Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Bienvenue aux générations futures

    Bienvenue aux générations futures

    Lorsque l’hiver a enseveli, toute trace de civilisation,
    Lors, ls génération suivante fut assez prise au dépourvu.
    Tous ces morceaux de dégueulis, plastiques en putréfactions.
    Comment une race pensante a pu polluer à perte de vue ?

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • Service de nuit – 2

    Service de nuit - 2

    Si le service est réussi et les fleurettes aphrodisiaques,
    Je replonge dans le dernier rêve avec un cachet d’aspirine.
    Sur une musique de Debussy, une berceuse paradisiaque,
    Je fais dans le songe une trêve sous la nuit d’été bleu-marine.

    Tableau de Mark Ryden.

  • Service de nuit – 1

    Service de nuit - 1

    Quand je me réveille à quatre heures, j’appelle le service de nuit
    Et je commande un bouquet d’ fleurs pour le manger en solitaire.
    On raconte que Jack l’Éventreur, lorsqu’il avait des insomnies,
    S’en allait bouffer, à Honfleur, ses fleuristes affinitaires.

    Tableau d’Alexandra Levasseur.

  • Partie en fumée

    Partie en fumée

    On m’a dit « S’il fallait fumer, Dieu aurait placé sur la tête
    Une sorte de cheminée avec un foyer dans le cœur ! »
    On a trop vite résumé et un peu trop sabré l’enquête
    Car notre planète est minée et se consume à contrecœur.

    Tableau de Johanna Goodman.

  • L’œil magique

    L’œil magique

    Afin d’augmenter la lumière autour de l’œil gauche du cœur,
    Elle avait, autour de l’orbite, dessiné un cercle magique.
    L’œil droit gardera la première version d’un soleil sans rancœur
    Afin d’en voir sa mort subite lors de son coucher léthargique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le cadeau

    Le cadeau

    Si ça s’trouve, je suis un cadeau ou juste un dessert commandé
    Et tout l’univers avec moi ferait partie d’une surprise.
    Au restaurant Eldorado, Dieu aurait simplement demandé :
    « Servez-moi un café viennois afin qu’ je m’en métaphorise ! »

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La femme-lune

    La femme-lune

    Quand votre femme devient lune, nul n’en voit sa fesse cachée
    Car elle ne montre que son visage penché vers son propre quartier.
    Saisissez la chance opportune de lui parler, l’air détaché,
    Les yeux dans les yeux puis, courage, elle ne va pas vous châtier.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Con qui roule ?

    Con qui roule ?

    N’est pas forcément « con qui roule » celui qui fonce en solitaire
    Dans une abstraction intégrale de ce qui vit autour de lui
    Même si ses pensées s’enroulent comme un besoin parasitaire
    D’un cercle vicieux cérébral pour se libérer de l’ennui.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Con qui marche ?

    Con qui marche ?

    N’est pas forcément « con qui marche » celle qui va dans la nature
    Pour y retrouver ses racines et ses cousins de la forêt.
    Sauf si le téléphone en marche la transforme en caricature
    D’une contenance assassine envers la Terre toute éplorée.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Sexchanges

    Sexchanges

    Avoir les mêmes avantages lui serait assez réducteur
    Car la femme en a davantage que son homologue abducteur.
    Bien sûr, la beauté de la force demeure bien vite en avant
    Sauf si le mâle ne s’efforce de n’en faire qu’un muscle savant.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • L’émancipation

    L’émancipation

    Avec l’histoire de la pomme de connaissance et du progrès,
    Le serpent enferma la femme dans le foyer de sa maison.
    Elle y éleva tous ses hommes au quotidien, bon gré mal gré,
    Jusqu’à ce qu’elle trouve infâme que le mâle ait toujours raison ?

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • La femme dans la tête de l’homme

    La femme dans la tête de l’homme

    La femme serait-elle égarée parmi les fantasmes de l’homme ?
    Peut-être connaît-elle le chemin pour arriver à le semer ?
    Parmi les rêves bigarrés qu’il déploiera durant un somme,
    Madame pourrait mettre la main là où se cache le verbe aimer.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Méfions-nous du loup !

    Méfions-nous du loup !

    On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées
    Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser.
    Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer
    Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.

    Illustration de Sarah Young.

  • La Nuit Renarde

    La Nuit Renarde

    Un’ fois par an, la Nuit Renarde attire les belles rouquines
    Qui se transforment pour l’occasion en lycanthropes aux grandes robes.
    Les malheureux qui s’y hasardent seront violés par ces coquines
    Dont la queue avec précision leur injectera plein de microbes.

