Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
De l’avis de mon égérie qui met toujours la bonne ambiance, J’admets que la vie me déplace sur des chemins qui sonnent faux. Entouré d’une ménagerie d’oiseaux de toutes obédiences J’ai du mal à trouver ma place et choisir l’habit qu’il me faut.
Chaque arbre relie à mon cœur, d’une racine indivisible, L’animal totem qui s’y niche pour réveiller mon anima. Cette présence en âme sœur m’apporte la force invisible, Pudique et intime fétiche dans le plus strict anonymat.
Pourquoi rêver de solitude quand je cherche la paix de l’âme ? Les autres sont-ils cet enfer lancinant comme une maladie ? Bien souvent la béatitude paraît une arme à double lame Dont celle des autres interfère mon petit coin de paradis.
Pudiquement elle se voile pour recouvrir sa nudité. Quand on est femme, on n’ose pas paraître un objet de désir. Alors elle revêt de toile le fruit de son humilité Et dissimule ses appas dans la honte et le déplaisir.
Impudique, elle se dévoile afin d’offrir sa nudité. Comme une femme sollicitée d’offrir son corps pour le désir. Alors elle devient une étoile au-delà de l’absurdité Qui traite d’impudicité de se montrer nue à loisir.
Pour effeuiller la marguerite, je mets les rites sur la touche ; J’arrête le compte à rebours qui met leurs pétales en otage. J’ai ma méthode favorite à vous mettre l’œil à la bouche Pour goûter la fleur du labour plaçant l’amour en ballotage.
Enfin que demande le peuple, nonobstant de la poudre aux yeux, Pour que ses illusions soient bercées de promesses édulcorées ? Je désavoue l’amour aveugle grâce à mes verres soleilleux Qui parviennent ainsi à percer le secret des cœurs déflorés.
Photos de Martha Bevacqua sur https:www.martabevacquaphotography.comwork .
Ah, que ne suis-pas une Parque qui déroulerait son propre fil Avec une araignée du soir et quelques papillons de nuit J’y apposerais toutes les remarques pertinentes sur le temps qui file Auxquelles j’ai dû surseoir de mon lever jusqu’à minuit.
Quand je me couche tous les soirs sur l’échiquier de mes problèmes, La partie féminine en moi prend le relais dans l’autre monde. Les cas auxquels j’ai dû surseoir, tous mes ennuis, tous mes dilemmes Sont résolus avec émoi sans moindre gêne pudibonde.
Tableau « Stoop Low Print » de M. Fatchurofi vu sur https:www.fatchurofi.comhome .
Par mes lunettes qui persévèrent à voir la vie selon Monet, Je suis parti à l’aventure rechercher les couleurs du temps. Mais ma monture sans ses verres, d’un œil sévère, m’a sermonné Que j’avais sur la devanture les coquelicots du printemps.
Quand elle se réveille au matin, les huit bras sont ankylosés D’avoir lutté toute la nuit à combattre ses cauchemars ; Défendre veuves et catins, les orphelines ecchymosées, Qui l’appellent autour de minuit lorsque Kali va au plumard.
Quand j’entends la petite voix du répondeur automatique Qui me reconnecte à mon âme s’il me prend l’envie de prier, Celle-ci me remet sur la voie par le timbre fantomatique De l’enfant en moi qui réclame l’écoute la plus appropriée.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Le troisième œil, cette intuition qui me glisse au creux de l’oreille Ce qui se cache derrière l’ombre de la lumière à la fenêtre, Remplace la disparition de la voix de Dieu, sans pareille, Quand je faisais partie du nombre des angelots avant de naître.
Tandis que le printemps fleurit, aux antipodes, c’est l’automne. Ainsi la Terre a deux saisons tout comme la nuit et le jour. Si vous souffrez d’une muflerie, confiez votre cœur monotone Aux feuilles en exhalaison qui vous rétabliront l’amour.
Par la coiffe de la nature et le sceptre d’or du printemps, Je bénis les filles en fleurs qui épanouissent mon cœur. Jolis minois, belles figures, mignonnettes de tous les temps, Que de grincements et de pleurs sèmerez-vous d’un air moqueur ?
La fée Viviane d’Avalon, avec Morgane et Mélusine, Se sont installées en Provence pour perpétuer leurs sortilèges. Dans les environs de Salons, elles ont érigé leur usine Dont l’élixir d’eau de jouvence a rétabli leurs privilèges.
Un beau matin, la reine blanche porta des fleurs à sa rivale, Juste une jupe sous ses seins nus avec déculotté pubien. La reine noire, elle, en revanche, portait une robe estivale Et ce qu’il en est advenu, seuls les deux rois le savent bien.
