Catégorie : Reflets Vers érotiques

Du charme, de l’érotisme mais pas de la pornographie.
Ici, le verbe s’abandonne aux caresses, la métaphore se cambre, et l’extase devient poème.
L’érotisme n’est jamais cru, mais toujours cru·ellement délicieux — entre soupir et sourire, entre chair et lumière.
Ces vers s’ouvrent comme des corps consentants : pour frissonner, rêver, rire… et peut-être jouir de quelques images inoubliables.
Bienvenue dans l’intimité des Reflets où l’amour s’écrit en gémissements d’encre.

  • L’innocence

    L’innocence

    Eh oui ! Sous la jupe des filles se cache une sorte d’ara
    Dans une cage qui – quel émoi ! – l’abrite, le chauffe et le nourrit.
    Pour entrer, tirez la cheville et la bobinette cherra ;
    Pour sortir, attendez neuf mois et guettez le trou de souris.

    Les filles aiment les métaphores mais les garçons vont droit au but
    Et le mystère des naissances impose un tabou familial.
    Le père en fait tout un fromage pour éviter toute dispute
    Et la mère, en toute connaissance, en fait un conte convivial.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Mille-et-une nuits

    Mille-et-une nuits

    La flamme bleue de la passion s’élevait en mille-et-une voix
    Dans le chant sacré des houris trillé par mille-et-une nanas.
    Jeune fou, j’eus la compassion pour ces vierges me montrant la voie
    Qui passait par un trou de souris pour accéder au nirvâna.

    Après, j’ai perdu la mémoire mais je me souviens des étreintes
    Et mon corps violé mille fois sauf la dernière nuit de délires
    Où j’ai aimé la vierge noire qui m’a fait jouir sans contrainte
    Et m’a libéré toutefois en effaçant mes souvenirs.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Flagrant délire

    Flagrant délire

    J’ai surpris en flagrant délire un commando de sans-culottes
    Qui venait de tomber le masque et tout ce qui n’est pas essentiel.
    J’en ai cassé ma tirelire pour offrir aux cinq rigolotes
    Une tenue assez fantasque à leurs penchants préférentiels.

    Je leur ai proposé de peindre leurs corps de peintures naturelles
    Avec des couleurs de saison sous un ciel d’azur valeureux.
    Mais la cinquième, j’ai dû la teindre d’une nuance surnaturelle
    Qui soit une combinaison de nuits d’amours et jours heureux.

    Stephanie Seymour, Cindy Crawford, Christy Turlington, Tatjana Patitz et Naomi Campbell photographiées par Herb Ritts.

  • Femme à rayures… femme à mouillure

    Femme à rayures… femme à mouillure

    Derrière une femme voilée se cachait une femme à rayures
    Qu’un soir en fermant ses volets, j’aperçus par l’entrebâillure.
    Plus tard sous le ciel étoilé, je revins pour la revoyure
    Et la surprise tout affolée, le corps nu, moite de mouillure.

    Juste vêtue de la pénombre que lui projetaient les persiennes,
    Je l’embrassai tout doucement derrière le moucharabieh.
    Je ne me souviens plus du nombre de fois où cette magicienne
    S’offrît dans un trémoussement de sa corolle bilabiée.

    Photo de Wojciech Magierski.

  • Soirées intimes

    Soirées intimes

    Que dois-je faire quand je m’ennuie dans des soirées interminables
    Où les heures soporifiques n’en finissent plus de s’étirer ?
    Combien j’ai hâte que la nuit d’un mystère inimaginable
    Réveille en moi d’honorifiques fantasmes qui vont m’attirer !

    Juste vêtue d’obscurité, ma première fée imaginaire
    Vient m’embrasser comme Morphée convoyée par sa sœur jumelle
    En vêtement de vérité pour un rêve extraordinaire
    Dans lequel je suis le trophée de ces deux chasseuses femelles.

    Quant à ceux qui les croient lesbiennes admirant le phallus sacré
    Je les invite à postuler afin de leur être présentés.
    Qui sait ? Peut-être qu’elles entretiennent une admiration consacrée
    À se le faire inoculer lorsqu’il est bien instrumenté ?

    Photo de Helmut Newton.