    Tableau de Sarah Young.

  • Le goût du sexe

    Le goût du sexe

    Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions
    Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions.
    Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères
    Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Les Parques beaux

    Les Parques beaux

    Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ?
    Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ?
    L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau.
    Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La mère de Percevan

    La mère de Percevan

    En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte.
    C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents.
    Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte
    Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.

    Tableau de Lisa Wright.

  • Poupée mécanique

    Poupée mécanique

    J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique
    En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure.
    Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique
    Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.

    Photo de Matthieu Miller.

  • Tête brûlée

    Tête brûlée

    Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir
    Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire.
    Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir
    Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.

    « cérulé » : bleu azur.

    Photo « Red hot » de Nick Levesque.

  • Les rouleaux

    Les rouleaux

    « S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! »
    Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux.
    Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur
    Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le chat bleu

    Le chat bleu

    La queue lovée autour d’une patte et l’autre posée sur son trône,
    Sa Majesté Chat Bleu Persan s’amuse à nous intimider.
    Mais ne soyez pas psychopathe, il n’a pas peur qu’on le détrône
    Mais inféode un œil perçant, ainsi règnent les félidés.

    Tableau d’Amedeo Modigliani.

  • La loi de l’embrasure

    La loi de l’embrasure

    Liberté de darder un œil sur un crépuscule fragrant,
    Égalité du bleu d’azur et de l’océan abyssal,
    Fraternité mêlée d’orgueil des petits poissons et des grands,
    Telle est la loi de l’embrasure et son regard paradoxal.

    Photo de Jason Fenmore.

  • Les quatre chemins

    Les quatre chemins

    Je n’irai pas par quatre chemins mais toutes les éventualités
    Qui se présentent dans ma vie jamais ne se recouperont.
    Pourtant il y a des lendemains où je revois ces dualités
    D’une manière qui me ravit mais jamais ne se renoueront.

    Tableau de Neil Simone.

  • L’évasion

    L’évasion

    Par les rimes de mes poèmes, je me bâtis un escalier
    Qui me permet de m’évader et d’y construire le bonheur.
    Peu m’importe s’il est bohème ou s’il n’est pas très cavalier ;
    Nul besoin de jérémiader, j’ai juste un esprit ronchonneur.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le cadeau ébouriffant

    Le cadeau ébouriffant

    J’la prends ! Pouvez-vous l’emballer dans un joli papier de soie ?
    Vous comprenez, c’est pour offrir comm’ cadeau à mon cœur d’enfant.
    Ce soir j’ vais la lui déballer et il en restera sans voix,
    De, finalement, découvrir ce beau visage ébouriffant.

    Photo d’Angie Lopez.

  • Madame Reflets Vert et Prose

    Madame Reflets Vert et Prose

    Je ne vous ai jamais présenté Madame Reflets Vert et Prose ?
    La voici en déshabillé tout comme elle aime le porter.
    Elle paraît un peu absentée car elle cherche la rime morose
    Qui pourrait lui remaquiller la touche de bleu rapportée.

    Photo de Kate Blainey.

  • L’œil de la nature

    Si la lumière me regardait, son œil serait couleur forêt,
    L’iris teinté de mille fleurs et le blanc comme un ciel laiteux.
    Si la lumière se fardait, d’émeraude et de mordoré,
    J’aurais le coup de foudre au cœur puissant, en même traps velouteux.

    Si la Terre-Mère me regardait, son œil serait couleur rubis,
    Turquoise, diamant et topaze de toutes ses pierres précieuses.
    Et si le ciel se rencardait comme il en a tant la lubie
    Leur couleurs mêleraient d’extase …

    … toute une harmonie audacieuse.
    … toute une symphonie gracieuse.
    … toute une flore délicieuse.

    Photo de Ben Dauré.

  • Les petits grains de bonheur

    Les petits grains de bonheur

    Toutes les poussières d’étoiles qui s’accumulent dans mon cœur
    Forment un trésor à dépenser, pas un magot à conserver.
    Rien ne sert de mettre sous le voile tous les petits grains de bonheur
    Qui peuvent à leur tour compenser les amitiés à préserver.

    Illustration d’Alex Nabaum.

  • Tortue-Taxi

    Une fois le lièvre parti pour de rapides aventures,
    La tortue s’est mise à son compte et fait le taxi au marais.
    On lui paie en contrepartie, salade ou un peu de verdure,
    Et, en échange, elle vous raconte comment elle a pu se marrer.

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

  • Les pompes en verre

    Les pompes en verre

    Le truc qui coince, dans Cendrillon, ce sont les « pantoufles de verre ».
    « La citrouille changée en carrosse » ne me paraît pas très compliqué
    Pas plus qu’un « chien en portillon », ce n’est vraiment pas un calvaire !
    Mais le coup qui me paraît rosse, ce sont ces pompes inexpliquées.

    Tableau de Michael Cheval.

  • L’horloge de mes envies

    L’horloge de mes envies

    Chacun voit midi à sa porte à l’horloge de ses envies.
    La mienne, pourtant, n’a ni aiguille ni mécanisme compliqué.
    Seul le fil de l’histoire apporte son eau dans le cours de ma vie
    Et l’avenir fait la béquille avec un foi inexpliquée.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Et voguent les caravelles

    Et voguent les caravelles

    Beaucoup d’enfants font apparaître des arcs-en-ciels dans les jets d’eau.
    Moi je rêvais des caravelles qui surgissaient du fond des mers.
    Même si cela peut vous paraître idiot, c’était l’Eldorado
    Qui m’apportait dans la cervelle des aventures d’outremer.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Chiqué !

    Chiqué !

    Trop facile, le coup des cartes qui se transforment en colombes,
    On apprend ça dès le berceau avec des rats mélancoliques !
    Plus difficile, lorsque s’écartent les jolies jambes qui surplombent
    Pour faire sauter dans son cerceau l’éléphant et toute sa clique.

    Tableau de Michael Cheval.

  • La voix de sa mère

    La voix de sa mère

    La conque provenait sans doute de la soute du Nautilus
    Et faisait partie du trésor de Barberousse, roi des sept mers.
    Quoi qu’il en soit, elle y écoute dans un silence d’angélus
    Une voix plus précieuse que l’or, le doux gazouillis de sa mère.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • Chasseur-lapin

    Chasseur-lapin

    Parmi les corps d’armées alpestres, chaque année le lapin sylvestre
    Nous fait l’honneur d’un défilé à fond la caisse dans les vallées.
    Tous ses plus grands exploits pédestres, inscrits sur les parois rupestres,
    Forment la fierté profilée que le chasseur a dévalée.

    Tableau de Rudi Huzlmeier.

  • M’as-tu vu nu ?

    M’as-tu vu nu ?

    Chose promise, chose due,
    Voici un’ photo de moi nu.
    Les mains croisées derrière la tête
    Vous en admir’rez le squelette.

    Si vous n’ voyez pas le zizi
    Ce n’est pas qu’il est trop petit
    C’est pour n’ pas donner de complexe
    À tous les obsédés du sexe.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les moulins paravents

    Les moulins paravents

    Elle aimait bien se baigner nue sous l’approbation des moulins
    Qui montraient beaucoup de respect sans brasser pourtant trop de vent.
    Mais l’un eut l’idée saugrenue de souffler comme un margoulin.
    C’était le meunier circonspect qui se rinçait l’œil, émouvant.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • Nostalgie en Si mineur

    Nostalgie en Si mineur

    Au son des notes en trémolos, elle dirige son bateau ;
    On l’appelle la nue-capitaine car c’est sa nue-propriété.
    Elle compose au fil de l’eau en jouant piano, staccato,
    Des mélodies napolitaines dont sa péniche a hérité.

    Tableau d’Ernesto Arrisueño.

  • L’apprivoisement du coucou

    L’apprivoisement du coucou

    En Forêt Noire, les coucous sont difficiles à capturer
    Et l’on confie aux petits anges le soin de les apprivoiser,
    Ce qui fonctionne à tous les coups et qui n’est pas trop facturé
    Mais en revanche, en échange, tous les poids sont ratiboisés.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • Le jour des rois

    Le jour des rois

    Tout le monde voulu être Roi ; les pions, les fous et les évêques
    Même les tours, les cavaliers et les reines, quelle absurdité !
    Les rois qui n’ sont pas maladroits réussirent à leur clouer le bec
    En montrant à ces fous à lier que c’était prématurité.

    Tableau d’Ernesto Arrisueno.

  • Zen Ô ma zénitude !

    Zen Ô ma zénitude !

    Pour être zen, il faut trois mains pour donner, prendre et espérer.
    Comme trois yeux pour percevoir les dimensions qui sont cachées.
    Que faire alors s’il vient demain une solution désespérée ?
    Faut-il croire qu’on va recevoir la zénitude
    … et tout gâcher ?
    … et nous fâcher ?

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Pomme Ô ma pomme !

    Pomme Ô ma pomme !

    Enfin, la vérité éclate car nous ne sommes plus des pommes !
    Si on nous a manipulés c’est que nous sommes manipulables.
    Et alors ? Ça vous épate que parmi les femmes et les hommes
    Ces dieux aient tant gesticulé qu’ils nous voient comme contribuables ?

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Loup Ô mon loup ! 2

    Loup Ô mon loup ! 2

    Le coup de montrer patte blanche, ce n’est que de la comédie !
    Les loups n’ont plus besoin de peau d’ailleurs ils n’ont plus de boutons.
    Ils arrivent beaux comme un dimanche puis ensuite, ils vous congédient ;
    Votre retraite passe aux impôts, vous à la broche, comme un mouton.

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • Loup Ô mon loup ! 1

    Loup Ô mon loup ! 1

    On nous a trompé sur les contes, notamment le chaperon rouge
    Qui s’était vite amourachée du loup et de sa longue queue.
    Ne croyez pas ce qu’on raconte, ce sont des légendes qui bougent
    Les vrais faits qui sont recrachés par trop de mensonges visqueux.

    Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .

  • L’ambition

    L’ambition

    Tous ces objets de tous les jours, tout cet ensemble d’habitudes,
    Formatent l’esprit aux couleurs d’une vie qui a tout prévu.
    L’enfance à travers le séjour d’une école de certitudes
    Par un enseignement sans douleur me gardera de l’imprévu.

    Dans dix ans, je ferai l’amour dans ma vie de béatitudes
    Avec le bonus des valeurs j’amasserai à perte de vue
    Toutes ces richesses que je savoure qui récompensent mes aptitudes
    À me préserver du malheur dont je me suis bien dépourvu.

    Tous ces objets de tous les jours, toujours les mêmes habitudes,
    M’oppressent de mille douleurs et je n’ai plus de goût à rien.
    Je m’ennuie, là, dans mon séjour au milieu de ma solitude
    Je ne vois plus que la couleur d’un épicurien stoïcien.

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • Les illusions du passé

    Les illusions du passé

    Quand je revois dans mon passé le reflet de mes illusions,
    Elles sont restées exactement comme j’aurais aimé les voir.
    Mon corps actuel compassé d’y avoir trop fait allusion
    Se voit lui, éternellement, enfermé dans sa tour d’ivoire.

    Tableau de Guy Billout sur http:www.margarethe-illustration.comguy-billout.html .

  • Un trou dans ma bibliothèque

    Un trou dans ma bibliothèque

    Le trou dans ma bibliothèque finalement restera ouvert
    Car j’apprends plus entre l’espace entre les livres qu’en leurs volumes.
    J’ai un voté un peu métèque, un peu sauvage, un peu pervers
    Et je vois tout ce qui se passe là où s’ sont envolées les plumes.

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • Cuvée 62

    Cuvée 62

    Au bout de soixante-deux années, tout bascula dans l’organisme
    Qui se sentit empoisonné par sa manière de regarder.
    Son voisinage basané, la perte de son humanisme,
    Les uns, les autres cloisonnés et chacun de s’en brocarder.

    « Comment vas-tu ? » Dis-je au voisin « As-tu le temps de prendre un verre ? »
    « Je vais venir ! » Répond-il donc mais en fait, il ne vient jamais.
    On se verra au magasin ? Mais il est fermé, quel calvaire !
    Tant pis, j’en demande pardon, qu’ont-ils donc tous à me blâmer ?

    Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .

  • Ils avaient pris ce pli

    Ils avaient pris ce pli

    Leurs regards avaient pris ce pli avec des yeux exorbités
    Pour avoir l’air de regarder partout ailleurs s’ils n’y sont pas.
    Et devant ce fait accompli, tous les voisins de la cité
    Firent de même sans tarder et chacun fit son premier pas.

    Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .

  • L’infini déformé

    L’infini déformé

    Il regardait par la fenêtre qui avançait tant qu’il ramait
    Et regardait pendant ses pauses pour s’arrêter lorsqu’il dormait.
    Mais c’est lorsqu’il se vit renaître dans l’infinité à jamais
    Qu’il comprit que sa vie repose sur cette vision déformée.

    Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .