espace-temps inédit Où nous pourrions changer de vie pour une autre organisation Sortant des conditions immondes d’un passé lourd de discrédits Pour le quitter sans préavis et rallier l’illumination !
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Au-delà du cercle polaire, pays de la nuit éternelle, Lorsque le soleil pour six mois ferme le rideau de ténèbres, Dans des igloos alvéolaires, les cérémonies maternelles Préparent les femmes en émoi aux rituels qui les célèbrent.
Depuis le pôle magnétique jusqu’aux grands réseaux telluriques, Elles dirigent l’énergie de toutes les mères du monde Au patrimoine génétique enrichi des forces ferriques Qu’elles stimulent en synergie de mille transes furibondes.
Et lorsque revient la lumière, elle rendent grâce à l’Univers Qui a transformé leurs demandes en fait accompli, désormais. Elles restent toujours les premières à braver été comme hiver Ce froid que leur corps recommande pour les conserver à jamais.
Illustrations de Jean-Sébastien Rossbach sur https://www.cfsl.net/chamanes-le-nouveau-livre-de-jean-sebastien-rossbach