Catégorie : Poésie du dimanche

  • Mes rêves de la montagne en relief

    Une ligne droite en montagne devient une ligne fractale
    Car la droite n’existe plus à cause du gauchissement
    Qui a transformé les campagnes en un terrain périnatal
    D’où naissent ce qui a complu aux dieux en avachissement.

    Ils divisent pour mieux régner et disloquent monts et vallées
    Pour brouiller les langues à l’eau de patois incompréhensibles.
    Véritables toiles d’araignées linguistiques qui vont avaler
    La bonne entent3 dans un halo de jalousies les plus sensibles.

    Les lacs incarnent les diplomates qui joignent d’amont en aval
    Tous les courants forts torrentiels aux rivières un peu plus placides.
    Le calendrier automate y organise des carnavals
    Comme armistice providentiel, une purge ou un vermicide.

    Tableaux 3D de Nerdzilla sur https:nerdzilla.com.brpapel-em-camadas-3d-layered-paper-art .

  • Mes rêves de la mer en relief

    Je me méfie d’une mer calme car elle ne le reste pas longtemps ;
    Il suffit qu’un front froid l’excite – sans doute à cause d’un papillon –
    Et qu’il lui chatouille les palmes pour qu’un emportement latent
    Fasse tout ce que nécessite ses colères et ses tourbillons.

    Je me défie de ses tempêtes qui, à la faveur de la nuit,
    Attaquent brusquement les phares pour leur dérober la lumière.
    Et des vents sonnent les trompettes des troupes qui trompent l’ennui
    En faisant vibrer la fanfare de Neptune en avant-première.

    Et je redoute les répliques que la mer fait à l’océan
    Qui ne jure que par sa force face aux bourrasques maritimes.
    Alors je rêve qu’il m’explique pourquoi il sort de son séant
    Lorsqu’elle demande le divorce pour ses amours illégitime.

    Tableaux 3D de Nerdzilla sur https:nerdzilla.com.brpapel-em-camadas-3d-layered-paper-art .

  • La toréadore

    La toréadore

    Europe, une jeune Phénicienne attira un jour l’intérêt
    De Zeus, dieu sans équivalent, par sa vénusté andalouse.
    Comme il voulait la faire sienne et qu’elle semblait obtempérer,
    Il se changea en taureau blanc à cause de sa femme jalouse.

    Mais le taureau fut rouge-sang, sans doute une erreur de dosage
    Et pour échapper à Héra, ils durent s’enfuir en Espagne.
    Ils vécurent en se trémoussant – comme là-bas il était d’usage –
    Dans les arènes et l’opéra, à la ville comme à la campagne.

    Europe se fit toréadore et acquit sa notoriété
    En pratiquant entièrement nue le métier de dresseur d’auroch
    Et devint la conquistadore envers la haute société.
    Parmi leurs enfants reconnus, l’un d’eux fut célèbre au Maroc †.

    (Tableau de Kolobova Margarita
    † mais ça, c’est une autre histoire.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le zodiaque érotique

    Si les planètes parlaient d’amour plutôt que de révolutions,
    Les femmes qui viennent de Vénus et les hommes qui viennent de Mars
    Seraient en conjonction le jour et la nuit en reproduction
    Avec malus ou bien bonus selon les conjonctions éparses.

    Le Soleil serait super-mâle et la Lune super-femelle ;
    Ils s’écriraient des billets doux que Mercure propagerait ;
    Jupiter, force maximale, patronnerait les belles mamelles,
    Saturne courrait le guilledou avec ses beaux anneaux dorés.

    La libido augmenterait selon les phases d’Uranus,
    Ainsi que celles de la Lune dont nous connaissons l’attraction.
    Ainsi l’étalon banderait grâce à l’action sur son phallus
    Du magnétisme de Neptune par la puissance de l’érection.

    Tableau de Nikolay Sednin sur https:arthive.comfrsedninstories11790 .

  • Les toréadores

    J’avoue que la tauromachie gagnerait à ce que les machos
    De la bande des toréadors passent derrière les barricades
    Pour laisser la matriarchie faire reculer les fachos
    Afin qu’enfin le taureau d’or ait l’honneur d’une cavalcade.

    Que les toréadores nues sous leur robe rouge-écarlate
    Courent devant ces belles cornes en tressautant comme un flambeau !
    Simplement ces bêtes cornues auront les extrémités plates
    Afin que les pointes n’écornent que l’étoffe qui parte en lambeaux.

    L’alliance de la belle et la bête nous offrirait un beau spectacle ;
    Un strip-tease assez singulier qui défend la cause animale.
    Si mon projet sans queue ni tête ne rencontrait aucun obstacle,
    J’en s’rais spectateur régulier avec délices maximales.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le zodiaque de Denderah

    Toutes les interprétations de la dimension du zodiaque
    Sont toutes aussi vraies qu’erronées selon comment je les contemple.
    L’Égypte en est l’imprécation par ses nombreux dieux démoniaques
    Car Denderah l’a claironné et peint aux plafonds de ses temples.

    Osiris, Isis, Seth, Horus, avec leurs têtes d’animaux
    Composent le premier bestiaire qui aurait inspiré Noé ;
    Amon et Râ font le chorus des astres aux effets maximaux
    En fécondant la Terre entière de Memphis à Arsinoé.

    Avec Ptah, le dieu créateur, divinité de la sculpture,
    Voilà le temps des pyramides, voici la vie au bord du Nil.
    Avec Toth, le dieu médiateur de la sagesse et l’écriture,
    Geb dieu des terres encore humides, Hathor à jamais juvénile.

    Anubis, tête de chacal et dans la mort, l’enfer me ment ;
    À Nout, mon ciel et mes idylles ; à Sekhmet le féminin sacré ;
    À Bastet, mon chat amical ; à Nephtys mon discernement ;
    Sobek, tête de crocodile et mes sirènes consacrées.

    La 1ère illustration est de Domenico Valeriano sur http:jfbradu.free.fregypteLES%20TEMPLESDENDERAHplafond-denderah.php3?r1=6&r2=1&r3=0 .

  • L’autre Margot

    L’autre Margot

    Margotton, la jeune bergère ayant trouvé un petit chat
    Ne connu pas vraiment l’histoire que l’on chante dans la légende.
    Lorsque arrivèrent les mégères ivres de colère, elle s’arracha
    Avec le chat ostentatoire, son bâton et sa houppelande.