  • Vacances sur Mars – 1

    Vacances sur Mars – 1

    Vacances de rêves inoubliables, loin de la civilisation.
    Choisissez Mars pour un séjour désempourpré de vos douleurs !
    Des paysages incroyables grâce à la canalisation
    Des eaux de Mars qui, pour toujours, vous marquerons de leurs couleurs.

    À condition d’aimer le rouge et vivre nu sous le soleil
    Car la lumière trop éloignée peine à bronzer les épidermes.
    En revanche, on vit et on bouge au rythme des vents qui balayent
    Le sable qui vient témoigner d’une satisfaction à terme.

    Vu sur https:yazbukeyloves.tumblr.com .

  • La cage

    La cage

    La pudeur devient une cage qui enferme la liberté
    Et l’homme ne peut vivre nu sans un esclandre fatidique.
    Le corps nu oppose un blocage aussitôt que la puberté
    Marque ses organes charnus qualifiés d’objets impudiques.

    Le fardeau de la connaissance implique le sexe caché
    Par le tabou des religions et d’extrémismes infatués.
    Dès le moment de la naissance, nous sommes déjà harnachés
    Afin que nous privilégiions un corps sans genre asexué

    Illustration de Thorn sur https:twitter.comthorn_bulle .

  • Sorties de bain

    Belles naïades impudiques, les belles dames de jadis
    Ont perfectionné l’art du bain en montrant un corps de sirène.
    Dès que Vénus se revendique, tous les jeunes hommes s’enhardissent
    À se proposer concubins ou même à épouser la reine.

    Mais aujourd’hui les bikinis ont recouvert tous les fantasmes
    Et les naïades actuelles ont perdu ce qui fait leur charme.
    Monokinis, burqakinis, avec plus ou moins d’enthousiasme,
    Sont les tenues contractuelles par les bonnes mœurs et les gendarmes.

    (Zoë Mozert – alias Alice Adelaide Moser – illustratrice et peintre américaine, 1907-1993).

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La météorologiste

    J’aimais ses cumulonimbus sous son manteau en peau de nuit
    Qui épousait les dépressions et les sommets de sa poitrine.
    Mais au moindre cunnilingus, qui lapait doucement son huis,
    Sa bouche s’ouvrait d’une expression semblable à un lèche-vitrine.

    Quand l’amour parsème à tout vent, les corps subissent la tempête
    Dans les folles précipitations de l’effervescence des sens.
    On y revient le plus souvent dès que l’orage monte à la tête
    Aussitôt que l’excitation met les cœurs en incandescence.

    Illustration « Ter » de Dubois & Rodolphe

  • Monts et vallées de Vénus

    Qu’il est tortueux le parcours,       celui de la carte du tendre
    Entre les monts et les mamelles,   entre les gorges du bassin !
    La vallée où le ruisseau court,       la plaine où l’on aime s’étendre,
    Le lait au goût de caramel    qui suinte à la pointe d’un sein.

    Qu’il est chaud le microclimat       entre les touffes et les fougères
    Où l’on va se déshabiller      pour profiter de la chaleur.
    Les cuisses fraîches au minima,     les fausses couleurs mensongères
    Et les arômes vanillés  d’une vulve mise en valeur.

    Tableau de Christian Vey

  • Les ondes valentines

    Toutes les femmes me rappellent mes souvenirs d’avant la vie,
    Avant que je devienne un homme, avant de prendre un corps de chair.
    Et si les femmes m’interpellent, si leur présence me ravit,
    Je n’y vois là que le symptôme de mes principes les plus chers.

    Sans cesse leurs courbes m’évoquent des rayonnements magnétiques,
    Des interférences d’amour entre les plis de ma mémoire.
    La raison la plus équivoque qui guide mes rimes érotiques,
    Apparaît clair comme le jour parmi mes reflets vers qui moirent.

    Tableaux d’Egor Ostrov ; Facebook a censuré le deuxième tableau a sa parution.

  • Levé le voile

    Une fois le voile levé sur le mystère féminin,
    L’attention est focalisée là où il n’y a rien à cacher.
    La petite culotte enlevée offre un instant fort peu bénin
    Dont rien ne peut rivaliser car on ne peut s’en détacher.

