Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Noël égaré

    Noël égaré

    Pas plus qu’un Père Noël russe qui aurait traversé l’Ukraine,
    Ou un virus en houppelande qui viendrait s’offrir en cadeau,
    Je ne crois pas en ces chorus qui me promettent pour mes étrennes
    Le retour de François Hollande qui chevaucherait Tornado.

    Car le retour au bon vieux temps de Zorro ou Robin-des-bois
    N’est qu’une panoplie tissée avec juste un trou pour les yeux
    Qui ne laisse voir qu’un inquiétant Père Rouspétard aux abois
    Menaçant de rapetisser mon petit confort orgueilleux.

    Illustration d’Oksana Grivina sur http:www.dripbook.comgrivinastyleillustration-portfolios .

  • Les conférences de Mère Nature

    Les conférences de Mère Nature

    Mère-Nature correspond par le biais des quatre éléments
    Pas par bouteilles à la mer mais par réseau de montgolfières.
    Comme personne ne lui répond, elle demeure là, isolément,
    Guettant le p’tit geste éphémère d’un enfant qui la rendrait fière.

    Mais les avions dévastateurs perturbent le courrier du ciel
    Par des chemtrails d’interférence dont les fautifs restent de marbre.
    Malgré tous ces profanateurs, vous pouvez capter l’essentiel
    De ses sublimes conférences en vous plaquant contre ses arbres.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La fée Électricité

    La fée Électricité

    Sur mon balcon, j’ai une ampoule sans fil relié au secteur
    Qui, grâce à l’énergie solaire, s’éveille quand tombe le jour.
    Une petite fée déboule issue du socle collecteur
    Venue de l’Étoile Polaire pour agrémenter mon séjour.

    Le soir fait partie du séjour qui se prolonge ainsi la nuit,
    Par la vertu de la science et l’économie d’énergie.
    Elle brille jusqu’au petit jour et clignote un coup à minuit
    Sans doute en reconnaissance à la Petite Ourse en synergie.

    Illustration de Marie Cardouat.

  • L’horloge intestinale

    L’horloge intestinale

    Constitué de corpuscules infinitésimaux de temps,
    L’éternité lentement s’écoule depuis l’horloge intestinale.
    L’infime fraction minuscule à peine avalée se détend,
    Se vaporise dans les traboules de ses entrailles terminales.

    Étrangement, le temps qui passe et le temps qu’il fait se rencontrent
    Dans la digestion des saisons par le cycle interplanétaire.
    Ce phénomène me dépasse et tout mon cœur bat à l’encontre
    De ce rythme idiot sans raison que scande mon séjour sur Terre.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • L’élevage du ver à soie

    L’élevage du ver à soie

    Mon Bombyx, ce lépidoptère qui venait du nord de la Chine
    Avait occupé mon mûrier devenu son petit chez-soi.
    Comme il n’était que locataire, je tapais donc à la machine
    Un contrat pour le teinturier à qui louer mon ver à soie.

    Bien que le Bombyx domestique se développe dans sa chenille,
    Il prétendait se débiner sans payer le prix de mes arpents.
    Grâce à un cornet acoustique que je plaçai sous les ramilles,
    J’ai pu, son fil, rembobiner comme fait le charmeur de serpent.

    Illustration de Holly Clifton.

  • L’ex-dame de carreau

    L’ex-dame de carreau

    Elle ne semblait pas inconnue quand elle s’assît à mon bureau ;
    Je fis de façon implicite allusion à cette impression.
    « Je suis, en fait, archiconnue ! » répondit la Dame de Carreau
    Sortant sa carte de visite avec sa plus simple expression.

    « Je veux divorcer de mon Roi et épouser le Roi de Pique ! »
    Dit-elle agitant son foulard comme une oriflamme rebelle.
    « Nous formions un ménage à trois…  lança-t-elle de manière épique ;
    « Notre règne sera cumulard et nous tricherons de plus belle ! »

    Tableau de Michael Cheval sur http:chevalfineart.comportfolionew-releases .

  • Un monde de rêves – 2

    Après avoir créé le monde avec ses os et ses pépins,
    Dieu vit que cela était bon car il n’était pas pessimiste.
    Ses enfants le rendant immonde sous prétexte de gagner leur pain,
    En firent, à la sueur de leur front, un paradis économiste.

