Catégorie : Poésie du dimanche

  • Du cœur des étoiles – 1

    Étrangement il est un monde où la lumière fait frontière ;
    On y vit dans l’immatériel, on y meurt afin de renaître.
    Là-bas les dieux tissent des ondes de prototypes de matière
    Pour un destin caractériel où nous allons nous reconnaître :

    Aussitôt atteint les confins, naît la substance dans un éclair
    Qui fabrique étoiles et planètes dont quelques-unes seront fécondes
    Et réitèreront sans fin à l’aide du feu et de l’air
    Mêlés à la terre jeunette la proto-mère rubiconde.

    Quelques millions d’années encore pour sculpter les formes de vie
    Après de multiples expériences dans une biosphère amène
    Où se creusent au pied des accores d’une mer fertile et ravie
    Des enfants dont la variance procréera la nature humaine.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

  • À la création

    Nous tous, les créateurs aux quatre coins du globe,
    Agissons en secret dans les mondes invisibles.
    Toutes nos inspirations que l’univers englobe
    Nous nous les partageons en source indivisible.

    Par l’onde musicale et la danse du corps,
    Par l’art de la peinture, celui de la sculpture,
    Par la littérature, le théâtre et encore
    Du cinématographe à toutes les cultures,

    Les artistes transmettent leur levain dans la pâte
    Dont se nourrit la Terre qui enfante les hommes †
    Et la pâte se lève d’une âme télépathe
    Qui diffuse l’amour au sein des chromosomes.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak
    † et les femmes aussi bien sûr.

  • À la porte des étoiles

    Au-delà du réel de l’univers physique,
    Je sème mes pensées à tous vents dans l’éther,
    Une autre dimension de la métaphysique
    Que les scientifiques jugent si délétère.

    Comme des pissenlits dispersés dans le vent,
    Mes idées vont germer sans que j’en sois le père.
    Elles suivent un courant qui va les soulevant
    Pour les émanciper en des âmes prospères.

    Ainsi je crée des mondes dans mes petits poèmes
    Que je confie au flot des réseaux sur la toile.
    Ils deviennent autonomes et vivent de bohème,
    Puis un jour rejoindront le peuple des étoiles.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

  • De la création

    De la Lune croissant, j’ai appris plein de choses
    Et j’ai su écouter la Nature initiée ;
    Une artiste qui crée par les métamorphoses
    Des phases de la Lune au halo nourricier.

    D’un tourbillon d’étoiles ceint dans la Voie Lactée,
    Surgit le nouveau signe de la vie qui se crée.
    Dans un nuage d’anges qui vont se contracter
    Pour donner la naissance à l’animal sacré.

    La Nature et la vie ne font qu’un seul ensemble
    Comme l’homme et le temps, l’espace et la matière.
    Et si mon cœur d’étoile à l’univers ressemble
    C’est que j’en suis partie et de toutes frontières.

    Alors j’ai demandé d’agrandir ma vision,
    De m’ouvrir au secret des autres dimensions.
    J’ai vu de la Nature toutes ses divisions
    Et l’immense pouvoir sacré de l’intention.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

  • De la porte des étoiles

    Je sondais la forêt, marchant entre les arbres
    D’une allés qui semblait mener vers l’infini.
    Les parterres de feuilles semblaient pavés de marbre
    Déposés par l’automne d’un ordre indéfini.

    J’ai vu à l’horizon percer le croisement
    Qui s’étendait du ciel à la terre et la haie.
    J’ai compris que le rôle de ce reboisement
    Était de me montrer la porte des souhaits.

    Le temps et la matière à l’homme sont des leurres
    La Nature et la Terre en tissent maintes toiles.
    Mais j’ai vu la lumière qui brillait tout à l’heure
    Et l’espace s’est ouvert sur un chemin d’étoiles.

    Et j’ai pu voyager mais sans déplacement
    Car j’ai vu replier dans cet espace-temps
    L’infiniment petit et son accroissement
    Vers l’infiniment grand de mon cœur haletant.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https://arts.center/uk/OlegShupliak .

  • Bateaux volent !


    Quand je vois des bateaux volants évoluer sur l’horizon,
    Je m’imagine aux antipodes où terres et mer sont à l’envers
    Avec navires décollant de n’importe quand, sans raison,
    Avec des rames telles pseudopodes pour brasser de l’air à revers.

    Ces pays, où le sud est froid et le nord porteur de soleil,
    Qui ressemblent à des mappemondes aux cartes en déclinaison ;
    Des îles sous le vent de l’effroi qu’un vol de migrateurs balaye
    Quand ils s’envolent autour du monde lors des changements de saison.

    Photo de Gloria Illescas.

  • Les droits des animaux

    Une fois la dette remboursée aux colonies qui concoururent
    À l’essor de l’économie des capitaux fondamentaux,
    On verra les humains coursés par les animaux à fourrure
    Qui lorgnent sur la bonhommie des mémères aux jolis manteaux.

    Les bœufs réclameront leur dû, les vaches et les cochons leur cuir,
    Les moutons pleureront leur laine au rayon d’alimentation.
    À chaque espèce sera rendu tout ce qui pourrait nous en cuire
    Si nous résistions hors d’haleine à leurs justes revendications.

    Je rends son aiguille à mon chat, je rends son fusil à mon chien,
    Je rends l’arçon à mon cheval, je rends ses œufs d’or à ma poule.
    Je renonce à tous mes achats de viande et schnitzel autrichien
    Et pour l’océan j’ai l’aval des poulpes, des huîtres et des moules.

    Illustration de Peter de Seve sur https://tanjand.livejournal.com/108193.html#comments .

  • À la mode des gens bizarres de chez nous

    Sculpturale sera la mode ou bien celle-ci nous méprendra !
    Les couturiers toujours bizarres se sont encore surpassés.
    Si la couleur vous incommode, le noir et blanc vous surprendra
    Avec des fleurs et tout le bazar que l’on puisse ou non repasser.

    Juste un collant – fallait oser – un chemisier décolleté
    Et vous voilà reine d’un soir avec le succès garanti.
    On pourrait même supposer que les fleurs vont virevolter
    Lorsque vous voudrez vous asseoir avec le plus beau ressenti.

    Seins nus soulignés de peinture et fleurs de récupération
    Sur un jean noir indémodable bien ajusté au gabarit ;
    Pas de bretelles ni de ceinture, le tout tient par l’opération
    Du Saint-Esprit accomodable avec tous les seins de Marie.

    (Sculptures de Willy Verginer sur https://beautifulbizarre.net/2014/03/31/willy-verginer-finest-flower-sculpture/ .)

  • Le baptême des sirènes

    Baptisées d’eau, les jeunes filles sélectionnées et initiées
    Connaissent le moment crucial de mourir et quitter l’air libre.
    Exorbités comme des billes, les yeux peuvent à peine balbutier
    L’horreur dans l’élément glacial qui leur fait perdre l’équilibre.

    Vient le moment de se noyer et s’inonder à pleins poumons
    D’eau qui transforme les alvéoles qui mutent en branchies salvatrices.
    Cessons de nous apitoyer sur les filles devenues démons
    Et admirons leurs malléoles † devenir queue adaptatrice.

    Les voilà qui ouvrent les yeux sur leurs nouvelles identités.
    Les voici consacrées sirènes que la grâce de Neptune inspire.
    Prônons ce moment merveilleux et acceptons l’immensité
    Du passage des filles sereines pour le meilleur et pour le pire.

    Déjà les poissons font la cour à leurs nouvelles souveraines ;
    Les hippocampes les vénèrent comme maîtresses cavalières.
    Les pieuvres offrent en secours tous leurs tentacules à leurs reines
    Pour le titre de congénères de la milice animalière.

    Fonds d’écrans d’iPhone ; attention une sirène est cachée dedans !
    † Les malléoles sont les chevilles.

  • L’IA… trop robot pour être vrai !

    Plutôt qu’apporter des lilas, il s’était procuré des roses ;
    Des roses jaunes en bouquet pour attendrir sa Madeleine
    Ou pour séduire sa Dalila ; il s’était ceint de primeroses
    Couronnant d’un toupet coquet sa grosse tête pourtant vilaine.

    L’intelligence artificielle, douée pour les alternatives
    Et les options les plus complexes, reste nulle aux jeux de l’amour.
    Si la femme est superficielle aux yeux de sa mémoire vive,
    Elle cogitera longtemps perplexe contre sa logique glamour.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La rose directrice de Valentine


    Rose des vents pour la marine, rose devant pour Valentine,
    La rose aime se conjuguer selon l’emploi que l’on en fait.
    Juste posée sur la poitrine aidera l’allure enfantine
    À avancer et subjuguer ses admirateurs stupéfaits.

    Du moment que le rouge est mis, on pourra le humer des yeux,
    Goûter sa couleur de la bouche et l’observer par les oreilles.
    Le cap décisif est émis par ses pétales délicieux
    Dont la douce saveur fait mouche semblable à nulle autre pareille.

    Photos de Katya Brook sur https://www.filmconstruction.com/katya-brook-fine-art .

  • Transports amoureux

    Au début, l’amour à vau-l’eau se montre assez imprévisible
    Car pour séduire il faut ouvrir la porte aux nouvelles surprises.
    L’amour pédale sur son vélo avec la grâce assez risible
    De la danseuse qui va souffrir dans les montées et les reprises.

    Et puis l’amour se motorise lorsqu’il a appris le chemin
    Par cœur de la carte du tendre qu’il doit parcourir chaque jour.
    Et si le couple lui autorise, aussitôt en un tournemain,
    Il met la gomme sans attendre, à fond la caisse, avec bravoure.

    Enfin, les quatre roues motrices déploient l’amour et le dépannent
    Pour transporter la maisonnée lorsqu’elle s’évade en vacances.
    Si conducteurs et conductrices font souvent le coup de la panne,
    Il leur faudra arraisonner tout un convoi en conséquence.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les clefs de la Saint-Valentin

    Saint-Valentin, grand serrurier, sait déverrouiller les problèmes ;
    En tant que maître-cœurdonnier, il connaît toutes les ficelles.
    Cœur intrépide, aventurier, il sait résoudre les dilemmes
    De tous les troubles garçonniers aux retenues des demoiselles.

    Bien sûr, les garçons ont la clef mais ignorent le mécanisme
    De la serrure féminine et toutes ses prolongations.
    Un rossignol peut tout bâcler, en outre induire traumatismes
    Qui grippent, rouillent et éliminent tout acte de fornication.

    Bien sûr, les filles ont la serrure et tout le schéma intérieur
    Mais jugent trop partialement la taille de la clef convenable.
    Saint-Val’, lui, connaît les ferrures de tout calibre supérieur
    Et les clefs idéalement de qualité incontournable.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le renard en automne

    Le renard roux durant l’automne nourrit sa nature gloutonne ;
    Mais les corbeaux s’en vont flâner et prennent tout c’qu’il y a à glaner.
    Or lui souvent rentre bredouille de cette uniformité rouille
    Tandis que les oiseaux criards montrent un engouement égrillard.

    Maître Renard en addiction à la fable et aux traditions
    En cherche un, un peu plus benêt que les autres, un petit jeunet.
    Dès qu’il l’avise sur sa branche, compère en a les coudées franches
    Et de sa bouche en cul de poule montre qu’il en a dans la ciboule.

    Mais l’oiseau n’était pas tombé de la dernière pluie plombée ;
    Après avoir atteint le pompon, l’eau avait coulé sous les ponts.
    De bec à oreille de corbeau, ils ont tous repris le flambeau
    Et la leçon pour le rusé vaut qu’ son stratagème est usé.

    Tableau d’Iris Scott sur https://www.thisiscolossal.com/2013/05/oil-finger-paintings-by-iris-scott/ .

  • Adieu janvier, bonjour février

    Janvier est passé tellement vite qu’on est déjà en février
    Avant d’avoir réalisé qu’on a franchi la fin du mois.
    Le temps décolle, le temps lévite, et, d’une manière enfiévrée,
    Il sera réactualisé avec le nouvel an chinois.

    Chacun voit midi à sa porte sur l’ensemble de la planète
    Mais aux deux pôles, rien ne va plus, six mois de jour, six mois de nuit.
    Si chaque matin nous apporte une nouvelle journée nette
    Elle est bien trop vite conclue ; c’est déjà le soir, je m’ennuie.

    Passer le temps, tuer le temps, meubler le temps, ça prend du temps
    Et vingt-quatre heures n’ont pas suffi pour faire tout ce que je voulais.
    Le temps perdu n’est pas content mais il se venge en m’imputant
    Un retard qui s’intensifie et qu’hier déjà je refoulais.

    Illustration de June Leeloo sur https://havengallery.com/portfolio/june-leeloo-imaginarium .

  • Sirènes grassouillettes

    Entre vaguelettes et ondelettes, là où la surface est moirée,
    Le soleil baigne au crépuscule ses adeptes du rayon vert.
    Ainsi les sirènes rondelettes batifolent en fin de soirée
    Et n’ont pas peur du ridicule pour émerger à découvert.

    Perles noires et perles surfines, perles à l’orient le plus nacré,
    Leur rondeur rend irrésistible une attraction si séduisante
    Qu’elle agit comme une endorphine sur tout ce qui nous est sacré.
    Piège d’un charme indescriptible, chute d’amour euphorisante.

    On dit que les enfants des îles partent les affronter la nuit ;
    Ceux qui reviennent n’en parlent pas, le cœur tombé dans l’oubliette.
    Les autres ont élu domicile là où personne ne leur nuit :
    Entre les bras et les appas de leurs sirènes grassouillettes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Anges ou démons ?

    Ange ou démon que ce printemps qui vous réveille la nature,
    Qui tire la faune du sommeil et la flore en feu d’artifice ?
    Démon tant il est éreintant de subir les températures
    De cet insolite soleil dont vous sentez le bénéfice.

    Ange ou démon que cet été qui vous embrase les cultures
    Par des millions de fleurs des champs que vont butiner les abeilles ?
    Ange qui vient vous répéter, dans des vents de désinvolture,
    Floraisons et fruits aguichants qui vous rempliront les corbeilles.

    Ange ou démon que cet automne qui vous assombrit vos soirées
    Au détriment de la lumière qui meurt en fin d’après-midi ?
    Démon aux langueurs monotones dans les paysages moirés
    D’ambre jusque dans les chaumières comme une douce maladie.

    Ange ou démon que cet hiver qui vous recouvre du manteau
    De neige au froid soporifique qui arrête l’horloge terrestre ?
    Ange vengeur de l’univers aux principes fondamentaux
    Qui d’un trépas frigorifique vous met les terres sous séquestre.

    Tableaux de Karol Bak sur http://www.andegemon.com/blog/karol-bak.html .

  • Mais où vont les chats ?

    La chatte mouille mais ne coule pas ; qui plus est jamais ne se noie ;
    Parmi ses neuf vies antérieures, celle du poisson reste assumée.
    C’est pourquoi son meilleur repas sera le même que les Danois :
    Thon de qualité supérieure, harengs et sardines fumés.

    D’ailleurs Chat-rente maritime et Chat-long sur Saône en témoignent :
    Ils sont amis des maraîchers, marins d’eau douce et capitaines.
    Avec le poissonnier, intime ; bien que quelquefois il l’empoigne
    Pour le plonger effarouché dans l’eau du bassin d’Aquitaine.

    Le chat et la chatte en chaleurs s’immergent dans les jeux de l’amour
    Dans un concert de miaulements et coups de griffes en escouades.
    Les matous sont plus cavaleurs et les minettes plus glamour,
    Et l’on retient finalement que chat échaudé craint l’eau froide.

    Illustration d’Allan Brakusfor.

  • Monopoles y a – 2

    Les hommes ont cru que le progrès leur apporterait l’opulence
    Mais ils sont contraints à payer pour que les riches s’enrichissent.
    Les femmes ont cru que le travail allait enfin les libérer
    Mais elles aussi ont dû payer pour une pseudo liberté.

    Pendant ce temps grâce aux médias, « On » leur montre l’actualité
    Des pays pauvres qui ont faim et du chômage en progression.
    Pendant ce temps grâce aux églises, aux mosquées et aux synagogues
    « On » maintient un ordre mondial, chacun chez soi, Dieu pourvoira.

    Dès que l’enfant prend le chemin des institutions de l’état,
    Il est aussitôt formaté pour servir de chair à produire.
    À la maison, c’est la télé qui continue l’apprentissage
    Pour devenir gentil robot, fourmi besogneuse et soumise.

    « Nous avons créé et financé le mouvement féministe en mettant la femme au travail et en faisant croire que cela les libérerait. Cela nous a permis de taxer le travail des 2 sexes et de confisquer l’éducation des enfants pour mieux les formater ! » David Rockefeller.

    Tableau « la vérité au pouvoir » de Mear One sur https://www.buzzfeednews.com/article/dennishuynh/compelling-political-art-near-the-dnc.

  • Mais où va le chat ?

    Bien sûr, dans l’eau les minets râlent car ce n’est pas leur élément ;
    Ils préfèrent comme terrain de chasse tout un domaine à leur portée.
    Parmi la faune littorale, les chats ne sont pas tellement
    L’espèce la plus efficace que la Nature ait apportée.

    Pourtant plongez un chat dans l’eau ; il n’a pas besoin d’Archimède
    Et sa poussée scientifique pour nager instinctivement.
    Certes, il a l’air un peu ballot durant ce petit intermède
    Mais sa technique honorifique le sauve rétrospectivement.

    La queue en forme de périscope et les yeux comme deux hublots,
    Il saura ainsi s’acharner à vivre si le cas lui échoit.
    D’ailleurs le chat dans l’horoscope chinois gagne sur tous les tableaux :
    Il est la prudence incarnée et opte pour les meilleurs choix.