    Couverture du National Lampoon « High School Yearbook Parody 1974 ».

  • La nuit de Cendrillon

    La nuit de Cendrillon

    Passés les douze coups de minuit, l’enchantement s’est terminé ;
    Cendrillon s’est retrouvée nue, désemparée en pleine rue.
    Elle alla cogner à mon huis qui jouxtait un estaminet
    Pensant qu’il était malvenu de provoquer les hommes en rut.

    N’étant ni le prince charmant, ni Don Juan, évidemment,
    Je lui proposai de rester à discuter autour d’un verre.
    Là, elle me trouva désarmant et décida pertinemment
    De s’asseoir sans manifester le moindre trouble mais l’œil sévère.

    Elle est partie au petit jour, enrobée dans ma gabardine,
    Promettant de la ramener sans chemise et sans pantalon.
    Elle revint me dire bonjour revêtue de ma brigandine
    Qu’elle ôta pour se pavaner entièrement nue dans mon salon.

    Tableau de Graciela Genovés.

  • L’île de la tentation

    Sur l’île de la tentation, les femmes nues sont souveraines ;
    Les hommes sont leurs chevaliers qui s’affrontent pour devenir roi.
    Du rocher des lamentations se jettent les anciennes reines
    Et les vieux rois, fous à lier, détrônés en plein désarroi.

    Sur l’île de la tentation, les rois élisent leur Vénus
    Qui règnera, reine suprême, au nom du pouvoir de l’amour.
    Elle porte la fornication jusqu’à l’ultime terminus
    Où l’amant, dans l’étreinte extrême, est emporté au petit jour.

    Tableaux de Vladimir Karnachev et de Graciela Genovés.

  • L’amour en peinture

    Ce n’est pas l’homme qui peint la femme mais son pinceau qui la pénètre
    Et éjacule ses couleurs dans un orgasme expressionniste.
    Son cœur sait que l’amour l’affame par les tentations qu’il voit naître
    Lorsqu’il accouche dans la douleur d’un chef-d’œuvre autant réaliste.

    Quand c’est la femme qui peint l’homme, son pinceau vibre de bonheur ;
    La virginité de sa toile subit le mâle en profondeur.
    L’artiste et son œuvre, en binôme, vivent en tout bien tout honneur
    La passion qui porte aux étoiles l’âme-sœur dans toute sa splendeur.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Quickly Strip-Tease

    D’abord elle arrive sur scène entièrement nue mais en chaussures
    Qu’elle commence sensuellement à enlever l’une après l’autre.
    Ni ridicule ni obscène mais acceptée par la censure
    Car tout est fait élégamment et très amicalement vôtre.

    Après elle déclame un poème juste assise, décontractée.
    Raimbaud, Verlaine ou Beaudelaire toujours selon son bon plaisir.
    On dit qu’elle est un peu bohème, que son strip-tease est compacté
    Mais elle ne manque pas d’air en s’exhibant comme à loisir.

    Puis à la fin, elle se lève, on l’applaudit, elle remercie
    Montrant comment sa mère l’a faite nonobstant le moindre accessoire.
    De quelle école fut-elle l’élève ? Ça n’a jamais été éclairci
    Mais elle en a atteint le faîte d’ailleurs j’y retourne ce soir.

    Tableaux de Jonas Kunickas.

  • Culbuté

    Culbuté

    Quels sont les chemins inconnus qui me restent à parcourir
    Sans avoir l’esprit mal tourné ni tomber cul par-dessus tête ?
    Mais de peur d’être reconnu comme machine à discourir,
    Laissez-moi donc me retourner et reprendre du poil de la bête.

    Moco Museum – Amsterdam.

  • Madame et sa chatte

    Madame et sa chatte

    Madame est exhibitionniste et montre fièrement son minou
    Quand elle fume après l’amour tout en se caressant la chatte.
    Monsieur, plutôt opportuniste, chat-fourré mais chaud lapinou,
    Lui avait dit non sans humour : « Que toutes les deux m’approchâtes ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cotte d’émail

    Cotte d’émail

    Les bas résille géométriques ont tellement soigné leurs cotes
    Que les mailles les ont dépassées et sont parvenues aux épaules.
    Mais la tension psychométrique dont les mâles s’emberlificotent
    Les a tellement tracassés qu’elle en a fait fondre les pôles.