    Tant et si bien que Lucifer leur conseilla de se construire
    Une sorte de gratte-ciel pour rencontrer ce Dieu infâme.
    Hélas, malgré leur savoir-faire, ils finirent par se détruire
    Car ils oublièrent l’essentiel : demander l’avis de leurs femmes.

    Illustrations de Noëlle T.

  • L’escalier du temps

    L’escalier du temps

    Je monte l’escalier du temps tout en regardant en arrière
    Les marches qui devraient descendre mais qui remontent vers ailleurs.
    Il est étrange tout autant d’y voir les fruits de ma carrière
    Entreposés comme les cendres pesées par un temps fossoyeur.

    Les décorations, les médailles, tout ce que j’ai pu convoiter ;
    Les erreurs, les insanités que j’ai chiées en serrant les dents ;
    Et les succès, vaille que vaille, qui viennent aussi s’y emboîter.
    Tout s’écoule dans la vanité d’un passé complexe obsédant.

    Illustration de Starry John.

  • Le piano à poutrelles

    Le piano à poutrelles

    Ne dites plus « chat de gouttière » mais « chat de piano à poutrelles »
    Car l’architecte mélomane a ainsi bâti sa maison.
    Situez, sur la carte routière, dans la commune des Pastourelles,
    La construction mégalomane d’un Maître qui a perdu la raison.

    Les escaliers sont des claviers ; les poutres des cordes à piano ;
    Toutes les portes sont à tambour ; les fenêtres, instruments à vents.
    Une choriste, sur le palier, petite-fille de Luis Mariano,
    Vous contera, mais à rebours, toute l’histoire ici-devant.

    Tableau d’Otar Imerlishvili.

  • Les mathématiques buissonnières

    Ô trésors de l’arithmétique, de l’algèbre et de la logique,
    Riches en beauté de leurs carrés, leurs logarithmes et leurs complexes !
    Mais ôtons des mathématiques tous ces casse-têtes illogiques
    Et laissons-nous nous égarer dans une absurdité simplexe.

    J’ai lu qu’Alice avait suivi un lapin blanc peu ordinaire ;
    Moi, j’ai fait l’école buissonnière et libéré mes caractères.
    Je les ai longtemps poursuivi en pistant leurs traces binaires
    Qui s’incrustaient dans les ornières des racines carrées de la Terre.

    Illustrations de Marie Cardouat.

  • Les mathématiques racontent

    Dans les décimales cachées des meilleurs nombres algébriques,
    Les trésors de la connaissances racontent tout et leurs contraires.
    Au fil des zéros rattachés aux autres codes numériques
    Cubes et carrés en excroissance et intégrales arbitraires.

    Prenons le film de nos vies de la naissance jusqu’à la mort.
    Il existe une infinité de nombres dont les décimales
    Contiennent récits assouvis des histoires qu’ils commémorent
    De même qu’une immensité d’existences millésimales.

    Illustrations de Marie Cardouat.

  • Le silence aveugle

    Le silence aveugle

    La bouche irritée des bleus de son âme ;
    Les ongles teintés en masquent les yeux.
    La cupidité aveugle et infâme
    Ne pouvant tenter un cœur sourcilleux.

    Quand l’homme demande le prix de son cœur,
    La femme réplique d’absolu silence.
    Pas de réprimande mais de la rancœur,
    Un muet supplique devant l’insolence.

    Photo de Vanessa Guevara Studios.

  • Noël impatient ?

    Noël impatient ?

    Le compte à rebours recommence dès que les fêtes sont passées
    Pour les grands enfants nostalgiques qui n’ont pas assez de jouets.
    Attendre à deux, belle performance que compter les nuits espacées
    Durant les amours névralgiques du calendrier enjoué !

    On fait l’avent dans la baignoire pendant toute la morte saison ;
    On patiente au lit sous la couette, bien installés entre les draps !
    On se réchauffe sous les peignoirs tant qu’il fait frais dans la maison
    Et dès qu’on voit la silhouette du Père Noël, on tend les bras !

    Illustration de Green Cardamom.

