Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Sa peau satinée toute blanche m’évoquait une fleur de lys Et ainsi je la prénommais, cela la faisait toujours rire. Elle effectuait sur les planches du cabaret avec délices Un strip-tease de grande renommée et qui faisait, son corps, fleurir.
Les chasseurs protègent la nature, les animaux sont une imposture ; Les flics protègent les civils à coup de matraque et de fusil ; L’armée protège le pays mais nos maisons sont envahies ; La loi protège les familles et les impôts les écharpillent.
La pression télé médiatique exerce une dépression nerveuse Et chaque nouvelle annoncée rend le monde plus imparfait. Malgré les séries thématiques et les émissions sirupeuses, Je crois que je vais renoncer à la vie au plus-que-parfait.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Comme Monet, je suis miro, comme Degas, je suis bigleux Et quand je vais dans la nature, j’enlève souvent mes lunettes. Les arbres deviennent vitraux, tous les oiseaux virent au bleu Je n’ai plus besoin de monture pour voir la forêt mignonnette.
Je l’ai croisée dans la rivière et elle m’offrit un poisson Comme pour payer mon offrande que je lui avais consacrée. Elle habitait près des rizières chez le distributeur de boisson Mais avant qu’ je le lui demande, elle m’a révélé son secret.
Depuis sa mère et sa grand-mère et toutes les femmes de sa lignée, Elles ont le pouvoir de capter l’énergie des lépidoptères. Mais ce pouvoir reste éphémère ; quelques heures lui sont assignées Puis, elles doivent recontacter les papillons affinitaires.
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Bien qu’elle ne fut pas sirène, les poissons y contribuaient Par leur chair qu’ils sacrifiaient aux femmes qui savaient voler. Alors elle plongeait sereine tandis qu’ils lui distribuaient Des bulles opacifiées qu’ils envoyaient à la volée.
Elle remonta une heure après, je n’avais pas changé de place. Je l’ai invitée à dîner car je partais le lendemain. Elle accepta, fit ses apprêts et nous gagnâmes un palace Autour d’un repas raffiné puis, pour finir par un baisemain.
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J’ai revu ma fille-papillon le lendemain, dans la forêt. Elle dormait profondément, je m’ suis approché sans un bruit. Elle flottait dans son roupillon dans une vague vert-doré Je m’éloignais confusément en allant cueillir quelques fruits.
J’ai déposé une corbeille au pied de l’arbre-literie ; Elle dormait paisiblement, sans présence du papillon. Juste une dizaine d’abeilles qui veillaient par galanterie Et par devoir, plausiblement, j’ai regagné mon pavillon.
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Je ne croyais pas aux légendes à propos des femmes-papillons Maintenant je sais qu’elles existent ; du moins, j’en ai observé une. C’était en Nouvelle-Zélande, j’avais loué un pavillon Et j’avais trouvé fantaisistes des lumières sur la lagune.
J’ai vu un grand lépidoptère qui scintillait de mille feux Accompagné d’une jouvencelle qui voletait à petits bonds, Un mètre au-dessus de la terre, le vent soulevait ses cheveux. J’ai assisté au carrousel puis, ils sont partis, pudibonds.
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Dans la clairière aux arbres morts, une fleur pousse sur les souches À l’aide de l’oiseau messager, les mémoires sont révélées. Car la forêt a ses remords et les exprime par la bouche Du pavillon aménagé pour amplifier ses mots hélés.
Approchez-vous tout doucement et attendez tout simplement. Il faut d’abord apprivoiser l’oiseau avant de pavoiser. Ne bougez plus et écoutez ; les premiers mots vont s’égoutter De la corolle toute tremblante de conter l’histoire accablante.
Avant de s’éteindre et la vie, elle brille de sa dernière flamme Avant la chute dans les ténèbres où son sort sera consumé. Toute sa substance est ravie par la combustion de son âme Même son éloge funèbre se terminera en fumée.
Elle n’attendait plus qu’une alerte avant qu’éclate le volcan. L’éruption semblait imminente mais elle guettait quelque chose. Ce fut cette attitude inerte qu’avaient les animaux suffocants Qui fut pour elle déterminante pour découvrir le pot-aux-roses.
On n’a jamais représenté ni la douleur ni le silence Pourtant les deux ont un effet assez cruel sur le moral. La douleur m’a souvent hanté, comme messagère d’insolence, Et son silence m’a stupéfait sans la moindre réponse orale.
Un ange passe quand le temps est à l’orage des démons Qui nous menacent d’une averse de mauvaises nouvelles des cieux. Alors, en se précipitant à travers les vallées et les monts, L’ange prend les chemins de traverse pour apaiser le contentieux.
Les contes de Grimm et de Perrault n’offrent pas la même version Concernant le Chaperon Rouge, surtout la fin avec le loup. Le loup n’étant pas le héros, il a l’histoire en aversion Son propre témoignage bouge selon s’il est ou non jaloux.
Elle vivait de pharmacopée qu’elle échangeait dans les villages, Protégée par une panthère qui ne laissait personne approcher. Elle regagnait la canopée complètement en décalage Avec l’évolution austère du monde qui l’effarouchait.
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Elle cueillait les fleurs de lumière dont elle extrayait le pistil Et les étamines rouge sang comme du safran sanguinaire. Puis elle regagnait sa chaumière que les indiens pensaient hostile Et préparait l’iridescent élixir extraordinaire.
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Le médecin ne comprend rien à mon problème de courbature Dont je souffre lors de mon réveil accompagné de nombreuses crampes. Je fais des rêves aériens et je parcours dans la nature Mille cabrioles sous le soleil comme sous les feux de la rampe.
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J’ai commencé la collection des demeures à construire soi-même Expédiée par correspondance depuis les Châteaux de la Loire. J’ai étudié sa conception, assemblée au fil des semaines Et ce soir, si j’ai de la chance, je pose les plaques de moire.
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Je suis encore rentré tard, j’ai raccompagné la grande ourse Qui avait encore raté son car à cause de la petite ourse. La Voie Lactée était bloquée par les comètes en vacances Et l’univers overclocké par toutes les étoiles en transe.
L’hiver prochain serait précoce et rigoureux à pierre fendre ! Les arbres, de peur qu’il s’aggrave, ont fait une commande spéciale Qui ne gratte pas leur écorce et les aideront à se défendre Contre les amoureux qui gravent des cœurs avec leurs initiales.
On dit que j’ai une double vie… c’est un peu vrai, c’était écrit. Je suis déjà mort plusieurs fois, ressuscité sans le savoir. Je possède une option « survie » qu’on m’a dit être « dernier cri » Mais je ne peux pas toutefois l’user de mon propre pouvoir.
Illustration de Jacek Yerka sur https:www.yerkaland.comprojects .
Les chats bleus semblent assez peureux devant l’inconnu qui les guette. Les chats bleus sont, paraît-il, gris quand vient la nuit, c’est ce qu’on dit. Les chats bleus seraient-ils heureux d’être exposés en vedette ? Les chats bleus seraient-ils aigris d’être des chats de paradis ?
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Pour concourir avec la mode et ne pas se laisser dépasser Je me faisait des écheveaux de projets et de lancement. Aujourd’hui j’ai changé le mode de fabrication déclassée En laissant courir les chevaux, eux-mêmes, leurs propres élancements.
Lassé des piques des dames de cœur qui l’ont laissé sur le carreau, Le cavalier peu cavalier est parti sans tourner le dos. Par ses talents de chroniqueur, il écrit pour Le Figaro Et son chien, son meilleur allié, l’aide à supporter son fardeau.
Dans son petit appartement qui faisait aussi atelier, Elle peignait des Sacré-Cœur, des Tour Eiffel et Notre-Dame. D’un style lui appartenant mais qui lui payait l’hôtelier Qui aurait, la main sur le cœur, offert autre chose à Madame.
Parmi ses rêves orangés parsemés de nuages roses, Elle attendait voir arriver le chevalier Casse-Noisettes Car il n’était pas étranger à ses pressentiments moroses Dont elle discutait en privé avec sa poupée Louisette.
J’aime la rousse des noms propres, très classe, sélect et si probe. J’aime la rousse au noms communs, chacun des siens est opportun. J’aime la rousse des langues étrangères, au début un peu mensongères Mais j’y tourne sept fois ma langue pour lui chercher ses virelangues.
Comme celle-ci : Douze rousses douces troussées sur mousse poussent douze secousses, trémoussent et toussent de douze frousses.
Au printemps l’effet vert démarre et fait éclater les bourgeons ; En été, l’effet d’or flamboie sur les fleurs de première classe ; En automne l’effet rouille s’amarre aux feuilles qui s’apprêtent au plongeon ; En hiver l’effet blanc chatoie les sapins de givre et de glace.
À chaque saison son effet, selon la couleur du moment, Selon la chaleur du soleil, selon la tiédeur de la nuit. Je vous en présente la fée, la fée aux cheveux de froment Qui nettoie, embellie, balaye tout ce qui brille et qui reluit.
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Elle se peignait le visage avec ses peintures de guerre ; Elle traversait toutes les nuits des champs de roses et de lys. Malgré tout, dans le paysage, elle ne se détachait guère Car tous les bleuets, quel ennui, la regardaient avec délices.
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Il avait dit : « Sous les étoiles, attendez sous le firmament Avec un petit bouquet de roses en signe de reconnaissance ! » Elle ne porte pas de voile lorsqu’elle sort avec son amant, Juste un soupçon de couperose qui trahit son adolescence.
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Elle cousait elle-même ses robes à partir de décorations Issues d’anciennes tapisseries tissées par les sœurs du couvent. Elle aimait lorsque se dérobe une épaule en adoration Avec la beauté d’égéries du temps passé bien émouvant.
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J’ai longtemps pratiqué l’école de la célèbre maîtresse d’armes, Celle-là même qui enseignait la pire des bottes secrètes. Elle utilisait une étole croisée sur sa poitrine de charme Et brusquement elle vous saignait votre œillade trop indiscrète.
Une tueuse sans scrupule, une exécutrice de charme. On l’appelle « Amante religieuse » car elle assassine d’amour. Vous la croisez au crépuscule, elle vous aborde chargée de larmes, Votre déférence est prodigieuse mais vous mourrez au petit jour.
Titrée de l’Église de Rome et du Sacré-Cœur de Jésus, La papesse établit son règne sinon sur Terre, sur le papier. Tous les chemins menant aux hommes, elle repère de visu Ceux dont sa volonté s’imprègne pour conjurer que le pape y est.
Sa vie lui fut un sacrifice car sa famille était ruinée. Vieille branche aristocratique pour qui les guerres furent fatales. Elle devint impératrice alors qu’elle était la puînée ; Sa vie fut très acrobatique, sa mort évidemment létale.
Mon voisin ne peut pas me voir ni en peinture ni en nature ; Aussi aveugle que distrait, son animal me fait pitié. Le lion ne peut pas savoir qu’il le prend pour chien d’imposture Mais la bestiole s’y soustrait en toute honneur, toute amitié.
Cheveux au vent lorsqu’elle chasse, le corps collé à sa monture, La cavalière s’enhardit à la poursuite de la meute. Quelle que soit la proie qu’elle pourchasse, respectueuse à la nature, Elle ne s’en ragaillardit qu’avec une main thérapeute.
J’ai mes denrées de contrebande que je vais glaner sur les ports Où le monde entier y trafique mille tableaux, mille pensées. Hommes et femmes arrivent en bande pour crier de plus en plus fort ; Je ferme les yeux et je pique ce que je ne peux dépenser.
À l’inverse d’un appartement qui vous offre un vaste salon, Une salle-de-bains suréquipée, trois chambres et surtout la cuisine. Le chat se couche peinardement partout où il peut s’ mettre en long, Partout où il peut s’agripper et parfois même chez la voisine.
Lucky Lucette a remplacé son cheval par une bécane, La cigarette par une guitare mais pense toujours vers l’Ouest. Or, à force de se déplacer suivant la route des caravanes, Un soir en rentrant en retard, elle a fini dans un oued.
Une fois que l’image est ouverte, je n’ai plus qu’à plonger dedans Pour y vivre mon aventure personnelle à partager. Chaque fois, j’y fais des découvertes qui apportent du répondant À mes questions sur la nature où je me sens avantagé.
Trouver d’abord, ce qui réveille en moi l’écho d’un souvenir Dans le reflet de cette image qui m’a choisi comme écritoire. Ensuite laisser les merveilles se dégager et devenir Le plus fantastique voyage et la plus belle des histoires.
Dans la « sonate au clair de lune », les notes n’ont pas d’importance. Du moins le son qu’elles produisent mais plutôt chaleur et couleur. Lors d’une soirée opportune, écoutez-en donc la portance Lorsque les lumières en traduisent leurs exceptionnelles valeurs.
La sœur au cul nu parlait peu ; elle écoutait tout sans mot dire. Elle s’exprimait plutôt par gestes, massages, baisers et caresses. Sans doute, il eût été pompeux – et j’ n’ai pas eu à l’en maudire – D’en traduire tout le contexte en l’imitant avec paresse.
Un jour elles ont déménagé ou bien c’est moi, je ne sais plus. J’ai conservé juste un jupon que seule Joséphine a porté. Depuis le temps s’est dégagé, il a venté puis il a plu ; De l’eau a coulé sous les ponts et le vent a tout emporté.
Les sœurs m’ont expliqué comment elles ont fait pour m’appâter Depuis qu’elles ont emménagé, elles ont cherché à m’ conquérir. Elles ont sondé l’appartement, elles ont cherché à m’épater En parlant d’un air dégagé, agrémenté de petits rires.
Celle aux seins nus a l’ouïe fine, elle épie ma façon de vivre. Elle a trouvé ça naturel puisque les murs ont des oreilles. Elle s’appelait Joséphine et parlait un peu comme un livre D’une manière structurelle à faire l’amour sans pareille.
Entre les murs de ma maison, je suis tombé en pâmoison ; J’entends des rebondissements suivis de maints chuchotements. Pour en deviner la raison, je colle l’oreille à la cloison ; Après approfondissements, j’écoute des suçotements.
Mais l’architecte a tout prévu ; il y a un trou dans la cuisine Et à travers cet objectif, je vois deux filles à moitié nues. Cela demande une entrevue. Je cours sonner chez mes voisines Qui m’ouvrent d’un air suggestif et je n’en suis pas revenu.
Un merle bleu donne le La en accord à la musicienne Et les bleuets, à l’unisson, vibrent au son de la gamme bleue. Entendez-vous ici et là souffleter la brise aoûtienne ? Ce sont les arbres et les buissons qui forment un chœur un peu frileux.
Ce soir, nous nous contenterons d’un plateau de fruits de saison Poires, grenades et cerises et un cocktail à l’ananas. D’alcool, nous nous enchanterons avec la maîtresse de maison Pour donner un goût de surprise à la plus belle des nanas.
L’aube du signe du lion embrase la cime de la montagne Qui tend son flanc humide et rose pour en embrasser les rayons. Le soleil, ce grand pygmalion, s’incline alors sur sa compagne Et nous, sur les terres moroses, peu à peu nous nous réveillons.
Quand elle sort de l’eau agitant ses grelots, Je suis tout langoureux, je suis tout amoureux. Elle est toute mouillée, moi tout émoustillé De folie trépigneuse pour la jolie baigneuse.