Elle gambadait sur les chemins pour éveiller tous ses instincts, S’habillait selon la saison mais volontiers en robe longue. Elle se peignait avec la main ses longs cheveux blonds et châtains Pour la plus simple des raisons : deux mains aux phalanges oblongues.
Tableau de Maria Pace-Wynters. Texte inspiré du Gargantua de Rabelais.
Si jamais ma plume se voile et de surcroît je n’ai plus d’encre, J’embarquerai en pleine lune quand l’outre-mer devient doré. Dicté aux poussières d’étoiles, je mouillerai alors mon ancre Dans le royaume de Neptune et ses sirènes m’adorer.
Lorsque ma cuisine exigüe se transforme en salle de bains, Mes deux toutous montent la garde, là, comme deux chiens de faïence. Sous la vigilance ambigüe mais sûre de mes deux chérubins, J’aime que personne ne regarde les appas de ma corpulence.
Quand la bergère pose la question, c’est la réponse du berger : « Les questions sur leur destinée que les moutons se poseront : – Mettre la laine en cogestion ou la façon d’être hébergés – Juste avant d’être exterminés, crois-tu qu’ils se rebelleront ? »
Pour bien cuire vos œufs à la coque, faites l’amour en monocoque. Si vous voulez les mangez durs, continuez la procédure. Mais si vous restez trop longtemps, les œufs ne seront pas contents Et j’ai bien peur, qu’à la maison, les œufs maudissent la bandaison.
Sous l’apanage de Richelieu qui avait le goût du théâtre, Les spectacles s’y développent depuis la Comédie Française. Palais-Royal, Ô riche lieu ! Que chaque ballet idolâtre Tous les Ulysse et Pénélope des odyssées qui nous complaisent !
Hier, je l’ai rencontrée, c’était la pleine lune Et ses reflets d’argents illuminaient le port. Alors elle s’est montrée de manière opportune Dans l’instant partageant la vie avec la mort.
Juste quelques secondes mais j’ai vu son visage Et son corps et ses seins nus, d’opale perlée. Sa pâleur moribonde signifiait un présage Et j’ai su, à dessein, qu’elle allait me parler.
« Toi qui as su me voir, surtout ne me suis pas ! Je ne viens que pour ceux qui se meurent d’amour. Et, sans te décevoir, retourne sur tes pas, Mais reviens quand tu veux lorsque ce sera le jour ! »
Alors je l’ai laissée s’enfoncer dans les ombres Et fermer les rebelles portes de son royaume. Mais mon cœur est blessé, j’ai cru être du nombre Des amants de la belle et ses amours fantômes.
Là-bas, de l’autre côté du temps, mon père est encore un jeune homme, Ma mère, encore jeune fille et puis, ils s’aiment avidement. Ils vont se fréquenter longtemps jusqu’à ce qu’ils soient autonomes Afin de fonder la famille où je naîtrai, évidemment.
Tous les soirs elle entend la voix qui vient du large Puis, quand tombe la nuit, elle rentre au logis. Ça doit faire vingt ans qu’elle vit sous la charge De ce cruel ennui qu’est sa pathologie.
Attend-elle des marins qui ne seraient pas rentrés, Son mari et son frère et d’autres compagnons ? Moi, sous les tamarins, je la vois concentrée À guetter la lumière du moindre lumignon.
Fasse Dieu qu’elle revienne ! Ce mystère m’énerve. Personne ne la connaît ni même où elle habite. Je vais, quoi qu’il advienne, sortir de ma réserve, Croiser au balconnet l’apparition subite.
Ce n’était qu’un mirage, il n’y avait personne ; On m’a dit qu’un fantôme rôde sur la jetée. Lors d’une nuit d’orage, une vierge amazone S’est noyée sous le dôme dans la mer argentée.
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J’ai, en reconnaissance des lieux, commis l’erreur du débutant En ne retenant que l’image du petit village de charme. Une fois plongé dans le milieu, le fort vacarme rebutant Des navires en arrimage me fit bien vite sonner l’alarme.
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Quel beau décor paysager lorsque résonne la quiétude ! Rien ne pourrait envisager qu’il soit troublé de solitudes. Pourtant des personnes âgées laissent poindre quelques inquiétudes Sur les agréments passagers du fleuve de l’incomplétude.
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Ma vue sur la clepsydre humaine qui s’immerge tout au long des heures Transforme ma vallée de larmes en une croisière éternelle. Chaque jour de chaque semaine, leurs petits bains catalyseurs Filtrent le temps avec le charme de leurs petites fesses charnelles.