  • Le petit tour de manivelle

    Le petit tour de manivelle

    Quand le moral tombe à zéro, il suffit de le remonter
    D’un petit tour de manivelle là où ça manque de ressort.
    Je voudrais être ce héros qui aide l’homme à surmonter,
    D’une impulsion dans sa cervelle, les hasards et les coups du sort.

    Et pour les femmes, évidemment, j’ai la manivelle subtile,
    Celle qui ouvre les esprits et fait crac, boum, hue dans les cœurs,
    De mérite, n’ai pas tellement car cette manette est futile
    Puisque chaque amoureux épris la brandit comme son vainqueur.

    Tableau de Catherine Chauloux sur https:catherinechauloux.comles-peintures .

  • Mes petites boîtes

    Mes petites boîtes

    Boîte à idées, boîte à malice, boîte à jeter, boîte à garder,
    Tout prend sa valeur ajoutée quand je lui colle une étiquette.
    Bien sûr, pas pour faire la police ni pour en faire ma chasse gardée ;
    Encore moins empapaouter les trésors que j’y empaquète.

    Je crée mes petits univers dans lesquels chaque futilité
    Peut-être reine ou être pion selon les règles que je profile
    De codes uniques aux plus divers aux mille possibilités
    Dont je me vante d’être champion du monde des cassettophiles †.

    † le Boxoferrophile est le collectionneur de boîtes en fer, le Philuméniste est le collectionneur de boîtes d’allumettes, le Puxisardine est le collectionneur de boîtes de sardines mais il n’existe pas de mot pour le collectionneur de boîtes ordinaires. Alors Boîtophile ? Cassettophile ?

    Tableau de Catherine Chauloux sur https:catherinechauloux.comles-peintures .

  • Le dragon de fer

    Le dragon de fer

    Les progrès du chemin de fer ont fait reculer les chevaux,
    Ont divisé les territoires par tous leurs réseaux ferroviaires.
    Les riches ont mené leurs affaires et les autres pris dans l’écheveau
    Des péripéties de l’histoire, astreints se diversifièrent.

    Il y a toujours un train à prendre et parfois des trains à rater
    Qui ne reviennent qu’une fois compris comment en être usufruitier.
    Mais si vous vous laissez surprendre à déjouer l’autorité
    Elle vous chasse avec mépris du train en marche sans pitié.

    Tableau de José Luis Lopez.

  • La clef des rêves

    La clef des rêves

    Toujours hors de portée, la clef qui doit ouvrir les solutions
    Semble désirer s’échapper comme inaccessible horizon.
    Et l’on poursuit sans renâcler à croire sa résolution
    Quand le progrès aura frappé tout ce que nous autorisons.

    La pensée devient pragmatique pour résoudre tous ses problèmes ;
    Nous en rêvons même la nuit et certains y voient un symbole.
    Or, ce calcul mathématique nous mène droit à ce dilemme :
    À force de chercher l’ennui, on se perd dans ses paraboles.

    Tableau de Gyuri Lohmuller.

  • Flots et reflots

    Flots et reflots

    Entre le flux et le reflux, les bateaux ne font qu’obéir,
    Fidèles à la loi des marées et la mécanique des fluides.
    Pourtant il serait superflu de leur demander de trahir
    Par leurs attaches amarrés et leurs craintes envers le liquide.

    Or, la fortune et ses revers nous font également tanguer,
    Attachés aux liquidités et aux pressions économiques.
    Prenons le problème à l’envers : à force de nous haranguer,
    L’horreur de la cupidité nous mène en bateau anémique.

    Tableau d’Éric Le Pape.

  • Un monde de rêves – 1

    Au début Dieu créa le monde pour en faire un monde de rêves
    Avec un astre de lumière pour des journées émerveillées
    Et une Lune vagabonde pour une histoire de temps si brève
    Que toute sa matière première n’aurait duré qu’une veillée.

    Pourtant le Prince des Ténèbres voulu prolonger le contrat
    Et rengagea toute la troupe pour une éternelle tournée.
    Mais si Satan devint célèbre, son oisiveté démontra
    Qu’hommes et femmes vivent sous sa croupe et bossent toute la journée.

    Illustrations de Noëlle T.