    Illustrations d’Allan Brakusfor.

  • Monopoles y a – 1

    L’histoire commence par le temps ; le temps qui fixe l’existence.
    D’un côté le présent actif, de l’autre le passé passif.
    Par un Big-Bang omnipotent ou une divine substance
    Qui, par un jeu interactif, créa notre univers massif.

    Ainsi Dieu, qui aurait créé le monde et l’homme à son image,
    Insidieux lui aurait permis de choisir le péché vénal.
    Pernicieux, Il a maugréé contre ce mal qui l’endommage
    D’abord par un feu affermi, puis un déluge phénoménal.

    Je ne sais plus trop aujourd’hui comment comparer notre monde
    Qui engendre guerre sur guerre pour enrichir les grands saigneurs.
    Toute la richesse qu’on produit s’accumule dans les poches immondes
    De ceux qu’on appelait naguère pachas, rois, empereurs, seigneurs.

    Je me demande à quel moment nous allons atteindre le seuil
    Qu’ont approché Loth et Noé lors de leur punition divine.
    Gageons que nos gouvernements, garants des précieux portefeuilles,
    Vont à leurs moutons dénouer pareille apocalypse ovine.

    (Tableaux de Daniel Loveday sur https://www.artfinder.com/artist/daniel-loveday?epik=dj0yJnU9QXVBOW9faWdJalhBTG5KSU9hc1lPM2Y3T05abjZkZVcmcD0wJm49QjZWYURGcjdWeERvX1FGZ2wxTGVBUSZ0PUFBQUFBR1VpV2VF .)

  • La mémoire de Dieu

    Pour Adam je n’ai eu besoin ni de modèle ni d’ébauche ;
    J’ l’ai créé à l’inspiration à partir d’un bon gabarit.
    Mais pour Ève, là j’ai pris grand soin de ne pas avoir deux mains gauches ;
    J’avais plus de motivation ; j’avais des projets pour Marie.

    J’ai bien pétri la terre glaise et modelé deux belles miches,
    Palpé, malaxé ses mamelles, bien fendu son mont de Vénus.
    Après j’ai filé à l’anglaise une fois remis la pouliche
    Afin qu’Adam et sa femelle me fassent des petits en bonus.

    Tableau de Quang Ho et Clay Sculptures.

  • La chamane de la forêt

    Initié par les trois chamanes, j’ai commencé l’enseignement
    Sur les mystères de la Terre et sur l’histoire de l’univers.
    Mais je ne suis pas mythomane et, d’après mes renseignements,
    Je devrais avant tout me taire avant d’écrire ces quelques vers…

    Mais j’ai le droit d’en révéler quelques éléments, à vrai dire ;
    En effet personne n’écoute les vraies valeurs humanitaires
    Car lire, écrire et calculer ne sert à rien sinon prédire
    Un esclavage coûte que coûte envers l’état totalitaire.

    La vérité sur l’existence ainsi que sa finalité
    Serait d’atteindre la dimension de l’amour et la compassion.
    En attendant, la résistance à cette fonctionnalité
    Fait à jamais l’appréhension d’une élite en dépravation.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com .

  • Les mémoires de Dieu

    Si créer l’homme m’a pris six jours, créer la femme fut plus long.
    En réalité, je dois dire que j’avais commencé par elle.
    Car même Dieu ne fait pas toujours ce qu’il désire ; c’est selon
    Ma résolution à prédire toute l’histoire naturelle.

    En créant les cieux et la Terre, en fait j’ai créé la première
    Essence féminine nue au cœur des étoiles conceptrices.
    Chaque accouchement élémentaire donna un ange de lumière
    Et les suivants sont devenus des âmes autoreproductrices.

    Une fois la femme créée, je l’ai dotée d’un serviteur,
    Cueilleur-chasseur reproducteur, pour l’aimer et la promouvoir.
    Si Adam a su l’agréer, ses fils plutôt inquisiteurs
    Se sont révélés réducteurs et ont usurpé son pouvoir.

    Sculptures de Dan Crossland.

  • Les chamanes de la forêt

    On dit qu’elles sont empoisonneuses, de vraies sorcières maléfiques
    Et qu’il vaut mieux les éviter quand on les voit dans la forêt.
    D’une attitude soupçonneuse, lorsque j’ai vu ces mirifiques
    Femmes en train de léviter, j’ai pris une allure effarée.

    Trop tard ! Elles m’ont pris par la main et m’ont fait boire leur breuvage,
    Une espèce de vin merveilleux qui fait perdre toute volonté.
    J’ai dormi jusqu’au lendemain après huit heures d’esclavage
    Et c’qu’elles m’ont fait, ô mes aïeux, je ne peux vous le raconter.

    J’ai rêvé avoir chevauché toute la nuit, nu comme un loup ;
    Avoir hurlé la gueule ouverte avec une faim dévoreuse.
    Mais nous nous sommes rabibochés ; je n’en suis pas du tout jaloux
    Puisque j’ai fait la découverte de trois chamanes bien généreuses.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com .

  • S.O.S. Père Noël

    « Service après vente, tu parles ! » maugréait Jean-Emmanuel,
    L’arrière-arrière-petit-fils pour tout c’ qui a dysfonctionné.
    Entendre « Tu te magnes, Charles ? » tous les matins depuis Noël
    Pour réparer les maléfices des jouets mal confectionnés !

    Voir toute la sainte journée des jeunes enfants mécontents
    Et tous les parents furibonds dont les mamans surexcitées.
    Puis recommencer la tournée durant trois mois jusqu’au printemps
    Quand le dernier ours moribond est finalement ressuscité.

    Malgré la qualité ISO des confections traditionnelles,
    Des poupées aux jolis minois sont emballées mal contrôlées.
    Par bonheur on a le réseau d’une maintenance prévisionnelle
    Qui flaire les lutins chinois et les bras cassés qu’ont gaulé.

    Illustration de Tom Kilian sur https://www.tkillustration.com/?ssp_iabi=1682696161353 .

  • La vérité sur le Père Noël

    Maintenant qu’enfin est passé Noël, puis la fin de l’année,
    Il est temps de lever le voile sur sa nature originaire.
    Après avoir bien potassé librairies et miscellanées,
    L’authenticité se dévoile sur ce fait extraordinaire.

    D’abord il ne vient pas du nord mais des régions himalayennes ;
    Tout là-haut sur le toit du monde dans les lamaseries enjouées.
    C’est le Yéti, ce grand ténor des voix qui sortent de la moyenne,
    Qui parcourt en une seconde la grande tournée des jouets.

    Tous les lutins sont les enfants qu’il a eu de Marie-Noelle,
    Grande Yétie qui fait marcher son petit monde à la baguette.
    Tous les mois à dos d’éléphants, sont livrées de continuelles
    Fournitures très bon marché toutefois conformes à l’étiquette.

    Il faut voir leurs pattes velues manier marteaux et tournevis ;
    Leurs quatre mains très adaptées redoublent d’efficacité.
    Toute cette bande de chevelus, manœuvres qualifiés et novices,
    Est connue dans la Voie Lactée pour leur célèbre pugnacité.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Météo érotique

    Le matin un brouillard léger perdure au fond de la vallée
    Entre les monts qui apparaissent turgescents au-dessus des nues.
    Son joli ventre rondouillard sera peu à peu avalé
    Par cette brume où disparaissent tous ses appas sans retenue.

    À midi le temps se découvre et donne la pleine lumière
    Du soleil dans des éclaircies qui perdureront jusqu’au soir.
    Si quelques nuages recouvrent − la saison en est coutumière −
    Le ventre qui a un peu forci, une pluie fine pourrait surseoir.

    En fin d’après-midi le vent soulève les plis de sa robe
    Et dénude montagnes et vallons de la plaine au Mont de Vénus.
    Puis le front froid se soulevant de l’ouest où bientôt se dérobe
    Le soleil qui semble un ballon perdu gagnant son terminus.

    Au coucher, les soleils rougissent, empourprent et encensent ses charmes ;
    Un léger voile les fait jouer au jeu du chat et la souris.
    Il est temps que je me blottisse quand le ciel se teinte de parme
    Et que la nuit me fait vouer tout l’amour dont je me nourris.

    Tableaux d’Artland Wandbild.

  • Seins nus aux quatre saisons

    Au printemps ses bourgeons éclosent et sa fleur tendre s’épanouit
    Dès le matin lorsque les feux du soleil de mes yeux l’admirent.
    Le soir dans notre maison close, j’observe le galbe inouï
    De sa poitrine sur mes cheveux et ma joie de les affermir.

    L’été dévoile ses colliers de perles fines et de fruits mûrs
    D’où sort un lait érotisé par la chaleur de ses mamelles.
    Par le chemin des écoliers, je pars juste entre les fémurs
    Et remonte comme hypnotisé vers les tétons de ma femelle.

    L’automne et ses couleurs transmutent sur ses rondeurs ambre et cuivrées
    Avec juste un vert essentiel qui parsème sa touffe tendre.
    Entre ses deux monts, je permute maintes caresses, énivré
    Du parfum doux consubstantiel auquel j’ai seul droit de prétendre.

    L’hiver blanchit ses mamelons comme deux petites congères
    Que mes mains dévalent en luge, puis remontent et puis redescendent.
    Et, cerise sur le melon, les miches de ma boulangère
    Mouillent comme après le déluge lorsque mon amour la transcende.

    Tableaux de Félix Valloton.

  • L’esprit de la forêt

    J’ai croisé le renard surpris de nous retrouver nez à nez ;
    J’ai même stupéfié un chevreuil tombé les quatre fers en l’air ;
    Heureusement sans parti pris – plus rien ne saura m’étonner –
    Ils n’ont pas jeté de mauvais œil sur mon audace singulière.

    La faute en est à l’air du temps qui siffle entre les arbres verts
    Et dont les branches communiquent les transmissions de la forêt.
    Un peu sot, voire débutant, j’ai dû entendre de travers
    Et suivre l’onde botanique glissant sur l’herbe phosphorée.

    Je me suis fait apprivoiser en y revenant chaque jour
    Sans chercher la moindre rencontre avec un habitant des bois.
    Je ne voudrais pas pavoiser mais je crois qu’ils m’aiment d’amour
    Car ils viennent toujours à l’encontre comme s’ils étaient aux abois.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com .

  • L’oracle de la forêt

    À chacun son totem secret, son inspiration créatrice ;
    À chacun sa source cachée, sa ressource imaginative.
    J’aime les éléments sacrés de la nature génératrice
    Présents sur les signes rattachés de la forêt germinative.

    Toute la flore féminine, force de vie de l’univers,
    Témoigne d’une connaissance gravée depuis la nuit des temps.
    Et le ciel envoie sa quinine quand tombe la neige en hiver
    Pour protéger toute naissance qui émergera au printemps.

    Par toute la sylve étendue comme un oracle horizontal,
    Par tous les arbres hérissés comme ds antennes verticales,
    Leurs prédictions sont entendues par le vent transcontinental
    Dont j’entends les feuilles crisser de leurs délices lexicales.

    « Il neige, sur janvier fiévreux, toute la quinine du ciel » Jean Giraudoux – Provinciales.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com.

  • Les esprits de la forêt

    Si les esprits de la forêt parlent le langage du cœur,
    J’irai m’égarer la raison dans leurs labyrinthes boisés.
    Je me perdrai dans les fourrés où seuls les animaux moqueurs
    Savent retrouver leurs maisons parmi les ronces apprivoisées.

    Par les chemins vers nulle part, j’ai découvert l’inaccessible ;
    J’ai constaté l’humilité et le pouvoir du lâcher prise.
    J’ai senti tomber les remparts dévoilant mon âme impassible
    Avec la juvénilité de l’enfant devant sa surprise.