    Photo de Reba Maybury par Tim Walker.

  • Le courrier du Qu…

    Le courrier du Qu…

    Le courrier du cœur a évolué
    Grâce à des pratiques assez raffinées
    Dont le contenu surévalué
    Glisse dans l’enveloppe rose paraffinée.

    Les mots ont repris du poil de la bête ;
    On ne les lit plus mais on les caresse.
    Le parfum n’est plus essence d’herbettes
    Mais de l’entrejambe de notre maîtresse.

    Pour décacheter, ouvrez le nombril
    Et plongez le nez, l’organe à fantasmes.
    Vous y sentirez au fond assombri
    Les préliminaires d’un futur orgasme.

    Photo d’Alice Wellinger.

  • Nuit voilée

    Nuit voilée

    Alors, je lui ai demandé de s’habiller plus décemment
    Pour ne pas déclencher d’alarme chez mes voisins à fleur de peau.
    Je lui ai bien recommandé qu’ils voyaient mon appartement ;
    Levant les yeux, elle rit aux larmes, se leva et mit un chapeau.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Nuit rosée

    Nuit rosée

    Elle revint le lendemain, toujours vêtue de bas de soie
    Rien d’autre que deux bracelets et des boucles dans ses cheveux.
    Elle enleva en un tournemain mes vêtements, ça va de soi,
    Elle se sentait esseulée et me dit : « C’est toi que je veux ! »

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Nuit bleutée

    Nuit bleutée

    Elle était une fois la fraîcheur surgie pour me réconforter
    Et m’avait tenu compagnie juste vêtue de bas de soie.
    Je lui avais dit, l’air bêcheur, de passer sans rien apporter ;
    Elle m’a, par érotomanie, pris au mot mais ça va de soi.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • À quoi rêve ?

    À quoi rêve ?

    À quoi rêve une femme nue étendue au-dessus des draps ?
    Rejointe par un inconnu qui la serrera dans ses bras.
    Et que demande-t-elle en prime à part l’argent et la maison ?
    Que le bel amant lui exprime qu’elle obtiendra toujours raison.

    Aquarelle de Hester Berry sur https:www.accessart.org.uklife-drawing-understanding-foreshortening-by-hester-berry .

  • Prêt-à-bodypeinturer – 2

    Prêt-à-bodypeinturer - 2

    Au début, il y eut quelques couacs et les cheveux dégoulinaient
    Par la peinture indélébile trop difficile à savonner.
    Mais finalement on se dit « Quoique ! Bien qu’un peu glauque, c’est choupinet ! »
    Et cette pratique débile fut même contrefaçonnée.

    Tableau de Pascale Pratte.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 3

    Le bodypainting fait fureur au bureau comme au cinéma
    Et les actrices peinturlurées grimpent à la une des magazines.
    Du coup, terminée la terreur du réchauffement du climat ;
    Vers un succès, ces délurés définitivement s’avoisinent.

    Tableau de Yossi Kotler.

  • Prêt-à-bodypeinturer – 1

    Prêt-à-bodypeinturer - 1

    Le bodypainting s’achètera bientôt en prêt-à-peinturer.
    Vous entrerez dans la cabine et presserez juste un bouton.
    L’ordinateur s’exécutera pour une tenue longue durée
    Qui vous séchera la bobine, des pieds aux fesses et aux tétons.

    Tableau d’Agnès Cécile.

  • Petite tenue du soir – 2

    Après un consommé de sexe, il est temps de prendre des forces
    Avec champagne à volonté à boire sans modération.
    Pour ceux qui n’ont plus de réflexes, on se relève et on s’efforce
    De rentrer désorienté chez soi pour récupération.

    Pour les autres, l’amour continue sur la grande piste de danse
    Ou dans des salons très intimes où les partenaires sont masqués.
    Et si vous voulez vivre nu, vous pouvez prendre résidence
    Pour y vivre d’amour ultime et sans avoir trop à casquer.

    Tableau de Slawa Prischedko.

  • Petite tenue du soir – 1

    Quand les restaurants naturistes ouvriront, ils feront scandale
    Mais comme on s’habitue à tout, les gens n’auront plus de complexes.
    Venez-y en amateuriste, simplement vêtus et sandales,
    On aura un vestiaire mixte ou, délimités selon les sexes.

    Après, c’est comme à la piscine, tout nu, on se douche, on se sèche
    Puis vers sa table réservée, on découvre sa partenaire.
    On apprécie, on hallucine au-devant de cette chair fraîche
    Pour commencer, vous vous servez quelques subtils préliminaires.

    Tableau de Viktoria Prischedko.

  • Limpide nudité

    Limpide nudité

    L’eau devient un voile pudique, troublant, émotif et limpide ;
    La nudité comme habillée d’un vêtement approprié.
    La femme, elle, devient fatidique dans une vénusté liquide
    Sublimée d’ondes maquillées mais impossible à décrier.

    Photo de Jacques Henri Lartigue.

  • Petite envie

    Petite envie

    Toute nue sous l’imperméable reste un petit jeu agréable
    Car j’aime sentir ruisseler les gouttes de pluie jubilées.
    Lorsque personne ne me suit, je ne prends que le parapluie
    Mais si la censure s’en mêle, je cours à m’ gratter les semelles.

    Tableau de Daniel Del Orfano.

  • Lubrification

    Lubrification

    Parti avec l’argent du beurre, il leur a laissé la plaquette
    Mais il a pris tout leur argent et même tous leurs vêtements.
    De tout le fruit de leur labeur il ne leur reste que leurs quéquettes
    Et une femme partageant le lubrifiant à glissements.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • Vénus étalonne

    Vénus étalonne

    Son corps menu, tout allongé
    Semble un jalon de la beauté.
    Comme une maîtresse étalon,
    Une jument pygmalion.

    Voyez les courbes prolongées
    Des rides à peine rabotées
    Qui s’étirent sur les talons
    D’avoir dansé un bataillon.

    Elle se cache le visage
    Mais vous l’avez tous reconnue :
    Vénus, déesse de l’amour
    Et de l’éternel féminin.

    En hommage à son paysage,
    Ses seins, montagnes inconnues,
    Son sexe, en sillon de labour,
    Laissez-moi le mot de la fin :

    Ma Vénus en guise de toise
    Ferait une icône grivoise
    Qu’à la croissance s’apprivoise
    Et qu’à l’amour, mon cœur pavoise.

    Tableau d’Alexander Sigov.

  • Les seins bleu-de-nuit

    Les seins bleu-de-nuit

    Nue, sous une lumière noire, un peu de rouge sur les épaules ;
    Les mamelons apparaissant comme deux poignards bleu-de-nuit.
    Aucun oubli dans ma mémoire, même la couleur de son étole
    Ainsi que ses seins turgescents me reviennent encore aujourd’hui.

    Tableau de Rita Cavallari.

  • Une femme, c’est du bouleau

    Être une femme, quel boulot de tout recommencer à zéro.
    Renaître fille, devenir mère, être grand-mère et repartir.
    Beau matériau, bois de bouleau, je te contemple comme un héros
    Qui naît pour une vie éphémère et sera traitée en martyr.

    Une héroïne enracinée à l’existence qu’elle préserve
    Par ce long lien ombilical qui remonte à la création.
    Comment peut-on l’assassiner alors que l’avenir lui réserve
    Le rôle sacré pontifical de la sainte procréation ?

    Photos de Bruno Birkhofer.

  • La barmaid aux seins nus

    Frisant le scandale aux bonnes mœurs, une serveuse était seins-nus,
    Arborant sa fière poitrine comme ornement sans importance.
    Il régnait une bonne humeur dans le bar sis sur l’avenue
    Qui exposait, par sa vitrine, une barmaid de circonstance.

    Derrière un rideau vert foncé, dans la lumière tamisée,
    On peut s’asseoir dans un salon dans l’atmosphère satineuse.
    Dans un fauteuil, bien enfoncé, whisky ou boisson anisée
    Apportée par des hauts talons et les seins nus de l’entraîneuse.

    Tableau de Derek Gores.

  • Floues, les femmes floues – 2

    J’en ai rêvé, la science l’a fait. On va nous greffer la rétine
    Par un dispositif chelou qui floutera les femmes nues.
    Comme ce n’est pas encore parfait à cause de la sécrétine,
    Toutes les femmes seront floues qu’elles que seront leurs tenues.

    Du coup, tout le monde va penser qu’elles sont toutes des salopes
    Ce qui finalement ne changera pas grand-chose au climat actuel.
    Néanmoins on aura dépensé une fortune dans l’enveloppe
    Mais qui peut-être aboutira à l’égalité sexuelle.

    Mais je raconte n’importe quoi ! Ce sont mes verres de lunettes
    Qui s’embuent quand je vois passer toutes ces filles presque nues
    Qui déambulent, je ne sais pourquoi, pour bronzer des pieds à la tête
    Sur le petit îlot espacé sur la rivière en continu.

    Photos de Maciek Jasik sur http:www.apar.tvphotographiemaciek-jasik-le-nu-irrationnel .

  • Floues, les femmes floues – 1

    C’est dans le cerveau reptilien que se crée l’objet du scandale.
    L’homme compare ce qu’il voit à sa morale atrophiée.
    Selon s’il est politicien, il traite la femme de vandale ;
    S’il est parmi les filles de joie, il tente d’ se l’approprier.

    S’il est endoctriné chrétien, il la brûlera comme sorcière ;
    S’il est asservi au Coran, il lapidera l’infidèle ;
    S’il la connaît de ce matin, il lui ouvrira la portière
    Et s’il l’emmène au restaurant, il finit par la bagatelle.

    Tout ça c’est fou, tout ça c’est flou, faut arrêter coûte que coûte !
    Les histoires d’hommes et de bonnes femmes, c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc.
    Il faudrait que le Dieu Afflelou crée des lunettes qui les floutent
    Afin qu’il ne soit plus infâme de s’rincer l’œil en plus troublant.

    Photos de Maciek Jasik sur http:www.apar.tvphotographiemaciek-jasik-le-nu-irrationnel .

  • Détente

    Détente

    Afin de rendre tout l’honneur à ses plus précieux alliés
    Qui lui ont permis de danser et de s’en montrer compétante,
    Elle les hisse avec bonheur et les orteils bien déliés
    Puis, reste nue, récompensée dans la savoureuse détente.

    Tableau de Seth Couture.

  • L’idée en or

    Ne cherchez plus l’idée en or, elle est déjà à l’horizon.
    Courez aussi vite que possible, jamais ne la rattraperez.
    J’en vois souvent lorsque je dors franchir les murs de ma prison
    Et s’en évader, impassible, sans jamais paraître apeurée.

    La suivre demande l’effort d’abandonner tous ses soucis,
    Se déshabiller des coutumes et de toute l’éducation.
    Courir tout nu me rend plus fort et mon esprit se radoucit !
    Si vous me voyez sans costume, c’est que je suis une abstraction.

    Tableau de Clarence Coles Phillips.

  • Strip-Chess

    Elle ne faisait pas attention au début en perdant ses pièces ;
    Elle enlevait une chaussette, une partie de sa tenue.
    Après plusieurs inattentions, elle retrouva son hardiesse.
    C’était trop tard ! Dure défaite de se retrouver toute nue.

    Photo de Julian Wasser avec Marcel Duchamp jouant avec Eve Babitz racontée sur https:www.artsy.netarticleartsy-editorial-marcel-duchamp-played-chess-naked-eve-babitz .

  • Les sœurs Ribouldingue – 3

    Les sœurs Ribouldingue - 3

    La sœur au cul nu parlait peu ; elle écoutait tout sans mot dire.
    Elle s’exprimait plutôt par gestes, massages, baisers et caresses.
    Sans doute, il eût été pompeux – et j’ n’ai pas eu à l’en maudire –
    D’en traduire tout le contexte en l’imitant avec paresse.

    Un jour elles ont déménagé ou bien c’est moi, je ne sais plus.
    J’ai conservé juste un jupon que seule Joséphine a porté.
    Depuis le temps s’est dégagé, il a venté puis il a plu ;
    De l’eau a coulé sous les ponts et le vent a tout emporté.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 2

    Les sœurs Ribouldingue - 2

    Les sœurs m’ont expliqué comment elles ont fait pour m’appâter
    Depuis qu’elles ont emménagé, elles ont cherché à m’ conquérir.
    Elles ont sondé l’appartement, elles ont cherché à m’épater
    En parlant d’un air dégagé, agrémenté de petits rires.

    Celle aux seins nus a l’ouïe fine, elle épie ma façon de vivre.
    Elle a trouvé ça naturel puisque les murs ont des oreilles.
    Elle s’appelait Joséphine et parlait un peu comme un livre
    D’une manière structurelle à faire l’amour sans pareille.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 1

    Les sœurs Ribouldingue - 1

    Entre les murs de ma maison, je suis tombé en pâmoison ;
    J’entends des rebondissements suivis de maints chuchotements.
    Pour en deviner la raison, je colle l’oreille à la cloison ;
    Après approfondissements, j’écoute des suçotements.

    Mais l’architecte a tout prévu ; il y a un trou dans la cuisine
    Et à travers cet objectif, je vois deux filles à moitié nues.
    Cela demande une entrevue. Je cours sonner chez mes voisines
    Qui m’ouvrent d’un air suggestif et je n’en suis pas revenu.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • L’autre jardin des délices

    L’autre jardin des délices

    Si Ève avait été maligne avec l’intuition féminine,
    Elle aurait refusé la pomme et tout serait xx en somme,
    Nous vivrions nus sans nous fâcher et sans avoir à se cacher
    Nous ferions l’amour comme des bêtes sans avoir à se prendre la tête.

    Oui mais…
    Nous serions des bêtes de somme, aussi bien les femmes que les hommes.
    À forniquer avec aisance mais sans un sou de connaissance.
    Adieu le pouvoir de l’argent et ce qui va en partageant
    Les petits larcins entre ennemis, les bons comptes font les bons amis.

    Et alors ?
    Finie la crainte de la mort… pas de souci, pas de remords.
    Au lieu du paradis sur Terre, nous vivrions peut-être en enfer.
    Finalement, Ève a bien fait de prendre ce fieffé forfait
    De vivre avec intelligence …

    … plutôt que bête. Quelle engeance !
    … et supporter l’intransigeance.
    … une vie de désobligeance.
    … et puis, travailler dans l’urgence.

    Tableau de Michael Hutter.

  • Le monde sans la connaissance

    Le monde sans la connaissance

    Les fornications collectives bannies de la moralité
    Depuis le péché originel heurtent la sensibilité.
    Cependant si la tentative du diable avait été évitée
    Ce seraient des scènes banales en toute généralité.

    Bien sûr, nous serions tous des bêtes qui pècheraient sans le savoir
    Comme le lion et le rat, comme le chat et la souris.
    Mais nous ferions toujours la fête en faisant notre vrai devoir :
    Celui que Dieu, ce scélérat, avait prévu comme plan pourri.

    Tableau de Michael Hutter.

  • L’angelle décriée

    L’angelle décriée

    Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
    Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
    Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
    Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.

    Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.

  • M’as-tu vu nu ?

    M’as-tu vu nu ?

    Chose promise, chose due,
    Voici un’ photo de moi nu.
    Les mains croisées derrière la tête
    Vous en admir’rez le squelette.

    Si vous n’ voyez pas le zizi
    Ce n’est pas qu’il est trop petit
    C’est pour n’ pas donner de complexe
    À tous les obsédés du sexe.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les moulins paravents

    Les moulins paravents

    Elle aimait bien se baigner nue sous l’approbation des moulins
    Qui montraient beaucoup de respect sans brasser pourtant trop de vent.
    Mais l’un eut l’idée saugrenue de souffler comme un margoulin.
    C’était le meunier circonspect qui se rinçait l’œil, émouvant.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • Nostalgie en Si mineur

    Nostalgie en Si mineur

    Au son des notes en trémolos, elle dirige son bateau ;
    On l’appelle la nue-capitaine car c’est sa nue-propriété.
    Elle compose au fil de l’eau en jouant piano, staccato,
    Des mélodies napolitaines dont sa péniche a hérité.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.