  • Couple de cous

    Couple de cous

    L’adaptation qui occasionne de meilleurs choix pour la Nature
    Crée des animaux surprenants comme la girafe, par exemple,
    Dont le long cou lui solutionne l’accès aux très hautes ramures
    Et une robe les fusionnant dans un décor qui leur ressemble.

    Et l’okapi et ses rayures avec le zèbre et ses zébrures
    Ont l’art d’échapper aux poursuites en évitant les coups de barre.
    Ils lancent un « à la revoyure ! » aux lions à la belle parure
    Qui traiteront ce délit de fuite comme une poisse qui les désempare.

    Tableau de Karen Laurence Rowe.

  • Hé garçon !

    Hé garçon !

    Vers les îles dans le brouillard où il suit ses rêves troublés
    Par des cauchemars de tempêtes et vagues de répréhension,
    Le cœur fort, l’esprit débrouillard, il sait bien qu’il doit redoubler
    D’attentions dans cette compète contre ses propres appréhensions.

    Que ce soit sur terre ou sur mer, sa maison ou les antipodes,
    Chaque jour il tient l’équilibre entre la mort et la survie.
    S’il vit en mer, le goût amer du sel jamais ne l’incommode ;
    S’il vit sur Terre en homme libre, alors son rôle est assouvi.

    Tableau de Frank Herbert.

  • Le château des Mages

    Le château des Mages

    Ainsi donc ce château m’obsède car je le croise un peu partout
    Dans mes recherches inabouties qui n’ont pas trouvé leur chemin
    Dont le labyrinthe m’excède par ses détours, ses fourre-tout,
    Ses culs-de-sac mal emboutis à devoir s’y prendre à deux mains.

    La dernière fois que je l’ai vu, c’était… hier… c’était… demain…
    Je ne sais plus mais son image n’a pas l’air d’être une utopie.
    À l’impromptu, à l’imprévu, si vous trouvez un parchemin
    Signalant « Le château des Mages », envoyez m’en une copie.

    Tableau de Petras Lukosius.

  • L’image fugace

    L’image fugace

    Elle demeure l’image fugace qui m’est apparue un instant
    Avant de sortir du sommeil dans ma mémoire permanente.
    Je ne sais pourquoi elle m’agace mais ce souvenir persistant
    Tintinnabule comme un réveil à la cloche encore rémanente.

    Sans doute dans une autre vie, d’autres horizons d’autres pays,
    Nous sommes-nous aimés d’amour et avons-nous fait un enfant.
    Je l’imagine, là-bas, ravi avec ses parents ébahis
    D’avoir rêvé, au petit jour, de mon reflet-vers triomphant.

    Tableau d’André Khon.

  • Quand un pont devient une étoile

    Quand un pont devient une étoile

    Quand un garçon lui tient l’échelle, il lui tient lieu de parangon
    Et la fille en sécurité ira plus loin pour innover.
    Ainsi si l’ange Saint-Michel a pu terrasser le dragon
    C’est parce que, dans l’obscurité, un autre a su le motiver.

    Alors si l’union fait la force, pourquoi les religions persistent
    À diviser l’homme et la femme plutôt que les associer ?
    Si Dieu existe, qu’Il s’efforce de m’expliquer en quoi consiste
    L’histoire d’un péché infâme qui les aurait dissociés !

    Illustration de Borda.

  • Le fruit de l’intelligence – 2

    Prenons deux cartes du tarot parmi les autres étalées ;
    Nous tirons la « Dame des Coupes » avec l’ « Arcane du Pendu ».
    L’un, suspendu par un garrot qui lui donne un air décalé,
    L’une, qui maintient dans sa soucoupe tout ce que l’autre a répandu.

    Supposons… qu’Adam ait fauté et mangé le fruit défendu
    Que le serpent lui proposait – privilège du droit de naissance.
    C’est donc l’homme qui a capoté et finit, par les pieds, pendu
    Tandis qu’Ève recomposait un Graal de jus de connaissance.

    Tableaux d’Anne Bachelier.

  • Le fruit de l’intelligence – 1

    Le fruit de l’intelligence - 1

    Ève aurait péché par faiblesse, défaut de nature des femmes ?
    Si c’est le cas, Dieu est coupable de l’avoir offerte à Adam !
    L’homme attendait plus de noblesse plutôt que ce moyen infâme
    Que croire sa femme incapable d’échapper à tout ce ramdam.

    Et si le malin est si fort… pourquoi ne pas corrompre l’Homme ?
    Aurait-ce été une sottise de mystifier ce matamore ?
    Mais Satan n’a pas fait d’effort pour l’abuser avec la pomme ;
    Ève a donné de sa bêtise quant à Adam, il l’a encore.

    Tableau de James Jean.

  • L’âme subtile et le cœur habile

    L’âme subtile et le cœur habile

    La nuit, deux ondes antagonistes qui n’ont pas besoin de lumière
    Influent sur le sommeil des hommes selon leurs polarisations.
    L’amour devient protagoniste en divisant dans les chaumières
    Les gènes et les chromosomes parés à la fécondation.

    L’âme et le cœur se font artistes en proposant l’arrangement
    Le plus propice pour créer un nouveau chef d’œuvre de chair.
    Puis vient le rôle des galeristes qui permettent l’affrontement
    De deux sexes qui vont suppléer à faire monter les enchères.

    Tableau de Jesse Reno sur https:rvamag.comarticlesfull15276art-feed-jesse-reno.html .

  • La porte du dimanche matin

    La porte du dimanche matin

    Elle m’a longtemps intrigué la porte du jardin d’en face ;
    Elle n’était même pas verrouillée et jamais personne n’y venait.
    J’avais résolu d’instituer un de ces quatre avec audace,
    Jeter un œil et patrouiller entre les ronces et les genêts.

    C’était un jardin paysan à l’abandon depuis longtemps ;
    Tout envahi de mauvaises herbes, vertiges d’un endormissement.
    Au milieu, caractérisant les coutumes des anciens temps,
    Deux tombes qualifiées d’un proverbe : « La mort n’est qu’un recommencement. »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ève démultipliée

    Ève démultipliée

    Que nous soyons nés de Lucy – ou d’Ève selon les écrits –
    Nous avons tous les caractères du cher Ancêtre dans nos gènes.
    J’en vois la preuve réussie dans tous les regards circonscrits
    Des femmes tout autour de la Terre, étrangères ou indigènes.

    Chez les hommes, elle reste cachée cette féminité infâme
    Que beaucoup voudraient refouler dans la plus profonde oubliette.
    Par bonheur, elle s’est entachée à nous faire rechercher la femme
    Pour l’extraire dans la foulée du fin fond de nos coucougnettes.

    Collage de Giorgos Achilleos.

  • Derrière la structure de l’œuf

    Derrière la structure de l’œuf

    M’imaginé-je un embryon tapi au secret de son œuf
    Qui percevrait de l’extérieur tous les mystères de l’Univers ?
    Saurais-je comme Cendrillon avec son prince en habits neufs
    Quitter mon intime intérieur chaussé de pantoufle de vair ?

    Eh bien, Mesdames et Messieurs, nous sommes enfermés dans ce rêve
    D’un Dieu fou derrière les coulisses qui nous persécute, impassible.
    Loin de la Terre, au bord des cieux, Il déambule sur la grève
    En inventant avec malice sa prochaine figure impossible.

    Tableau de Jesse Reno.

  • Femme-flore

    Femme-flore

    À l’instar des femmes amoureuses des animaux dites « à faune »,
    J’ai un faible pour les mains vertes par les femmes dites « à flore ».
    Avec leurs passions langoureuses pour la vie végétale aphone
    Mais qui s’exprime à fleurs ouvertes, arums, roses et passiflores.

    Dans leur serres pleines de lumière en robes à pois ou à violettes
    Qu’elles associent au décor pour y être plus ressemblantes.
    Elles en décorent leur chaumière avec tout l’art de la houlette
    Qu’elles manient d’un corps à corps accordé aux plus belles plantes.

    Tableau de Michael Carson.

  • L’amour en papier mâché

    L’amour en papier mâché

    Tout l’amour que j’ai ruminé lors des refus et des râteaux
    Quand l’eau me venait à la bouche pour un baiser inaccessible,
    Et la sueur éliminée lorsqu’on me menait en bateau
    M’ont donné l’occasion farouche de réorienter ma cible.