    En suivant comme un fil d’Ariane une inspiration dans le vent,
    J’ai maintes fois croisé la route de lièvres, renards et chevreuils.
    Sur la piste des valérianes, le matin au soleil levant,
    J’ai plusieurs fois cassé la croûte avec lutins et écureuils.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com .

  • Les oracles de la forêt

    Qui sait se taire et observer sans vraiment chercher à comprendre
    Découvrira certains secrets qui ouvrent ses nouveaux devoirs.
    Il veillera à conserver tout ce qu’il souhaitera apprendre
    Sur ses désirs les plus sacrés que sa raison ne saurait voir.

    Les oracles élémentaires, interconnectés aux saisons,
    Renseignent tous les végétaux sur tous les caprices du temps
    Par les minéraux de la Terre sensibles aux combinaisons
    Des alliages entre métaux comme indicateurs percutants.

    D’autre oracles supérieurs dominent aux sommets des montagnes
    Et par la chaîne des vallées, rus, ruisseaux, rivières et torrents.
    Depuis son manteau intérieur, la planète les accompagne
    Par les cheminées exhalées des vieux volcans expectorants.

    Art païen de Naomi Cornock sur https://www.nomeart.com .

  • Alexandre et Bucéphale

    ce soit la monture qui ait choisi son cavalier.
    Quant à ce qui est de pourfendre pour des conquêtes triomphales,
    On dut attendre que mature le conquérant animalier.

    Or comme en attestent les sources, elle a bel et bien existé
    Cette relation singulière, unique dans l’histoire équestre.
    On dit qu’il battait à la course tous ceux qui auraient persisté
    À défier à la régulière n’importe quelle épreuve terrestre.

    Tableau d’Adrien Deggan.

  • Le soir chez les uns et les autres

    Dans nos résidences modernes où nos vies sont superposées,
    Les voisins font partie du lot de la routine quotidienne.
    Lorsque s’éteignent les lanternes, tous vont ensemble se reposer,
    Puis repartiront au boulot tous les matins en file indienne.

    Les postes de télévisions clignotent à toutes les fenêtres ;
    Au moment des informations, soit on complote, soit on sanglote.
    On se soulage en prévision pendant la pub pour son bien-être
    Tandis que fusent les sommations pour économiser la flotte.

    En période de transhumance, les gens ne vivent plus chez eux
    Mais dans le ciel en avion ou sur la route comme d’habitude.
    La continuité des vacances distingue les actifs des oiseux
    Et, comme déjà nous le savions, pour ces derniers… quelle quiétude !

    (Illustration de Pierpaolo Rovero sur http://lambidextre.over-blog.com/2020/03/le-dessin-du-jour-pierpaolo-rovero.html .)

  • La fille aux couteaux

    Aveuglée par une injustice, elle officiait comme partenaire
    À un mexicain basané, lanceur de couteau patenté.
    Craignant une erreur subreptice, fatale ou extraordinaire,
    L’avait la tête enrubannée d’un joli foulard argenté.

    Jusqu’au jour où elle décida de le fixer droit dans les yeux
    Dont le regard, sans faire exprès, sous les feux de la rampe, brilla.
    Hélas, elle l’intimida et lors d’un lancer audacieux
    La fine lame passa si près que l’homme au sombrero cria.

    Pourtant, plus de peur que de mal, elle remit alors son bandeau
    Et le spectacle recommença sans risquer la crise cardiaque.
    Il paraît même que l’animal exigea pour leur libido
    Que la belle au sang chaud pansa ses propres yeux paranoïaques.

    Tableaux de Gill Del-Mace sur https://artandcollectors.com/collections/gill-del-mace-b-1947 .

  • Fata Morgana

    Le verbe « Que la lumière soit ! » à lui seul creva les ténèbres
    Comme un mirage apparaissant dans le néant évanescent.
    N’étant pas là, ça va de soi, personne aujourd’hui ne célèbre
    La première image naissant dans l’univers opalescent.

    Quand la première graine germa pour donner ses fruits à la Terre,
    Personne n’a vu le miracle qui ne faisait que commencer.
    Et lorsque la mer renferma la première faune élémentaire,
    Nul n’a consulté quelque oracle sur l’évolution annoncée.

    Eh bien, Mesdames et Messieurs, il y eut une observatrice
    À chaque étape fondamentale depuis la création du monde.
    Dieu absorbé et minutieux dans son énergie créatrice,
    C’est sa femme, plus sentimentale, qui en filma chaque seconde.

    On l’appelle Fata Morgana mais jamais Dieu n’en parlera ;
    Il jalouse toute allusion à celle qui le désarçonne.
    Si vous voyez cette nana dans le désert du Sahara
    Ce n’sera pas une illusion mais la meuf à Dieu en personne.

    Le deuxième tableau est d’Alex Fitch. Quant aux trois autres, ce sont des images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’année nouvelle

    L’année nouvelle

    L’année nouvelle me procure une bourse de découvertes
    Que je vais pouvoir dépenser j’espère le plus adroitement.
    L’année se révèle sinécure avec toutes portes ouvertes
    Lorsque je suis récompensé de ses meilleurs appointements.

    Mais pour cela, pas de mystère. Je dois chevaucher la prudence
    Qui véhicule mes désirs en louvoyant entre les choix
    Délaissant les plus terre-à-terre pour privilégier l’abondance
    Et les plus subtils des plaisirs selon ce que le cœur m’échoit.

    Évidemment tout se complique dans la folie de notre monde
    Qui joue de l’insécurité et jongle avec l’adversité.
    Inutile que je vous explique comment fuir les pièges immondes
    Si ce n’est par témérité, confiance et fidélité.

    Des pièges, il y en aura toujours – toute la vie en est pavée –
    Alors je dois les assumer et en absorber l’expérience,
    Puis continuer au jour le jour mon chemin sans cesse entravé
    Mais sans me laisser consumer par l’afflux de désespérances.

    Tableau de 25kartinok sur https:www.deviantart.com25kartinok .