    Elle partit sous les tropiques et revendit la houppelande,
    Puis vécut d’amour et d’eau fraîche, les seins nus comme une garçonne.
    Enfin bref, une vie typique dans les forêts de Thaïlande
    Pour une fille un peu revêche qui n’avait besoin de personne.

    Le chat, la prenant pour sa mère, put la téter de tout son soûl
    Et Margot, pourtant sans enfant, continua à l’allaiter.
    Les autochtones, moins sommaires, lui en offrirent quelques sous
    Et son commerce triomphant fructifia durant mille étés.

    Tableau d’Emilia Cilento.

  • Les combats de radiateurs

    Les combats de radiateurs

    Te souviens-tu du Colisée et ses arènes noires de monde
    Venu assister au combat de farouches radiateurs ?
    Tous les peuples coalisés et les barbares les plus immondes
    S’assenaient feintes et coups bas sous la chaleur des projecteurs.

    Moi-même, dans une autre vie, ai combattu héroïquement
    Contre les légions de César, jovialement sur le sable chaud.
    Je fus blessé sur le parvis, j’ai continué stoïquement
    Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un lézard pour m’affronter durant le show.

    Colosses d’airain aux pieds de fonte, je salue vos échauffements ;
    Toi le numide qui transpire et toi, le sauvage central !
    Avancez et n’ayez pas honte de vos moindres trémoussements
    Quand vous luttiez contre l’Empire de Rome en ce lieu théâtral !

    Tableau d’Edouardo de la Maneta Calda y Termosta Poquitofrio extrait de « L’art d’en bas au musée d’Orsay ».

  • Prolongations de l’âme

    Par le p’tit bout de la lorgnette, ma vision plonge l’intérieur
    En descendant les timorés petits pas vers la connaissance ;
    Des cases mémoires aux vignettes enregistrées pour d’ultérieurs
    Besoins de se remémorer mon vécu depuis ma naissance.

    Et je remonte par le premier battement de mon proto-cœur
    Et je rejoue la partition selon le rythme proposé.
    Et tout redevient coutumier depuis la première rancœur
    Et la première déception que l’extérieur m’a imposées.

    L’expérience éclaire le passé mais ne montre pas l’avenir ;
    Je dois sortir du formatage subit pour aller de l’avant.
    Sans le savoir j’ai dépassé à l’étage des souvenirs
    L’escalier qui mène à l’étage de l’ignorance des savants.

    Photos de Sergio Feldmann.

  • Sirènes des eaux sombres

    Il n’y a pas de feu sans fumée, il n’y a pas de feu dans l’eau
    Et la lumière vient à manquer dans les profondeurs abyssales.
    Neptune aurait pu assumer un bleu-Marine plus pâlot
    Et des sirènes efflanquées de poissons-lunes en arrière-salle.

    Jetant du plancton phosphoré dans la fosse des Mariannes,
    J’ai pu observer des chimères pelotonnées dans les eaux sombres.
    Elles nageaient dans la forêt faite de mille fils d’Ariane
    Par les marins perdus en mer et qui cherchaient en vain leurs ombres.

    Queue de poisson ou tentacules ? Il y avait trop peu de lumière
    Pour distinguer l’anatomie des quelques sirènes entrevues
    Mais elles m’ont de leur pédoncule donné comme impression première
    Qu’elles possèdent une autonomie telle que j’n’en avais jamais vue.

    Illustrations de Xander Smith et Stephen Najarian.

  • Mon troisième œil

    Mon troisième œil

    Mon cerveau gauche n’a rien perçu, il est logique et fonctionnel ;
    Mon cerveau droit l’a aperçue, intuitif et émotionnel.
    Du moins c’est ce qu’ils me font croire dans cet univers d’illusion
    Car ce serait la mer à boire que sortir de cette confusion.

    Est-ce mon double féminin ou la version abandonnée
    Qu’un ange aurait trouvé bénin qu’un dieu le lui ait ordonné ?
    Vue à moitié, c’est pessimiste si c’est un rêve à redouter
    Ou bien au contraire optimiste si je me mets à en douter.

    L’œil qui rêve, sans doute lucide quand l’esprit et le corps s’endorment,
    Seconde l’âme qui élucide ce qui se cache derrière les formes.
    Et ce qu’il voit dans l’invisible et les ténèbres qui le cernent
    Est ce destin imprévisible envers tout ce qui me concerne.

    Tableau de Quasarai.

  • De l’autre côté du mur

    De l’autre côté du mur

    De l’autre côté du miroir, Alice a vu comment c’était
    Mais de l’autre côté du mur, ça c’est plutôt moi qui l’ai fait.
    Imaginez comme un tiroir qui traverserait les étais
    De la cloison dans un murmure, puis un silence stupéfait.

    Il y avait un vieux monsieur et un oiseau fortuitement
    Dans un capharnaüm de plantes et d’ustensiles de vaisselle.
    Ce passage irrévérencieux m’ayant privée de vêtements,
    J’arrivai nue, gesticulante mais épilée sous les aisselles.

    Je demandai au couple étrange pour calmer un besoin urgent
    S’ils auraient l’amabilité de me donner un verre d’eau.
    « Que me donnez-vous en échange ? Vous êtes nue et sans argent
    Et, en toute éventualité, j’n’ai nulle envie de libido ! »

    Le mur ne me laissant passer que par un aller sans retour,
    Je lui proposai de danser et chanter comme une jouvencelle.
    Il me regarda, compassé, et me suggéra sans détour
    De me rendre au pas cadencé à l’évier faire la vaisselle.

    J’ai accepté, il m’a logée mais ni blanchie ni habillée
    Car son studio est retranché derrière un espace infini.
    J’ai pu enfin me déloger de ce piège grâce à un billet
    Trouvé à même le plancher qui disait : « Ton rêve est fini ! »

    Illustration de Nicole Claveloux.

  • L’Oracle de Delphes – 2

    L’oracle de Delphes m’a parlé cette nuit des réalités
    De l’existence des héros, l’humanité et son essor.
    Il n’y a pas eu de pourparlers pour parer l’éventualité
    D’un mauvais tirage au tarot qu’elle interrogeait sur mon sort.

    Par l’arbre de la connaissance, l’arbre de vie après la mort
    J’ai remonté tous mes ancêtres aux branches infinitésimales
    Du fil coupé à ma naissance comme un témoin qui commémore
    Toutes les âmes qui s’enchevêtrent dans mes racines animales.

    De ses yeux aveugles fermés mais qui percevaient les échos
    Qui émanaient de mon passé jusqu’à l’avenir infini,
    Elle m’a alors affirmé que j’arriverai ex-æquo
    Après avoir outrepassé mon intrinsèque Kundalini.

    En une fraction de seconde, j’ai vu une lumière blanche
    Et l’ange noir qui me guidait vers l’espace-temps à l’envers.
    J’entrai alors dans l’autre monde à la vitesse d’une avalanche
    Immatérielle qui accédait au Créateur de l’Univers.

    Tableaux de Gianluca Gambinov sur https:arteaunclick.es20160330gianluca-gambino-arte-digital-surrealismo .

  • L’Oracle de Delphes – 1

    Que la Pythie vienne en mangeant ou, pourquoi pas, à bicyclette
    Et qu’au moins une fois par mois, elle me livre les plans de Dieu !
    Et si ce n’est pas dérangeant, j’aimerais voir à l’aveuglette
    Ce qu’il y a au fond de moi, dans mon cœur miséricordieux.

    Or la Pythie m’a pris au mot, au propre comme au figuré,
    A plongé sa main dans mon buste et en a retiré le cœur
    Dont elle a extrait tous les maux afin de le transfigurer
    Et l’apprêter pour un auguste destin d’un conquérant vainqueur.

    Puis, mimant la rose des vents d’une Vénus à girouette,
    Elle m’a annoncé l’amour, celui qui soulève les montagnes.
    Mais je dois aller au-devant de ces miroirs aux alouettes
    Qui me brocardent avec humour pour m’éloigner de ma compagne.

    Enfin, cerise sur le gâteau, elle m’a délivré le passage
    Qui garantit une autre vie quand j’abandonnerai mon corps.
    Si elle ne m’mène pas en bateau, je m’efforcerai d’être sage
    Et j’en proclamerai l’avis à qui voudra me suivre encore.

    Tableaux de Tertia du Toit sur https:www.tertiadutoit.com .

  • L’amour qui fait rêver

    L’amour qui fait rêver

    De plus en plus souvent lorsque je veux écrire
    Un poème d’amour, un poème du soir,
    Je ferme un peu les yeux un moment pour proscrire
    Ce qui peut nuire à l’âme et à mon cœur surseoir.

    Et soudain je m’endors, je ne sais pas comment,
    Et le rêve démarre au dernier mot choisi.
    Plus rien ne me contrôle dans le nouveau roman
    Qui m’ouvre enfin ses portes d’une humble courtoisie.

    L’âme nue, le cœur pur, sans le corps limité
    Par l’esprit timoré, étriqué du terrien.
    L’amour poursuit la route en tendre intimité
    Et la main qui écrit ne se souvient de rien.

    Au réveil je relis mes écrits sans comprendre
    Comment j’ai parcouru ça dans mon rêve étrange.
    Le secret de l’amour, c’est lui laisser m’apprendre
    Ce que je n’ose pas et pourtant me dérange.

    Tableau de Francisco Lomeli Bustamante sur https:conchigliadivenere.wordpress.comtagiran-lomeli et sur https:catrina-burana.livejournal.com21809.html .

  • Perséphone & le Minotaure

    Perséphone & le Minotaure

    On dit qu’ils eurent une aventure dans le dédale des amours ;
    L’une cherchait comment sortir et l’autre comment pénétrer
    Dans le cœur de la créature en usant de charme et d’humour
    Pour la séduire et la blottir entre ses gros bras empêtrés.

    Car au milieu du labyrinthe, il avait fait sa garçonnière
    Avec une vue imprenable sur le palace de Minos.
    Les murs ont connu les étreintes du geôlier et sa prisonnière
    Et des plaintes insoutenables durant la nuit même de leurs noces.

    Qu’est donc Perséphone devenue une fois son amant occis
    Par ce fou furieux de Thésée qui fut lors déclaré vainqueur ?
    Elle a dû s’enfuir toute nue dans une totale paradoxie †
    Car elle avait sympathisé, avec son beau bourreau des cœurs.

    (Tableau de Nightlarke ;
    † La paradoxie est un concept qui met en évidence une contradiction, une opposition ou une incohérence entre deux éléments ou deux idées ; j’ai bien aimé placer ce mot ici.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les femmes-chattes

    Pour changer des femmes-poissons, ce soir je rêve de femmes-chattes
    À longue queue qui ne remue que lorsque je les impatiente.
    Mais si je leur offre des moissons de caresses d’une douce patte,
    Elles se montrent tout émues, ronronnantes et stupéfiantes.

    Mais comment les apprivoiser et faire patte de velours ?
    Sans doute en offrant à manger quelqu’alléchantes mises en bouche.
    Et pour les faire pavoiser, ne jamais se montrer balourd
    Mais proposer à échanger quelques chatteries sous la couche.

    Mais attention aux coups de griffes et aux coups de dents acérées !
    Heureusement il y a des signes révélateurs de leurs humeurs.
    Car se conduire en escogriffe risque de se faire serrer
    Afin de subir la consigne… mais ce ne sont que des rumeurs !

    Illustrations de blowyourmindai.

  • Mes racines spirituelles

    J’aimerais raccorder mon âme à ses racines spirituelles
    Pas celles de la religion qui m’apparaissent inadaptées
    Mais celles qui donne le sésame à ma vie individuelle
    Pour se connecter aux légions métaphysiques à capter.

    Débrancher la réalité pour d’autres courants de pensées,
    Sortir de ma boîte crânienne et m’épanouir autrement.
    Ressentir ma dualité avec une force dispensée
    Par mes sources océaniennes, de feu, de terre et d’errement.

    J’entends les réponses du vent à mes questions déterminantes,
    Je perçois dans l’obscurité les portes que je dois franchir,
    Je sens les effluves adjuvants dans les tempêtes pertinentes
    Et je touche à la vérité qui demain saura m’affranchir.

    (Tableaux de Kelly McKernan sur kellymckernan.com

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  • Les trois soleils de Lucie

    Les trois soleils de Lucie

    Deux soleils bleus, un soleil d’or, voilà le trésor de Lucie
    Qu’elle transporte, qu’elle projette aux quatre horizons de la Terre.
    Lorsqu’un paysage s’endort, elle envoie avec minutie
    Les passions dont elle est sujette et leurs délices complémentaires.

    Deux soleils verts à l’heure bleue, deux soleils rouges au crépuscule ;
    Les yeux de Lucie s’endimanchent selon les nuances du temps.
    Sur bord de mer, des yeux sableux imprègnent sur la pellicule
    Des contours sur une plage blanche qui esquissent un jour débutant.

    Lucie a l’œil psychédélique qui voit ce qu’il veut sublimer,
    Qui crée de nouvelles couleurs sur de jeunes ciels cérulescents.
    Peut-être un peu machiavélique, qui irait jusqu’à élimer
    Pour éliminer ses douleurs dans des soleils opalescents.

    Gribouillage de Fabienne Barbier au téléphone.

  • Une existence bizarre

    Une existence bizarre

    Juste un soleil crevant le ciel, une lune perçant la nuit,
    Un horizon délimité et moi au milieu de tout ça.
    Et dans l’univers substantiel, ce qui me plaît, ce qui me nuit,
    Et qui fait l’équanimité d’une existence couci-couça.

    Ma vie est une chansonnette avec des refrains pour repères,
    Avec des accords harmonieux, des diminués, des augmentés.
    Et moi simple marionnette, née de ma mère et de mon père
    Et dont les fils acrimonieux m’emportent dans un bal tourmenté.

    Si la vie ne tient qu’à un fil, je m’y suis souvent accroché
    Et j’en vante la qualité car je n’ai pas su le couper.
    Il dessine ainsi mon profil vers la voie la plus rapprochée
    Du nœud de la mortalité que je suppose entourloupé.

    Tableau de Tsunemasa Takahashi.

  • Trois couleurs : matin, midi et soir

    Au matin, Madame ma Mère, était orange de stupeur
    En découvrant son rejeton aux yeux de biche effarouchée.
    Mais hélas sa laitance amère m’éveilla toutes sortes de peurs
    Envers les seins et leurs tétons qui, à ce jour, me font loucher.

    À Midi, Madame mon épouse, était écarlate de désir
    Pour offrir sa terre fertile à mon envie germinatrice.
    J’ai dû cultiver sa pelouse et son jardin de mon plaisir
    Qu’elle savait rendre érectile par ses ardeurs fornicatrices.

    Le soir, Mademoiselle ma fille, était spontanément violette ;
    Elle était le soleil couchant qui crée des rêves les plus bénins
    Aux songes merveilleux qui vacillent entre l’enfance à la volette
    Et l’adolescence débouchant sur mon éternel féminin.

    Tableaux de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • La vie tranquille

    Entre hétéros, on vit tranquille malgré nos sexes compatibles
    Qui nous ont séparés en deux selon une pruderie immonde ;
    Vestiaire garçon, vestiaire fille, démarcation irréductible,
    Mais un parcours moins hasardeux pour mettre des enfants au monde.

    Entre hétéros, tout est mystère au moment de l’adolescence ;
    On joue avec nos instruments – le con sert tôt en sol mineur.
    On se découvre, on sait se taire pour souvent se voir en l’absence
    Des parents qui jugent crûment qu’on est de trop jeunes butineurs.

    Entre hétéros, les habitudes plaisent à Monsieur moins à Madame
    Qui pour changer de la routine cherchera d’autres aventures ;
    Monsieur trompera sa lassitude avec échecs et jeux de dames
    Car pour les amours clandestines, chacun ménage sa monture.

    Illustrations de Fanny Blanc sur http:www.fannyblanc.comindex.phpdessinsla-vie-tranquille .

  • L’ADN désassemblée

    L’ADN désassemblée

    En déroulant notre ADN, on ne sait pas trop quoi trouver
    À part les plans de confection de la plupart des protéines,
    Ainsi que la plupart des gènes aux caractères éprouvés
    Qui dirigent la conception de chaque héros, chaque héroïne.

    Si je désassemblais le mien, j’y retrouverais la nature
    De tous mes ancêtres communs depuis tout le règne animal.
    Du singe mésopotamien portant la même signature
    Qu’un loup, qu’un âne ou qu’un ours brun dans ce brin infinitésimal.

    Le futur n’étant pas écrit mais indiscernable à l’avance,
    Que ce démontage ne fasse que dérouler la nuit des temps !
    J’espère que mon dernier cri mettra mon code en connivence
    En espérant qu’il satisfasse un analyste plus compétent.

    Mon code infinitésimal contiendrait-il toute la vie
    Comme ces nombres irrationnels qui renferment l’univers entier ?
    Chaque plante et chaque animal pourraient lors s’estimer ravis
    Du défi générationnel dont la Nature est en chantier.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cette Divine Nasse d’Âmes

    Cette Divine Nasse d’Âmes

    Les dieux ou les extra-terrestres – appelez-les comme vous voulez –
    Ont pris leur temps pour nous créer autant d’images que d’illusions.
    Certaines peintures rupestres montrent comment s’est déroulée
    La vie qui nous est agréée pour évoluer en cohésion.

    Depuis la Divine Nasse d’Âmes, sort une nouvelle entité
    Soufflée dans un nouveau fœtus auquel elle devra s’assortir ;
    Soit un beau mâle ou une dame, selon un plan commandité
    Qui devra faire preuve d’astuce pour réussir à s’en sortir.

    Après la mort, on récupère le fil de l’âme impressionnée
    Que l’on remet numéroté dans la Divine Nasse d’Âmes
    Laquelle d’après ces repères l’aura alors sélectionnée
    Pour recommencer à trotter parmi les milliards de quidams.

    Soit l’expérience réussit, soit elle échoue et on la jette ;
    Il paraît qu’il s’en est produit des instances incommensurables.
    C’est pourquoi avec minutie préservons notre âme sujette
    À obtenir le sauf-conduit vers un destin inespérable.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La vie, la mort et tout le reste…

    La vie, la mort et tout le reste, ça fait beaucoup pour un seul homme ;
    Pour une femme, c’est différent, ça fait de la conversation.
    Cela dit, ce serait plus digeste si les deux sexes en binôme
    Se partageaient au demeurant sans faire de tergiversation.

    La mort serait une femme noire, obscure, chaude, impénétrable ;
    Le corps resterait masculin car il s’agit de ma personne ;
    Le cœur, féminin c’est notoire, battrait pour des causes admirables ;
    L’esprit serait bien plus malin s’il n’était une fille-garçonne.

    Tout devient plus simple à présent pour avant et après la vie :
    Avant, c’est une jolie prêtresse qui m’offrait le sens de l’humour ;
    Puis à partir de mes treize ans, les femmes m’ont l’âme ravie ;
    Enfin ma dernière maîtresse m’emportera mourir d’amour.

    Tableaux de Nadia Waheed sur http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18http:nadiawaheed.com2023627n4cfe7dcab2d8w5o31e72aeooz7c18 .

  • La fille de Noé

    Non, ce n’est pas Arsinoé, Parsiphaé ou Salomé
    Mais bien la fille de Noé dont on connaît la renommée.
    Mais on ne sait rien de son nom – sans doute une erreur de genèse –
    Qui aurait eu peur du renom de celle qui en prenait à son aise.

    À son aise avec les mélanges, métissages et hybridation
    Au point que papa se dérange pour avoir une explication :
    « Ces chienpanzés, ces lapintades, ces serpaons et femmes-poissons,
    Il est temps que ces incartades cessent et toutes ces contrefaçons ! »

    Ainsi parla le patriarche contre la folie de sa fille
    Qui a failli créer dans l’arche des chimères de pacotille.
    Toutefois elle put, sereine, relâcher quelques spécimens
    Notamment une jolie sirène qu’elle aurait nommée Célimène.

    Tableaux de Patricia Traub.

  • L’automne pudique

    L’automne pudique

    Cette année, l’automne pudique se montrera plutôt timide
    Derrière des voiles de pluies et des grands rideaux de brouillard.
    Sortez vos plus chaudes tuniques contre les matinées humides
    Et ouvrez grand vos parapluies sous les nuages vasouillards.

    Promenez-vous donc dans mes bois et observez Mère-Nature ;
    Bien sûr, elle se montre nue mais un voile prude sur les fesses.
    Les feuilles se cachent dans les sous-bois ; la rouille, pas assez mature,
    Semble être mise en retenue derrière la brume qui s’affaisse.

    Lorsqu’on pense qu’il va pleuvoir, où sont passées les hirondelles
    Qui devaient chasser – quels insectes ! – sur l’eau dormante des marais ?
    Tout n’est que fin de recevoir car l’automne – peu sûre d’elle –
    Affiche un moral qui affecte tout ce qui devrait démarrer.

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  • Le dernier train en gare Saint-Charles

    Image galerie

    Pour mon tout dernier train de rêve, je prendrai le Paradis-Express !
    Avec ses chimères loufoques et ses sirènes imaginaires.
    Après une recherche brève, bien qu’il n’y ait vraiment rien qui presse,
    Je prendrai un air équivoque sur la route extraordinaire.

    Le dernier train qu’a pris Noé, je m’en souviens parce que sa fille
    Menait les animaux par couple dans les wagons à gros rivets.
    Elle avait mis des canoës à disposition des familles
    Au cas où des règles plus souples le permettraient à l’arrivée.

    Le dernier voyage aux enfers était tout sauf un convoi triste ;
    Les filles s’habillaient léger et riaient avec les garçons.
    Ils n’avaient pas l’air de s’en faire, entre autres détails rigoristes,
    Sous la chaleur, pour galéjer, des contrôleurs en caleçon !

    La dernière fois, c’était avant que l’an deux mille nous accable ;
    Les tickets étaient en papier que l’on achetait au guichet.
    Les trains de nuits partaient bravant les distances incommensurables ;
    Au matin, on s’posait bon pied bon œil vers le but aguiché.

    Sérigraphie de Jean-Claude Forest.

  • Expressions corporelles

    Finalement le tatouage, c’est de le dire avec la peau ;
    Avouer ses appartenances, avouer ses plus noirs desseins.
    Mais lorsque la peau prend de l’âge et se ride comme un crapaud,
    Le tatoo change de nuance ; on ne comprend plus le dessin.

    Quand tout le corps est tatoué, faire l’amour prend plus de temps
    Car les caresses suivent les lignes en maintes lectures ultérieures.
    On se surprend à s’avouer, car on n’est plus un débutant,
    Que l’on préfère celles qui soulignent et confirment un beau postérieur.

    Lorsqu’un espace est laissé libre, syndrome de la page blanche,
    C’est qu’on cherche encore et encore un épisode de la vie
    Qui stabilise son équilibre ou rebondit en avalanche
    Et racontera sur le corps ses expériences inassouvies.

    Tableaux de Charlie Terrell.

  • L’élixir d’extase

    Ah, que j’aimerais distiller le goût de l’amour en extase
    Et augmenter à chaque fois son degré d’alcool érotique !
    Auprès les hommes en instiller le moût juste avant l’épectase
    Et pour les femmes quand leurs voix deviennent des plus hystériques.

    Sur une échelle de un à dix des degrés les plus stupéfiants,
    Ma liqueur d’amour titrerait sans doute à onze et même douze.
    Un autre des meilleurs indices serait d’être lubrifiant
    Une fois qu’on l’infiltrerait au beau milieu d’une partouze.

    Je mettrais l’élixir d’amour disponible à toutes les bourses
    Et, qui plus est, obligatoire pour éviter la débandade.
    Et quand j’y pense avec humour, si je remontais à la source,
    Je suis sûr que Dieu, c’est notoire, a dû s’en prendre une rasade.

    Je n’exige ni le prix Nobel, ni aucune autre récompense,
    Ni d’être un nouvel antéchrist à l’extatique quintessence.
    Faites-en un éco-label et durable afin qu’il compense,
    D’une révolution intégriste, le péché de la connaissance

    Tableaux de Ivana Besevic sur https:www.kaifineart.comivanabesevic .

  • La quatrième Parque

    La quatrième Parque

    Celle qui file l’existence de toute notre planisphère
    Serait la quatrième Parque omise dans la mythologie
    Qui ne dit pas que sa substance est répandue dans l’atmosphère
    Qui retombe et puis se remarque sauf en météorologie.

    Car son fil rouge se déroule par l’eau de pluie qui tombe à verse,
    Qui fait déborder les ruisseaux et les rivières souterraines,
    Entraîne les pierres qui roulent dans les rigoles de traverse
    Qui abreuvent les arbrisseaux et la nature souveraine.

    Et cette année, c’est justement l’occasion extraordinaire
    Où la quatrième du nom par toutes ses eaux nous inonde.
    Et tous ces grands événements ne sont que les préliminaires
    D’une apocalypse canon qui va sonner la fin du monde.

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  • La transmutation – 2

    La transmutation - 2

    Une fois transformé en femme, je regardai ces demeurés :
    Sainte-Pierrette – car c’était elle – accompagnée du Saint-Esprit.
    Au début je pensais infâme qu’un ange puisse me leurrer
    Mais quand je vis la clientèle du Paradis, j’ai tout compris.

    « – Seulement des femmes au Paradis ? Pourquoi ce réajustement ?
    – Tu es seulement en transit avant de retourner sur Terre !
    – Je n’en ferai pas une maladie mais pourquoi en femme justement ?
    – Ainsi pas le moindre parasite et rien que des célibataires ! »

    Toujours aussi impénétrables, les voies du Seigneur-Tout-Puissant !
    C’est vrai que pour porter la robe blanche une femme, c’est bien plus seyant !
    Ainsi je rejoignis les anges qui trouvaient cela jouissant
    Que je sois une femme probe… plutôt qu’un homme malveillant †.

    (Tableau de Thomas Bérard ;
    † j’ai bien précisé qu’il s’agissait d’un rêve idiot.)

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  • Les trois Parque de mes nuits

    La nuit quand l’âme se connecte au réseau des dieux angéliques,
    Je demande aux opératrices de retransmettre mon appel
    À mes ancêtres qui se délectent des aventures machiavéliques
    De la planète génératrice des coups de gueules et de scalpels.

    Souvent la nuit ce sont les Parques qui s’occupent des coups de fils
    Après avoir tissé, coupé, raccommodé, noué, tranché
    Le filin qui mène ma barque vers sa destinée qui défile
    Quand je ne dois pas écoper le trop plein d’eau à étancher.

    Allo ! Ne coupez pas, allo… Ça y est ! Plus de tonalité !
    Encore une conversation coupée sans le moindre remord.
    Les Parque font des méli-mélo qui donnent des pénalités
    Par maintes tergiversations entre les vivants et les morts.

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  • La transmutation – 1

    Encore un rêve vraiment débile, suite à ces élucubrations
    Que je parcours à la radio et que j’entends dans le journal ;
    Je me suis retrouvé immobile en train de faire mes ablutions
    Tout habillé comme un idiot pour un baptême nocturnal.

    Je sais que c’était un baptême car un ange m’a tendu la main
    Et m’a invité à le suivre et vivre une nouvelle vie.
    Ne voyant aucun chrysanthème, j’optai pour prendre le chemin
    Dans lequel je pourrais poursuivre mon existence et son suivi.

    Et je fus transmuté en femme avec tout son équipement.
    « Hé là ! Je ne suis pas d’accord ! » m’écriai-je inopinément.
    « Pourquoi ? Trouves-tu cela infâme ? » me répondit-il vivement ;
    « Non, finalement, mais c’est mon corps qui me trouble opportunément ! »

    Tableaux de Thomas Bérard.

  • Baiser rosé à Paris

    Baiser rosé à Paris

    Baiser volé, baiser rosé, cueilli là à même tes lèvres
    Une nuit où je voyageais en projetant mon égrégore.
    Baiser hardi, baiser osé, audacieusement avec fièvre
    Goûté tandis que je nageais pour que mon âme se revigore.

    J’ai longtemps pris cette habitude de suivre les routes du cœur ;
    Parcourir la carte du tendre à bord d’un véhicule astral.
    Hors du temps et sa platitude, hors de l’espace alambiqueur
    Qui m’empêchent de voir et entendre un coup de foudre magistral.

    C’est sur ce balcon parisien que j’ai trouvé mon âme-sœur
    Qui, attirée par ma présence, a ouvert la porte-fenêtre,
    Cherchant un prince vénusien qui lui apporte quelques douceurs
    Comme un baiser de complaisance porteur d’une aventure à naître.

    Tableau de Marco Barberio.

  • Ma semaine etc.

    Ma semaine etc.

    Lundi, je m’envole ;
    Mardi, je survole ;
    Mercredi, je prends l’autocar.
    Jeudi, l’escalier ;
    Vendredi, faut rallier
    Samedi à minuit moins l’quart.

    Lundi, recommence ;
    Mardi, ça avance ;
    Mercredi, on me tire l’oreille.
    Jeudi, j’en ai marre ;
    Vendredi, je me marre ;
    Samedi, c’est toujours pareil.

    Lundi, c’est la chute ;
    Mardi, la rechute ;
    Mercredi, sept mois en enfer.
    Jeudi, ça remonte ;
    Vendredi, je surmonte ;
    Samedi, une santé de fer.

    Lundi, c’est l’éveil ;
    Mardi, je m’réveille ;
    Mercredi, j’ouvre le couvercle.
    Jeudi, en avance ;
    Vendredi, quelle chance ;
    Samedi, j’ai quitté le cercle.

    Lundi, par bravade ;
    Mardi, je m’évade ;
    Mercredi, vers d’autres pays ;
    Jeudi, les montagnes ;
    Vendredi, je bats la campagne ;
    Samedi, je suis ébahi.

    Lundi, c’est dimanche ;
    Mardi, c’est dimanche ;
    Mercredi, c’est toujours dimanche.
    Jeudi, c’est dimanche ;
    Vendredi c’est dimanche ;
    Samedi, c’est toujours dimanche.

    Illustration d’Olga Siemaszko.

  • Coiffures lumineuses

    Les créateurs pourraient aller ailleurs, sans tambour ni trompette,
    Se rhabiller quand sonne l’heure des vrais changements de saison.
    Car on s’sait qui s’est installé, tranquille aux commandes des tempêtes,
    Pour relâcher autant de leurres dans la nature sans raison.

    La nuit tous les cheveux sont gris que les songes mettent en couleurs
    Avec des fleurs d’intensité variable selon les rêves.
    Parfois si le temps s’est aigri, ils laissent place aux cauchemars
    Avec des peurs d’immensité fort heureusement assez brève.

    Vers minuit sous la pleine Lune, les racines se développent
    Créant une miscellanée de flammèche et mèches emmêlées.
    Et si la nuit est opportune, de petits reflets interlopes
    En feux follets instantanés brilleront d’un ciel constellé.

    Déesse sage, Dame Minerve, reste maîtresse de nos tresses,
    En aval des queues de cheval et en amont des beaux chignons.
    Que le cuir chevelu s’innerve, les cheveux soient moins en détresse
    Et que le culte minerval nous fasse paraître plus mignons.

    Tableaux de Hayk Shalunts.

  • Coiffures de saison

    L’hiver est doux comme un printemps qui retient encore ses flocons,
    Les perce-neiges ne savent plus s’il faut percer ou s’ignorer
    Et les coiffures en font autant en retombant sur les balcons
    Des poitrines qui ont tant plu que les saints les ont honorés.

    Le printemps cuit comme un été qui rôtit sous la canicule,
    Les coquelicots hésitent encore à s’ouvrir ou se refermer
    Et les coiffures viennent téter l’humidité qui s’accumule
    Entre les replis sur le corps gorgés de sueur renfermée.

    L’été pluvieux comme un automne qui se mélange les couleurs,
    Les feuilles se tâtent pour tomber ou pour rester sous les feuillages
    Et les coiffures monotones frisent sous l’effet d’enrouleurs
    Tout autour des mèches bombées par cet humide maquillage.

    L’automne est froid comme un hiver qui s’annonce un peu trop précoce,
    Les champignons sous leurs bonnets de nuit ensemble se regardent,
    Cheveux, chignons les plus divers, tresses et nattes se cabossent
    Et les coiffeurs sont abonnés à une mode d’avant-garde.

    Tableaux de Hayk Shalunts.

  • Le songe d’une nuit d’automne

    Le songe d’une nuit d’automne

    Cette année, l’automne est perplexe ; l’été n’a même pas résisté.
    D’habitude il revendiquait son été indien dévolu.
    Il s’en est allé sans complexe, sans même essayer d’insister
    Ni faire un geste qui indiquait que son temps était révolu.

    L’automne ayant toute la nuit, elle prépare le terrain.
    Elle rêve, songe et imagine comment rattraper le marasme
    Car elle a vu ce qui l’ennuie : L’été qui était son parrain
    S’est même montré misogyne envers Gaïa avec sarcasme.

    En ce qui concerne les troupes, pluies et tempêtes sont au top
    Mais le Soleil très affaibli et la Lune en monochromie.
    Il va falloir faire des groupes pour conserver au biotope
    Ce qui était préétabli mais qui lui semble compromis.

    Tableau d’Armelle Colombier sur https:www.artmajeur.comarmellecolombierfr?view=grid&epik=dj0yJnU9NXlURWVjLTlDNWpqNDVUY3J5RFRVUjVQWHRoX09keFgmcD0wJm49Zk5mdklMRHBnYzZvZzdpeVIwLVhVdyZ0PUFBQUFBR2JqNzQ4 .

  • La passation de pouvoir

    La passation de pouvoir

    Bien que personne ne l’ait élue, l’automne va prendre le pouvoir ;
    L’été dissout son ministère de la chaleur pour une année.
    Quand tu seras partie, salue le printemps qu’on n’a pas su voir
    Et dont l’effet reste un mystère dont il ne s’est pas pavané !

    Pour le costume de fonction, pas de changement à prévoir ;
    Si l’été s’habillait de gris, l’automne suit la tradition.
    Lorsque se fera la jonction, sans doute qu’on verra pleuvoir
    Tous ceux qui regrettent, aigris, cette saison de transition.

    De transition car c’est un fait, l’été était un imposteur ;
    Une saison parachutée par des dieux fourbes et méchants.
    La décision a pris effet dès qu’on a mis au composteur
    Les semences crapahutées qui se sont pourries dans les champs.

    Tableau de Daria Endresen sur https:scene360.comart102404daria-endresen .

  • L’esprit en escalier

    Toute la vie que l’œil perçoit descend l’escalier des mémoires
    Et en remontent des problèmes non résolus dans chaque rêve.
    L’ennui auquel le cœur sursoit et qu’il enferme dans ses armoires
    Revient la nuit dans l’âme blême qui s’y replongera sans trêve.

    La tour de la moelle épinière s’apparente à la vis sans fin
    Qui pousse les coups de pieds reçus vers l’esprit qui tarde à apprendre.
    Les maux dans cette pépinière progresseront jusqu’aux confins
    Tant que je n’aurai le dessus sur ce qui est dur à comprendre.

    Quand je montais chez mon psychiatre l’escalier en colimaçon,
    J’avais cette vue imprimée d’un développement encenseur.
    Malgré mes obstacles opiniâtres qui finissent en queue de poisson,
    Je laisse mon cœur s’exprimer en utilisant l’ascenseur.

    Photos de Sergio Feldmann.

  • Réécrivons l’histoire

    Les soviétiques nous ont montré comment réécrire l’histoire,
    Comment effacer d’un cliché un personnage indésirable.
    Dans les romans sont démontrées les mêmes idées rédhibitoires
    Envers la mémoire affichée dans les ouvrages vulnérables.

    Après les années quatre-vingt-dix, ils sont nés avec internet
    Et n’ont pas besoin qu’on les aide avec notre vieux vingtième siècle.
    D’une étude plus approfondie sur les échos de la planète,
    Il ressort que la Génération Z n’obéit qu’aux nouvelles règles.

    On a révisé les programmes scolaires ainsi que les niveaux ;
    On change les valeurs morales pour des valeurs économiques.
    La vie devient un psychodrame mais comme on formate les cerveaux,
    L’ancienne humanité orale tombe dans le puits technologique.

    Collages de Toon Joosen sur www.theinspirationgrid.comamusing-collages-by-toon-joosen .

  • La chambre noire de lumière

    La chambre noire de lumière

    De retour dans sa chambre obscure éclairée par ses souvenirs,
    Vincent projetait les images qu’il avait perçues aujourd’hui.
    De gloire, il n’en avait cure car il savait qu’à l’avenir
    Le monde lui rendrait hommage sur tout ce qu’il avait produit.

    En attendant jusqu’à sa mort, il baguenaude en solitaire,
    Semant ses graines impressionnistes dans ses champs de blés encadrés.
    Il agit comme un matamore parcourant autour de la Terre
    La nature exhibitionniste aux couleurs qu’elle a engendrées.

    Il n’est pas mort, il dort derrière ses champs de tournesols dorés ;
    Il ne dort pas, il veille encore sur les étoiles en dévotion ;
    Il est reparti en arrière dans les ruelles décorées
    Trouver le ton qui édulcore la couleur de ses émotions.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’amertume impressionnante

    L’amertume impressionnante

    Trois soleils d’or illuminaient le crépuscule impressionniste
    Car Vincent ne voyait pas trois mais quatre, cinq et six dimensions.
    Quant aux couleurs qui dominaient, elles étaient opportunistes
    Pour passer par le filtre étroit dont son cœur a la prétention.

    Prétention de voir au-delà du paysage instantané
    Et de percevoir à travers le rideau de réalité.
    Orgueil d’entendre a capella le chœur d’étoiles spontané
    Qui chante le monde à l’envers dans toute sa sensualité.

    Du corps resté sur le ponton, du cœur voguant à l’horizon,
    De l’âme au-delà de la mer, il a l’esprit de ses treize ans.
    La bouche pleine de plancton, l’œil évadé de sa prison
    Et le nez dans le vent amer, il goûte le moment présent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Numériquement femme

    « J’en ai rêvé, Sony l’a fait » disait une publicité
    Promettant de réaliser l’un de nos rêves les plus chers.
    Mais ils étaient trop imparfaits car n’étant que duplicité
    De jouets idéalisés manquant de substance et de chair.

    Depuis je rêve de robots, d’intelligence artificielle,
    De partenaire programmée au code du Kâmasûtra.
    Prévert disait que « c’est trop beau pour être vrai » mais grâce au ciel
    « L’amour sentira le cramé » ainsi parlait Zarathoustra. †

    Quand viendra la femme numérique, son premier geste spontané
    Sera de virer la version obsolète et la remplacer
    Par celle d’un mâle générique remplaçable et instantané
    Qu’on range à la moindre aversion pour une remarque déplacée

    † Contrairement aux 2 premières citations, je ne suis pas sûr de la 3ème mais cela m’arrangerait bien.

  • Peau de café

    À la fois chaude et envoûtante, j’aime tant l’odeur de sa peau
    Que j’en abuse dans son lit à m’en électriser les nerfs.
    Tellement rare et déroutante que j’en perds même le repos
    À trop humer à la folie son arôme extraordinaire.

    À la fois douce, sucrée, amère, j’aime tant goûter sa saveur
    Que je m’enivre de son corps jusqu’à l’overdose des sens.
    Un préliminaire éphémère suffit à briguer ses faveurs
    Qui m’accordent encore et encor un orgasme de toute puissance.

    À la fois visuelle et tactile, j’aime toucher avec les yeux
    La robe brune de sa chair et l’observer avec mes doigts.
    Protubérance rétractile et orifices délicieux
    Exauce mon vœu le plus cher de la chérir comme il se doit.

    Tableaux de Wendy Artin.

  • Miss Météo, la vierge sage

    Miss Météo, la vierge sage

    Elle a pris son parapluie rouge… Miss Météo deviendrait sage ?
    Sans doute a-t-elle assez pleuré hiver, printemps et tout l’été ?
    Lorsque, à ce point, les choses bougent, c’est sans doute un mauvais présage
    Qui annonce, faut pas se leurrer, des catastrophes répétées.

    Ou alors, soyons optimiste, si Miss Météo se découvre
    Profitons-en pour admirer ses jolies jambes et la flatter.
    Ou encore, soyons pessimistes, si nous voyons qu’elle se recouvre
    Hommes et femmes, vous frémirez quand sa colère va éclater.

    Je propose que le Président l’invite un jour à l’Élysée
    Et la nomme au gouvernement ministre du temps adéquat,
    Avec permis de résident permanent et fidélisé.
    Le temps n’sera pas plus clément mais au moins on saura pourquoi.

    Tableaux de Paul Kelley.

  • Chaude lapine et Fauve Loup – 2

    Quel avenir après l’amour que toutes traditions séparent ?
    On ne peut plus rentrer chez soi car rien ne sera comme avant !
    Les belles familles en désamour face au mal que rien ne répare
    N’auront jamais, quoi qu’il en soit, de regard comme auparavant.

    Même les étoiles dans le ciel ne donnent de bonne réponse ;
    L’astrologie et la voyance n’offrent que de vaines objections.
    Le libre arbitre reste essentiel ; soit on choisit, soit on renonce,
    Mais il faut bâtir sa confiance et suivre ses propres projections.

    On ne voit pas toujours le lien qui unit à jamais deux cœurs ;
    Cette cinquième dimension qui replie l’espace et le temps.
    La force de cet hyperlien, au-delà de toute rancœur,
    Résiste à toutes les tensions par son pouvoir omnipotent.

    Illustration de Chiara Bautista sur https:beautifulbizarre.net20140623chiara-bautista-love-sings-paper-interview .

  • Miss Météo, la vierge folle

    Ce dernier hiver, déjà folle ; au printemps sa folie fleurit,
    Cet été, c’est du gros délire… J’appréhende à peine l’automne…
    Miss Météo, je crois, raffole de tempêtes et de temps pourris
    Et je suis d’accord pour l’élire Manneken-Pis. Ça vous étonne ?

    Sans cesse entre deux mauvais temps, jamais Miss Météo n’oublie
    D’ouvrir son parapluie en grand et le refermer s’il fait beau.
    Mais si le ciel paraît végétant c’est qu’elle est un peu affaiblie
    Ou bien qu’elle a, détail flagrant, les deux pieds dans le même sabot.

    Combien de temps va donc régner Miss Météo, la vierge folle ?
    C’est à notre planète de répondre mais vu comment on l’a traitée,
    On va devoir se résigner à voir son cul qui batifole
    Sur les nuages en train de pondre la prochaine averse apprêtée.

    Tableaux de Paul Kelley.

  • Chaude lapine et Fauve Loup – 1

    Loup affamé n’a pas d’oreille sauf s’il est en manque d’amour ;
    Chaude Lapine n’a de raison que pour attirer son vainqueur.
    Rencontre à nulle autre pareille n’aurait jamais manqué d’humour
    Si un coup sans comparaison n’avait foudroyé leurs deux cœurs.

    À première vue, Chaude Lapine devrait bien sûr craindre le loup
    Mais un air de « Belle et la Bête » planait sous le ciel étoilé.
    Comme une rose sans épine d’une Juliette aux pieds jaloux,
    Elle s’est élancée à tue-tête vers son Roméo dévoilé.

    La bête fauve était avide de nourrir sa concupiscence ;
    Chaude Lapine était féconde et, d’une lascive caracole,
    S’offrît à lui, tout impavide devant sa farouche puissance
    Et vit passer en une seconde sa descendance cunicole.

    Illustrations de Chiara Bautista sur https:beautifulbizarre.net20140623chiara-bautista-love-sings-paper-interview .