    Alors je fais des marionnettes avec tout mon papier mâché ;
    Avec toute l’eau transpirée et tout ce que j’ai salivé,
    Avec lettres et chansonnettes de mes passions empanachées,
    Et mes statues, fort inspirées, s’en révèlent enjolivées.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La dame oiselle – 1

    La dame oiselle - 1

    Le mimétisme inspirateur de la sorcière chamanique
    S’apparente à l’aspiration du volatile par la Lune.
    Par son halo révélateur d’un vieux procédé alchimique
    Et le cœur en adoration envers son compagnon à plumes.

    Quand le corps subit l’attraction vers l’âme de la créature,
    Celle-ci l’attire en son sein pour lui en livrer sa structure.
    L’humaine alors fait abstraction sitôt de sa propre nature
    Pour revêtir celle du poussin qui lui en offre sa texture.

    Illustration de Jana Heidersdorf.

  • La dame oiselle – 2

    La dame oiselle - 2

    Lorsque la femme est transformée en volatile chimérique,
    Son reflet pourtant continue à renvoyer sa vraie nature.
    J’en vois des éclats se former dans des flaques d’eau féeriques
    Après une pluie obtenue sous de chaudes températures.

    Après des jours caniculaires, quand la Terre a évaporé
    Toute son eau maléficiée par la pollution du diesel,
    Alors sous la clarté lunaire, sa mémoire revigorée
    Permet aux femmes initiées à redevenir femmoiselles.

    Photo d’Alicja Posluszna.

  • Au pays des baleines, la poussée sereine

    Au pays des baleines, la poussée sereine

    Si Archimède avait été une femme qui, en prenant son bain
    Et en constatant la poussée, aurait-elle crié « Eurêka » ?
    Aurait-elle sorti ses tétés, et risqué un scandale urbain
    Et voir les hommes se trémousser devant ses charmes délicats ?

    Aurait-elle incité les femmes, les potelées, les grassouillettes,
    À plonger nues entre les vagues et nager à en perdre haleine ?
    Les hommes auraient trouvé infâme de les voir faire l’andouillette
    Et estimé qu’elles divaguent à se conduire comme des baleines !

    Sculpture de Tristan Elwell.

  • Le Clan Extraverti des Rigolards

    Le Clan Extraverti des Rigolards

    Il n’y a pas d’heure pour rigoler, pour chanter ou faire les fous
    Pour ceux qui font partie du Clan Extraverti des Rigolards.
    Quel plaisir de fariboler et de se donner rendez-vous
    Pour faire ensemble un bataclan à tout casser entre gueulards !

    Évidemment les braves gens ne dorment pas quel que soit leur âge ;
    Ils râlent mais – que voulez-vous ? – c’est l’anniv’ d’une connaissance…
    Et n’appelez pas les agents car chaque jour dans le village
    Il y aura toujours un fou qui fête son jour de naissance.

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  • L’impudique

    L’impudique

    La femme, toujours pragmatique, à l’école de la séduction
    Connaît le maniement des armes qui n’ sont en fait que des appâts.
    Par des moyens fantasmatiques, elle transporte par adduction
    Les hommes par le pouvoir du charme qui se dégage de leurs appas.

    Nul besoin de trop d’accessoires puisqu’une femme nue suffit
    À paralyser le système reptilien du cerveau du mâle.
    Exhibant sin divertissoire – comme le prêtre son crucifié –
    Et de son coup mortel : « je t’aime », elle vainc sans peine l’animal.

    En argot, le divertissoire s’apparente à toutes les parties physiques qui font le charme féminin.

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  • L’amoureuse

    L’amoureuse

    Si l’arcane de « l’amoureux » – sixième lame du tarot –
    M’autorisait à proposer une alternative à saisir,
    Alors deux hommes langoureux, deux hommes forts comme des taureaux,
    Lorgneraient la femme supposée devenir l’objet du désir.

    L’opportunité de la femme à choisir l’élu de son cœur
    Rivalise avec celle de l’homme qui lutte pour la conquérir.
    Ainsi ce que l’on juge infâme dans la vanité du vainqueur
    Est à répartir en binôme avec celle qui veut le chérir.