  • Adieu année ingrate !

    Adieu année ingrate !

    Je ferme la boîte de Pandore que l’année a alimentée
    Avec ses guerres et ses combats, ses crises et ses désolations,
    Les vrais-faux amis qui m’adorent mais ne font que complimenter
    Ce qui me tire par le bas pour leur propre consolation.

    J’arrête de me lamenter sur l’argent et le temps perdu ;
    Mieux vaut repartir de zéro que ressasser mes illusions
    Qui continuent de pimenter et laissent à ma bouche éperdue
    Le résidu du braséro de la flambée des collusions.

    Je fais le vide autour de moi de l’extérieur à l’intérieur
    Comme si j’avais un nouveau cœur qui va consumer mon passé.
    Très lentement sera ce mois où, à chaque degré supérieur,
    Je me poserai en vainqueur de chaque seconde passée.

    Le temps alourdi de remords n’existe plus ; il est passé,
    Emporté par le lâcher prise qui me libère de mes peurs.
    Qu’importe l’approche de la mort, les autres jours seront placés
    Sous une vie pleine de surprises. Plein gaz et à toute vapeur !

    Tableau de 25kartinok sur https:www.deviantart.com25kartinok .

  • Le temps, c’est de l’amour en balance

    Si les saisons révélatrices de la révolution solaire
    Marquent la Terre de couleurs et diverses températures,
    L’horloge mystificatrice dont le temps est protocolaire,
    Semble un passage sans douleur, inconsistant et sans structure.

    Même les religions s’opposent dans la mesure de l’année ;
    Les unes la veulent solaire quand d’autres l’exigent lunaire.
    On dit que Dieu, on le suppose, nous aurait ainsi condamnés
    À affronter avec colère sa dimension imaginaire.

    Ainsi la frontière des ans n’est qu’une conception humaine ;
    Heure d’été, heure d’hiver ne sont que des valeurs abstraites.
    Finalement c’est au présent que l’amour va et se promène
    Et rythme dans notre univers nos heures les plus guillerettes.

    Tableau d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak .

  • Un petit tour en féérie pour 2024

    La fin d’année, comme une femme apparaît au bain de minuit
    Et laisse miroiter son corps d’un sex-appeal plein de promesses.
    Abusant d’artifices infâmes pour nous charmer toute une nuit,
    Mirifique et bien plus encore, le nouvel an fait sa grand-messe.

    Non pas des vœux superficiels, des résolutions infidèles,
    Ni de santé enjolivée de bonheur pour faire bon poids,
    En ce bout d’an interstitiel qui disparaît à tire d’aile,
    Qu’est-ce qui pourrait mieux motiver qu’un spirituel je-ne-sais-quoi ?

    Sous le regard impitoyable du temps qui mesure les ans,
    Je vois son sablier qui file fixant son nouveau numéro.
    Douze mois, aussi incroyables soient-ils, vont suivre dès à présent
    Pour un combat qui se profile et dont nous serons les héros.

    Photos de Ryan McGinley sur https:www.doctorojiplatico.com201312ryan-mcginley-body-loud.html .

  • Paix sur la Terre

    Paix sur la Terre

    Le passé sombre s’obscurcit, le présent lourd s’appesantit
    Et j’ai l’impression que le mal finira par vaincre le bien.
    Mon cœur peu à peu s’endurcit peut-être aussi s’anéantit
    À cause de l’homme-animal et l’esprit au stade amibien.

    Alors je lance des messages comme bouteilles jetées à la mer
    Dans l’océan de l’avenir en quête d’accomplissement.
    Qui sait ? Peut-être serons-nous sages dans un million d’années amères
    Où nous aurons le souvenir quand nous priions propicement.

    Parfois je rêve devenir dieu mais après un temps infini
    Où s’accumulerait chaque vie gagnée au crédit de mon âme.
    Temps éternel et fastidieux, digne d’un embrouillamini
    D’existences inassouvies auxquelles mon être réclame.

    Et même si tout ça c’était vrai, n’ayant pas le mode d’emploi
    Je revendique aux quatre vents et je demande à l’Univers
    Que si mon âme recouvrait sa vraie substance qui se déploie,
    Qu’elle me concède de mon vivant juste de quoi passer l’hiver.

    Illustration de JRSlattum sur https:www.deviantart.comjrslattumgalleryall .

  • Pas de Noël cette année !

    Arrêté un soir de décembre par des bandits bêtes et méchants,
    Il a tremblé de tous ses membres sous les six-coups effarouchant.
    Le Père Noël est attaqué et sa tournée est déjouée ;
    Le Père Noël estomaqué est dépouillé de ses jouets.

    Récidive un soir de janvier, les mêmes malfaiteurs entraînent
    Les trois rois qui sont conviés à abandonner leurs étrennes.
    Volant l’or, l’encens et la myrrhe aux mages en plein désarroi,
    Les quatre lascars leur permirent de partir sans tirer les rois.

    Illustration de Morris.

  • D’eau, de terre, d’air et de feu

    La femme est d’eau fraîche et d’amour et semble même insatiable ;
    Son homme fera ce qu’il peut pour lui faire atteindre l’orgasme.
    Si elle simule avec humour une extase inappréciable,
    Elle échangera la mauvaise queue pour une autre avec enthousiasme.

    La femme est aussi terre-à-terre et prend le taureau par les cornes
    Qui devra bosser sans relâche pour lui construire sa maison.
    Elle en sera propriétaire et si « Lui » dépasse les bornes,
    Elle divorcera de ce lâche souvent à tort ou à raison.

    La femme a l’air dévergondé, femme-enfant toute énamourée ;
    Son compagnon devra la suivre sans se poser trop de questions.
    Pourtant s’il va vagabonder et folâtrer dans les fourrés
    Avec une autre, il va s’ensuivre une flopée de congestions.

    La femme a le feu à la croupe au moment de l’ovulation
    Et l’homme jouera au pompier pour la satisfaire dans son lit.
    Et s’il le faut, toute une troupe conviée à la copulation,
    Afin, tout en prenant son pied, de chasser sa mélancolie.

    Illustrations de Duane Bryers sur https:meladan.livejournal.com516315.html .

  • Un, deux, trois et le clou du spectacle

    Un chat pitre ouvre la revue des folles bergères du pâturage
    Avec sa pelote de laine pour enchaîner les numéros.
    Comme un fil d’Ariane prévu, qui vous guide et vous encourage
    À poursuivre sans perdre haleine les aventures de nos héros.

    Deux chiens qui s’aiment d’amour tendre, robes violette et orangée,
    Vous miment l’histoire incroyable des chiens d’Ulysse et Pénélope.
    Ils parsèment leur carte du tendre d’os à moelle et puis d’os rongés
    Dont ils jalonnent l’inoubliable parcours obscur et interlope.

    Trois jeunes cabots dans le vent, coiffés d’un fruit orchestrateur,
    Entonnent en bouquet final un pot-pourri, bien entendu.
    Le trio s’avance au-devant de la scène face aux spectateurs
    Et saluent d’un original coup de théâtre inattendu.

    Coup de théâtre musical : ce sont leurs puces compositrices
    Lointaines cousines éloignées des scarabées de Liverpool.
    Pour un spectacle dominical, c’est d’une joie inspiratrice
    Dont vous tous pourrez témoigner des chiens géniaux, un peu maboules.

    Tableaux de Daniel Patrick Kessler.

  • Le rêve du chat

    Le rêve du chat

    À quoi rêve le chat qui dort pendant ces instants éphémères ?
    Aquarelles aux poissons dorés, portrait du Roi Souris Premier ?
    Marche-t-il dans les limbes d’or à la recherche de sa mère
    Et ses mamelles douces adorées à peloter sous le sommier ?

    En fait, il rêve sur la colline et sous les nuages qui passent
    En forme de gros poissons blancs en guettant l’instant favorable ;
    Bondissant du sol trampoline, il capture sa proie dans l’espace
    Qui cherche un salut en tremblant dans une fuite mémorable.

    Il rêve aux oiseaux insouciants en train de chanter sur leur branche
    Tandis qu’il fait glisser son ombre ; personne ne le voit venir.
    Surgissant vif et impatient, il fauche d’une coupe franche
    Deux ou trois moineaux dont le nombre nourrira ses beaux souvenirs.

    Tableau de Claude Meow.

  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    Le temps affiche ses humeurs sur l’écran noir du firmament
    Que le soleil projectionniste éclaire de couleurs attachantes.
    Selon la source des rumeurs qui courent encore pertinemment,
    On peut prédire d’impressionnistes lendemains qui chantent ou déchantent.

    Selon le thème du crépuscule, la météo se fait oracle
    Et une aurore de bon augure nous sourira d’un ton plaisant.
    Mais dès que le soleil bascule et qu’il sort de son habitacle,
    Il apparaît ce qu’inaugure l’exposition du temps présent.

    Le temps se rit des habitudes et ses peintures irrationnelles
    Provoquent autant de sensations que de stupeurs et tremblements.
    Flocons de neige en altitude, orages et pluies émotionnelles
    Rendront la représentation fidèle à son tempérament.

    Tableau d’André Derain.

  • Tendres chimères

    J’ai souvent rêvé de chimères, jolies nymphes et belles sirènes
    Mais j’ai toujours su éviter harpies séniles, vielles souris.
    Mais voici qu’une intérimaire serrée dans sa grosse carène
    Est, malgré son obésité, venue remplacer mes houris.

    Accompagnée d’une consœur, une poule bien mal fagotée,
    Elles ont su me dorloter, me couver et me câliner.
    Quant à moi, le mauvais penseur, sexuellement ravigoté,
    Après les avoir pelotées, j’ai cessé de les taquiner.

    Laissez-moi donc vous présenter ma nouvelle muse attitrée ;
    Coquecigrue-la-cajoleuse, inspiratrice assermentée.
    Elle m’a fourni, sans plaisanter, ce joli texte bien titré
    Et mes inepties cavaleuses en s’ront nettement pimentées.

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Coup de foudre au Paradis

    Il n’est pas si facile sur Terre de trouver chaussure à son pied ;
    Trouver son âme-sœur relève d’une cruelle difficulté.
    Découvrir son complémentaire et puis tomber dans un guêpier
    Brise le cœur d’un coup de glaive et tout espoir est occulté.

    Mais au Big-Bang du Paradis, tous les milliards d’âmes détonent
    Dans une explosion de passion, d’amour et de béatitudes.
    Chaque entité ragaillardie s’associe et se pelotonne
    Par l’énergie de compassion qui met fin à la solitude.

    Quand nous prions, masturbons-nous pour atteindre l’état de grâce
    Et nous relier au sacré en joignant nos mains sur le sexe !
    Car du phallus ou du minou, quel est l’organe qui embrasse
    Le plus le chemin consacré à notre salut intrinsexe ?

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Le violoniste rocambolesque

    Le violoniste rocambolesque

    Tandis que j’étais prisonnier de la gardienne de mes rêves,
    Toute une faune assez burlesque a débarqué dans ma cellule.
    Parmi les oiseaux saisonniers, j’eus droit à la prestation brève
    D’un violoniste rocambolesque accompagné de libellules.

    Je ne sais comment il jouait car de sa bouche perlait un sein
    Dont le lait giclait sur les cordes couinant de façon singulière.
    Mais en revanche, je lui vouais toute mon attention à dessein
    Car l’ensemble semait la discorde dans les pensées de ma geôlière.

    Vers six ou sept heures sonnantes, toutes les portes étaient bouclées
    Et j’ai vu au soleil couchant le vent chasser les feuilles mortes.
    Puis j’ai trompé ma surveillante en lui subtilisant ses clefs
    Particulièrement celle des champs que j’avais glissée sous la porte.

    Tableau de Reydel Espinosa Fernandez sur https:www.artmajeur.comreydelespinosa .