Catégorie : Poésie du dimanche

  • La Reine de la Pleine Lune

    La Reine de la Pleine Lune

    « Si la pleine Lune vous aime, pourquoi vous soucier des étoiles ? »
    Ce petit proverbe africain s’adapte parfaitement à ma reine.
    Premier quartier, d’un stratagème pusillanime, elle se dévoile ;
    Dernier quartier, d’un air mesquin elle s’amenuise, elle est sans-gêne.

    Et durant toute une semaine, elle me fait languir tous les soirs.
    Plus tard, elle montre un bout de pied, une jambe ou même une demi-cuisse.
    Sournoise, hypocrite, inhumaine, mon cœur est pris dans son pressoir
    Enfin elle sort son marchepied pour m’aimer autant qu’elle puisse.

    Gibbeuses, joyeuses et heureuses, nos amours dureront sept nuits ;
    Nulle étoile ne brillera plus fort que sa brillance sur les plaines.
    Vingt-et-une journées malheureuses me replongeront dans l’ennui ;
    J’attendrai encore et encore lorsque la Lune sera pleine.

    Tableau de Darlene McElroy sur http:www.artclassicsltd.commm5merchant.mvc?Screen=CTGY&Store_Code=acl&Category_Code=_DarleneMcElroy .

  • Les chaînes de l’amour

    Croyez-vous que l’amour enchaîne le prisonnier à sa geôlière ?
    Croyez-vous que les chaînes d’or sont plus difficiles à briser ?
    Si les querelles se déchaînent sur le chemin des écolières,
    Tout va mieux dès que l’on s’endort après s’être au lit dégrisé.

    L’amour physique est fantastique et, on le dit, spirituel.
    Puisque deux chairs valent mieux qu’une, honorons la fusion des sens !
    Joignons l’utile à l’érotique en faisant l’amour rituel
    Et séparons-nous sans rancune après sa sainte jouissance.

    Nous sommes fruits d’une expérience où l’amour puise l’énergie
    Qu’il transmet avec l’amitié, la compassion, l’affinité.
    Pour expliquer sa luxuriance, il nous suffit, en synergie,
    De réunir chaque moitié et sentir leur divinité.

    Sculptures d’Adam Martinakis sur https:www.martinakis.com .

  • Femme infiniment

    La femme au miroir comparée ouvre une porte sur l’univers
    Quand elle est face à sa psyché qui démultiplie sa beauté.
    Et je ne saurais séparer entre l’endroit et son envers
    Lequel m’a le plus aguiché dans chaque plan escamoté.

    Dans une infinité de vies et une infinité de femmes,
    L’amour serait assurément éternel pour leur rendre hommage.
    Sans doute est-ce ce que Dieu vit lorsqu’il éclaira de sa flamme
    Un monde démesurément équivalent à son image.

    Dans ce miroir j’ai découvert où mon idéal féminin
    Se répétait jour après jour à chaque moment de ma vie.
    Mon cœur s’est simplement ouvert à ce phénomène bénin
    Qu’est l’infinité de l’amour lorsque ma femme me ravit.

    2 Photos anonymes et 1 Photo de Pauline Greefhorst.

  • La revanche des plus-lourds-que-l’air

    La revanche des plus-lourds-que-l’air

    Il ne souhaitait pas voyager mais demeurer à la maison ;
    Il avait peur de s’affronter à l’incertitude du temps.
    Derrière son enclos grillagé, il s’était fait une raison
    Et se moquait des effrontés qui trouvaient son goût rebutant.

    Un matin ils ont disparu ; la bastide et le propriétaire.
    Personne n’a rien entendu, personne n’a fait attention.
    Tous les voisins ont comparu devant Monsieur le commissaire
    Qui a classé la prétendue mystérieuse disparition.

    Ce sont des oiseaux migrateurs qui ont rencontré dans le ciel
    Une montgolfière de pierre tractée par des feuilles géantes.
    Ils ont vu le navigateur, un vieux monsieur résidentiel,
    Accompagné comme équipière d’une jardinière bienséante.

    Ensemble, ils s’en vont convolant, malgré sa frousse radicale,
    Sur les nuages triompher tout en restant à la maison
    Avec des feuilles d’arbres volants des forêts vierges tropicales
    Qu’elle a réussi à greffer au toit, à la belle saison.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Le moulin aux sourires de Louisette

    Le moulin aux sourires de Louisette

    Pour être quatre fois plus heureuse, elle tient un moulin aux sourires
    Qui multiplie chaque mimique lorsque lui prend son vertigo.
    Pour paraître plus chaleureuse, elle est également prête à rire
    En tournant de façon comique les pales à tire-larigot.

    Elle tient entre ses doigts le manche que son mari lui a offert
    Et fébrilement l’appareil fait tourner ses quatre risettes.
    Ainsi du lundi au dimanche, dans une drôle d’atmosphère,
    Le tournis n’a pas son pareil pour faire sourire Louisette.

    Or – catastrophe – quand il pleut, le moulin ne fonctionne plus !
    Tous les sourires disparaissent et perdent tout leur potentiel.
    Mais dès que revient le ciel bleu – et surtout lorsqu’il a bien plu –
    Les sourires réapparaissent dans un délire d’arcs-en-ciel.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Par le sein bleu !

    Je ne jure que par le sein bleu, issu du saint des saints royal.
    Par la poitrine de Cléopâtre ou le buste de Shéhérazade.
    D’ailleurs le terme « Palsambleu » est resté conforme et loyal
    À tous les hommes qui idolâtrent les seins nus des belles naïades.

    Par les tétons de Madelon qui servait à boire aux garçons !
    Par les mamelles de la pucelle qui botta les Anglois de France !
    Par les seins ronds comme des melons qui appâtent comme un hameçon !
    Par les poitrines de toutes celles qui mettront leur doudounes en transe !

    Alors fini le rouge à lèvres, vive le bleu à mamelon !
    Turquoise estompé sur le galbe et, sur le téton, outremer.
    La femme gagnée par la fièvre du bleu fera dans les salons
    Un chef-d’œuvre des plus admirables d’azur si intense et mammaire.

    Tableaux de David Bromley.

  • Femmes aux couleurs de nuit

    Si la nuit tous les chats sont gris, qu’en est-il à propos des souris ?
    Pénétrons par le trou de serrure discrètement, non sans douleur.
    Pour orner les soirées aigries, afin que la dame sourit,
    Allons voir en lumière obscure le secret des femmes en couleur.

    Mon p’tit oiseau les a vues vertes, bleues, indigo ou violacées
    Offrant au regard une teinte impressionnante et soutenue.
    Elle est si belle la découverte des coloris entrelacés
    Sous une lampe demi-éteinte égayant ces peaux toutes nues.

    Femme du soir, couleur d’espoir, femme du matin, cheveux châtains.
    Entre les deux, tout est pervers du rouge jusqu’à l’ultraviolet.
    J’ai noté sur mon répertoire l’instant où l’orgasme est atteint
    Par une palette de vers embrassées entre les volets.

    Tableaux de John Holcomb sur https:johnholcomb.com .

  • Les fruits de Marie

    Les fruits de Marie

    Colchiques dans les prés fleurissent pour fêter la fin de l’été ;
    Le cœur de Marie a mûri et ses fruits garnissent les comportes.
    La Terre, devenue sa nourrice, de ses pluies les a allaités
    Malgré les bourrasques en furie qui entraînent les feuilles mortes.

    Marie met sa plus belle robe pour faire honneur à la Nature
    Avec des pétales de rose en guise de sous-vêtements.
    De l’humus, ses pieds se dérobent pour partir en villégiature
    Avant que les frimas moroses l’enjôlent par leurs empiètements.

    L’hiver la déshabillera et l’endormira sous la neige ;
    Nous n’apercevrons de Marie que ses habits tombés par terre.
    Le printemps la réveillera pour lui offrir, en privilège,
    Des fleurs nouvelles et mûries de pluies et soleil salutaires.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .

  • Le cœur de Marie

    Le cœur de Marie

    Fleurs de soleil et de printemps s’échappent du cœur de Marie
    Et ses sentiments papillonnent tout autour de la floraison.
    Pensées d’amour à chaque instant qu’un ange au petit gabarit,
    Entre ses deux mains, tourbillonne pour se blottir dans sa maison.

    Pluie et rosée, Soleil et Lune, ont veillé au fleurissement
    Et tout l’été s’épanouit car la Terre devient maman.
    Adieu perce-neige et callunes, bienvenue au mûrissement
    Sous le jour qui s’évanouit et les étoiles au firmament.

    Tout finira divinement d’un bouquet de feux d’artifice
    En fleurs pour la reproduction pour être là l’année prochaine.
    L’hiver poindra timidement avec ses jours qui raccourcissent,
    Puis viendra la reconduction d’un cycle de vie qui s’enchaîne.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .

  • Carré de reines – 2

    La Reine de Cœur cherche un mari qui lui donnera beaucoup d’enfants ;
    Un Italien pour l’amuser, un Français ou un Autrichien.
    Hélas le Roi, homme marri, ne s’est pas montré triomphant
    Et la Reine désabusée s’en retourne auprès de ses chiens.

    La Reine de Carreau cherche un amant pour la distraire les jours de pluie
    Et tromper sa mélancolie, tromper son Roi et son ennui.
    Hélas le Roi, sur le moment, a oublié son parapluie,
    Puis les a surpris dans son lit et les a tués cette nuit.

    La Reine de Trèfle cherche un galant pour l’accompagner sur les routes
    Tandis que le Roi se dérobe pour aller jouer au Casino.
    Hélas le Roi mirobolant, éperdu, s’est mis en déroute
    Et ne peut ni payer ses robes, ni les frais de son Valentino.

    La Reine de Pique cherche un chéri juste pour un soir, une nuit ;
    Baiser dans ses draps de satin et puis le jeter en chemin.
    Hélas le Roi, homme aguerri, l’a fait tant jouir à minuit
    De sept orgasmes jusqu’au matin qu’il a droit de rester demain.

    Tableaux de Donatella Marraoni.

  • Carré de reines – 1

    Le Roi de Cœur, homme fidèle cherche sa Reine appropriée ;
    Comme il a l’esprit cavalier, il sait qu’il peut tout pardonner.
    Hélas la Reine est infidèle et ne se fait jamais prier
    Pour rencontrer beaux chevaliers, marquis ou même baronnets

    Le Roi de Carreaux, homme admirable, cherche sa Reine la plus belle
    Avec cuisses bien affermies et une poitrine de rêve.
    Hélas la Reine, fort désirable, qui aime un espion chez les rebelles,
    A fait pénétrer l’ennemi et la fin du Roi fut très brève.

    Le Roi de Trèfle, homme d’argent, cherche sa Reine intelligente
    Avec amplement d’avenant et de l’esprit sous le chapeau.
    Hélas la Reine en partageant d’une manière trop diligente
    Son fonds de commerce à tout venant l’a ruiné et l’a mis capot.

    Le Roi de Pique, homme volage, cherche sa Reine voluptueuse
    Qui sache lui donner au lit, le plaisir, l’amour et l’extase.
    Hélas la Reine, sous son pelage, possède une âme de tueuse
    Et, dès le premier hallali, le Roi est mort d’une épectase.

    Tableaux de Donatella Marraoni.

  • Une blanche et trois noires

    Une blanche et trois noires

    Le musicien reste de marbre apparemment à l’auditoire
    De trois oiseaux noirs suraiguës et une oiselle sans entrave.
    Pour jouer la mélodie de l’arbre, les notes sont rédhibitoires
    Car les corbeaux trillent les aiguës et la colombe chante les graves.

    L’instrument, de ses propres branches sacrifiées pour la musique,
    Résonne d’une âme féconde accordée aux piafs concertistes.
    Tous les mélomanes qu’ils branchent accourent ouïr la liturgique
    Ballade de la forêt profonde avec ses millions de choristes.

    Car la litanie enchantée calme l’ensemble des prédateurs,
    Les ours, les loups, lynx, sangliers, même les hiboux sur leurs mâtures.
    Elle aide les biches à enfanter grâce au tempo pondérateur
    Dont les fréquences sont liées au pouls de la Mère Nature.

    Illustration de JRSlattum.

  • Quel est le peintre de mes rêves ?

    Quel est le peintre de mes rêves ?

    Combien de fois ai-je arpenté l’escalier des vagues turquoise
    Qui mène derrière l’horizon là où naissent les légendes kurdes,
    Dans ce décor parementé de nébulosités narquoises
    Qu’un peintre a, sans autre raison, mélangées dans un rêve absurde ?

    La Pleine Lune évidemment et ses orages magnétiques
    Qui viennent inciter les étoiles à briller comme des soleils
    Et danser dans le firmament de ce fond de ciel hypnotique
    Qu’un peintre a brossé sur la toile de l’univers de mon sommeil.

    Mais quel est ce peintre lubrique qui peint ces décors enchantés
    Où ma nudité s’insinue comme un pinceau émancipé ?
    Sans doute un rêveur excentrique qui m’invite à me transplanter
    Dans ce paradis inconnu et me prie d’y participer.

    Tableau de Tuco Amalfi.

  • Les poissons rouges

    Elle ne mange ni poisson ni crustacé, c’est trop malsain !
    Elle ne prend, comme boisson, que l’eau pure de son bassin.
    Un bassin construit par son père à l’ombre d’un saule pleureur
    Dont le faîte au soleil espère capter son feu en éclaireur.

    Elle l’a transformé en lit, un lit rond comme un aquarium
    Pour noyer sa mélancolie délayée dans son vivarium.
    Elle y dort dès la nuit tombée par-dessous la voute stellaire
    Et s’y laisse aller succomber aux rayons du halo lunaire.

    Comme une Belle-au-Bois-Dormant, elle s’est endormie pour longtemps
    Attendant un Prince Charmant entre quatorze et vingt printemps
    Qui lui fera du bouche-à-bouche en descendant vers le pubis,
    Puis la conduira de sa couche au grand Royaume des Abysses.

    Tableaux de Fernando Vicente.

  • Vacances 2022

    Dans l’esprit de l’homme moderne, la mode des loisirs progresse ;
    Pour chanter, danser tout l’été, il travaille toute l’année.
    L’hiver, il s’engraisse, il hiberne, puis au printemps, à bas la graisse,
    Changement de réalité et vivent les belles peaux tannées !

    Toujours plus haut sur les sommets, cap sur les montagnes enneigées,
    Faire du ski sur les glaciers ou s’éclater en randonnées !
    Des activités consommées pour éviter de gamberger
    Au temps de travail disgracié mais s’amuser, s’abandonner !

    Partout autour de la planète vont les tsunamis de touristes
    Rechercher les émotions fortes et tout ce qui les met en transe.
    Et puis l’on compte les cannettes, les déchets de plus en plus tristes
    Que tous les océans transportent comme souvenirs de vacances.

    Illustrations de Blachon.

  • L’œil au crépuscule

    L’œil au crépuscule

    Un œil géant dans le désert semblait surgir pour m’observer
    Venu sans doute pour apaiser sa faim et chercher l’aventure.
    Tout comme un loup très peu disert ou bien un renard réservé
    Dardant sa pupille braisée sur l’azur brossé d’argenture.

    Je m’attendais à une voix perçant le firmament voilé
    Pour me dire : « Apprivoise-moi ! Je m’ennuie tant sur ta planète ! »
    Mais seuls les buissons à claire-voie dansaient sous le ciel étoilé
    Agités par un vent sournois qui sifflait entre les dunettes.

    Mais plus le soleil s’affaissait et plus le regard s’acérait
    Tout comme l’œil de la conscience pour moi, esseulé désormais.
    Et plus le jour disparaissait plus sa vision m’exaspérait
    Jusqu’à ce que dans l’insouciance, la nuit ne l’aveugle à jamais.

    Tableau « Eye Over the Desert » de Paul Lehr sur https:70sscifiart.tumblr.com.

  • Sérénité

    Sérénité

    J’aime au plus profond de la nuit ce moment de sérénité ;
    Juste la flamme d’une bougie qui illumine les ténèbres.
    L’infime lumignon qui luit devient source de pérennité
    Et chaque seconde rougie fond dans sa mémoire funèbre.

    Et le présent devient lumière qui brille juste à ce moment ;
    Le temps se consomme en arrière et devient cendre du passé.
    Or l’avenir n’est que poussière car il n’existe pas vraiment
    Sauf dans la foi et la prière envers l’instant à dépasser.

    J’observe la même lueur à soixante-quatre ans passés
    Comme si tous les photons produits se superposaient en ce point.
    Le noir obscur et pollueur n’a plus le droit d’outrepasser
    La flamme que je reproduis dans mon cœur à brûle-pourpoint.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La belle et les bits

    Yoyo – ou IOIO – femme orange est une amatrice de bits ;
    Bitoniau ou bitte d’amarrage avec des uns et des zéros.
    Tout le monde la trouve étrange, personne ne sait où elle habite,
    Ni ne connaît son entourage, ni ne connaît son numéro.

    IOIO, entièrement tatouée de ronds et de petits bâtons
    Ne dit rien mais n’en pense pas moins sur l’argent qu’on lui rémunère.
    Mais appliquée et dévouée, elle procède toujours à tâtons
    Pour ajouter d’autres témoins de sa passion pour le binaire.

    C’est écrit dans ses chromosomes, l’homme XY, la femme XX ;
    Elle ne fait que se montrer nue sous l’action caniculaire.
    Elle digitalise son génome de manière plutôt numérique
    Mais c’est pour mieux nous démontrer sa façon d’être bipolaire.

    Rina Sawayama photographiée par John Yuyi sur https:captionscutetodayusa.blogspot.com202105rina-sawayama-cyber-stockholm-syndrome.html .

  • Le jeu des fous

    Au jeu des fous, les rois déchus sont devenus fous à lier ;
    Les pions suivaient fidèlement et deviennent déséquilibrés.
    Aux reines folles sont échues la monture de leurs chevaliers
    Et même les tours également voient leurs clochers recalibrés.

    Ainsi les fous deviennent rois et prennent la clef du château
    Livrée par l’évêque défroqué, doyen des pièces aliénées,
    Malgré le passage à l’étroit qui leur évite le bateau
    Et dont les cases disloquées oscillent à un rythme effréné.

    Mais toute chose a une fin et les rois fous sont renversés
    Par la vieille reine démente qui était toujours dans la Lune.
    Elle renvoie ces aigrefins avec leurs pairs controversés
    Qui ensemble aussitôt fomentent une insurrection opportune.

    Aussitôt la Lune couronnée, tous les sujets se mettent à rire
    Après avoir du fou pleuré sa folie communicative.
    Mais elle sera vite détrônée par un ministre au faux sourire
    Qui l’a bernée, trompée, leurrée aux élections législatives.

    Tableaux de Leszek Andrzej Kostuj sur http:arteycomunicacion2013.blogspot.com201204leszek-andrzej-kostuj.html .

  • Mutinée de soleil

    Mutinée de soleil

    De soleils mutinées aux cheveux de comètes,
    En robes satinées, les déesses-planètes
    Enfantent la Nature dans le creux du foyer
    De la mer où saturent ses enfants octroyés.

    Qui les a fécondées par les vents de l’espace ?
    Des rayons émondés d’astres qui se déplacent
    Soumis à l’attraction des galaxies lointaines
    Et la gravitation de brunes étoiles naines.

    Notre mère la Terre et sa fille la Lune
    Ont fondé le croissant fertile du berceau.
    Le père est un mystère mais sa sève opportune
    Coule dans tous les sangs des hommes universaux.

    Tableau de Maria Pace Wynters.

  • La source vive

    La source vive

    L’amour est une source vive qui désaltère de la soif
    Cependant lorsque qu’elle se tarit, la vie paraît indissociable.
    Mais dès que le corps se ravive et que la passion le décoiffe,
    Il se passe un charivari qui drogue le cœur insatiable.

    L’amour donne un courant bizarre montrant plusieurs propriétés ;
    Drogue, remède ou aliment selon comment il est absorbé.
    Il peut pousser à la bagarre ou provoquer l’ébriété
    Ou, au contraire, un ralliement entre deux âmes résorbées.

    Alors, quelle est cette énergie qui l’emporte sur la matière ?
    Une force à travers le temps impénétrable à juste titre.
    Que nous suivons en synergie durant toute une vie entière
    Malgré notre esprit combattant et malgré notre libre arbitre.

    Tableau de Henri Gervex.

  • Ne pas trop voir, ne pas trop dire, ne pas trop entendre

    Il faut savoir fermer les yeux sur les affaires d’aujourd’hui
    Sans en souligner l’importance si elles sont dans l’obscurité.
    Il faut savoir ouvrir les yeux si quelque chose se produit
    Et ce, en toutes circonstances, pour sa propre sécurité.
    Méli-mélo, c’est pas sérieux de dompter un regard réduit
    Qui faute, par inadvertance, du fruit de sa curiosité !

    Il faut savoir fermer sa bouche et ne pas trop se révéler
    De peur d’avouer ses faiblesses et de se faire condamner.
    Il faut savoir ouvrir sa bouche quand il est temps de corréler
    Ses actes avant que ne se blesse son amour propre profané.
    Communiquer, l’affaire est louche selon ce qu’il faut démêler
    Entre une langue de diablesse et la vérité spontanée !

    Faut savoir faire la sourde oreille sur les potins et les ragots
    Les chiens aboient, la caravane passe malgré l’indiscrétion.
    Il faut savoir tendre l’oreille aux conseils de l’alter ego
    Même si parfois il me vanne avec ses excès d’accrétions.
    Charivari dans l’appareil ! Les discoureurs, les viragos
    Qui donnent le change et se pavanent m’ont rendu(e) sourd(e) d’indigestion !

    Collages de Ricky Linn sur https:www.behance.netgallery95396769Collage-Illustrations-3 .

  • Zoom arrière

    D’abord ma mère, la première, ensuite ma tante la seconde,
    Et puis à part mes deux grands-mères, pas d’autre femme ne m’a ravi.
    Aucune sœur dans ma chaumière ni de cousine Cunégonde
    Qui m’auraient appris le sommaire du grand ouvrage de la vie.

    Soudain l’école devient mixte et les demoiselles prolixes
    Sont trop nombreuses et mystérieuse ; moi timoré et trop timide.
    D’ailleurs sans être anatomiste, leurs corps tournent en idées fixes
    Dans mes rêveries luxurieuses et sur les draps restés humides.

    Et puis les femmes de ma vie ont marcotté filles et nièces,
    De belles-sœurs en belles-filles, de mariages en unions libres.
    Peu à peu les femmes ont gravi les échelons en hardiesse
    Au petit bonheur en famille, qu’il est beau ce bel équilibre !

    Portraits de Sandra Pelser.

  • Belles fleurs – 2

    Belles fleurs - 2

    Tout en couleurs, tout en boutons sont les bouquets que je préfère,
    Juste posés entre les seins comme parure naturelle.
    Aspect velouté et coton que j’embrasse fort et que j’enserre,
    Fleurs cueillies autour du bassin, textures exotiques corporelles.

    Juste une douche de rosée une fois ou plusieurs fois par jour ;
    Compter les gouttes écoulées sur les mamelons turgescents.
    Sur un visage couperosé, afficher un parfum d’amour
    Qui s’évapore encagoulé d’une chevelure rouge sang.

    Juste une touffe de verdure qui souligne son bouton de rose
    Et la femme devient soliflore pour accueillir la fleur du mâle.
    Et pour que la gerbe perdure, il faut que celui qui l’arrose
    Ne la cueille et ne la déflore qu’à l’heure la plus optimale.

    Photo de Mikhail Shestakov sur https:vk.comclub3889576 .

  • Belles fleurs – 1

    Belles fleurs - 1

    La femme ne se frappe pas, ni ne se secoue, ni ne s’agite
    Par, telle un cocktail délicat, respect à sa sacralité.
    Quand mon cœur devant ses appas tremble, chavire et prends du gîte,
    J’y vois là le certificat d’une plante de qualité.

    Quelle fleur s’accorde le mieux avec la forme du visage ;
    Entre l’odeur et la couleur ou la robe en forme évasée ?
    Un toucher subtil, harmonieux, les courbes aux jolis paysages,
    L’enchantement où la douleur restera à jamais déphasée ?

    Coquelicot, la joie de vivre, l’acacia pour son élégance,
    Des fleurs de Lys pour la noblesse, l’angélique pour l’inspiration.
    Des œillets pour la femme libre, une anémone pour la confiance,
    Bleuets pour la délicatesse, camélia pour l’admiration.

    Photo de Mikhail Shestakov sur https:vk.comclub3889576 .

  • Dimanche, jour du poisson

    Après tout, les premiers chrétiens, lors des persécutions romaines,
    Symbole de reconnaissance, portaient le signe du poisson.
    Encore aujourd’hui l’entretien de cette tradition humaine
    Me pousse depuis ma naissance à m’accrocher à l’hameçon.

    J’ai longtemps recherché quel ordre serait le plus spirituel…
    Une carpe pour le silence ? Un saumon à contrecourant ?
    Pourtant je ne puis en démordre ; le poisson rouge naturel
    Est l’élu dont la rutilance au sang est le plus concourant.

    Aussi chrétiens, mes très chers frères, je vous propose d’ôter la croix
    Qui représente la souffrance par un poisson dans son bocal.
    L’eau bénite qui vous est si chère pourra être puisée de surcroît
    Directement en délivrance dans son bathysphère local.

    (Tableaux de Hülya Özdemir sur https:hulyaozdemir.tumblr.compost150724394748take-me-home-where-i-belong
    Poisson – en grec ICHTUS ou IΧΘΥΣ – est l’acronyme de « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur »
    I : Ἰησοῦς ; Iêsoûs : Jésus
    Χ : Χριστoς ; Khristòs : Christ
    Θ : Θεοῦ ; Theoû : de Dieu
    Υ : Υἱoς ; Huiòs : Fils
    Σ : Σωτήρ ; Sôter : Sauveur
    Sources : https:www.ssvp.frtemoignagesle-poisson-symbole-des-chretiens-a-travers-le-monde .)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La sirène et son marin

    Acte I
    Du bâtiment d’un jeune marin, s’appropria Dame Sirène
    Tandis qu’il partait pratiquer la pêche à pied dans la lagune.
    Lorsqu’il aperçut son tarin qui dépassait de la carène,
    L’homme se mit à critiquer et à exprimer sa rancune.
    Acte II
    Mais la Sirène a plus d’appas que le marin de hameçons
    Et plus d’attraits dans ses filets que lui d’appâts dans son chalut.
    Et le coup de foudre frappa si fort dans le cœur du garçon
    Qu’ils ont aussitôt enfilé une bague au doigt, fraîche émoulue.
    Acte III
    Les années passent et il s’ennuie de sa Bretagne et sa maison
    Mais la Sirène ne se résout pas à le lâcher tout de suite.
    Il pense à s’enfuir cette nuit ; il faut s’en faire une raison.
    La liberté contre un bisou, c’est de la détention gratuite !
    Épilogue

    Elle a cédé évidemment et l’a suivi au Finistère
    Il est devenu gardien de phare et elle, bien sûr, sonne l’alarme
    Lorsqu’un bateau incidemment risque de s’échouer à terre.
    Finalement, c’est en fanfare que ma chute tombe sous le charme.

    Tableaux de Hanna Silivonchyk.

  • L’hommage papillon

    L’hommage papillon

    Dans la famille des Sylphides, après une enfance anonyme,
    À la fin de la puberté, sonne le temps de la nymphose ;
    Chacun sort de sa chrysalide et tous se regroupent unanimes,
    Puis s’envolent vers la liberté pour fêter leur métamorphose

    Pour rendre hommage aux papillons, les fées se mettent à danser
    Imitant leurs battements d’ailes de leurs chevelures dorées.
    Et tournent, tournent en tourbillons leurs jolis corps nus élancés
    Qui renvoient comme une chandelle leurs fluides au fond de la forêt.

    Et l’effet papillon produit par le fait des lépidoptères,
    Un égrégore Dieu des vents qui ondule en forme de huit.
    Ce sera tout pour aujourd’hui car demain autour de la Terre
    Les nuées au soleil levant transmettront la bourrasque induite.

    Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

  • Reflet d’espoir

    Reflet d’espoir

    Mon beau miroir qui me renvoie, après avoir bien réfléchi,
    Mon joli teint suivant son tain et qui m’efface mes points noirs,
    N’est pas menteur – puisque sans voix – ni imitateur défraîchi ;
    Juste un ami de bon matin qui m’accompagne jusqu’au soir.

    Il ne retourne que des reflets de l’air du temps purifié ;
    Il ne réverbère que vertu cachée dans les ombres moroses.
    S’il vous reproduit un pamphlet, bien fou qui pourrait s’y fier
    Car il s’applique, il s’évertue à vous faire voir la vie en rose.

    Comme un ami qui ne dit rien mais qui me suit fidèlement,
    Jamais ne me contredira ni trahira mes émotions.
    Ô que ne sois-tu ivoirien, mais doté individuellement
    De parole qui me prédira mon avenir sans inversion !

    Photo de Cecil Beaton.

  • Grande fille

    Finie l’heure des enfantillages, désormais elle est amoureuse.
    Mais pour de vrai évidemment, les précédents ne comptent pas.
    Tous ses efforts en maquillage et toutes ses pauses langoureuses
    Ont ferré concomitamment quelques jeunes coqs de combat.

    Se faire belle est une science aussi précise que primordiale
    Et mettre son corps en valeur, le meilleur signe de richesse.
    Sans doute qu’un peu d’insouciance favorise l’entente cordiale…
    Moins qu’un petit haut enjôleur et une jupe ras-les-fesses !

    Un dernier coup d’œil au miroir. Chercher le détail outrageux
    Qui sera l’avertissement de l’appas le plus désarmant.
    Soudain elle retire d’un tiroir un string bien plus avantageux
    Le meilleur l’investissement pour pécho le prince charmant.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • Petite fille

    Avec le chat comme complice qui jamais ne la trahira,
    Elle a volé quelques affaires dans la penderie de maman.
    Être petite, quel supplice ! Mais rien ne la contrariera
    À aiguiser son savoir-faire à grandir prématurément.

    Sous la direction des poupées, elle continue ses essayages :
    Robe de dentelles transparente, suggestive voire polissonne ?
    Les cheveux ? Faut-il les couper ? Peut-être un peu de maquillage
    Pour que sa frimousse s’apparente à celle d’une grande personne.

    Le minet désapprobateur fait mine de se désintéresser
    Aux derniers échos de la mode du petit mannequin en herbe.
    Mais faute d’autre admirateur et s’il veut être caressé
    Il faudra qu’il s’en accommode et miaule en la trouvant superbe.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • Madame de la Rosée

    Madame de la Rosée

    Tantôt elle sème à tous vents et tantôt sème à toutes pluies
    Selon son humeur attristée, joyeuse ou simplement changeante.
    Si parfois elle rit souvent de bon cœur au soleil qui luit,
    Elle s’éplore aussi, contristée de larmes amères et astringentes.

    Mais la nature sait épancher toute l’eau chargée d’émotions
    Qui remontent dans l’atmosphère pour se dissoudre dans l’aurore.
    Tandis que la Terre retranchée absorbe l’onde en décoction,
    Jus de rosée pour satisfaire toutes les rivières et sa flore.

    Parfois je l’ai vue se lever, secouer sa robe de douleurs
    Et ses sentiments déferler comme une cascade de pleurs.
    Puis je l’ai vue se relever et vite reprendre des couleurs
    Après avoir laissé perler ses gouttelettes sur les fleurs.

    Tableau de Steven Kenny sur http:www.stevenkenny.comhome.html .

  • Nature circulaire

    Nature circulaire

    Tous les jours la pluie hygiénique de mon petit nuage en cœur
    Me lave de toutes mes peines et les draine en terre assouvie
    Et puis les eaux biogéniques des sols poreux à contrecœur
    Me remontent comme une veine pour un nouveau cycle de vie.

    Et moi, étape intermédiaire, je capte l’énergie d’en haut,
    La nourriture qui vient d’en bas, l’amour qui circule dans l’air.
    Tous sont la question subsidiaire au concours de la météo
    Dont le gagnant est le combat de la nature circulaire.

    Telle est la magie de la vie pour qui la vit et qui l’observe
    Même si tout n’est que science ou divine relativité.
    Juste sa beauté me ravit et je n’ai aucune réserve
    Quant au rôle que ma conscience exerce sur son activité.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Couleurs de femmes – 2

    Certains voient l’âme au fond des yeux ; moi, je la vois dans les nuances
    Qu’une femme affiche sur son front comme un panneau indicateur.
    Un troisième œil, fort délicieux, qui dégage son influence
    Et dont le cœur ose l’affront de son rôle amplificateur.

    Le chapeau révèle tant de choses qu’un roman n’y suffirait pas
    À raconter ce qui se passe entre les oreilles et les yeux.
    Et soudain se métamorphosent envoûtement, charme et appas
    Par une plume qui dépasse ou un p’tit oiseau audacieux.

    Nu-tête, épaules dégagées, l’âme et le cœur, tous deux, débordent ;
    Le regard devient magnétique et la bouche un peu frémissante.
    Ainsi, la femme apanagée dévoile à celui qui l’aborde
    Le contenu signalétique d’une âme par trop resplendissante.

    Tableaux d’Arnaud Bauville.

  • Couleurs de femmes – 1

    Paupières lapis-lazuli pour effacer mes bleus de l’âme ;
    Rouge cerise sur les lèvres pour me mettre le cœur en bouche ;
    Un peu d’ambre et de patchouli, un petit chapeau haut de gamme ;
    Un bijou trouvé chez l’orfèvre, à la fin de l’envoi, je touche.

    L’air mélancolique et morose, mes joues se jouent de leurs couleurs ;
    La tête ailleurs me désespère et tourne en rond sans faux-semblants.
    Pensées dorées à l’eau de rose cachent leurs peines et leurs douleurs
    Jusqu’à ce qu’elles me repèrent un beau musclé en habit blanc.

    Le vert-galant est élégant, tête bronzée, cheveux dorés ;
    Un beau parleur qui fait des vers et qui me charme de sa prose.
    Ferais-je un rêve extravagant ? Pincez-moi ! J’ai peur d’adorer
    Ce beau chevalier aux yeux verts qui me fait voir la vie en rose.

    Tableaux d’Arnaud Bauville.

  • Marie-Oiselle-Minuit

    Marie-Oiselle-Minuit

    Comment les oiseaux se reposent durant leurs longues migrations ?
    Ils détiennent l’équivalent de nos établissements de nuit.
    Les ailes fourbues, ils se posent au service réanimation
    D’une hôtellerie de talent : « Chez Marie-Oiselle-Minuit ».

    Pareil à notre Voie Lactée qui couvre la nuit de son voile,
    Ils réénergisent leurs ailes au feu, en se le partageant.
    Les volatiles décontractés s’alignent selon les étoiles
    En offrant à la demoiselle une étole aux reflets d’argent.

    À chaque saison recommencent les tournées d’oiseaux migrateurs
    Qui retrouvent leurs habitudes à l’hôtellerie de Marie
    Qui se passionne des romances de ces voyageurs séducteurs
    Qui connaissent les béatitudes à chaque fois qu’ils se marient.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Marie-Nuage-Rose

    Marie-Nuage-Rose

    Écrit à l’encre des cirrus sur la coupole bleu-azur,
    Mère-Nature correspond en lettres météorologiques.
    Simple message ou bien virus d’une écriture en démesure
    Doublé d’une plume qui répond sur ciel épistémologique ?

    C’est bien Marie-Nuage-Rose qui calligraphie ses amours
    En pleine nébulosité avec les oiseaux de passage.
    Pour les distraire d’un vol morose, elle leur annonce avec humour
    L’éventuelle curiosité qui mérite un petit message.

    Si Monsieur le vent rit souvent, Marie-Nuage-Rose pleure
    Chaque fois qu’un amant la trompe avec les nymphes de la nuit.
    Elle prend un air émouvant qui s’assombrit à la malheure
    Et puis grossit et tombe en trombe de larmes en gouttes de pluie.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Pause au moulin rouge

    Secrets dans l’envers du décor dans les coulisses du Moulin Rouge
    Où le mystère est son trésor et la création, sa richesse.
    Là, on se prépare le corps, on se vêt, on s’affaire, on bouge,
    On met ses strass, on met ses ors et on s’ajuste à ras-les-fesses.

    Avoir donné de l’insouciance et offert de la joie de vivre
    Lui fatigue autant le sourire que les cuisses et les gambettes
    Il faut jouer de l’impatience du public radieux et ivre
    Et puis on entend les fous rires de noceurs et gens en goguette.

    Qu’il est loin le temps d’une fillette qui prenait des cours en cachette
    Et de danseuse débutante en chorégraphe est devenue.
    Allez ! On remet ses paillettes, on agite un peu les clochettes
    Avec les plumes envoûtantes autour de sa poitrine nue.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • L’été à bicyclette

    Au premier matin du solstice, déjeuner aux fraises des bois
    Et puis salade de saison selon les fleurs de la journée ;
    Pissenlit, violette et mélisse, belle récolte d’un bon poids,
    De l’ail des ours pour la maison, quelques asperges pour ma tournée.

    En pleine chaleur de juillet, petit-déjeuner aux framboises ;
    Les épis de blé sont fauchés, les champs sont tout ratiboisés.
    Quelques touffes à grappiller, un bouquet aux reflets turquoise
    Vite lié, vite ébauché par trois brins d’herbe entrecroisés.

    Dernier soir d’été révolu, goûter aux noisettes et aux mûres.
    Les colchiques sont dans les prés et les premières feuilles s’envolent
    Vers un automne dévolu à les porter dans un murmure
    Et l’ombre allongée des cyprès s’agiter, danseuses frivoles.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • Mosaïques sur lac

    Mosaïques sur lac

    Les hommes imitent la nature et reproduisent sa beauté
    Et leurs maisons au bord du lac en évoquent ses vaguelettes.
    Les bateaux trempent leurs mâtures sur les reflets caillebottés
    Par les flic-floc et les flic-flac de la surface en ondelettes.

    Le miroir renvoie son image et l’homme admire la réponse
    Que la nature fait à son œuvre qu’il croit sortie de Jupiter.
    L’artiste n’y voit qu’un mirage qu’il peint dans des couleurs absconses
    Qui font ravaler la couleuvre à tous leurs fiers commanditaires.

    La mosaïque est tremblotante et ses tesselles plutôt liquides
    Mais j’aime observer l’art sauvage de l’éclat du projectionniste.
    Le lac à la vision flottante me donne une image candide
    Du ciel et de son entourage en un tableau impressionniste.

    Tableau « Malcesine am Gardasee » de Gustav Klimt.

  • Saintes-Maries-de-la-Mer-de-Lavande

    Saintes-Maries-de-la-Mer-de-Lavande

    Dans l’ultra-bleu presque violet, au bord de la mer de lavande,
    Je baigne ma mélancolie qui se dissout dans les tunnels
    Pareils aux vagues inviolées selon les anciennes légendes
    Où les sirènes en folie chantaient en plissant leurs prunelles.

    Dans les infrasons perceptibles qui montent des terres fertiles,
    Je murmure mes bleus de l’âme qui sont diffusés par l’écho
    Qui se propage irréductible comme un infime projectile
    Et se mélange aux oriflammes des plants violines ombilicaux.

    Les Saintes-Maries-de-la-Mer bercent mon cœur entre ses lignes
    Qui se rejoignent à l’infini de l’église au clocher azur
    Qui s’assombrit dans l’outremer lorsqu’au soir les rangées s’alignent
    Et fondent en catimini dans l’ombre au fur et à mesure.

    Tableau de Vincent van Gogh.

  • La force de la farce

    « La force terrassant le lion » est devenu assez banal…
    De nos jours il faut innover si je veux m’faire distinguer.
    Afin de vous damer le pion et déclencher un bacchanal,
    Je m’en vais vous la rénover et même l’envoyer valdinguer.

    Je sais mater le crocodile, le caïman, l’alligator,
    Tous ces sauriens terrifiants en les pliant en portefeuille.
    Et je veux devenir l’idylle de l’affrontement au corps à corps
    S’il le faut en diversifiant sous réserve que mon rival le veuille.

    Le cachalot et la baleine, l’orque, le requin et le phoque
    Avec moi ne font pas un pli face à une véritable garce.
    Je les combats à perdre haleine, presqu’à chaque fois je suffoque,
    Mais après le devoir accompli, l’adversaire apprécie ma farce.

    Tableaux de Bruno Pontiroli sur https:theinspirationgrid.comsurreal-bizarre-animal-paintings-by-bruno-pontiroli .

  • Les filles sauvages

    Mûres & Framboise
    La fille sauvage s’apprivoise par un régime de fruits rouges ;
    Cerises pour la fine bouche, le corps aux mûres adulé ;
    Mamelons, parfum de framboise, durcis aux graines de carouges
    Et longues jambes qui débouchent sur son bonbon acidulé.

    Fraise & Pèche
    Lorsqu’elle ramène sa fraise, il est temps que je me dépêche
    À lui fournir à satiété de quoi faire rougir sa rose.
    En remontant son corps de braise et caressant sa peau de pèche,
    L’amour efface toute anxiété et l’orgasme tait sa névrose.

    Cassis & Chocolat
    Nous ne faisons l’amour qu’assis dans son lit-bateau écarlate
    Qui a l’habitude de se replier en quatre pour me satisfaire.
    Après quelques acrobaties, à la fin je la chocolate
    Pour qu’elle daigne me supplier de lécher tous ses hémisphères.

    Tableaux de Il Pistrice alias Francesca Protopapa sur https:www.boumbang.comil-pistrice .

  • Sainte-Marie-des-Bois

    Sainte-Marie-des-Bois

    Cèdre parmi les conifères, je vivais d’amours et d’eaux fraîches
    Prodiguées au fil des semaines par la nature généreuse.
    Lassée de ma vie florifère, le cœur fou, la tête revêche,
    J’adoptai une forme humaine sur un coup de sève aventureuse.

    Au début, je restai de marbre, n’osant pas avancer d’un pas
    Et d’écrabouiller par mégarde le petit peuple des forêts.
    Hélas, j’étais encore un arbre qui ne se préoccupe pas
    D’écouter ceux que je regarde avec mon air de mijaurée.

    Mais voilà ! Par curiosité je me suis penchée vers ces gens
    Qui m’ont pris pour une déesse de divinité forestière.
    J’en goûte la religiosité mais ce n’est pas encourageant
    Car je ne sais quelles prouesses vont-ils me quêter en prière !

    Tableau d’Edward Robert Hughes.

  • J’en parle à mes papillons

    J’en parle à mes papillons

    Lorsque les oreilles se ferment, c’est qu’elles ne veulent pas entendre
    Ou qu’elles ne sont pas disposées à capter toute mon attention
    Comment faire pousser le germe de la manière la plus tendre
    Qui saura les prédisposer à mes meilleures intentions ?

    J’use de termes guillerets, légers comme des papillons
    Qui porteront comme une plume mes phrases en lettres déliées.
    L’œil s’ouvre avec un intérêt moins soupçonneux, moins tatillon
    Et c’est à tout petit volume que je fais tomber ses piliers.

    Ainsi je parle papillon mais juste de bouche à oreille ;
    Mes phrases sont de mots légers et de lettres aux petites ailes
    Qui entrent dans le pavillon de l’endormi(e) qui se réveille
    De son rêve désagrégé en angora de filoselle.

    Tableau de Moony Khoa Le alias Moonywolf sur http:sweetdreamsart.centerblog.netrub-moony-khoa-le-also-known-as-moonywolf–2.html .

  • Les auras métaphysiques

    Condensation
    L’âme est gazeuse, évaporée de l’esprit en ébullition,
    Quand il se fait condensateur entre la Terre, Dieu et lui-même,
    Comme un nuage phosphoré qui se nourrit d’imbibition
    Par un soleil compensateur qui vaporise ses dilemmes.

    Liquéfaction
    L’âme se répand tout autour du cœur soumis à la passion
    Tandis que les feux de l’amour consument le corps dans son poêle
    Dont la fumée fait des contours, volutes et circonvolutions
    En cercles de plus en plus lourds qui remontent à rebrousse-poil.

    Sublimation
    L’âme sort de la matière grise sous la forme de vapeur d’eau
    Quand les neurones sont à la masse et court-circuitent le cerveau.
    Puis la conscience lâche prise et laisse tomber son fardeau ;
    Un ange passe et le ramasse et tout se remet à niveau.

    Tableaux d’Agostino Arrivabene sur https:shewalkssoftly.com20140719agostino-arrivabene .

  • Ces singes qui nous gouvernent

    Le singe de la santé
    N’étant pas le porte-parole qui tripatouille de belles phrases,
    Le premier des singes préfère laisser s’exprimer sa maîtresse
    Qui faut le pitre et le mariole mais avec maintes périphrases
    Qui mêlent tiédeur et colère qui tournent en feux de détresse.

    Le singe de l’économie
    N’ayant ni l’oreille musicale ni la patience pour l’écoute,
    Le deuxième singe fait confiance aux sources de sa propriétaire
    Qui masque la dette fiscale que tous ses électeurs redoutent
    Derrière l’insignifiance de ses échanges monétaires.

    Le singe de l’intérieur
    Ni œil-de-lynx, ni de faucon, ni des yeux d’aigle ou de vautour,
    Le troisième singe se réfère au point de vue de sa patronne
    Qui le maintient dans un cocon avec protection tout autour
    Mais quand les refus prolifèrent, il pousse le mot de Cambronne.

    Tableaux de Sophie Wilkins sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201204sophie-wilkins-canadian-magic-realism.html .

  • Cœur de feu

    Cœur de feu

    Mon cœur de feu brûle et consume mes petits amants de passage
    Comme fagots maigres et trop secs qui s’embrasent d’un feu de paille.
    Je cherche quelqu’un qui s’assume — sans pour autant être trop sage —
    Dont la qualité intrinsèque serait un bois de bonne taille.

    Comme vieilli en fût de chêne, un combustible spiritueux
    Qui flambe sans dilapider l’énergie de ses sentiments.
    Un buisson ardent qui enchaîne maints jeux d’amour délictueux
    Et dont le fruit vient valider nos neuf mois de mûrissement.

    Et si le foyer de ton cœur, garni de pierres réfractaires,
    Veut accueillir mon carburant afin de s’embraser ensemble,
    Laissons l’amour alambiqueur chauffer nos corps-nus volontaires
    Pour consumer l’air comburant de nos bouches qui se rassemblent.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le cœur verrouillé

    Le cœur verrouillé

    Toutes ces vieilles clefs rouillées qui voudraient bien ouvrir mon cœur
    Me poussent à l’ultra-protéger contre toute forme d’effraction.
    Seul pourra le déverrouiller mon petit prince, mon vainqueur,
    Pas un idiot, le cœur léger, qui le ferait par distraction !

    Celui qui force ma serrure pourrait s’en aller la clef basse ;
    Qui se sert d’un passe-partout, à tout jamais, serait banni !
    Un homme bardé de ferrures se retrouverait dans l’impasse ;
    Un soupirant de rien du tout m’agacerait de litanies !

    Je sais que je suis difficile et qu’il n’y a de prince charmant
    Que celui que mon cœur transforme par l’amour et par la patience
    Je ne suis pas fille facile et j’attends l’homme désarmant
    Dont l’essence prendra la forme de l’âme-sœur de ma conscience.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La bouche en cul de papillon

    La bouche en cul de papillon, juste six mots qui se dévident
    Sauf que tout juste prononcés, les voici devenus tempête.
    Tempête dans le tourbillon d’un verre d’eau à moitié vide…
    Que voulez-vous ? J’ai renoncé à vivre sans tambour ni trompette.

    Parfois mes mots sont en accord avec la triste actualité
    Mais alors ils paraissent tristes et exempts de tout optimisme.
    Si je les tourne en désaccord envers votre réalité,
    Vous me jugerez égocentriste et surchargé de pessimisme.

    J’ai trouvé une solution : écrire dans les réseaux sociaux ;
    Ainsi mes mots seront noyés dans l’océan des vanités.
    Si j’ai pris la résolution d’écrire ces vers asociaux,
    Sans doute me suis-je fourvoyé à écrire cette insanité.

    Ces photos pourraient être de Céline Excoffon.