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  • Les reflets jumeaux

    Je ne sais pour quelle raison elle a disposé ce miroir
    Qui m’offre une polygynie en dédoublant ma partenaire.
    Sans doute la comparaison entre mes mémoires à tiroirs
    Qui cherchent un goût de l’infini dans mon espace stationnaire ?

    Elles ne sont pourtant pas jumelles mais se ressemblent toutes pareilles ;
    L’une est rattachée à mon cœur, l’autre à jamais indépendante.
    J’aime donc sa partie femelle lorsque l’amour nous appareille
    Et son reflet à contrecœur pour son image condescendante

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  • Trop pudique

    Trop pudique

    Trop pudique ou trop réservée comme une fille sainte-nitouche,
    Mon intuition effarouchée s’enfuit lorsque je parle d’elle.
    Alors j’essaie de conserver une quiétude qui la touche
    Sinon, elle reste mal embouchée et… à Dieu vat, mon hirondelle !

    Mais dans les moments de silence, quand l’esprit peut se débrancher
    Du matérialisme imbécile de l’existence mécanique,
    Une fois chassées les turbulences, elle revient le cœur épanché
    Parler à mon âme indocile dans ses tréfonds neurasthéniques.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • Crépusculaires

    Mes deux voisins crépusculaires n’apparaissent que deux fois par jour ;
    Je devrais dire qu’ils se signalent, soit au coucher, soit au lever.
    Des petits pieds corpusculaires – sans doute le fruits des amours –
    Courent aux premières matinales à petits pas, bien élevés.

    Et puis, plus rien… fors le silence qui occupe seul la maison
    Mais à l’heure entre chien et loup, l’escalier résonne de rires.
    J’ai bâti cette vigilance, indépendante de ma raison,
    Comme une horloge un peu cheloue qui scande le temps du délire.

    Tableaux d’Anna Carll sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201507anna-carll.html .

  • L’innocence

    L’innocence

    Eh oui ! Sous la jupe des filles se cache une sorte d’ara
    Dans une cage qui – quel émoi ! – l’abrite, le chauffe et le nourrit.
    Pour entrer, tirez la cheville et la bobinette cherra ;
    Pour sortir, attendez neuf mois et guettez le trou de souris.

    Les filles aiment les métaphores mais les garçons vont droit au but
    Et le mystère des naissances impose un tabou familial.
    Le père en fait tout un fromage pour éviter toute dispute
    Et la mère, en toute connaissance, en fait un conte convivial.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • L’enfance d’Ariane

    Le labyrinthe de l’enfance déroutait tout mon bon vouloir ;
    Je n’étais pas très perspicace d’en voir ses traverses médianes.
    J’aurais pu forger mes défenses en empruntant tous ses couloirs
    Avec des moyens efficaces ou tout au moins un fil d’Ariane.

    Combien de « moi » se sont perdus dans les ruelles de mes pensées
    En croyant résoudre un dilemme semblant faussement goguenard ?
    Et mes réflexions éperdues ont cru être récompensées
    Par la solution du problème qui masquait un vrai traquenard.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Le secret d’Ariane

    Le secret d’Ariane

    Fille d’un père compliqué – un architecte extravagant –
    Ariane reçu dès le berceau des jouets les plus fantaisistes.
    Dédale lui avait expliqué comment marcher en zigzaguant
    En lui offrant comme cerceau un labyrinthe spinoziste.

    À l’instar de ses camarades et de leurs cerceaux répandus
    Qui ne trouvaient que leur bonheur en l’accompagnant d’un bâton,
    Ariane étudia par bravade et de manière inattendue
    À sortir en bien tout honneur de son écheveau à tâtons.

    Le spinoziste adhère à la philosophie de la joie et du bonheur.

    Illustration de James Jean.

  • La divination

    La divination

    Voir l’avenir en papillons brassant de l’aile à l’horizon
    Et l’air se changer en tempête dans des mouvements chaotiques.
    Voir le futur en tourbillons de vents que nous favorisons
    Par de la poudre d’escampette dans une fuite chaotique.

    Mais voir l’avenir autrement au carrefour de tous les possibles,
    Trouver d’autres prédilections, d’un autre élan locomoteur.
    Choisir dans l’enchevêtrement – même si ça paraît impossible –
    Et prendre la même direction que celle des tigres psychomoteurs.