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Malgré toutes ses protections, j’arrive à croiser mon voisin ; Celui qui habite juste en face et que j’ai souvent invité. Sans doute mes imperfections ont rebuté cet argousin Et provoqué cette interface d’infranchissable concavité.
Je salue au passage Gérard, mon voisin, si d’aventure il lit ces lignes dans sa tour d’ivoire.
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Sur nos balcons, en passerelles élevées jusqu’à l’horizon, Nous ne craignons point le vertige dans nos modernes appartements. Pigeons, corbeaux et tourterelles viennent nous voir dans nos prisons En étagères de prestige au summum de l’escarpement.
J’y vis d’éternelles vacances sur l’helvétique Riviera Avec une vue imprenable sur les sédentaires abscons. J’ai accompli l’extravagance d’établir un protectorat En me sacrant inaliénable mais mémorable Roi des Cons.
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Bien sûr, quand l’homme prend la mer, l’amour est plus vaste et profond Et ses frontières à l’infini disparaissent à l’horizon. Bien sûr, sa femme devient mère mais reste au port et se morfond Ainsi la vie nous définit entre liberté et prison.
La danseuse pointe son chausson d’une manière inoubliable. Une sorcière, sans façon, s’en ira pointer chez le diable. Pour différencier les prétendantes, présentez-leur un beau tutu ; La vraie dansera trépidante, l’autre criera : « Turlututu ! »
Photo « Margaret Morris Dancers » 1920 de Fred Daniels.
Pour les mecs, le nec plus ultra concernant le Kâmasûtra : Le fumeur de pipe, sa meuf, doit lui faire un soixante-neuf ; La nana du libre-penseur préfère l’amour dans l’ascenseur ; Et celle du révolutionnaire, la position du missionnaire.
« Three men in swimming trunks, one with shades, one with pipe, all with bulges. » – Saskatchewan 1943.
Si les p’tits rats de l’opéra apprennent entrechats et ballets, Chez les sorcières en sabbat, on apprend à coups de balais. Que faut-il faire, me direz-vous, pour n’pas s’faire mener en bateau Sous peine, au premier rendez-vous, d’risquer de se prendre un râteau ?
Photo de Hannes Kilian avec le Stuttgarter Ballet.
Métro, boulot, c’est fatigant pour le personnel navigant ! Faire dodo, c’est harassant, faire l’amour, embarrassant ! Faire le travail de l’amour requiert bien trop d’heures par jour Et trop de jours dans la semaine pour une activité humaine !
Femme idéale n’existe pas … sauf dans un peu toutes les femmes Mais l’homme ne saura jamais trier les bonnes des infâmes ! L’Homme idéal n’existe pas … mais c’n’est pas un problème en somme Puisque les femme savent désormais que tous les chemins mènent à l’homme.
Tenter d’éveiller le minou reste une gageure sans pareille ; Monsieur cherche l’inspiration en ouvrant en grand la fenêtre. Un petit air frais choupinou, chuchoté à même l’oreille, Pour troubler la respiration et donner l’envie de renaître.
Mais il n’est pas poltron minet ! D’ailleurs il réclame sa sieste Et garde la pose au giron en échange de quelques caresses. Gageons que dès potron-minet, Monsieur devra d’une main leste Chasser l’animal au ronron qui garde trop bien sa maîtresse.
Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets ! Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.
Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards, Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou, D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.
Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo, Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau. Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.
Conforme au café de Vincent, situé place du forum, J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux. Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.
Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage, Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ? Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.
Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté. À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage, On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.
Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit : https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit
Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope, Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux. Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.
Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde. Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.
À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ; Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires. Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.
Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour, Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament. Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.
Sein noir, sein blanc, bien ressemblant ; sein blanc, sein noir, bonne mémoire. Bras blanc devant, contre le vent ; bras noir derrière, pour la guerrière. Selon le code, aux antipodes, la femme est tendre à qui sait l’entendre Selon le signe, la femme est digne, c’est le tatoo qui vous dit tout.
Un tatouage sur le visage, bien plus joli qu’un maquillage ; Un serpent sur une cheville, le diable se recroqueville ; Un papillon sur le bassin, le charme opère à dessein ; Un cœur aux parties génitales, un coup de la femme fatale.
Malgré sa coiffure d’automne que le printemps ne fleurit pas, Ses deux mamelons qui bourgeonnent lui donnent un air de renaissance. Fasse que l’été déboutonne la belle montrant ses appas Et que l’hiver me pelotonne contre ses seins en turgescence !