    Tableau de James Jean sur https:theartofanimation.tumblr.compost181288922412james-jean .

  • Les feux de l’attente

    Les feux de l’attente

    Passe le temps sur mon postérieur tant que je guette l’aventure,
    Notant les feux passer au vert comme éternelle ritournelle.
    Mais au carrefour ultérieur, les mêmes feux contre-nature
    Semblent limiter l’univers d’une attente sempiternelle.

    J’attends l’amour comme au printemps, trouver un cœur concomitant ;
    J’attends l’enfant comme l’été et voir ma vie s’y refléter ;
    J’attends la fin comme en automne et sa retraite monotone ;
    J’attends la mort comme un hiver pour redoubler mon univers

    Je t’attends toi, qui lis ces vers… mais tu t’en fous, tu n’es qu’un veau
    Que l’on dirige, tel un héros, vers l’abattoir, t’éliminer.
    J’attends que ce monde à l’envers soit remplacé par un nouveau
    Pour recommencer à zéro, mon histoire n’est pas terminée.

    Illustration de Ner-Tamin.

  • Feuille-papillon

    Feuille-papillon

    Je suis la feuille-papillon, la messagère de fin d’automne
    Qui, sans retourner à la terre, s’envole déployant sa mâture.
    Lorsque j’entends le carillon des cloches des anges qui tonnent
    J’incarne le parlementaire au nom de toute la Nature.

    Je leur raconte tous les faits et gestes des bois et forêts ;
    Je narre les fleurs du bonheur, chefs-d’œuvre d’un printemps adroit ;
    Je décris les plus beaux effets des arbres les plus décorés
    Et de ceux qui m’ont fait l’honneur de vous en transmettre les droits.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201210Vladimir-Kush.html .

  • Regard en cocotte

    Regard en cocotte

    Son regard porte à l’horizon comme une envolée de cocottes
    Sur lesquelles son cœur a écrit tous ses chagrins entre les plis.
    Entre les murs de la prison, elle a trouvé cet antidote
    À l’envie de pousser des cris mais l’âme a-t-elle tout accompli ?

    J’en ai intercepté l’une d’elles et l’ai dépliée tendrement ;
    J’ai lu les échos de son cœur résonner fort entre les lignes.
    Je lui ai envoyé l’hirondelle pour mettre fin à ses tourments
    Car elle annonce, d’un air moqueur, le printemps et ça, c’est bon signe !

    Tableau d’Aykut Aydoğdu sur https:www.behance.netgallery45715277Set .

  • Une femme à chaque bord

    Une femme à chaque bord

    La vie de l’homme vit d’aventures de femmes avec lesquelles il se vautre ;
    Celle qui l’accouche dans son lit et celle qu’il couche dans le sien.
    Souvent les garçons peu matures passent d’une mère à une autre ;
    La boucle est bouclée sans délit et l’Œdipe reste platonicien.

    Mais cet amour incomparable se combine avec ses deux bouts
    Et l’homme ne sait plus penser autrement que par sa gynécée.
    Mais serait-il au moins capable de se tenir tout seul debout
    Sans équilibre à compenser ? Hélas… l’âme en reste émoussée.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201612Rafal-Olbinski.html .

  • À l’écoute de quoi ?

    À l’écoute de quoi ?

    Écoute-moi ci, écoute-moi ça ! Prête-moi une oreille attentive !
    La vie semble une succession d’orchestrations cacophoniques.
    Toutes ces ambiances de salsa deviennent tellement préemptives
    Que j’me transforme, sans concession, en cobaye psychotonique.

    La musique adoucit les mœurs suivant la force du volume
    Mais quand celui-ci est poussé mes pensées sont embouteillées.
    La vie exprime sa clameur qui m’assomme comme une enclume
    D’un son qui vient éclabousser le cœur et l’âme, tous embrouillés.

    Sans doute, le silence fait-il peur comme le vide de l’espace
    Et les hommes ont besoin de bruit pour paraître et s’écouter vivre.
    Pourtant profonde est ma stupeur devant le vacarme qui passe
    Et s’établît comme le fruit que notre évolution délivre.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .